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satinvelours

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  1. Lettre 60-9 15 janvier 2020, Samuel, XVII siècle Evolution générale en Europe H) La France de 1661 à la fin du siècle b) La politique extérieure de Louis XIV 1) L’administration de l’armée La réforme de l’armée fut organisée par Michel le Tellier puis par son fils Louvois. Elle consista à écarter les officiers qui achetaient leur droit au commandement par des officiers directement nommés par le roi. L’administration militaire fut confiée à des fonctionnaires contrôlés par l’État. Le service de santé fut amélioré par la création d’hôpitaux fixes dans les places fortes et d’hôpitaux ambulants (ou ambulances) qui suivaient les militaires lors des campagnes. Pour recevoir les mutilés de guerre le Roi fit élever l’Hôtel des Invalides. Enfin l’armée devint permanente. Elle était dirigée au sommet par la Maison militaire du Roi dont les chefs appartenaient aux plus grandes familles de France. L’armée était composée d’une cavalerie légère, d’une infanterie équipée de fusils à baïonnette, imaginés par Vauban, ce qui permit de réunir l’arme à feu à l’arme blanche. Certains fantassins tiraient des grenades : ce furent les grenadiers. Louvois créa des compagnies de canonniers et de bombardiers (bombarde : machine de guerre qui, à l'aide de cordes et de ressorts, servait à lancer des projectiles). Comme les guerres menées par Louis XIV étaient des guerres de siège elles nécessitèrent un nombre important d’officiers de génie, appelés ingénieurs (affectés aux constructions de fortifications, de routes, de ponts…). Leur chef Vauban inventa un nouveau système de fortifications qu’il appliqua en France à trois cents places et qui fut adopté par toute l’Europe. Grâce à une population importante, près de 21 millions d’ habitants, Louis XIV disposa d’une armée qui compta jusqu’à 300 000 hommes. Face à cette puissance démographique les autres pays étaient moins bien lotis : 5 millions d’habitants pour l’Angleterre seule (hors pays de Galles), 15 millions pour le Saint Empire, 2,5 millions pour les Provinces-Unies. 2 ) Première guerre menée par Louis XIV : La guerre de Dévolution 1667-1668. Quand Philippe IV le Roi d’Espagne mourut en 1665, son fils Charles II (à ne pas confondre avec Charles II d’Angleterre) lui succéda. Comme il n’avait que quatre ans il fut placé sous la tutelle de sa mère Marianne d’Autriche. Louis XIV revendiqua aussitôt des droits sur la succession de la maison d’Espagne en s’appuyant sur les droits de sa femme Marie-Thérèse, fille aînée de Philippe IV. Cette dernière avait renoncé à ses droits sur la succession en échange du versement d’une dot qui ne fut jamais payée. C’est en prétextant ce non-paiement que Louis XIV décida de s’attaquer aux Pays-Bas espagnols et à la Franche-Comté, possession espagnole. Turenne et Condé occupèrent l’un, une partie de la Flandre, l’autre la Franche-Comté. L’invasion française inquiéta les Provinces-Unies. Elles étaient à ce moment-là alliées avec la France dans la guerre contre l’Angleterre appelée par les historiens : la deuxième guerre anglo-néerlandaise (voir lettre 60-7). Elles se désengagèrent rapidement de cette guerre en signant le traité de Breda en 1667 (voir même lettre) et en s’engageant en 1668 dans la Triple-Alliance de la Haye où elle s’associèrent avec l’Angleterre et la Suède pour contrer l’ambition du Roi de France. Devant la menace constituée par cette alliance Louis XIV préféra temporiser et signer en 1668 le Traité d’Aix-la-Chapelle. Il se contenta d’annexer une dizaine de villes espagnoles (dont certaines étaient restées possession du Roi d’Espagne lors de l’annexion de l’Artois en 1659, lettre 60-4) dont Lille, Douai et Charleroi. Il restitua la Franche-Comté à l’Espagne. 3 ) Deuxième guerre : la guerre de Hollande 1672-1678 Louis XIV résolut de soumettre les Provinces-Unies seules capables de le contrer dans ses ambitions. A cet effet il préféra annexer les villes espagnoles citées ci-dessus, plutôt que la Franche-Comté, afin d’ouvrir une voie terrestre vers l’invasion des Provinces-Unies. Colbert le poussait aussi à mener cette guerre car il voulait briser le monopole commercial des Provinces sur les mers. Le Roi cassa d’abord l’unité de la Triple-Alliance de la Haye. Il signa en 1670 un traité d’alliance secret avec Charles II d’Angleterre (lettre 60-7) puis il obtint le soutien du roi de Suède Charles XI en lui versant une rente annuelle. Louis XIV et Charles II d’Angleterre lancèrent l’attaque contre la Hollande en 1672. Les troupes françaises brisèrent la résistance des Hollandais, complètement débordés. Ces derniers, acculés, ouvrirent les écluses et crevèrent les digues, inondant leurs terres et mettant la mer entre eux et les envahisseurs. Louis XIV dut reculer. La même année Guillaume d’Orange prit la direction de la république des Provinces-Unies. Les États allemands de Brandebourg (dirigé par Frédéric) et d’Autriche (dirigé par Léopold 1er qui était également Empereur du Saint Empire) entrèrent en guerre contre le Roi de France, déportant la guerre en Allemagne. Les Impériaux envahirent l’Alsace. Les armées françaises toujours dirigées par Turenne et Condé repoussèrent les Allemands. A leur tour le Duc de Lorraine et le Roi d’Espagne rentrèrent en guerre contre la France. Les Français renversèrent leurs adversaires et occupèrent la Franche-Comté. En 1674 le parlement anglais opposé à cette guerre força le Roi Charles II à signer la paix de Westminster (lettre 60-7). Louis XIV se retrouva seul. En 1675 la Suède rentra en guerre du côté de la France. Elle attaqua le Brandebourg, le prenant ainsi à revers. Pour contrer les ambitions de son voisin le Danemark entra en guerre contre la Suède. Celle-ci céda. La Scanie et la Poméranie occidentale furent occupées (voir carte lettre 60-5). En Allemagne la guerre s’enlisa. Turenne y fut tué et Condé, usé, prit sa retraite. En 1676 les Français consolidèrent leurs positions en Artois et en Flandre. Mais ils ne pouvaient toujours pas envahir les Provinces-Unies. En 1677 Marie, la fille de Jacques II d’Angleterre (lettre 60-7) se maria avec Guillaume d’Orange. Ce mariage laissait augurer un