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  1. satinvelours

    Histoire de la Russie

    Russie, lettre 12 : la création de l’État russe moscovite 13 octobre 2019, Samuel, Troisième partie: l’œuvre d’Ivan IV le Terrible (1533-1584) 3) Première époque : époque dite de la rada élue (rada : conseil) de 1547 à 1558 Pour gouverner Ivan s’entoura d’un conseil dirigé par le métropolite Macaire, le pope Sylvestre et un officier d’origine modeste : Alexis Adachev. Il tint ainsi à l’écart la Douma des boyards. Il promulgua un nouveau code de lois, précisa les rapports entre l’Église et l’État, interdisant à l’Église de continuer d’acquérir de nouvelles terres et lui assignant le rôle de s’occuper de l’enseignement. Il institua une autogestion locale permettant aux populations d’élire leurs propres officiers judiciaires et administratifs afin de lutter contre la corruption et l’arbitraire des boyards. Mais aussi il instaura le servage c’est-à-dire la subordination des paysans à une terre. Il y voyait une sécurité d’exploitation mais il brisa ainsi le désir de liberté des paysans qui les faisait aller et travailler où bon leur semblait. Soumis à une terre, privés de leur aspiration nomade, ils travaillèrent sans aucun enthousiasme ; ils devinrent moins productifs. La réforme la plus importante fut d’ordre militaire. Mille des meilleurs hommes de service, enfants de boyards et des princes formèrent un régiment d’élite moscovite. Les propriétaires terriens durent fournir à l’armée des guerriers équipés d’armures et de chevaux. Près de la cavalerie formée par les nobles, Ivan institua un corps d’arquebusiers recrutés parmi les hommes libres. L’infanterie fit également son apparition. Ivan disposa ainsi d’une armée parmi les plus puissantes de l’époque. Il put réaliser son projet : conquérir les khanats issus de l’effondrement de la Horde d’Or. Après d’âpres combats il annexa le khanat de Kazan en 1552 puis celui d’Astrakhan en 1556. l’État moscovite sortit largement des limites ethnographiques et religieuses de la Grande Russie en contrôlant désormais tout le cours de la Volga et en repoussant la frontière méridionale de l’ Oka au Terek (voir carte jointe). En 1555 le khan de Sibérie fit acte d’allégeance à Moscou (paiement d’un tribut). L’élargissement des frontières de la Moscovie apporta de grands avantages : de nouvelles voies commerciales s’ouvrirent et de nouvelles terres fertiles furent mises en exploitation par des Russes qui s’établirent dans les khanats conquis après déplacement de populations musulmanes. Pour maintenir la domination russe dans ces khanats Ivan convainquit des mercenaires et des aventuriers d’origine slave mais aussi turque, mongole et même juive vivant au nord de la mer Noire : les Cosaques, à passer à son service. (On distingue deux groupes : les Cosaques du Don et les Cosaques du Dniepr dits aussi Zaporogues). Ils devinrent le fer de lance de l’expansion russe en Sibérie et protégèrent les tsars successifs. Seul restait encore à conquérir le khanat de Crimée passé sous l’autorité politique de la Sublime Porte (autre nom donné aux Ottomans établis à Constantinople). Après de longs combats indécis, Ivan renonça à poursuivre cette guerre pour se retourner, en 1558, contre l’Ordre teutonique, établi en Livonie, afin de s’assurer un accès à la Baltique. En 1553 un marin anglais, Richard Chancellor qui cherchait un nouvel itinéraire vers l’Orient en passant par l’océan Arctique débarqua sur le littoral russe de la mer Blanche (mer de Barents). Il se rendit à Moscou et signa avec Ivan un accord commercial qui permit aux Russes d’établir des relations suivies avec l’Angleterre. Les Anglais firent d’Arkhangelsk leur port d’entrée en Russie. 