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Leverkuhn

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Tout ce qui a été posté par Leverkuhn

  1. L'Histoire Universelle se heurte toujours à celle des mémoires. Évidemment qu'il y a eu des tas d'Ouradour sur Glane en Algérie. Les enfumades du Dahra, de Sbéhas, etc. Seulement pour un Français dont les ancêtres n'ont pas été victimes de la colonisation, tout ça n'existe pas vraiment, ou alors il s'en fout comme de l'an 1940. Sauf que l'an 1940, ça lui tient a cœur et c'est normal. Ce qui est difficile à encaisser, c'est que c'est exactement la même logique qui est à l’œuvre dans les deux cas de figure, ceux de la colonisation et ceux de l'Allemagne nazie.
  2. Quand je cherche l'étymologie du mot instinct, je tombe sur "impulsion donnée", "qui meut l'âme humain", etc. Je ne suis pas fan de l'étymologie des mots mais dans le cadre de celui-ci je le trouve particulièrement instructif. Je comprends pourquoi cette notion a eu tant d'importance dans la compréhension du comportement animal. L'instinct se rapporte à tout ce qui concerne la mécanique du corps, et à la manière avec laquelle cette mécanique affecte "l'âme". Depuis Descartes, l'animal est conçu comme une sorte de machinerie complexe et ingénieuse. Il est donc naturel d'associer l'ensemble de ses mouvements, de ses comportements à l'instinct qui s'y rapporte. S'agissant de l'humain, c'est effectivement plus complexe car avec Descartes, l'Homme pense et ça change tout. On peut même dire que c'est ce qui fait de lui un Homme. Un Homme libre puisque pensant, libre d'accéder à la Raison Universelle ou de subir les affres de ses passions. Les passions, voilà quelque chose qui effrayait déjà la princesse de Bohème, pour qui Descartes adresse son traité des passions. Descartes y explique la mécanique du corps, et la façon dont les "esprits animaux" affectent l'âme humaine. Il y explique également comment par la discipline et le dressage du corps, l'âme parvient à prendre le dessus sur le corps. Plus tard au 18e siècle, avec La Mettrie et son ouvrage intitulé l'Homme Machine, on y retrouve cette mécanique du corps appliquée à l'Homme ainsi "qu'une théorie générale du dressage" comme le dit Foucault. On comprend là la place que prend l'instinct, dans les balbutiements de la société disciplinaire du 18e siècle. Il est tout ce qui fait obstacle à la docilité du corps, la docilité du soldat dressé pour tuer, du policier dressé pour le maintien de l'ordre, de l'employé dressé pour travailler. Il doit donc être domestiqué pour obéir à la raison naturelle diront les idéalistes, pour obéir aux instincts des puissants diront les cyniques. Il se met donc en place un ensemble de structures destinés à dresser les plus récalcitrants, prisons, asiles, maisons de travail. La camisole du corps devient l'instrument de libération de l'âme. Il faut reconnaître une certaine efficacité de ces diverses pratiques du dressage de l'Homme, pratiques qui ont fait tout un ensemble de nouveaux savoirs. Car à la question du dressage de l'Homme naît concomitamment la Science de l'Homme. L'Homme devient objet de savoir. Mais peut être que ce qu'il y a de plus choquant là dedans n'est pas tant la question du dressage que la question du dresseur. Ce qui heurte Foucault, c'est le véritable savoir/pouvoir que le dresseur construit pour satisfaire ses instincts, sans que ses propres instincts soient soumis à une quelconque discipline. Peut être le temps est il venu de s'affairer à un nouveau dressage, au dressage du maître. Il reste encore un ensemble de savoirs nouveaux à bâtir s'agissant de ce dressage.
  3. Ces paysages, ça fait toujours son effet. Dahab signifie or. L'éclat du sable fin sans doute, même si de là où vous vous tenez, il semble avoir perdu quelque peu de son éclat. ça a l'air de briller davantage vers la plage Amusez vous bien.
  4. Aujourd'hui qu'est ce qui est vraiment différent ? Il y a toujours eu cette duplicité de la philosophie moderne bourgeoise, consistant à osciller entre la position idéaliste et la lucidité de sa perversion. Pour ce qui est de votre idée de la vérité, travestir une catégorie par une autre n'a pas beaucoup d'intérêt. Et même ce travestissement est d'une grande naïveté à bien y réfléchir. La performativité du discours, un discours dont l'acte qui lui est associé est évidemment connu de tous... La vérité se conçoit là comme démonstration de puissance, démonstration de pouvoir. C'est donc une soumission de la pensée à la puissance qui est ici proposée. Mais quelle puissance exactement ? La puissance démonstrative mystifiée, dissimulée par le mensonge du fort sur le faible, au point que le débiteur en vient à passer pour le créancier. C'est la toute la puissance que recouvre la parole en elle-même. La vérité existe ici, c'est celle de l'acteur. Et quand au spectateur, il ne saura d'elle que ce que l'acteur voudra bien lui montrer bien-sûr.
  5. La question posée est plutôt amusante quand on y pense. On y discerne déjà toute la logolâtrie, la vénération des mots inhérente à ce thème philosophique : la servitude. La Vérité existe. Dans quel Esprit Universel s'est-elle enracinée ? Dans quel texte s'est-elle cristallisée ? Le philosophe enchaîné ne recherche plus que des symboles, des images du monde qu'il confond désormais pleinement avec le monde lui-même. Son éloignement du monde concret est proportionnel à son degré de soumission. Le philosophe bourgeois, prisonnier de ses propres illusions, devient le nouveau religieux, le théologien à combattre.
  6. C'est un peu tôt. Il faut attendre le résultat des élections fédérales allemandes pour le dire.
  7. Leverkuhn

