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Le pouvoir de choisir

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Membre, 46ans Posté(e)
MidnightArcher Membre 26 messages
Forumeur inspiré‚ 46ans‚
Posté(e)

Ces derniers temps, je réfléchis beaucoup au rôle que jouent nos choix dans nos vies. Chaque jour, nous prenons des décisions, petites ou grandes, et il est intéressant de constater à quel point certaines d’entre elles finissent par avoir un impact bien plus important que ce que nous aurions pu imaginer.

Parfois, nous passons beaucoup de temps à nous inquiéter de faire le « bon » choix, surtout lorsque l’avenir est incertain. D’autres fois, nous prenons une décision rapidement et ne réalisons que plus tard à quel point elle a changé le cours de notre vie. Qu’il s’agisse de choisir une carrière, de mettre fin à une relation ou d’en commencer une nouvelle, de déménager dans un nouvel endroit ou simplement de saisir une opportunité, nos choix façonnent souvent la personne que nous devenons.

Je serais curieuse de connaître les expériences des autres. Avez-vous déjà fait un choix qui a complètement changé votre vie ? Pensez-vous qu’il existe toujours un bon choix, ou croyez-vous plutôt que nous donnons du sens au chemin que nous choisissons d’emprunter ? Comment abordez-vous les décisions difficiles lorsque vous ne connaissez pas encore leur issue ?

J’ai hâte de lire vos réflexions et de découvrir les choix qui ont marqué votre parcours.

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Membre, Un oiseau la tête en bas !, Posté(e)
Sittelle Membre 13 395 messages
Un oiseau la tête en bas !,
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Les regrets ne servent pas comme experience. J’évite de réfléchir aux hypothétiques conséquences de choix non faits

Modifié par Sittelle
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Membre, 46ans Posté(e)
MidnightArcher Membre 26 messages
Forumeur inspiré‚ 46ans‚
Posté(e)
il y a 53 minutes, Sittelle a dit :

 

Pensez-vous qu’il y ait parfois un intérêt à réfléchir aux chemins que l’on n’a pas empruntés, ou trouvez-vous que ce genre de réflexion est généralement peu productif ?

Modifié par MidnightArcher
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Membre, 71ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 484 messages
Forumeur vétéran‚ 71ans‚
Posté(e)
il y a 25 minutes, MidnightArcher a dit :

Pensez-vous qu’il y ait parfois un intérêt à réfléchir aux chemins que l’on n’a pas empruntés, ou trouvez-vous que ce genre de réflexion est généralement peu productif ?

C'est essentiel. Comment apprendrions-nous donc ?

 

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Membre, 40ans Posté(e)
Totologik Membre 704 messages
Forumeur expérimenté‚ 40ans‚
Posté(e)

Bonjour,

il y a une heure, MidnightArcher a dit :

Comment abordez-vous les décisions difficiles lorsque vous ne connaissez pas encore leur issue ?

La bonne attitude est déjà de se détacher émotionnellement, d'acquérir le plus d'information possible (être actif), de tester la robustesse des scénarios avec des "et si ... " concernant les variables dont on n'est pas sûr ou qu'on ne contrôle pas, d'éliminer ceux qui comportent des risques aux conséquences désastreuses, puis d'agir. Une façon comme une autre d'éviter les remords et de garantir à soi-même que cette décision était la meilleure, compte-tenu du niveau d'information disponible à ce moment-là.

Après je reste convaincu que les choses importantes qui nous arrivent sont davantage le fruit de ce qu'on ignore que le fruit de ce qu'on maîtrise.

Il y a 1 heure, MidnightArcher a dit :

nos choix façonnent souvent la personne que nous devenons.

Oui. Il y a quelques choix ponctuels qui auront un impact décisif. Mais il y a aussi la somme des décisions anodines, sur lesquelles on a généralement beaucoup de prise, qui sur le temps long construisent l'individu, comme des choix en matière d'hygiène de vie etc... 

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Membre, 51ans Posté(e)
Elisa* Membre 17 176 messages
Maitre des forums‚ 51ans‚
Posté(e)
Il y a 4 heures, MidnightArcher a dit :

Chaque jour, nous prenons des décisions, petites ou grandes, et il est intéressant de constater à quel point certaines d’entre elles finissent par avoir un impact bien plus important que ce que nous aurions pu imaginer.

Parfois, nous passons beaucoup de temps à nous inquiéter de faire le « bon » choix, surtout lorsque l’avenir est incertain. D’autres fois, nous prenons une décision rapidement et ne réalisons que plus tard à quel point elle a changé le cours de notre vie. Qu’il s’agisse de choisir une carrière, de mettre fin à une relation ou d’en commencer une nouvelle, de déménager dans un nouvel endroit ou simplement de saisir une opportunité, nos choix façonnent souvent la personne que nous devenons

Je considère avoir fait bcp plus de mauvais choix que de bons… j’ai eu tout faux quel que soit le plan.

Aujourd’hui j’ai la lucidité de l’avoir réalisé et paradoxalement, je vous dirai que d’une part, ai toujours été/suis de nature cartésienne pourtant et d’autre part, que je pense avoir acquis la maturité nécessaire pour moins me manquer.

Je sais pas si c’est vraiment ma petite personne que cela a façonné mais je peux affirmer que ma vie s’en est considérablement vu métamorphosée et pas forcément toujours en bénéfice.

C’est ainsi, il faut le digérer, l’accepter pour pouvoir dépasser le stade des regrets ! 

