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La résistance aux sciences

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épixès Membre 456 messages
Forumeur survitaminé‚ 44ans
Posté(e)

Si la résistance aux sciences n'est pas un phénomène nouveau, l'ampleur qu'elle connait aujourd'hui est sans précédent et je me propose d'en explorer ici les raisons et les mécanismes.


-L'acquisition des connaissances produites par les sciences nécessite du temps et des efforts. Le produit brut livré par les sciences n'est pas directement accessible au grand public, il doit d'abord être traduit en langage profane et allégé de tout formalisme trop abscons.
Même une fois vulgarisée et rendue accessible au plus grand nombre, la science reste chronophage: les domaines qu'elle explore sont nombreux et leurs frontières sans cesse repoussées et nul ne saurait embrasser l'ensemble des savoirs conquis à ce jour.


-Les processus de validation de la science échappent au contrôle du grand public et même des instances religieuses, politiques ou sociales. Seule la science est à même de réfuter ou de valider des résultats expérimentaux ou une théorie. 
Ce processus répond à une nécessité méthodologique garantissant l'objectivité des résultats et à une exigence de séparation des magistères afin de préserver l'autonomie de la science mais il n'est perçu que comme la manifestation d'une autorité indiscutable et donc vécu comme une humiliation de l'égo et une limitation de la liberté de penser ou d'explorer des solutions alternatives.


-Cette circonscription de l'imaginaire associée à la pratique d'une méthodologie rigoureuse et d'un langage plus précis que poétique concourt à faire de la science la cause du désenchantement du monde. En définissant le réel on le borne immanquablement, même si on déclare ne pas avoir autorité pour ou de possibilités d'investiguer la surnature, on scelle la fracture irréductible entre le réel et le reste.
L'esprit humain étant ce qu'il est, réduisant tout en des concepts bien délimités et aisément manipulables, il ne reste donc plus que deux camps bien distincts: d'un côté la logique froide et clinique, la rationalité nécessairement totalitaire et excessive, le besoin irrépressible de tout analyser né de l'esprit austère et orgueilleux de ceux qui refusent de se prosterner devant le mystère et de l'autre les croyants, les poètes, l'homme simple et vertueux, ceux qui vénèrent la nature et la beauté, l'humilité de l'ignorance et l'insignifiance de l'humain devant ce qui le dépasse.


-L'avènement d'internet et son développement anarchique ont abouti à une dérégulation du marché cognitif. L'offre d'information n'a jamais été aussi abondante qu'aujourd'hui, aux médias traditionnels se sont ajoutés d'innombrables sites à la légitimité discutable et aux sources invérifiables ou inexistantes. Tout un chacun peut désormais relayer n'importe quelle information ou théorie sans qu'il soit tenu de les confirmer par des faits vérifiables ou une argumentation rigoureuse. 
Devant ce phénomène les médias ont été obligés de s'adapter et d'adopter les mêmes stratégies: celui qui souhaiterait enquêter sur les sources d'une information se verrait sanctionné de son professionnalisme en étant le dernier à proposer un contenu à ses lecteurs et téléspectateurs et serait mécaniquement éliminé par la concurrence moins regardante.
Celui qui veut s'informer se retrouve donc dans une jungle déroutante aux milles chemins où il est devenu difficile de discerner l'info de l'intox, l'information réelle du gros titre racoleur, le savoir du croire.


-A cela s'ajoute un lobbying actif de certains groupes religieux et politiques souhaitant brouiller la démarcation entre croire et savoir. Chantres du postmodernisme, adeptes de la post-vérité et magnats de la droite évangéliste américaine qui ont appointés des experts afin de constituer des think tank qui ont pour but d'instaurer une forme de relativisme cognitif dans le paradigme actuel de l'épistémologie avec pour objectif à long terme d'imposer la foi et la croyance comme vecteurs prééminents du savoir.

 

-Le problème de la difficulté d'acquisition de la science par rapport à des explications plus faciles d'accès et plus simples à assimiler ne va pas aller en s'améliorant. La science est cumulative et ses avancées requiert le concours d'experts de plus en plus spécialisés, son discours sera de moins en moins intelligible au profane et de plus en plus long à acquérir, je ne vois guère de perspectives encourageantes de ce côté là.


-Les sentiments de rejet que suscitent les impressions d'absolutisme et d'arbitraire qui émanent de la science pourraient sans doute être combattus en enseignant les contraintes méthodologiques de la science et de sa nécessaire adéquation avec la réalité. Sans forcément rentrer dans une épistémologie trop complexe, développer l'esprit critique à l'école me semble de plus en plus urgent et nécessaire pour lutter contre les dérives cognitives qui sévissent à l'heure actuelle et qui je crains ne manqueront pas de s'aggraver.


-La science ne désenchante le monde que pour ceux qui en ignorent les merveilles. Ceux qui ont ne serait-ce qu'effleuré la relativité générale ne peuvent qu'être émerveillés par ses déroutantes implications, les mystères de la physique quantique ne peuvent que subjuguer mêmes les esprits les moins impressionnables et chacun est pénétré de sa profonde insignifiance en regard des impensables quantités d'énergie, de matière et d'espace que l'astrophysique donne à étudier.
Malheureusement je doute que l'avenir montre un intérêt plus marqué de la majorité pour les sciences qu'elle n'en a eu par le passé et les deux camps resteront dos à dos, ignorants que la réalité n'est pas aussi clivée que ne le sont nos esprits.


-A moins de mesures liberticides sur la liberté d'expression, les médias sont voués à jouer le même jeu que le colporteur de rumeurs inconséquent ou à disparaître. L'avenir me semble donc se jouer entre Big Brother et une anarchie totale de l'information et si aucune des perspectives ne me parait souhaitable, la seconde me semble tout de même légèrement moins intolérable que la première.

-Imposer une vision du monde ne me semble pas la réponse, éduquer et développer les outils permettant d'établir la validité des données en les examinant méthodiquement afin que chacun puisse se faire sa propre idée du monde me semble la seule alternative satisfaisante.

Conseils de lecture pour explorer ces questions plus avant:

-La démocratie des crédules- de Gérald Bronner

-Le loup dans la bergerie- de Joan Stavo-Debauge

-Partager la science- ouvrage collectif

-Alterscience- d'Alexandre Moatti

-Pseudosciences & postmodernisme- d'Alan Sokal

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hell-spawn Membre 2 958 messages
Forumeur alchimiste‚ 150ans
Posté(e)

La science a aussi ses limites, lire le Faust de Goethe par exemple.

