Aller au contenu

La psychanalyse : une boite de Pandore à garder fermée?

Noter ce sujet


L'illuminée

Messages recommandés

Membre, Posté(e)
L'illuminée Membre 635 messages
Forumeur expérimenté‚
Posté(e)

Je voudrais m’adresser à tout le monde, sans polémique, simplement pour partager ce que je pense profondément. Pour moi, la philosophie est l’un des chemins les plus précieux que l’être humain puisse emprunter. Littéralement, elle signifie l’amour de la sagesse, et la sagesse est, à mes yeux, une composante essentielle du vivre‑ensemble. Elle nous apporte des vertus qui manquent cruellement aujourd’hui : la compréhension, la tolérance, la nuance, la réflexion morale, la capacité à se remettre en question. Je ne vois pas comment cela pourrait nous éloigner du réel. Au contraire, cela nous aide à mieux le comprendre, à mieux l’habiter, à le rendre plus humain et plus vivable.

C’est pour cela que je ne crois pas que philosopher fasse “louper le réel” comme semblent le penser certains malades psychiatriques. Je crois que philosopher nous ramène au réel, mais avec plus de profondeur, plus de lucidité, plus de douceur. Je suis même convaincue qu’une “prescription” de philosophie  ne serait‑ce qu’une heure par jour —rendrait le monde infiniment meilleur. Nous serions moins tentés de chercher le bonheur dans des considérations matérialistes qui n’apportent rien d’essentiel. Nous serions moins manipulables, moins agressifs, moins perdus. Nous serions plus humains, tout simplement.

À l’inverse, je dois avouer que la psychanalyse, telle qu’elle est souvent présentée, me met mal à l’aise. Je ne parle pas ici de nier la souffrance psychique ni de refuser l’aide quand elle est nécessaire. Je parle de cette manière qu’a la psychanalyse  surtout dans l’héritage de Freud  de fouiller dans l’inconscient en cherchant des explications toujours plus sombres, plus tordues, plus malsaines que ce que les gens vivent réellement. Pour moi, c’est une boîte de Pandore qu’il vaut mieux éviter d’ouvrir spécialement pour les publics fragiles.

Je trouve que cette obsession de déterrer des “vérités cachées”, des pulsions supposées, des traumatismes imaginés, finit souvent par éloigner les personnes d’un équilibre psychique plutôt que de les y conduire. On finit par voir du pathologique partout, du symbolique partout, du sexuel partout, comme si l’être humain n’était qu’un amas de névroses à interpréter. Je ne crois pas que cela aide à vivre mieux. Je ne crois pas que cela rende quelqu’un plus heureux. Et je ne crois pas que cela soit une manière saine d’aborder l’esprit humain.

Je suis convaincue que le salut, le vrai, celui qui apaise et qui construit, ne peut venir que de nous‑mêmes. Pas d’une théorie, pas d’un système, pas d’un “maître” qui prétendrait savoir mieux que nous ce qui se passe dans notre propre tête. Je crois profondément à la valeur d’un temps que l’on se réserve seul(e), un temps où l’on se retrouve face à soi-même, sans masque, sans mensonge, sans fuite. Un temps où l’on médite, où l’on respire, où l’on se regarde avec honnêteté mais aussi avec indulgence.

Parce que c’est ça, pour moi, la vraie guérison : apprendre à ne plus se juger avec dureté, apprendre à s’aimer un peu, apprendre à se pardonner. Et quand on commence à se traiter soi-même avec douceur, on devient naturellement plus doux avec les autres. On comprend mieux leurs failles, leurs maladresses, leurs contradictions. On accepte leurs qualités ET leurs défauts d’ailleurs, ces mots-là sont tellement relatifs. Être trop gentil peut être vu comme un défaut, la naïveté peut être perçue comme charmante, la sensibilité comme une force ou une faiblesse selon le regard qu’on porte dessus. Rien n’est figé, rien n’est absolu.

C’est pour ça que je me méfie de cette tendance de la psychanalyse à aller chercher la noirceur, les tourments, les perversions, comme si tout être humain cachait forcément quelque chose de sombre qu’il faudrait absolument déterrer. Je ne crois pas que ce soit bon. Je crois même que cela tire vers le bas. Qu’à force de chercher des monstres dans l’ombre, on finit par les inventer. Et qu’à force de vouloir interpréter chaque geste, chaque rêve, chaque souvenir, on finit par perdre le contact avec ce qu’il y a de plus simple et de plus vrai en nous.