4) Deuxième époque : 1558-1584 Contre l’avis de la rada qui voulait continuer de conquérir les terres du sud, Ivan lança son attaque contre la Livonie. Il connut des victoires aisées. Mais Adachev l’un des dirigeants de la rada, soucieux de contrer les Tatars de Crimée dont il craignait une attaque accorda une trêve à l’Ordre. Furieux Ivan négocia la paix avec la Crimée et reprit l’attaque en Livonie. Mais la désobéissance avortée d’Adachev inaugura l’apparition d’une véritable fureur chez lui. En 1560 sa femme Anastassia mourut subitement. Ivan fut persuadé que les boyards l’avait empoisonnée. La mort de la femme qu’il aimait et qui le stabilisait, plongea Ivan dans un désarroi affectif dont il ressortit plus cruel et autoritaire que jamais. Soupçonnant ses conseillers Adachev et Sylvestre de comploter contre lui il exila le pope et incarcéra Adachev qui mourut en prison. Il fit exécuter leurs familles et amis. Enfin il menaça les boyards dont beaucoup fuirent. Ivan était persuadé qu’eux aussi complotaient contre lui pour l’évincer du pouvoir et poursuivre la défense de leurs intérêts privés. Le 3 décembre 1564 il quitta Moscou avec sa nouvelle femme, ses enfants, ses familiers. Le convoi formé d’une centaine de traîneaux chargés des trésors du Tsar et d’icônes, erra quelques jours avant de s’arrêter à 90 kilomètres de Moscou dans le faubourg d’Alexandrov. Le 3 janvier 1565 il adressa au gouvernement désemparé, resté à Moscou, une lettre dans laquelle il dénonçait les trahisons des boyards. Les moscovites, abandonnés, prirent peur. Ils craignaient que le peuple resté fidèle au tsar se soulève, ils craignaient que les boyards se livrent à des exactions. Alors une délégation se rendit à Alexandrov et supplia Ivan de revenir à Moscou. Ivan accepta à condition de disposer d’un pouvoir illimité. Ce qui fut accepté. Début février 1565 il rentra triomphalement à Moscou. Le même mois un oukase divisa l’État moscovite en deux. Une première zone d’abord centrée sur Moscou et sur une vingtaine de villes, puis plus tard établie sur le tiers du territoire, l’Opritchnina, fut créée et placée sous le contrôle direct du souverain.Ce dernier y nomma des conseillers nouveaux et une garde prétorienne, les Opritchniks, chargés de faire respecter l’ordre nouveau. Une deuxième zone, la Zechtchina, fut dédiée aux boyards. Ceux-ci durent quitter les villes principales et leurs terres pour gagner la Zechtchina. De nouveaux fiefs leur furent attribués situés dans des zones de conquête encore mal contrôlées, encore insécurisées. Ivan voulut ainsi remplacer l’ancienne noblesse patrimoniale fondée sur le sang par une noblesse de service choisie pour sa compétence et son service de l’État. Alors débuta un règne de terreur. Les Opritchniks habillés de noir, montés sur des chevaux noirs, un balai et une tête de chien accrochés à leur selle, évoquant des créatures sataniques sortis des entrailles de la terre, parcouraient la Zechtchina avec pour mission de détruire ceux que le Tsar considérait comme ses ennemis. Ivan ordonna l’exécution de milliers d’opposants, surtout des boyards. Des villes entières dont Novgorod, soupçonnées de protéger des conspirateurs ou de vouloir faire sécession, furent détruites. Après dix ans de ce régime le pays était exsangue. En définitive Ivan proclama l’abolition de l’Opritchnina en 1572 mais l’État resta divisé en deux jusqu’en 1575. En octobre de cette année-là Ivan dans une théâtralité qui parut démente pour certains