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Résilience partout, résistance nulle part

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Membre 49ans Posté(e)
Globure Membre 1 061 messages
Forumeur alchimiste‚ 49ans
Posté(e)

Jusqu’où aller dans la mise en œuvre de nouvelles contraintes, et comment y aller ? Comment faire pour qu’elles apparaissent justifiées, voire bénéfiques, pour s’assurer de leur acceptabilité sociale ? Le recours aux sciences cognitives permet d’armer dans ce but les politiques publiques et de contribuer à un modelage de nos comportements ; ce qu’illustre la valorisation de la « résilience ».

 

(...)On fait remonter sa popularisation en France aux travaux du psychiatre Boris Cyrulnik, autrefois membre de la commission Attali sur les freins à la croissance et devenu « le psy préféré des Français » — ses livres figurent, depuis le début des années 2000, parmi les meilleures ventes du secteur du développement personnel (1). Cyrulnik définit la résilience comme la « capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative (2)  ». Positivons !

(...)Il s’agit là d’une opération très réussie de célébration de la magie de nos ressources, qui maquille « l’adaptation permanente du sujet au détriment de la remise en cause des conditions de sa souffrance », comme le formule Thierry Ribault dans un livre précis et emporté (3).

(3Thierry Ribault, Contre la résilience. À Fukushima et ailleurs, L’Échappée, Paris, 2021

https://www.monde-diplomatique.fr/2021/05/PIEILLER/63082

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Membre 49ans Posté(e)
Globure Membre 1 061 messages
Forumeur alchimiste‚ 49ans
Posté(e)
Il y a 18 heures, Talon 1 a dit :

Comment ? Il suffit d'avoir de l'espoir.

 

Conçue comme une métaphore, la résilience désigne à l’origine la capacité d’un métal à résister à la rupture, à reprendre sa forme initiale à la suite d’un choc. Appliquée au psychisme humain, cette notion expliquerait pourquoi certains individus, gravement traumatisés, parviennent à « surmonter » leurs souffrances et à survivre en dépit de l’adversité. « C’est génial, la résilience, explique une psychologue, ça donne de l’espoir. » (2) Ainsi, l’éthologue et neuropsychiatre Boris Cyrulnik, dont les ouvrages ont largement contribué à populariser le concept, devient-il aujourd’hui « le psy qui redonne espoir » (L’Express, 16.01.2003).

La notion de résilience évoque bien évidemment la faculté qu’a l’être humain de refouler les traumatismes qui lui sont infligés, afin d’assurer sa survie à court terme. Mais, comme les promoteurs de ce concept ne reconnaissent pas la conscience incarnée en chacun, ni l’existence d’un processus naturel de résolution de la souffrance, ils font du refoulement de cette dernière un but en soi et désignent par résilience leur impuissance à accueillir en conscience leur vécu refoulé. Ainsi, l’espoir qu’on peut légitimement placer dans la libération de l’homme se transforme-t-il insidieusement en son contraire. En effet, une personne résiliente n’est pas libérée de ses souffrances, mais bien asservie aux mécanismes de refoulement et de compensation, aux schémas de comportement qui lui permirent, jadis, de survivre à un environnement hostile.

http://www.regardconscient.net/archi04/0402resilience.html

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Membre Posté(e)
Répy Membre 17 483 messages
scientifique‚
Posté(e)

la résilience au sens psychiatrique donnée par Boris Cyrulnick me semble être d'une grande qualité puisqu'elle permet à l'homme de surmonter des périodes terribles à vivre.

en 1981 la gauche voulait nationaliser Dassault-aviation. A l'époque Marcel Dassault répondait à ses amis très inquiets : "J'ai résité à Auchwitz, alors je peux résister à une nationalisation".

Maintenant il semble que pour certains, la "résilience" n'est plus une qualité mais c'est même un gros défaut : pensez-donc on peut s'habituer à un régime politique ou à des hommes politiques. Ces gens-là ne voudraient pas que l'on accepte le résultat d'une élection qui porte au pouvoir quelqu'un qui ne leur plait pas.

De facto, ils veulent une sorte de dictature de leur "minorité" !

Comment bâtir alors une société du consensus avec des gens qui sont prêts à tout casser ce qui ne leur plait pas ?

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Membre 49ans Posté(e)
Globure Membre 1 061 messages
Forumeur alchimiste‚ 49ans
Posté(e)
il y a 15 minutes, Répy a dit :

De facto, ils veulent une sorte de dictature de leur "minorité" !

Comment bâtir alors une société du consensus avec des gens qui sont prêts à tout casser ce qui ne leur plait pas ?

Ne peut on voir un mot fourre tout intégré depuis longtemps dans le langage managérial ?

https://blogs.letemps.ch/christophe-genoud/2020/07/19/bullshit-managerial-comment-sen-defaire/

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Membre Posté(e)
Lowy.. Membre 782 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

’'La résilience, la capacité de ‘’refouler’’ son traumatisme ? pour une survie à court terme ?  et là, l’espoir de la libération de son (ses)- traumatisme(s) se transforme alors en un mécanisme de refoulement et compensation ? ‘’

La résilience pourrait être l’endurance et l’adaptation ou encore le mauvais mot de ‘’conditionnement’’, hors de son contexte péjoratif et qui serait alors une sorte de réajustement -selon ou suivant que- ; une sorte de ré-étalonnage ou re-calibrage. 

