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La psychanalyse : une boite de Pandore à garder fermée?

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L'illuminée

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Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 114 messages
If you don't want, you Kant...,
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Bonjour " illuminée ",

en préambule je dirais qu'il faudrait éviter de tirer une égalité ou une implication entre " sagesse " et " bonheur ", il n'y a pas de connexion nécessaire entre les deux, ni individuellement ni groupalement/collectivement ( en réalité, il existe une relation inverse: la lucidité se fait au prix du bienêtre, i.e. les dépressifs modérés et pessimistes sont plus objectifs que les optimistes, qui eux sont sous le joug de biais d'optimisme/positivité, sachant que par défaut les gens sont majoritairement optimistes ! ). Rappelant le cas historique de M. Heidegger, philosophe pourtant essentialiste, et un des plus " grands " penseurs reconnu comme tel, qui a pourtant adhéré à l'idéologie National-Socialisme d'Hitler, au grand dam de sa disciple H. Arendt - d'ascendance juive ! Dans la même veine, l'illustre philosophe et disciple de Socrate, Platon donc, a été le précepteur du célèbre conquérant Alexandre Le Grand, qui a bâti un empire par la guerre et la soumission !

 

Le 28/05/2026 à 05:59, L'illuminée a dit :

Je voudrais m’adresser à tout le monde, sans polémique, simplement pour partager ce que je pense profondément. Pour moi, la philosophie est l’un des chemins les plus précieux que l’être humain puisse emprunter. Littéralement, elle signifie l’amour de la sagesse [...]

Je suis convaincue que le salut, le vrai, celui qui apaise et qui construit, ne peut venir que de nous‑mêmes. Pas d’une théorie, pas d’un système, pas d’un “maître” qui prétendrait savoir mieux que nous ce qui se passe dans notre propre tête. Je crois profondément à la valeur d’un temps que l’on se réserve seul(e), un temps où l’on se retrouve face à soi-même, sans masque, sans mensonge, sans fuite. Un temps où l’on médite, où l’on respire, où l’on se regarde avec honnêteté mais aussi avec indulgence.

je comprends ce qui est soutenu dans le propos, et dans une certaine mesure je suis modérément d'accord, sur les bienfaits de philosopher et les méfaits de se faire psychanalyser, toutefois, je dois attirer l'attention que ce n'est pas toute La Philosophie qui permettrait une telle chose, par exemple, la philosophie analytique y est indifférente, la doctrine philosophique du cynisme y contreviendrait plutôt, et la philosophie par un auteur comme Machiavel pourrait s'opposer à ce vivre ensemble et ce, harmonieusement, du moins dans la perspective souhaitée et soutenue. De plus, la psychanalyse qui n'est pas une Science, ni de près ni de loin ( pour les autres forumeurs ), donc qui n'est pas une Médecine, aucun diplôme agréé de Santé n'est ni nécessaire ni dispensé d'ailleurs ( juste un problème de corporation interne de la profession ), c'est donc une pratique ne reposant sur aucune preuve ou base scientifique - contrairement à la Psychiatrie ou la Psychologie clinique, il y a eu effectivement toutes sortes de dérives de la part de certains psychanalystes passés comme actuels, elle peut donc faire du " bien " au client comme du " mal " ou du tort, en lui implantant de faux souvenirs par suggestions, comme ce fût le cas il n'y a pas longtemps encore, d'accusation de gestes incestueux ou viols de la part de proches ou parents sur l'enfant, devenu adulte et plaignant. Il faut voir la Psychanalyse non comme un traitement quelconque, puisque les résultats sont très aléatoires et frugaux, mais plutôt de l'ordre du développement personnel, dont l'efficacité est à ranger du côté de l'effet placebo que tout autre chose, aucune recette miraculeuse n'existe cela dit en passant, on a donc beaucoup de raisons de douter de l'aide apportée par la psychanalyse, hormis pour une poignées d'individus convaincus. En réalité ce qui permet d'aller mieux comme on rencontre un praticien, je dirais quel qu'il soit, diplômé ou non, que ce soit une pratique médicale reconnue comme telle ou une " médecine alternative " voire une activité superstitieuse, réside prépondéramment dans l'attitude bienveillante du praticien vis-à-vis du demandeur, on l'a vu par exemple sur les aides envers le public autistique, la méthode employée est largement secondaire vis-à-vis de l'accompagnement au cas par cas de réellement vouloir soulager la personne concernée, sous couvert d'empathie et de compassion manifeste.  