Et on peut meme dire que n'avoir d'autres horizons que la science est une façon de limiter l'esprit humain, de le borner.

Par exemple n'avoir d'autres croyances qu'en la science c'est bannir le spirituel et la métaphysique.

Or il me semble que l'homme est aussi un etre métaphysique, c'est a dire qu'il a besoin de cela pour donner sa pleine mesure, meme dans la science.

Autre exemple: le matérialisme, il se peut que tout soit matière, difficile de prouver quoi que ce soit dans ce domaine, mais l'esprit gagne a croire au spirituel, cela lui donne plus d'élan pour décoller.

 

 

 

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Gouderien Membre 13 598 messages
Obsédé textuel‚ 66ans
Posté(e)
il y a une heure, épixès a dit :

Si la résistance aux sciences n'est pas un phénomène nouveau, l'ampleur qu'elle connait aujourd'hui est sans précédent et je me propose d'en explorer ici les raisons et les mécanismes.


-L'acquisition des connaissances produites par les sciences nécessite du temps et des efforts. Le produit brut livré par les sciences n'est pas directement accessible au grand public, il doit d'abord être traduit en langage profane et allégé de tout formalisme trop abscons.
Même une fois vulgarisée et rendue accessible au plus grand nombre, la science reste chronophage: les domaines qu'elle explore sont nombreux et leurs frontières sans cesse repoussées et nul ne saurait embrasser l'ensemble des savoirs conquis à ce jour.


-Les processus de validation de la science échappent au contrôle du grand public et même des instances religieuses, politiques ou sociales. Seule la science est à même de réfuter ou de valider des résultats expérimentaux ou une théorie. 
Ce processus répond à une nécessité méthodologique garantissant l'objectivité des résultats et à une exigence de séparation des magistères afin de préserver l'autonomie de la science mais il n'est perçu que comme la manifestation d'une autorité indiscutable et donc vécu comme une humiliation de l'égo et une limitation de la liberté de penser ou d'explorer des solutions alternatives.


-Cette circonscription de l'imaginaire associée à la pratique d'une méthodologie rigoureuse et d'un langage plus précis que poétique concourt à faire de la science la cause du désenchantement du monde. En définissant le réel on le borne immanquablement, même si on déclare ne pas avoir autorité pour ou de possibilités d'investiguer la surnature, on scelle la fracture irréductible entre le réel et le reste.
L'esprit humain étant ce qu'il est, réduisant tout en des concepts bien délimités et aisément manipulables, il ne reste donc plus que deux camps bien distincts: d'un côté la logique froide et clinique, la rationalité nécessairement totalitaire et excessive, le besoin irrépressible de tout analyser né de l'esprit austère et orgueilleux de ceux qui refusent de se prosterner devant le mystère et de l'autre les croyants, les poètes, l'homme simple et vertueux, ceux qui vénèrent la nature et la beauté, l'humilité de l'ignorance et l'insignifiance de l'humain devant ce qui le dépasse.


-L'avènement d'internet et son développement anarchique ont abouti à une dérégulation du marché cognitif. L'offre d'information n'a jamais été aussi abondante qu'aujourd'hui, aux médias traditionnels se sont ajoutés d'innombrables sites à la légitimité discutable et aux sources invérifiables ou inexistantes. Tout un chacun peut désormais relayer n'importe quelle information ou théorie sans qu'il soit tenu de les confirmer par des faits vérifiables ou une argumentation rigoureuse. 
Devant ce phénomène les médias ont été obligés de s'adapter et d'adopter les mêmes stratégies: celui qui souhaiterait enquêter sur les sources d'une information se verrait sanctionné de son professionnalisme en étant le dernier à proposer un contenu à ses lecteurs et téléspectateurs et serait mécaniquement éliminé par la concurrence moins regardante.
Celui qui veut s'informer se retrouve donc dans une jungle déroutante aux milles chemins où il est devenu difficile de discerner l'info de l'intox, l'information réelle du gros titre racoleur, le savoir du croire.


-A cela s'ajoute un lobbying actif de certains groupes religieux et politiques souhaitant brouiller la démarcation entre croire et savoir. Chantres du postmodernisme, adeptes de la post-vérité et magnats de la droite évangéliste américaine qui ont appointés des experts afin de constituer des think tank qui ont pour but d'instaurer une forme de relativisme cognitif dans le paradigme actuel de l'épistémologie avec pour objectif à long terme d'imposer la foi et la croyance comme vecteurs prééminents du savoir.

 

-Le problème de la difficulté d'acquisition de la science par rapport à des explications plus faciles d'accès et plus simples à assimiler ne va pas aller en s'améliorant. La science est cumulative et ses avancées requiert le concours d'experts de plus en plus spécialisés, son discours sera de moins en moins intelligible au profane et de plus en plus long à acquérir, je ne vois guère de perspectives encourageantes de ce côté là.


-Les sentiments de rejet que suscitent les impressions d'absolutisme et d'arbitraire qui émanent de la science pourraient sans doute être combattus en enseignant les contraintes méthodologiques de la science et de sa nécessaire adéquation avec la réalité. Sans forcément rentrer dans une épistémologie trop complexe, développer l'esprit critique à l'école me semble de plus en plus urgent et nécessaire pour lutter contre les dérives cognitives qui sévissent à l'heure actuelle et qui je crains ne manqueront pas de s'aggraver.


-La science ne désenchante le monde que pour ceux qui en ignorent les merveilles. Ceux qui ont ne serait-ce qu'effleuré la relativité générale ne peuvent qu'être émerveillés par ses déroutantes implications, les mystères de la physique quantique ne peuvent que subjuguer mêmes les esprits les moins impressionnables et chacun est pénétré de sa profonde insignifiance en regard des impensables quantités d'énergie, de matière et d'espace que l'astrophysique donne à étudier.
Malheureusement je doute que l'avenir montre un intérêt plus marqué de la majorité pour les sciences qu'elle n'en a eu par le passé et les deux camps resteront dos à dos, ignorants que la réalité n'est pas aussi clivée que ne le sont nos esprits.