confia le pouvoir suprême à un Tatar converti de fraîche date : Siméon Bekboulavitch. Il le fit Tsar. Puis dans une supplique adressée au nouveau maître, il sollicita sa protection en lui demandant l’affectation d’un oudiel c’est-à-dire d’une terre. Il signa sa supplique: « Petit Ivan Vassiliev ». Ainsi Ivan voulut vivre, par l’expérience, le rôle du sujet du souverain. Au bout d’un an il renvoya Siméon et reprit le pouvoir. La terreur consolida l’autorité de l’État mais elle affaiblit le pays. Les Tatars de Crimée attaquèrent Moscou qu’ils incendièrent en partie avant de se retirer. En Livonie, après les premières victoires, Ivan trouva devant lui une coalition formée par la Pologne et la Lituanie (réunies en 1569 sous le nom de la République des Deux Nations) ainsi que la Suède. Après des revers militaires il dut signer des traités de paix avec la Pologne-Lituanie en 1582 et avec la Suède en 1583 renonçant à tous ses gains de territoire. Les Russes, entrés jadis en Sibérie par le nord, atteignirent l’embouchure du Ienisseï vers 1550 (voir carte jointe). La famille des Stroganov s’y installa fondant de grandes entreprises (fourrures, mines de sel, pêcheries). Après la conquête de Kazan la famille obtint la concession de vastes territoires dans la région sauvage de la Kama. Affrontés à des indigènes soutenus par le khan de Sibérie les Stroganov s’appuyèrent sur les Cosaques. Ceux-ci, au nombre de 1650 seulement, emmenés par leur ataman (leur chef) Ermak, vainquit le khan Koutchoum et s’empara de la capitale Sibir du khanat en 1582. Ivan annexa les territoires ainsi conquis à l’est et au nord sur l’immense Sibérie. Ainsi commença la colonisation de la Sibérie occidentale. Tioumen une ville fortifiée y fut fondée en 1586 puis Tobolsk en 1587 (voir carte jointe). [Après avoir réorganisé ses forces, Koutchoum parvint à tuer Ermak et réaffirma son autorité sur Sibir en 1584. Jusqu'en 1598 le khanat résista aux assauts des Cosaques mais à la suite d'une défaite sur les bords de l'Ob, le khan s’enfuit et le pays passa définitivement sous la domination russe]. Ivan dans les dernières années de sa vie dramatisa l’exercice de son règne. Le 19 novembre 1581 dans un accès de fureur il assassina son fils aîné puis pleura sur son enfant mort. A partir de ce moment il ne connut plus jamais la paix de l’esprit. Il mourut en mars 1584. Une autopsie pratiquée plus tard par des savants soviétiques décela des traces d’empoisonnement. Beaucoup encore s’interrogent sur la personnalité de cet homme. Mais incontestablement il sut unir sous son autorité inflexible tous les acteurs de la Russie. Avec lui la Nation russe sortit de la période des apanages dominée par les princes pour donner naissance à un État centralisé. Cet État plus tard sera la fondation sur laquelle Pierre le Grand bâtira l’Empire. Je t’embrasse,
  2. satinvelours

    Histoire de la Russie

    Russie, lettre 12 : la création de l’État russe moscovite 8 octobre 2019 Samuel, Troisième partie : l’œuvre d’Ivan IV le Terrible (1533-1584) 1) Introduction La personnalité d’Ivan IV a marqué l’histoire de la Russie. Il reste dans les mémoires comme un personnage hors du commun, excessif dans l’exercice d’une tyrannie que d’aucuns jugent inspiré par la démence que d’autres jugent inspiré par le génie. Citons deux historiens : Bernard Pares, historien anglais ( 1867-1949) : « Le nouveau système mis en place par Ivan le Terrible était de la démence, mais c’était la démence d’un génie » Nicholas V. Riasanovsky, historien américain (1923-2011) : « Après le règne d’Ivan le Terrible la période des apanages est