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satinvelours

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  1. Ce que nous tenons pour vraies ce sont nos perceptions. Avant qu’elles deviennent représentations (re-présentations). Le seul fait de nommer les choses en transforme la nature. Si je découvre une chaîne de montagnes, encore inconnue pour moi, elle me parait floue. Mais si je nomme les sommets et les vallées en me référant à un atlas, soudain la chaîne se précise. Je passe de la simple perception à la représentation. La chaîne m’est re-présentée par le seul fait de pouvoir en nommer les constituants. Notre réflexion (la conscience réflexive) se développe à partir du langage. L’acte de nommer me fait aussi passer de la perception (réception d’informations) à l’idée qu’il existe un lieu d’émission, un objet-source de ces informations. L’idée qu’il existe un objet source provoque à son tour l’idée que je suis un sujet de réception, d’où la conception d’une séparation radicale entre l’objet source et l’objet réceptif. (D’où aussi cette volonté des Hébreux de ne pas nommer « Dieu » ni de le représenter, puisque dans leur foi, « Dieu » ne peut pas être un objet (fut-il divin), ce qu’il devient forcément s’il est nommé ou représenté). Qu’est-ce que cela signifie : nommer, et donc accéder à l’idée d’objet ? Cela signifie que nous entrons sous le règne de la causalité. La causalité régule l’activité consciente. Elle est le mode de fonctionnement de la conscience. La causalité induit l’idée d’une source à toute émission d’informations. C’est l’activité consciente , construite autour du langage, qui introduit la causalité, et la construction de l’idée d’objet-source, ou objet-cause en complément de ce qui n’est que perception.
  2. satinvelours

    Histoire de la Russie

    Russie, lettre 7 15 juin 2019 Samuel, En 1223 la cavalerie de l’armée mongole envoyée en reconnaissance par Gengis Khan, forte de 25 000 guerriers, fit irruption dans le Nord-Caucase. Elle écrasa une armée composée de Russes et de Polovtsy venue à sa rencontre près de la rivière Kalka (rive nord de la mer d’Azov). Puis elle repartit. Les Russes pensaient qu’ils ne reverraient plus ces envahisseurs. Mais dans les profondeurs de l’Asie une nouvelle invasion se préparait. Les Mongols qui vivaient depuis des siècles sur le territoire de l’actuelle Mongolie et dans les régions limitrophes de Mandchourie et de Sibérie étaient un peuple de nomades qui pratiquait l’élevage de moutons et de chèvres pour la consommation et celui de chevaux, de chameaux et de yaks pour les déplacements. Ils ne connaissaient pas l’écriture. Ils excellaient dans l’art de l’équitation et dans celui du tir à l’arc. D’esprit belliqueux ils se perdaient dans des luttes tribales jusqu’au jour où naquit Temudjïn, né en 1155 ou 1157. Chef extraordinaire, inspiré, il s’estima porteur d’une mission divine : établir la justice sur Terre. Il unifia les Mongols et prit le nom de Gengis Khan (il fut le premier Khagan, c’est-à-dire le premier empereur de l’empire mongol). Il fit de son peuple un état nomade en marche, organisé pour faire la guerre. Les soldats devaient servir dans l’armée de 14 à 70 ans. Chacun était l’égal de chacun mais tous devaient respecter la loi (le droit coutumier). Quiconque était déloyal ou enfreignait la loi était puni de mort ou banni en Sibérie. Gengis Khan envahit la Chine puis il terrassa les États musulmans de l’Asie centrale. Il mourut en 1227. Son troisième fils Ögödei devint le deuxième khagan. En 1235 Ögödei déclencha la guerre mondiale. Trois armées partirent dans trois directions. L’une vers la Chine, l’autre vers la Perse, la troisième vers la Russie. Nous avons suivi le parcours de la deuxième armée dans la lettre 56 deuxième partie de l’histoire des Hébreux. La troisième armée était commandée par Batou, petit-fils de Gengis Khan. Il disposait de 30 000 guerriers dont 4 000 Mongols et 25 000 Tatars, l’une