Modifié par Elisa*
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Membre, 36ans Posté(e)
Placoteur Membre 214 messages
Forumeur forcené ‚ 36ans‚
Posté(e)

J'ai toujours eu honte d'avoir peur des hauteurs. alors, un jour, à la station de ski Val St-Cône, j'ai fais un méchant step... et je me suis pété la gueule... sans me faire mal. Mais ma peur n'est nullement partie ; j'ai été traumatisé par cet échec.

... ce que je veux dire, c'est que la peur nous échappe, mais qu'il ne faut jamais avoir peur. Il faut se laisser guider par notre courage lorsque nous nous considérons comme un homme et par notre amour lorsque nous nous considérons comme une femme.

Voilà. J'espère que mon propos fait sens pour toi, l'auteur du sujet. :D

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Membre, 53ans Posté(e)
CAL26 Membre 8 607 messages
Maitre des forums‚ 53ans‚
Posté(e)
Il y a 5 heures, Totologik a dit :

Bonjour,

La bonne attitude est déjà de se détacher émotionnellement, d'acquérir le plus d'information possible (être actif), de tester la robustesse des scénarios avec des "et si ... " concernant les variables dont on n'est pas sûr ou qu'on ne contrôle pas, d'éliminer ceux qui comportent des risques aux conséquences désastreuses, puis d'agir. Une façon comme une autre d'éviter les remords et de garantir à soi-même que cette décision était la meilleure, compte-tenu du niveau d'information disponible à ce moment-là.

Après je reste convaincu que les choses importantes qui nous arrivent sont davantage le fruit de ce qu'on ignore que le fruit de ce qu'on maîtrise.

Oui. Il y a quelques choix ponctuels qui auront un impact décisif. Mais il y a aussi la somme des décisions anodines, sur lesquelles on a généralement beaucoup de prise, qui sur le temps long construisent l'individu, comme des choix en matière d'hygiène de vie etc... 

Il semblerait effectivement qu'avant de choisir ou imagine des scénarios qui testent les conséquences possibles de nos choix. 

Mais on ne peut jamais être sûrs de tout envisager. Les grandes décisions sont forcément des prises de risques. 

Pour ce qui est de nos seuls comportements à quel point choisit-on ? Est-ce le même niveau de choix, de délibération quand on continue des habitudes potentiellement nocives et quand on change ces habitudes pour en adopter d'autres parce qu'on les sait meilleures pour nous? Et sommes-nous égaux dans ce genre de décisions parfois salvatrices ? C'est ce genre d'interrogations qui m'avait incité à créer mon dernier sujet sur le forum (il y a 2 ans) et de m'interroger à plusieurs reprises sur la notion complexe du libre arbitre trop caricaturée. 

Modifié par CAL26
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Membre, Un oiseau la tête en bas !, Posté(e)
Sittelle Membre 13 395 messages
Un oiseau la tête en bas !,
Posté(e)
Il y a 11 heures, Placoteur a dit :

J'ai toujours eu honte d'avoir peur des hauteurs. alors, un jour, à la station de ski Val St-Cône, j'ai fais un méchant step... et je me suis pété la gueule... sans me faire mal. Mais ma peur n'est nullement partie ; j'ai été traumatisé par cet échec.

... ce que je veux dire, c'est que la peur nous échappe, mais qu'il ne faut jamais avoir peur. Il faut se laisser guider par notre courage lorsque nous nous considérons comme un homme et par notre amour lorsque nous nous considérons comme une femme.

Voilà. J'espère que mon propos fait sens pour toi, l'auteur du sujet. :D

Comment peut on encore justifier ce genrisme  ?

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Membre, Un oiseau la tête en bas !, Posté(e)
Sittelle Membre 13 395 messages
Un oiseau la tête en bas !,
Posté(e)
Il y a 17 heures, MidnightArcher a dit :

Pensez-vous qu’il y ait parfois un intérêt à réfléchir aux chemins que l’on n’a pas empruntés, ou trouvez-vous que ce genre de réflexion est généralement peu productif ?

Les chemins alternatifs, j’y pense certes. Comme un univers que je n’ai pas connu . 

Avec l’impression de regarder un album de cartes postales colorisées, délavées, exposées au regard d’un chineur. 

 

 Et je ne trouve pas cela productif . 

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Membre, Le retour, 47ans Posté(e)
Jabba the hutt Membre 101 messages
Forumeur survitaminé‚ 47ans‚ Le retour,
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Il ne faut pas oublier que ce sont nos choix qui nous ont conduit là ou nous sommes.

Ce sont donc parfois de mauvais choix qui conduisent à des situations enviables et parfois l'inverse.

Souvent, quand je repense à ma trajectoire de vie, je me dis que je ferai certaines choses plus tôt, ou que j'éviterai d'en faire d'autres. Mais c'est aussi ce parcours qui m'a conduit là ou je suis. Ce sont aussi des choix qui paraissaient bons, qui m'ont conduit dans des situations merdiques qui pour autant ont servi de choc pour marquer une inflexion nette dans ma trajectoire de vie.

J'ai le sentiment avec le temps qu'un choix isolé n'est pas forcément le plus important au final. C'est plutôt la trajectoire de vie qu'on souhaite et la volonté infatigable d'y aller. Et en un sens, ce serait plutôt ne pas choisir et laisser faire qui nous conduirait à la dérive.

On a tous fait des choix de merde, on a tous connu des passages de vie merdiques. Ce qui me semble faire la différence derrière, c'est la capacité à analyser la chose et la volonté à se rediriger.

Aucune situation, bonne ou mauvaise n'est définitive (sauf peut être la mort et encore, on est pas certain 🙃). C'est au final plutôt rassurant.

