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Jedino

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Tout ce qui a été posté par Jedino

  1. Les cloches retentissent Comme un vaste interstice Et les anges se glissent A travers cette lice Diable où te terres-tu Quand pointe la battue De mon esprit perdu Qu'abattu elle tue Je monte vers le ciel Elle se montre si belle Bien affable irréel Qui doucement m'appelle Mes ailes sont des feux Qui éclaire les cieux Mon visage est hideux D'être trop riche et vieux O idolâtre vie Le là est tant ici Que ma seule survie Vient de son dément cri Car mon âme se ferme Et son teint devient terne Quand démon je l'enferme Avec l'hydre en gouverne
  2. Jedino

    Equipe de France de football

    En voilà un qui est plus optimiste que moi! C'est bien! Je dois avouer que je songenais à 2-0 au départ aussi! Mais je me suis dit que les Pays-Bas ne sont pas les premiers charlots non plus :D
  3. Jedino

    Equipe de France de football

    J'mise sur un 2-1 en faveur de la France.
  4. Jedino

    Je me souviens

    J'connais pas, pour ma part!
  5. Jedino

    Je me souviens

    Ca c'est toi qui vois! Quand je l'ai écrit, j'entendais la dernière phrase comme le sous-entendu qu'il ne m'avait pas laissé indifférent
  6. Jedino

    Je me souviens

    J'suis un gentil, moi!
  7. Je me souviens, j'étais heureux. C'était un soir d'été, un soir plutôt frais. Il fallait que j'aille chercher du pain, j'en avais manqué mon train. Et il est vrai qu'à force de vouloir toujours en avoir davantage, le risque de dérailler grandit. Pourtant, je ne cherchais qu'un petit morceau, un rien du tout éphémère que je portais dans l'achat d'un plaisir. J'allais le trouver, mais je l'ignorais encore, ce moment qui bouleverserait ma carcasse mouvante. Ayant loupé la dernière ligne qui allait jusque chez moi, et ne souhaitant pas attendre plusieurs heures pour prendre celui des tous derniers travailleurs, je pris la décision de rentrer à pieds. Je ne savais pas exactement quel temps il me faudrait. Les rails me mèneraient d'ailleurs très précisément là où je souhaitais aller, n'habitant qu'à une centaine de mètres de la gare du village. Ce ne fût pas le cas. Le soleil s'éclipsait lentement, au loin. Il offrait un paysage flamboyant, faisant nuance à l'azur bleu de cette journée et à son souvenir qui s'éteignait avec lui. Je ne voyais plus les maisons qui défilaient au gré de mes pas. Uniquement la fin, cette limite entre le monde des hommes et le monde de la nuit. Le chemin courait dans la campagne, taquinant mon goût pour la beauté et la solitude. Et moi je le poursuivais, à la fois anxieux et charmé, ne réfléchissant pas un instant à ce qui pourrait bien se passer. Il y a de ces jours où nous faisons, allons, sans nous préoccuper d'où et de pourquoi. Mais de la suite, je ne connaissais à présent que très peu de choses. Quelques images me revenaient de temps à autre, comme des répliques d'une histoire passée, d'une histoire jamais vécue. Peut-être avais-je rêvé? Car je n'étais pas homme à me lancer dans une si longue promenade, embourbé que j'étais dans l'habitude et la facilité. Je sentais néanmoins que l'une de ces images, la plus récurrente, portait un peu de vérité en elle. La voici : alors que plus aucune lumière ne se montrait, ni celle du monde, ni celle de la vie, je continuais à marcher, brisant le silence d'un univers que je méconnaissais. Le sentiment de ne pas être à ma place montait en moi. Et cela ne cessa que lorsque je rencontra le Diable. Il m'attendais, gai comme un Dieu, sur le rocher qui bordait la route cabossée. Il n'en avait pas l'apparence, ni l'air, mais je le reconnus malgré tout, ce qui me sembla bien étrange plus tard. Il me regardait fixement, presque innocemment. Me salua. Me tendît la main. Pas la moindre parole ne fût prononcée. Rien de plus qu'un geste de courtoisie, qu'une entente cordiale entre un inconnu et son maître. Je ne sais si cette rêverie est vraie. Je sais seulement que j'ai toujours encore à l'annulaire une légère trace, invisible à tout oeil pressé, du démon. Ce qu'elle représentait, ce qu'elle devait permettre, je n'en avais cure. En revanche, je m'étais enfin trouvé, investi par une mission que je ne formulais pas encore mais que je pensais déjà.
  8. Jedino

