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satinvelours

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  1. satinvelours

    Théorie de la relativité : éléments

    Toute vision « matérielle » du monde fait appel à des données liées à nos sens. Si je veux me libérer de la connaissance liée aux sens, si je veux me libérer de la connaissance liée à l’interférence des « effets », je dois poser l’existence d’un « immatériel ». Tant que je suis dans le matériel j’accède à une connaissance non pas d’un « être » indépendant de moi, mais toujours d’un être qui est fonction de moi, de ma nature physique, morale, etc. (non pas fonction unique de moi mais fonction de plusieurs variables dont « moi »). Je ne parviens pas alors à une connaissance totalement détachée de moi, de ma nature, de mon corps, de mes désirs, etc. Si je veux poser l’objectivité totale d’un existant indépendant de l’humain, je dois poser l’existence d’un immatériel puisque tout ce qui est matériel reste toujours subordonné, en partie au moins, à l’humain. Soit je pose qu’il n’ y a rien qui soit indépendant de l’humain, ce qui signifie que si l’humain venait à disparaître l’univers disparaîtrait, soit je pose qu’il existe un indépendant de l’humain, et, alors, je dois poser, si cet indépendant est absolument indépendant de l’humain, que cet être est immatériel, puisque toute référence à une matérialité est encore l’expression d’une modalité de penser de l’humain. Dans cette hypothèse, l’existence d’un immatériel, le matériel est sans cesse en relation avec un immatériel. Nier l’immatériel, identifier le phénomène avec la totalité de la réalité, c’est engendrer une pensée qui finit par se replier sur elle-même pour, in fine, dépérir et mourir. C’est l’extension du champ du réel à l’immatériel qui innerve la pensée humaine et lui permet sans cesse d’être en dépassement d’elle-même. Certains scientifiques en limitant la réalité aux phénomènes ou en confinant la réalité ultime dans une structure figée dont nous finirions un jour par avoir une image achevée annonce la fin de l’homme. Pour ceux-là le seul avenir qu’ils puissent imaginer c’est celui d’une humanité immortelle, aux désirs totalement satisfaits, qui vivrait éternellement dans un monde maîtrisé. Cette vision n’est rien moins qu’une vision d’une mort rendue radieuse. Cette vision radieuse s’appuie sur l’hypothèse que le modèle humain actuel, l’homme actuel est indépassable quant à sa nature physique et morale. Il est l’achèvement pour eux de ce qu’ils appellent l’évolution. Il s’agirait donc pour eux d’éterniser un être, l’homme, considéré comme un être achevé. Il s’agirait d’éterniser l’inachevé, ce qui est l’expression d’un désir régressif ; désir somme toute normal si la fin visée est l’extinction de l’homme symbolisée par son immortalité, soit sa solidification immortelle en une statue exsangue et dévitalisée.
  2. satinvelours

    Théorie de la relativité : éléments

    Imaginons cette réalité dite inaccessible, celle que j’appelle la chose en soi : j’en pose donc l’existence, ce qui déjà, en soi en pose l’accessibilité. Si elle était inaccessible je ne pourrais même pas en poser l’existence. Si cette chose en soi, dans son rapport avec moi, émet par exemple un signal régulier, ce qui arrive dans le monde physique dit inanimé cette régularité signifie quelque chose d’elle : la chose en soi devient accessible par la relation qu’elle entretient alors avec moi, avec le monde. Certes le signal lui-même, une impulsion lumineuse, un son, n’est pas un existant en soi, un signal devient impulsion lumineuse ou son qu’en fonction de ma nature d’homme, il n’ y a pas d’impulsion lumineuse ni de son « en soi », mais il y a bien un signal en soi. La réalité en soi est accessible à la connaissance . Si je reprends l’image de l’étang, une réalité « hors étang » non accessible à lui, qui frapperait constamment sa surface signifierait quelque chose d’elle. Certes la perturbation qu’elle provoquerait, une onde aqueuse serait l’équivalent pour nous de l’onde lumineuse ou du son, elle ne serait que perturbation de la surface de l’étang (perturbation n’appartenant pas à la chose en soi) mais le signal lui-même, en tant qu’il existe , appartient bien à la chose en soi. Je peux même réagir, agir, rentrer en relation avec la chose en soi en empruntant des chemins qui n’appartiennent qu’à moi, l’impulsion lumineuse que je peux moi-même émettre entrera in fine en relation avec cette chose en soi qui réagira ou pas. Nous sommes bien constamment en relation avec les choses en soi et la relation en elle-même donne une forme de connaissance de la chose en soi. Du seul fait que la chose en soi et nous mêmes entrons en relation nous ne sommes plus étrangers les uns aux autres.
  3. satinvelours

