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satinvelours

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  1. Romance de la pena negra A José Navarro Pardo Las piquetas de los gallos cavan buscando la aurora, cuando por el monte oscuro baja Soledad Montoya. Cobre amarillo, su carne, huele a caballo y a sombra. Yunques ahumados sus pechos, gimen canciones redondas. Soledad, ¿por quién preguntas sin compaña y a estas horas? Pregunte por quien pregunte, dime: ¿a ti qué se te importa? Vengo a buscar lo que busco, mi alegría y mi persona. Soledad de mis pesares, caballo que se desboca, al fin encuentra la mar y se lo tragan las olas. No me recuerdes el mar, que la pena negra, brota en las tierras de aceituna bajo el rumor de las hojas. ¡Soledad, qué pena tienes! ¡Qué pena tan lastimosa! Lloras zumo de limón agrio de espera y de boca. ¡Qué pena tan grande! Corro mi casa como una loca, mis dos trenzas por el suelo, de la cocina a la alcoba. ¡Qué pena! Me estoy poniendo de azabache carne y ropa. ¡Ay, mis camisas de hilo! ¡Ay, mis muslos de amapola! Soledad: lava tu cuerpo con agua de las alondras, y deja tu corazón en paz, Soledad Montoya. * Por abajo canta el río: volante de cielo y hojas. Con flores de calabaza, la nueva luz se corona. ¡Oh pena de los gitanos! Pena limpia y siempre sola. ¡Oh pena de cauce oculto y madrugada remota! Traduction André Belamich Romance de la peine noire Les pics sonores des coqs font une brèche à l’aurore, quand de la colline sombre descend Soledad Montoya. Cuivre jaune, tout son corps fleure la cavale et l’ombre. Ses seins, enclumes noircies, gémissent des chansons rondes. Soledad, qui cherches-tu, solitaire, au point du jour ? Que je cherche qui je cherche, dis-moi si cela t’importe ! Je cours après un seul but, mon bonheur et ma raison. Soledad de mes chagrins, la cavale qui s’emporte finit par trouver la mer et les vagues la dévorent. Ne parle pas de la mer, car la peine noire pousse dans la terre aux oliviers sous la rumeur de leurs branches. Soledad, quelle pitié ! Quelle peine désolante ! Tu as des pleurs de citron, aigres de lèvre et d’attente. Quelle peine ! Je traverse ma maison comme une folle, mes cheveux traînant par terre de la cuisine à l’alcôve. Une peine qui rend comme du jais ma chair et ma robe. Ah, mes chemises de fil ! Ah, mes cuisses de pavot ! Dans la source aux alouettes, Soledad, lave ton corps, et puis laisse reposer ton cœur, Soledad Montoya. * Tout en bas chante un ruisseau, volant de ciel et de feuilles. Des fleurs de la calebasse se couronne le jour neuf. O la peine des gitans ! Peine pure et solitaire. Peine de rive secrète et de matinée lointaine ! Dans ce poème sont rassemblés tous les thèmes de prédilection de Lorca : gitans, chevaux, mer, tristesse. Le peuple gitan devient un symbole, il symbolise tous les opprimés, tous les marginalisés et à travers lui toute l’Andalousie profonde et oubliée. Le cheval c’est la passion, la mer c’est très souvent la mort, le noir est associé au deuil à la douleur il anticipe aussi souvent la mort. Quant à Soledad, elle est la condamnation inexpliquée, permanente, rigoureuse des personnes marginalisées. Pourtant elle a tout, elle est belle, elle est jeune – sa poitrine, ses cuisses, la couleur de sa peau – et malgré cela cette plénitude est condamnée à la solitude. José Carlos Aranda.