-A moins de mesures liberticides sur la liberté d'expression, les médias sont voués à jouer le même jeu que le colporteur de rumeurs inconséquent ou à disparaître. L'avenir me semble donc se jouer entre Big Brother et une anarchie totale de l'information et si aucune des perspectives ne me parait souhaitable, la seconde me semble tout de même légèrement moins intolérable que la première.

-Imposer une vision du monde ne me semble pas la réponse, éduquer et développer les outils permettant d'établir la validité des données en les examinant méthodiquement afin que chacun puisse se faire sa propre idée du monde me semble la seule alternative satisfaisante.

Conseils de lecture pour explorer ces questions plus avant:

-La démocratie des crédules- de Gérald Bronner

-Le loup dans la bergerie- de Joan Stavo-Debauge

-Partager la science- ouvrage collectif

-Alterscience- d'Alexandre Moatti

-Pseudosciences & postmodernisme- d'Alan Sokal

Comme si la science était bonne en soi. Hélas, ce n'est pas le cas, et les scientifiques ne sont pas des modèles d'éthique ni des professeurs de morale. Le nazisme, par exemple, a prouvé qu'un régime pouvait combiner le totalitarisme avec un haut niveau scientifique et technologique. Werner von Braun, pour ne citer que lui, a montré que la recherche scientifique, au niveau le plus élevé, pouvait s'accommoder d'une totale absence de scrupule quant aux fins et aux moyens. On a même vu le dévoiement totale de la science dans de prétendues recherches sur la race. Bref, une saine méfiance à l'égard des scientifiques ne peut pas faire de mal, même si la recherche scientifique a depuis longtemps échappé à toute illusion de contrôle.

Modifié par Gouderien
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philkeun Membre 3 208 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a 57 minutes, Gouderien a dit :

Comme si la science était bonne en soi. Hélas, ce n'est pas le cas, et les scientifiques ne sont pas des modèles d'éthique ni des professeurs de morale. Le nazisme, par exemple, a prouvé qu'un régime pouvait combiner le totalitarisme avec un haut niveau scientifique et technologique. Werner von Braun, pour ne citer que lui, a montré que la recherche scientifique, au niveau le plus élevé, pouvait s'accommoder d'une totale absence de scrupule quant aux fins et aux moyens. On a même vu le dévoiement totale de la science dans de prétendues recherches sur la race. Bref, une saine méfiance à l'égard des scientifiques ne peut pas faire de mal, même si la recherche scientifique a depuis longtemps échappé à toute illusion de contrôle.

Les scientifiques n'ont pas la main sur l'utilisation de leurs découvertes, le pognon et les bidasses oui.

Cette évidence n'est pas récente.

il y a une heure, hell-spawn a dit :

La science a aussi ses limites, lire le Faust de Goethe par exemple.

Et on peut meme dire que n'avoir d'autres horizons que la science est une façon de limiter l'esprit humain, de le borner.

Par exemple n'avoir d'autres croyances qu'en la science c'est bannir le spirituel et la métaphysique.

Or il me semble que l'homme est aussi un etre métaphysique, c'est a dire qu'il a besoin de cela pour donner sa pleine mesure, meme dans la science.

Autre exemple: le matérialisme, il se peut que tout soit matière, difficile de prouver quoi que ce soit dans ce domaine, mais l'esprit gagne a croire au spirituel, cela lui donne plus d'élan pour décoller.

 

 

 

A côté de la plaque.

Il ne dit rien de tout ça dans son texte.

Il y a 2 heures, épixès a dit :

Si la résistance aux sciences n'est pas un phénomène nouveau, l'ampleur qu'elle connait aujourd'hui est sans précédent et je me propose d'en explorer ici les raisons et les mécanismes.


-L'acquisition des connaissances produites par les sciences nécessite du temps et des efforts. Le produit brut livré par les sciences n'est pas directement accessible au grand public, il doit d'abord être traduit en langage profane et allégé de tout formalisme trop abscons.
Même une fois vulgarisée et rendue accessible au plus grand nombre, la science reste chronophage: les domaines qu'elle explore sont nombreux et leurs frontières sans cesse repoussées et nul ne saurait embrasser l'ensemble des savoirs conquis à ce jour.


-Les processus de validation de la science échappent au contrôle du grand public et même des instances religieuses, politiques ou sociales. Seule la science est à même de réfuter ou de valider des résultats expérimentaux ou une théorie. 
Ce processus répond à une nécessité méthodologique garantissant l'objectivité des résultats et à une exigence de séparation des magistères afin de préserver l'autonomie de la science mais il n'est perçu que comme la manifestation d'une autorité indiscutable et donc vécu comme une humiliation de l'égo et une limitation de la liberté de penser ou d'explorer des solutions alternatives.


-Cette circonscription de l'imaginaire associée à la pratique d'une méthodologie rigoureuse et d'un langage plus précis que poétique concourt à faire de la science la cause du désenchantement du monde. En définissant le réel on le borne immanquablement, même si on déclare ne pas avoir autorité pour ou de possibilités d'investiguer la surnature, on scelle la fracture irréductible entre le réel et le reste.
L'esprit humain étant ce qu'il est, réduisant tout en des concepts bien délimités et aisément manipulables, il ne reste donc plus que deux camps bien distincts: d'un côté la logique froide et clinique, la rationalité nécessairement totalitaire et excessive, le besoin irrépressible de tout analyser né de l'esprit austère et orgueilleux de ceux qui refusent de se prosterner devant le mystère et de l'autre les croyants, les poètes, l'homme simple et vertueux, ceux qui vénèrent la nature et la beauté, l'humilité de l'ignorance et l'insignifiance de l'humain devant ce qui le dépasse.


-L'avènement d'internet et son développement anarchique ont abouti à une dérégulation du marché cognitif. L'offre d'information n'a jamais été aussi abondante qu'aujourd'hui, aux médias traditionnels se sont ajoutés d'innombrables sites à la légitimité discutable et aux sources invérifiables ou inexistantes. Tout un chacun peut désormais relayer n'importe quelle information ou théorie sans qu'il soit tenu de les confirmer par des faits vérifiables ou une argumentation rigoureuse. 
Devant ce phénomène les médias ont été obligés de s'adapter et d'adopter les mêmes stratégies: celui qui souhaiterait enquêter sur les sources d'une information se verrait sanctionné de son professionnalisme en étant le dernier à proposer un contenu à ses lecteurs et téléspectateurs et serait mécaniquement éliminé par la concurrence moins regardante.
Celui qui veut s'informer se retrouve donc dans une jungle déroutante aux milles chemins où il est devenu difficile de discerner l'info de l'intox, l'information réelle du gros titre racoleur, le savoir du croire.


