Charles Baudelaire

mistral gagnant Membre 3 967 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
une évidence ...commme dansent les nuages sur chacun de nos propres horizons ! :snif:

Oui , comme un sablier géant qui égrène nos vie,

Ce mesureur d'éternité , baudelaire l'identifia ... le spleen , il l'avait comprit!

"J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... les merveilleux nuages!".

C.B

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konvicted Membre+ 26 419 messages
I. C. Wiener‚ 26ans
Posté(e)

Euh, attendez, vous faites un duel de rimes là ou quoi? :snif: Non, parce que c'est ridicule et je me demande pourquoi. :snif:

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respublikae Membre 50 messages
Forumeur en herbe‚ 38ans
Posté(e)

Chacun son duel ! et chacun sa vie ! réelle dualité c'est à dire chacun sa vie ! ... et pour en revenir au " Spleen " idem ... ce sont de textes "cachés", "exposés", "livrés"... à chacun son "Spleen" ! :snif:

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mistral gagnant Membre 3 967 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
Euh, attendez, vous faites un duel de rimes là ou quoi? :snif: Non, parce que c'est ridicule et je me demande pourquoi. :snif:

Peut-etre tu t'exprimes toi par le sport ou la peinture,

la poésie est t'elle pas un bon support...

comme une nature morte ou une enluminure!

charles baudelaire a choisie son support pleins de lumières et de ports!

(ports on sait comprit)lol

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respublikae Membre 50 messages
Forumeur en herbe‚ 38ans
Posté(e)

J'écris également... et les ports et leurs sémaphores ...et les nuages et leurs rivages ...je ne suis point un " Baudelaire" mais chacun ses mots ...et ses vers ! :snif:

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mistral gagnant Membre 3 967 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
mais chacun ses mots ...et ses vers ! :snif:

Comme tout artistes faut trouvé sa voie sacrée

pour mieux exprimer sa vérité , son humanité, son éternité!

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konvicted Membre+ 26 419 messages
I. C. Wiener‚ 26ans
Posté(e)
Euh, attendez, vous faites un duel de rimes là ou quoi? :snif: Non, parce que c'est ridicule et je me demande pourquoi. :snif:

Peut-etre tu t'exprimes toi par le sport ou la peinture,

la poésie est t'elle pas un bon support...

comme une nature morte ou une enluminure!

charles baudelaire a choisie son support pleins de lumières et de ports!

La poésie n'est pas qu'une versification,

Elle ne mériterait pas alors d'explications.

Elle exprime, derrière la simple complication,

Des idées et sentiments portant à réflexion.

Mon cher, vous vous fourvoyez si jamais vous pensez

Que je voudrais qu'elle soit amenée à cesser.

Je sais tous les maux qu'elle est capable de panser,

Elle est une femme avec qui je voudrais danser.

(Si vous vous demandez pourquoi les alexandrins

Sont absents de ces deux humbles et simples quatrains,

C'est tout simplement que treize syllabes ne sont

Pas qu'une de plus mais une volonté d'expression.)

;)

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mistral gagnant Membre 3 967 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
Euh, attendez, vous faites un duel de rimes là ou quoi? :snif: Non, parce que c'est ridicule et je me demande pourquoi. :snif:

Peut-etre tu t'exprimes toi par le sport ou la peinture,

la poésie est t'elle pas un bon support...

comme une nature morte ou une enluminure!

charles baudelaire a choisie son support pleins de lumières et de ports!

La poésie n'est pas qu'une versification,

Elle ne mériterait pas alors d'explications.

Elle exprime, derrière la simple complication,

Des idées et sentiments portant à réflexion.

Mon cher, vous vous fourvoyez si jamais vous pensez

Que je voudrais qu'elle soit amenée à cesser.

Je sais tous les maux qu'elle est capable de panser,

Elle est une femme avec qui je voudrais danser.

