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Naissance du concept d’existence

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g.champion Membre 469 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)
Il y a 6 heures, minouchette a dit :

la vie  eternelle ne serait elle pas notre adn qui de siècles en siècles  reste derriere nous  ???

vivre éternellement, à condition que cela soit agréable, ne croyez-vous pas ? mais qu'est-ce qui rend la vie agréable, selon vous ?

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bouddean Membre 2364 messages
Forumeur alchimiste‚ 3ans
Posté(e)
Il y a 22 heures, minouchette a dit :

on est emerveillé  de la vie  on trouve  cette vie magnifique et horrible aussi car on meurt comme on vit sans connaitre ni d'où on viens ni ou l'on va   heureusement l'homme a crée dieu et le monde eternel  pour nous donner un espoir de renouveau  et la nature  est faite de mort et de naissance pour nous et les animaux et les plantes !! la vie  eternelle ne serait elle pas notre adn qui de siècles en siècles  reste derriere nous  ???

Pour celui qui pense comme ça, il ne sera jamais trop tard, car la condition   de ses actions n'est pas entravée par  la vision de sa propre mort . 

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satinvelours Membre 921 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

La découverte de la contingence correspond à la première modalité au travers de laquelle se découvre, apparaît à nous l’existence.

La Nausée se présente comme une sorte de journal. 

Tout le roman pourrait se résumer de la façon suivante : la nausée n’est pas autre chose, par les yeux de Roquentin, que l’histoire, le récit de la découverte de l’existence.
Dans la Nausée il y a le récit extrêmement précis de ce dévoilement pour une conscience de l’existence, en précisant que justement ce dévoilement de l’existence va produire ce sentiment métaphysique, ontologique, qui portera le nom de Nausée.

Notons au passage une opposition : ici la nausée d’exister [découvrir que l’on est un existant va nous procurer une nausée ] vient s’inscrire dans l’exact contrepoint du préromantisme et particulièrement du rousseauisme.

Rousseau dans les « Rêveries » va nous parler du bonheur d’exister. Le retrait dans la solitude permet de découvrir le plaisir à être, le bonheur d’être soi, d’être seul, d’être enfin seul, c’est-à-dire non plus soumis aux pressions, aux harcèlements de la société et des autres.

L’existentialisme  va nous faire enfin découvrir quelque chose à laquelle dans notre culture nous étions demeurés étrangers, c’est-à-dire l’angoisse existentielle, la nausée que procure cette découverte que nous sommes des existants.

Il faut repartir des remarques de Sartre qui note que d’habitude la conscience occulte l’existence. L’existence ordinairement colle aux choses. Elle est donc opaque, elle n’apparaît pas en tant que telle. Ce qui revient à dire que habituellement, avant d’être frappés par cette révélation existentialiste, nous saisissons les choses comme faisant corps avec l’existence.

Dans le texte de la racine des marronniers, parmi les métaphores employées, Sartre nous dit que « les choses sont pétries dans la pâte de l’existence ». De la même façon quand nous mangeons un gâteau nous ne séparons pas la pâte, nous ne pouvons distinguer la totalité de la chose que nous mangeons de la pâte dont elle est faite. L’existence est bien la texture des choses, je ne la remarque pas.

La Nausée est l’histoire de ce dévoilement

 

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g.champion Membre 469 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)
Il y a 3 heures, satinvelours a dit :

nous saisissons les choses comme faisant corps avec l’existence

en quoi le fait que les choses, ou moi-même, ou les autres existent est-il une source de nausée, selon vous ?

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Maroudiji Membre 4711 messages
Forumeur alchimiste‚ 64ans
Posté(e)
à l’instant, g.champion a dit :

en quoi le fait que les choses, ou moi-même, ou les autres existent est-il une source de nausée, selon vous ?

Ici on ne pose pas de questions, on lit en silence jusqu'à la nausée. 

La nausée, c'est de la souffrance. Seule la souffrance conduit à l'éveil. Tout le reste n'est que vanité, rien que vanité ! Ainsi parlait Salomon, le fils de David. 

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g.champion Membre 469 messages
Forumeur survitaminé‚
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Il y a 1 heure, Maroudiji a dit :

Seule la souffrance conduit à l'éveil.

l'éveil à quoi ?