 

 

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Membre, 149ans Posté(e)
BigBadBigMacLeBoss Membre 57 messages
Forumeur inspiré‚ 149ans‚
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Il y a 19 heures, MidnightArcher a dit :

Avez-vous déjà fait un choix qui a complètement changé votre vie ?

Bien sûr. Toi pas ? Tu n'es quand même pas une marionnette ? Ainsi font, font, font... C'est Guignol... LOL.

Qui donc n'a jamais fait de choix changeant sa vie ? Le choix des études ? Du partenaire ? C'est Gugusse avec son violon, qui fait danser les filles... LOL.

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Membre, 89ans Posté(e)
WEST3-5 Membre 1 025 messages
Mentor‚ 89ans‚
Posté(e)
Il y a 21 heures, MidnightArcher a dit :

Ces derniers temps, je réfléchis beaucoup au rôle que jouent nos choix dans nos vies. Chaque jour, nous prenons des décisions, petites ou grandes, et il est intéressant de constater à quel point certaines d’entre elles finissent par avoir un impact bien plus important que ce que nous aurions pu imaginer.

Parfois, nous passons beaucoup de temps à nous inquiéter de faire le « bon » choix, surtout lorsque l’avenir est incertain. D’autres fois, nous prenons une décision rapidement et ne réalisons que plus tard à quel point elle a changé le cours de notre vie. Qu’il s’agisse de choisir une carrière, de mettre fin à une relation ou d’en commencer une nouvelle, de déménager dans un nouvel endroit ou simplement de saisir une opportunité, nos choix façonnent souvent la personne que nous devenons.

Je serais curieuse de connaître les expériences des autres. Avez-vous déjà fait un choix qui a complètement changé votre vie ? Pensez-vous qu’il existe toujours un bon choix, ou croyez-vous plutôt que nous donnons du sens au chemin que nous choisissons d’emprunter ? Comment abordez-vous les décisions difficiles lorsque vous ne connaissez pas encore leur issue ?

J’ai hâte de lire vos réflexions et de découvrir les choix qui ont marqué votre parcours.

J'ai remarqué qu'à chaque fois que je n'ai pas suivi mes intuitions j'étais a côté de la plaque ! Souvent par manque de confiance en elles, timidité,  conseils de ceux iui me veulent du bien mais a qui je ne peux clairement et profondément exposé  mes raisons  ... le manque de mots précis  pour ! 

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Membre, 64ans Posté(e)
lunatike Membre 1 403 messages
Mentor‚ 64ans‚
Posté(e)
Il y a 17 heures, Placoteur a dit :

Il faut se laisser guider par notre courage lorsque nous nous considérons comme un homme et par notre amour lorsque nous nous considérons comme une femm

Le courage n'est pas uniquement réservé aux hommes, donc courage et amour s'il y en a pour homme comme pour femme, peu importe le sexe.

Il y a 17 heures, Placoteur a dit :

honte d'avoir peur des hauteurs

Il ne faut pas avoir honte, nous sommes nombreux à avoir peur de quelque chose, moi c'est le vide, et je prends mon courage à deux mains je l'affronte même si j'ai peur, mais honte non. Nous avons tous nos faiblesses.

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Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 109 messages
If you don't want, you Kant...,
Posté(e)

Bonjour,

Le 07/06/2026 à 14:04, MidnightArcher a dit :

Ces derniers temps, je réfléchis beaucoup au rôle que jouent nos choix dans nos vies. Chaque jour, nous prenons des décisions, petites ou grandes, et il est intéressant de constater à quel point certaines d’entre elles finissent par avoir un impact bien plus important que ce que nous aurions pu imaginer.

Parfois, nous passons beaucoup de temps à nous inquiéter de faire le « bon » choix, surtout lorsque l’avenir est incertain. D’autres fois, nous prenons une décision rapidement et ne réalisons que plus tard à quel point elle a changé le cours de notre vie. Qu’il s’agisse de choisir une carrière, de mettre fin à une relation ou d’en commencer une nouvelle, de déménager dans un nouvel endroit ou simplement de saisir une opportunité, nos choix façonnent souvent la personne que nous devenons.

Je serais curieuse de connaître les expériences des autres. Avez-vous déjà fait un choix qui a complètement changé votre vie ? Pensez-vous qu’il existe toujours un bon choix, ou croyez-vous plutôt que nous donnons du sens au chemin que nous choisissons d’emprunter ? Comment abordez-vous les décisions difficiles lorsque vous ne connaissez pas encore leur issue ?

vaste programme !

Et je dirais que tout est possible... comme réponse, suivant la personnalité du répondant et de son parcours de vie idiosyncratique ! Simplement, on aura des réponses " à la carte " valables que pour cette personne-ci et pour cette vie-là qu'elle a vécue et non toutes celles infinies qu'elle n'a justement pas vécues/expérimentées !