(Si vous vous demandez pourquoi les alexandrins

Sont absents de ces deux humbles et simples quatrains,

C'est tout simplement que treize syllabes ne sont

Pas qu'une de plus mais une volonté d'expression.)

;)

J'aime bien vos explications,

mais sachez que je n'est aucune ambitions,

j'aligner qlqs mots sans prétentions!

versification ,alexandrins,quatrains vous y allez bien..

nul part chez moi t'elle latin , je ne prétends rien!

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konvicted Membre+ 26 419 messages
I. C. Wiener‚ 26ans
Posté(e)
J'aime bien vos explications,

mais sachez que je n'est aucune ambitions,

j'aligner qlqs mots sans prétentions!

versification ,alexandrins,quatrains vous y allez bien..

nul part chez moi t'elle latin , je ne prétends rien!

On dit qu'au fond serait aussi important la forme

Que le fond, mais en somm, qu'importe? ils n'en font pas norme.

Nous ferons qu'on nous somme cette règle grotesque,

Vous avez raison, et la jugerons burlesque.

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mistral gagnant Membre 3 967 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

:snif:

c'est bien la poésie , qlqs mots , qlqs rimes ,qlqs bravos, qlqs rythmes.

cette musique a l'oreille m'émerveille, comme une berceuse sans pareil

, rhoooo, j'ai sommeille!

@+ :snif:

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Les Aveugles

Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !

Pareils aux mannequins ; vaguement ridicules ;

Terribles, singuliers comme les somnambules ;

Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie,

Comme s'ils regardaient au loin, restent levés

Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés

Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité,

Ce frère du silence éternel. O cité !

Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles,

Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité,

Vois ! je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux hébété,

Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?

Tableaux Parisiens, XCII

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Amelane Membre 189 messages
Forumeur inspiré‚ 25ans
Posté(e)

Et bien, de l'or coule de vos paroles

Simplement pour abreuver un sujet

Qui parle d'un auteur tant adoré !

Danse Macabre

Fière, autant qu'un vivant, de sa noble stature,

Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants,

Elle a la nonchalance et la désinvolture

D'une coquette maigre aux airs extravagants.

Vit-on jamais au bal une taille plus mince ?

Sa robe exagérée, en sa royale ampleur,

S'écroule abondamment sur un pied sec que pince

Un soulier pomponné, joli comme une fleur.

La ruche qui se joue au bord des clavicules,

Comme un ruisseau lascif qui se frotte au rocher,

Défend pudiquement des lazzi ridicules

Les funèbres appas qu'elle tient à cacher.

Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres,

Et son crâne, de fleurs artistement coiffé,

Oscille mollement sur ses frêles vertèbres.

O charme d'un néant follement attifé.

Aucuns t'appelleront une caricature,

Qui ne comprennent pas, amants ivres de chair,

L'élégance sans nom de l'humaine armature.

Tu réponds, grand squelette, à mon goût le plus cher !

Viens tu troubler avec ta puissante grimace,

La fête de la Vie ? ou quelque vieux désir,

Eperonnant encore ta vivante carcasse,

Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ?

Aux chants des violons, aux flammes des bougies,

Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,

Et viens-tu demander au torrent des orgies

De rafraîchir l'enfer allumé dans ton coeur ?

Inépuisable puits de sottise et de fautes !

De l'antique douleur éternel alambic !

A travers le treillis recourbé de tes côtes

Je vois, errant encor, l'insatiable aspic.

Pour dire vrai, je crains que ta coquetterie

Ne trouve pas un prix digne de ses efforts ;

Qui, de ces coeurs mortels, entend la raillerie ?

Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts !

Le gouffre de tes yeux, plein d'horribles pensées,

Exhale le vertige, et les danseurs prudents

Ne contempleront pas sans d'amères nausées

Le sourire éternel de tes trente-deux dents.

Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette,

Et qui ne s'est nourri des choses du tombeau ?