 

Tout ceci étant dit, même si je suis le premier mais certainement pas le seul à penser, comme A. Gopnik, que la philosophie devrait être pratiquée et introduite, comme activité, dès le plus jeune âge, fin de Maternelle/début de Primaire, pour que cela devienne une bonne habitude, elle ne pourrait malheureusement pas, à elle seule, venir à bout des maux de la société, ni de la nature humaine et ses penchants négatifs, il y a une foultitude d'obstacles qui dépassent de beaucoup de seulement en passer par une sorte d'introspection. A priori, il faut bien évidemment posséder un esprit critique, mais aussi que celui-ci s'enclenche systématiquement d'où l'intérêt de commencer cette pratique le plus tôt possible, pour que cela devienne automatique, si tel n'est pas le cas, on aura toutes les chances de sombrer dans un scepticisme dit motivé ( on ne critique en gros que ce qui ne nous plait pas, rarement ce qui nous sied ) ! En effet, nos actes mais aussi nos pensées sont soumises à des motivations, l'écrasante d'entre elles étant inconscientes ( sans rapport avec Freud ou Lacan, uniquement des processus mentaux en-deça de la conscience ou de notre espace de travail, psychique, pour le dire différemment ), dans cette veine, si par exemple on ignore la présence ou le poids de nos " appétits " ainsi que leur provenance respective, on sera alors mené par le bout du nez dans notre réflexion, c'est-à-dire que notre Raison s'alignera avec nos Passions pour le dire simplement, ce peut être notre besoin d'affiliation ( d'appartenir à un groupe, de référence, actuel ou visé ), le besoin de reconnaissance, notre propension à rechercher ou tendre vers ce qui nous procure du plaisir ou du bien, et à éviter, fuir et/ou nier ce qui nous fait peur, nous contrarie/déplait ou va à l'encontre de notre plaisir, il y a également une forte inclination en jeu dans le maintien de l'estime de soi qui se cache en chacun de nous, etc... Tous ces leitmotivs souterrains vont donner une valence ( positif/négatif ) et une importance qui affecteront notre cognition, y compris celle la plus posée et résolue, de cette sorte de méditation intérieure. De même les Valeurs positives de la culture qu'est la nôtre, influent aussi sur notre manière d'appréhender le Monde, que ce soit soi-même, les autres et les relations interpersonnelles qui en découlent, il a été montré que les biais d'auto-complaisance/satisfaction ( self-serving bias ) étaient virtuellement absents dans les sociétés collectivistes, principalement asiatiques, mais bel et bien présents dans les sociétés individualistes, principalement occidentales !

Bref, au même titre que le baron de Münchhausen ne pouvait pas se sortir de l'ornière dans laquelle il était en se tirant par les cheveux, on ne peut décemment pas s'attendre à être capable par ses propres moyens et uniquement ceux-ci de sortir de nos travers de pensées sans aide extérieure, cette dernière est à entendre comme les meilleures connaissances que l'on a sur les processus cognitifs des êtres humains, notre intelligence humaine est essentiellement le fait d'une entreprise collective cumulative, vouloir en faire l'impasse ou fi, reviendrait à penser comme à l'époque moyenâgeuse, dont on connait tous l'obscurantisme, peu importe les intentions louables que l'on a/avait, à n'en pas douter, ces intellectuels de cette époque voulaient eux aussi tirer le vrai du faux, et certainement accéder au bonheur. Ne dit-on pas, pourtant, que l'enfer est pavé de bonnes intentions !?

 

