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satinvelours

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  1. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    Qu’est-ce qu’une substance ? 
C’est une réalité individuelle dont l’existence est pensée comme substrat des accidents ou des qualités. Aristote parvient donc à cette définition : 
Nous appellerons substance toute réalité individuelle dont l’existence est d’abord pensée comme substrat. C’est-à-dire comme quelque chose qui va subsister de l’ensemble des qualités et des accidents qui vont affecter la substance et à propos de laquelle on va prédiquer la chose.
 Quand nous allons parler, nous n’allons pas nous contenter de dire un âne ou l’âne. Pour que le propos ait un sens, il va falloir prédiquer des choses, c’est-à-dire rapporter un ensemble de qualités à ce sujet ou à cette substance, et dire quelle action s’opère sur elle, ou quelle action fait cette substance. C’est pour cela qu’il faut rajouter que la substance n’est pas ce qui est prédiqué de quelque chose, mais ce à propos de quoi on prédit quelque chose, ce à quoi on rapporte des qualités et de l’autre côté des actions, puisque nous n’arrêtons pas d’agir sur les choses et sur les gens. 

 Ce qui change par rapport à Platon c’est que nous ne pensons plus avec Aristote que l’idée a une réalité en soi, et qui plus est une réalité transcendante qui existe donc au-delà de notre monde phénoménal et sensible, mais que les concepts n’existent que parce que ce sont des termes prédicables d’une substance.

 Il faudra néanmoins distinguer parmi les substances, les substances premières et les substances secondes. Il y a une gradation qui correspondra à une gradation dans l’existence. Il y aura des degrés d’existence. Une fois cette définition posée, Aristote va hiérarchiser, va introduire des subdivisions subtiles à l’intérieur même de la notion de substance et va montrer que la substance première se confondra avec le sujet au sens grammatical. 
 Cette substance sera précisée par l’adjonction de substance seconde plus importante, au sens où la substance seconde donne une qualité qui ne peut être arrachée totalement à la substance première sans l’altérer profondément. A ces substances secondes, on ajoute une multitude d’accidents qui sont variables, changeables, absolument contingents donc jamais nécessaires.
 « Je vois Socrate un homme blanc, assis sur un banc »
. Socrate est sujet, c’est donc la substance au réel, au sens premier, c’est donc la substance première.
 Socrate qui est un homme blanc : on dira que l’homme est ici une substance seconde, c’est-à-dire que le rôle de cette substance seconde est de me permettre d’identifier cette substance première, Socrate, avant de reconnaître Socrate et non Diogène.
 Je sais que Socrate, comme Diogène, est un homme. La substance seconde n’a pas le même poids que l’accident, me permet d’identifier la chose particulière en la rapprochant en général à quelque chose de générique.
 Par exemple : je sais que cela est une table, je le sais parce que je m’arrache à la perception et au jugement qui s’attachent à cette chose-là, et je le raccroche à une catégorie beaucoup plus vaste qui est le concept de table. En langage aristotélicien, table serait une substance seconde qui va me permettre d’identifier cette chose-ci et pas une autre. En imaginant une table différente des autres, je verrai les différences, mais je saurai que c’est une table.
Le rôle de la substance seconde c’est de mener à bien l’opération d’identification des choses et des êtres d’une façon générale. 
Alors, à cette substance seconde se rajoute des accidents variables : blanc, ici la couleur, c’est quelque chose. Socrate est assis sur un banc- assis, banc, sont des accidents, et assis avec la précision, sur un banc, de la modalité de la substance. 
Donc ce qui relève de la substance c’est toute la réalité individuelle, de sorte qu’ici on est en opposition avec Platon qui conférait le maximum d’être, donc d’existence à ces essences.
 Ici on est apparemment dans un domaine où les choses se passent à l’envers, c’est-à-dire que c’est seulement la substance individuelle qui existe au sens le plus étroit et le plus fort du terme. Néanmoins, il ne faut pas nous laisser abuser par le fait qu’ Aristote a l’air de prendre acte de la réalité empirique, de s’intéresser à des êtres qui existent matériellement et qui sont, au sens courant du terme, réellement existants.
 Cela n’a pas suffi pour le conduire à une réflexion sur l’existence en tant que telle, à lui conférer une certaine forme d’autonomie.
  2. satinvelours

    « Boire un grand bol de sommeil noir... »