rapprochement futur entre l’Angleterre et la Hollande. Louis XIV décida alors de pousser ses avantages terrestres avant que cette alliance ne lui porta préjudice sur le terrain et il signa la paix de Nimègue en position de force. La paix de Nimègue comporta sept traités signés en 1678 et 1679 à l’issue desquels les dispositions suivantes furent prises : l’Espagne céda à la France la Franche-Comté ainsi que plusieurs villes des Pays Bas espagnols dont Valenciennes, Cambrai, Maubeuge, Saint-Omer. Le Brandebourg et le Danemark, sur ordre de Louis XIV, durent restituer la Scanie et la Poméranie occidentale à la Suède. Dans la mer des Caraïbes (mer des Antilles) la France prit Tobago aux Hollandais, la Trinité aux Espagnols et les Anglais reconnurent comme possessions françaises : Saint-Vincent, la Dominique et Sainte-Lucie (situées dans les Caraïbes aussi). En définitive la Hollande s’en sortit bien en ne cédant pratiquement aucun territoire tandis que l’Espagne vit encore sa puissance décliner. Je t’embrasse, Je t’aime,
  2. Lettre 60-8 12 janvier 2020, Samuel, XVII siècle Evolution générale en Europe H) La France de 1661 à la fin du siècle a) Les politiques intérieure et économique de Louis XIV [Cette lettre fait suite à la lettre 60-4] Louis XIV prit le pouvoir pour lui seul en 1661 (Il régna jusqu’en 1715). Il exerça un pouvoir personnel, car il pensait tenir son pouvoir de Dieu et en concluait qu’il était le maître absolu en son royaume. Il finit par prendre le nom de Louis-le-Grand ou encore celui de Roi Soleil. Dans un premier temps pour domestiquer les nobles qui avaient perturbé son enfance avec le déclenchement de la Fronde il développa autour de lui une Cour étincelante. Là attirés par les fêtes et l’espoir d’être remarqués par le monarque et d’obtenir ainsi des faveurs (pensions, nominations, obtention de charges) les nobles se pressaient, plus occupés à plaire qu’à se rebeller. Pour donner encore plus d’éclat à sa Cour et pour flatter l’aristocratie fière de se produire en des lieux somptueux, il fit construire le château de Versailles où il s’installa en 1682 désertant le Palais du Louvre jusque-là résidence des Rois. Il n’eut jamais de premier ministre. Il s’entoura de ministres d’État compétents réunis en Conseil des Affaires appelé encore Conseil d’En-Haut. Le plus connu de ses ministres fut Jean-Baptiste Colbert qui s’occupa notamment des finances de 1661 jusqu’à sa mort en 1683, date à laquelle il fut remplacé par Louvois qui exerça jusqu’à sa mort en 1691. Les ministres nommés ensuite furent de moindre valeur. Louis XIV se signala rapidement par son intransigeance en matière religieuse. Il entra en conflit contre le Pape à propos de la nomination du clergé en France. Le Roi voulait s’arroger le droit de nommer les évêques, droit réservé au Pape. Ce conflit s’acheva par la victoire du Pape, Louis XIV ayant besoin de son appui dans les guerres qu’il entreprit. Faute d’avoir gagné contre le Pape il voulut imposer l’unité de la religion dans son pays, en l’occurrence la religion catholique. Il s’en prit aux protestants et aux jansénistes, ces derniers étant une variante radicale du catholicisme, prônant une morale stricte, une vie ascétique et une indépendance spirituelle par rapport à l’absolutisme du Roi. Contre les jansénistes il détruisit le centre de leur vie religieuse, l’abbaye de Port-Royal des Champs (située au sud-ouest de Versailles). Contre les protestants ou huguenots, il les persécuta, les força à abjurer leur foi par le moyen des dragonnades, méthode mise au point par Louvois. On logeait chez les protestants des soldats qui pillaient les demeures et torturaient leurs occupants jusqu’à abjuration. Le résultat fut efficace : des dizaines de milliers de conversions au catholicisme furent enregistrées. Pour couronner son action Louis XIV signa le 18 octobre 1685 l’Édit portant révocation de l’Édit de Nantes. Les temples furent détruits, le culte fut interdit, les pasteurs qui n’abjuraient pas furent bannis, les dragonnades furent généralisées. Les fidèles en revanche étaient tenus de rester de France et d’élever leurs enfants dans le catholicisme. En définitive les huguenots, même ceux qui avaient abjuré, finirent par émigrer. Leur nombre fut estimé à 200 000. Comme il s’agissait des personnes les plus dynamiques (industriels et commerçants) cette fuite affaiblit considérablement le pays. En outre ces migrants allèrent exercer leur puissance économique créatrice dans des États comme la Prusse qui, plus tard, terrassèrent la France lors de la guerre de 1870. Les protestants qui restèrent ne se résignèrent pas. Ils exercèrent leur culte en secret dans les bois, la nuit, ce fut « le culte au désert ». Plus tard ils se soulevèrent (voir prochaine lettre sur la France, XVIII siècle). Le plus grand ministre du règne de Louis XIV fut Colbert. Son but fut d’augmenter la puissance de la France en développant l’industrie, le commerce et l’empire colonial. Il développa d’abord les industries existantes notamment les fabriques de draps : Abbeville, Arras, Saint-Quentin, Elbeuf, Sedan, Carcassonne ; les tapisseries : les Gobelins à Paris et Aubusson ; les soieries : Lyon. Puis il fit fabriquer en France glaces et dentelles alors achetées à Venise, ou encore l’acier alors acheté en Suède ou en Allemagne. Il augmenta la capacité productrice en favorisant la création de manufactures rassemblant sous la direction d’un même entrepreneur de petits ateliers d’un même métier jusque-là indépendants [attention il ne fut pas confondre avec la manufacture de type capitaliste qui se développa au XVIII siècle en Angleterre ; dans cette dernière manufacture fut introduite la division du travail, c’est-à-dire la décomposition d’un même métier en une série d’actes, accomplis chacun par un ouvrier ; la division du travail introduisit une puissance de production incomparable ouvrant l’ère de la production industrielle]. Colbert fut attentif à la qualité du travail fourni afin de satisfaire les clients extérieurs. Il édicta des normes de production pour chaque corporation, il en fit surveiller l’exécution par des inspecteurs. Pour protéger l’économie française il institua le protectionnisme c’est-à-dire qu’il frappa de droits