renvoyée définitivement au passé et l’absolutisme moscovite triomphe sans partage. Ivan IV fut le premier souverain moscovite à être couronné Tsar. En se nommant lui-même « autocrate » il souligna qu’il jouissait dans son royaume d’un pouvoir sans limites. Les actes d’Ivan le Terrible fournirent une démonstration stupéfiante du pouvoir arbitraire [dont il disposait]. Ivan le Terrible demeure le prototype du tyran russe ». Ivan né en 1530, mort en 1584, régna de 1533 à 1584. De 1533 à 1547 il régna en tant que Grand-Prince de Moscou et de Vladimir, puis en 1547 il fut couronné Tsar et il régna en tant que tel jusqu’en 1584. Il était le fils de Vassili III et de Héléna Glinska. Il faisait partie de la dynastie des Riourikides ou Rurikides qui régna sur la Rus’ de Kiev puis sur la Moscovie de 882 à 1598 (le fondateur de la dynastie fut le Varègue : Rurik, voir lettre 4). Vassili III était le fils d’Ivan III et de Sophie Paléologue. Ivan IV descendait donc par sa grand-mère de la dynastie des Paléologue, d’origine grecque, qui régna sur Constantinople de 1261 jusqu’à la prise de la ville par les Ottomans en 1453. Fort et fier de ses illustres origines Ivan se pensait en outre descendant de l’Empereur romain Auguste qui régna sur Rome de 27 avant l’E.C. jusqu’à 14 après l’E.C. En effet selon lui le frère d’Auguste, Prus, était l’ancêtre de Rurik. Aussi s’estimait-il au-dessus de tous les régnants d’Europe allant jusqu’à dire « Hormis nous (sous ce mot « nous » il se désignait ) et le sultan de Turquie aucun État n’a de souverain qui régna sans discontinuer depuis plus de deux cents années ». 2) La régence des Sept-Boyards Quand Vassili mourut en 1533, Ivan, son fils, était âgé de trois ans. Bien qu’il hérita du titre de Grand-Prince de Moscou et de Vladimir, il dut céder, jusqu’à sa majorité (17 ans), la réalité du pouvoir, à sa mère d’abord, Héléna Glinska, puis aux boyards (ou boïards). Les boyards étaient les descendants des anciens féodaux. Ils composaient la classe sociale supérieure, celle des serviteurs du Grand-Prince appelés encore « gens de service ». Il leur restait comme privilèges, après la perte des apanages, le droit de posséder et d’administrer de vastes domaines ruraux et de participer à la conduite des affaires de l’État. Réunis en assemblée, appelée la Douma, ils étaient consultés par le souverain chaque fois que d’importantes décisions devaient être prises. Néanmoins c’était toujours le souverain, qui, in fine, décidait. Ils remplissaient des fonctions majeures notamment dans l’armée ou dans la représentation de l’État russe à l étranger (ambassades). C’étaient des conservateurs qui défendaient d’abord leurs intérêts particuliers de propriétaires ruraux. Près des boyards existaient les « gens de taille », ceux qui payaient l’impôt. Dans les villes c’étaient les marchands et les artisans. Dans les campagnes c’étaient les paysans. Enfin il existait deux dernières catégories de gens, non taillables : les « libres », vagabonds ou mendiants qui vivaient de travaux occasionnels ou de charité, et les esclaves. Le clergé quant à lui avait ses propres possessions et ses propres règles mais il était aussi soumis au souverain. L’État moscovite était essentiellement tourné vers la guerre, d’où la nécessité d’un pouvoir fort et autocratique, fortement hiérarchisé, et dirigé par un décideur, un chef. Le service des armes était assuré par les gens de service, c’est-à-dire les boyards et tous les possesseurs de terre. A partir de 1533, Héléna, la mère du jeune prince, gouverna avec autorité en passant outre les intérêts des boyards. Elle fut