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Maroudiji Membre 4711 messages
Forumeur alchimiste‚ 64ans
Posté(e)
à l’instant, g.champion a dit :

l'éveil à quoi ?

Demande-le à ceux que je parodie. En général, si ce n'est pas être au clair avec soi et le monde, système existentialiste ou spinoziste, c'est entrer en symbiose avec l'Unité absolue tels que les mystiques y tendent et tous les spiritualistes négationistes. Mais encore une fois, c'est à eux de te répondre. Par mon intervention je ne faisais qu'en rire gentiment. 

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g.champion Membre 469 messages
Forumeur survitaminé‚
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l'éveil à soi consisterait  à être conscient de soi  et l'éveil au monde à être conscient du monde ? et cela passerait par la souffrance ?

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Maroudiji Membre 4711 messages
Forumeur alchimiste‚ 64ans
Posté(e)
à l’instant, g.champion a dit :

l'éveil à soi consisterait  à être conscient de soi  et l'éveil au monde à être conscient du monde ? et cela passerait par la souffrance ?

L'éveil de soi correspond à l'éveil au monde extérieur, théoriquement. L'un ne va pas sans l'autre. Sauf qu'il n'y a pas dans ce genre de réalisation mentale d'éveil absolu. Chaque culture a sa manière d'atteindre cet état. Pour ce qui est de la souffrance, il te faut étudier la littérature et l'art, comme par exemple les poètes maudits et les musiciens, européens s'entent. Je ne sais pas si tu es au courant mais le Marquis de Sade, ce sado masochiste d'une cruauté sans borne est enseigné comme un must libérateur dans les universités. Et les étudiants en raffolent. 

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g.champion Membre 469 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)
Le 21/07/2019 à 14:51, Maroudiji a dit :

L'éveil de soi correspond à l'éveil au monde extérieur

oui, ta référence aux cultures qui permettent cet éveil me parait juste : c'est pas un absolu, cela semble un mouvement vers une sorte de rencontre (mythique) ?

Sade dans mon souvenir montre les fantasmes de la noblesse (de robe) du 18ème pourrissant, ne crois-tu pas ? en ce sens il serait libérateur ?

Modifié par g.champion

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Blaquière Membre 8729 messages
Forumeur alchimiste‚
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Heidegger avait (tout compte fait !) réduit l'Être (de chacun, de chaque conscience) à un "dasein", un "être là", une existence ou un étant, un existant. Aussi bien prisonnier du temps que de l'espace. Ou plutôt toujours localisé dans le temps et dans l'espace. (En même temps que cet "être là" en tant que conscience est une aspiration à ne pas être qu'un "être là", à se projeter au moins dans un futur proche...)

Cette existence étant le point de départ, la seule assise solide de la (d'une)  conscience, on peut alors penser que la nausée décrite par Sartre est d'une part consécutive à la découverte d'un "autre" dasein, d'un autre existant que lui-même (la racine de marronnier)  constatation qui surtout le contraint à penser qu'il n'est lui-même qu'un "point" très local, très contingent de conscience (dans le temps et l'espace). Ce qui reviendrait à abandonner toute prétention à une quelconque universalité... Une universalité à laquelle son/notre esprit est habitué depuis toujours : il s'agit d'un... "effondrement".

C'est comme ça que je le comprends...

Modifié par Blaquière

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satinvelours Membre 921 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

La Nausée : feuillets sans date 

– Premier alinéa

 Ce premier alinéa de la Nausée évoque l’entreprise phénoménologique. 

La phénoménologie rend une philosophie de la conscience, comme sera la philosophie de Sartre elle-même. 
Elle préconise, à la suite de son père spirituel le philosophe Husserl, un « retour aux choses mêmes ». Cela signifie mettre entre parenthèses le sens, la portée symbolique des choses, le vécu symbolique que nous avons des choses, et même pourrions-nous dire leur signification telle que cette signification est établie, arrêtée par la communauté à laquelle, que je le veuille ou non, j’appartiens.