élevés les marchandises vendues en France par les étrangers. Ensuite il voulut développer une flotte de commerce. Colbert ne supportait pas de devoir passer par la flotte hollandaise, alors dominante sur les mers, avant d’être concurrencée par les Anglais, pour assurer le commerce avec les pays étrangers. D’autant que du commerce international sur mer ressortaient d’importants bénéfices monétaires qui étaient ensuite utilisés pour financer l’effort de guerre. Or la France avait pour adversaires les Hollandais. Colbert fit tout pour encourager les armateurs français en les subventionnant, en aménageant des ports, en créant des arsenaux (chantiers navals militaires). Mais son entreprise se solda par un échec relatif peu d’entrepreneurs s’intéressant à ce type d’investissement. Il voulut aussi créer des Compagnies de commerce à l’image des Compagnie des Indes occidentales et orientales des Hollandais et des Anglais mais là encore ce fut un échec. Seule la Compagnie française des Indes orientales subsista à la fin du règne de Louis XIV, fondant en Inde les comptoirs de Pondichéry et de Chandernagor. Il développa le patrimoine colonial français en mettant en valeur les Antilles et le Canada. Il établit des comptoirs au Sénégal et il acquit, près de Madagascar : l’île Bourbon (aujourd’hui la Réunion) et l’île de France (aujourd’hui l’île Maurice, devenue indépendante en 1968). Pour protéger les relations avec les colonies Colbert développa une marine de guerre efficace faisant de la France une puissance navale de premier ordre. Cette marine se renforça de corsaires dont les plus connus furent Jean Bart et Duguay-Trouin. Pour la mise en valeur des colonies, en 1673, fut fondée la Compagnie du Sénégal qui fournit des esclaves aux Antilles. La traite des Noirs devint la clé de voûte du système colonial : la France qui pratiquait jusqu’ici le commerce direct entre France et Antilles se mit au commerce triangulaire entre France, Afrique et Antilles. Une main d’œuvre servile noire remplaça les travailleurs européens. En mars 1685, Louis XIV promulgua le Code Noir, préparé par Colbert. Ce Code posa ces principes : l'esclave, dépourvu d'existence juridique, est la propriété du maître, il est déclaré « meuble », c'est-à-dire assimilé à un objet ou une marchandise qui peut être vendue (même aux enchères) ou transmise par héritage. [Dès le 16e siècle, un commerce transatlantique appelé « commerce triangulaire » fut mis en place en Europe. Des négriers européens partaient d’Europe avec des marchandises manufacturées qu’ils échangeaient sur les côtes d’Afrique contre des captifs fournis par certains royaumes et négriers africains. Les navires européens transportaient ensuite les Noirs à travers les océans, dans de terribles voyages que des historiens nommèrent la Grande Déportation. Les captifs étaient ensuite vendus à des colons aux Antilles, au Brésil, en Amérique du Nord, mais aussi à la Réunion ou à l’Île Maurice dans l’Océan Indien. Réduits en esclavage, ils travaillaient dans des conditions très dures : en moyenne, l’espérance de vie d’un esclave de plantation ne dépassait pas dix ans. Les marchandises produites par les esclaves (sucre, café, cacao, coton, tabac…) étaient ensuite exportées vers l’Europe. Cette traite permit de réaliser d’énormes bénéfices grâce au faible coût de la main d’œuvre utilisée]. La volonté de Colbert de faire de la France un pays économiquement puissant fut en définitive un échec. La cause principale de cet échec furent les folles prodigalités du Roi Soleil. La construction du château de Versailles, les fêtes et le coût engendré par l’entretien de la Cour, les pensions versées aux courtisans pour obtenir leur soumission et surtout les guerres incessantes que mena le Roi ruinèrent le pays. A cela s’ajoutèrent des conditions climatiques extrêmes entraînant des récoltes médiocres. Une grande misère se répandit dans le pays réduit parfois à la famine. A la mort de Louis XIV la détresse était générale. J’espère que ton retour en Russie se passe bien, bientôt tu manieras le sabre, au galop sur ton cheval, au milieu d’autres cavaliers, ainsi tu connaîtras les sensations uniques que connurent jadis les Cosaques. Je t’embrasse Je t’aime,
  3. Lettre 60-7 10 janvier 2020, Samuel, XVII siècle Evolution générale en Europe G) L’Angleterre de 1660 à 1702 La restauration anglaise de Charles II en 1660 fut bien accueillie par une population fatiguée par la dictature de Cromwell, un puritain (branche : indépendants). En 1661 Le nouveau Parlement (dont les députés étaient des représentants des Communes tandis que les Lords étaient nommés par le pouvoir) était majoritairement anglican ce qui marginalisa les puritains. En outre un équilibre politique fut trouvé entre le Roi et le Parlement celui-ci restant attaché à la Prérogative royale. En revanche les inclinations personnelles du Roi finirent par poser problèmes. En effet Charles II, de la maison Stuart, bien qu’anglican, penchait pour le catholicisme et pour l’alliance avec la France. Sans doute faut-il voir là un attachement à l’ascendante des Stuart, Marie Stuart reine d’Écosse, de 1542 à 1567, catholique dans un pays pourtant protestant, par surcroît mise à mort par la reine anglicane d’Angleterre Élisabeth 1ere laquelle voyait en Marie Stuart une rivale pour le trône d’Angleterre durant son règne même. En effet Élisabeth 1ere n’avait pas d’enfant et ses héritiers les plus proches étaient Marie Stuart celle-ci étant la petite-fille de Marguerite Tudor, sœur de Henri VIII (le père d’Élisabeth) de la maison Tudor, et de Jacques IV , roi d’Écosse, de la maison Stuart. Finalement à la mort d’Élisabeth ce fut le fils de Marie Stuart, Jacques Stuart qui succéda à Élisabeth sous le nom de Jacques 1er et la maison Tudor, faute d’héritier, fut remplacée par la maison Stuart [L’attachement au catholicisme et à la France de Marie Stuart lui venaient de sa mère Marie de Guise, duchesse de France]. Enfin Charles II était aussi le cousin germain de Louis XIV qu’il admirait beaucoup [La mère de Charles II était Henriette de France, catholique, sœur de Louis XIII, lequel était le père de Louis XIV]. Charles II commença par vendre la ville de Dunkerque à Louis XIV en 1662. Puis il signa