    La ponctuation chez Éluard est de moins en moins utilisée en poésie à mesure qu’il avance dans son art. A partir d’une certaine époque, il n’emploie plus que le point dans sa poésie versifiée. Cette absence de ponctuation influence l’intonation parce que l’on a toujours tendance à tout dire sur le même ton. Apollinaire est Mallarmé lisaient inexpressivement la poésie non ponctuée. Cela produit une ambiguïté grammaticale, c’est la suggestion ambiguë de la poésie lyrique. Le discours clair et logique, selon Mallarmé, s’oppose à toute poésie . Une brise de danses Par une route sans fin Les pas des feuilles plus rapides Les nuages cachent ton ombre. La bouche au feu d’hermine A belles dents le feu Caresse couleur de déluge Tes yeux chassent la lumière La foudre rompt l’équilibre Les fuseaux de la peur Laissent tomber la nuit Au fond de ton image.
  3. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    Qu’est-ce qui n’est pas une substance ? Nous avons vu l’ensemble des qualités que nous appelons accident. Est-ce tout ? Non dit Aristote. Il y a une autre catégorie qu’il ne faut pas oublier, ce sont les termes génériques que nous n’arrêtons pas d’utiliser dans les phrases les plus banales de tous les jours et qui ne peuvent pas constituer véritablement des substances. Par exemple l’homme, au sens de l’être humain et non pas l’être de sexe masculin, l’homme ne peut pas exister tout seul. D’où le nominalisme. Comme dit Aristote je vois ce cheval dans le pré, mais en voyant ce cheval, je ne peux pas voir le Cheval, c’est-à-dire la chevalinité. C’est un terme générique que nous construisons purement mentalement pour nous permettre d’identifier des êtres singuliers, divers. C’est une ruse pour sortir de tous les problèmes que posent la différence en tant que différence en elle-même et pour elle-même. Comme nous héritons depuis Parménide d’une logique qui est la logique de l’identité, la différence fait toujours problème. L’invention de termes génériques est une invention qui permet de poser des enveloppes vides, de grands réservoirs dans lesquels nous pourrons fourrer des êtres qui présentent des qualités similaires, mais aussi des différences et qui vont nous permettre de passer outre ces différences, de ne pas nous laisser arrêter, et de savoir que même si j’ai un percheron sous les yeux, ou un pur-sang de course et qu’il y a de grandes différences, j’ai quand même affaire à un cheval, à quelque chose qui manifeste le cheval, la chevalinité. Ces termes génériques nous les employons constamment, parce que nous en avons besoin, ils nous permettent d’identifier en permanence les choses et les ranger dans de grandes catégories. Penser c’est catégorier, c’est-à-dire mettre dans des catégories, et nous ne pensons qu’en utilisant des paradigmes. 
Par exemple le paradigme couvre-chef, dans ce paradigme entre chapeau, casquette, bonnet, béret qui sont autant de sous-catégories qui vont permettre la réalisation d’objets matériels, réellement existants et par ailleurs différents (très grand nombre de casquettes diffère de bérets). Toute cette arborescence est regroupée sous des termes génériques qui permettent de créer un ordre pour faire en sorte que le monde est intelligible. Ces termes génériques dont nous avons absolument besoin, sont exclus (de la définition de la substance) puisque l’Homme je ne le vois jamais qu’au travers des individus particuliers, qui dans leur particularité le manifeste, mais je ne rencontre jamais l’Homme, comme je ne rencontre jamais le Cheval. 
Donc nous savons que la substance ce n’est pas l’accident, ce n’est pas l’être générique. 
Alors qu’est-ce ?

 Aristote va le dire par déduction.
 La substance si elle n’est pas dans un sujet, c’est qu’elle est elle-même sujet, et si elle n’est pas un être générique c’est qu’elle est conséquemment un être individuel.
 Nous avons une substance dès que nous rencontrons un être individuel, et véritablement un sujet.
 Dans la vie nous ne faisons que rencontrer des êtres individuels qui vont être des sujets, c’est-à-dire supporter un certain nombre de qualités, et lorsqu’ils sont vivants, vont être sujets, vont faire des actions et vont être ce pôle actif.
  4. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    Oui, la substance c’est le sujet premier capable de recevoir tous les prédicats mais ne peut être lui même prédicat. Autrement dit la substance ne peut pas être elle-même prédicat mais elle peut recevoir tous les prédicats. « C’est ce qui n’est ni dans un sujet ni ne se dit d’un sujet ».
  5. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    Traité des catégories- livre II. Qu’est-ce qu’une substance ? Aristote répond comme à l’accoutumée par la voie négative, c’est-à-dire lorsqu’il doit définir quelque chose, au lieu de commencer par une définition positive telle chose est ceci, telle substance est ceci, il va d’abord dire ce qu’elle n’est pas. Et quand il aura dégagé ce qu’elle n’est pas, il va forcément trouver un résidu ce sera ce qu’elle est. Chose tout à fait simple et facile pour une fois, par la voie négative il va éliminer ce que la substance n’est pas. Qu’est-ce qui n’appartient pas à la substance ? Qu’est-ce qu’elle n’est pas ? Réponse. L’ensemble des choses qui sont présentes dans un sujet ou attribuées à un sujet. Que va-ton éliminer tout d’abord de la substance et qu’est-ce qui ne saurait définir la substance, ne saurait la constituer ? C’est d’une part toutes les choses qui sont présentes dans un sujet ou de l’autre côté attribuées à un sujet. Ces deux formulations désignent l’ensemble des qualités des corps comme les dimensions, les couleurs, la texture, la grandeur… Comme exemple Aristote prend la grandeur et la couleur blanche et dit que la grandeur ou le blanc ne sont pas des substances parce que la blancheur ne peut pas exister en elle-même, de même la grandeur ne peut pas exister en elle-même, nécessairement la couleur comme la grandeur doivent se rapporter à quelque chose, chose qui sera une substance. Imaginons un monde dans lequel les qualités existeraient sans leur substance (Lewis Carroll- Alice au pays des merveilles). Ceci va nous conduire directement à cette notion d’accident. Qu’est-ce qu’un accident ? C’est une qualité, on dira en logique un prédicat, c’est-à-dire une chose rapportée à un sujet. Prédiquer, c’est rapporter une qualité à quelque chose qui va recevoir des qualités qu’on appellera sujet en grammaire et substance en logique. L’accident n’est pas autre chose qu’une qualité c’est-à-dire au sens logique un prédicat qui est forcément contingent et qui va servir à qualifier, préciser quelque chose qui lui subsistera, en dessous de ces qualités ou de ces prédicats, qui sera là. Cette chose sera un sujet en grammaire, sujet grammatical qui associe des fonctions dans la phrase, et en logique ce sera une substance. C’est exactement la même chose sauf que l’on ne la désigne pas par le même mot selon que l’on passe de la logique à la grammaire. On voit que la substance se distingue radicalement des accidents, des qualités qui lui sont rapportées d’une façon contingente. La substance peut exister à part des accidents, mais l’inverse n’est pas vrai.
  6. satinvelours