des tribus turques soumises de la steppe. Il franchit l’Oural en 1236 et s’attaqua aux Bulgares de la Volga détruisant leur capitale Bolgar (voir lettre 3). En 1237 il fondit sur Riazan (200 km au sud-est de Moscou) et prit la ville au bout de cinq jours de combats acharnés. Toute la population fut massacrée. Ensuite au cours de l’hiver 1237-1238 il attaqua la principauté de Vladimir-Souzdal (voir lettre 6). Grâce au gel il franchit les cours d’eau gelés avec rapidité, ainsi vainquit-il le grand prince de la principauté. Il se dirigea vers Novgorod mais en raison de la venue du printemps qui amorça le dégel, rendant impraticables les chemins, il préféra se retirer dans la steppe du sud pour préparer pendant dix-huit mois sa nouvelle offensive. En 1240 il donna l’assaut à la région de Kiev. La ville résista mais fut finalement vaincue. Batou rasa la ville et extermina sa population. Les Mongols ensuite submergèrent les principautés de Galicie et de Volynie (régions situées actuellement à l’ouest de l’Ukraine), avant de s’attaquer à la Pologne et à la Hongrie. Il poussa jusqu’à Split et Dubrovnik sur l’Adriatique. Il s’apprêta à attaquer Vienne. Épouvantée l’Europe prépara sa résistance. En 1241 le roi Conrad de Germanie appela à la croisade contre ceux que les Occidentaux appelaient désormais les Tartars par référence à l’Enfer dont ils semblaient sortis (le Tartare, dans la mythologie grecque, est l’endroit le plus profond des Enfers). C’est alors que Batou apprit la mort d’Ögödaï. L’élection d’un nouveau grand khan (un nouveau Kaghan) requit sa présence à Qaraqoroum, la capitale de l’empire mongol. Il arrêta sa campagne de conquête et, en 1242, il ramena ses armées dans les steppes méridionales. Il se contenta alors de maintenir sa domination sur la Russie. Il installa son quartier général sur la basse Volga dans ce qui devint la ville de Saraï Batou (située près de la ville actuelle de Volgograd) et la capitale du territoire connu sons le nom : la Horde d’Or. C’est de là qu’il exerça son pouvoir. [Volgograd est le nouveau nom de la ville de Stalingrad, ville qui résista aux armées allemandes pendant la deuxième guerre mondiale, initiant ainsi la future défaite du troisième Reich].[La Horde d’Or comprenait un territoire qui couvrait la Russie méridionale, le Kazakhstan, l’ Ouzbékistan et le Turkménistan actuels]. La domination mongole signifiait que c’étaient les Mongols, d’abord le grand khan en Mongolie puis le potentat de la Horde d’Or qui accordaient l’investiture aux grands princes russes. En outre elle impliquait le paiement d’un tribut. Les Mongols réussirent à garder le contrôle effectif du pays de 1240 à 1480. C’est alors qu’Ivan III de Moscou dénonça son allégeance envers le khan et du même coup celle de la Russie. Plus tard l’expansion russe absorba les États qui avaient recueilli l’héritage de la Horde d’Or : le khanat de Kazan en 1552, celui d’Astrakan et 1556 et enfin celui de Crimée en 1783. L’époque du joug mongol XIII-XV siècles a laissé dans la conscience populaire russe un souvenir douloureux. Le Tatar est l’ennemi, l’infidèle, l’envahisseur étranger. Pourtant l’invasion de Batou révolutionna la Russie. Elle favorisa son unité en stoppant les guerres fratricides auxquelles se livraient les princes. En revanche elle coupa la Russie de l’Occident. Le pays resta ainsi hermétique au nouvel esprit de l’humanisme et de la Renaissance apparu en Italie au XV siècle. Batou maintint les pouvoirs locaux dès lors qu’ils payaient le tribut, ne se livraient plus à la guerre et venaient faire acte d’allégeance à Saraï. Il laissa les populations exercer leur religion. Je t’embrasse