De même avoir conscience de quelque chose, en l'occurrence de mauvais ou néfaste, ne garantit aucunement que l'on agira en conséquence de manière congruente, on le voit avec un fumeur qui bien que conscient des conséquences toxiques délétères, continuera le tabagisme, il en va identiquement avec le dérèglement climatique, ou plus individuellement dans les conséquences, l'usage des réseaux sociaux via les smartphones ou la junk-food. Savoir aussi qu'il y a des phénomènes de groupes de type " Eux vs Nous " ne les empêchent pas d'advenir - e.g. favoritisme et sentiment de supériorité de l'endogroupe. En effet, ce que l'on pense à froid ou à tête reposée, n'a que peu à voir avec nos actions ou notre comportement à chaud ! Ce que D. Ariely a montré dans d'amusantes expériences avec ses étudiants ou lors d'enquêtes. De plus et non des moindres, toutes les formes d'introspection cognitive se révèlent fallacieuses, c.f.: E. Pronin entre autres, c'est-à-dire entre ce que l'on croit qui explique notre comportement ( et même celui des autres: via le biais d'attribution par exemple ) et les vraies causes, il n'y a pas de chevauchement, il n'y a pratiquement aucune corrélation entre ce que l'on identifie par soi-même comme raisons et nos actions ou choix, autrement dit, on se trompe tout le temps sur soi-même, on construit certes des théories vraisemblables ou plausibles ( de même pour le réalisme naïf ), mais en réalité non effectives, ce faisant, on risque alors de ne pas produire l'objectif visé en se reposant sur ces modèles faux, un peu comme de prendre de la poudre de perlimpinpin pensant à tort que c'est une substance active pour remédier à notre mal...    

Il faut quand même savoir que l'un des plus récalcitrants et des plus omniprésents travers cognitifs et donc le plus problématique pour bien/correctement réfléchir, est le biais de confirmation, on cherchera alors en soi ( mémoire sélective ) ou en-dehors ( sélection des informations ) ce qui confirme notre hypothèse, au lieu de chercher à l'infirmer, nous donnant alors l'illusion - trompeuse - d'y entendre ou comprendre quelque chose(!), alors que l'on fait fausse route et/ou que l'on se fourvoie plus ou moins complètement, sur ce qui se trame réellement. 

 

" On est incommensurablement plus influencé par ce que l'on ignore, que par ce que l'on sait ", bien que ce que l'on sait, soit souvent mal calibré ou qu'il y a bien des mécompréhensions ou mésinterprétations dans notre savoir. 

 

On peut prendre la Philosophie comme point de départ, comme première piste exploratoire, mais il ne faut jamais s'en contenter...

 

:bienvenue:

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Membre, 74ans Posté(e)
yagmort Membre 1 945 messages
Forumeur vétéran‚ 74ans‚
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il y a 56 minutes, deja-utilise a dit :

Dans la même veine, l'illustre philosophe et disciple de Socrate, Platon donc, a été le précepteur du célèbre conquérant Alexandre Le Grand, qui a bâti un empire par la guerre et la soumission !:bienvenue:

Je réagis juste à ça en passant : c'est Aristote qui a été précepteur d'Alexandre, et il était loin d'avoir les orientations "totalitaires" de Platon (selon Karl Popper et d'autres, à discuter ailleurs mais c'est très facile à étayer ne serait-ce qu'avec la République, et Aristote n'était pas de ce bord-là). Bref, en rectifiant l'histoire ton exemple devient plus pertinent...:bienvenue:

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Membre, 60ans Posté(e)
landbourg Membre 2 597 messages
Mentor‚ 60ans‚
Posté(e)

 

Moi je me demande si la psychanalyse et les sciences cognitives parlent de la même chose? 

Il y a plusieurs significations à l’inconscient, différents inconscients. 

Un inconscient qui aide à la vie pratique, qui agit pour nous donner des automatismes. Un inconscient pratique.

Et un inconscient qui lui agit sur notre mémoire de nous même. , de ce que nous croyons être, nos expériences , notre vouloir. Notre rapport întime à la réalité, qui peut trouver sa source en nous même et au-delà. 

Quelques chose qui agit et que nous ne pouvons connaître qu’en nous questionnant sur le sens même de notre existence et de l’existence en elle même?

On ne peut nier l’apport des neuro-sciences mais pourquoi l’opposer à cet autre inconscient qui à mon avis est autant intéressant et qui est producteur de sens pour les humains?  

 

 

 

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Membre, 28ans Posté(e)
Vincent.D Membre 7 messages
Forumeur Débutant‚ 28ans‚
Posté(e)

L'éthique psychanalytique n'est pas de fouiller l'inconscient des personnes mais justement d'être respectueux du cheniment du patient, et le psychanalyste dois écouter la demande du patient et c'est le patient le maître de sa propre thérapie.

Je suis d'accord avec le fait que la philosophie est pleine de richesses et que elle peux contribuer à un équilibre de l'esprit.

Pour moi la philosophie et la psychologie sont lié un peu comme la biologie et la chimie.