ainsi la première femme à diriger la Russie. Mais elle mourut soudain en 1538, sans doute empoisonnée. Nul ne put jamais prouver ce possible empoisonnement mais Ivan fut toujours persuadé que les boyards en étaient les exécuteurs. Il perdit ainsi à 8 ans la présence d’une femme qui l’entoura toujours de son amour. L’épreuve de la mort de sa mère renforça son caractère volontaire et indomptable. Il dut faire face désormais au mépris des boyards qui le considéraient comme quantité négligeable. C’étaient désormais eux qui exerçaient le pouvoir, le partageant successivement entre deux familles princières : les Chouïski et les Belski. Humilié, seul, il connut un sentiment d’abandon qui le rendit amer et cruel. Il entretint dans sa solitude un sentiment de revanche et de vengeance aigu contre les boyards. Il passait tout son temps à lire, surtout des ouvrages religieux. Il se prosternait devant les icônes, jusqu’ à, selon la légende, en avoir le front marqué d’une callosité. Un jour exaspéré par l’attitude méprisante à son égard du boyard régnant, Andrei Chouïski, il ordonna à ses serviteurs de s’emparer du prince et de l’étrangler sous ses yeux : il avait 13 ans. De ce jour les boyards le craignirent. A 16 ans il s’engagea dans l’armée. Lors d’une bataille contre les Tatars cinquante arquebusiers de Novgorod lui remirent une pétition dans laquelle ils se plaignaient des vexations subies par leurs chefs. Ivan les fit exécuter. Alors que s’approchait sa majorité et le moment de régner, Ivan décida de trouver une femme et de se marier. Les ambassadeurs moscovites parcoururent l’Europe mais aucune femme ne plut au jeune homme. Alors il décida de choisir une Russe. Les hommes de confiance d’Ivan choisirent des jeunes femmes parmi les familles des boyards et les présentèrent à la cour. Ivan eut le coup de foudre pour la belle Anastassia, fille de Roman Iourievitch Zakharine-Kochkine, de vieille noblesse. Ce fut elle qu’il choisit. L’un des neveux d’Anastasia fondera par la suite la dynastie des Romanov qui régna sur la Russie de 1613 jusqu’ en 1918, jusqu’à l’exécution du dernier Tsar, Nicolas II, par les bolchéviks. Ayant trouvé la femme qu’il cherchait Ivan organisa son propre couronnement. Il décida de prendre le titre de Tsar, il régla tous les détails de la cérémonie pour la rendre la plus majestueuse possible. Le 16 janvier 1547 il fut proclamé Tsar de toutes les Russies en la cathédrale de l’Assomption de Moscou. L’idée de la Troisième Rome avait désormais une base concrète : le Tsarat de Moscou. Le 3 février 1547 il épousa Anastassia. Alors il commença à exercer le pouvoir réel. Mais enivré par son sacre le jeune homme laissa le pouvoir effectif à la famille de sa mère, les Glinski. Lui-même se livra à mille excentricités. Les Glinski gouvernèrent dans le seul souci des intérêts de leur clan, ils abandonnèrent le peuple à son sort. Jamais la Russie ne fut aussi mal gérée. Le 21 juin 1547 Moscou brûla. L’incendie détruisit toute la ville construite en bois. Le peuple se souleva. Il accusa les Glinski d’avoir mis le feu à la ville. Le 26 juin la foule entra dans le Kremlin, elle tua l’oncle du Tsar, Iouri Glinski. Puis elle exigea que le Tsar lui livra toute la famille Glinski. Ivan parvint à calmer le peuple. Puis il fut pris d’un remords intense. Il pensa que le Dieu révélé dans les icônes le punissait pour s’être désintéressé du peuple. Alors seulement la régence des Sept-Boyards cessa. Ivan enfin gouverna. Il avait 17 ans. Je t’embrasse,
  3. satinvelours

    Mes choix

    Vous me faites connaître des cultures que je ne connais pas, merci.