    Mes choix

  4. satinvelours

    Théorie de la relativité : éléments

    Marcher sur un sol dont je sais qu’il est d’abord une image en moi apparaît d’abord étonnante. Cette image contient néanmoins une somme d’informations suffisantes pour que je puisse marcher sur ce sol. Ces informations me sont venues comment ? Il y a derrière cette image des millions d’années d’expérience. L’expérience ici c’est la somme d’allers et retours, d’actions reçues certes mais aussi d’actions émises, l’ensemble permettant de s’adapter à la réalité de ce que j’appelle « le sol ». Que ce sol ne soit pas la réalité-même c’est bien possible mais le sol, tel que je l’élabore en image intègre des éléments non négligeables de sa réalité première : son existence déjà, la permanence de son existence, sa compacité (serait-elle due à autre chose que ce qui me paraît compact), etc. Il y a bien des éléments de la réalité en soi qui me sont accessibles. Il n’ y a pas de fossé infranchissable entre la réalité en soi et la conscience que j’en ai. Je peux bâtir près de la réalité sensible, l’ image, une autre réalité, pensée, idéelle. Bien sûr pour bâtir cette réalité idéelle je suis obligé d’employer des éléments de la réalité sensible, donc des éléments qui sont des répliques d’images intérieures mais ces éléments ne sont plus utilisés que pour décrire des actions, des relations. Ainsi je peux toujours dire que dans une chambre à bulles les trajectoires observées sont dues à des particules, cela ne signifie pas qu’il existe des particules, cela signifie qu’il existe quelque chose, qui, si cette chose était une particule, provoquerait les trajectoires observées. Le mot particule est ici employé pour décrire une action, une relation, cela ne signifie absolument pas qu’il existe une particule (renvoyant à l’image que nous nous faisons d’une particule). Accéder à la connaissance des choses en soi implique de ne plus s’appuyer sur les sens puisque ceux-ci n’enregistrent que des effets. Accéder à la connaissance des choses en soi renvoie à l’idée, confer les idées platoniciennes. Mais ces idées sont sans cesse façonnées par les expériences sensibles que nous réalisons. Le chemin est inverse de celui pratiqué par Platon. Il ne s’agit pas d’aller de l’idée aux choses sensibles mais d’aller des choses sensibles, de plus en plus cernées par l’expérience, par la relation nouée dans l’expérience, vers l’idée. Il y a donc des passerelles entre la chose en soi conçue par l’entendement certes mais dont on peut dire qu’en tant qu’idée conçue par l’entendement elle contient des éléments réels de la réalité en soi, il y a des passerelles donc entre la chose en soi et l’image (l’effet) que l’on en a. [Deux choses à traiter : l’action, la relation]
  5. satinvelours

    Théorie de la relativité : éléments

    L’idée générale en définitive est de s’exercer à penser autrement. La lecture de Kant associée à celle des neuropsy m’a convaincu qu’il y avait déjà une première distinction à faire entre le réel « en soi » et le réel en tant que représentation du réel « en soi ». Cette distinction fondamentale ne permet pourtant pas apparemment d’aller bien loin. Elle s’appuie sur ces constats : nous ne recevons, par l'intermédiaire de nos sens, que les effets des choses, lesquelles restent extérieures à notre capacité à les connaître directement sans le secours des sens. Prenons l’exemple d’un étang au fond duquel existerait un cerveau, un étang pensant. Un caillou qui ricocherait sur sa surface engendrerait une onde dont on supposera qu’elle arrive au cerveau. Ce qui sera perçu ce sera l’onde pas le caillou. Il en est de même pour nous, nous recevons des « actions » des choses sur nos sens, pas les choses (en soi). Les neuropsy confirment, en nous disant que nos sensations sont des élaborations soit d’activités inconscientes, soit d’activités inconscientes et conscientes. Ainsi quand je regarde un paysage ce paysage est une construction interne. Ce que je vois n’est pas ce paysage que je crois s’étendre à l’extérieur de moi mais une image intérieure. A la réflexion cela est d’une telle évidence que je suis étonné que nous ne le remarquions que maintenant. Amiel déjà avait écrit « Tout paysage est un état d’âme » comme quoi les artistes devancent très largement les scientifiques . Cela dit qu’est que cela m’apporte, en pratique ? Qu’est-ce que cela m’apporte de savoir que tout ce que je vois, j’entends, je sens etc. est une « image » intérieure ? Pour cela il faut s’exercer, appliquer à soi-même ce savoir. Passer à l’acte. L’acte en question c’est de continuer de vivre, d’agir en posant pour principe que tout ce sur quoi je m’appuie pour agir n’est pas une réalité objective, extérieure à moi, mais une réalité imagée, peut-être même imaginée, dont l’image est en moi.
  6. satinvelours