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Membre, 74ans Posté(e)
yagmort Membre 1 945 messages
Forumeur vétéran‚ 74ans‚
Posté(e)
il y a 4 minutes, Vincent.D a dit :

L'éthique psychanalytique n'est pas de fouiller l'inconscient des personnes mais justement d'être respectueux du cheniment du patient, et le psychanalyste dois écouter la demande du patient et c'est le patient le maître de sa propre thérapie.

Mouais, comme Lacan quand il engueulait sa bonne ou répondait au téléphone pendant ses séances d'un quart d'heure à six cents francs (ça ne dit plus grand-chose mais ça devait représenter quelque chose comme un tiers voire la moitié de mon salaire mensuel de l'époque).

La théorie, c'est une chose, la pratique, parfois...

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Membre, 60ans Posté(e)
landbourg Membre 2 597 messages
Mentor‚ 60ans‚
Posté(e)
il y a une heure, yagmort a dit :

Mouais, comme Lacan quand il engueulait sa bonne ou répondait au téléphone pendant ses séances d'un quart d'heure à six cents francs (ça ne dit plus grand-chose mais ça devait représenter quelque chose comme un tiers voire la moitié de mon salaire mensuel de l'époque).

La théorie, c'est une chose, la pratique, parfois...

Ouais une séance de frustration à 600 balles c’ est quand même un peu cher.

Peut être le prix d’une bonne baffe dans la gueule ou d’un bon  coup de pied au cul?

Je ne sais pas, je m’interroge. 

Modifié par landbourg
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Membre, 28ans Posté(e)
Vincent.D Membre 7 messages
Forumeur Débutant‚ 28ans‚
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Que ça sois un psychologue, un psychiatre où un psychanalyse il faut changer si ça va pas avec le thérapeute c'est clair qu'il y en a des meilleurs que d'autres.

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Membre, 60ans Posté(e)
landbourg Membre 2 597 messages
Mentor‚ 60ans‚
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il y a 21 minutes, Vincent.D a dit :

Que ça sois un psychologue, un psychiatre où un psychanalyse il faut changer si ça va pas avec le thérapeute c'est clair qu'il y en a des meilleurs que d'autres.

Mais faut pas se planter.

Changer pour du meilleur c’est très bien. Changer pour un plus gentil ou arrangeant des fois ça se discute. 

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Membre, 28ans Posté(e)
Vincent.D Membre 7 messages
Forumeur Débutant‚ 28ans‚
Posté(e)

Entièrement d'accord, un "bon psy bien sympa" qui valide, console, rassure, peux conforter la personne dans ces problèmes et ne pas vraiment faire de thérapie.

Ensuite j'imagine que chacun à sa propre vision de la thérapie.

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 290 messages
Maitre des forums‚
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" La psychanalyse : une boite de Pandore à garder fermée? " " Bon ", je vais d'abord me faner les trois pages. Y'a un fil intitulé " Psychanalyse ", y'a jamais personne qui poste ...

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 290 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Je réagis en commençant par le premier post de la première page, dans l'ordre. Je demande qu'on ait la courtoisie de me laisser terminer ma réaction sur les 3 pages.

Le 28/05/2026 à 05:59, L'illuminée a dit :

Je parle de cette manière qu’a la psychanalyse  surtout dans l’héritage de Freud  de fouiller dans l’inconscient en cherchant des explications toujours plus sombres, plus tordues, plus malsaines que ce que les gens vivent réellement.

Et pourtant. La psychanalyse n'a jamais réussi à verbaliser les pires " noeuds ", ici, les plus retors.

Le 28/05/2026 à 05:59, L'illuminée a dit :

Pour moi, c’est une boîte de Pandore qu’il vaut mieux éviter d’ouvrir spécialement pour les publics fragiles.

C'est une mise en parallèle aussi mauvaise que possible. Ce qui permet à toutes ces " choses " de rester actives, efficientes, causales, etc., c'est de rester non-verbalisées. Ici, savoir guérit.

Le 28/05/2026 à 05:59, L'illuminée a dit :

Je trouve que cette obsession de déterrer des “vérités cachées”, des pulsions supposées, des traumatismes imaginés, finit souvent par éloigner les personnes d’un équilibre psychique plutôt que de les y conduire.

Il y a des cas où avec ces " choses ", où toute forme " d'équilibre psychique " est rigoureusement impossible. Ces gens souffrent énormément, du lever au coucher, et même la nuit. De ce point de vue, c'est " mieux " que la prison. Je préfère une triple fracture : je sais quand ça va s'arrêter.