  4. Lettre 59-8 4 Octobre 2019 Samuel, XVI siècle La Pologne-Lituanie Nous avons cité la Pologne pour la première fois dans la lettre 57- Chapitre 1. Elle constituait au quatorzième siècle un royaume dirigé de 1333 à 1370 par Casimir-le-Grand. Ce souverain sut faire du petit pays créé vers le huitième siècle par les Polanes, une tribu slave, un état influent sur la scène européenne. Il doubla la superficie du territoire en repoussant notamment les Allemands qui le menaçaient à l’ouest. Rappelons que sous la pression de tribus nomades venues d’Asie centrale les Slaves se divisèrent en trois groupes dès le septième siècle : les Slaves de l’est, ceux de l’ouest et ceux du sud. Les Slaves de l’ouest sont les ascendants des Polanes. Ces derniers passèrent sous l’influence de l’Europe de l’ouest en se convertissant en 966 au christianisme. Lors du schisme de 1054 (voir lettre 54-1) les Polonais restèrent soumis à l’autorité de Rome, ils devinrent catholiques. [Les Russes, descendants des Slaves de l’est avec les Ukrainiens et les Biélorusses, basculèrent sous l’influence de Byzance, l’Empire romain d’Orient, ils devinrent orthodoxes. Nous voyons que la cassure culturelle entre Polonais et Russes remonte à loin. Quant aux Slaves du sud ils occupèrent les Balkans, ce sont les ascendants des Slovènes et des Serbes]. L’héritière du trône de Pologne, Hedwige, se maria en 1386 avec le Grand-Duc Jagellon de Lituanie, ainsi commença l’union politique entre la Pologne et la Lituanie. Le Grand-Duc, après s’être converti au catholicisme, prit le nom de Ladislas II Jagellon. Il gouverna la Pologne avec sa femme, jusqu’à la mort de celle-ci en 1399, puis seul, jusqu’à sa mort en 1434. Il gouverna la Lituanie de 1377 à 1387 date à laquelle il confia le gouvernement à un tiers (Skirgaila) jusqu’en 1392. Jagellon était le fils du Grand-Duc de Lituanie Olgerd lequel régna sur le duché de 1345 à 1377. Olgerd avait profité de l’effondrement de la Rus de Kiev (suite à d’incessantes guerres de succession et à l’irruption des Mongols et des Tatars) pour conquérir l’ancienne Russie kiévienne. En1392 l’union politique Pologne-Lituanie fut mise à mal : le cousin de Jagellon, Vitovt (converti lui aussi au catholicisme) prit le pouvoir en Lituanie et mena sa propre politique. Il s’attaqua à la principauté naissante de Moscou et au khan de la Horde d’Or [La Horde d’Or était le nom donné au territoire occupé par les Mongols-Tatars. Il comprenait la Russie méridionale (la Crimée, la région de Kazan et celle d’ Astrakhan) ainsi que le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan actuels]. Mais Vitovt fut écrasé par le khan lors de la bataille de Worskma en 1399. Il ne réussit pas plus à briser Moscou. Du coup il renoua avec la Pologne pour s’attaquer aux Allemands (l’Ordre teutonique) qui bloquaient l’accès à la Baltique grâce à leurs conquêtes territoriales : Prusse orientale et Livonie (incluse dans la Lettonie et l’Estonie actuelles). Les Polonais et les Lituaniens à nouveau réunis vainquirent les Allemands en 1410 lors de la bataille de Grunwald (Tannenberg en allemand). La domination de l’Ordre teutonique dans la région fut brisée et l’accès à la mer assuré. Vitovt mourut en 1430 ce qui permit à Jagellon de reprendre le pouvoir en Lituanie et d’installer à la tête de l’union la dynastie des Jagellons qui régna jusqu’en 1572. En 1569 sous le règne de Sigismond II Auguste, le dernier des Jagellons, fut signé le traité de l’Union de Lublin qui réunit le royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie en un seul État. Cette Union fut encore appelée : République des Deux Nations. L’ensemble couvrait un territoire qui allait de la mer Baltique à la mer Noire jusqu’aux portes de Moscou. Sa capitale fut d’abord Cracovie puis Varsovie à partir de 1596. [Ce territoire correspond à peu près aujourd’hui aux