-A cela s'ajoute un lobbying actif de certains groupes religieux et politiques souhaitant brouiller la démarcation entre croire et savoir. Chantres du postmodernisme, adeptes de la post-vérité et magnats de la droite évangéliste américaine qui ont appointés des experts afin de constituer des think tank qui ont pour but d'instaurer une forme de relativisme cognitif dans le paradigme actuel de l'épistémologie avec pour objectif à long terme d'imposer la foi et la croyance comme vecteurs prééminents du savoir.

 

-Le problème de la difficulté d'acquisition de la science par rapport à des explications plus faciles d'accès et plus simples à assimiler ne va pas aller en s'améliorant. La science est cumulative et ses avancées requiert le concours d'experts de plus en plus spécialisés, son discours sera de moins en moins intelligible au profane et de plus en plus long à acquérir, je ne vois guère de perspectives encourageantes de ce côté là.


-Les sentiments de rejet que suscitent les impressions d'absolutisme et d'arbitraire qui émanent de la science pourraient sans doute être combattus en enseignant les contraintes méthodologiques de la science et de sa nécessaire adéquation avec la réalité. Sans forcément rentrer dans une épistémologie trop complexe, développer l'esprit critique à l'école me semble de plus en plus urgent et nécessaire pour lutter contre les dérives cognitives qui sévissent à l'heure actuelle et qui je crains ne manqueront pas de s'aggraver.


-La science ne désenchante le monde que pour ceux qui en ignorent les merveilles. Ceux qui ont ne serait-ce qu'effleuré la relativité générale ne peuvent qu'être émerveillés par ses déroutantes implications, les mystères de la physique quantique ne peuvent que subjuguer mêmes les esprits les moins impressionnables et chacun est pénétré de sa profonde insignifiance en regard des impensables quantités d'énergie, de matière et d'espace que l'astrophysique donne à étudier.
Malheureusement je doute que l'avenir montre un intérêt plus marqué de la majorité pour les sciences qu'elle n'en a eu par le passé et les deux camps resteront dos à dos, ignorants que la réalité n'est pas aussi clivée que ne le sont nos esprits.


-A moins de mesures liberticides sur la liberté d'expression, les médias sont voués à jouer le même jeu que le colporteur de rumeurs inconséquent ou à disparaître. L'avenir me semble donc se jouer entre Big Brother et une anarchie totale de l'information et si aucune des perspectives ne me parait souhaitable, la seconde me semble tout de même légèrement moins intolérable que la première.

-Imposer une vision du monde ne me semble pas la réponse, éduquer et développer les outils permettant d'établir la validité des données en les examinant méthodiquement afin que chacun puisse se faire sa propre idée du monde me semble la seule alternative satisfaisante.

Conseils de lecture pour explorer ces questions plus avant:

-La démocratie des crédules- de Gérald Bronner

-Le loup dans la bergerie- de Joan Stavo-Debauge

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-Alterscience- d'Alexandre Moatti

-Pseudosciences & postmodernisme- d'Alan Sokal

Pas mieux...

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Répy Membre 9 957 messages
scientifique‚
Posté(e)

Le long texte de Epixès analyse très bien la difficulté à parler "sciences" sur un forum généraliste à notre époque de la diffusion quasi instantannée et sans conrôle de multiples informations. 

Ce forum est envahi par des hypothèses complètement oiseuses qui sont prises comme vérités intangibles par certains. Il est quasiment impossible de faire changer d'avis ces "amateurs" tant il manquent "d'esprit scientifique".

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Quasi-Modo Membre 11 027 messages
Macrocéphale bossu‚ 34ans
Posté(e)

Merci pour ce partage @épixès c'est un points de vue intéressant.

Pour ma part je dirais que je ne constate pas la même chose à propos de la résistance aux sciences : ça dépend des personnes, on trouvera tout de même encore beaucoup de gens pour croire ce que dit "la Science" comme autrefois on croyait ce que dit "Dieu". Et cela provient précisément du fait que chacun est si spécialisé dans sa discipline qu'on a généralement la bienveillance de supposer que l'expert de son domaine ne raconte pas d'âneries.

C'est pourquoi d'ailleurs encore aujourd'hui on trouve des études scientifiques menées par des lobbyistes corrompus jusqu'au bout des ongles : pour espérer influencer l'opinion des uns et des autres. Il faudrait en tous les cas mieux enseigner la différence entre la science et la non-science, mettre l'accent sur l'esprit critique effectivement, pour que demain encore nous ayons des citoyens libres qui puissent s'exprimer.

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satinvelours Membre 621 messages
Forumeur forcené‚
Posté(e)
Il y a 13 heures, épixès a dit :

Si la résistance aux sciences n'est pas un phénomène nouveau, l'ampleur qu'elle connait aujourd'hui est sans précédent et je me propose d'en explorer ici les raisons et les mécanismes.


-L'acquisition des connaissances produites par les sciences nécessite du temps et des efforts. Le produit brut livré par les sciences n'est pas directement accessible au grand public, il doit d'abord être traduit en langage profane et allégé de tout formalisme trop abscons.
Même une fois vulgarisée et rendue accessible au plus grand nombre, la science reste chronophage: les domaines qu'elle explore sont nombreux et leurs frontières sans cesse repoussées et nul ne saurait embrasser l'ensemble des savoirs conquis à ce jour.


-Les processus de validation de la science échappent au contrôle du grand public et même des instances religieuses, politiques ou sociales. Seule la science est à même de réfuter ou de valider des résultats expérimentaux ou une théorie. 
Ce processus répond à une nécessité méthodologique garantissant l'objectivité des résultats et à une exigence de séparation des magistères afin de préserver l'autonomie de la science mais il n'est perçu que comme la manifestation d'une autorité indiscutable et donc vécu comme une humiliation de l'égo et une limitation de la liberté de penser ou d'explorer des solutions alternatives.