Il faut aussi reconnaitre, d'une part que les décisions soit-disant prises le sont rarement en toutes connaissances de causes, ou à partir de tous les tenants et aboutissants, le résultat étant quelque peu alors aléatoire ou les retombées futures incertaines avant d'y être confronté ultérieurement le moment venu. D'autre part, les gens élaborent toutes sortes de théories - naïves - et de règles de décision, tout comme ils utilisent toutes sortes d'heuristiques pour faire des " choix " qui dépassent largement la maitrise pleinement consciente de ce qui se trame - causalement et phénoménologiquement - au moment de la délibération, parce que reposant sur des modèles faux, simplistes, abstraits, imprécis, incomplets, erronés, inadaptés, inappropriés, etc, etc... Ils nous est aussi difficile de passer outre nos émotions et/ou nos intuitions, qu'elles soient bonnes ou mauvaises conseillères, ou bien encore de tirer fort malencontreusement des généralités à partir d'une poignée de cas isolés ( les bouquins sur les stories-success par exemple ), tout comme, bizarrement et conjointement, de refuser d'appliquer le " général " à l'individu, en l'occurrence soi-même ( du genre: " certes les gens sont biaisés, sauf moi " ). Il y a aussi les personnes contrairement aux " intuitionnistes " qui se reposent plus volontiers sur la raison, seulement, bien souvent celle-ci est malgré tout l'esclave des passions si j'ose dire, à l'insu du principal intéressé, mais elle sert même à justifier a posteriori le choix ou le parti-pris fait en amont, ce que l'on appelle la rationalisation, dont l'un est de ne plus chercher à savoir les points positifs des alternatives, c'est-à-dire se maintenir dans l'ignorance, tout comme en même temps de les dévaloriser, ce qui par effet de contraste, nous conforte dans notre prise de décision/position, tout en prenant un certain soin à éviter parallèlement, toute information trop négative - sur le choix retenu - qui pourrait nous conduire au regret. 

Contre-intuitivement, ce sont sans doute les personnes les plus capables, par le savoir et leur intelligence, qui risquent d'être les plus radicaux, extrêmes et polarisés dans une prise de position face une problématique importante pour eux-mêmes, ils auront alors suffisamment de capacités et de compétence pour argumenter en faveur de leurs préférences, mieux que ceux moins bien lotis, leur donnant lors d'un échange ou débat, l'illusion d' " avoir raison " et donc de persister et même de s'auto-encourager dans cette voie et donc d'affermir/radicaliser le positionnement, c'est même valable pour une personne qui par chance aurait l'impression d'avoir gagné une " dispute " avec quelqu'un, quand bien même ses arguments étaient faibles et que son adversaire n'a pas su les contrer, elle en ressortira gonflée d'une assurance mal placée. 

 

La réussite est bien plus souvent une question de chances que de talent seul ou même de travail, la plupart du temps cela se résume à avoir été au bon endroit, au bon moment avec les bonnes personnes et dans le bon contexte ou la bonne situation, c'est pourquoi il persiste encore des inégalités à l'École, parce que celle ou celui né·e dans une " bonne " famille aura largement plus de chances d'avoir un " bon " travail que celui ou celle qui est venu au monde dans une " mauvaise " ( que ce soit par statut social et/ou accointance/népotisme, richesse, capital culturel des parents, lieu de naissance, antécédents familiaux, mode parental d'éducation, milieu/environnement de vie, etc... ). En fait, la personne motivée pour diverses raisons, ne fera en réalité que démultiplier les opportunités ou pour le dire différemment les occurrences de contingence.

Enfin " réussir sa vie " repose en première et dernière instance, le plus souvent, sur des aspirations sociétales, les valeurs positivées dans tel groupe social - petit telle une communauté locale ou grand comme une nation entière - à telle époque sous telle (sub)idéo-culture !   

Étant donc donné que l'on ne peut pas rejouer sa vie, on n'en a qu'une aux dernières nouvelles, on aura vite fait de partir en spéculations, sauf à regarder les statistiques et autres donnés du même acabit, effaçant alors la partie individuelle et ainsi égotique des actions et comportements et donc des soit-disant choix " volontaires ", afin de savoir qui, quand, comment et pourquoi certains se disent heureux/satisfaits et d'autres non. Par exemple, au travail, il a été montré que les personnes qui avaient le pouvoir décisionnaire étaient plus contentes et sereines que celles à qui ce pouvoir leur été dérobé/interdit/refusé ou était absent. Dans la même veine, le " bonheur " serait aussi quelque chose de relatif et hautement subjectif, l'anecdote du 3ième sur le podium en est la quintessence, le 1er est " aux anges ", mais le 2ième est moins satisfait que le 3ième, parce que le second voit qu'il a raté la première place, quand le troisième se dit qu'il a évité de ne pas être sur le podium, il en va aussi de la sorte, quand un travailleur a une augmentation, il peut avoir le sourire aux lèvres en venant d'apprendre la bonne nouvelle, mais déchanter complètement si il apprend peu après que son collègue a eu plus que lui, la relativité de ce bonheur est en réalité une comparaison d'avec les autres, et à ce jeu, il est fort probable que ceux qui ont plus ou mieux que les autres, soient aussi les plus heureux de leur sort... Par voie de conséquences, ceux qui n'ont pas eu cette réussite, toujours comparativement aux autres, se sentiront mal, insatisfaits, mécontents, et autres joyeusetés négatives, jusqu'au ressentiment et au sentiment d'une injustice profonde. 

 

Après, comme les gens normaux sont aussi par défaut empreints du biais d'optimisme, ils auront tout loisir ou seront enclins de se défendre d'avoir fait de mauvais choix quand le résultat est décevant en se trouvant des excuses ou des raisons épargnant la blessure egotique, mais à l'inverse prompts de se targuer d'avoir fait les bons quand le résultat est mélioratif, en s'octroyant un pouvoir décisionnel, ce qui encensera leur estime d'eux-même ou à cause de celle-ci, leur donnant alors une " illusion de choix/contrôle " ou d'une liberté - du type libre-arbitre - qu'ils n'ont jamais vraiment eu... La seule chose qui est laissé à la discrétion des individus, c'est en réalité, l'histoire plausible ou vraisemblable et cohérente qu'ils (re)construisent d'eux-même après coup, sans liens causaux/réels avec ce qui les a réellement motivé ou poussé à l'action, puisque restant en-deça de la conscience tout ou en très grande partie ! ( C'est un peu comme de vouloir deviner le puzzle entier de milliers de pièces à partir d'une ou deux triées sur le volet )

 

:bienvenue:

 

 

 

Modifié par deja-utilise
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Membre, 46ans Posté(e)
MidnightArcher Membre 26 messages
Forumeur inspiré‚ 46ans‚
Posté(e)

Vous soulevez des points intéressants, notamment sur l’influence de la chance, des circonstances, des biais et des informations incomplètes dans nos décisions. Je suis d’accord sur le fait que nous faisons rarement des choix en disposant d’une connaissance parfaite de la situation, et que les gens sous-estiment souvent le rôle du hasard dans leurs réussites comme dans leurs échecs.