À l’inverse, la philosophie élève. Elle éclaire. Elle apaise. Elle nous apprend à penser, à relativiser, à comprendre le monde et à nous comprendre nous‑mêmes. Elle nous donne des outils pour vivre, pas des diagnostics pour nous enfermer. Elle nous rappelle que l’être humain n’est pas seulement un ensemble de pulsions, mais aussi un être de raison, de sens, de valeurs, de liberté intérieure.

La philosophie nous invite à devenir meilleurs, pas à nous disséquer. Elle nous ouvre, elle ne nous enferme pas. Elle nous rend plus humains, pas plus anxieux. Et je crois sincèrement que si chacun prenait un peu de temps pour philosopher, pour réfléchir, pour méditer, pour se regarder avec honnêteté et bienveillance, le monde serait plus doux, plus juste, plus vivable.

Voilà pourquoi, pour ma part, je préfère mille fois la philosophie à la psychanalyse. L’une élève, l’autre complique. L’une apaise, l’autre tourmente. L’une ouvre des horizons, l’autre ouvre des abîmes. Et je choisis les horizons. C'est mon point de vue.

  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
Membre, 61ans Posté(e)
eriu Membre 11 904 messages
Maitre des forums‚ 61ans‚
Posté(e)

Il est question de deux domaines différents , qui peuvent aussi être complémentaires . L'un vise à travailler sur soi , ça part de l'intérieur ( selon la compréhension que j'ai de la psychanalyse ) , là où l'autre s'avère plus généraliste , ça part de l'extérieur . Un outil de compréhension du monde , d'autres façons de faire ou d'être . Des outils . 

Ce qui peut être porteur pour quelqu'un , peut ne pas l'être pour un autre . Le principal est de trouver ses propres méthodes , outils pour son équilibre . 

A mon sens , le seul élément que l'on pourrait " généraliser" c'est ( comment je pourrais dire ) de renseigner sans enseigner , afin d'accompagner les plus jeunes à trouver leurs outils . 

  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 677 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)

Et  Platon ? Leibniz ? Poubelle ? Bien avant Freud pourtant, alors ? 

S'il y a des limites à la théorie de l'inconscient Freudien, il ne faut quand même pas jeter bébé avec l'eau du bain ! 

 

  • Like 2
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 668 messages
Forumeur confit,
Posté(e)
Il y a 2 heures, L'illuminée a dit :

C’est pour cela que je ne crois pas que philosopher fasse “louper le réel” comme semblent le penser certains malades psychiatriques.

Que la philosophie soit un exercice mental, favorisant l’aide pour chacun de structurer ou donner un sens à sa propre existence, nous sommes d’accord.

La psychiatrie est une branche de la médecine qui traite des maladies mentales, ce qui est d’un autre ordre que celui de la philosophie.

Je ne vois pas le lien que l’on puisse établir entre ces deux disciplines distinctes ?

  • Like 2
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 677 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)
il y a 18 minutes, eriu a dit :

Il ne faut surtout rien jeter , oui .

Je m'adressais plus à l'auteur eriu ;))   Opposer philo et psychanalyse freudienne ça n'a pas de sens. Les philosophes parlaient d'inconscient bien avant Freud. 

  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
L'illuminée Membre 635 messages
Forumeur expérimenté‚
Posté(e)
il y a 5 minutes, Enchantant a dit :

Que la philosophie soit un exercice mental, favorisant l’aide pour chacun de structurer ou donner un sens à sa propre existence, nous sommes d’accord.

La psychiatrie est une branche de la médecine qui traite des maladies mentales, ce qui est d’un autre ordre que celui de la philosophie.

Je ne vois pas le lien que l’on puisse établir entre ces deux disciplines distinctes ?

parfois et notamment dans le cas de publics fragiles comme les malades mentaux la psychanalyse fait plus de dégâts qu'elle n'aide réellement et perso je crois beaucoup plus aux vertus de la sagesse par le biais de la philosophie pour apporter une aide précieuse à la reconstruction des malades.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 677 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)
il y a 12 minutes, Enchantant a dit :

Que la philosophie soit un exercice mental, favorisant l’aide pour chacun de structurer ou donner un sens à sa propre existence, nous sommes d’accord.