  3. À la suite de Marx, Sartre prend sur lui cette thèse et tente de l’appliquer, de la réaliser. Il emprunte à Marx, dans la dette marxiste, le concept purement marxiste de pratique théorique. Jusqu’à Marx les philosophes ont dûment séparé la théorie de la pratique si bien que cela a abouti à ce type d’adage : ce qui est vrai en théorie ne l’est pas en pratique. Il y a un hiatus, voire un abîme entre la théorie et la pratique. Marx va se trouver avec cet héritage : comment articuler la théorie sur la pratique ? Cela va donner chez Marx le concept de principe théorique. Non seulement il est possible d’articuler théorie et pratique, mais la pensée est déjà une forme de pratique. Être théoricien sur l’économie, sur l’histoire c’est déjà militer dans le monde, imposer des valeurs, soutenir des intérêts. Alors la théorie est une forme de pratique, elle n’est qu’une modalité de la pratique. L’un des effets secondaires de ce concept, pratique théorique, que reprend Sartre [concept très important dans sa pensée], c’est l’idée que l’intellectuel n’est pas quelqu’un d’à part. Au contraire l’intellectuel a une tâche propre en tant qu’intellectuel, c’est de vivre parmi ses semblables, d’expérimenter, de monter sur les barricades et non pas de rester terré pour produire théoriquement. Il doit s’exposer pour comprendre l’histoire, comprendre la vie, ne pas développer de grands systèmes théoriques et s’étonner que dans la pratique cela ne fonctionne pas particulièrement. Cette notion de pratique théorique est importante, car elle a permis à Marx de constituer le concept moderne de l’intellectuel, de l’intellectuel comme homme engagé. C’est ce qui sera repris par Sartre est mis en pratique.
  4. Kant pense que le phénomène est au fond l’empreinte du « réel », de la chose en soi, sur l’esprit humain. C’est en cela qu’il induit le lecteur en erreur. Car il pense alors que l’esprit traite cette empreinte. Or l’esprit ne traite pas une empreinte, il traite un ensemble d’informations. Et c’est ainsi qu’il est possible de lever ce grand mystère propre à la philosophie kantienne : comment se fait-il que l’esprit puisse traiter une réalité, le phénomène, totalement hétérogène avec l’humain, avec la réalité humaine ? Les commentateurs kantiens se cassent les dents sur ce problème et leurs explications sont extrêmement fumeuses. Mais si l’esprit humain ne traite que les informations qui concernent uniquement l’être humain, fait de chair (matière) et de sentiments, alors le mystère s’éclaircit. Car tout ce qui est hétérogène avec l’humain n’est tout simplement pas traité par l’esprit humain. C’est d’ailleurs ce qu’écrit Kant lorsqu’il décrit comment les catégories de l’entendement s’emparent du phénomène pour l’expurger de tout ce qui n’intéresse pas l’humain. Ses descriptions (du traitement des informations phénoménales) sont toujours pertinentes. Ses trois synthèses, la synthèse de l’appréhension dans l’intuition, la synthèse de la reproduction dans l’imagination, et la synthèse de la recognition dans le concept, notamment, sont époustouflantes. Mais sa description est tout de même une spéculation, c’est-à-dire le résultat de son activité consciente. Il tente de décrire la nature de l’activité inconsciente pour expliquer la perception. On peut retenir que l’activité inconsciente ne cherche pas du tout à donner une image d’un soi-disant réel. L’activité inconsciente traite les phénomènes dans la mesure où ils concernent l’humain, dans la mesure donc où ils présentent une menace ou au contraire une opportunité pour l’activité humaine. Cette activité inconsciente ne traite que ce qui est « humain » dans le « réel ». C’est l’activité consciente qui, ensuite, va construire des modèles ou des représentations. Elle utilise pour cela son versant réflexif. Il ne s’agit plus de la conscience qui appréhende (la conscience de «quelque chose », qui est juste la réceptivité de la perception) elle utilise sa capacité à réfléchir sur ses propres perceptions. Alors, et alors seulement, apparaît tout un monde spéculatif. C’est dans le cadre de l’activité de la conscience réflexive qu’apparaissent les concepts, puis les Idées, Dieu, l’âme, l’esprit etc. Tous ces mots renvoient à l’activité spéculative de la conscience réflexive.