Le 28/05/2026 à 05:59, L'illuminée a dit :

À l’inverse, la philosophie élève.

Ça fait déjà quelques " lustres " que je le dis sur le net, nous sommes en 2026 :

- Arrivé ici, le philosophe ne peut plus avancer sans les progrès de ses camardes psys.

- Et inversement.

Le 28/05/2026 à 08:36, Enchantant a dit :

Je ne vois pas le lien que l’on puisse établir entre ces deux disciplines distinctes ?

Ce qui me permet d'illustrer mon commentaire ci-dessus. Des philosophes dont le travail philosophique a été contraint et même compromis a priori (= inconsciemment) par leurs caractéristiques psychologiques, j'en connais des wagons. C'est complétement dingue ce que Kant a réussi à faire DANS un dé à coudre, le Sien, etc.

Le 28/05/2026 à 10:01, ashaku a dit :

La page Wikipedia sur l'inconscient dit que ce dernier est "objet de longue maturation en philosophie" mais aussi que Freud marque un tournant majeur dans la définition de ce terme. On a longtemps tâtonné avec l'inconscient mais Freud pose des concepts comme pulsion ou refoulement sur lesquels on s'appuiera fermement par la suite.

A ce sujet, une référence : "Histoire de la découverte de l'inconscient ", Henri F. Ellenberger. Il a ses partis pris, comme tout le monde, mais rien qui ne nuise au travail de l'historien. Je passe à la lecture de la 2° page.

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 290 messages
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Le 30/05/2026 à 09:20, Don Juan a dit :

Et les philosophes imaginent parfois que leurs idées les libèrent de leurs instincts.

C'est vrai que certains le pensent. Mais c'est faux.

Le 03/07/2026 à 21:08, landbourg a dit :

J’aurais plutôt dit les religieux imaginent que leurs idées les libèrent de leurs instincts. 

Je dirais plutôt, que de leurs instincts, ils en font des Dieux, des religions, etc. Le " Dieu " des trois Livres c'est la mauvaise conscience névrotique faite Dieu. On a vu et on voit ce que ça donne. Les hommes et les femmes ont toujours été des hommes et des femmes. Donc ? Donc, j'ai le droit de jeter un oeil psychanalytique sur l'Odyssée, l'Ancien Testament, etc., etc. Et quand je le fais, je trouve.

Le 04/07/2026 à 11:36, yagmort a dit :

Cas bien connu de Louis Althusser, philosophe de haut vol, qui s'est fait analyser par Lacan. Il a alors, pris de folie, affreusement massacré son épouse. Il a fini en HP.

Cas très connu. A méditer. Des gens avaient essayer de prévenir, ils n'ont pas été entendus.

En passant, un mot sur le diagramme, en bas de page 2, et rien d'autre. C'est le meilleur que je connaisse sur l'histoire du christianisme. Il va bien sûr de soi que la partie inférieure est de la propagande du Vatican, comme si Jésus était le premier catholique. Pétition rétrospective aux motivations transparentes. Je passe à la 3° page. 

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 290 messages
Maitre des forums‚
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Le 05/07/2026 à 12:25, deja-utilise a dit :

Dans la même veine, l'illustre philosophe et disciple de Socrate, Platon donc, a été le précepteur du célèbre conquérant Alexandre Le Grand, qui a bâti un empire par la guerre et la soumission !

Le précepteur d'Alexandre, c'était Aristote. Et précepteur, c'est un emploi. Aristote a fait tout ce qu'il a pu, comme un bon vieux prof.

Le 05/07/2026 à 12:25, deja-utilise a dit :

En effet, nos actes mais aussi nos pensées sont soumises à des motivations, l'écrasante d'entre elles étant inconscientes ( sans rapport avec Freud ou Lacan, uniquement des processus mentaux en-deça de la conscience ou de notre espace de travail, psychique, pour le dire différemment ), ...

La psychologie, la psychiatrie, ne te diront jamais pourquoi tu es homosexuel ou hétérosexuel, etc.