Qu'importe le parfum, l'habit ou la toilette ?

Qui fait le dégoûté montre qu'il se croît beau.

Bayadère sans nez, irrésistible gouge,

Dis donc à ces danseurs qui font les offusqués :

« Fiers mignons malgré l'art des poudres et du rouge,

Vous sentez tous la mort ! O squelettes musqués,

Antinoüs flétris, dandys à face glabre,

Cadavres vernissés, lovelaces chenus,

Le branle universel de la danse macabre

Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus !

Des quais froids de la Seine aux bords brûlants du Gange,

Le troupeau mortel saute et se pâme, sans voir

Dans un trou du plafond la trompette de l'Ange,

Sinistrement béante ainsi qu'un tromblon noir.

En tout climat, sous tout soleil, la Mort t'admire

En tes contorsions, risible Humanité,

Et souvent, comme toi, se parfumant de myrrhe,

Mêle son ironie à ton insanité ! »

Charles Baudelaire (1821- 1867)

Modifié par Amelane

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Et voici "l'horloge", extrait de Spleen et Idéal. J'adore....

L'horloge

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,

Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !

Les vibrantes Douleurs dans ton c¿ur plein d'effroi

Se planteront bientôt comme dans une cible ;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon

Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;

Chaque instant te dévore un morceau du délice

A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde

Chuchote : Souviens-toi ! ¿ Rapide, avec sa voix

D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,

Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi ! prodigue ! Esto memor !

(Mon gosier de métal parle toutes les langues )

Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues

Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide

Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.

Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !

Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,

Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,

Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge !),

Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard !"

Spleen et Idéal, LXXXV

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_Dolph Modérateur 56 872 messages
Nikita‚ 150ans
Posté(e)

A une Madone

Ex-voto dans le goût espagnol

Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,

Un autel souterrain au fond de ma détresse,

Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur,

Loin du désir mondain et du regard moqueur,

Une niche, d'azur et d'or tout émaillée,

Où tu te dresseras, Statue émerveillée.

Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal

Savamment constellé de rimes de cristal,

Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ;

Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone,

Je saurai te tailler un Manteau, de façon

Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon,

Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ;

Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes !

Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant,

Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend,

Aux pointes se balance, aux vallons se repose,

Et revêt d'un baiser tout ton corps blanc et rose.

Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers

De satin, par tes pieds divins humiliés,

Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte,

Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte.

Si je ne puis, malgré tout mon art diligent,

Pour Marchepied tailler une Lune d'argent,

Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles

Sous tes talons, afin que tu foules et railles,

Reine victorieuse et féconde en rachats,

Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats.

Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges

Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges,

étoilant de reflets le plafond peint en bleu,

Te regarder toujours avec des yeux de feu ;

Et comme tout en moi te chérit et t'admire,

Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe,

Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux,

En Vapeurs montera mon Esprit orageux.

Enfin, pour compléter ton rôle de Marie,

Et pour mêler l'amour avec la barbarie,

Volupté noire ! des sept Péchés capitaux,

Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux

Bien affilés, et, comme un jongleur insensible,

Prenant le plus profond de ton amour pour cible,

Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant,

Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant !

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Merci Dolph pour ce superbe poème chargé d'une grande sensualité.

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

Une femme passa, d'une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,

La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! ? Fugitive beauté

Dont le regard m'a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Tableaux Parisiens, XCIII

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Le couvercle

En quelque lieu qu'il aille, ou sur mer ou sur terre,

Sous un climat de flamme ou sous un soleil blanc,

Serviteur de Jésus, courtisan de Cythère,

Mendiant ténébreux ou Crésus rutilant,

Citadin, campagnard, vagabond, sédentaire,

Que son petit cerveau soit actif ou soit lent,

Partout l'homme subit la terreur du mystère,

Et ne regarde en haut qu'avec un oeil tremblant.