    De malo

    Vous faites à mon avis grand cas du mal pour envisager qu'un mal succède naturellement à un autre, ou à une souffrance. La souffrance peut opérer des changements de stratégies, plus radicales, plus violentes chez une personne qui n'est pas encline à la violence. Mais la souffrance n'est pas nécessaire pour que la première option envisagée par une personne soit la violence.
  8. Je me suis récemment procuré le livre de Frédéric Lordon et Sandra Lucbert. A l'heure où la psychanalyse est en stade avancé de décomposition (à raison étant donné le caractère fossilisé et inopérant de son contenu), il y a dans ce livre une proposition de refonte, de discussion autour de certains concepts psychanalytiques parmi lesquels, le plus important, la pulsion. C'est à travers une grille de lecture Spinoziste, et une géométrie des passions humaines, que Lordon (on devine au style et aux idées) se propose de retracer les forces élémentaires qui agitent les Hommes, finitude, manque, pulsion, et enfin jouissance. Est retracé ensuite le parcours de vie de Modus, sorte d'abstraction de l'Homme, qui est un mode dans la philosophie Spinoziste. Un parcours dont les dispositions et les stratégies de Modus formeront la structure mentale et affective de Modus. Voilà de quoi donner envie de rentrer plus âprement dans les détails de ce livre.
  9. Ah, j'aurais du préciser, c'était une boutade
  10. Le prolétaire évidemment oui. Celui-pour qui le droit se résume à accepter ce qu'on lui donne et à faire ce qu'on lui demande. Pour rappel, le cœur de la critique de Marx n'est pas celle de la représentativité, mais celle du Capital. Il existe une nette différence entre la représentation et la propriété. Quant au mode de représentativité actuel, il y aurait beaucoup de choses à dire. Quand la représentation nationale est bourgeoise, c'est problématique. Du reste, si le mandat actuel des élus est basé sur un mode représentatif, on peut très bien imaginer, celui d'un mandat impératif. Dans la hiérarchie des pensées dangereuses (bien que je ne sois pas très convaincu de la dangerosité d'une pensée en soi), je place Hegel dans mon Top 3. Hegel est le grand penseur de la mission civilisatrice de l'Occident, c'est à dire le grand penseur de l'impérialisme et du colonialisme. Mais à sa décharge, il n'a probablement pas assez révisé le cogito... Hegel est un penseur du droit certes, mais ça ne fait pas de lui un grand humaniste. Seulement un penseur de l’État, avec ses bienfaits et avec ses horreurs. En outre, la dialectique de Marx est une inversion de la dialectique de Hegel. Il ne rejette pas la conscience de Soi. Il la remet "à l'endroit" selon ses termes, raison pour laquelle la dialectique du maître et de l'esclave est au cœur de sa pensée. Ce qui implique qu'effectivement, le cogito et les mystifications qui vont avec (la pensée magique, créatrice d'une action par exemple) ne l'intéresse pas. On peut en imaginer une autre plus contemporaine aux auteurs. Proudhon au Soudan par exemple, expliquant aux soudanais, qu'il faut bien qu'ils travaillent, que c'est "notre droit" de les faire travailler. J'imagine Marx : "Mon Dieu". Et Proudhon s'écriant : "Où ça ?" Encore une autre tiens, Proudhon devant Charles Maurras au sujet du cercle qui porte son nom. J'imagine Marx : "Mon Dieu". Et Proudhon s'écriant "Marx est la ténia du socialisme !" C'est ce que tu as choisi ?
  11. Cela a au moins le mérité d'être clair. C'est la phase finale de ce nettoyage ethnique. Ce faisant Trump, signe aussi un décret pour se retirer de la charte des droits de l'homme. C'est cohérent.
  12. Leverkuhn