avec son cousin germain un traité secret en 1670, dit traité de Douvres, dans lequel les deux souverains s’engageaient à faire alliance contre les Provinces Unies. Dans ce même traité Charles II s’engageait à se convertir au catholicisme dès que la situation le permettrait. Charles II avait dû mener une deuxième guerre anglo-néerlandaise de 1665 à 1667 qui comme la première guerre (voir lettre 60-6) eut pour enjeu la maîtrise des mers. La France participa à cette guerre en prenant partie pour les Provinces Unies avec lesquelles elle avait signé un accord de défense mutuelle en 1662. Cette guerre tourna au désavantage des Anglais qui durent signer le traité de Breda (ville néerlandaise) en juillet 1667. Au terme de ce traité l’Acte de navigation fut légèrement assoupli : les navires marchands néerlandais furent autorisés à livrer des marchandises allemandes à destination de l'Angleterre. Cette dernière abandonna ses revendications sur l'île de Run en Indonésie et céda le Suriname et ses plantations sucrières aux Néerlandais (le Suriname est limitrophe de la Guyane française). Elle céda aussi l’Acadie et la Guyane française à la France (qui céda à l’Angleterre quelque sites des Antilles). En 1672 Louis XIV qui voulait annexer les Pays-Bas espagnols et qui était contrarié dans son intention par l’opposition des Provinces Unies décida d’attaquer ces dernières. Ainsi commença la troisième guerre anglo-néerlandaise puisque Charles II s’était engagé à soutenir Louis XIV contre les Néerlandais. Cette guerre déplut profondément au peuple anglais qui, bien qu’adversaire des Néerlandais, était encore plus réticent à s’entendre avec la France. Du coup Charles II arrêta la guerre en 1674 et signa le traité de paix de Westminster, laissant Louis XIV continuer seul le combat. Au même moment en 1672 Charles II tenta de favoriser les catholiques en leur permettant d’accéder à des emplois de fonctionnaires ou à des postes politiques qui leur étaient jusque-là interdits. Le parlement réagit violemment et fit voter un Bill (le Bill du Teste ; bill : acte du parlement) en 1673, interdisant tous ces emplois à quiconque ne rejetait pas l’autorité du pape. Les catholiques qui avaient obtenu des postes au service de l’État durent démissionner et le frère du roi, le duc d’York, converti au catholicisme, dut démissionner de sa charge de grand amiral. C’est alors que la société anglaise rentra dans cette dispute : le frère du Roi étant l’héritier de la couronne, pouvait-on accepter d’avoir un roi catholique ? Le pays se divisa en deux camps, les tories et les whigs, phénomène annonciateur des futurs partis politiques. Les tories comprenaient les partisans du duc d’York, ceux qui, même anglicans, mettaient la personne du roi au dessus de tout, et la majorité des propriétaires terriens. Les whigs comprenaient les bourgeois des villes partisans du pouvoir du Parlement contre la Prérogative royale. En définitive les tories devinrent les champions des droits du Roi et les whigs les champions des droits du Parlement. Les deux partis en présence rentrèrent dans une opposition parfois violente.Les whigs réussirent à faire voter par le Parlement en 1679 le bill de l’habeas corpus (c’est-à-dire : sois maître de ton corps) qui interdit toute arrestation arbitraire limitant ainsi le pouvoir du Roi. Charles II exaspéré par la résistance du Parlement ne le convoqua plus jusqu’à sa mort en 1685 (il eut le temps de se convertir au catholicisme juste avant de mourir). Son frère le duc d’York lui succéda sous le nom de Jacques II. Il favorisa l’accès des catholiques à toutes les fonctions administratives et ecclésiastiques (enseignement, justice, armée, paroisses). De plus il eut un fils de sa seconde femme, catholique comme lui. Ce fils devenait l’héritier (les deux enfants de son premier mariage étaient des filles). Un nombre croissant d’Anglais se mirent à redouter que les papistes finissent par mettre le royaume sous l’autorité spirituelle du pape. Les whigs demandèrent au mari de la fille aînée de Jacques II, Marie (issue du premier mariage), Guillaume d’Orange-Nassau, stathouder des Provinces Unies ( stathouder : chef militaire et chef de la diplomatie) de venir sauver le protestantisme anglais (il était lui-même calviniste, et Marie s’était convertie au protestantisme). Le 5 novembre 1688 il débarqua en Angleterre, marcha sur Londres, contraignant Jacques II à l’exil en France. Le Parlement réuni en 1689 constata le départ de Jacques II, affirma son droit de se choisir le Roi qu’il voulait, refusa de prendre en considération les droits du fils de Jacques II et offrit la couronne à Guillaume et à sa femme Marie, lesquels exercèrent le pouvoir sous les noms de Guillaume III et de Marie II, Rois d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande comme leurs prédécesseurs. Cet événement fut appelé par les historiens : la Glorieuse Révolution [C’est en 1541 qu’Henri VIII devint Roi d’Irlande après avoir définitivement conquis l’île ; ce titre de Roi d’Irlande fut légué ensuite aux souverains anglais. Par ailleurs à partir de 1603, avec la nomination de Jacques Stuart, qui régnait en Écosse sous le nom de Jacques VI, comme Roi d’Angleterre sous le nom de Jacques 1er, (voir lettre 60-6), les fonctions de Roi d’Écosse et de Roi d’Angleterre furent tenues par le même homme, même si les États restèrent distincts]. Avant de devenir Rois, Guillaume et Marie durent accepter la Déclaration des Droits anglais du 13 février 1689 (Bill of Rights) qui devint loi du royaume en décembre 1689. Cette Déclaration, très importante, définit les principes de la monarchie parlementaire en Angleterre. L’apport principal de la Déclaration fut de limiter définitivement la Prérogative royale, d’affirmer les pouvoirs législatifs du Parlement et de définir les libertés anglaises fondamentales. Elle préfigura la déclaration des droits de l’homme de 1789. Une loi de tolérance en faveur des dissidents (puritains) fut votée en 1689 leur accordant la liberté de culte. En revanche les catholiques restèrent marginalisés. Après avoir réprimé les révoltes des Jacobites, les partisans de Jacques II, et après s’être converti à l’anglicanisme Guillaume mourut en 1702 (Marie mourut en 1694).
