Aller au contenu

Positionnement politique vis-à-vis des langues régionales


Sexophone

Messages recommandés

Membre+, Posté(e)
goods Membre+ 35 581 messages
Posté(e)

Vote historique en faveur des langues régionales à l'Assemblée .

La proposition de loi du député Paul Molac était examinée ce jeudi en seconde lecture. Elle a permis de réelles avancées, malgré l'opposition du gouvernement.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, jamais un texte concernant les langues régionales n'avait été voté au Parlement depuis le début de la Ve République. C'est dire si la proposition de loi du député morbihannais Paul Molac (groupe Libertés et Territoires) débattue ce jeudi 8 avril en deuxième lecture revêtait un caractère historique. D'autant qu'elle s'est traduite par de réelles avancées. Sur ce sujet sensible, beaucoup de parlementaires se sont exprimés avec conviction, parfois avec leurs tripes. Les articles les plus sensibles ont été adoptés par une majorité assez nette qui a fait exploser les clivages politiques traditionnels.

L'Unesco le dit nettement : en métropole, toutes les langues régionales sont menacées d'extinction. Comment les sauver ? Dès lors que la transmission par les familles s'est éteinte, la seule solution passe par l'école. C'est donc logiquement sur ce thème que se sont concentrés les débats. Avec d'un côté, les partisans du texte, s'affichant comme défenseurs de la biodiversité culturelle. Et, de l'autre, le gouvernement et de nombreux députés de divers groupes, inquiets pour la langue française et l'unité nationale.

Trois articles ont été particulièrement discutés avant de réunir une majorité des suffrages. Le premier visait à autoriser dans l'enseignement public la méthode dite de "l'immersion". En clair : la majorité des cours se déroule en langues régionales alors qu'aujourd'hui cette proportion ne peut dépasser 50 %. Jean-Michel Blanquer s'y est opposé. "L'école doit rester un creuset républicain et cela passe par le fait de parler un même langage", a expliqué le ministre de l'Education, qui a également estimé que cette voie serait contraire à l'article 2 de la Constitution : "Le français est la langue de la République".

Un enseignement qui restera facultatif

Ses arguments ont été réfutés par les défenseurs du texte. "De quoi parle-t-on ? Cet enseignement restera facultatif puisqu'il n'y aura aucune obligation pour les enfants, les familles et les enseignants, a souligné Paul Molac. Par ailleurs, les évaluations du ministère montrent que, dans les écoles qui pratiquent déjà cette méthode, le niveau en français est supérieur à la moyenne nationale". Quant à l'argument constitutionnel, il ne lui paraît pas non plus convaincant. "Le Conseil constitutionnel a posé deux limites : que la langue régionale ne soit pas imposée et que les enfants disposent d'un bon niveau de français. Ces deux limites sont respectées." A ses yeux, dans une société désormais francophone, il s'agit en fait du seul dispositif efficace pour former de jeunes locuteurs susceptibles de remplacer les locuteurs naturels en voie de disparition. Il lui semble donc difficile de s'y opposer tout en prétendant vouloir "défendre les langues régionales".

Source.

manifestation-a-montpellier-le-24-octobre-2015-pour-la-defense-des-langues-regionales_5451777.jpg

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
  • Réponses 67
  • Créé
  • Dernière réponse
Membre, 83ans Posté(e)
dede 2b Membre 27 616 messages
Maitre des forums‚ 83ans‚
Posté(e)
Il y a 11 heures, goods a dit :

Aussi étonnant que cela puisse paraître, jamais un texte concernant les langues régionales n'avait été voté au Parlement depuis le début de la Ve République

J'ai un doute , et la loi Joxe de 1991 ? Particularité de la Corse?

On parle de langue et non de patois, bien sur! Voilà un débat qui as déjà eu lieu sur ce forum il me semble!

Ainsi la loi Joxe indique en 1991 que l’Assemblée territoriale adopte « un plan de développement de l’enseignement de la langue et culture corses, prévoyant notamment les modalités d’insertion de cet enseignement dans le temps scolaire » (article 53, loi du 19 mai 1991,n°91-428) tandis que la loi de Janvier 2002, dans son article 7, stipule que « La langue corse est une matière enseignée dans le cadre de l’horaire normal des écoles maternelles et élémentaires de Corse (loi n° 2002-92,JO du 23 janvier 2002, cet article est inséré dans le Code de l’éducation sous la référence L312-11-1). L’enseignement bilingue dans le système éducatif français a été introduit par les circulaires « Savary » en 1982 et « Bayrou » en 1995 : la première a permis l’expérience de corse intégré en 1986, la seconde le développement de quatre sites bilingues en Corse dès 1996. Les circulaires Lang en 2001 et 2002 ont confirmé et élargi cette dynamique. Les sites relèvent d’une stratégie originale associant de façon étroite l’Etat et la Collectivité Territoriale de Corse à travers des Contrats de Plan Etat -Région d’une durée de 5 ans .