    « Boire un grand bol de sommeil noir... »

    C’est la toute puissance des images. C’est une réalité fondée sur le physique mais transformée par l’imagination. L’image est le produit d’une fusion du poète avec ce qu’il voit. Le lecteur qui n’est pas averti est dérouté, les images le déconcertent et il va les croire incompréhensibles. L’arbitraire semble brouiller le message qui se veut par définition communicable à chacun . La responsabilité du poète réside dans la révélation, et c’est au lecteur d’assurer la communication. C’est à lui à participer à l’expérience du poète. Selon Éluard il arrivera un jour où « tout homme montrera ce que le poète a vu » (c’est ce que je voudrais : voir ce que le poète a vu). Alors l’humanité entière atteindra la plénitude de son existence.
  7. satinvelours

    « Boire un grand bol de sommeil noir... »

    Dans ce poème « La ressemblance » la femme est d’abord décrite en définissant ses actions, puis elle est assimilée à l’eau et la terre, double symbole de la fécondité. Ensuite elle est représentée comme n’ayant aucune limite spatiale, au caractère atemporel. Enfin en dernier « Femme tu mets au monde un corps toujours pareil ... » Il dépeint et affirme le caractère générateur de la femme. Ce n’est qu’une longue phrase, un hymne à la femme dont les pouvoirs sont cosmiques. Elle est toute puissance.
  8. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    Avant la philosophie, il faut remonter à des traditions extrêmement anciennes, des traditions religieuses où on pense que les astres, le ciel, les corps célestes, les astres que l’on voit au firmament sont des intelligences célestes. Et puisqu’ils brillent ce sont des miroirs, c’est-à-dire ce sont des intelligences qui reçoivent leurs pensées et leurs propres mouvements d’une intelligence première, que l’on appelle cause première, premier moteur, qui meut toutes choses et qui va répondre de la pensée dans l’univers. En définitive, rien ne peut être autonome, et le présupposé fondamental est que notre être, incluant ici notre existence et notre pensée, tout étant confondu, sont des satellites, des choses qui dépendent étroitement de ces intelligences motrices et à terme de cette intelligence ultime, première, cause de toute chose, premier moteur chez Aristote. Nous avons besoin de ce cadre religieux, puis théologique. Aristote sera le premier à faire une théologie, pour ensuite descendre progressivement dans le monde des choses qui est le monde des êtres vivants. Quand nous passerons dans les religions monothéistes, rien ne changera. Le dogme de la création fait que le monde est créé, il n’est pas éternel comme les anciens le disaient. Cela posera des problèmes aux docteurs de théologie, parce qu’il va falloir continuer à lire Aristote et en même temps être chrétien. Dans le cadre général de la pensée cela n’a pas bousculé les choses. On va mettre Dieu à la place du premier moteur et de la cause suprême et tout va continuer à fonctionner. Il ne faut pas s’attendre à ce que le cadre général s’effondre et que cela libère des questions nouvelles. Pendant très longtemps on va essayer, sur certains points, de faire rentrer les choses qu’apportent les religions révélées dans ce cas de la métaphysique traditionnelle. Ne nous étonnons pas que chez Aristote tout soit régi par ces postulats ontologiques, donc existence d’un être premier, cause première. Pour Aristote l’ontologie, c’est-à-dire la science de l’être en tant qu’être, constitue en ce qu’il appelle la philosophie première, par rapport à quoi tous les autres domaines qui constituent les sciences, la philosophie, tout ce qui constitue le savoir qui développe l’homme, la physique, la mathématique, la morale…, est appelé philosophie seconde. La philosophie première c’est bien la métaphysique, et particulièrement l’ontologie qui sous-tend tout. Pour Aristote, il n’existe pas, au-delà du sensible, ce pur domaines d’êtres, d’essences que Platon appelait les idées. Néanmoins il va conserver cette notion d’essence, mais va la débaptiser. Il n’emploiera plus du tout le terme d’essence, ou en tout cas pas dans ce sens-là, et lui substituera le terme de substance. Le postulat fondamental d’Aristote est celui-ci : être est, pour lui désormais, exister comme une substance. Qu’est-ce qu’exister comme une substance ? Comment comprendre cela ? Nous pourrons comprendre très rapidement cette notion d’accident arrivée jusqu’à nous. Fondamentalement l’accident est toujours quelque chose qui affecte l’existence, même au sens banal et courant dans lequel nous utilisons ce terme. Si nous nous penchons sur l’accident et si l’accident est vraiment quelque chose auquel, par définition, nous ne saurions nous préparer, c’est qu’il se fiche, littéralement comme une écharde plus ou moins grosse, dans l’existence. Ce vocabulaire vous l’avons peut-être vidé de ce sens savant qu’il avait mais il en reste quelque chose et il charrie forcément des valeurs qu’il a instaurées.
  9. satinvelours