    Mes choix

  7. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    Introduction à la philosophie -edit-10x18. Chap. 3. Jaspers montre que la première question philosophique, il se fonde sur l'histoire, c'est la question de l'être et sur l'être. Il va récapituler les réponses données. Il est à noter que Jaspers remonte avant l'origine de la philosophie. Il y a des références à Thalès, à Pythagore, à des penseurs que la tradition appelle les présocratiques qui étaient les penseurs de la nature, des physiologues, mais non au sens du 18ème siècle, des penseurs de la « phusis » l'ensemble des choses animées et inanimées qui nous entoure et dont nous faisons partie, qui donne ensuite la science physique. Nous possédons des textes, peu nous sont parvenus en entier, bien souvent en mauvais état sous forme de fragments, ce sont les textes des présocratiques : Parménide, Héraclite, des mathématiciens comme Thalès, Pythagore, Anaximène, Anaximandre. Il montre que toutes ces conceptions qui ont été proposées sont des conceptions insuffisantes car beaucoup trop restreintes et surtout, dit Jaspers, ce sont des conceptions qui se sont totalement focalisées sur l'objet. Le reproche que Jaspers fait est que toutes ces conceptions sont d'une part insuffisantes et surtout font de l'être une réalité qui est "en dehors de moi," un objet sur lequel je suis braqué. On retrouve l'idée d'une scission. Nous vivons notre existence sur le mode de la scission, c'est-à-dire en nous appréhendant comme sujet, et désormais, étant donné que nous sommes des sujets voués à poser le monde comme objet, comme existant en dehors de moi, et en plus ayant une autre réalité que la mienne. Ce qui disparaît c’est le sujet en tant que tel. Il y a une focalisation sur l'objet. Le grand idéalisme platonicien est obnubilé par l'idée que nous pourrions nous fondre avec l'objet. C'est le grand mythe de l’objectivité, de la connaissance vraie et du vrai assimilé au réel. N'oublions jamais cette phrase de Hegel qui résume cela « le réel est vrai ». C'est-à-dire que l'idéal de l'objectivisme est de nous annuler comme sujet. Nous n’aurions plus le point de vue de sujet et nous n’arriverions qu'à nous fondre avec l'objet et avoir ce point de vue de confusion entre le réel et le vrai. Il faut attendre la révolution cartésienne. Là il y a une bascule de la philosophie, et ce qui va apparaître c’est l’émergence du sujet en tant que sujet qui s'assume comme sujet. Le cogito cartésien veut dire que c'est moi qui suis assimilable à ma propre pensée et c'est ma propre pensée qui est à l’origine de toutes choses. Le monde existe parce que je le pense. C'est un renversement des choses. Mais il y a risque de solipsisme (solus–seul, « solus ipse » : être seul en soi-même). Le solipsisme est cette situation dans laquelle je suis enfermé dans ma propre conscience et je ne peux en sortir. Et dans le solipsisme je découvre que ma pensée est tout à fait capable d'inventer un monde puisque la pensée est créatrice d'idée.
  8. satinvelours

    « Boire un grand bol de sommeil noir... »