  4. Lettre 60-6 7 janvier 2020, Samuel, XVII siècle Evolution générale en Europe F) L’Angleterre jusqu’en 1660 Pour comprendre l’évolution de l’Angleterre pendant la première moitié du XVII siècle il faut partir des deux points suivants : Les députés de la Chambre des Communes composée de petits propriétaires des campagnes, des hommes de loi, des marchands des villes voulaient participer activement au gouvernement du pays. En cela ils s’opposaient aux Rois qui considéraient que leur pouvoir leur venait de Dieu et n’était pas divisible. Les Rois opposaient aux députés la «Prérogative royale», ensemble des pouvoirs, des privilèges et des indemnités attachés à la seule personne du Roi. Les députés estimaient que la Prérogative royale devait être limitée, qu’ils avaient le droit de décider sur toutes les questions et qu’ils avaient même le droit de mettre en accusation les ministres nommés par le Roi si ceux-ci faillaient dans leurs fonctions. L’Angleterre était divisée entre anglicans et puritains (les catholiques en Angleterre étaient très minoritaires) : Les anglicans (voir lettre 59-3) différaient des catholiques en ce qu’ils refusaient l’autorité du Pape et ne reconnaissaient que celle du Roi en matière religieuse (Acte de suprématie de 1534, lettre 5-3). Ils disposaient d’un Livre de prières qui décrivait l’ensemble des prières et des pratiques propres à leur Église [L’influence sur la langue anglaise de ce livre écrit par des érudits fut importante surtout lorsque la loi d’uniformité de 1558 obligea tous les Anglais à aller à la messe]. Les puritains (une majorité de députés de la Chambre des Communes étaient puritains) comprenaient : Les puritains proprement dits qui restaient dans l’Église anglicane mais qui se défiaient de l’autorité et du Roi (en matière religieuse) et du clergé Les presbytériens, calvinistes qui rejetaient l’autorité de tout souverain en matière religieuse et qui rejetaient aussi toute forme de clergé. Chaque communauté possédait un conseil ou consistoire, chaque conseil nommait des représentants au conseil national ou synode national qui décidait sur les grandes questions religieuses. Ils refusaient aussi le Livre des prières. Les indépendants qui voulaient que chaque communauté soit indépendante de chaque autre communauté. Ils rejetaient toute autorité, aussi bien celle du Roi que celle du synode. Ils étaient ouverts à toutes les formes de protestantisme. A la mort de la reine Élisabeth en 1603 ce fut Jacques Stuart, roi d’Écosse, son plus proche héritier, qui lui succéda sous le nom de Jacques 1er (voir lettre 59-5, deuxième page). Bien qu’ayant le même Roi, l’Angleterre et l’Écosse continuèrent de former deux États distincts. Il régna de 1603 à 1625. Ses relations avec le Parlement furent tendues mais la relation resta équilibrée. La situation dégénéra lorsque son fils Charles 1er lui succéda en 1625. Ce dernier régna à sa guise, prenant toutes sortes de décisions en marge de toute légalité. Quand les députés de la Chambre des Communes s’opposèrent à lui et dénoncèrent l’illégalité de ses décisions il décida de ne plus convoquer le Parlement pendant 11 ans de 1629 à 1640. Puis l’archevêque de Cantorbéry, Laud, hiérarque de l’Église anglicane, soutenu par le roi, voulut imposer la religion anglicane aux Écossais qui étaient presbytériens. Les Écossais se soulevèrent. Charles 1er convoqua alors le Parlement pour trouver une aide dans son effort de guerre. Mais les députés exigèrent en échange de leur soutien des mesures révolutionnaires que le roi refusa (interdiction des tribunaux d’exception, contrôle du Parlement sur la levée des impôts et sur les nominations des ministres, défense du puritanisme par réforme du Livre des prières). Les bourgeois de Londres alors s’insurgèrent et la Révolution commença accompagnant donc la révolte des Écossais. Une série de guerres civiles fut déclenchée appelées par les historiens britanniques : Guerres des Trois Royaumes car elles engagèrent l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande. L’Irlande, en majorité catholique, envoya des troupes en Angleterre épauler Charles 1er, lequel était tolérant envers les catholiques et avait épousé lui-même une catholique Henriette de France sœur de Louis XIII. Les défenseurs du Roi, anglicans, catholiques et Lords furent appelés : les Cavaliers (car ils disposaient d’une puissante cavalerie). Les défenseurs des presbytériens, députés de la Chambre des Communes, Écossais, puritains furent appelés Têtes rondes (car les presbytériens avaient les cheveux courts). A l’issue de péripéties complexes les armées du Roi Charles 1er furent définitivement vaincues en 1645. Charles 1er abdiqua en 1646 et se réfugia en Écosse qui le livra aux Anglais en 1647. Craignant un coup de force de l’armée révolutionnaire emmenée par un officier redoutable Cromwell (1599-1658), religieusement un indépendant, farouchement opposé au roi, le Parlement tenta de se réconcilier avec Charles 1er si celui-ci renonçait à gouverner en roi absolu. Mais Cromwell n’attendit pas, il marcha sur Londres, il expulsa 150 députés récalcitrants et devant un Parlement désormais acquis à sa cause, dit «Parlement Croupion», il imposa la mise en jugement du Roi. Charles 1er fut condamné à mort et décapité en 1649. La même année Cromwell abolit la royauté, supprima la chambre des Lords et proclama le Commonwealth (communauté) d’Angleterre qui devint en 1651 le Commonwealth d’Angleterre, d’Irlande et d’Écosse [Le parlement anglais était composé de la Chambre des Communes et de la Chambre