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Leverkuhn

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Tout ce qui a été posté par Leverkuhn

  1. Leverkuhn

    Inconscient et philosophie

    Je suis globalement d'accord avec vous, à ceci près que je rajouterais l'importance du concept dans l'expérience. Les intuitions, la résonance des mots, des images, des formes, des sons, c'est ancré dans la perception et donc dans l'expérience. L’attitude scientifique procède elle aussi par conceptualisation. Comme vous le dites, celle-ci est souvent commode, mais elle finit également par orienter ce que nous chercherons à faire expérience, ce que nous rendrons visible ou pertinent. En ce sens, la science n’échappe pas au rôle structurant des concepts, même si elle s’en sert de manière critique et révisable. L'attitude scientifique est évidemment ce qui nous empêche de patauger dans la fosse à purin de l'appel à l'ignorance du Verbe. Mais pour moi le Verbe, ce n'est pas rien. ça a des effets concrets sur les personnes. On en fait tous l'expérience. Les croyances fondées sur le Verbe, ça m'intéresse. Et pour beaucoup d'entre elles, elles ne me font pas rêver ou c'est que je suis vraiment très distrait... Je m'y intéresse quand même. Je mets des gants quand même
  2. Leverkuhn

    Inconscient et philosophie

    Une définition simple de l'inconscient pourrait être : l'ignorance des causes qui déterminent nos états mentaux. Les scientifiques associent cet inconscient cognitif à un défaut de mémoire, d'attention, ou à une simple absence de compréhension sur le surgissement de certains états mentaux, par exemple au réveil lorsqu'on s'aperçoit qu'on a rêvé de ceci ou de cela. Cette définition a le mérite de ne pas plonger dans le lieu invisible et fantasmé des psychanalystes. Un lieu dans lequel le psychanalystes va projeter ses propres fantasmes, et sa propre ignorance, sur celle des autres, en inventant des souvenirs ou en jouant les oniromanciens. L'inconscient est une chose à laquelle on n'échappe pas vraiment (heureusement d'ailleurs), mais on peut développer une connaissance rationnelle, empirique scientifique de ce phénomène, et comprendre certains mécanismes qui influencent nos états mentaux. Antonio Damasio y élargie par exemple le concept d'homéostasie au niveau des émotions. C'est très intéressant. Ce qui est dingue c'est de voir à quel point l'approche des scientifiques sur ces domaines converge avec les réflexions philosophiques de Spinoza d'il y a des siècles. C'est fascinant.
  3. Leverkuhn

    Inconscient et philosophie

    Non, La substance d'Aristote n'a rien à voir avec celle de Spinoza. Il n'y a pas une substance mais des substances chez Aristote. Il y a des substances premières et secondes, générales. Il y a aussi des universaux et des transcendantaux, mais les transcendantaux, l'Un, l'être, etc ne sont pas des substances. Et ça, c'est surtout dans sa métaphysique. Ce que je pourrai comprendre, bien que ça me semble excessif. Mais je ne parle pas de l'être hypostasié mais du concept d'existence, et de l'existence des objets de la physique. C'est une question que les philosophes des sciences se posent. Quand Carnap s'interroge sur l'être des éléctrons, il le fait en philosophie, et il publie dans la Revue Internationale de philosophie en 1950 (cf. EMPIRICISM, SEMANTICS, AND ONTOLOGY, Rudolph Carnap) . De Chimie, de neurosciences, de physiologie, de psychologie, de sciences sociales et de la philosophie. De tout ce qui permet de comprendre la libido concrètement et de l'interroger, non à travers de la mythologie ou des discours abscons. Si je veux encore me figurer la libido, autrement que dans la rigidité d'un discours scientifique, je préfère encore un bon roman, ou de la bonne poésie.
  4. Leverkuhn