 

Cela dit, je ne pense pas que cela signifie que nos choix soient insignifiants. Nous ne contrôlons pas l’endroit où nous naissons, les opportunités qui se présentent dans nos vies, ni une grande partie des circonstances que nous rencontrons. Nous sommes également sujets aux biais et aux raisonnements irrationnels. Mais si nos choix avaient peu d’importance, nous ne verrions pas des personnes issues de milieux similaires finir dans des situations radicalement différentes.

 

Pour moi, la chance et les circonstances posent le décor, mais nos décisions influencent malgré tout ce qui se passe ensuite. Nous ne contrôlons peut-être pas toutes les cartes qui nous sont distribuées, mais nous jouons un rôle dans la manière dont nous les utilisons. C’est d’ailleurs ce qui rend cette question si intéressante à mes yeux : non pas parce que je crois qu’il existe toujours un unique « bon » choix, mais parce que nos choix et nos circonstances semblent interagir en permanence pour façonner le cours de nos vies.

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Membre, 46ans Posté(e)
MidnightArcher Membre 26 messages
Forumeur inspiré‚ 46ans‚
Posté(e)
Il y a 23 heures, deja-utilise a dit :

Bonjour,

vaste programme !

Et je dirais que tout est possible... comme réponse, suivant la personnalité du répondant et de son parcours de vie idiosyncratique ! Simplement, on aura des réponses " à la carte " valables que pour cette personne-ci et pour cette vie-là qu'elle a vécue et non toutes celles infinies qu'elle n'a justement pas vécues/expérimentées !

Il faut aussi reconnaitre, d'une part que les décisions soit-disant prises le sont rarement en toutes connaissances de causes, ou à partir de tous les tenants et aboutissants, le résultat étant quelque peu alors aléatoire ou les retombées futures incertaines avant d'y être confronté ultérieurement le moment venu. D'autre part, les gens élaborent toutes sortes de théories - naïves - et de règles de décision, tout comme ils utilisent toutes sortes d'heuristiques pour faire des " choix " qui dépassent largement la maitrise pleinement consciente de ce qui se trame - causalement et phénoménologiquement - au moment de la délibération, parce que reposant sur des modèles faux, simplistes, abstraits, imprécis, incomplets, erronés, inadaptés, inappropriés, etc, etc... Ils nous est aussi difficile de passer outre nos émotions et/ou nos intuitions, qu'elles soient bonnes ou mauvaises conseillères, ou bien encore de tirer fort malencontreusement des généralités à partir d'une poignée de cas isolés ( les bouquins sur les stories-success par exemple ), tout comme, bizarrement et conjointement, de refuser d'appliquer le " général " à l'individu, en l'occurrence soi-même ( du genre: " certes les gens sont biaisés, sauf moi " ). Il y a aussi les personnes contrairement aux " intuitionnistes " qui se reposent plus volontiers sur la raison, seulement, bien souvent celle-ci est malgré tout l'esclave des passions si j'ose dire, à l'insu du principal intéressé, mais elle sert même à justifier a posteriori le choix ou le parti-pris fait en amont, ce que l'on appelle la rationalisation, dont l'un est de ne plus chercher à savoir les points positifs des alternatives, c'est-à-dire se maintenir dans l'ignorance, tout comme en même temps de les dévaloriser, ce qui par effet de contraste, nous conforte dans notre prise de décision/position, tout en prenant un certain soin à éviter parallèlement, toute information trop négative - sur le choix retenu - qui pourrait nous conduire au regret. 

Contre-intuitivement, ce sont sans doute les personnes les plus capables, par le savoir et leur intelligence, qui risquent d'être les plus radicaux, extrêmes et polarisés dans une prise de position face une problématique importante pour eux-mêmes, ils auront alors suffisamment de capacités et de compétence pour argumenter en faveur de leurs préférences, mieux que ceux moins bien lotis, leur donnant lors d'un échange ou débat, l'illusion d' " avoir raison " et donc de persister et même de s'auto-encourager dans cette voie et donc d'affermir/radicaliser le positionnement, c'est même valable pour une personne qui par chance aurait l'impression d'avoir gagné une " dispute " avec quelqu'un, quand bien même ses arguments étaient faibles et que son adversaire n'a pas su les contrer, elle en ressortira gonflée d'une assurance mal placée. 

 

La réussite est bien plus souvent une question de chances que de talent seul ou même de travail, la plupart du temps cela se résume à avoir été au bon endroit, au bon moment avec les bonnes personnes et dans le bon contexte ou la bonne situation, c'est pourquoi il persiste encore des inégalités à l'École, parce que celle ou celui né·e dans une " bonne " famille aura largement plus de chances d'avoir un " bon " travail que celui ou celle qui est venu au monde dans une " mauvaise " ( que ce soit par statut social et/ou accointance/népotisme, richesse, capital culturel des parents, lieu de naissance, antécédents familiaux, mode parental d'éducation, milieu/environnement de vie, etc... ). En fait, la personne motivée pour diverses raisons, ne fera en réalité que démultiplier les opportunités ou pour le dire différemment les occurrences de contingence.