Autrement dit mettre entre parenthèses le monde tel que ce monde est décrit, tel que ce monde est posé comme un monde signifiant par les hommes pour justement s’appliquer à décrire un surgissement, le plus pur possible, face à ma conscience ou pour ma conscience.

Or cette attitude n’est pas naturelle. 

Dans la vie quotidienne nous vivons le monde, nous collons aux événements. Et dire que nous collons aux événements c’est dire que nous mélangeons sans cesse à la fois ce que ma conscience propre peut en saisir dans son originalité, dans son individualité avec le prolongement nécessaire de cette expérience qui est le sens, les significations que les autres, le monde, autrui qui est mon horizon de vie et m’accompagne, confèrent à ces événements et confèrent à ce monde.

Attitude phénoménologique que les phénoménologues appelleront la réduction : « Épochè », vieux terme grec. 

Dans le scepticisme il y avait déjà l’idée que, comme la vérité n’existe nulle part, je suis obligé de me contenter de ce qui provient de moi. Je ne puis, je ne dois m’appuyer que sur mes émotions, mes sentiments, mon jugement indépendamment de tout le reste qui peut en définitive être parfaitement mis entre parenthèses, être tenu à distance.

L’épochè est cette attitude intellectuelle qui consiste à mettre entre parenthèses le monde et à introduire entre le monde et moi, les événements du monde, autrui et moi, cette distance qui va me permettre de décrire ce surgissement des choses à la conscience.

– Deuxième alinéa 

Le blanc est une ruse de Sartre. C’est une mise en scène d’un oubli, un faux oubli montrant l’incertitude dans laquelle est le narrateur qui tient ce journal et qui peut très bien ne pas avoir trouvé le mot adéquat pour traduire ce qu’il ressent. 

Ce qui est important c’est l’opposition entre avant et maintenant et la Nausée s’ouvre sur l’indice d’une catastrophe « minuscule », une déflagration intérieure que le personnage va vivre jusqu’à la dernière ligne de la Nausée.

Catastrophe minuscule qui est cette faille qui s’introduit à l’intérieur du personnage et qui va peu à peu le séparer du monde, des choses et de lui-même.
Au fond ce que va vivre Roquentin, c’est cette impossibilité sans cesse grandissante d’adhérer à lui-même. Il va donc être amené à se regarder vivre et cette position va générer une panique. 

Si l’on faisait la lexicographie de la Nausée [relever la fréquence lexicale de tel ou tel terme dans un texte], on serait intéressé de voir la fréquence des mots peur, panique, angoisse, tout le lexique de la peur et d’une peur intense qui va jusqu’à la terreur. 

D’où l’attente du personnage d’événements banals propres à le rassurer et le raccrocher à l’existence (oreille contre la porte et attentte du voisin de palier). 

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g.champion Membre 469 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)
il y a 22 minutes, satinvelours a dit :

peur, panique, angoisse

cela fait penser à l'altérité et cependant cela vient du dedans !

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satinvelours Membre 921 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

– Journal daté 25 janvier 1932 ( Ier et troisième alinéa)
Cette découverte qui va être l’épaisseur de l’existence apparaît au héros de la Nausée comme une maladie.

L’existentialisme sartrien pourrait être défini comme, au départ, la découverte de la maladie qu’est l’existence.

Bouleversement radical sur le plan ontologique de la façon de vivre. Cela ne veut pas dire que l’on ne peut recommencer à vivre, mais il y a une révolution à faire et il y a un passage incontournable. L’artifice littéraire est, dans la genèse de sa propre pensée, la pensée philosophique, un point de départ obligé.

 La pensée phénoménologique commence par la description des choses telles qu’elles surgissent à ma propre conscience c’est ce que peut-être, d’abord, l’artifice littéraire permet.

C'est en tenant un journal et en notant d’une façon quasi obsessionnelle les micros événements qui peuvent sembler dérisoires, mais qui surgissent à la conscience que Roquentin n’a pas d’autres réponses que celle qui est bornée dans les étroites limites de ce surgissement.

On comprend pourquoi tout l’existentialisme n’est qu’une extension théorisée, philosophiquement théorisée, de ce qui s’origine dans la Nausée.

Dans la Nausée il n’y a pas de place à la joie. 