    Inconscient et philosophie

    L'ontologie a toujours été une réflexion portant sur la réalité du contenu de nos pensées. Ce que la physique moderne a détruit, ce n'est ni plus ni moins que la physique d'Aristote, son système des causes, et sa théorie de la substance. La physique moderne a démontré la supériorité de la construction d'objets simples, clairs et distincts propre aux mathématiques pour appréhender le monde. Mais ça ne veut pas dire que l'ontologie est morte. Les philosophes ont continué et continuent à s'interroger sur l'être, l'existence des objets, notamment ceux construits par les sciences, sur l'inexistence de certains objets. Ces questionnements sont à la fois philosophiques et scientifiques. Et c'est en cela qu'ils sont féconds. Les philosophes qui s'interrogent sur l'être en général, non en ce qu'il signifie, en ce qu'il réfère, mais comme hypostase abstraite, sont des héritiers de la philosophie de Heidegger, qui se sentent le besoin de partir du dasein, ou plus modestement d'un être vivant pour parler de l'être. Ils se sentent le besoin de fracturer philosophie et science, pour faire de la philosophie un pseudo-savoir sur l'être, pour en faire une théologie déguisée. Le problème de ces discours, n'est pas tant le discours en soi que l'effet d'un tel discours. Dans quel but vouloir faire d'une théologie déguisée une discipline académique i.e. une discipline d’État ?
  5. Leverkuhn