Enfin " réussir sa vie " repose en première et dernière instance, le plus souvent, sur des aspirations sociétales, les valeurs positivées dans tel groupe social - petit telle une communauté locale ou grand comme une nation entière - à telle époque sous telle (sub)idéo-culture !   

Étant donc donné que l'on ne peut pas rejouer sa vie, on n'en a qu'une aux dernières nouvelles, on aura vite fait de partir en spéculations, sauf à regarder les statistiques et autres donnés du même acabit, effaçant alors la partie individuelle et ainsi égotique des actions et comportements et donc des soit-disant choix " volontaires ", afin de savoir qui, quand, comment et pourquoi certains se disent heureux/satisfaits et d'autres non. Par exemple, au travail, il a été montré que les personnes qui avaient le pouvoir décisionnaire étaient plus contentes et sereines que celles à qui ce pouvoir leur été dérobé/interdit/refusé ou était absent. Dans la même veine, le " bonheur " serait aussi quelque chose de relatif et hautement subjectif, l'anecdote du 3ième sur le podium en est la quintessence, le 1er est " aux anges ", mais le 2ième est moins satisfait que le 3ième, parce que le second voit qu'il a raté la première place, quand le troisième se dit qu'il a évité de ne pas être sur le podium, il en va aussi de la sorte, quand un travailleur a une augmentation, il peut avoir le sourire aux lèvres en venant d'apprendre la bonne nouvelle, mais déchanter complètement si il apprend peu après que son collègue a eu plus que lui, la relativité de ce bonheur est en réalité une comparaison d'avec les autres, et à ce jeu, il est fort probable que ceux qui ont plus ou mieux que les autres, soient aussi les plus heureux de leur sort... Par voie de conséquences, ceux qui n'ont pas eu cette réussite, toujours comparativement aux autres, se sentiront mal, insatisfaits, mécontents, et autres joyeusetés négatives, jusqu'au ressentiment et au sentiment d'une injustice profonde. 

 

Après, comme les gens normaux sont aussi par défaut empreints du biais d'optimisme, ils auront tout loisir ou seront enclins de se défendre d'avoir fait de mauvais choix quand le résultat est décevant en se trouvant des excuses ou des raisons épargnant la blessure egotique, mais à l'inverse prompts de se targuer d'avoir fait les bons quand le résultat est mélioratif, en s'octroyant un pouvoir décisionnel, ce qui encensera leur estime d'eux-même ou à cause de celle-ci, leur donnant alors une " illusion de choix/contrôle " ou d'une liberté - du type libre-arbitre - qu'ils n'ont jamais vraiment eu... La seule chose qui est laissé à la discrétion des individus, c'est en réalité, l'histoire plausible ou vraisemblable et cohérente qu'ils (re)construisent d'eux-même après coup, sans liens causaux/réels avec ce qui les a réellement motivé ou poussé à l'action, puisque restant en-deça de la conscience tout ou en très grande partie ! ( C'est un peu comme de vouloir deviner le puzzle entier de milliers de pièces à partir d'une ou deux triées sur le volet )

 

:bienvenue:

 

 

 

Désolée, je ne vous pas cite

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Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 109 messages
If you don't want, you Kant...,
Posté(e)

Bonjour,

Il y a 20 heures, MidnightArcher a dit :

Mais si nos choix avaient peu d’importance, nous ne verrions pas des personnes issues de milieux similaires finir dans des situations radicalement différentes.

La question n'est pas tant de savoir si il y a une collection d'embranchements dans nos vies - conduisant à une certaine diversité, dont on ne peut prendre qu'une branche à un moment donné, ce que personne de vivant ne peut contester puisque tout un chacun peut le constater, mais si il y avait prévisibilité sous couvert d'un lien causal, i.e. une connexion nécessaire, entre la préférence retenue et les résultats qui s'en sont suivis. En effet, que nous soyons des pantins soumis aux aléas de la vie, s'accorde très bien avec la non-fatalité d'une trajectoire de vie, ce serait comme de jeter un dé à chaque présentation d'une bifurcation potentielle, la dispersion sera d'autant plus grande qu'il y aura eu de lancers consécutifs, sans avoir à faire appel à une quelconque faculté de jugement, même des photons dans une fibre optique sortent du guide de lumière ! ( On peut aussi obtenir ce qui était souhaité, en croyant que c'est par ses propres actions et délibérations qu'on y a abouti, alors que c'est par d'autres raisons inconnues de nous. De plus, on ne choisit pas ce que nous voulons, nous ne faisons que répondre à des impératifs dont on ignore les causes, notre désir vers tel objet est pris comme point de départ, jamais questionné en soi, nous ne faisons que nous efforcer à suivre cette tendance, non à la contrer ou à la remplacer, nos croyances sont du même acabit, une fois adoptées, comme nos plus anciennes habitudes, elles sont réfractaires à tout changement: tout ceci sont des non-choix, et il y en a pléthore en nous ).

Qu'il y ait donc du changement dans nos vies, cela ne signifie pas pour autant que nous en soyons l'auteur ayant le contrôle, en effet c'est comme les états-uniens qui prônent la réussite par soi-même, tout en prenant exemples sur ceux qui n'étaient pas " destiné " à aussi bien réussir, toutefois, c'est prendre la problématique à l'envers, c'est-à-dire, de donner une explication a posteriori via l'attribution de traits de personnalité de la personne à quelque chose qui n'a été qu'un concours de circonstances favorables, c'est pourquoi, il n'y a pas reproduction du succès par les copieurs. En fait, ce serait comme de jeter une dizaine de dé à 6 faces en même temps, et lorsque cela tombe sur par exemple la production de 10 faces montrant le 3, on voulait là aussi en trouver une " cause ", raison ou explication/interprétation, alors qu'en réalité, les causes sont les mêmes quel que soit le résultat obtenu, qu'il soit remarquable, singulier, (dé)favorable ou non !   