La psychiatrie est une branche de la médecine qui traite des maladies mentales, ce qui est d’un autre ordre que celui de la philosophie.

Je ne vois pas le lien que l’on puisse établir entre ces deux disciplines distinctes ?

Elle ne parle pas de psychiatrie.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 668 messages
Forumeur confit,
Posté(e)
à l’instant, January a dit :

Elle ne parle pas de psychiatrie.

Extrait de son texte...

C’est pour cela que je ne crois pas que philosopher fasse “louper le réel” comme semblent le penser certains malades psychiatriques.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 677 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)

Mais là elle parle de psychanalyse.  Méthode à laquelle peuvent avoir recours les malades psychiatriques. 

Elle oppose la psychanalyse et la philosophie, tu as compris ? - je sais, pas évident. 

Lis le titre sinon : psychanalyse...

 

  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 668 messages
Forumeur confit,
Posté(e)
à l’instant, January a dit :

Mais là elle parle de psychanalyse.  Méthode à laquelle peuvent avoir recours les malades psychiatriques. 

N'étant ni philosophe, ni psychiatre, j'avoue que ne connais absolument rien à la psychanalyse...Faute avoué à moitié pardonné, c'est de cela dont je me souviens!:D

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 1 225 messages
Mentor‚ 44ans‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, L'illuminée a dit :

Je voudrais m’adresser à tout le monde, ...

Quelle beau texte, presque une profession de foi. Je suis d'accord avec ton analyse des faits, et comme @Enchantant un peu perplexe sur la mise en relation entre philosophie et psychologie, même si je suis d'accord avec ce que tu en as dit.

La psychologie, comme la médecine physique, existe pour traiter de problèmes. On ne reproche pas au chirurgien de toujours regarder quel os est cassé ou quel organe est dysfonctionnel, c'est une condition nécessaire pour l'exercice de son métier. Il en va ainsi de la psychologie, qui recherche constamment ce qui est "cassé" dans l'esprit plutôt que dans le corps, je n'y trouve pas matière à reproche.

Je pense comme toi que la philosophie ne nous éloigne pas du réel mais nous permet de mieux nous y connecter. Et c'est justement un aspect bien réel que nous sommes capables d'évaluer une situation autrement que physiquement. Cette panoplie mentale à notre disposition contient nombreux outils d'aide à la survie : la peur pour fuir un danger plus vite, la colère pour affronter un danger plus fort, la haine pour se rappeler d'un danger qui n'a pas pu être résolu et peut resurgir n'importe quand. Mais ces outils et leur façon de se déclencher automatiquement peuvent -et sont- facilement retournés contre nous, déclenchés de façon indue. Un politicien prononce un discours anxiogène savamment préparé donc j'ai peur alors qu'il n'y a aucun danger à fuir. Quelqu'un me dit quelque chose de méchant et je me met en colère alors qu'il n'y a pas de danger à affronter. Mon voisin fait du bruit tous les jours donc j'ai la haine alors qu'il n'y a aucun danger à gérer. Tous ces inconvénients ont un jour appelé à mieux comprendre notre psyché.

De manière générale, il vaut mieux utiliser ses outils que de se faire utiliser par eux (c'est valable pour les émotions mais aussi les objets comme les téléphones), et cela demande du travail, de la discipline, des valeurs. Autant de choses devenues désuètes aujourd'hui où on vante surtout la facilité, l'immédiateté, le superficiel. En fait, en te lisant, j'ai retrouvé un pattern générique : il vaut mieux se tourner vers le monde extérieur que se replier sur soi-même. Et d'une certaine façon, la philosophie c'est se tourner vers le monde extérieur, la psychologie c'est se tourner vers son propre intérieur. En cela je comprend ton message.

Malgré tout, je pense qu'il faut laisser les psychologues défricher de façon scientifique ce sujet, sans pour autant oublier de réfléchir et de vivre philosophiquement. En somme, je comprend que tu dis que la psychologie c'est la guérison alors que la philosophie c'est la prévention, à propos des travers de l'esprit. Et il vaut mieux prévenir que guérir :) Cependant, les vicissitudes de la vie ont abimé certaines personnes, la prévention n'a pas joué ou pas fonctionné, et les connaissances psychologiques sont là pour, comme tu l'as bien inclut dans ton message, soulager des souffrances réelles.