territoires de la Pologne, la Biélorussie, l’Ukraine, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie]. Ce traité donna ainsi naissance au plus grand État jamais connu en Europe (à l’exception de la Russie), d’une superficie de 800 000 km² et d’une population de 7 500 000 habitants. Sous le règne du successeur du dernier des Jagellons, Étienne 1er Bathory qui régna de 1576 à 1586, l’Union connut son âge d’or. Dans la lignée de Sigismond Auguste il ouvrit son pays aux influences occidentales : l’humanisme et la Renaissance. La production céréalière s’accrut, de nouvelles terres furent défrichées. Surtout il promut la liberté religieuse. Bien que catholique, soucieux de ne pas provoquer dans son royaume des guerres de religion, il permit l’exercice de tous les cultes. Les minorités religieuses, protestants et juifs, ne furent pas inquiétées. Déjà Sigismond en 1573 avait proclamé la liberté de conscience. La Pologne-Lituanie apparut ainsi comme un havre de paix : les persécutés, en raison de leur confession, vinrent s’y réfugier. Enfin Étienne Bathory consolida l’étendue de son territoire en prenant en 1582, à Ivan le Terrible, la Livonie. Mais l’Union était fragile. La noblesse exploitait de vastes territoires travaillés par une paysannerie de serfs asservis sans retenue. Cette même noblesse tentait avec succès de limiter le pouvoir royal en sacrifiant l’intérêt général à leurs intérêts provinciaux. Elle refusait de participer à l’effort financier de guerre, empêchant la création d’une armée nationale ce qui obligeait le roi à recourir à des mercenaires pour défendre les frontières. Or face à ce pouvoir royal affaibli, la Russie au même moment prônait l’autocratie et la toute puissance du pouvoir tsariste. La Pologne-Lituanie se préparait ainsi à des lendemains difficiles. J’espère que tu as passé une bonne fête de Roch Hachana. C’est en principe l’an 5780, que tu peux aussi interpréter, puisque la création du monde remonte à bien plus loin, comme le temps passé depuis le début de la création continue de la mémoire juive. Toujours, je pense à toi, Je t’aime,
  5. [Ainsi le rêve n’est pas une activité de la conscience, c’est une activité d’une autre partie du psychisme que la psychanalyse appelle l’inconscient. La conscience est forclose. Tout discours par définition, même explicatif, c’est la nature même du concept, c’est de découper les choses qui en soi se donnent d’une façon informe et diffuse. Penser c’est découper, d’où la métaphore du boucher chez Platon. Toute théorie découpe le réel, une certaine réalité. Nous avons besoin de cela pour penser les choses. La psychanalyse va découper le psychisme, va opposer des instances, l’inconscient, le conscient, pour nous permettre de comprendre une réalité vécue d’une façon diffuse. Est-ce que cela veut dire que dans la réalité ces barrières étanches existent ? Certainement pas. Donc notre très grande habitude de découper, d’analyser, de relier les choses d’une façon logique, du moins dans notre culture, ne peut pas ne pas induire des effets en retour dans des couches beaucoup plus profondes, c’est-à-dire dans des couches inconscientes. Bien sûr que dans la réélaboration du rêve il y a des choses logiques. Mais si l’on se réfère vraiment à la psychanalyse on sait aussi de ce fait que la logique du rêve, plus exactement les moments du rêve qui nous apparaissent comme étant logiques ne sont pas le rêve primitif. Ce sont le fruit du travail d’une réélaboration du rêve. Le contenu patent du rêve, ce dont nous pouvons avoir mémoire, a retravaillé, réaménagé, réélaboré, donc bien souvent en réinjectant des exigences logiques, ce qui est le rêve primitif, c’est-à-dire le contenu latent qui, lui, étant au plus près de la fiction n’a rien de logique. Donc toujours ce travail de réélaboration des choses à l’intérieur même de la théorie psychanalytique.]