-Cette circonscription de l'imaginaire associée à la pratique d'une méthodologie rigoureuse et d'un langage plus précis que poétique concourt à faire de la science la cause du désenchantement du monde. En définissant le réel on le borne immanquablement, même si on déclare ne pas avoir autorité pour ou de possibilités d'investiguer la surnature, on scelle la fracture irréductible entre le réel et le reste.
L'esprit humain étant ce qu'il est, réduisant tout en des concepts bien délimités et aisément manipulables, il ne reste donc plus que deux camps bien distincts: d'un côté la logique froide et clinique, la rationalité nécessairement totalitaire et excessive, le besoin irrépressible de tout analyser né de l'esprit austère et orgueilleux de ceux qui refusent de se prosterner devant le mystère et de l'autre les croyants, les poètes, l'homme simple et vertueux, ceux qui vénèrent la nature et la beauté, l'humilité de l'ignorance et l'insignifiance de l'humain devant ce qui le dépasse.


-L'avènement d'internet et son développement anarchique ont abouti à une dérégulation du marché cognitif. L'offre d'information n'a jamais été aussi abondante qu'aujourd'hui, aux médias traditionnels se sont ajoutés d'innombrables sites à la légitimité discutable et aux sources invérifiables ou inexistantes. Tout un chacun peut désormais relayer n'importe quelle information ou théorie sans qu'il soit tenu de les confirmer par des faits vérifiables ou une argumentation rigoureuse. 
Devant ce phénomène les médias ont été obligés de s'adapter et d'adopter les mêmes stratégies: celui qui souhaiterait enquêter sur les sources d'une information se verrait sanctionné de son professionnalisme en étant le dernier à proposer un contenu à ses lecteurs et téléspectateurs et serait mécaniquement éliminé par la concurrence moins regardante.
Celui qui veut s'informer se retrouve donc dans une jungle déroutante aux milles chemins où il est devenu difficile de discerner l'info de l'intox, l'information réelle du gros titre racoleur, le savoir du croire.


-A cela s'ajoute un lobbying actif de certains groupes religieux et politiques souhaitant brouiller la démarcation entre croire et savoir. Chantres du postmodernisme, adeptes de la post-vérité et magnats de la droite évangéliste américaine qui ont appointés des experts afin de constituer des think tank qui ont pour but d'instaurer une forme de relativisme cognitif dans le paradigme actuel de l'épistémologie avec pour objectif à long terme d'imposer la foi et la croyance comme vecteurs prééminents du savoir.

 

-Le problème de la difficulté d'acquisition de la science par rapport à des explications plus faciles d'accès et plus simples à assimiler ne va pas aller en s'améliorant. La science est cumulative et ses avancées requiert le concours d'experts de plus en plus spécialisés, son discours sera de moins en moins intelligible au profane et de plus en plus long à acquérir, je ne vois guère de perspectives encourageantes de ce côté là.


-Les sentiments de rejet que suscitent les impressions d'absolutisme et d'arbitraire qui émanent de la science pourraient sans doute être combattus en enseignant les contraintes méthodologiques de la science et de sa nécessaire adéquation avec la réalité. Sans forcément rentrer dans une épistémologie trop complexe, développer l'esprit critique à l'école me semble de plus en plus urgent et nécessaire pour lutter contre les dérives cognitives qui sévissent à l'heure actuelle et qui je crains ne manqueront pas de s'aggraver.


-La science ne désenchante le monde que pour ceux qui en ignorent les merveilles. Ceux qui ont ne serait-ce qu'effleuré la relativité générale ne peuvent qu'être émerveillés par ses déroutantes implications, les mystères de la physique quantique ne peuvent que subjuguer mêmes les esprits les moins impressionnables et chacun est pénétré de sa profonde insignifiance en regard des impensables quantités d'énergie, de matière et d'espace que l'astrophysique donne à étudier.
Malheureusement je doute que l'avenir montre un intérêt plus marqué de la majorité pour les sciences qu'elle n'en a eu par le passé et les deux camps resteront dos à dos, ignorants que la réalité n'est pas aussi clivée que ne le sont nos esprits.


-A moins de mesures liberticides sur la liberté d'expression, les médias sont voués à jouer le même jeu que le colporteur de rumeurs inconséquent ou à disparaître. L'avenir me semble donc se jouer entre Big Brother et une anarchie totale de l'information et si aucune des perspectives ne me parait souhaitable, la seconde me semble tout de même légèrement moins intolérable que la première.

-Imposer une vision du monde ne me semble pas la réponse, éduquer et développer les outils permettant d'établir la validité des données en les examinant méthodiquement afin que chacun puisse se faire sa propre idée du monde me semble la seule alternative satisfaisante.

Conseils de lecture pour explorer ces questions plus avant:

-La démocratie des crédules- de Gérald Bronner

-Le loup dans la bergerie- de Joan Stavo-Debauge

-Partager la science- ouvrage collectif

-Alterscience- d'Alexandre Moatti

-Pseudosciences & postmodernisme- d'Alan Sokal

Je ne crois pas qu’il y ait une résistance accrue aux sciences. C’est aussi une question de générations. Les jeunes par exemple sont dans leur majorité ouverts aux sciences tandis que les plus anciens y sont plus hostiles.

Les sciences permettent d’avoir une vision plus large du monde. Je regarde un paysage, je le vois ceinturé par des frontières que je crois naturelles alors qu’elles ne sont que mentales. Les sciences brisent les frontières et permettent d’embrasser dans notre vision des étendues plus vastes.

Cette vision plus vaste détermine la nature de nos actions. Les pus jeunes, ceux qui n’ont pas encore bâtis de châteaux peuvent encore choisir toutes actions possibles. Les sciences non seulement élargissent leur champ d’intervention mais elles leur offrent aussi de nouveaux moyens d’action.

Les autres, en avançant dans la vie, bâtissent des mondes assis sur des hypothèses prises pour des certitudes. Les sciences tendent à éroder ces certitudes et à ne plus leur laisser que le caractère de simples hypothèses parfois irrationnelles. Certains s’en trouvent insécurisés d’autres n’en sont pas pour autant troublés, capables qu’ils sont d’avancer sans avoir besoin de certitudes.

Les sciences s’opposent surtout (bien malgré elles) aux religions qui s’adressent aux personnes qui ont un besoin intense de sécurité spirituelle. Ceux-là il leur faut des certitudes. Aussi regardent-elles les sciences avec méfiance.