    L'ère de l'air à terre

    Zola? J'dois admettre qu'avec tous les efforts possibles, j'ai du mal aussi à voir pourquoi, là! Oh, le sens de ce texte. Si je cherchais un sens à ce que je fais, je dirais qu'il a celui qu'on veut bien lui donner que nous oublions trop souvent notre passé pour des prétextes douteux
  9. - Oh miséricorde! André, viens voir ça! - J'arrive, j'arrive, Gertrude! Qu'est-ce qu'il y a? - Regarde! Cette chose est sortie de mon ventre! Il s'approcha, observa un instant et attentivement la créature, commença à s'inquiéter. - Tu es bien sûre qu'il est sorti de ton ventre? - Certaine! Tu crois que ça m'amuse, de me faire une frayeur pareille? - Mais... - Oui, je sais! C'est impossible! Va me chercher tu sais qui, abruti, au lieu de dire n'importe quoi! Et il s'en alla quérir l'Homme. C'est alors que l'Inconnu entra : - André m'a dit... - Quel abruti. Abruti! Tu m'entends?! Abruti! - C'est vrai? - Bien entendu, voyons. Et si quelqu'un pouvait m'en débarrasser, ça m'arrangerait bien. - Il va chercher... - Oui, je l'ai envoyé moi-même! Mais je ne peux plus le voir. Vire-le de là, de chez moi. Il saisît une serviette en tissu, hésita une seconde, et tendît ses doigts pour le prendre du bout du bout. C'est alors qu'elle se mît à crier terriblement, ce qui le fît sursauter et reculer bien loin. - Ma parole! Tu vois ce que je vois, Gertrude! Elle n'eut pas le temps de répondre car André revenait déjà avec l'Homme. Il ne manifesta aucun signe de surprise. - Vous pouvez nous expliquer ce que c'est que ça? Il continuait à fixer ce qui hurlait tout prêt de Gertrude, songeur, puis marmonna à lui-même quelque chose comme un est-ce possible ou un comment cela se peut-il. C'est qu'en effet, l'homme était érudit et avait vécu. Certains prétendaient même qu'il vivait déjà alors que le monde se tourmentait à propos de questions que personne ne comprenait vraiment aujourd'hui, telles que la mort, les idées ou les maladies. - Ceci est ce qu'ils appelaient, par le passé, un bébé. - Quelle horreur! s'exclama Gertrude - Et ça se soigne? se demandait André. L'Homme envoya l'Inconnu chercher celui qui le secondait au quotidien. - Que devons-nous faire? reprît Gertrude, pas tout à fait rassurée non plus. - Il faudrait le nourrir, le laisser se développer, l'y aider, lui apprendre ce que nous savons, ce que nous devons, et... - Impossible! s'indigna André. Je ne le veux pas, elle ne le veut pas, nous n'en voulons pas. - Mangeons-le, suggéra-t-elle, d'ailleurs. Qu'il soit au moins utile à quelque chose! - Certainement pas! Je ne mangerai pas un seul morceau de ce truc! L'Homme fît mine de s'en aller. Gertrude lui demanda où il partait ainsi. - Je ne sais comment cela est possible. Mais je ne suis pas en mesure d'assurer ce dont il a besoin, et vous ne semblez pas non plus le souhaiter. En ce cas, agissez comme bon vous semble. Sachez seulement que ce que vous avez sous les yeux, que cette boule minuscule ensanglantée et bruyante, ce petit être que vous pourriez écraser d'un doigt, est notre passé, bien que vous l'ignoriez. Il sortît. - Il se moque de nous, pensa-t-il tout haut. - Je le crois aussi. Va me chercher le couteau. Je compte bien reprendre les forces qu'il m'a volé, et dès ce soir. Et ils le mangèrent, non sans un peu d'herbe pour en relever le goût, même si André n'en risqua qu'une petite bouchée. Sait-on jamais, au cas où il ferait une indigestion de l'Histoire qu'il méconnaissait. C'était un brave homme, vous savez.
  10. J'sais pas, j'connais ni l'un ni l'autre!
  11. Certains comptent les carambars, les autres comptent les cadavres épars!
  12. Jedino

    La cuite de trop

    Certes! Mais si tu tombes sur une moderne, elle va te regarder et te sortir : "J'sors pas avec les hommes du Moyen-Age!"
  13. Jedino

    La cuite de trop

    Tu aimes bien le mot callipyge, hein? Jouissif, sinon! Cela dit, l'image du scrabble, ça m’interpelle.
  14. Jedino

    Le 50ème

    Merci, jeune homme! Comptez-vous nous écrire à nouveau quelque chose bientôt?
  15. Toujours très bien! Ca raconte quoi?