  5. Gacela del recuerdo de amor No te lleves tu recuerdo. Déjalo solo en mi pecho, temblor de blanco cerezo en el martirio de Enero. Me separa de los muertos un muro de malos sueños. Doy pena de lirio fresco para un corazón de yeso. Toda la noche en el huerto mis ojos, como dos perros. Toda la noche, corriendo los membrillos de veneno. Algunas veces el viento es un tulipán de miedo, es un tulipán enfermo, la madrugada de invierno. Un muro de malos sueños me separa de los muertos. La niebla cubre en silencio el valle gris de tu cuerpo. Por el arco del encuentro la cicuta está creciendo. Pero deja tu recuerdo déjalo solo en mi pecho. Traduction : André Belamich Gacela du souvenir d’amour N’importe pas ton souvenir. Laisse-le tout seul à mon cœur, frisson de blanc cerisier dans le martyre de janvier. Un mur de songes mauvais me sépare des trépassés. Je donne une peine de lys frais pour un cœur de plâtre. Toute la nuit, dans le jardin mes yeux, comme deux grands chiens. Tout au long de la nuit, traquant le coing et son venin. Le vent, qui semble quelquefois une tulipe de frayeur, est une tulipe souffrante, par une matinée d’hiver. Un mur de songes mauvais me sépare des trépassés. La brune couvre, silencieuse, la vallée grise de ton corps. Sous l’arche de notre rencontre la ciguë maintenant grandit. Mais laisse-moi ton souvenir, laisse-le tout seul en mon cœur. Cette Gacela est un poème du souvenir, contrairement au reste des poèmes du Diván del Tamarit où l’amour est notoirement plus présent. L’idée de l’amour en tant que passé est peu courante. C’est l’idée du souvenir et de la transformation que le monde présente à la lumière de ce souvenir. Cela renforce l’idée de la distance entre le monde extérieur et le monde intérieur. Mais le souvenir reste. La voix poétique demande à ne garder que le souvenir d’une « blessure qui, toujours ouverte, fait que vous vous sentez toujours en vie ».
  6. Troubadour, prends ton luth ou ta guitare et mets en musique ce poème que tu viens de traduire en langue provençale. Allez, on attend!
  7. Les perceptions extérieures et intérieures (ce dont nous prenons consciemment connaissance) ne sont pas des représentations. Ce postulat adopté par les philosophes occidentaux est faux. Nous prenons connaissance d’informations. Ces informations sont sélectionnées en fonction de l’action, de l’action possible, du danger, du danger possible. Aucune perception n’est fondée sur une évaluation préalable d’un « réel » indépendant de nous. « Le cerveau est fait pour l’action ». Les représentations que nous nous faisons ensuite sont le produit d’une délibération consciente. C’est l’activité consciente qui bâtit le « réel » et ses représentations. Ce ne sont pas nos perceptions. Nos perceptions visent à la survie et à la réalisation de nos besoins (survie encore) et désirs (accomplissement de soi). Le mur que je perçois est l’information suivante, élaborée par l’activité inconsciente avant de parvenir à la conscience où l’information se transforme en image (le mur) : dans telle direction, à telle distance, il existe une « compacité » propre à empêcher mon déplacement. C’est tout. Il n’ y a pas considération d’un « réel» il y a considération de phénomènes propres à permettre ou à interdire l’action.
  8. La distinction sens extérieur/perception extérieure/sens spatial et sens intérieur/perception intérieure/sens temporel paraît pertinente. La perception extérieure (les cinq sens) confère aux choses perçues un caractère de réalité plus affirmé que la réalité conférée par la perception intérieure aux sentiments (en appelant sentiments l’ensemble des perceptions intérieures). Les objets extérieurs (locution superfétatoire si l’extériorité n’appartient qu’aux objets) s’imposent à nous, dans leur existence, de manière radicale. Impossible de passer outre leur existence sauf à mettre en danger ma propre existence. Alors que je peux, dans une certaine mesure, passer outre mes sentiments. Je peux toujours philosopher sur la réalité ou la non-réalité de la voiture qui m’arrive dessus je finis par choisir de lui donner la réalité et l’existence si je veux survivre. Les monde des objets extérieurs (perçus donc par les cinq sens) est justement composé d’objets c’est-à-dire de réalités localisées dans l’espace (et dans le temps puisque les perceptions extérieures laissent une trace dans le monde des perceptions intérieures, sous la forme d’impressions et de mémoires). Nous avons déjà là un fil conducteur : ce que je ne peux pas localiser, ce que je ne peux pas spatialiser n’est pas : objet. Ainsi l’espace n’est pas un objet. Tous les objets sont dans l’espace mais l’espace n’est pas dans l’espace. L’espace n’est pas un objet perceptible, les tentatives pour le définir à la manière d’un objet seront toujours vaines. L’espace ne fait pas partie du monde extérieur même si nous logeons le monde extérieur dans l’espace.