    « Boire un grand bol de sommeil noir... »

    Réflexions: Désir-Plaisir-Jouissance. « La femme inspire l'homme aussi longtemps qu'il ne la possède pas ». La possession détruit le fantasme, substitue le réel au possible et en tant que tel révèle la finitude de l'être possédé. ["Femme" doit être utilisé comme un terme générique.] Mais le phénomène d'idéalisation tente de conférer à cet être un caractère illimité, infini, d'où la phrase « la femme n'est que le fini porté à la puissance d'un infini trompeur ». La femme est ce qui suggère l'infini. Et l'infini, c'est l'infini de la puissance du désir. Au travers de l'être féminin, ce qui se découvre c'est ce que l'on pourrait appeler l'objet paradoxal du désir. Mais à la question que veut le désir, on ne peut que répondre " le désir veut le désir". Le désir aspire à sa pérennité car il a toujours su qu'au travers du plaisir qu'il fait semblant de poursuivre, il poursuit sa propre mort. D'où le lien occulté par la culture occidentale : désir-mort. Désir et plaisir ouvrent sur la mort selon deux modalités totalement opposées. (Je préfère jouissance plutôt que plaisir.) Le plaisir se définit comme étant marqué par l'organicité, la sensation, alors que dans le terme jouissance il y a place pour la représentation symbolique du plaisir. La jouissance est cet au-delà du plaisir. Je continue à fantasmer au-delà même précisément du plaisir réel que je peux tirer de telle ou telle expérience. C'est comme si, au sein même de cette expérience, qui est une expérience de plénitude, un creux indicible se formait et indiquait que l'objet susceptible de conférer un plaisir absolu était posé comme impossible et toujours absent. La jouissance dit quelque chose de l'absence. Même dans l'étreinte, même dans la présence la plus « présente » quelque chose d'absent est toujours absolument là. Mais justement c'est le mystère de la jouissance, il n'y a pas que frustration et désespoir, il y a cette projection permanente, cette fantasmatisation d'un objet idéal qui ne peut pas exister, à la poursuite duquel nous sommes tous individuellement, qui à la fois alimente le plaisir et en même temps donne la possibilité strictement humaine d'avoir du plaisir de notre propre plaisir. La jouissance est cette promesse d’un plaisir toujours autre vers lequel chacun tend et qui est susceptible, en retour, de faire que l'on soit non pas totalement emprisonné dans la sensation du plaisir, mais au-delà de cette sensation, s'élever au plaisir du plaisir. Comme cet objet de la jouissance n'existe pas, c'est un objet que l'on doit poser symboliquement. Mais c'est à ne pas exister qu'il peut nous tirer vers l'avant toute notre vie. La jouissance ne peut ouvrir que sur la mort puisque rien ne viendra la donner, elle ne pourra rien habiter qui soit limité donc elle finit par se confondre avec la mort. La jouissance nous voue à la mort et le désir poursuit sa propre vie au travers du plaisir qui nécessairement le nie, mais également dans tout désir se poursuit le désir de l'autre. Ce n'est pas l'autre que je désire, ce que je désire c'est le désir de l'autre. Quand ce désir vient à manquer, j'ai l'impression de ne plus véritablement exister.
  10. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    L'Existence comme accident. Cette idée de l’accidentalité de l’essence aura une incidence très grande dans la théologie occidentale. Avant que nous pensions d’une façon laïque la notion d’existence, nous recevons en héritage une problématique théologique et religieuse. Nous connaissons l’expression « naître par accident ». Dans cette expression idiomatique il y a des traces très lointaines d’un positionnement philosophique, qui ne se signale pas comme tel, qui est par le commun oublié, puisque nous ne sommes pas forcés d’avoir tous lu Aristote, mais c’est de cela dont il s’agit. Qu’allons-nous faire de cet accident qui a été notre existence ? Comprenons pourquoi, comment non seulement pour Platon l’existence n’est pas un être réel, c’est un reflet de reflet, un simulacre toujours secondarisé par rapport à l’essence, et essayons maintenant de comprendre que l’existence débute mal dans la tradition philosophique puisque Aristote va en faire un simple accident. Quand nous aurons mélangé platonisme et aristotélisme nous n’aurons en guise d’existence que, comme dit Nietzsche, une fumée de quelque chose qui aura été vidé de sa réalité. Aristote va contribuer à affaiblir la notion d’existence au point de pratiquement l’escamoter, alors que justement il part en guerre contre Platon. C’est en critiquant tous les acquis du platonisme, en dégageant sa propre philosophie qu’il va contribuer à aller encore plus loin que Platon. Il critique les idées de Platon, refuse la théorie de la participation. Comment va procéder Aristote ? En partant délibérément du côté symétriquement opposé au côté platonicien. Aristote va penser, va développer sa réflexion en partant de l’expérience. Qui dit expérience dit de l’existence d’être particulier qui présente une forme et une matière. Quand je vois un chat j’ai un être vivant, mais j’ai un être particulier, individué, qui a une forme et cette forme contient une matière. La forme est ce qui veut limiter la matière et lui donner une existence. Nous partons de la matière, de l’expérience, de l’individualité et nous nous attendons que l’existence surgisse et acquiert son autonomie par rapport à l’essence et partant sa valeur. Cependant il n’en n’est rien, parce que l’aristotélisme continue à faire de la question de l’être la question fondamentale première. D’autre part cette pensée de l’existence ne parvient pas à s’affranchir d’un cadre religieux, théologique et métaphysique. Nous sommes dans des pensées posant que si nous existons, si nous pensons, c’est parce que nécessairement nous recevons ce que nous appelons l’existence, ce qui, à un certain moment a été appelé notre Être. Ce qui nous constitue, ce qui nous fait, ce qui nous fait être et exister, nous le recevons d’êtres supérieurs. De la même façon si notre âme peut penser quelque chose, si nous fabriquons des représentations, cette faculté nous la recevons par imprégnation, par réflexion au sens du miroir qui réfléchit une image. En français, le terme au sens optique et le terme au sens spéculatif, réfléchir une image et réfléchir quand je pense ma propre image, sont proches. Cela montre que nous sommes encore très proche de l’antiquité au point de vue pensée, c’est-à-dire lorsque nous réfléchissons, lorsque nous examinons notre propre pensée, d’une certaine façon nous ne faisons pas autre chose que nous transformer en miroir, réfléchir quelque chose qui nous est proposé ailleurs, par un modèle qui sera Dieu ou le premier moteur chez Aristote. Il faut bien comprendre cette idée qu’en fait, ce qui est déterminant, ce qui est premier, c’est le moteur.
  11. satinvelours