Mais tous ne recourent pas aux religions par besoin de sécurité. Certains savent harmoniser science et religion. Un savant juif peut bien savoir que le monde est vieux de plusieurs milliards d’années et fêter quand même Roch Hachana parce qu’il sait que Roch Hacahna est un mythe nécessaire à la construction d’un imaginaire qui est tout autant nécessaire, en tant qu’imaginaire, à l’éclosion de sa raison scientifique.

Opposer science et imaginaire, science et poésie révèle une culture occidentale troublée par le mythe de l’unité. D’autres cultures, certaines cultures orientales, comme aussi la culture ashkenaze acceptent et se nourrissent même de cette dualité réalité-imaginaire parce qu’elles en éprouvent chaque jour la puissance créatrice. Gödel peut élaborer une vision du monde jugée délirante par le rationalisme occidental européen et se révéler l’un des plus grands logiciens de tous les temps.

 

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obelix39 Membre 504 messages
Forumeur forcené‚ 52ans
Posté(e)
Il y a 23 heures, épixès a dit :

Si la résistance aux sciences n'est pas un phénomène nouveau, l'ampleur qu'elle connait aujourd'hui est sans précédent et je me propose d'en explorer ici les raisons et les mécanismes.

je ne saisis pas bien ... Est-ce que vous parlez uniquement de sciences physiques ou bien de science en général, incluant la musique et l'astrologie, par exemple ? Et est-ce que lorsque vous parlez de résistance, vous pensez au fait que l'on apprend de moins en moins les sciences ou bien que les gens mettent de plus en plus en doute les paroles des scientifiques ?

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Répy Membre 9 957 messages
scientifique‚
Posté(e)
Il y a 9 heures, obelix39 a dit :

je ne saisis pas bien ... Est-ce que vous parlez uniquement de sciences physiques ou bien de science en général, incluant la musique et l'astrologie, par exemple ? Et est-ce que lorsque vous parlez de résistance, vous pensez au fait que l'on apprend de moins en moins les sciences ou bien que les gens mettent de plus en plus en doute les paroles des scientifiques ?

L'astrologie n'est pas une science !

la musique, en dehors de l'étude des fréquences est plutôt un art

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azad2B Membre 2 159 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
Posté(e)
il y a 44 minutes, Répy a dit :

L'astrologie n'est pas une science !

la musique, en dehors de l'étude des fréquences est plutôt un art

Bien sûr, mais Obélix avait bien précisé "Sciences en Général" avant de donner ces deux exemples.

Il faut prendre le mot Sciences dans son sens le plus absolu. A savoir ensemble des connaissances vérifiables et démontrables que l'on peut avoir sur un sujet donné.

Il y a 10 heures, obelix39 a dit :

Et est-ce que lorsque vous parlez de résistance, vous pensez au fait que l'on apprend de moins en moins les sciences ou bien que les gens mettent de plus en plus en doute les paroles des scientifiques ?

Ou encore que, le pragmatisme étant la règle aujourd' hui et l' étude des Sciences, deviennent  de plus en plus difficile, on se tourne vers des secteurs plus lucratifs.

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obelix39 Membre 504 messages
Forumeur forcené‚ 52ans
Posté(e)
Il y a 2 heures, Répy a dit :

L'astrologie n'est pas une science !

la musique, en dehors de l'étude des fréquences est plutôt un art

 

il y a une heure, azad2B a dit :

Bien sûr, mais Obélix avait bien précisé "Sciences en Général" avant de donner ces deux exemples.

Il faut prendre le mot Sciences dans son sens le plus absolu. A savoir ensemble des connaissances vérifiables et démontrables que l'on peut avoir sur un sujet donné.

Merci d'avoir relevé, Azad2B. Ma question portait bien sur le fait que le mot science (du latin "scientia = savoir", du verbe "scire = savoir, sçavoir en vieux français) peut avoir plusieurs sens voisins. En dehors du sens général = savoir (ex = cet homme possède de la science), il en existe deux principaux sur lesquels j'avais un doute. Le premier sens répond à la définition "ensemble structuré de connaissances qui se rapportent à des faits obéissant à des lois objectives ou considéré comme tels et dont la mise au point exige systématisation et méthode". A cette catégorie appartiennent entre autres l'astrologie et la musique. Il existe aussi un sens restrictif qui ne concerne que les sciences liées au mathématiques qui répondent à la définition suivante " Ensemble des sciences fondées essentiellement sur le calcul et l'observation". C'est donc, si j'ai bien compris, sur ces sciences basées sur le calcul que porte le présent sujet, excluant donc la biologie, les sciences humaines, l'astrologie, etc, etc ...

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Répy Membre 9 957 messages
scientifique‚
Posté(e)
il y a 26 minutes, obelix39 a dit :

 

Merci d'avoir relevé, Azad2B. Ma question portait bien sur le fait que le mot science (du latin "scientia = savoir", du verbe "scire = savoir, sçavoir en vieux français) peut avoir plusieurs sens voisins. En dehors du sens général = savoir (ex = cet homme possède de la science), il en existe deux principaux sur lesquels j'avais un doute. Le premier sens répond à la définition "ensemble structuré de connaissances qui se rapportent à des faits obéissant à des lois objectives ou considéré comme tels et dont la mise au point exige systématisation et méthode". A cette catégorie appartiennent entre autres l'astrologie et la musique. Il existe aussi un sens restrictif qui ne concerne que les sciences liées au mathématiques qui répondent à la définition suivante " Ensemble des sciences fondées essentiellement sur le calcul et l'observation". C'est donc, si j'ai bien compris, sur ces sciences basées sur le calcul que porte le présent sujet, excluant donc la biologie, les sciences humaines, l'astrologie, etc, etc ...

Si j'ai réagi à l'astrologie c'est que cette éviction des sciences est très ancienne. En particulier depuis la création de l'observatoire de Paris par Colbert vers 1680. Il était interdit aux astronomes de pratique l'astrologie et depuis on distingue bien astrologie de l'astronomie. En astrologie on suppose des propriétés non vérifiées et souvent sans fondement comme attribuer une influence à Pluton basée sur de vieilles connaissances Cependant Pluton n'a été découverte qu'en 1930 et n'a fait que le1/8 de tour depuis sa découverte.