  6. Et l’art suprême, n’est-il pas l’art de la contemplation tel que l’ont exalté Platon et Aristote ? Le premier à condamné l’œuvre d’art comme copie trompeuses de la réalité et le second l’a réduite à une pâle imitation de la nature. Dans cet ordre d’idée, le besoin de créer des œuvres constituerait l’aveu paradoxal d’une déficience dans l’art de la contemplation. Pourquoi ce besoin d’admirer des œuvres d’art alors que nous avons, avec les êtres vivants, une infinie d’expressions artistiques en mouvement. Pour unir le mot de Barrès à la théorie de Platon je dirai qu’une œuvre d’art est pour l’âme le moyen de substitution à son accès direct au monde des Idées… En ce sens, l’œuvre d’art serait une sorte de béquille devant permettre à notre âme déchue de se rapprocher du Ciel !
  7. Pour-soi signifie donc conscience, conscience positionnelle, être une conscience est par définition ne jamais pouvoir être de l’ordre des choses. C’est donc se saisir non pas sur le mode de l’en-soi, mode des choses, mais sur le mode justement opposé qui sera le mode du pour-soi. Pour-soi signifie donc conscience, conscience positionnelle, c’est-à-dire toute conscience est conscience de quelque chose. La conscience vide n’existe pas. Toute conscience se saisit au travers de son activité de représentation, c’est ce que signifie la célèbre phrase de Husserl « Toute conscience est conscience de quelque chose ». Nous ne pourrons en définitive nous saisir que comme conscience, c’est-à-dire comme des pour-soi et comme une conscience qui n’est pas en-soi, qui n’est pas une chose, qui n’est pas comme le voudrait Descartes une substance, mais comme le veulent les phénoménologues une activité incessante. Ma conscience n’est pas autre chose que l’ensemble des processus conscients qui la constituent. Si ces processus viennent à être suspendus, par exemple dans le sommeil, on peut dire littéralement que j’ai perdu ma conscience ou que je n’ai plus de conscience.
  8. L’art ne se limite pas à son aspect actif et créatif, mais comporte aussi un aspect contemplatif. On peut avoir un regard artistique sur le monde sans être soi-même à proprement parler un artiste. Or dans ce cas, l’art peut être pensé sans l’œuvre. L'être qui possède l’aptitude à voir la beauté cachée des choses les plus simples est un artiste qui se passe de toute création d’œuvre. Il me semble que c’est Maurice Barrès qui disait « Une œuvre d’art, c’est le moyen d’une âme ».
  9. El poeta dice la verdad Quiero llorar mi pena y te lo digo para que tú me quieras y me llores en un anochecer de ruiseñores, con un puñal, con besos y contigo. Quiero matar al único testigo para el asesinato de mis flores y convertir mi llanto y mis sudores en eterno montón de duro trigo. Que no se acabe nunca la madeja del te quiero me quieres, siempre ardida con decrépito sol y luna vieja. Que lo que no me des y no te pida será para la muerte, que no deja ni sombra por la carne estremecida. Traduction : André Belamich Le poète dit la vérité Je veux pleurer ma peine et te le dire pour que tu m’aimes et pour que tu me pleures par un long crépuscule de rossignols où poignard et baisers pour toi délirent. Je veux tuer le seul témoin, l’unique, qui a pu voir assassiner mes fleurs, et transformer ma plainte et mes sueurs en éternel monceau de durs épis. Fais que jamais ne s’achève la tresse du je t’aime tu m’aimes toujours ardente de jours, de cris, de sel, de lune ancienne, car tes refus rendus à mes silences se perdront tous dans la mort qui ne laisse pas même une ombre à la chair frémissante. Il est évident que le temps a manqué au poète assassiné pour donner plus d’ampleur à sa dernière œuvre en vers. Les Sonnets sont le dernier éclat, poignant, de son génie créateur. André Belamich. Poésies IV
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