des Lords laquelle représentait la noblesse héréditaire et le clergé]. Cromwell s’en prit aux Irlandais qui avaient soutenu Charles 1er. Des milliers d’entre eux furent exterminés, d’autres déportés aux Antilles anglaises, d’autres repoussés dans l’ouest de l’île, dans la région la plus infertile. Les bonnes terres furent confisquées et réparties entre les colons anglais. Les Écossais quant à eux se rallièrent au fils de Charles 1er, Charles II. Ils continuèrent leur offensive contre l’Angleterre. Cromwell les repoussa, puis renvoyant le Parlement Croupion en 1653, il prit le titre de Lord Protecteur du Commonwealth d’Angleterre, de l’Irlande et de l’Écosse. A partir de ce moment il gouverna en maître imposant au Commonwealth un régime de dictature militaire. De 1651 à 1658, date de sa mort, il œuvra pour promouvoir en Europe la présence anglaise. Ainsi en 1651 il imposa l’Acte de Navigation. Les marchandises en provenance d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique ne pouvaient être importées en Angleterre que par des navires anglais, celles en provenance d’Europe ne pouvaient être importées que par des navires anglais ou des navires appartenant aux pays exportateurs. Ce monopole fut contesté par les Provinces Unies entraînant la première guerre anglo-néerlandaise (1652-1654). Elle se déroula entièrement sur mer. La marine anglaise remporta la victoire obligeant les Provinces Unies à accepter le monopole commercial anglais imposé par l’Acte de Navigation. Cette victoire consacra l’Angleterre comme une nouvelle puissance maritime. Puis en 1658 Cromwell fit alliance avec Mazarin dans la guerre contre l’Espagne (voir lettre 60-4). L’Angleterre y gagna Dunkerque et l’île de la Jamaïque (qui appartenait alors à l’Espagne). Après sa mort en 1658, son fils Richard lui succéda mais il abdiqua rapidement (en 1659). Alors le Parlement réuni en assemblée extraordinaire vota le rétablissement de la monarchie. En 1660 Charles II, le fils de Charles 1er, put ainsi rétablir la royauté. Tu as pu admirer l’intérieur de la Cathédrale Saint-Basile lors du Noël orthodoxe. Igor a raison : même si tu ne crois pas en Dieu si tu entres dans un tel lieu tu trouves alors la paix de l’esprit. La puissance qui se dégage de la Cathédrale provient de son appartenance à la grande histoire russe. C’est le Terrible, après sa prise de Kazan en 1552, qui décida de sa construction. Celle-ci dura 125 ans. Basile le Bienheureux naquit en 1469 dans un village près de Moscou. Il apprit le métier de cordonnier. Il mena une existence vouée à sa foi en Jésus-Christ. Il fit vœu de grande pauvreté, dénonçant sans cesse le mensonge et l'hypocrisie. C’était le seul homme que le Terrible craignait tant le Terrible le respectait. Je t’embrasse, Je t’aime
  5. Lettre 60-5 5 janvier 2020, Samuel, XVII siècle Evolution générale en Europe E ) La Suède jusqu’en 1661 Nos avons vu (lettre 60) comment Gustave II Adolphe le Roi de Suède dit le Lion du Nord était mort, sabre au clair, à Lützen en novembre 1632. Sa fille Christine de Suède, née en 1626, alors âgée de 6 ans, laissa le chancelier Axel Oxenstierna assurer la régence. Elle fut élevée sans ménagement, travaillant 12 heures par jour, acquérant des connaissances encyclopédiques. Elle fut admise au Conseil de régence dès 1640 à l’âge de 14 ans. En 1648 elle intervint lors de la paix de Westphalie et obtint la Poméranie occidentale et les évêchés de Brême et de Verden (voir carte). Elle se fit couronner Roi de Suède en 1650 prenant ainsi seule le pouvoir. A l’époque la Suède s’imposait comme une nation dominante de la Baltique. Elle possédait depuis le XVI siècle la Finlande et l’Estland (aujourd’hui l’Estonie, capitale : Tallinn). Profitant de la faiblesse du premier Romanov (lettre 15 sur la Russie) Gustave Adolphe prit en 1617 à la Russie l’Ingrie et la Carélie privant ainsi ce pays de l’accès à la Baltique. En 1629 il prit à la Pologne-Lituanie la Livonie (actuelle Lettonie, capitale : Riga). Enfin en 1645 en marge de la guerre de Trente ans le général suédois Torstenson prit à l’association Danemark-Norvège le Jämtland (voir carte). La reine Christine ne s’intéressait pas à la politique. Elle préférait les arts, les réflexions philosophiques et les plaisirs. Elle s’entoura d’une brillante cour à Stockholm, voulant faire de la capitale une nouvelle Athènes consacrée aux fêtes du corps et de l’esprit. Elle se lia avec tout ce que l’Europe comptait d’esprits brillants. Elle distingua surtout les Français consacrant aussi l’amitié franco-suédoise nouée à l’occasion de la guerre de Trente ans. En effet en 1631 (voir lettre 60-1) un accord fut signé entre le roi de Suède et Louis XIII. Le traité prévoyait que la France financerait l'armée du roi de Suède à hauteur de 100 000 livres. En contrepartie celui-ci s'engageait à fournir du bois pour la construction de navires. Pascal lui envoya un exemplaire de sa machine à calculer. Pierre Michon Bourdelot, libertin, libre penseur, animateur en France d’une académie scientifique portant son nom devint son médecin et la guérit de sa dépression (en la faisant rire selon la légende). Gabriel Naudé, le bibliothécaire de Mazarin devint son propre bibliothécaire. Le plus connu de ses visiteurs fut René Descartes.Elle se montra avec lui insatiable, le convoquant à toute heure du jour et de la nuit. Il lui écrivit un ballet. Puis il mourut près d’elle, peut-être terrassé par le froid, peut-être empoisonné, de nombreuses rumeurs continuent de courir. En 1654 à 28 ans, définitivement devenue indifférente