    Noche del amor insomne (Sonetos del amor oscuro Noche arriba los dos con luna llena, yo me puse a llorar y tú reías. Tu desdén era un dios, las quejas mías momentos y palomas en cadena. Noche abajo los dos. Cristal de pena, llorabas tú por hondas lejanías. Mi dolor era un grupo de agonías sobre tu débil corazón de arena. La aurora nos unió sobre la cama, las bocas puestas sobre el chorro helado de una sangre sin fin que se derrama. Y el sol entró por el balcón cerrado y el coral de la vida abrió su rama sobre mi corazón amortajado. Traduction de Jacky Lavauzelle Nuit de pleine lune au-dessus de nous deux, Je commençais à pleurer et toi, tu riais. Ton mépris était un dieu, mes plaintes Des moments et des colombes en chaîne. Tous les deux tombions dans la nuit. Cristal de peine, Tu pleurais les abysses insondables. Ma douleur était un amas d’agonies Sur ton fragile cœur de sable. L’aurore sur le lit nous a rejoint, Ses bouches sur le jet glacial D’un sang sans fin qui coule. Et le soleil s’est insinué par le balcon refermé et le corail de la vie ouvrit sa ramure Sur le linceul de mon cœur. Une interprétation de ce poème par Amancio Prada dont la voix me semble bien s’harmoniser avec le poème de Lorca qui dit la souffrance du poète au petit matin pour la personne aimée. https://www.youtube.com/watch?v=4Aig977SSY4
  9. satinvelours