  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 677 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)
à l’instant, Enchantant a dit :

N'étant ni philosophe, ni psychiatre, j'avoue que ne connais absolument rien à la psychanalyse...Faute avoué à moitié pardonné, c'est de cela dont je me souviens!:D

@ashaku fait la même erreur que toi, il s'agit de psychanalyse.  

Il y a 3 heures, L'illuminée a dit :

 

À l’inverse, je dois avouer que la psychanalyse, telle qu’elle est souvent présentée, me met mal à l’aise.

 

Donc on est parti pour opposer Freud à Platon. 

Y a quelqu'un ? Allo ? 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 1 225 messages
Mentor‚ 44ans‚
Posté(e)
il y a 4 minutes, January a dit :

il s'agit de psychanalyse.

Erreur d'ignorance, je ne distingue pas les spécialités "psy". Est-ce que la distinction que tu fais entre psychologie et psychanalyse remet en question ce que j'ai dis des émotions humaines ?

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 51ans Posté(e)
Elisa* Membre 17 262 messages
Maitre des forums‚ 51ans‚
Posté(e)
il y a 2 minutes, January a dit :

@ashaku fait la même erreur que toi, il s'agit de psychanalyse.  

 

Donc on est parti pour opposer Freud à Platon. 

Y a quelqu'un ? Allo ? 

 

il y a 2 minutes, ashaku a dit :

Erreur d'ignorance, je ne distingue pas les spécialités "psy". Est-ce que la distinction que tu fais entre psychologie et psychanalyse remet en question ce que j'ai dis des émotions humaines ?

Il est possible que cette confusion vienne du fait que la psychologie, la psychanalyse, la psychiatrie s’occupent toutes de la souffrance psychique ce sont les méthodologies qui diffèrent. 

  • Like 1
  • Merci 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 677 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)
il y a 6 minutes, ashaku a dit :

Erreur d'ignorance, je ne distingue pas les spécialités "psy". Est-ce que la distinction que tu fais entre psychologie et psychanalyse remet en question ce que j'ai dis des émotions humaines ?

Non pas de problème mais le coeur du sujet, puisqu'on est en philo, c'est d'opposer comme j'ai dit Platon ou Leibniz à Freud. Moi et la philo ça fait deux mais j'ai quand même les bases. 

Tu es peut-être (même sûrement) plus calé que moi. Que penses-tu de cette opposition ? Pour moi ça ne fonctionne pas du tout, bien avant Freud et la psychanalyse, les philosophes acceptaient et débattaient d'inconscient. La psychanalyse, c'est "l'étude" de l'inconscient.  

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 1 225 messages
Mentor‚ 44ans‚
Posté(e)
il y a 1 minute, January a dit :

Non pas de problème mais le coeur du sujet, puisqu'on est en philo, c'est d'opposer comme j'ai dit Platon ou Leibniz à Freud. Moi et la philo ça fait deux mais j'ai quand même les bases. 

Tu es peut-être (même sûrement) plus calé que moi. Que penses-tu de cette opposition ? Pour moi ça ne fonctionne pas du tout, bien avant Freud et la psychanalyse, les philosophes acceptaient et débattaient d'inconscient. La psychanalyse, c'est "l'étude" de l'inconscient.

Merci pour cette précision :)

En fait, je ne connais quasiment rien de la tradition philosophique, avec mon habituel entêtement illogique j'ai choisi de réfléchir au monde sans consulter ce qu'ont pu dire les excellents philosophes de notre Histoire. Mes réponses sont moins bonnes que les leurs, mais c'est les miennes et dans ma démarche ça a plus de valeur d'entrainer son cerveau à trouver que de le remplir avec des belles réponses.

Mais je ne suis pas à 0% non plus. Platon était le disciple de Socrate, il a produit une œuvre qui rend compte de ce qu'il a appris de son maitre, puis a développé sa propre vision critique de son temps. Je crois savoir que cette deuxième partie de son discours est la plus controversée. Leibniz était autant mathématicien que philosophe je suppose ? Je le connais surtout pour l'accrochage avec Newton sur le calcul infinitésimal, je ne pensais pas qu'il avait posé sa marque sur un domaine psychologique (mais une rapide recherche m'a montré le contraire, certains considèrent même toute son oeuvre comme une psychologie).