aux affaires de l’État elle abdiqua en faveur de son cousin germain Charles Gustave qui prit alors le nom de Charles X. Elle partit de Suède, voyagea partout en Europe, puis se fixa en Italie après s’être convertie au catholicisme. Elle mourut à Rome, en 1689 à l’âge de 63 ans, toujours entourée de savants et d’une cour flamboyante. En 1655 Charles X lança la première guerre du Nord. Nous avons vu, lettre 16 sur la Russie, que les armées du Tsar Alexis le Très-Paisible étaient rentrées en Pologne-Lituanie orientale en 1654. Pour contrer l’avancée des Russes Charles X envahit l’ouest de la Pologne-Lituanie alors dirigée par le Roi Jean II Casimir Vasa. Il s’ensuivit une guerre aux péripéties complexes dans laquelle la Suède se retrouva à combattre contre le Danemark-Norvège, le Brandebourg-Prusse, la Pologne-Lituanie, la Russie et le Saint Empire. Au terme de cette guerre fut d’abord signé le traité de Roskilde en1658 entre la Suède et le Danemark-Norvège, mais comme ce traité fut violé par Charles X la guerre reprit et s’acheva par les traités suivants signés du côté de la Suède par un Conseil de régence dirigé par Hedwige Eléonore, la mère de l’héritier et fils de Charles X Gustave, mort en février 1660, Charles XI, alors âgé de 4 ans : Le Traité d’Oliva (près de Gdansk en Prusse royale ou Prusse occidentale, voir carte lettre 60-3) signé avec la Pologne-Lituanie représentée par Jean II Casimir, le Brandebourg-Prusse représenté par Frédéric-Guillaume et l’Empire représenté par Léopold 1er en avril 1660. Par ce traité la Pologne renonçait et à la suzeraineté sur le duché de Prusse qui devint donc indépendant et rattaché au Brandebourg, et au trône de Suède. Cette ancienne revendication provenait de ce fait : les Rois de Suède, de 1587 à 1668, et les rois de Pologne-Lituanie, de 1587 à 1668, descendaient d’une même dynastie (même famille) : les Vasa. Le Traité de Copenhague signé avec le Danemark-Norvège représenté par Frédéric III en mai 1660 par lequel le Danemark céda à la Suède : la Scanie, le Halland et le Bohuslän (voir carte). Le Traité de Kardis signé en 1661, par lequel la Russie rendit à la Suède ses conquêtes livoniennes et ingriennes effectuées pendant la guerre. C’est ainsi que la Suède confirma sa suprématie dans la région de la Baltique. Je t’embrasse, Je t’aime
  6. Lettre 60-4 3 janvier 2020, Samuel, XVII siècle Evolution générale en Europe D) La Guerre France-Espagne 1648-1659 La paix de Westphalie n’avait pas inclus dans ses dispositions le règlement du conflit franco-espagnol. Aussi la guerre entre les deux pays reprit. Les Espagnols furent aidés dans leur entreprise par le déclenchement en France d’une guerre civile appelée : la Fronde. La Fronde naquit d'un mécontentement général qui prit sa source dans la crise économique et l'augmentation de la pression fiscale provoquées par les dépenses de la guerre de Trente Ans. Quand le cardinal Mazarin prit le pouvoir sous la régence d’Anne d’Autriche après la mort de Louis XIII il augmenta sensiblement les impôts ce qui exaspéra le peuple. Par ailleurs le pouvoir monarchique s’était considérablement renforcé en promouvant une conception bicéphale de l’exercice du pouvoir où le roi plaçait sa confiance en une seule personne : Richelieu pour Louis XIII et Mazarin pour la régente Anne d’Autriche. Privés de l’exercice du pouvoir les nobles représentés notamment par le frère de Louis XIII, Gaston de France, dit le Grand Monsieur, la fille de ce dernier Anne-Maie-Louise d’Orléans dite la Grande Demoiselle, le Prince de Condé, la sœur de ce dernier : la duchesse de Longueville et Jean-François Paul de Gondi, le futur cardinal de Retz, revendiquaient le droit de participer au conseil de régence. Le peuple parisien se révolta en 1649 par protestation contre les impôts trop lourds, forçant Anne d’Autriche, son fils Louis XIV et Mazarin à s’enfuir à Saint-Germain. Mais le peuple ne sut pas s’organiser en un parlement efficace, il fut assiégé par Condé et il finit par céder en se soumettant à la Régente. A ce moment-là Condé décida de jouer sa carte personnelle en convoitant la place de Mazarin et Jean-François Paul de Gondi le suivit dans la même ambition. En définitive le pays tomba dans la guerre civile, les insurgés finissant par s’allier avec les Espagnols tandis que le peuple de Paris se révoltait à nouveau. Ce ne fut plus que pillages, disettes et épidémie. Les armées royales tinrent bon et parvinrent à repousser Condé sous les murs de Paris. Le peuple usé par la guerre, scandalisé par l’alliance des nobles avec les Espagnols rendit les armes et demanda à la Régente de revenir à Paris. Ce qu’elle fit, accompagnée de son fils Louis XIV, en 1652, Mazarin la suivant en 1653. Quant aux Espagnols, épuisés par la guerre de Trente ans, ils hésitaient à pénétrer en France, ravagée par la guerre civile, trop appauvrie pour qu’ils puissent y trouver subsistance. A cette époque les armées vivaient sur les richesses des pays occupés en les pillant. Il n’existait pas d’intendance c’est-à-dire un service de ravitaillement organisé à partir des pays belligérants. Mazarin contre-attaqua, lança l’armée royale commandée par Turenne contre les forces coalisées de Condé, des nobles et des Espagnols. En 1654 et en 1655 Turenne reconquit une partie de l’Artois que les armées ennemies avaient occupée. Puis Mazarin signa un traité d’alliance avec l’Angleterre permettant à celle-ci d’attaquer Dunkerque (encore aux Espagnols) et de l’annexer en cas de victoire ( de Dunkerque des corsaires partaient pour piller les côtes