    Lettres à Samuel

    Lettre 52 15 février 2019 Samuel, XI siècle A l’est des territoires désormais contrôlés par les Bouyides surgirent des nomades venus d’Asie centrale : les Turcs Seldjoukides, rameau de la tribu des Oghouz. Vers 1050 ils renversèrent les Bouyides, prirent le titre de sultan et conquirent un vaste territoire : la Perse, la Mésopotamie, l’Anatolie (prise à l’empire byzantin) la Syrie et la Palestine (prises aux Fatimides) et le Turkménistan actuel, situé au nord de la Perse. Les Seldjoukides se convertirent à l’islam et laissèrent le calife exercer l’autorité spirituelle en tant que Commandeur des croyants. Mais ce furent eux qui politiquement et militairement gérèrent le pays en s’appuyant sur les Persans. Sous le règne des Bouyides puis des Turcs la communauté juive de Mésopotamie perdit son influence. Elle continua d’exercer son autorité sur la Mésopotamie mais elle n’eut plus de rôle central au sein de la diaspora. L’Exilarque continua d’administrer la communauté mais les geonim perdirent leur magistère religieux puis leur fonction disparut et les yechivot fermèrent leurs portes. En Espagne le califat de Cordoue tombe en 1009 et al-Andalus se morcelle en petits royaumes. Les rois chrétiens établis dans le Nord de l’Espagne en profite pour reconquérir des territoires. En 1085 ils reprennent Tolède, l’ancienne capitale des Wisigoths. Pour contrer l’avancée chrétienne les Arabes andalous font appel aux Almoravides, tribus berbères musulmanes qui, venues du Sahara mauritanien, ont repris le Maghreb aux Fatimides, fondant Marrakech au Maroc, prenant ensuite Fez puis poussant leur emprise jusqu’à Alger. Les Almoravides débarquent en Espagne, stoppent l’avancée des chrétiens mais ne peuvent pas reprendre Tolède. La chute du califat n’empêchera pas l’épanouissement du judaïsme andalou. Il atteindra son âge d’or au milieu du XI siècle avec la figure de Samuel Ibn Nagrela plus connu sous le nom de Samuel Ha-Nagid (993-1055) qui s’illustra à Grenade en dirigeant les armées du roi musulman Habbus. Ce chef de guerre, dirigeant de la communauté juive de Grenade, fut un homme de foi, auteur de traités sur la Halakha mais aussi un artiste auteur de poèmes chantant le vin, l’amour, la guerre ou la mort. D’autres poètes juifs s’inspirèrent de lui, Salomon Ibn Gabirol (1020-1057) plus connu sous le nom latin d’Avicébron, auteur d’un ouvrage philosophique rédigé en arabe, « la source de vie » ou encore Moshe Ibn Ezra (1055-1135) qui édita à la fin de sa vie « Le livre des méditations et des discussions » qui est un livre de louanges à la langue et à la poésie arabes. Mais la guerre entre les musulmans et les chrétiens va dégrader les conditions de vie des Judéens. Les nouveaux maîtres berbères sont en outre beaucoup plus austères et ascétiques que leurs prédécesseurs arabes. Les Juifs perdent leurs responsabilités administratives, la liberté de culte est encore assurée mais leur sécurité devient précaire. Les Juifs fuient devant les Almoravides et vont se réfugier chez les chrétiens, au nord de l’Espagne, où ils seront bien accueillis. Dans le centre de l’ancien empire abbasside les Fatimides gardèrent le pouvoir en Palestine jusqu’en 1073. Les Turcs seldjoukides les remplacèrent mais les Fatimides parvinrent à reprendre les villes côtières de Palestine en 1089 puis Jérusalem en 1098. Le judaïsme palestinien obéit à la Yeshiva de Jérusalem. Mais au XI ème siècle la famine, des épidémies, des tremblements de terre, des mésententes entre les Judéens vont déchirer la communauté. Après l’arrivée des Seldjoukides la Yeshiva de Jérusalem va s’installer à Tyr, sur la côte de l’actuel Liban. Pour les Judéens de Palestine le XI siècle fut un temps de malheurs. En Europe, à la mort de Louis-le-Pieux (814-840) l’Empire bâti par Charlemagne se disloqua. Le traité de Verdun en 843 le partagea entre la Francie orientale (la future Allemagne), la Francie occidentale (la future France) et une région intermédiaire entre les deux Francies que ces dernières se disputèrent ensuite. Un pouvoir fort se développa autour des rois de la Francie orientale grâce à la personnalité d’un homme, Otton-le-Grand (936-973) qui en 962 devint empereur d’un vaste territoire comprenant l’Allemagne actuelle, la Lorraine, une partie de la Belgique et le royaume d’Italie. En 1033 sous le règne de Conrad II le royaume de Bourgogne fut rattaché à l’Empire. Le christianisme est la religion officielle mais les régnants gardèrent le pouvoir sur l’Église en jouant un rôle déterminant dans la désignation des autorités religieuses. Dans ce cadre-là les communautés juives d’Europe, toujours recherchées par les souverains pour leur apport économique purent se développer en toute liberté notamment autour du Rhin (Mayence) et dans le bassin de la Seine (Troyes). Alors que les communautés juives espagnoles se passionnaient pour la poésie, la science et la philosophie tout en s’appuyant pour l’observance des rites religieux sur les décrets des académies babyloniennes, les communautés ashkénazes se distinguèrent par l’étude approfondie de la halakhah tout en affirmant leur autonomie quant aux rituels religieux. Chaque communauté, appelée kahal, promulguait ses propres règlements. Vivant en symbiose avec la société chrétienne tout en gardant leur différence, les Juifs ashkénazes adaptèrent leurs lois religieuses aux valeurs européennes. C’est ainsi qu’ils abolirent la polygamie et interdirent de répudier son épouse sans son consentement (pratiques acceptées dans les communautés juives vivant en territoire musulman). Le rabbin Gershom ben Yehoudah (965-1028) connu sous le nom de « lumière de l’exil » fonda une yeshiva à Mayence dont le plus notable élève fut le rabbin Salomon ben Isaac (1040-1105) plus connu sous le nom de Rachi. En 1065 Rachi revint dans sa ville natale à Troyes où il gagna sa vie en tant que viticulteur. Son œuvre est distinguée pour ses commentaires du Talmud ainsi que pour ses responsa. Les responsa (en hébreu : téchouvoth) sont des réponses écrites rédigées par des experts du Talmud en réponse à des questions concernant la vie pratique. Aujourd’hui encore les responsa sont une source très importante d’inspiration pour les rabbins. En 1484 un éditeur imprima les commentaires de Rachi à côté du texte du Talmud. Depuis lors il n’est pas de Talmud qui ne soit publié sans les commentaires de Rachi. Ainsi a-t-il contribué à maintenir l’unité culturelle de la diaspora juive ashkenaze puis celle de toute la diaspora. Je t’embrasse très fort Samuel, Je pense à toi Sois sûr que je t’aime, Pour toujours,
  10. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    Pour Jaspers cette idée qu'il n'y a pas de pensée véritable sans qu'on n'ose aller jusqu'aux confins de ce qui fait l'homme, c'est-à-dire sa raison, et que l'on essaye de voir les méandres de cette raison, voire ce qu'elle devient lorsqu'elle vole en éclats, c'est quelque chose qui est central dans sa pensée. Pour lui on ne peut aborder l'existence si on ne mène pas cette expérience. Ceci permet, pour les lecteurs, de bien faire comprendre combien la rationalité doit se comprendre comme une construction. Non pas comme quelque chose qui est acquis, donné. La raison est une donnée qui nous est livrée dès notre naissance, mais c'est une construction qui est le produit d'une histoire, celle de notre culture. Et pour Jaspers tenter de prendre en charge, non pas forcément de connaître, notre existence exige, en tout cas c'est une nécessité pour le philosophe, de prendre la rationalité comme le fruit d'une construction, que donc au travers de l'expérience de la folie on la déconstruise, de façon que l'ayant déconstruite, on s'attache alors à la reconstruire. Il y a là comme un double mouvement déconstruction–reconstruction de la rationalité et c'est ce travail qu'il assigne à la philosophie, qu'il va essayer de conduire lui-même, qui lui permettra non pas d'embrasser l'existence comme totalité, idée tout à fait contraire à Jaspers, mais de prendre en charge chacun d'entre nous notre propre existence et d'en voir à la fois la fragilité, puisqu'elle risque d'éclater, et de l'autre côté avec ce qu'elle peut conserver de force et de mystère. Nous sommes ici dans une pensée un peu comme Kierkegaard où l'idée d'un noyau dur, impénétrable, c'est-à-dire dans laquelle la pensée purement logique, la pensée philosophique et encore moins la pensée scientifique peut pénétrer. Nous sommes, aussi bien avec Kierkegaard, Jaspers que Gabriel Marcel, probablement liés au fait que ce sont des pensées qui posent Dieu et qui essaient de relier de toutes les façons l'existant à Dieu, dans des pensées du mystère. Il y a un mystère de l'existence, n'essayons pas de l'éclairer mais au contraire nourrissons nous de ce mystère, car c'est ce mystère qui fait de chaque existence quelque chose d'unique, quelque chose que nous éprouvons, qui se donne à vivre et, il faut souhaiter, que nous ayons envie de vivre. Si nous arrivions à faire totalement la lumière sur ce mystère, pour quelqu'un comme Jaspers, l'existence perdrait son sens et nous serions tous dans le risque de devenir mélancolique pour reprendre le terme de Kierkegaard. Il faut donc mettre à l'épreuve cette existence, lui faire subir des pressions, au risque de l'éclater. Et pour Jaspers la philosophie ne doit pas s'installer dans une seule forme de rationalité mais doit varier justement les éclairages. On peut dire que l'œuvre de Jaspers montre assez bien cette variété d'éclairage posée sur l'existence.
  11. satinvelours