    Aspects de la littérature

    Se pose une autre question : la responsabilité narrative. Nous sommes toujours malmenés, pris en défaut. Dans Mercier et Camier des passages font très fortement penser à l’ironie de Diderot dans « Jacques le fataliste » qui malmène le lecteur qui voudrait bien savoir des amours de Jacques et ne le saura jamais. Dans Mercier et Camier le narrateur prétend avoir été le témoin de leur voyage. L’absence narrative oscille entre le témoin qui accrédite histoire, et en même temps l’histoire n’a pas lieu (ils restèrent chez eux). Il est impossible qu’une voix dotée d’une autorité narrative puisse penser. La voix dit une phrase qui est une forme verbale qu’il ne faut pas prendre au sérieux, qu’elle ait ou non une signification, et une autre phrase qui sera l’infirmation ou la négation de celle-ci qui peut, elle-même, être infirmée et enchaînera. On passe en permanence d’un seuil à l’autre, il est très fatiguant d’avoir des repères, et c’est ainsi jusqu’à la fin de l’œuvre. La question posée par Beckett sur le personnage dans le roman et sur le narrateur dans le roman, donc l’autorité du narrateur dans le roman, est une question transversale : qui voit dans le roman, à travers les yeux de qui sommes-nous susceptibles de lire l’histoire ? et la question du narrateur est qui raconte, qui parle ? Chez Beckett on est incapable de décider qui raconte, qui parle, puisque ni la première personne ni les autres ne peuvent coïncider avec un pronom qui les représenteraient. Il reste des simulations, des propositions qui s’enchaînent. Il dit que la phrase peut être poétique, mais aussi logique, mais n’aura jamais de fondement. Comment penser les fondements qui nous permettraient de vérifier que cette signification en est bien une ? La fuite est repartie jusqu’à l’infini. La signification est un essai possible de la phrase par lequel on ne doit pas se laisser séduire, se laisser leurrer. Peut-être, certainement, sans doute, les adverbes de modélisation émaillent le discours beckettien en permanence. Aucune formulation ne peut s’exposer sans être accompagnée de ces adverbes pour en atténuer la portée et mettre en doute la validité.
  12. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    La métaphysique n’est pas autre chose qu’une maladie, une maladie qui s’est emparée de la pensée occidentale, qui l’a amenée à arracher à l’existence tout ce qui en fait la valeur pour conférer à l’existence une entité dont on pose à la fois qu’elle est réelle sans exister véritablement. Nous retrouvons l’exposé platonicien. La métaphysique, une production de malade qu’il convient de guérir au plus vite. Le nietzschéisme figure probablement l’une des voies ou l’une des brèches ménagées dans la métaphysique qui va ouvrir la porte aux philosophies existentielles. « Crépuscule des idoles » livre I, « Le livre du philosophe » partie III sont des textes où nous assisterons au procès de Platon, et nous trouverons que pour Nietzsche l’idée même d’essence n’est qu’une fiction. Pour Nietzsche le fait d’établir des fictions et de s’accrocher à ces fictions au point de se les transmettre pendant plus de deux mille ans révèle quelque chose que l’on ne peut écarter, de la même façon Sartre nous dira que nous révélons davantage dans nos mensonges que dans les vérités que nous prétendons dire. Ce n’est pas un divertissement. Dans cette façon d’assujettir la notion d’essence et d’assujettir la notion d’existence par rapport à cette notion d’essence au point de refuser de lui donner droit de cité, il faut y voir l’incapacité qui serait la nôtre d’exister pleinement, de prendre en charge notre existence, de l’assumer. Nous savons tous combien l’existence est quelque chose qui nous confronte à la contradiction, qui nous voue au conflit, à la perte des autres, de soi..., que nulle existence n’existe sans son lot de deuils et de peines, de douleurs, souffrances extrêmes à certains moments de la vie. Il y a aux yeux de Nietzsche une sorte de refuge dans ce monde idéal de l’essence en laissant l’existence exister seulement comme pâle reflet. Plus nous allons spéculer, c’est-à-dire plus nous allons nous réfugier dans une philosophie hautement idéaliste, hautement spéculative, type Hegel, plus nous allons d’une certaine façon fuir la vie. L’un des intérêts de toutes les philosophies dites existentielles, puis ensuite existentialistes, c’est de faire retour sur toute la philosophie d’une façon traditionnelle. L’antiquité grecque, en dehors de Platon et Aristote, est un heureux moment. Dans toutes les écoles socratiques il