britanniques, aussi l’Angleterre était-elle intéressée à intervenir dans cette guerre). L’Angleterre envoya 6000 hommes qui s’ajoutèrent aux forces de Turenne. Assiégée la ville tomba en 1658 et fut remise aux Anglais. Définitivement vaincus Condé et ses alliés durent déposer les armes. Un traité de paix, appelé traité des Pyrénées, fut signé en 1659 entre la France et l’Espagne. La France reçut le Roussillon, l’Artois et plusieurs places fortes situées en Flandre et en Lorraine. Dans ce même traité fut prévu le mariage de Louis XIV avec la fille du roi d’Espagne, l’infante Marie-Thérèse d’Espagne, pour signifier la réconciliation entre les deux pays (le mariage fut célébré en 1660; Louis et Marie-Thérèse étaient cousins germains, le père de Marie-Thérèse, Philippe IV d’Espagne et la mère de Louis, Anne d’ Autriche étant frère et sœur, enfants du roi Philippe III d’Espagne). Condé fut réhabilité, la couronne française préférant le garder comme allié. Enfin l’Espagne cédait officiellement Dunkerque aux Anglais. La France ressortait sensiblement renforcée à l’issue des traités de Westphalie et des Pyrénées. Elle devenait l’une des nations les plus puissantes de l’Europe occidentale. En 1661 Mazarin mourut. Alors Louis XIV qui l’avait laissé jusque-là gouverner avec sa mère, s’empara du pouvoir effectif qu’il décida d’exercer seul. Sa mère se retira des affaires politiques et mourut en 1666 (dans les faits en 1651, Louis XIV atteignit la majorité fixée à treize ans, il reçut alors officiellement ses pouvoirs régaliens de sa mère puis il fut sacré Roi à Reims en 1654). En revanche l’Espagne ressortit considérablement affaiblie de la première moité du XVII siècle. Outre les territoires perdus à l’issue de la guerre de Trente ans, de celle de Quatre-Vingts ans, puis de celle contre la France, elle dut se résoudre à perdre le Portugal, et avec le Portugal, les colonies de ce pays dont le Brésil. Nous avons vu, lettre 60-1, que le Portugal et la Catalogne avaient tenté de faire sécession en 1640. L’Espagne réussit à vaincre l’insurrection catalane mais elle dut céder devant celle du Portugal. La guerre d'indépendance menée par le Portugal contre l’Espagne fut appelée guerre de restauration. Elle dura de 1640 à 1668 (traité de Lisbonne) date à laquelle le pays recouvrit officiellement son indépendance. Je te souhaite une très belle année en Russie et de nouveaux progrès en musique, dans le maniement du sabre et la maîtrise de ton cheval. Que tes représentations dans le restaurant enchantent toujours plus de monde et que tes conférences aient de plus en plus de succès. Je t’aime, Je t’embrasse
  7. satinvelours

    Les oiseaux de nos jardins

    Je savais à Londres pour les avoir vues. Elles sont magnifiques, assez bruyantes en colonies.
  8. satinvelours

    Les oiseaux de nos jardins

    Ce sont des perruches Alexandre, sans collier, des perruches sauvages ? Je sais qu’il y en qui se sont échappées de cages et vivent en communauté.
  9. On dit parfois de quelqu’un « il n’est qu’intelligent. Il ne comprend pas la situation » Différence entre esprit de finesse et esprit de géométrie.
  10. L’être intelligent qui ne peut pas être compréhensif, se dévoile donc encore moins intelligent.
  11. Comprendre donc, au sens intellectuel du terme, c’est substituer un ordre à un ensemble de données hétérogènes, c’est systématiser. Une telle systématisation logique n’est pas toujours possible, surtout dans la vie courante et dans les relations interhumaines. C’est pourquoi il faut souvent, dans ce domaine, se contenter de cette compréhension affective et intuitive.
  12. L’être « intelligent » mais non compréhensif serait celui qui traite les problèmes humains et les situations vécues comme il traite des problèmes mathématiques. Je respecte votre point de vue, comme je respecte toutes les autres interventions. Je ne suis pas là pour affirmer que j’ai raison. J’expose seulement ce que je comprends de cette distinction intelligent et compréhensif .
  13. La différence entre ces deux attitudes vient seulement des objets eux-mêmes. Dans le premier cas, « être intelligent » , il s’agit de phénomènes matériels, par exemple d’expérience scientifique ou de problème mathématique. C’est se mouvoir dans l’abstraction. Dans le second cas, il s’agit d’êtres humains ou de situations impliquant des êtres humains, et, de ce fait, le centre intelligible n’est plus d’ordre mathématique mais de l’ordre du vécu. Ce n’est plus un principe abstrait. C’est un principe humain, une manière fondamentale d’être, de vivre.
  14. Chacun a sa perception. Ce que j’ai écrit est un jugement tout à fait subjectif, ce que j'éprouve en essayant de communier avec l’artiste. C’est tout aussi émotionnel.
  15. Si l’on fait une analyse plus poussée de ces deux attitudes ont fait ressortir cependant des analogies profondes. Il s’agit de la même attitude de l’attention et de l’intelligence. Dans les deux cas, l’esprit est orienté vers un donné extérieur dont il s’efforce de percer le secret, dont il perce effectivement le secret. Dans les deux cas, il y a oubli de soi pour cette autre chose qu’on cherche à comprendre, dont on découvre le principe même, celui à partir duquel toutes les données perceptives deviennent intelligibles. Il y a un véritable mouvement de l’intelligence qui, en éliminant toute subjectivité personnelle, se porte au cœur de l’objet à comprendre, pour chercher, précisément en compréhension, le principe et l’origine logique de son objet.
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