    Nietzsche et les nazis

    A l’attention de ceux qui encensent Nietzsche Généalogie de la morale : « Abordons notre conclusion. Les deux valeurs opposées « bon et mauvais », « bon et méchant » ont combattu un dur combat des millénaires durant sur terre… Il ne manque pas d’endroits maintenant encore où le combat continue dans l’incertitude...Le symbole de ce combat s’appelle Rome contre la Judée, la Judée contre Rome. Rome sentait dans le Juif quelque chose comme la contre-nature même, en quelque sorte le monstre qui lui était diamétralement opposé ; à Rome le Juif passait pour convaincu de haine contre tout le genre humain avec raison pour autant qu’on ait raison de lier le salut et l’avenir du genre humain à la domination inconditionnelle des valeurs aristocratiques, des valeurs romaines. Les Romains furent les forts et les nobles...A l’inverse les Juifs étaient ce peuple sacerdotal du ressentiment par excellence… quel peuple a vaincu provisoirement , Rome ou la Judée ? » Bon j’arrête là parce que c’est un incroyable délire ce qui suit. C’est d’autant plus délirant que le combat entre Rome et la Judée ne fut pas un combat religieux mais un combat politique, la Judée revendiquant son indépendance devant l’occupant romain. Le religieux ne fut jamais présent comme motif de haine au temps des Grecs et des Romains. C’est Nietzsche qui délire, tout cela parce qu’il a la haine du christianisme dont il rend responsable les Juifs ! (Paul, Pierre, Marie, Jésus). Que je sache les Juifs n’ont pas converti de force les païens au christianisme, ce sont les païens qui se sont soumis au christianisme.
  12. satinvelours