    Que signifie penser ?

    Il se produit quelque chose d'étrange lorsque j'écris ces quelques mots. Je me rends compte qu'aucune de mes pensées ne sont proprement les miennes. Je reformule, l'ensemble des catégories que j'utilise pour y déverser ce que j'imagine me sont étrangères. Qu'est-ce que ça peut bien changer après tout ? L'image est mienne, le langage et les catégories que j'utilise ne sont là que des véhicules. Mais ce même véhicule conditionne l'entendement. La production d'images se conforme aux catégories dont l'entendement se sert pour véhiculer ses images. Le sens interne devient négligeable. Il est possible, sinon certain qu'avec un tel fonctionnement, une Intelligence Artificielle produise le même résultat. La pensée y est artifice. Se servir de son propre entendement ne passe pas seulement par l'édification d'images qui nous sont propres, mais aussi d'un langage qui nous est propre.
  13. C'est ça qui est hors sujet. La pensée de Marx, son analyse et le mode d'action préconisé sont deux choses différentes. La critique de Proudhon vise le mode d'action. L'essentiel des écrits de Marx, le capital, l'idéologie Allemande ou autre porte sur l'analyse de la société de son époque. Sur l'analyse, comme sur le mode d'action, peu de gens se sont rangés du coté de Proudhon par la suite, tout simplement parce que dans la réalité ça s'avère inopérant. Le cogito, la conscience de soi, c'est la conscience de la subjectivité. Dire que c'est absent du Marxisme, c'est ignorer pleinement le contenu de la critique marxiste. La question de la réification de l'Homme dans le Capital est au cœur de la critique du fétichisme de la marchandise. Évidemment, le marxisme est un matérialisme, ce qui signifie qu'il pose l'Objet au centre des déterminations du Sujet, et non l'inverse, contrairement à Hegel. Ce qui ne signifie pas que le Sujet y est inexistant, loin de là. Votre critique manque de compréhension à mon avis.
  14. Proudhon était contre les grèves et les actions revendicatives. Qu'aurait été le mouvement ouvrier en Europe avec un Proudhon pour seule référence ? Si Proudhon s'est fait éclipsé par Marx et Bakounine, c'est pour de bonnes raisons. En général, ceux qui parlent au nom de Proudhon contre Marx s'opposent à la plupart des modes d'action sociale.
  15. Ce qu'on entend par secte est assez variable. Juridiquement, on sait que ce sont des petits groupes qui se caractérisent par une emprise mentale sur leurs membres. Mais plus largement, le terme a toujours été utilisé de manière péjorative pour désigner des groupuscules d'illuminés qui se distinguent de la Religion officielle, c'est à dire le plus souvent, la Religion d’État, ou tout du moins la Religion institutionnalisée. L’Église considérait les diverses hérésies, notamment protestantes comme des sectes par exemple.