  2. Gabriel Marcel ou l’existence comme corporéité « Le monde cassé » Il y a une sorte de paradoxes à qualifier Gabriel Marcel de « philosophie existentialiste » étant donné que dans l’avant-propos du Mystère de l’Etre, il récuse cette étiquette dont il a été affublé. « C’est bien sous le signe de Socrate et de Platon que l’auteur tient à placer ce livre, ne serait-ce que pour protester contre les déplorables confusions auxquelles a donné lieu dans son cas l’affreux vocabulaire d’existentialisme », lui préférant celle « néo-socratisme » ou encore, de « socratisme chrétien ». Socratisme en raison de la mise en acte d’une pensée qui essaie de se réfléchir, de se ressaisir (« connais-toi toi-même ») ; mais aussi en raison d’une pensée vivante et non pas une pensée arbitraire, ni une pensée systématique. Et l’on retrouve ici un trait qui semble avoir été partagé par l’ensemble des penseurs de l’existence, jusqu’à Sartre et Camus pour lesquels la pensée est vie et la vie engagement. Une pensée, donc, à l’épreuve de la vie qui constitue ainsi le fragment de toute existence. Socratisme chrétien, si l’on songe à la place que tient la foi dans l’œuvre et la pensée de Gabriel Marcel et qui seule peut redonner cohésion, cohérence, espoir et sens à un monde « cassé ». Ce thème du « monde cassé », qui occupe toute la deuxième leçon du Mystère de l’Etre, est l’un des thèmes les plus anciens dans la pensée de Gabriel Marcel puisqu’on le trouve développé dans son œuvre théâtrale dont il écrit ceci : « Mon théâtre, c’est le théâtre de l’âme en exil qui souffre du manque de communion avec elle-même et avec les autres ». Ce monde cassé est le monde déshumanisé ou règnent en maîtres sciences et techniques, qui n’ont plus d’autre finalité qu’elles-mêmes, faisant de l’homme un accessoire, un appendice de leur développement. Penser au thème de « l’oubli de l’Etre » cher à Heidegger. Seule la foi nous ouvre à quelque chose qui tout à la fois nous appelle et nous dépasse, mais dans lequel nous forgeons notre humanité. A l’homme déchu – marqué du sceau de la faute, ouvert au mal comme étant la tentation permanente – Gabriel Marcel oppose l’humanité à construire et qui ne peut se construire qu’au travers de la foi. La foi est ce qui, nous ouvrant à cette cette autre absolu qu’est Dieu, nous ouvre nécessairement à l’autre, à tous les autres, à autrui. La foi est donc non seulement croyance en l’existence de Dieu, mais elle est surtout présence, présence de Dieu et présence de Dieu dans l’autre. Il y a en l’homme, pour reprendre une expression chère à Gabriel Marcel, « une conscience de participer ensemble à une certaine aventure unique, à un certain mystère central et indivisible » qui fait que toute vie se dépasse en existence et que toute existence participe à la destinée humaine. C’est cette destinée humaine que Gabriel Marcel entreprend de faire apparaître dans ce qu’elle enferme de lumière mais aussi de ténèbres. Par la pensée l’homme est voué à la tâche d’exister, il est promu à l’existence.
  3. Précieuse, la petite gitane de Lorca : Preciosa en el aire, cité ci-dessus, tire son nom d’un poème de Cervantes qu’il ma paru intéressant de faire figurer ici. Cuando Preciosa el panderete toca y hiere el dulce son los aires vanos, perlas son que derrama con las manos; flores son que despide de la boca. Suspensa el alma, y la cordura loca, queda a los dulces actos sobrehumanos, que, de limpios, de honestos y de sanos, su fama al cielo levantado toca. Colgadas del menor de sus cabellos mil almas lleva, y a sus plantas tiene Amor rendidas una y otra flecha. Ciega y alumbra con sus soles bellos, su imperio Amor por ellos le mantiene, y aún más grandezas de su ser sospecha. Traduction : Jean Carnavaggio Lorsque précieuse touche son tambourin, Et que l’aimable son frappe les airs légers, Ce sont des perles qu’elle répand de sa main, Et d’odorantes fleurs qui tombent de ses lèvres. L’âme reste en suspens, la sagesse défaille À la surnaturelle douceur de son jeu, Dont les purs accents, si chastes et si honnêtes, Portent sa renommée au plus haut des cieux. À jamais suspendues à son moindre cheveu, Elle entraîne mille âmes, pendant qu’à ses pieds Amour vient déposer l’hommage de ses flèches. Le soleil de ses yeux aveugle et illumine, Amour, par leur vertu, assure son empire Et laisse deviner de plus puissants prodiges.