  9. Cette dette marxiste on la trouve dans l’ensemble de la philosophie sartrienne, dans tout ce qui concerne la grande pensée de la liberté. Et de l’autre côté cette vie à penser et à s’engager, et donc à pousser plus loin sa pensée, pourrait passer pour l’illustration de la 11e thèse sur Fuerbach que travaille Marx. « Jusqu’à présent les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, il s’agit maintenant de le transformer » Marx Fuerbach était un idéologue du XIXe siècle, durement critiqué par Marx, surtout connu par un ouvrage majeur « L’essence du christianisme » dans lequel Fuerbach, qui pourtant était quelqu’un de progressiste, essayait de démontrer qu’il y avait des valeurs dans le christianisme qui étaient susceptibles de faire évoluer les sociétés. Marx va critiquer Fuerbach en montrant que tant que l’on reste dans des perspectives religieuses, ce progrès trouve assez rapidement une limite, notamment parce qu’il y a certains types d’actions et un devenir de l’homme qui échappent à l’homme. Par définition une opposition religieuse suppose que l’on s’en remette à la décision divine quant à son destin. C’est ce qui, aux yeux de Marx, il faut effacer. Cette 11e thèse, comme la dernière, montre que certes la philosophie a une utilité, puisque c’est une activité qui consiste à penser le monde, mais penser le monde n’est pas suffisant. Il s’agit de le transformer. La pensée ne sert à rien si elle ne se concrétise pas, et si elle ne libère pas une modalité d’action.
  10. satinvelours

    Histoire de la Russie

    Russie, lettre 6 12 juin 2019 Samuel, Vladimir laissa derrière lui douze fils. Il s’ensuivit une guerre de succession dont l’aîné , Sviatopolk, aidé par les Polonais, sortit vainqueur, tuant trois de ses frères. Un autre fils de Vladimir, Iaroslav, régnait sur Novgorod. A la tête d’une droujina composée de Novgorodiens et de Varègues il attaqua Sviatopolk. Ce dernier s’allia avec les Pétchénègues pour combattre son frère. Iaroslav remporta la victoire, Sviatopolk se réfugia en Pologne. En 1018 les Polonais décidèrent de restaurer Sviatopolk sur le trône de Kiev en échange de cession de terres. Iaroslav fut vaincu et se réfugia à Novgorod. En 1019 il contre-attaqua et repris Kiev. En 1023 il dut affronter un autre de ses frères, venu de l’est, qui s’allia avec des Khazars. Il repoussa ces troupes et réussit à rester sur le trône jusqu’à sa mort en 1054. Ainsi Iaroslav sut résister aux intentions hégémoniques de l’Occident et de la chrétienté latine en repoussant les Polonais et aux intentions hégémoniques asiatiques en repoussant Petchénègues et Khazars. Il affermit la puissance de la Rus’ de Kiev qui atteignit son apogée sous son règne. Il étendit son territoire de la Baltique à la mer Noire et du confluent de l’Oka avec la Volga jusqu’aux Carpates. Grâce à une politique habile de mariages, lui-même avec une princesse suédoise, sa sœur, ses filles et ses fils avec des rois de France, de Norvège, de Hongrie, de Pologne et de Byzance, il s’apparenta aux maisons princières d’Europe et de Constantinople. Son nom resta attaché au renouveau du christianisme orthodoxe ainsi qu’au développement du droit, de l’éducation, de l’architecture et de l’art kiéviens. Il partagea son royaume entre ses cinq fils. Il s’ensuivit de nouveau de violentes guerres de succession. De plus l’État kiévien dut subir à partir de 1055 les attaques d’un nouvel ennemi : les Polovtsy, nomades turcs venus de la steppe orientale. Tour à tour vainqueurs et vaincus, prenant part aux guerres fratricides, ils ne cessèrent de menacer la Russie. En 1113 Vladimir II Monomaque