    Mes choix

  13. satinvelours

    Lettres à Samuel

    Paris, le 12 février 2019 Bon anniversaire Samuel, Quinze ans déjà, un immense chemin parcouru depuis tes dix ans lorsque tu rencontras Nicole et moi. Tu étais alors un tel rebelle que nul ne pensait que tu aurais pu entrer en sixième. Nous avons deviné que ta marginalité de l’époque masquait un esprit original et créatif. Nous t’avons transmis nos savoirs. Tu es venu à nous et nous avons compris ce que tu attendais de nous. Et nous te transmettons aussi notre amour. Aujourd’hui tu étudies à New-York, en septembre tu continueras tes études à Moscou. Tel les Radhanites tu sillonnes le monde, tu connais déjà quatre langues, le français, l’anglais, le russe et l’espagnol. Qui sait si, après Moscou, tu n’iras pas étudier ailleurs. Ton avenir reste ouvert. Tu excelles en maths, tu excelles en tout. Cela grâce à ton tempérament actif qui te pousse à toujours progresser. Garde cette exigence elle te portera au plus haut. Tu fais des rencontres qui toujours te permettent d’aller plus loin. Tu nous a rencontrés à Paris, tu as rencontré Zak à Harlem, il t’a appris la musique comme les Noirs savent y accéder sans le secours du solfège. A Moscou tu as rencontré le maître de danse sur la place Rouge, il t’a intégré au Bolchoï pour septembre, le Bolchoï, le temple de la danse où tu vas apprendre à manier le sabre que je t’envoyais dans ton sommeil éveillé pour te permettre de vaincre les ombres. Il existe une réalité, dont nul ne sait rien, qui te pilote. N’oublie pas que les rencontres que tu fais tu ne les décides pas. Le mystère des rencontres est un mystère piloté par un Autre. Exploreras-tu demain les forêts de Sibérie, y rencontreras-tu la Fée ? Garderas-tu un œil sur la voûte céleste pour y vérifier que Jupiter est toujours là pour toi ? Va ton chemin Samuel, les dieux, les esprits des ancêtres, veillent sur toi. Je t’aime.
  14. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    Qu'est-ce donc que l'englobant ? L'englobant chez Jaspers est cette « totalité » à jamais achevée, c'est la réconciliation de deux choses nécessaires à notre pensée : d'une part l'existence d'un sujet qui pense, et de l'autre côté un objet qui s'offre à cette pensée. Toute la philosophie de Jaspers commence par l'idée d'une scission nécessaire. Il rappelle que depuis Platon penser revient en effet à se donner ou à poser un objet qui est nécessairement autre, différent de notre pensée et la pensée ne va pouvoir s'effectuer, c'est-à-dire accomplir sa tâche de pensée, qu'en se saisissant de cet objet et en s'opposant à lui. On appelle donc pensée analytique la pensée occidentale qui ne peut procéder que par division successive sujet-objet. Mais tout se passe comme si Jaspers nous faisait comprendre qu'on ne peut diviser qu'à partir d'une unité préconstituée. C'est-à-dire si je dois diviser c'est que nécessairement j'ai à ma disposition quelque chose qui ne l'est pas encore. Il nous faut admettre que préside à la pensée analytique, celle qui va diviser en sujet-objet, les choses pour pouvoir penser, puis ensuite construire des catégories de pensées différentes et précises, que préside à cette pensée quelque chose qui est un et qui un peu comme un horizon, ce que Heidegger appelle l'horizon de toute pensée, l'être, permettrait cette pensée et que Jaspers va nommer comme étant l'englobant. L'intérêt de l'englobant et cette tâche aveugle de la pensée, nécessaire à ce mouvement de la pensée et néanmoins jamais pensable en tant que telle. Il y a dans le terme englober l'idée que l'on va rassembler quelque chose et maintenir ces choses, néanmoins distinctes, ensemble et les protégeant d'autres choses. C'est cette dimension chaleureuse et véritablement humaine qui va caractériser la pensée de Jaspers. Cette pensée de l’englobant est centrale dans la pensée de Jaspers. Au travers de cette idée d'un englobant, pour Jaspers la tâche véritable de la pensée qui se confond avec la philosophie est paradoxale, cela explique qu’il va entrer lui aussi dans le champ philosophique et d’une façon paradoxale, puisqu'il s'agit de malmener la pensée, c'est-à-dire de la confronter sans cesse à ses propres limites. Ses propres limites qui sont, dans la philosophie occidentale, dans la culture occidentale, celles de la raison. Malmener la pensée, la confronter à ses limites c'est la confronter aux limites de la raison, de la rationalité et de ce point de vue là il faut se rappeler une chose, c’est la formation de médecin puis de psychiatre de Jaspers. Il a une expérience professionnelle de ce qu'on appelle la folie, plus exactement la maladie mentale dont on peut considérer qu'elle représente une brèche dans la raison, et, de l'autre côté, cette expérience là l'amènera à travailler sur certains auteurs qui ont été frappés par la folie, Strindberg, Van Gogh, Swedenborg et Hölderlin, quatre créateurs dont on sait qu'ils ont sombré un moment, parfois très jeunes pour certains, dans la folie en général, dans la schizophrénie puisque le diagnostic commun à ces quatre penseurs et créateurs c'est le diagnostic de schizophrénie.
  15. satinvelours