En haut, le Ciel ! ce mur de caveau qui l'étouffe,

Plafond illuminé par un opéra bouffe

Où chaque histrion foule un sol ensanglanté ;

Terreur du libertin, espoir du fol ermite :

Le Ciel ! couvercle noir de la grande marmite

Où bout l'imperceptible et vaste Humanité.

Les fleurs du mal

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

L'Albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles Baudelaire (1821-1867),
Les Fleurs du Mal
(1857), II.

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

chat.gif

I

Dans ma cervelle se promène,

Ainsi qu'en son appartement,

Un beau chat, fort, doux et charmant.

Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;

Mais que sa voix s'apaise ou gronde,

Elle est toujours riche et profonde.

C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre

Dans mon fonds le plus ténébreux,

Me remplit comme un vers nombreux

Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux

Et contient toutes les extases ;

Pour dire les plus longues phrases,

Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde

Sur mon c¿ur, parfait instrument,

Et fasse plus royalement

Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,

Chat séraphique, chat étrange,

En qui tout est, comme en un ange,

Aussi subtil qu'harmonieux !

II

De sa fourrure blonde et brune

Sort un parfum si doux, qu'un soir

J'en fus embaumé, pour l'avoir

Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu ;

Il juge, il préside, il inspire

Toutes choses dans son empire ;

Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime

Tirés comme par un aimant,

Se retournent docilement

Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement

Le feu de ses prunelles pâles,

Clairs fanaux, vivantes opales,

Qui me contemplent fixement.

Spleen et Idéal, LI

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Criterium Membre 2 376 messages
Nyctalope‚ 32ans
Posté(e)

J'aime beaucoup Baudelaire ; ses traductions de Poe sont fantastiques et ont permis qu'en français également, la forme soit aussi réussie que le fond. Il était fasciné par Poe justement, je crois qu'on lui attribue un mot d'esprit qui ressemblait à "j'ai alors découvert que l'on m'avait copié, moi, mon monde, mes idées... des années à l'avance, avant même que je les aie eues!". :blush:

Quand on pense Baudelaire, on pense Fleurs du Mal, mais c'est à mon avis donner une place injuste pour ses petits poèmes en prose - que je lis avec délice en ce moment-même - Le Spleen de Paris. Une succession de tableaux et de métaphores, très parlants, un peu sombre et désabusés ; certains de ces textes sont de vraies perles! Par exemple l'Horloge : les Chinois voient l'heure dans l'¿il des chats, (...). Ou encore Les Tentations - Eros, Ploutos et la Gloire... C'est peut-même dans cette prose que l'on voit le plus de poésie (à notre époque où l'on qualifie promptement de "poésie" n'importe quelle suite de mots dès lors qu'elle est disposée en vers, et tant pis si les images sont des poncifs éculés et les mots malmenés).

A découvrir absolument alors. :coeur:

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

moesta.gif

Dis-moi ton coeur parfois s'envole-t-il, Agathe,

Loin du noir océan de l'immonde cité,

Vers un autre océan où la splendeur éclate,

Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?

Dis-moi, ton coeur parfois s'envole-t-il, Agathe ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse

Qu'accompagne l'immense orgue des vents grondeurs,

De cette fonction sublime de berceuse ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Emporte-moi wagon ! enlève-moi, frégate !

Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs !

Est-il vrai que parfois le triste coeur d'Agathe

Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs,

Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?

Comme vous êtes loin, paradis parfumé,

Où sous un clair azur tout n'est qu'amour et joie,

Où tout ce que l'on aime est digne d'être aimé,

Où dans la volupté pure le coeur se noie !

Comme vous êtes loin, paradis parfumé!

Mais le vert paradis des amours enfantines,

Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,

Les violons vibrant derrière les collines,

Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,

Mais le vert paradis des amours enfantines,

L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,

Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine ?

Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,

Et l'animer encor d'une voix argentine,

L'innocent paradis plein de plaisirs furtifs ?

Spleen et Idéal, LXII

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