réussit à prendre le pouvoir et à restaurer l’autorité royale sur tout le pays jusqu’à sa mort en 1125 (il était le fils de Anastasia Monomaque, unique fille de l’empereur byzantin Constantin IX Monomaque). Il eut raison des princes concurrents, parvint à repousser les Polovtsy et à accroître l’étendue du royaume. Son fils Mstislav régna de 1125 à 1132 et parvint lui aussi à maintenir l’unité du pays. Mais ensuite les guerres civiles reprirent. L’auteur de « La chronique » (voir lettre 4) écrivit : « Alors toute la Terre russe s’effondra ». En effet le siècle qui s’écoula de la mort de Mstislav jusqu’à l’arrivée des Mongols en 1223 fut dominé par des luttes fratricides qui furent à l’origine de l’effondrement de la Russie de Kiev. Un homme se distingua pendant cette période, le petit-fils de Vladimir II Monomaque ( sa mère était une fille du khan des Polovtsy) : Andréï Bogolioubski. Né en 1111 il devint en 1157 grand prince de Vladimir-Souzdal (ville située à 200 kilomètres à l’est de Moscou). Préférant vivre dans le nord du pays, hostile aux populations du sud, il attaqua Kiev en 1169. Le chroniqueur écrivit : « Les vainqueurs n’épargnèrent ni les temples, ni les femmes, ni les enfants ». Andreï abandonna Kiev à son frère et transféra la capitale du royaume à Vladimir. Il gouverna de manière despotique, humiliant les princes en les traitant tels des valets, dédaignant les aristocrates et s’appuyant sur des serviteurs issus des couches les plus basses et les moins évoluées de la population, serviteurs de qui il exigeait loyauté et soumission totales à sa personne. Ses lointains héritiers, Ivan IV le Terrible et Pierre le Grand reprirent plus tard cette manière d’être tyrannique. Il fit de Vladimir l’une des plus belles villes de Russie, riche en églises, peuplée d’artisans et de marchands. Il fut assassiné en 1174. A sa mort ses successeurs consolidèrent le rôle central de la nouvelle capitale Vladimir et continuèrent d’affaiblir Kiev qui tentait de renaître de ses cendres. En 1203 ils attaquèrent à nouveau l’ancienne métropole et la ville fut pillée, incendiée, toutes les églises brûlées et les habitants menés en captivité. Puis ils s’attaquèrent à Novgorod, dans le nord, autre ancienne ville influente de la Rus’ de Kiev. Ils ne purent aller au bout de leur entreprise de destruction : en 1223 arriva la horde sauvage des Mongols. Dans sa chute Kiev laissa à la future Russie son héritage : une religion, une langue, une littérature, une culture. Le concept de « Terre des Russes » forgé à Kiev devint la référence éternelle de tous les Russes. Ce lien d’unité leur permit de survivre en tant que grand peuple et de jouer plus tard un rôle historique majeur sur la scène mondiale. Après la chute de Kiev le pays connut une période appelée période des apanages, l’apanage étant le territoire attribué à chaque prince. Du fait des partages successoraux les apanages proliférèrent provoquant la division du territoire et l’affaiblissement du pays. Ce morcellement s’accompagna de mouvements de populations vers le sud-ouest, l’ouest, le nord et surtout le nord-est du royaume. De nouvelles régions prirent de l’importance : Galicie et Volynie au sud-ouest, les territoires de Smolensk et de Polotsk à l’ouest, Novgorod au nord, les principautés de Rostov, Vladimir, Souzdal et finalement Moscou au nord-est. La chute de Kiev provoqua la division des Russes kiéviens en trois peuples distincts : les Grands Russes, ou Russes tout court, les Ukrainiens et les Biélorusses appelés Russes blancs. Tandis que la Lituanie et la Pologne s’emparaient de la partie occidentale de