y a ce moment qui va durer très peu de temps dans notre histoire, où la philosophie s’attache à méditer sur l’existence concrète des gens et s’emploie à leur donner dans les mains, non pas des réponses et des solutions, mais des instruments pour peut-être lutter, se défendre mieux qu’il est possible devant certaines choses de l’existence qui peuvent être évitées, ou pour ne pas accentuer certaines souffrances. La philosophie dans notre culture est devenue une philosophie savante, inaccessible, qui explique pour beaucoup d’entre nous le peu de soucis que nous avons par rapport à cette matière. A quoi cela sert-il de lire Platon, Aristote ou St Augustin, ce n’est pas cela qui va m’aider à me positionner correctement dans l’existence. La métaphysique est en partie responsable de cela et cette mise à l’écart de l’existence est chargée de conséquences. Cela peut expliquer pourquoi en à peine un siècle, ce qui pèse lourd par rapport au poids de la tradition métaphysique, il y a eu tellement de philosophes qui sont parties de la notion d’existence, et pourquoi leurs travaux ont créé un engouement tous azimuts. Après la deuxième guerre mondiale et pendant un certain temps, la scène philosophique a été existentialiste. La dévalorisation, la condamnation de l’existence n’est qu’un symptôme qui signale une défectuosité de notre élan vital, une incapacité de vivre, d’assumer l’existence.
  13. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    L’essence comme simulacre de l’existence. (lecture nietzschéenne de l’Être- « Crépuscule des idoles »). Nietzsche entreprend de démolir totalement les fondements de la métaphysique pour en révéler le côté vain, totalement vide. La question qui se pose est celle du platonisme : comment une essence peut être à la fois réelle sans exister? (au sens où nous entendons ce terme d’une façon générale). Réponse de Nietzsche : ce n’est qu’une abstraction vide. Nietzsche écrit dans « Le crépuscule des idoles » que cette essence n’est pas autre chose qu’une existence dont on enlève progressivement, comme les pelures d’un oignon, tout ce qui est accidentel, toutes les qualités accidentelles, toutes les contingences couleur, taille, dimension, de sorte que l’on arrive avec quelque chose qui s’évanouit totalement. Autrement dit l’essence n’est proprement rien, dit Nietzsche. Nous retrouverons à peu près cette idée dans « L’être et le néant » lorsque Sartre dira que l’essence est un « néant d’être, un oxymore », c’est-à-dire cette figure de rhétorique qui consiste à conjoindre deux termes totalement contraires pour dégager une idée qui nécessite des périphrases. Nietzsche traite les archétypes platoniciens, ces pures essences comme n’étant pas autre chose « qu’une fumée, la dernière vapeur de la réalité totalisée ». Cette démarche qui est en fait la démarche métaphysique dans son entier est coupable, aux yeux de Nietzsche d’être un symptôme, symptôme d’une culture décadente qui ne possède plus d’énergie vitale, de désir de vivre, va délaisser l’existence au profit d’une protection fantasmatique qui est l’essence. On va déserter l'existence pour Nietzsche, progressivement, avec une condamnation par le christianisme littéral de l’existence, puisque l’existence est frappée du pêché originel et de la culpabilité. Donc exister c’est forcément être coupable, c’est forcément être voué au mal et au péché. De la métaphysique traditionnelle jusqu’à la reprise qu’en fera le christianisme, nous avons une dévalorisation de l’existence, dévalorisation progressive, mise à l’écart de l’existence au profit de l’essence qui est le seul concept premier. Nietzsche place une métaphore pour une façon de philosopher : « il faut philosopher à coups de marteau ». Le coup de marteau est une métaphore à double sens. Non seulement c’est le marteau pour casser les idoles, les choses creuses et vaines que nous adorons, qui nous aliènent et nous empêchent de penser mais nous permettent de vivre, de faire de notre existence autre chose que du remords, de la culpabilité. Il faut aussi l’entendre comme une métaphore médicale. Le marteau c’est le marteau du médecin qui tape sur les côtes du patient pour entendre quel son ce marteau rend. Cette métaphore doit être utilisée dans les deux sens. Jouant au médecin Nietzsche s’arme de son marteau frappe quelques coups sur le corps de la métaphysique et le son qu’elle rend est extraordinairement inquiétant. Nietzsche va montrer que tout ceci peut effectivement s’interpréter. Nous sommes dans l’interprétation comme le signe d’une maladie très grave.
  14. satinvelours