La Corse connaît donc aujourd’hui une situation particulière au sein du système éducatif, parce que la langue corse y est reconnue, depuis la loi de janvier 2002, comme discipline obligatoire du cursus scolaire, de l’école maternelle à la terminale.

http://www.felco-creo.org/wp-content/uploads/2018/02/1110-Rose-Marie-Ottavi-situation-de-lenseignement-du-Corse.pdf

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, scientifique, Posté(e)
Répy Membre 24 816 messages
scientifique,
Posté(e)
Le 21/03/2020 à 15:08, Sexophone a dit :

Bien que l'intérêt du grand public pour les langues régionales soit aujourd'hui limité, il me plairait de débattre sur le glissement de la droite vers la gauche du positionnement politique en faveur de la sauvegarde des dialectes.

N'étant pas expert, je me contenterai d'amorcer la discussion avec la langue d'oc.

Historiquement, il me semble que l'homme de gauche du XIX° siècle, républicain, probablement jacobin et progressiste, n'est pas favorable au maintien des parlers locaux qui sont, de son point de vue, des freins à la modernité, l'unité et la cohésion nationale. Frédéric Mistral, malgré son approche audacieuse et réformatrice de l'orthographe de la langue, est un homme de droite. Quand à Alibert... cela se passe de commentaire.

Actuellement, j'ai l'impression que la défense des langues régionales est beaucoup plus marquée à gauche. Du moins sur la scène politique nationale et locale (PNO par exemple). Peut-être dans une optique multiculturelle, de tolérance et de respect des différences (qu'est-ce que j'en sais moi) ? A contrario, la droite au niveau national me semble devenue hostile aux langues des terroirs justement dans un soucis de cohésion nationale.

Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas contre l'usa ges langues régionale mais je mets l'usage du français en première position. Il y va de la notion d'état français et de la position de la France dans les apys de la francophonie.

la construction de la France actuelle s'est toujours faite en adoptant le français comme langue principale.

Les derniers arrivés dans l'hexagone sont le comté de Nice et la Savoie qui sont devenus français sous napoléon3 à la suite de l'unité italienne. Pour eux l'adoption de la langue française s'est faite sans problème puisqu'il parlaient déjà le français, leur langue régionale et l'italien.  Si on prends les basques ils parlent le basque, le français et l'espagnol. Mettre le français en n°1 ne les pénalisera pas.

En Alsace on y parle le français, le dialecte alsacien et l'allemand

Côté bretagne il n'y a pas 1 langue bretonne mais plusieurs variantes au point que lorsque De Gaulle a fait un petit discours en Breton à Quimper, le traducteur avait employé le breton de St Brieux, ce qui a bien fait rire les bretons de Quimper qui ne comprenaient qu'une partie seulement !

Pour répondre à ta question du choix selon la couleur politique, je ne saurais te répondre clairement. Je pense que les gens de droite tiennent les arguments que j'ai évoqués sur "l'unité de la nation" et qu'à l'opposé, une partie de la gauche qui revendique la diversit culturelle renonce à son passé jacobin et centralisateur et est prête à la cacophonie généralisée !

La multiplicité des langues est un gros obstacle à l'unité européenne et au fonctionnement administratif de l'Europe.

Est-ce que c'est cette tour de Babel linguistique que l'on veut instaurer en France ?

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 72ans Posté(e)
jacky29 Membre 40 501 messages
Maitre des forums‚ 72ans‚
Posté(e)
Il y a 13 heures, Répy a dit :

Je ne suis pas contre l'usa ges langues régionale mais je mets l'usage du français en première position. Il y va de la notion d'état français et de la position de la France dans les apys de la francophonie.

la construction de la France actuelle s'est toujours faite en adoptant le français comme langue principale.

Les derniers arrivés dans l'hexagone sont le comté de Nice et la Savoie qui sont devenus français sous napoléon3 à la suite de l'unité italienne. Pour eux l'adoption de la langue française s'est faite sans problème puisqu'il parlaient déjà le français, leur langue régionale et l'italien.  Si on prends les basques ils parlent le basque, le français et l'espagnol. Mettre le français en n°1 ne les pénalisera pas.

En Alsace on y parle le français, le dialecte alsacien et l'allemand

Côté bretagne il n'y a pas 1 langue bretonne mais plusieurs variantes au point que lorsque De Gaulle a fait un petit discours en Breton à Quimper, le traducteur avait employé le breton de St Brieux, ce qui a bien fait rire les bretons de Quimper qui ne comprenaient qu'une partie seulement !