  4. Deux interprétations pour illustrer Preciosa y el aire
  5. Preciosa y el aire A Dámaso Alonso Su luna de pergamino Preciosa tocando viene por un anfibio sendero de cristales y laureles. El silencio sin estrellas, huyendo del sonsonete, cae donde el mar bate y canta su noche llena de peces. En los picos de la sierra los carabineros duermen guardando las blancas torres donde viven los ingleses. Y los gitanos del agua levantan por distraerse, glorietas de caracolas y ramas de pino verde. * Su luna de pergamino Preciosa tocando viene. Al verla se ha levantado el viento que nunca duerme. San Cristobalón desnudo, lleno de lenguas celestes, mira la niña tocando una dulce gaita ausente. Niña, deja que levante tu vestido para verte. Abre en mis dedos antiguos la rosa azul de tu vientre. * Preciosa tira el pandero y corre sin detenerse. El viento—hombrón la persigue con una espada caliente. Frunce su rumor el mar. Los olivos palidecen. Cantan las flautas de umbría y el liso gong de la nieve. ¡Preciosa, corre, Preciosa, que te coge el viento verde! ¡Preciosa, corre, Preciosa! ¡Míralo por dónde viene! Sátiro de estrellas bajas con sus lenguas relucientes. * Preciosa, llena de miedo, entra en la casa que tiene, más arriba de los pinos, el cónsul de los ingleses. Asustados por los gritos tres carabineros vienen, sus negras capas ceñidas y los gorros en las sienes. El inglés da a la gitana un vaso de tibia leche, y una copa de ginebra que Preciosa no se bebe. Y mientras cuenta, llorando, su aventura a aquella gente, en las tejas de pizarra el viento, furioso, muerde. Traduction : André Belamich Précieuse et le vent De la lune en parchemin, par un hybride sentier de laurier et de cristal, Précieuse s’en vient à jouer. Le silence sans étoiles,p pour fuir ce tintement tombe où la mer se brise et chante sa nuit pleine de poissons. Sur les pics de la montagne dorment les carabiniers qui gardent les blanches tours où demeurent les Anglais. Et les gitans du rivage élèvent pour se distraire des berceaux de coquillages et des branches de pin vert. * De sa lune en parchemin Précieuse s’en vient jouer. À sa vue le vent se lève, car jamais il ne sommeille. Gros saint Christophe tout nu et plein de célestes langues, il la regarde en jouant d’une douce flûte absente. Dis, laisse-moi relever ta robe pour voir ton corps. Ouvre entre mes doigts anciens la rose bleue de ton ventre. Lâchant son tambour, Précieuse prend la fuite à toutes jambes. Le vent mâle la poursuit avec une épée brûlante. La mer fronce sa rumeur. Pâlissent les oliviers. Les flûtes de l’ombre chantent, et le gong lisse des neiges. Précieuse, cours vite, vite, le vent vert va t’attraper ! Précieuse, cours vite, vite, regarde-le arriver, satyre d’étoiles basses aux mille langues lustrées ! * Précieuse, morte de peur, est allée se réfugier, au-dessus de la pinède, chez le consul des Anglais. Alarmés par ses appels, viennent trois carabiniers serrés dans leurs cape noire, le calot bien enfoncé. L’ Anglais donne à la gitane une tasse de lait tiède avec un verre de gin qu’elle laisse de côté. Et tandis qu’elle raconte son aventure en pleurant, le vent sur le toit d’ardoises plante, furieux, les dents. Précieuse, la petite gitane doit son nom, son tambourin et la présence de saint Christophe à la Gitanilla de Cervantes. L’hagiographie subit ici une déviation très irrévérencieuse mais le vent, qui jamais ne dort, y gagne en revanche une corporéité charnue et une sensualité de satyre diabolique. Aguilar. Poésies II.