    Aspects de la littérature

    Kafka le marque pour l’enfermement, pour l’inintelligibilité du monde. Il y a dans Molloy un personnage qui a l’énergie de mener une enquête qui ne mènera à rien. Beckett est très sensible à cette dimension angoissée et angoissante de l’œuvre de Kafka. Le versant de l’œuvre de Joyce qui correspond à sa sensibilité, pourra nourrir son inspiration, c’est la précarité, le roman de l’hypothèse, le roman de la certitude et de la relativité. Néanmoins il y a encore chez Joyce la croyance dans la capacité de la conscience, dans la puissance de la conscience qu’il n’y a plus du tout chez Beckett. Il n’y a pas ce que Joyce appelle des « épiphanies » qui sont des moments de grâce où le sujet entre en communion avec le monde. Chez Beckett le moi est séparé du monde extérieur. Dans un essai sur la peinture d’après guerre il dit que la peinture a la charge de montrer qu’il n’y a plus de rapport possible entre le sujet et l’objet. Cela correspond à une intuition intime, que lui fait à travers les personnages de fiction, de l’absence de rapport d’une possibilité entre le moi et le monde. De Proust il retient ce qui peut nourrir sa propre inquiétude, c’est-à-dire l’impressionnisme et le relativisme. Mais il y a un triomphe chez Proust–retrouver le temps perdu–qui est aux antipodes de la désespérance de Beckett. Il retient cependant cette impossibilité de s’assurer de quoi que ce soit. On a parlé à propos de ses écrits, de romans de la méconnaissance. Même lorsque le roman raconte une enquête, jamais la connaissance n’est envisagée comme une possibilité. Le rapport à la connaissance est évidemment très marqué par la culture biblique. Dans la première partie de Molloy le personnage dit je. Il est couché dans la chambre de sa mère qui semble être morte « peut-être », et ce personnage va raconter l’itinéraire et les errances qui l’ont mené jusqu’à la chambre de sa mère, jusqu’à un retour régressif dans le lit de sa mère. C’est une quête des origines. Il prend la place de sa mère et cette identification : moi–mère, provoque une interrogation sur le je et le support du je. Couché dans le lit de sa mère il raconte ses déserrances, au début il marchait, puis il a eu des béquilles, puis il a rampé. Dans la deuxième partie le personnage s’appelle Moran, anagramme de roman. C’est un enquêteur chargé par un certain messager Gaber–Gabriel–, qui lui-même est le messager de Youdi, d’enquêter sur Molloy. Le rapport à la connaissance est très marqué par cette culture biblique. Bien sûr l’enquête de Moran échoue, il ne retrouvera jamais Molloy mais finit par s’identifier à celui qu’il cherche au point de ramper. Cela se termine par cette phrase tragique « je ne supporterai plus d’être un homme, je n’essaierai plus ». Ce trajet, l’enquête, le rapport à la connaissance, l’impossibilité de connaître l’autre, de se connaître soi, la projection nécessaire entre l’autre et soi et la confusion générale entre l’autre et soi, tout cela est contenu dans la deuxième moitié du roman Molloy. En dehors des constituants et des ingrédients de la fiction, qu’advient-il du personnage ? Il n’est plus personne, il n’est plus capable de dire je. Qu’advient-il des aventures ? Il n’y en a plus.
  15. satinvelours