    Théorie de la relativité : éléments

    Il est nécessaire d’abord d’évacuer cette question du ton professoral. J’utilise le forum comme un instrument, une sorte de miroir. Je ne cherche donc pas le contact humain (sauf exception, comme le tour que prend par exemple notre dialogue). Avec le forum comme scène privée je fais des allers retours avec moi-même, la scène publique, celle que je vis en réel, étant d’une autre nature. Bien sûr aucun objet physique n’est directement accessible. C’est la question de la chose en soi. Les sens captent les effets des objets réels, pas les objets eux-mêmes. Néanmoins tout commence par la perception sensible et tout y revient. Nous ne nous interrogeons pas sans cesse sur « mais qu’est-ce que je perçois? » Quand l’enfant naît nous le prenons d’abord dans nos bras et nous le prenons tel qu’il est sans penser qu’il pourrait n’être qu’un effet. C’est qu’il s’agit de vivre aussi, d’aimer, d’éprouver de la joie, du plaisir, etc. Je fais la différence entre l’objet perçu et l’objet conçu. C’est pour moi nécessaire. Je ne peux pas mettre sur le même plan l’espace-temps qui est un objet conçu par moi (par les hommes) et le sol que je foule qui est peut-être interprété par moi (en tant qu’être humain) comme étant un sol mais qui s’impose aussi à moi comme étant un sol. Je dois tenir les choses que je perçois pour des objets réels, sinon je ne vis pas longtemps et j’ai tôt fait de mourir dans le premier incident venu. Je peux réfuter l’existence de l’espace-temps je ne peux pas réfuter le sol sur lequel je marche. Il en va de l’espace-temps comme il en va de Dieu, ce sont des êtres conçus par les hommes. Cela ne signifie pas qu’ils sont des néants. Cela signifie qu’ils désignent autre chose que ce que l’on finit par croire qu’ils signifient, que ces êtres sont eux-mêmes des messagers de quelque chose d’autre que je ne perçois pas, ni que je puisse intellectualiser. Pour la relativité j’avance lentement. Je vois qu’Einstein, en1905 pour démontrer la désynchronisation des horloges utilise une quantité formée par la somme de la vitesse de la lumière et de celle du référentiel sont il s’agit. Pour moi ça ne va pas, c’est incohérent. Il est impossible d’additionner ces vitesses si je tiens pour vrai la théorie de la relativité. Je vois ensuite qu’il écrit que le rythme des horloges est une fonction du mouvement relatif du référentiel sur lequel elles se trouvent. Pour moi ça ne va pas. C’est insensé. Cela rentre en contradiction avec le principe de relativité. Quelque chose cloche. Je sais, je suis en train de contester Dieu. Et bien oui Jacob se bat aussi contre l’Ange, il ne se satisfait pas de lui lécher les pieds. Il est vrai que cela n’a pas vraiment d’importance finalement. Mais il me fallait étudier de près ces nouveaux prophètes devant lesquels les masses d’aujourd’hui s’agenouillent. Ces nouveaux prophètes ne sont que des hommes, ils avancent sans comprendre ce qui se passe. Ils nous donnent des moyens d’action sur le réel (celui qui s’impose à nous) [c’est pour ça que nous les admirons ils contribuent à notre jouissance terrestre!] mais ils ne nous éclairent pas le moins du monde sur la réalité des choses.
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