  16. Parce qu'il me correspond, s'il est bizarre!

  17. Jedino

    Le 50ème

    konvicted : encore heureux, que je m'aime moi-même, tiens! tequila moooooooor : Ah non, du tout! Au début, je voulais faire un truc pas marrant, mais finalement, comme j'étais pas dans l'ambiance "depress, man", ça n'a pas franchement marché :D
  18. Le véritable but étant : "détruire et battre le mâle". Et konvicted
  19. Ca te regarde pas, tiens! Non mais!
  20. J'étais né homme, je suis mort con. Et c'est vrai qu'au fond, je n'avais pas si mal commencé : une petite enfance tranquille, une adolescence à se taire et une vie à décrire le martyr d'un mal que je ne connais pas. Vraiment, dans le genre, il existe pire. Mais, comme vous le savez, tôt ou tard, cette innocente pensée s'incruste pour ne plus se laisser extraire. "Merde", que je me suis dit, à son arrivée. Comment qu'elle était clinquante, celle-là! Il me fallait l'adopter, ce que j'ai bien entendu fait. Ce fût peut-être une bêtise, qu'en sais-je, moi qui suis mort? (Je me suis toujours demandé, d'ailleurs, pourquoi certains souriaient : ils pensaient surement à quel point nous étions naïfs, nous les vivants, à batailler pour nos carcasses encore garnies quand tout restait une question de temps ; ou bien, cela signifiait plutôt quelque chose comme de la moquerie pour notre condition d'ignare) En tous les cas, elle était là, dès à présent, cette envie de prendre mon envol. Il faut dire que le désir de concurrencer les oiseaux n'est pas un désir très novateur dans l'histoire humaine. Il suffit de songer un instant à ce pauvre Icare qui alla trop tôt provoquer l'orgueil des dieux, ou à ce bon vieux Leonard et son hélicoptère antique. Bref, autant dire que j'avais quelques siècles, sinon millénaires, de retard. Cependant, je m'interrogeais, et longuement, sur la sensation d'un courageux qui a été capable de monter haut, assez haut, lourd comme un homme, pour tenter de remettre en cause une nouvelle fois la physique et ses lois. Je ne quêtais donc pas l'au-delà, je quêtais l'extase. Personne n'irait se risquer à penser et annoncer cela après mon retour sur terre, mais je dois vous avouer qu'à ce moment-là, cela m'importait relativement peu. D'ailleurs, contrairement à la croyance commune, ce n'est pas si aisé que cela : l'ascension est certes motivée et déterminée, mais ces qualités s'usent grandement à mesure que les mètres se font sentir dans les jambes. Et c'est vrai que plus le défi est haut, moins il est facile d'expliquer pourquoi l'escalier plutôt que l'ascenseur. Probablement une maladresse fâcheuse face à une velléité qui s'est vêtue de volonté. Mais enfin, la fin se montre toujours. Faut éviter d'être pressé, et tout passe mieux. Paraît qu'il faut mâcher consciencieusement pour digérer comme un roi. C'est un peu la même chose, avec la vie : vient un jour où, t'as beau la mâcher, la digérer sans maux d'estomac, ça finit par sortir. Pour le coup, c'est le cas de le dire, tu es dans la merde. Donc j'étais sur le toit de l'immeuble, le vent soufflait pas trop mal. Une aubaine, en quelque sorte. Qu'exiger en plus, sinon deux ou trois plumes sous les bras? C'en aurait sans doute rassuré plusieurs parmi ceux qui ont fini par reculer. Je me suis approché de la liberté, le coeur un peu tendu, l'esprit complètement aspiré. En cet instant, j'avais compris tout le sens de la contemplation d'une vue magnifique vers un au loin majestueux. Ils se faisaient lâches devant ce qu'ils s'imaginaient impossible. Pourquoi croyez-vous que le vertige force au recul? S'ils ne le faisaient pas, ils iraient. Quand l'esprit tergiverse, le corps veut. Ne vous inquiétez pas, néanmoins, toutes ces réflexions ne m'avaient pas envahi à cette occasion-ci : seules la beauté et la conviction me portaient. Peut-être est-ce là le secret de ceux qui nous font jalouser nos kilos en trop : un brin de légèreté, un autre de folie. Celle de la grandeur, celle de l'infini.
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