 

En substance, si j'ai bien compris, il y a d'un coté Platon/Leibniz et la vision générale de la psychologie, et de l'autre coté Freud père de la psychanalyse sortant du théorique général pour entrer dans la pratique concrète sur l'individu, c'est bien ça ? Ca me semble personnellement plutôt correct de distinguer les deux car ils ont des différences sur les plans chronologique et ontologique.

La page Wikipedia sur l'inconscient dit que ce dernier est "objet de longue maturation en philosophie" mais aussi que Freud marque un tournant majeur dans la définition de ce terme. On a longtemps tâtonné avec l'inconscient mais Freud pose des concepts comme pulsion ou refoulement sur lesquels on s'appuiera fermement par la suite.

 

Et donc, en tenant compte de la correction que tu apportes, le post original dénonce une pratique de la psychanalyse qui fait de l'humain une collection de névroses et d'actes vils, là où la philosophie fait du monde environnant un univers qu'il est merveilleux de découvrir. La "découverte merveilleuse" étant potentiellement en soi un moyen de se prémunir des névroses, en s'alignant sur l'extérieur harmonieux pour le comprendre plutôt qu'en braquant un projecteur sur notre intérieur conflictuel.

Je pense que les deux sont vrais. Le monde existe et le découvrir est une belle aventure. Mais la solution biologique que nous sommes est si complexe que les effets de bords sont nombreux. Nous sommes avant tout réactifs et la société que nous avons construit semble accorder plus de valeur au commerce qu'aux humains. Il en résulte que les gens sont en gros des collections de névroses.

Après il faut faire la part des choses. La paranoïa par exemple n'est pas un problème mais une solution, c'est ce qui nous permet de ne pas tomber dans une arnaque. Le trouble psy, c'est la paranoïa aigüe, le moment où le mécanisme de méfiance se déclenche par habitude même quand ce n'est pas nécessaire et entre en conflit avec la vie de tous les jours. Mais ce trait de paranoïa n'a été développé qu'une fois que les humains se sont mis à pratiquer l'arnaque entre eux, c'est l'équivalent de la peur pour un danger physique. Donc là où certains disent "névrose", il faut parfois comprendre "qualité trop souvent déclenchée dans les rapports humains".

Là où je reconnais une supériorité de la philosophie sur la psychanalyse, c'est que la première peut nous dire comment construire une meilleure société dont il découlera mécaniquement de meilleurs comportements, alors que la deuxième ne peut que tenter de recoller les morceaux pour un individu. Implicitement, la psychanalyse dit "tu as un problème" alors que la philosophie dit "le monde est là".

  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 677 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)
il y a 6 minutes, ashaku a dit :

Implicitement, la psychanalyse dit "tu as un problème" alors que la philosophie dit "le monde est là".

La psychanalyse ne dit pas "tu as un problème", tu viens à la psychanalyse avec ton problème - ou ce que tu crois avoir comme problème et que tu ne comprends pas, et là on cherche la racine de ce problème, à partir de l'inconscient. 

Il ne reste pas grand chose de la psychanalyse aujourd'hui, les TCC ont pris le pas, un genre de mixage entre étude de l'inconscient et comportement au présent, pour des résultats rapides. 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 55ans Posté(e)
Valance Membre 367 messages
Forumeur accro‚ 55ans‚
Posté(e)

Le "connais -toi toi-même" cher à Socrate est une des bases de la philosophie. La psychanalyse telle que tu la décris paraît bien sombre, mais c'est oublier que la psychanalyse n'est pas réservée aux malades , comme la philosophie n'est pas réservée aux gens en bonne santé. La psychanalyse peut être, dans le but de la connaissance de soi, une branche de la philosophie. 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 677 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)
à l’instant, Valance a dit :

Le "connais -toi toi-même" cher à Socrate est une des bases de la philosophie.

Voilà, et la psychanalyse c'est ça aussi, et je me répète mais, sur la base de l'inconscient.  

Décrire la psychanalyse comme l'auteur le fait m'apparaît extrême, voire dangereux. J'ai beaucoup de critiques envers cette pratique (je n'ai presque que ça), mais je crois à l'inconscient. Et je ne conçois pas qu'on n'y croit pas en fait, j'avoue. Aux traumas intergénérationnels, aux transmissions, au déni etc. 

  • Like 2
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant

Rejoindre la conversation

Vous pouvez publier maintenant et vous inscrire plus tard. Si vous avez un compte, connectez-vous maintenant pour publier avec votre compte.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement

×