On devrait aussi être en mesure d'expliquer la situation inverse: pourquoi et comment des gens d'origines différentes aboutissent aux mêmes types de résultats ? Si il y a 98% de bacheliers en France aujourd'hui, cela ne tient pas vraiment du fait de choix particuliers, en lien avec une unicité ou la distinctivité de tel ou tel individu ! De même, les être humains étant éminemment des créatures sociales, gouvernées par leurs émotions et besoins/envies, il en résulte que les buts/objectifs et motivations sont très similaires d'une personne à une autre dans un milieu culturel donné, pas tant dans leur application que dans leur mode de fonctionnement, i.e. les process en jeu, par exemple que ce soit la nourriture ou la sexualité, si les pratiques sont différentes selon différents critères, la recherche du besoin de l'un et du plaisir de l'autre sont identiques pour tout un chacun, les différences ou dissimilitudes étant superficielles et sans lien de cause à effet avec les forces premières sous-jacentes en jeu, ces mêmes forces peuvent donc produire des résultats différents suivant les circonstances rencontrées, leur diversité et leur démultiplication, c'est comme une boule qui serait lâchée sur un plan incliné contre des pics droits plantés au sol sur le parcours, répartis aléatoirement, là où arrive la boule en contre-bas est incertain et imprévisible avant la descente, même quand deux boules seraient parties de la même position initiale, toutefois, il se dessinera une répartition statistiques à l'arrivée des différent·e·s boules/lancers, si chaque cas est bien " unique " quoique imprévisible, le cumul des trajectoires - de ces cas uniques - ne l'est pas tant que ça in fine.   

 

 

Il y a 20 heures, MidnightArcher a dit :

Pour moi, la chance et les circonstances posent le décor, mais nos décisions influencent malgré tout ce qui se passe ensuite. Nous ne contrôlons peut-être pas toutes les cartes qui nous sont distribuées, mais nous jouons un rôle dans la manière dont nous les utilisons. C’est d’ailleurs ce qui rend cette question si intéressante à mes yeux : non pas parce que je crois qu’il existe toujours un unique « bon » choix, mais parce que nos choix et nos circonstances semblent interagir en permanence pour façonner le cours de nos vies.

Si effectivement, nous n'avons pas pleine maitrise ni connaissance de tout ce qui influe sur notre prise de décision au moment des faits, il s'y rajoute aussi un biais rétrospectif ultérieurement, nous donnant l'illusion d'avoir participé par la volonté à l'évolution de la situation, par l'intermédiaire d'un récit que nous faisons sur nous-même expliquant le déroulement des évènements, mais cela ne reste qu'une interprétation emprunte également de motivations flatteuses pour l'ego, un chercheur M.Gazzaniga dans l'un de ses ouvrages ( " Le libre-arbitre et la science du cerveau " ), démontre magistralement qu'un de nos hémisphères possède une fonction automatique et irrépressible de donner du sens à ce que nous observons ou vivons, il l'appelle le module interprète, ce process est tellement efficace qu'il est en mesure d'expliquer virtuellement n'importe quoi, y compris ce qui est absurde de prime abord. Nous nous racontons des histoires sur notre propre compte en somme. Je rajoute que nous sommes aussi sous l'influence importante de la maintenance de l'estime de soi, où l'on cherche à préserver notre ego - des menaces - par toutes sortes de truchements plus ou moins subtiles, la perte de contrôle étant perçu comme une grande menace, à moins d' " affirmer le soi " ailleurs, dans une autre dimension où la maitrise est soulevée/révélée - si tant est que ce soit possible.

 

La plupart des humains ont la fâcheuse tendance à juger et raisonner par l'exemple d'une expérience, sauf que cette unique ou poignée d'expérience est dérisoire face à la complexité du Monde dans lequel nous nous insérons, comme je l'ai mentionné il y a quelques années: " Nous sommes incommensurablement plus influencés par ce que nous ignorons, que par ce que nous savons ", et encore, le " savoir " que nous possédons est loin d'être juste et/ou précis, que ce soit sur nous-mêmes, les autres ou les phénomènes non-sociaux.