  16. Un instrument d'aliénation est nécessairement du côté du pouvoir, puisqu'il a pour vocation de faire plier l'autre au désir maître. Cela dit ce qu'on entend usuellement par Religion n'est pas toujours du côté du pouvoir dominant si j'ose dire. Les mouvements révolutionnaires d'Amérique du Sud, du Moyen Orient, les mouvements de libération nationale sont imprégnés de croyances religieuses. La lutte pour la prise du pouvoir d’État passe en permanence par un recours à la Religion. Ce qui est intéressant, c'est de voir comment la modernité a pensé pouvoir escamoter la Religion, dans un but d'unification des Hommes, en ayant recours à la Religion naturelle. Il y a eu là une innovation particulièrement intéressante, recourir à la nature plutôt que de recourir à Dieu. La doctrine du droit naturel qui en découle a été l'instrument d'aliénation des puissances étrangères, et des masses populaires. Finalement comme pour les autres religions, cela a suscité diverses interprétations, diverses schismes, et a servi, sert encore d'instrument à toutes les guerres.
  17. Je remets ici ce que j'avais déjà écrit sur un fil du même genre :
  18. Bonsoir, vous gagnerez à prendre un peu plus de temps à reformuler votre propos, beaucoup de raisonnements et de formulations me paraissent vagues, en tout cas assez floues. Sur la question de l'origine de la "création" (mot indiquant déjà la nature de l'origine), je suis d'accord avec vous sur le caractère indéfini de ce que vous appelez "l'être". Et je crois que sur ce sujet tout le monde est à peu près d'accord. Je note qu'il y a par conséquent un certain paradoxe à essayer d'en caractériser la nature. Toutefois, si l'on reprend les catégories Aristotéliciennes, voire même platoniciennes, ce qui correspond à l'indétermination, l'indéfini correspond à ce qui est en puissance et non à ce qui est en acte. Or c'est bien la matière qui est associée à ce qui est en puissance et non la forme ou l'Esprit qui est en acte. L'acte pur étant chez les thomistes notamment Dieu, on peut difficilement faire plus défini, plus formel que Dieu.
  19. Ah mais vous avez mal compris, ça ne se passe pas entre le Qatar et le Maroc, mais entre le Maroc et des députés européens, Français notamment. Sur Mélenchon, vous savez un peu ce qui se passe dans la région n'est-ce pas ?
  20. Peut être parce qu'il y a plus intéressant, le Qatargate par exemple qui a révélé les affaires de corruption avec de certains eurodéputés, mais qui a aussi révélé les affaires de corruption avec le Maroc. C'est quand même plus passionnant et étayé qu'un voyage au Qatar pour voir un ministre. Mais on verse moins dans le complot islamogauchiste il est vrai.
  21. Je comprends bien l'ouverture au compromis d'Olivier Faure, mais je ne pense pas que ce ce soit la gauche qui est fermée au dialogue et au compromis. La logique de forcenés auxquels on a à faire avec ce bloc, ne semble pas se dissoudre par le dialogue, mais par la force des voix. On vient de voir ce qu'a donné ce dialogue et ce compromis. Que dalle.
  22. Leverkuhn

    Que signifie penser ?

    Je connais pas très bien Lacan, et j'ignorais que le signifiant avait ou non un phallus A vous lire, la vérité résiderait dans la castration
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