l’État kiévien ce qui restait du royaume devint l’objet de luttes entre princes concurrents, lutte qui se termina par la victoire de Moscou. Le rassemblement des terres russes mené par les maîtres de Moscou marqua la fin des apanages et le début d’une ère nouvelle. L’unification politique du pays s’accompagna alors d’un renouveau de l’économie et de l’émergence d’une nouvelle Russie moscovite. Les historiens font coïncider la fin de la période des apanages avec l’avènement sur le trône moscovite d’Ivan III en 1462, ou avec celui de Basile II en 1505 ou encore avec celui d’Ivan le Terrible en 1533. Mais pour beaucoup la naissance de la nouvelle Russie fut l’œuvre d’Ivan IV le Terrible. Nous reparlerons de tous ces événements dans les lettres qui vont suivre. Je t’embrasse
  11. Madrigal â cibdá de Santiago Chove en Santiago meu doce amor. Camelia branca do ar brila entebrecida ô sol. Chove en Santiago na noite escura. Herbas de prata e de sono cobren a valeira lúa. Olla a choiva pol-a rúa, laio de pedra e cristal. Olla no vento esvaído soma e cinza do teu mar. Soma e cinza do teu mar Santiago, lonxe do sol. Ãgoa da mañán anterga trema no meu corazón. Madrigal de la ciudad de Santiago Llueve en Santiago mi dulce amor. Camelia blanca de aire brilla temblorosa al sol. Llueve en Santiago en la noche oscura. Yerbas de plata y de sueño cubren la nueva luna llena. Mira la lluvia por la rúa lamento de piedra y cristal Mira el viento descolorido sombra y ceniza de tu mar. Sombra y ceniza de tu mar Santiago, lejanía del sol. Agua de la mañana antigua tiembla en mi corazón. Traduction : André Belamich Madrigal à la ville de Saint-Jacques Il pleut sur Saint-Jacques mon doux amour. Dans le ciel brille et frissonne le camélia blanc du jour. Il pleut sur Saint-Jacques dans la nuit obscure. L’herbe d’argent du sommeil recouvre l’aride lune. Voilà pluie dans la rue, plainte de pierre et de verre. Vois dans le vent évanouie l’ombre cendrée de la mer. L’ombre cendrée de la mer Saint-Jacques loin du soleil. L’eau de tes matins mouillés au fond de mon cœur ruisselle. Ce poème est le premier des six poèmes écrits en galicien par Lorca (celui que je préfère)."Lorca se rend plusieurs fois en Galice et ses impressions sur ce pays se reflétent dans différentes pièces de son travail. Son premier contact avec la communauté galicienne a lieu en 1916, jeune étudiant de 18 ans, lors d’un voyage avec ses camarades étudiants, guidé par un professeur.Il revient en Galicie à trois autres occasions au cours de la décennie des années 30, alors qu’il était déjà un écrivain reconnu. Grand ami, grand admirateur du recueil de chants médiévaux galiciens et de la figure de Rosalia de Castro, il dédie son premier poème, Madrigal assez á cibda de Santiago, à la ville de Compostelle, qui suscite en lui de nombreuses passions."
  12. Macron a mis fin à la grande hypocrisie selon laquelle la gauche (politique) était opposée à la droite (politique). Il a su réunir gauche et droite sous son seul parti (ou mouvement). Cela dit il y a sans doute des raisons objectives à l’avènement d’une telle unification (pour le moment je ne vois pas lesquelles). Car tout de même l’intérêt de la gauche et de la droite était de fourvoyer les électorats dans des différenciations exagérément dramatisées : première gauche, seconde gauche, droite légitimiste, droite orléaniste, droite bonapartiste. Ces différenciations permettaient de ratisser large. Maintenant on sort de l’hypocrisie. Toutes ces « tendances » sont subsumées sous la REM. Y a t il une opposition possible ?
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