Le " bon " choix étant ce qui se révèlera le plus adapté au contexte ou à la situation, mais ce serait aller vite en besogne, car ce serait faire la parti-pris d'une approche utilitariste seulement, alors, qu'il y a aussi des leitmotivs affectifs, hédonistes, éthiques en lice, etc... Les individus ordinaires ne fonctionnent pas, dans leur tête, comme le font les scientifiques quand ils essaient de comprendre leurs expériences, en effet, ces derniers s'efforcent de tenir compte de toutes les erreurs de mesures possibles, de toutes les alternatives explicatives possibles, avant de pouvoir se prononcer sur la valeur des résultats et leurs interprétations, or le commun des mortels, pensent et réfléchissent comme si leur cognition était exempte d'erreur de raisonnement, de jugement ou encore de sélection de l'information, tout comme du poids axiologique accordé aux différentes données ( ce que je désire, ce que j'apprécie et ce que je préfère pèsent plus lourd que le contraire, c'est pourquoi un argument faible qui confirme pèse plus en et pour nous qu'un argument fort s'y opposant, tout comme les informations recherchées et retenues par ailleurs ), et l'intuition n'est d'aucun recours, par exemple dans le biais rétrospectif, les gens n'ont aucune idée qu'ils en sont victimes, cette conscientisation ne se fait pas spontanément, pirement, dans par exemple le biais supérieur-à-la-moyenne, même quand on instruit les individus que ce biais existe, comment il fonctionne et qu'il touche plus de 80% des sondés, et bien, même avec cette révélation et les explications, on retrouve encore environ 80% qui s'estiment au-dessus de la moyenne, ce " biais des biais " est connu en anglais comme " bias blind spot " d'une manière générale/générique et pas seulement pour celui de supérieur-à-la-moyenne, c'est une tendance universelle. En ce sens, j'aurais beau expliquer que nous avons que peu de latitude dans l'élaboration de nos choix, les gens resteront convaincus qu'ils ont quand même une forme de contrôle sur leur vie, parce que sans cela, l'humeur tournerait en déconfiture, c'est-à-dire au pessimisme, ce qui d'une part est activement évité, mais tout-à-l'inverse et d'autre part, les gens recherchent activement à être et rester dans une humeur positive, qui est incompatible avec l'idée d'un faible ou aucun sentiment de contrôle ( Une expérience judicieuse a mise en évidence, que ce n'était pas le contrôle effectif en lui-même, mais seulement le sentiment de contrôle, qui permettait aux participants de garder/conserver/faire perdurer leur - biais d' - optimisme, en effet, même quand ils n'avaient pas effectivement le contrôle, mais seulement le sentiment de l'avoir, ils persévéraient dans leur croyance ). Pour le dire différemment, hoi polloi est psycho-affectivement d'une certaine manière condamné à croire qu'il possède un certain contrôle sur les évènements, et encore plus si cela les concerne, car le prix à payer, dans le cas contraire d'être lucide sur sa condition d'automate biologique programmable, serait soit de pencher dans la dépression soit dans le pessimisme... 

 

Paradoxalement, il faudrait d'abord reconnaitre que nous avons peu ou quasiment aucune libertés, pour en gagner un peu plus ! Il n'y a pas pire prisonnier que celui qui se croit libre en étant dans une cage dorée, tout comme il n'y a pas pire bonimenteur que celui qui croit à ses propres mensonges...   

 

:bienvenue:

 

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ashaku Membre 1 095 messages
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Le 07/06/2026 à 14:04, MidnightArcher a dit :

Je serais curieuse de connaître les expériences des autres. Avez-vous déjà fait un choix qui a complètement changé votre vie ? Pensez-vous qu’il existe toujours un bon choix, ou croyez-vous plutôt que nous donnons du sens au chemin que nous choisissons d’emprunter ? Comment abordez-vous les décisions difficiles lorsque vous ne connaissez pas encore leur issue ?

Bonjour. Si je comprend bien, ce sont des interrogations à propos des conséquences de nos choix ? Je me demande en ce qui me concerne quelles sont les causes. Il y a une similitude entre choisir, mesurer ou observer. Dans tous ces cas, il y a une multitude de possibilités avant et une seule actualisation concrète après. Alors autant entre mesure et observation, je vois le lien, ce sont des objets inertes et extérieurs qui font leur truc, autant pour les choix ça semble étrange de réaliser que l'on fonctionne soi-même selon les mêmes concepts que la matière.

Qualifier mes choix, savoir s'ils ont changé ma vie, dire s'ils sont bons ou pas, difficile. Il faudrait comparer avec les conséquences des choix que je n'ai pas fait, impossible à résoudre pour moi, mais pas forcément inutile d'y penser de temps en temps, surtout quand on voit qu'un résultat est mauvais, on est en droit de se demander si tel choix ne doit pas être remis en question.

A propos du "bon choix", non je ne pense pas. Il faudrait voir selon quoi, d'ailleurs. Les humains, leur vie, leur ressenti, leur sensibilité, leurs choix, tout cela forme un mélange que je comparerais à une soupe. Tout peut arriver, toute sortes de combinaisons sont à l'oeuvre, c'est le brassage global qui compte, pas les choix ou actes individuels. En revanche si l'on se positionne exclusivement sur soi-même, oui, il existe forcément une option meilleure que les autres, en termes de gains personnels. Un peu comme une position aux échecs appelle un coup meilleur que les autres pour un camp donné. Mais un choix humain "meilleur" dans l'absolu, pour tout le monde ? Je ne crois pas. Je penche pour la version "nous donnons du sens au chemin que nous choisissons d’emprunter".

Il manque une question à ces interrogations : votre vie peut-elle complètement changer suite au choix d'une autre personne ? Car c'est évidemment oui. Le partenaire qui vous quitte, l'employeur qui vous vire, je pense que les choix des autres sont au moins aussi impactants sur nous que nos propres choix.

Révélation

Imaginons un employé de la boite A qui travaille en prestation pour la boite B. A se fait racheter par C qui ne souhaite pas garder tous les anciens employés de A. C propose à B d'embauche l'employé qui est déjà chez elle, puis C fait un entretien annuel immonde à l'employé pour le forcer à démissionner et intégrer B. Au final, l'employé à changé d'employeur, il pense qu'il a fait ce choix lui-même. Est-ce vrai ?

Pour les questions difficiles dont on ne connait pas l'issue, il s'agit d'incertitude. Le premier point est de collecter les informations manquantes pour diminuer cette incertitude. Les informations qui ne peuvent être collectées en direct seront reconstituées imaginairement. Lorsqu'il n'y a plus d'incertitudes parce qu'on a construit un système complet pour rendre compte de la situation (incluant des données imaginaires faute de mieux), le choix final apparait comme résolution de ce système. Encore une fois, c'est la notion de ce qui cause le choix qui me semble pertinente.

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