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obelix39 Membre 504 messages
Forumeur forcené‚ 52ans
Posté(e)
il y a 6 minutes, Répy a dit :

Si j'ai réagi à l'astrologie c'est que cette éviction des sciences est très ancienne. En particulier depuis la création de l'observatoire de Paris par Colbert vers 1680. Il était interdit aux astronomes de pratique l'astrologie et depuis on distingue bien astrologie de l'astronomie. En astrologie on suppose des propriétés non vérifiées et souvent sans fondement comme attribuer une influence à Pluton basée sur de vieilles connaissances Cependant Pluton n'a été découverte qu'en 1930 et n'a fait que le1/8 de tour depuis sa découverte.

Je comprend ta réaction et je dois avouer que si j'ai choisi l'astrologie pour exemple, c'est parce que j'ai eu la chance d'étudier cette science négligée avec beaucoup de recul, puisqu'au départ j'ai cherché à démontrer que c'était de la foutaise. Le fait que l'astrologie ne soit pas scientifiquement (par le calcul et l'observation) étudiée est, à mon avis, très dommageable pour le reste de la science. L'astrologie, science qui étudie l'influence des astres (du système solaire) sur l'homme est une des clef nécessaire à une bonne compréhension globale de l'univers et du vivant qui en fait partie. Bien entendu, je me suis débarrassé de toute cette idée de prédiction, d'horoscope et autres croyances mystique pour ne m'intéresser qu'au principe même de l'astrologie. Ceux qui pensent que l'astrologie n'a aucun fondement, ne l'ont visiblement jamais abordé ...

PS: Le fait que Pluton ne bouge pas ou presque ne change rien, puisque c'est le mouvement relatif de toutes les planètes qui est pris en compte. Le soleil non-plus ne bouge pas ...

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Répy Membre 9 957 messages
scientifique‚
Posté(e)
il y a 9 minutes, obelix39 a dit :

....

PS: Le fait que Pluton ne bouge pas ou presque ne change rien, puisque c'est le mouvement relatif de toutes les planètes qui est pris en compte. Le soleil non-plus ne bouge pas ...

Pour accumuler un savoir millénaire sur l'action il faut de longues années d'observation.

Or les planètes lentes comme Uranus Neptune et Pluton découvertes respectivement vers 1800, 1840 et 1930 sont des planètes lointaines qui n'ont bouclé qu'une partie de leur orbite depuis leur découverte. Donc on ne peut pas se baser sur l'observation répétitive de leur éventuelle influence.

Que l'astrologie te semble un jeu intellectuel passionnant , c'est tout à fait respectable. En revanche tous les mesures de champ gravitationnel et les simulations par ordinateur ne font pas apparaître une influence gravitationnelle décisive. La loi de Newton est formelle : l'attraction fait intervenir la masse et surtout le carré de la distance. Et à part le soleil et Jupiter, puis un peu la Lune, vu de la Terre tous les autres corps célestes ont une action gravitrationnelle totalement négligeable. Et c'est bien pour cette raison que les astronomes ne se préoccupent pas d'astrologie. D'autant plus que l'astrologie "européenne" donne des interprétations différentes que l'astrologie chinoise  pour la même configuration.

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azad2B Membre 2 159 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
Posté(e)

Aie ! Cela va s' envenimer !

Ne commencez pas l' année avec une dispute. Les objections de Répy me semblent tout à fait justifiées. Mais les remarques d' obelix n'en sont pas pour autant à rejeter sous le seul prétexte qu'elles gravitent (si j'ose dire ) autour de l' Astrologie.

D' une part, le premier cité se doit de reconnaître ce que l' Astronomie doit aux observations méticuleuses que de simples bergers Chaldéens ont faites et des conclusions qu'ils en ont tirées. Conclusions qui ont permis d' admettre l'idée que peut-être les mystères de l' Univers pouvaient être accessibles à notre intellect. 

Et celles d' obelix, qui soigneusement expurge toutes ces observations du contenu ésotériques qu'elles recèlent, sont à mon avis très respectables dans la mesure où elles pointent du doigt la plus belle question de l' Humain. A savoir celle de nos origines. Et l' on sait très bien qu'elle trouve sa réponse dans la Chimie, science dont les ingrédients naissent dans les Astres, justement.

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Répy Membre 9 957 messages
scientifique‚
Posté(e)
il y a 24 minutes, azad2B a dit :

Aie ! Cela va s' envenimer !

Non je n'ai pas l'intention d'envenimer quoi que ce soit.

Je comprends très bien l'appellation "science" au sens "savoir" argumenté par Obélix.

Dans ce cas l'astrologie est bien un "savoir".

Mais ce savoir "astrologique" se dérobe à toutes les mesures que la science moderne a tenté de mettre en oeuvre pour étudier l'astrologie. Et donc au sens moderne du mot science, l'astrologie n'est pas une science.

Puisse cette confrontation faire comprendre à nos lecteurs la différence qui existe entre ce qui est plus ou moins intuitif et non prouvé et ce qui est démontré ou mesuré.

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azad2B Membre 2 159 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
Posté(e)
il y a 12 minutes, Répy a dit :

Mais ce savoir "astrologique" se dérobe à toutes les mesures que la science moderne a tenté de mettre en oeuvre pour étudier l'astrologie. Et donc au sens moderne du mot science, l'astrologie n'est pas une science.

Bien sûr, je pense que tu as raison d' écrire cela. Cependant il faut juste remarquer que l' astrologie sous sa forme la plus élémentaire ne prétend qu'une chose : les astres auraient une influence sur nos destinées. Si l'on s' en tient à cette seule supposition, bien entendu on est forcé d' admettre qu' elle n'a rien de scientifique.

Cependant bon nombre de scientifiques adhèrent à l' idée de la panspermie. Et l'on est forcés de constater que cette théorie à engendré des expériences nécessitant de très gros moyens technologiques. Preuve, s'il en est besoin, qu' elle n'est peut-être pas à prendre à la légère. Les gens de la NASA ou de l 'ESA ne sont pas des astrologues convaincus. Et si l'on découvrait à la surface ou dans les molécules d' une comète venue, on ne sait d' où, et errant dans notre système solaire des traces indiscutables de vie et que nous en rapportions de quoi faire des expériences sur Terre, et que ces expériences soient couronnées de succès ? Cela n' apporterait aucun crédit aux boniments des faiseurs d' horoscopes. Mais pourtant, ayant "sous les yeux"  la preuve que la Vie a pu se propager via la panspermie, n' aurions nous pas alors quelques raisons d' admettre que peut-être un évènement situé loin dans l' espace et loin dans le temps est à l'origine de la vie sur notre planète et que cet évènement a bel et bien influencé notre devenir ?