Pour répondre à ta question du choix selon la couleur politique, je ne saurais te répondre clairement. Je pense que les gens de droite tiennent les arguments que j'ai évoqués sur "l'unité de la nation" et qu'à l'opposé, une partie de la gauche qui revendique la diversit culturelle renonce à son passé jacobin et centralisateur et est prête à la cacophonie généralisée !

La multiplicité des langues est un gros obstacle à l'unité européenne et au fonctionnement administratif de l'Europe.

Est-ce que c'est cette tour de Babel linguistique que l'on veut instaurer en France ?

exact, Répy, le bretonnant d'un "pays" peut ne pas être bien compris par un autre et je ne parle pas des "pays" gallo.

nous sommes une nation ayant une langue et toute personne voulant parler sa langue ou son idiome natal peut le faire. où est le problème au juste, pourquoi est-ce qu'ils se torturent tous pour demander ceci ou cela alors qu'ils peuvent étudier leur "langue" ou leur "latin de cuisine" le plus tranquillement du monde?

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 46ans Posté(e)
Beebee Membre 6 663 messages
Maitre des forums‚ 46ans‚
Posté(e)

@Ines Presso : votre carte n'est pas du tout à jour en ce qui concerne le nombre d'élèves. Je ne suis pas arrivée à trouver des chiffres plus récents que 2016 mais il faut savoir que l'enseignement des langues régionales concernent peu d'élèves en primaire (public privé confondu) et quasi plus aucun en secondaire. Et ça n'a fait que diminuer

carte_flarep.jpg

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 46ans Posté(e)
Beebee Membre 6 663 messages
Maitre des forums‚ 46ans‚
Posté(e)

J'ai lu avec d'autant plus d'intérêt vos différents posts que j'ai toujours vécu dans une région qui n'a pas d'identité forte comme une langue par exemple, à cause de très nombreux brassage, à part la nourriture peut-être (Lyon et environs).

Pour revenir à l'appartenance politique, personne n'a parlé de ce courant politique de l'Europe des Régions, sensée supplanter l'Europe des Nations pour certains, qui est liée à la mouvance Identitaire, présente un peu partout en Europe.  Et où le Patriotisme régionale, l'importance des racines, du passé historique l'emportent sur le Nationalisme. Et on va dire que c'est clairement très, très, très à droite.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

  • 7 mois après...
Membre, Ker m'oco, Posté(e)
Sexophone Membre 2 935 messages
Ker m'oco,
Posté(e)
Le 11/04/2021 à 17:43, Beebee a dit :

J'ai lu avec d'autant plus d'intérêt vos différents posts que j'ai toujours vécu dans une région qui n'a pas d'identité forte comme une langue par exemple, à cause de très nombreux brassage, à part la nourriture peut-être (Lyon et environs).

Pourtant il existe (soyons optimistes) une langue propre à la région lyonnaise : le lyonnais, qui serait un dialecte du « francoprovençal », aussi appelé « romand » ou « arpitan ». Lyon possède une identité forte.

Le 11/04/2021 à 17:43, Beebee a dit :

Pour revenir à l'appartenance politique, personne n'a parlé de ce courant politique de l'Europe des Régions, sensée supplanter l'Europe des Nations pour certains, qui est liée à la mouvance Identitaire, présente un peu partout en Europe.  Et où le Patriotisme régionale, l'importance des racines, du passé historique l'emportent sur le Nationalisme. Et on va dire que c'est clairement très, très, très à droite.

J'ai l'impression que ces groupes se servent des langues régionales comme d'un enrobage pour leur racisme. Dans leur esprit, le patois est une langue en perdition, une langue transmise au sein du foyer donc liée à la terre, aux traditions et aux racines que l'étranger ne peut pas avoir apprise. Je pense qu'ils pensent comme ça (mais je peux me tromper). Alors que le français est une langue internationale qui se parle aussi en Afrique. Il y a peut-être aussi une volonté de revanchisme contre les valeurs de gauche que sont le centralisme et le jacobinisme.

De toute façon, chez les identitaires régionalistes la langue passe au second plan.

 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 83ans Posté(e)
dede 2b Membre 27 616 messages
Maitre des forums‚ 83ans‚
Posté(e)
Le 14/11/2021 à 14:01, Sexophone a dit :

De toute façon, chez les identitaires régionalistes la langue passe au second plan.

J'y reviens, mais surement pas pour les corses, il y a même des publications officielles en Corse !

Là encore ne confondons pas avec les nationalistes, qui eux tendent à disparaitre, et c'est tant mieux!

https://www.universita.corsica/fr/

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.


×