Dans la joie il y a forcément l’adhésion de quelque chose. Quand je suis distant de..., je ne peux pas être dans la joie. Je peux rire, le rire suppose toujours la distance, mais je ne peux pas être dans la joie. 
La joie suppose une participation à, une addition à, et pour une certaine partie, dans la joie on est dans le partage. Dans la Nausée on est dans la coupure, dans la séparation, dans ce qui, sur le plan phénoménologique, renvoie plutôt à « l’époché ».

C’est une expérience très austère.


–Épisode du galet

C’est la première fois que le mot nausée apparaît au début du roman.

Le héros commence à se déprendre du monde et particulièrement de ce monde des choses qui l’entourent : le galet, la pipe, le verre de bière sont les premiers objets qui hantent la conscience du héros dans les premières pages de la Nausée.

On pourrait dire que tous ces textes illustreraient la notion freudienne de « unheimlichkeit » : l’inquiétante étrangeté.

Freud nous explique qu’il nous arrive parfois d’être saisis par une vague peur, en tout cas une inquiétude dont nous ne pouvons pas assigner véritablement quelle en est la cause, et cette inquiétude ou cette peur nous saisit face a ce qui est quotidien, à ce qui est la banalité même.

Ce que l’on a traduit par « inquiétante étrangeté » veut dire qu’il ne s’agit pas de l’étrange fantastique. Ce n’est pas quelque chose d’inhabituel qui surgirait dans mon horizon de pensée et qui, n’étant pas connu de moi, susciterait la peur, à tout le moins l’inquiétude, mais bien au contraire cette inquiétude et cette peur qui tout à coup, sans raison apparente, me saisissent face à ce que je connais bien, face à l’ensemble de mes repères quotidiens et habituels.


Freud va convoquer un certain nombre d’exemples qu’il emprunte à sa propre vie, à la littérature, à des récits de patients, mais tous ces exemples illustrent cette idée.  

La conclusion freudienne sera de montrer que, au travers de l’inquiétante étrangeté, ce qui se manifeste c’est la pression sourde qu’exerce l’inconscient qui affleure presque ici la couche conscience. Je sens qu’il y a sous les présentations que me donnent ma conscience quelque chose d’autre, qui doit bien exister puisque j’en suis inquiété et que j’éprouve ce malaise que normalement je ne devrais pas éprouver.

 

Modifié par satinvelours

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g.champion Membre 469 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)
il y a 15 minutes, satinvelours a dit :

Je sens qu’il y a sous les présentations que me donnent ma conscience quelque chose d’autre, qui doit bien exister puisque j’en suis inquiété et que j’éprouve ce malaise que normalement je ne devrais pas éprouver.

en fait si l'on y regarde bien, n'est-ce pas chaque instant qui est teinté par des tonalités dont on ne sait absolument pas les raisons : pourquoi cette irritabilité, pourquoi cette angoisse, pourquoi cette joie soudaine ?

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InstantEternité Membre 780 messages
Forumeur accro‚ 38ans
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il y a 51 minutes, g.champion a dit :

en fait si l'on y regarde bien, n'est-ce pas chaque instant qui est teinté par des tonalités dont on ne sait absolument pas les raisons : pourquoi cette irritabilité, pourquoi cette angoisse, pourquoi cette joie soudaine ?

C'est notre vécu qui fait ça. Notre mémoire travaille à tout instant même indépendamment de notre volonté. Peut-être un bon sommeil nous aidera à ce que notre cerveau travaille de manière plus stable pendant que nous sommes éveillés.

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g.champion Membre 469 messages
Forumeur survitaminé‚
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Il y a 19 heures, InstantEternité a dit :

Notre mémoire travaille

elle conserve les événements qui nous ont affectés et qui provoquent des modifications complètes de notre humeur ? ce qui est étonnant, c'est que nous ne comprenions pas ce qui se passe sous notre nez ?

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InstantEternité Membre 780 messages
Forumeur accro‚ 38ans
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Il y a 2 heures, g.champion a dit :

elle conserve les événements qui nous ont affectés et qui provoquent des modifications complètes de notre humeur ? ce qui est étonnant, c'est que nous ne comprenions pas ce qui se passe sous notre nez ?