  6. Gacela del amor imprevisto Nadie comprendía el perfume de la oscura magnolia de tu vientre. Nadie sabía que martirizabas un colibrí de amor entre los dientes. Mil caballitos persas se dormían en la plaza con luna de tu frente, mientras que yo enlazaba cuatro noches tu cintura, enemiga de la nieve. Entre yeso y jazmines, tu mirada era un pálido ramo de simientes. Yo busqué, para darte, por mi pecho las letras de marfil que dicen siempre, siempre, siempre: jardín de mi agonía, tu cuerpo fugitivo para siempre, la sangre de tus venas en mi boca, tu boca ya sin luz para mi muerte. Traduction : Claude Couffon et Bernard Sesé Gacela de l’amour imprévu Nul ne comprenait le parfum du magnolia sombre de ton ventre. Nul ne savait que tu martyrisais un colibri d’amour entre tes dents. Mille petits chevaux perses s’endormaient sur la place baignée de lune de ton front, tandis que moi, quatre nuits, j’enlaçais ta taille, ennemie de la neige. Entre plâtre et jasmins, ton regard était un bouquet pâle de semences. Dans mon cœur je cherchais pour te donner les lettres d’ivoire qui disent toujours, toujours, toujours : jardin de mon agonie, ton corps fugitif pour toujours, le sang de tes veines dans ma bouche, ta bouche sans lumière déjà pour ma mort. « Le Diván del Tamarit est un recueil de poèmes intitulés « Gacelas et casidas » en hommage aux poètes arabes de Grenade. Bien qu’il soit possible que l’idée ait été développée à l’avance, c’est en 1934 que la première mention du livre, en tant que projet, est disponible. En 1934, l’Université de Grenade commence le processus d’impression par un prologue écrit par Emilio García Gómez, une édition publiée à titre posthume en 1940 à Buenos Aires. On appelle casida en arabe tout poème assez long doté d’une certaine architecture interne. Gacela - utilisée principalement dans les paroles persanes- est un court poème de préférence érotique. » Autre interprétation, tout à fait différente, de ce poème
  7. Ce gouffre pour une parole qui n'est pas évidente, penser à Parménide et Héraclite, n'a rien d'étonnant. Cette parole nous dérobe des significations, ce qui veut dire que ce qui est à chercher est ailleurs. Soit nous refermons nos livres, et si nous ne les refermons pas nous sommes transformés de facto en herméneutes c'est-à-dire des gens qui ne sont pas des récipiendaires d'un sens, ce sens n’est pas préfixé, mais sont les artisans de ce sens. Cesser de faire de la réception de quelque chose, quelque chose de passif. Recevoir quelque chose a un sens. La réception est dynamique. Dans l'acceptation qui est la mienne de la chose que je reçois, je dis dans ma façon de recevoir tout un rapport au monde. Par ma façon de recevoir je reconfigure les choses. Nous ne sommes pas dans la pure passivité. Recevoir un sens indique une structure intime, profonde, la mienne, de quel sillon je suis intérieurement traversé, pour savoir quel sens se dépose dans ce sillon, décante de telle façon et voir ensuite ce qu'il va faire dans ma chair parce que cela va au plus profond de mon corps. Cette chair, dont Merleau-Ponty parlera, agit comme quelque chose qui décante. C'est un peu métaphorique. C'est aussi l'idée chez Jaspers et c'était encore plus évident chez Gabriel Marcel "De l'usage pmermanent de la métaphore". Certains philosophes, dans la ligne très universitaire, se sont récriés en disant quand on fait de la philosophie on renonce à la métaphore. Ce sont deux stratégies. Nietzsche dit que l'on commence à faire de la philosophie quand on entre dans la métaphore. Méraphorer c'est se déplacer de côté, une sorte de translation. On veut dire quelque chose mais on ne le dit pas frontalement, on se déplace dans autre chose, on le dit latéralement. C'est ce rapport entre la chose latérale et la chose que l'on n’a pas nommée, dont on n'a rien dit directement, c'est ce rapport indirect qui travaille la signification par du sens. La métaphore, le recours à cette translation de la pensée, dit quelque chose et ce quelque chose fait partie intégrante du sens. Le langage n'est jamais neutre. La forme est indissociable du fond. Je ne dis pas la même chose quand je recours à la métaphore que quand j'essaie de conceptualiser, de rester dans ce que Hegel appelait la pureté du concept.