    Inconscient et philosophie

    C'est une intuition intéressante. Je rebondis ici juste en y mettant ce que je pense, sans vraiment prendre la peine et le soin de rendre parfaitement clair ce que j'écris : Les fractures ontologiques traditionnellement établies entre nature et psyché, ainsi qu'entre nature et culture sont en train de tomber. Les avancées en sciences cognitives, en sciences du langage et en sciences sociales les font tomber tout en maintenant ces distinctions à des niveaux épistémiques différenciés. On peut percevoir dans ces sciences contemporaines un lien conceptuel avec le structuralisme, hérité du néo-kantisme, et avec le post-structuralisme. Ces courants réinterrogent les structures symboliques, mentales et sociales, leurs effets, mais selon des méthodes empiriques et théoriques adaptées aux sciences modernes, sans recourir à des mythologies ou à des dialectiques indéterminées et spéculatives.
  6. Je partage en partie votre point de vue. Je pense que les cafés philo peuvent aider dans le développement de ses propres réflexions. Cela dit, lorsqu'on cherche à les approfondir. L'écrit est ce qu'il y a de mieux. Et beaucoup de personnes ont écrit des réflexions très intéressantes. Les lire, les comprendre, ça peut nous amener vers des réflexions qu'on aurait jamais pu avoir. Les citer ensuite, lorsqu'on écrit soi-même, tout dépend du contexte dans lequel on écrit. La citation est peut être un travail éthique. On peut s'en servir pour asseoir son autorité, une autorité de sachant en utilisant des auteurs qui ont une renommée, qui impressionnent ceux qui ne les ont pas lu et qui crée une complicité chez ceux qui connaissent son nom. On peut même citer ces auteurs sans les avoir lu dans le contexte d'un débat. On peut aussi ne citer personne pour s'attribuer le mérite de penser par soi-même des choses auxquelles on aurait jamais pensé tout seul. Je pense qu'il est quand même important pour soi, et pour sa propre lucidité dans une discussion, un débat, ou à l'écoute d'un débat télévisé, de lire ces auteurs, de les désacraliser. Un des exercices que j'aime, ce sont les ateliers d'arpentage : déchirer le livre en plusieurs morceaux, donner chaque morceau à quelqu'un, et que chacun discute de ce qu'il a compris de son morceau.
  7. On en a déjà parlé. Tu tournes en boucle. Inutile d'en reparler. Tout ce que tu indiques là ne fait que confirmer davantage les liens que tu as avec la phénoménologie et plus particulièrement avec Heidegger. Bref, tu n'écris pas pour te faire comprendre. Personne ne comprend ce que tu racontes. Je ne suis pas certain que tu comprennes grand chose à ce que tu racontes d'ailleurs. Suffit de voir tes confusions grossières entre théorèmes d'incomplétude et le paradoxe de Russell pour se rendre compte que tu ne manques pas d'aplomb pour raconter des conneries. On peut pas faire moins cartésien comme démarche. Aucun intérêt de continuer à discuter avec toi.
  8. Je ne suis pas sûr que cette distinction soit éléate. Schématiquement, pour moi : Les éléates sont rivés sur l'ontologie. Ils ont fait une première théorie de l'être qui nie le devenir. Chose que va reprendre plus ou moins Platon en élaborant sa théorie des formes mais sans nier le devenir. Aristote tentera une synthèse cohérente de la forme, la matière et du devenir dans sa physique et sa catégorie de substance. Mais sa physique sera complètement obsolète avec la révolution impulsée par Galilée. Toujours est il que l'ontologie, l'être est entre temps devenue une question, en Orient et en Occident, consubstantielle à la théologie. Beaucoup vont confondre Dieu et l'être. Se pose un problème, pour tous ces monothéismes, celui de ne pas confondre Dieu et le monde. Chose qu'on va imputer à Spinoza en Occident, gros scandale. Hegel proposera un cheminement, pour résoudre cette question, celui de la phénoménologie de l'Esprit. Mais il est question, d'Esprit, d'être-en-soi et pour-soi, négation de la négation, de l'être-en-soi (celui de Parménide et des formes de Platon). C'est une nouvelle synthèse de l'être et du devenir. La conscience y révèle ce qui est déjà là. Et il y a également Heidegger qui proposera un autre cheminement qui ne part pas de l'être-en-soi, mais de l'étant (chose effective, concrète), et de l'être comme dévoilement, par l'être-là, la clairière, etc...
  9. Non, je n'ai toujours pas compris en quoi tu n'avais rien à voir avec Heidegger et plus largement avec la phénoménologie. J'ai simplement arrêté de chercher à comprendre.
  10. Dans le contexte d'une question d'Apoline de Malherbe : "Est-ce que les forces de l'ordre doivent être comme Jésus sur la croix ?" Question à la con, qui suppose une réplique CONséquente. C'est quand même un sacré topic de trolls https://www.youtube.com/watch?v=iEitFUsJ5P8&t=1291s
  11. Intéressant comme idée, ça donne envie de lire son livre.
  12. Si vous pensez à quelque chose de non vivant, à quoi vous pensez ?
  13. Vous pensez que les robots sont vivants ? Vivants comme les humains ?
  14. Il est vrai que la philosophie n'exclut pas la théologie en principe, en tout cas pour certains chez qui l'éveil philosophique passe par une forme de songe. La théologie, c'est très intéressant, et tout ce qu'il y a autour aussi. De là à dire que pour faire de la philosophie académique il faut faire de la théologie... A son réveil, @Neopilina s'écria : Certainement l'Être est en ce lieu, et je ne le savais pas (volet positif du somnia cogitandi ).
  15. Existe-t-il des critères objectifs pour définir la vie, ou s’agit-il d’une notion que nous projetons sur certaines formes d’existence ?
  16. https://www.youtube.com/watch?v=iEitFUsJ5P8&t=1291s "Je pense que la question elle est vite répondue."
  17. Leverkuhn