Je résume " la vie " d'un psychiatre que j'ai connu. Milieu social : grande bourgeoisie, très conservateur, catholique (il est encore chrétien, nuance). Et ado, devinez quoi ? Ce n'est pas les filles qui l'intéressent. L'enfer. Il opte pour médecine et la psychiatrie, et parallèlement, il deviendra psychanalyste. Ce dernier fait était absolument insoupçonnable quand j'examinais son cabinet (et j'ai l'oeil) : c'était fait exprès. Je vais faire vite : la psychanalyse a " mauvaise presse ", donc, discrétion. Fût un temps l'expert psychiatre d'une Cour d'Assises, expert de l'Institut de médecine légale du coin pendant des décennies, était aussi psychanalyste, mais ça, c'était confidentiel. Aujourd'hui, on enseigne donc la psycho-pathologie et la méta-psychologie, sans jamais prononcer le mot de " psychanalyse ", ces deux corpus ne peuvent pas exister sans elle. " C'est tout ".

 

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Membre, 71ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 518 messages
Forumeur vétéran‚ 71ans‚
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Il y a 14 heures, Neopilina a dit :

C'est vrai que certains le pensent. Mais c'est faux.

C'est vrai ou c'est faux ?

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Membre, 89ans Posté(e)
WEST3-5 Membre 1 127 messages
Mentor‚ 89ans‚
Posté(e)
Le 28/05/2026 à 05:59, L'illuminée a dit :

Je voudrais m’adresser à tout le monde, sans polémique, simplement pour partager ce que je pense profondément. Pour moi, la philosophie est l’un des chemins les plus précieux que l’être humain puisse emprunter. Littéralement, elle signifie l’amour de la sagesse, et la sagesse est, à mes yeux, une composante essentielle du vivre‑ensemble. Elle nous apporte des vertus qui manquent cruellement aujourd’hui : la compréhension, la tolérance, la nuance, la réflexion morale, la capacité à se remettre en question. Je ne vois pas comment cela pourrait nous éloigner du réel. Au contraire, cela nous aide à mieux le comprendre, à mieux l’habiter, à le rendre plus humain et plus vivable.

C’est pour cela que je ne crois pas que philosopher fasse “louper le réel” comme semblent le penser certains malades psychiatriques. Je crois que philosopher nous ramène au réel, mais avec plus de profondeur, plus de lucidité, plus de douceur. Je suis même convaincue qu’une “prescription” de philosophie  ne serait‑ce qu’une heure par jour —rendrait le monde infiniment meilleur. Nous serions moins tentés de chercher le bonheur dans des considérations matérialistes qui n’apportent rien d’essentiel. Nous serions moins manipulables, moins agressifs, moins perdus. Nous serions plus humains, tout simplement.

À l’inverse, je dois avouer que la psychanalyse, telle qu’elle est souvent présentée, me met mal à l’aise. Je ne parle pas ici de nier la souffrance psychique ni de refuser l’aide quand elle est nécessaire. Je parle de cette manière qu’a la psychanalyse  surtout dans l’héritage de Freud  de fouiller dans l’inconscient en cherchant des explications toujours plus sombres, plus tordues, plus malsaines que ce que les gens vivent réellement. Pour moi, c’est une boîte de Pandore qu’il vaut mieux éviter d’ouvrir spécialement pour les publics fragiles.

Je trouve que cette obsession de déterrer des “vérités cachées”, des pulsions supposées, des traumatismes imaginés, finit souvent par éloigner les personnes d’un équilibre psychique plutôt que de les y conduire. On finit par voir du pathologique partout, du symbolique partout, du sexuel partout, comme si l’être humain n’était qu’un amas de névroses à interpréter. Je ne crois pas que cela aide à vivre mieux. Je ne crois pas que cela rende quelqu’un plus heureux. Et je ne crois pas que cela soit une manière saine d’aborder l’esprit humain.

Je suis convaincue que le salut, le vrai, celui qui apaise et qui construit, ne peut venir que de nous‑mêmes. Pas d’une théorie, pas d’un système, pas d’un “maître” qui prétendrait savoir mieux que nous ce qui se passe dans notre propre tête. Je crois profondément à la valeur d’un temps que l’on se réserve seul(e), un temps où l’on se retrouve face à soi-même, sans masque, sans mensonge, sans fuite. Un temps où l’on médite, où l’on respire, où l’on se regarde avec honnêteté mais aussi avec indulgence.