    Naissance du concept d’existence

    L’existence est par essence un moindre être. Les conséquences sont très grandes puisque cela nous laissera jusqu’à maintenant la certitude, et ce sera un grand thème de l’existentialisme, que nous ne sommes jamais véritablement. Il y a de très belles pages dans « L’être et le néant » le chapitre : les relations concrètes avec autrui, sur l’amour, où Sartre dit : l’amour est ce qui nous justifie à exister, puisque nous ne pouvons pas fonder notre existence, puisque nous n’avons pas d’être. Nous allons en grignoter un peu dans l’amour que les autres nous portent. Toute ma vie je vais essayer de susciter de l’amour, d’être aimable, d’être aimé car c’est uniquement là que je vais me donner un simulacre de fondement ontologique. D’où la position très spécifique d’autrui. C’est l’autre qui me justifie pleinement. D’où l’hypothèse de l’autre dans la philosophie sartrienne, qui me tient lieu de fondement ontologique, nourrit mon narcissisme en permanence, et décide de ma liberté puisque le jugement : « je suis tel que » apparait à autrui. « Autrui est pièce maîtresse de mon univers » dira Tournier. Tout mon être défaillant ne peut arriver à se donner une consistance qu’à travers autrui, au travers de son regard, au travers de son jugement, puisque le regard est la métaphore du jugement, et je suis le jouet permanent des caprices d’autrui. Il n’est pas étonnant que Sartre soit pessimiste sur les relations entre autrui et moi. Je ressens autrui comme forcément tout puissant, et craignant sa toute puissance, je suis voué face à autrui, même et surtout dans les rapports amoureux, à inventer des stratégies très sophistiquées pour essayer de faire barrage à cette emprise. Ce primat de l’être, cette idée que par nature toute existence est défaillante, c’est cela que les existentialistes vont trouver pour essayer de nous tirer de la métaphysique. Y arriveront-ils ? La question est posée. Ne font-ils pas dans leur analyse que tirer ultimement les conséquences de ce que traditionnellement la métaphysique nous apporte? Cette position inaugurée par Platon n’est pas sans difficultés. 1ère difficulté : Si on admet la théorie de la participation, c’est-à-dire les choses existent et nous existons mais seulement comme résultat d’une participation à une essence, est-ce que l’essence puisqu’elle est participée ne risque pas de perdre sa pureté ? Ne va-t-elle pas être altérée, dénaturée? 2ème difficulté : Cette participation ne va-t-elle pas compromettre l’unité, l’identité de l’essence en introduisant la division, la multiplicité, c’est-à-dire toutes les caractéristiques des phénomènes ? 3ème difficulté : C’est celle que l’on retrouvera avec St Augustin. Comment une essence peut-elle être à la fois participée, c’est-à-dire forcément unie à un phénomène, une chose qui en retire des caractéristiques, et en même temps séparée? Car si elle n’était pas d’une certaine façon séparée, elle finirait par se dissoudre au travers des choses. D’où cette théorie de la participation est tout à fait problématique, et c’est la dernière question que nous allons retrouver. La doctrine de la participation constitue le cœur de la doctrine platonicienne, et montre bien le côté marginal de la notion d’existence qui n’existe pas en elle-même et par elle-même. C’est toujours référé, référable à la notion d’essence. Cette doctrine nous laisse en héritage des questions qui ont traversées toute la période médiévale. L’arrivée du christianisme ne va pas simplifier les choses. Il va falloir régler ses comptes avec le platonisme, faire le choix d’Aristote, l’adapter aux nouvelles exigences du christianisme, autour de l’essence et l’existence. Tant que certaines choses ne seront pas réglées, on comprendra pourquoi l’existence ne peut apparaître en elle-même, pour elle-même, ce qui peut surprendre tant nous avons l'impression que c'est une question évidente.
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