Tout être humain est une histoire ; un mécanisme de changements et un processus de transformations aléatoires.

La vie nous déforme d’une manière ou d’une autre au vu de notre changement,  sous les effets de paramètres externes et de ressentis internes ; induits ou catalysés par une pléthore de paramètres.

Et l’humain ne peut pas reprendre sa forme initiale après un coup ou un choc ; comment peut-on comparer quelque chose de vivant à un inerte matériau ? 

La métaphore est illégitime dans ce cas, quoique celle de Kintsugi pourrait être un peu plus adaptée 

Le Kintsugi est une façon de réparer la porcelaine et la céramique brisée en utilisant de la laque saupoudrée de poudre d’or. Au lieu de cacher les fissures, cette réparation les met en avant, elle les expose, comme un signe de combat et de renaissance, une sorte de raffermissement de ce qu’on est.

Je n’adhère pas à cette théorie parceque je suis pas pour l’exposition des accidents de la vie mais les renier ou les refouler ne sert qu’à stocker quelque chose qui peut pourrir à l’intérieur et être toxique. Apprendre à vivre avec et apprivoiser leur présence est un moyen de les mettre en berne. Faire en sorte qu’il n’influence pas notre vie négativement dans un processus destructeur mais plutôt par la construction de ce à quoi on aspire , du moins essayer.

 

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Membre 110ans Posté(e)
stvi Membre 20 010 messages
Forumeur alchimiste‚ 110ans
Posté(e)
Il y a 2 heures, Lowy.. a dit :

’'La résilience, la capacité de ‘’refouler’’ son traumatisme ? pour une survie à court terme ?  et là, l’espoir de la libération de son (ses)- traumatisme(s) se transforme alors en un mécanisme de refoulement et compensation ? ‘’

La résilience pourrait être l’endurance et l’adaptation ou encore le mauvais mot de ‘’conditionnement’’, hors de son contexte péjoratif et qui serait alors une sorte de réajustement -selon ou suivant que- ; une sorte de ré-étalonnage ou re-calibrage. 

Tout être humain est une histoire ; un mécanisme de changements et un processus de transformations aléatoires.

La vie nous déforme d’une manière ou d’une autre au vu de notre changement,  sous les effets de paramètres externes et de ressentis internes ; induits ou catalysés par une pléthore de paramètres.

Et l’humain ne peut pas reprendre sa forme initiale après un coup ou un choc ; comment peut-on comparer quelque chose de vivant à un inerte matériau ? 

La métaphore est illégitime dans ce cas, quoique celle de Kintsugi pourrait être un peu plus adaptée 

Le Kintsugi est une façon de réparer la porcelaine et la céramique brisée en utilisant de la laque saupoudrée de poudre d’or. Au lieu de cacher les fissures, cette réparation les met en avant, elle les expose, comme un signe de combat et de renaissance, une sorte de raffermissement de ce qu’on est.

Je n’adhère pas à cette théorie parceque je suis pas pour l’exposition des accidents de la vie mais les renier ou les refouler ne sert qu’à stocker quelque chose qui peut pourrir à l’intérieur et être toxique. Apprendre à vivre avec et apprivoiser leur présence est un moyen de les mettre en berne. Faire en sorte qu’il n’influence pas notre vie négativement dans un processus destructeur mais plutôt par la construction de ce à quoi on aspire , du moins essayer.

 

 la résilience c'est simplement une capacité de rebondir, voir le verre à moitié plein ... 

Je suis complètement de l'avis de Cyrulnick , les souffrances habituelles  ne doivent pas avoir d'impacts négatifs sur la suite de notre vie ... 

malheureusement certains sont plus aptes à recevoir une souffrance en faisant preuve de résilience , que d'autres pour qui le fardeau est trop lourd , tellement insupportable qu'il y aura une cicatrice indélébile , psychique ,pour le reste de la vie ... 

la résilience a ses limites .... 

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Membre 49ans Posté(e)
Globure Membre 1 061 messages
Forumeur alchimiste‚ 49ans
Posté(e)

À l’heure où la résilience fait passer des récits du déclin à la menace de l’extinction tout en multipliant les injonctions et les labellisations urbaines, c’est d’abord la critique qu’il s’agit de remettre du choc.

 

Confrontés à la mondialisation (dont l’un des aspects majeurs est l’urbanisation), les villes et les territoires s’interrogent sur leurs capacités d’adaptation face aux mutations du monde contemporain. Comment concevoir la transformation des espaces urbains, des modes de vie, des capacités d’apprentissage, des formes de gouvernance assurant des équilibres soutenables et dynamiques? Pour aborder ces questions, la notion de résilience, utilisée dans différents domaines (biologie, psychologie ou cyndinique) et qui mobilise aujourd’hui des experts, chercheurs, citoyens et élus, paraît féconde. Il s’agit, face aux perturbations, aux chocs ou vulnérabilités qui surgissent de manière parfois imprévisible, de développer à la fois une compréhension des complexités à l’œuvre et des capacités de rebond, d’organisation, d’adaptation, d’invention.

https://www.franceculture.fr/conferences/maison-de-la-recherche-en-sciences-humaines/resilience-ou-extinction-de-la-critique

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