Rien de scientifique dans ce que je raconte là, mais rien n'interdit de penser que ce qui peut se produire, ne s'est pas déjà produit.

 

  • Confus 1

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obelix39 Membre 504 messages
Forumeur forcené‚ 52ans
Posté(e)
Il y a 2 heures, Répy a dit :

Pour accumuler un savoir millénaire sur l'action il faut de longues années d'observation.

Or les planètes lentes comme Uranus Neptune et Pluton découvertes respectivement vers 1800, 1840 et 1930 sont des planètes lointaines qui n'ont bouclé qu'une partie de leur orbite depuis leur découverte. Donc on ne peut pas se baser sur l'observation répétitive de leur éventuelle influence.

Que l'astrologie te semble un jeu intellectuel passionnant , c'est tout à fait respectable. En revanche tous les mesures de champ gravitationnel et les simulations par ordinateur ne font pas apparaître une influence gravitationnelle décisive. La loi de Newton est formelle : l'attraction fait intervenir la masse et surtout le carré de la distance. Et à part le soleil et Jupiter, puis un peu la Lune, vu de la Terre tous les autres corps célestes ont une action gravitationnelle totalement négligeable. Et c'est bien pour cette raison que les astronomes ne se préoccupent pas d'astrologie. D'autant plus que l'astrologie "européenne" donne des interprétations différentes que l'astrologie chinoise  pour la même configuration.

Concernant les planètes lentes dont l'orbite est extérieure à Saturne, on peut déduire leur effet des aspects formés entre elles et le reste des planètes connues dès l'antiquité. Car c'est l'ensemble des aspects (écarts angulaires entre les planètes) qui fait varier les influences reçues sur la Terre (En astrologie on utilise un système géocentrique). De nombreux travaux, plus ou moins sérieux ont été réalisés sur Neptune, Uranus et Pluton durant le siècle dernier et ont permis de déduire les actions de Pluton qu'on prêtait à Mars, celle d'Uranus qu'on prêtait à Jupiter et Mercure, et celle de Neptune qu'on prêtait à Vénus et à la Lune (en gros!). Déduire les actions de planètes lentes n'est pas plus compliqué que déduire l'existence du Big Bang d'un simple décalage de fréquence ... Si vous voyez ce que je veux dire ... ;) Donc pour répondre à la question " Donc on ne peut pas se baser sur l'observation répétitive de leur éventuelle influence", si ! On peut la déduire des aspects formés par les planètes rapides avec les plus lentes de manière répétitive. Il s'agit simplement de soustraire l'effet de la planète rapide qui est mieux connue à l'effet combiné des deux. C'est assez élémentaire!

Pour répondre à la seconde partie de ton post, je vais tout de suite écarter l'astrologie chinoise qui n'a rien à voir avec ce que j'ai pu étudier. Par contre les personnes qui ont essayé de mesurer l'influence des astres du système solaire d'un point de vue gravitationnel ont perdu leur temps, parce que l'influence est perçue de manière vibratoire. D'après ce que je comprend, l'homme perçoit des ondes par le moyen du système nerveux et ces ondes influencent de façon plus ou moins harmonique ce système nerveux. Mais ce qui marque une personnalité, c'est le moment de la naissance, le moment où l'on quitte le corps de sa mère pour venir au monde, le moment où l'on reçoit une empreinte qui va formater le caractère pour la vie. C'est cela qu'on appelle le thème de naissance. C'est grâce à cette carte du ciel au moment de la naissance qu'on peut vérifier la concordance entre la tradition astrologique et la personnalité d'une personne. C'est essentiellement en réalisant ces cartes de naissance que j'ai constaté une très nette concordance entre une partie de la tradition et des faits parfaitement vérifiables, comme par exemple le choix du métier ou les aptitudes dans les différents domaines. Par exemple, Répy, rien qu'à te lire sur ce forum, je pense que tu as une forte influence des signes de Terre, plus particulièrement de la Vierge (ou Capricorne ou taureau), avec mercure puissant dans ton thème en bon aspect avec Saturne ou Uranus . Une bonne influence en signe d'air renforcerait l'intellect et la mémoire utiles à l'assimilation des sciences, par exemple. Ce serait intéressant de pouvoir vérifier ...

 

En conclusion, moi qui suis de nature un peu brute et qui rejette tout ce qui est teinté de magie et de surnaturel, je suis convaincu de l'existence d'une influence des astres du système solaire sur le système nerveux. Si j'en suis convaincu, c'est que j'ai éprouvé cette science (on se comprend?) depuis une trentaine d'années déjà en faisant un travail statistique permanent et indépendant avec je l'avoue très peu de moyens. Je suis persuadé qu'avec des moyens statistiques simples, mais un bon échantillon de personnes, on peut facilement mettre en évidence les bases de l'astrologie. J'ai l'impression que les scientifiques ont peur d'aborder un domaine avec lequel il flirtent pourtant en physique quand il abordent la mécanique quantique entre autres ... Quel gâchis!

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obelix39 Membre 504 messages
Forumeur forcené‚ 52ans
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Il y a 3 heures, azad2B a dit :

Aie ! Cela va s' envenimer !

Mais non! J'explique juste deux ou trois truc, afin que si quelqu'un voulait aborder le sujet, il sache qu'on peut l'aborder de manière tout à fait scientifique sans se préoccuper des boules de cristal et autres horoscopes ou croyances ésotérique. Parce que c'est ça principalement qui fait obstacle à l'étude scientifique de l'astrologie.

  • Merci 1

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obelix39 Membre 504 messages
Forumeur forcené‚ 52ans
Posté(e)
Il y a 2 heures, azad2B a dit :

Bien sûr, je pense que tu as raison d' écrire cela. Cependant il faut juste remarquer que l' astrologie sous sa forme la plus élémentaire ne prétend qu'une chose : les astres auraient une influence sur nos destinées. Si l'on s' en tient à cette seule supposition, bien entendu on est forcé d' admettre qu' elle n'a rien de scientifique.

Et pourtant l'astrologie met en oeuvre des domaines tels que l'astronomie, les mathématiques, la statistique, la psychologie, etc ...

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