Ce n'est pas étonnant, c'est ce qu'on appel l'inconscient.

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satinvelours Membre 921 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

La nausée nous confronte à cette inquiétante étrangeté. Roquentin se met à voir, éprouver les objets du monde comme étant monstrueux. Pourquoi ? 

Le tout début de la nausée commence par des descriptions d’objet. Nous rentrons dans la découverte de l’existence au travers de la redécouverte du monde des objets. La question est de savoir pourquoi.

Peter Handke décrit le même monde désenchanté : L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty
Georges Pérec : Un homme qui dort, montre l’enfermement, les risques du solipsisme dans les limites étroites de sa propre conscience, sans pouvoir communiquer, rentrer en contact d’une façon ou d’une autre avec les choses.]

Il ne faut pas s’étonner que la Nausée commence par les objets non moins parce que ce serait le nouveau thème de la modernité, mais au travers de la saisie de l’objet il y a un rapport au monde et aux autres.

L’objet va servir de médiation par rapport au monde et surtout ce que signifie le monde pour les phénoménologues et les existentialistes. Le monde ce n’est pas la nature, le milieu, l’environnement. C’est le monde humanisé. 

Le monde est un terme qui implique nécessairement autrui, donc l’autre, donc les êtres humains qui m’entourent. Dans les objets existent les autres. Rapport ambigu avec les objets qui sont investis, habités par la présence des autres – anonymes ou personnes qui nous ont offert cet objet –. Je rencontre toujours l’autre mais bien sûr d’une façon indirecte et occultée.

Par rapport à cela il faudrait renverser les choses en disant que, en effet, si la modernité s’intéresse tellement au monde des objets, c’est que justement la modernité entend peut-être, en faisant écho ici avec l’existentialisme sartrien, entend relayer cette nouvelle façon désenchantée de voir le monde, de rentrer en rapport avec le monde, qui se passe sous des modalités négatives, la nausée, l’angoisse, mais qui figure un moment incontournable si je veux rebâtir le monde, et le rebâtir en me libérant du joug, du poids de certaines illusions que notre culture imprégnée de métaphysique a bâti, et qui nous a toujours demandé à croire à l’existence de certaines valeurs, par exemple la liberté, la vérité, le bien...

Ce qui ne veut pas dire que pour l’existentialisme cela n’existe pas, mais si cela existe c’est que moi je le fais exister. Cela n’existe pas indépendamment de moi. C’est à moi, par ce souci d’exister, qu’alors ces choses qui ne sont pas autre chose que des valeurs et des façons que l’ai de me rapporter au monde, se mettront peut-être à avoir une certaine réalité pour moi. 
Mais ceci va introduire une cassure  (cf. Le monde cassé - Gabriel Marcel). 

L’existentialisme d’une façon générale, en dehors de Sartre, prend acte d’une certaine cassure qui m’interdit d’une façon ou d’une autre de vivre le monde, de me vivre moi-même, de me rapporter aux choses de la façon habituelle. Soit de la façon inconsciente et aveugle que l’habitude me donne, soit même de la façon que la philosophie m’a donné et dont j’ai hérité. Donc la cassure se révèle au travers de mon appréhension du monde des objets et des objets.

On retrouve au travers de ce rapport aux objets, et c’est ce qui intéresse Sartre, le sens profond d’exister. Il faut que l’objet me renvoie une étrangeté, me renvoie l’existence de quelque chose que, jusqu’à présent, je n’avais absolument pas perçu [justement mon existence] pour que, par voie de conséquence, je découvre ce que c’est qu’exister, et que des objets je puisse alors en passer à moi et que je me saisisse pleinement comme un existant. Je ne peux pas le faire directement. Je suis obligé d’en passer par la médiation des objets.

Modifié par satinvelours

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g.champion Membre 469 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)
Il y a 22 heures, InstantEternité a dit :

Ce n'est pas étonnant, c'est ce qu'on appel l'inconscient.

encore un paradoxe ? comment peut-on savoir qu'il existe quelque chose de réel que l'on nomme inconscient ? tout au plus on peut en faire l'hypothèse ?

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