Parce que c’est ça, pour moi, la vraie guérison : apprendre à ne plus se juger avec dureté, apprendre à s’aimer un peu, apprendre à se pardonner. Et quand on commence à se traiter soi-même avec douceur, on devient naturellement plus doux avec les autres. On comprend mieux leurs failles, leurs maladresses, leurs contradictions. On accepte leurs qualités ET leurs défauts d’ailleurs, ces mots-là sont tellement relatifs. Être trop gentil peut être vu comme un défaut, la naïveté peut être perçue comme charmante, la sensibilité comme une force ou une faiblesse selon le regard qu’on porte dessus. Rien n’est figé, rien n’est absolu.

C’est pour ça que je me méfie de cette tendance de la psychanalyse à aller chercher la noirceur, les tourments, les perversions, comme si tout être humain cachait forcément quelque chose de sombre qu’il faudrait absolument déterrer. Je ne crois pas que ce soit bon. Je crois même que cela tire vers le bas. Qu’à force de chercher des monstres dans l’ombre, on finit par les inventer. Et qu’à force de vouloir interpréter chaque geste, chaque rêve, chaque souvenir, on finit par perdre le contact avec ce qu’il y a de plus simple et de plus vrai en nous.

À l’inverse, la philosophie élève. Elle éclaire. Elle apaise. Elle nous apprend à penser, à relativiser, à comprendre le monde et à nous comprendre nous‑mêmes. Elle nous donne des outils pour vivre, pas des diagnostics pour nous enfermer. Elle nous rappelle que l’être humain n’est pas seulement un ensemble de pulsions, mais aussi un être de raison, de sens, de valeurs, de liberté intérieure.

La philosophie nous invite à devenir meilleurs, pas à nous disséquer. Elle nous ouvre, elle ne nous enferme pas. Elle nous rend plus humains, pas plus anxieux. Et je crois sincèrement que si chacun prenait un peu de temps pour philosopher, pour réfléchir, pour méditer, pour se regarder avec honnêteté et bienveillance, le monde serait plus doux, plus juste, plus vivable.

Voilà pourquoi, pour ma part, je préfère mille fois la philosophie à la psychanalyse. L’une élève, l’autre complique. L’une apaise, l’autre tourmente. L’une ouvre des horizons, l’autre ouvre des abîmes. Et je choisis les horizons. C'est mon point de vue.

Ca c'est votre avis ... La philosophie apprend a grandir ou a se tordre le neurone ! Quant a la psychanalyse elle est très peu utilisée ne pas confondre avec une psycho thérapie qui peut être faite par un psychiatre/psychothérapeute ou un psychologue ! Et là ces spécialistes oui peuvent aider et ne sont pas tordus dans leur grande majorité ! .. quand vous avez eu des emmerdes en cascades que vous ne savez plus qui vous êtes et pourquoi vous êtes là ce sont des personnes qui vous amène a vous reconstruire ! Ne crachez pas dans la soupe vous ne savez pas ce que l'avenir vous réserve ! 

Déjà pour philosopher il faut un degré d'instruction et un esprit analytique entrainé ... sinon c'est de la philosophie de comptoir ! 

Modifié par WEST3-5
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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 290 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, Don Juan a dit :

C'est vrai ou c'est faux ?

C'est vrai que certains philosophes pensent que la philosophie va les libérer de leurs instincts, et parfois c'est vrai (dans l'antiquité, le Portique, etc.), mais hors ces cas particuliers, c'est faux. Heidegger a philosophiquement exprimé tous ses instincts, etc.

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Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 114 messages
If you don't want, you Kant...,
Posté(e)
Le 08/07/2026 à 19:46, Neopilina a dit :

Le précepteur d'Alexandre, c'était Aristote.

Au temps pour moi, effectivement, c'est le disciple de Platon donc Aristote qui a été son précepteur, Platon quant à lui l'aura été pour le jeune Denys II, un tyran. Cette coquille est anecdotique et ne concerne que la justesse historique, mais merci quand même de l'avoir soulignée et corrigée.  

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Membre, 71ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 518 messages
Forumeur vétéran‚ 71ans‚
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Il y a 23 heures, Neopilina a dit :

C'est vrai que certains philosophes pensent que la philosophie va les libérer de leurs instincts, et parfois c'est vrai (dans l'antiquité, le Portique, etc.), mais hors ces cas particuliers, c'est faux. Heidegger a philosophiquement exprimé tous ses instincts, etc.

Ben oui, comme dans tous les domaines, une chose ne peut pas être vraie pour tout le monde.

Bonne journée.

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