  8. Merci de rappeler la célèbre berceuse " Duerme, negrito " interprétée par l’incomparable Atahualpa Yupanqui. J'aime aussi celle de Mercedes Sosa, que je propose ici, différente bien sûr, mais très belle aussi.
  9. Ce sont précisément ces situations limites (souffrance–mort–culpabilité) qui nous révèlent l'existence comme tâche à accomplir. Cette transcendance de l'homme Jaspers la voit également dans le langage et dans la recherche du sens qui pourrait se définir comme l'au-delà de la signification. Le langage ne s'épuise jamais simplement dans la signification. Ce que j'ai dit a une signification, mais la signification de ce que je dis a un sens. Et ce sens il incombe de le dégager systématiquement. Donc il n'y a pas un mot, il n'y a pas un acte, il n'y a pas une pensée, dans la mesure où la pensée se sert du langage, qui fabriquent de la signification et au-delà de la signification qui libèrent un et, en général, plusieurs sens possibles. La dernière philosophie de Jaspers est une philosophie qui s'attache à la méditation du langage car le langage est un moyen, un vecteur riche pour exprimer cette ouverture, cette transcendance qui est la nôtre, donc cette transcendance de l'homme. D'où l'intérêt de Jaspers pour la poésie et particulièrement une poésie dite hermétique, telle d'un Hölderlin par exemple. L'instance du religieux est l'instance qui nous rappelle que nous sommes des êtres voués au sens, rien n'est plus mortifère que le non-sens, très grand thème camusien, la déréliction, la perte du sens qui conduit au suicide philosophique. La recherche d'un sens de l'existence humaine, non pas forcément de la sienne propre, et en même temps l'impossibilité de la trouver d'une façon ou d'une autre peut conduire au suicide : deux attitude philosophiques pour Camus, le suicide, la révolte. Nous sommes voués à cette recherche du sens. Nous tenons uniquement par du sens. Dès que nous pouvons conférer un sens à quelque chose, nous pouvons surmonter les choses les plus insupportables. L'histoire en est une preuve permanente. Encore faut-il que nous puissions frayer cette loi du sens. Le religieux d'une façon générale nous a accoutumé à cela. Ce qui se donne au travers du religieux c'est précisément la recherche d'un sens à trouver c'est-à-dire que la parole divine est moins signification que sens, et nous devons tout le temps y revenir pour faire jaillir un autre sens, des sens nouveaux qui vont travailler les sens plus anciens. C'est l'herméneutique. Parce que nous sommes dans une ère postindustrielle nous sommes assujettis à la technique, la production. Nous gérons la planète comme une marchandise, et ceci est incompatible avec une recherche du sens que nous avons laissé dépérir, s'enfermer dans les limites du religieux et que nous ne comprenons plus. En dehors du religieux le domaine particulier où nous avons affaire au sens c'est le domaine de la poésie. Pour Jaspers, Gabriel Marcel, Heidegger, la poésie, la parole poétique est la parole du surgissement, la parole où un sens advient à l'être. Et toute la poésie est recherche de cela. A partir du moment où l'on a cette conception du poétique, forme un peu mystique, alors on peut parfaitement s'accommoder d'une relative obscurité.
  10. Cancion de cuna para Mercedes muerta Ya te vemos dormida. Tu barca es de madera por la orilla. Blanca princesa de nunca. ¡Duerme por la noche oscura! Cuerpo de tierra y de nieve. Duerme por el alba, ¡duerme! Ya te alejas dormida. ¡Tu barca es bruma, sueño, por la orilla! Traduction : André Belamich Berceuse pour Mercédès morte Te voici donc endormie avec ta barque de bois au bord de la rive, blanche princesse de jamais ! Dors dans la nuit profonde, corps de terre et de neige ! Dors dans la blancheur de l’aube ! Dors ! Et voici que tu t’éloignes endormie sur ta barque de brume et de songe le long de la rive ! La voix épurée de Marta Gómez pour la berceuse...
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