    Philosophons

    Dans beaucoup de milieux intellectuels, l'alpha et l'omega de l'Occident, c'est la Grèce. Pourtant, l'Occident n'est pas grec. Il ne saurait l'être. La Grèce est un carrefour entre l'Occident et l'Orient. C'est ce qui a fait son rayonnement. L'Occident moderne s’en réclame comme caution spirituelle, comme si sa puissance et sa culture n’avaient pas d’existence propre. Rome, n’a jamais produit d’esprit comparable. Elle s’est contentée d’adopter celui des Grecs. La modernité glorifiant Rome, a choisi la Grèce comme légitimation symbolique. Certains sont même allés jusqu'à s'inventer des liens raciaux avec les Grecs, tout en excluant d’autres héritages. Le XXᵉ siècle a montré jusqu’où ce délire pouvait mener. Aujourd’hui, ce lien persiste. La Grèce sert de paravent spirituel à une puissance qui, sans elle, se trouverait nue dans sa brutalité. On continue de contempler le cadavre de Dieu ou de le chercher dans je ne sais quels ossements ou morceaux d’hellénisme, espérant ainsi rhabiller le christianisme. Et tel un miroir inversé, dans le récit qu’on construit de l’islam, on lui attribue un lignage judéo-chrétien et une influence grecque, exactement comme pour l’Occident. La symétrie est totale : les civilisations dites antagoniques sont enrichies des mêmes sources que l’autre, comme si les qualités attribuées à l’une se reflétaient dans l’autre. Le prétendu « choc des civilisations » devient alors une farce. C'est une vaste blague, nourrie de "ce qui vient au monde dégoulinant de sang et de saleté par tous ses pores de la tête aux pieds."
  18. Affligeant... On entre vers une forme de police du vêtement et de persécution religieuse des plus grotesques.
  19. Une belle amitié ...
  20. Vous pouvez aussi vous tourner vers les universités populaires, qui sont ouvertes à tous. Si vous habitez dans une grande ville, vous en trouverez facilement. Elles proposent souvent des séminaires de lecture autour d’un thème ou d’un auteur, ce qui permet d’aborder la philosophie de manière collective et accessible. Il existe également les cafés philo et les ateliers philo. On en voit de plus en plus, notamment grâce à des applications comme Knock ou Meetup. À mon avis, quand on manque de temps, l’idéal est de rejoindre un groupe de lecture : choisir un auteur ou un livre, le lire ensemble, et prendre le temps de le décortiquer. C’est une manière efficace et didactique de progresser dans ses lectures je trouve. Après, c'est pas toujours facile à trouver...
  21. Leverkuhn

    Philosophons

    Il y a quelque chose de profondément grisant à philosopher sur le bien et le mal, comme une drogue subtile, insidieuse. C’est un élan vertigineux, sordide. On s’aventure dans un espace clos, un arrière-monde où la douleur disparaît, où tout ce qui y est réfléchi semble déjà mort ou mutilé. C’est sans doute ce que Nietzsche ressentait lorsqu’il écrivait. Le mieux étant de philosopher soi-même en lisant, de manière à ne pas être complètement happé, à rester aux bords des mondes.
  22. Leverkuhn

    Philosophons

    Nietzsche pense résoudre la question par une transfiguration des valeurs, un renversement. Il pense pouvoir renverser la culpabilité vers l'esclave incapable d'oublier. Nietzsche est un idéaliste. Il n'a rien compris. Les esclaves se moquent des valeurs. Ce qui compte, ce n'est pas transfigurer les valeurs, transfigurer les représentations, les sublimer. Ce qui compte c'est transformer la réalité.
  23. Leverkuhn

    Philosophons

    Explorer l'au delà du bien et du mal provoque un vertige. Un vertige de dégoût. En relisant la 2e dissertation de Nietzsche, je me rends compte que ce qui est important au delà du bien et du mal, c'est la mémoire. Une mémoire ancrée dans la douleur. C'est ça qui forme la morale dite du ressentiment, la morale d'esclave. L'oubli est le privilège du maître, mais qu'a t-il eu à oublier au juste ? Ce que Nietzsche décrit de cet oubli, c'est qu'il s'agit d'un oubli actif. Le maître veut oublier, mais l'esclave ne peut pas. Le souvenir est gravé, marqué constamment rappelé, chaque rappel devenant un catalyseur du ressentiment. C'est ce que Nietzsche reproche à l'esclave. Ce qu'il lui reproche, est aussi absurde que de reprocher au maître de vouloir oublier. Tous deux jouent le rôle qui les ont lié dans la douleur. La mémoire douloureuse et l’oubli actif sont les deux faces d’une même histoire de violence. Et c'est cette histoire de la violence qui est au fondement du bien et du mal, quel qu'en soit la signification qu'on donne à ces termes.
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