Aller au contenu

La finance est-elle une activité non-productive ou destructrice de valeur ?

Messages recommandés

economic dream Membre 3 028 messages
Forumeur alchimiste‚ 24ans
Posté(e)

Bonjour à tous ,

Voilà une question intéressante et importante, c'est aussi utile de voir les arguments en faveur de la finance selon le point de vue néo-classique de l'économie ( càd celui qui est enseigné aux étudiants hum ) .

Si il y en a qui s'intéressent à l'économie mais qui sont encore des débutants, je leur conseille ce site très pédagogique .

"

La finance est-elle une activité non-productive ou destructrice de valeur ?

"Mon véritable adversaire, il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance". Cette phrase de François Hollande au moment de sa campagne pour la présidentielle de 2012 résume pas mal la pensée de nombreux français... En parlant de "l'ennemi finance", François Hollande visait alors principalement la finance spéculative, qui ne participerait donc aucunement à un processus de création de valeur de l'économie réelle, et pire encore, serait même une activité destuctrice de valeur. Mais la finance "spéculative", c'est quoi en fait, et à quoi ça sert ?

28075211d6824084961c071e8b76c06b_M.jpg?t=-2147483648

Vaste question ! Lorsque l'on parle de la finance spéculative, on évoque en général le fait d'acheter ou de vendre à découvert un actif financier, en pariant sur une évolution à la hausse ou à la baisse de celui-ci. Vu comme cela, on pourrait donc penser que cette activité n'a aucun intérêt ; c'est une sorte de pari sur l'avenir, mais à aucun moment cela ne participe, directement ou indirectement, à un processus de création de valeur dans l'économie réelle. Et pourtant, et même si l'on déteste les méchants traders, il faut reconnaitre que cette activité peut permettre : (1) une meilleure allocation des ressources de l'économie et (2) un transfert de risque entre investisseurs averse au risque et spéculateurs.

Commençons par le premier point. Lorsque des "spéculateurs" achètent ou vendent un actif financier, ils le font car ils pensent que la valeur actuelle de cet actif est différente de sa valeur fondamentale, et participent donc à la détermination d'un prix d'équilibre. Cette activité demande de la recherche d'information et de l'analyse de la part des spéculateurs, ce qui peut permettre de rapprocher la valeur d'un actif, par exemple la valeur d'une société, de sa valeur réelle, et donc permettre une meilleure allocation des ressources par la suite en identifiant les business les plus prometteurs et en permettant à ses entreprises de se financer. Ce n'est pas le Captain' qui le dit, mais Robert Shiller, prix Nobel d'économie 2013, dans un article sur Project-Syndicate intitulé "The Best, Brightest, and Least Productive?". Vous noterez le "au moins de temps en temps" entre parenthèse dans la citation de Shiller ci-dessous, qui est un spécialiste de la formation des bulles spéculatives et de l'éxuberance irrationnelle.

"But, as economists like to point out, traders and speculators provide a useful service. They sort through information about businesses and (at least some of the time) try to judge their real worth. They are thus helping to allocate society’s resources to the best uses – that is, to the most promising businesses." Robert Shiller

La finance spéculative permet aussi à des agents de se couvrir contre un risque, en le transférant à des spéculateurs. L'exemple le plus classique est celui d'un agriculteur souhaitant vendre aujourd'hui à un prix donné sa future récolte, afin de se couvrir contre les variations futures du cours des matières premières (dans cet exemple, l'agriculteur craint une baisse du cours entre aujourd'hui et le moment de sa récolte). Dans cette situation, le spéculateur, qui lui mise sur une hausse du cours de cette matière première, a un rôle bénéfique pour la société car il permet un transfert de risque et offre à l'agriculteur une sorte d'assurance qui lui permet de mieux gérer son exploitation.

Ah mais la finance spéculative, c'est super en fait ! Hmmmm, on se calme un peu... Il existe tout de même deux grandes limites à cela : (1) le fait que la finance spéculative draine une grande partie des "cerveaux" au dépend d'autres secteurs de l'économie directement "productifs" et (2) que certaines activités n'ont aucune valeur sociale et se rapproche d'une recherche rente pure.

La suite ici ...

Modifié par economic dream

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant
Invité esnejnzefenfe_
Invité esnejnzefenfe_ Invités 0 message
Posté(e)

ça me fait penser aux assurances sur la vie.. a la fin, ça devient une belle retraite, sinon pour les survivants

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Gouderien Membre 11 059 messages
Obsédé textuel‚ 65ans
Posté(e)

L'économie financière a deux gros inconvénients, l'un mineur et l'autre majeur.

Inconvénient mineur : on peut juger immoral de faire de l'argent avec de l'argent, en spéculant sur... tout et n'importe quoi.

Inconvénient majeur : les sommes mises en jeu dans l'économie financière sont tellement colossales, qu'elles fragilisent l'économie "réelle", qui au fond, pour qui n'est ni banquier ni trader ni spéculateur, est la seule qui compte. Depuis la crise de septembre 2008, on sait que le monde vit en permanence sous la menace d'une catastrophe financière. Les mesures prises depuis sont au mieux symboliques, au pire totalement futiles. La finance est devenue le dictateur de la planète. C'est un dictateur extrêmement puissant, mais fou, incontrôlable et destructeur. Toute montée de la bourse est une mauvaise nouvelle, car cela signifie que la chute (quand elle se produira) sera encore plus vertigineuse. Solution : taxer fortement les mouvements financiers, fermer les paradis fiscaux, nationaliser les banques. Peu probable dans les 100 prochaines années.

Donc pour répondre à la question : la finance n'est pas une activité, c'est un risque majeur, un peu comme les super-volcans.

Modifié par Gouderien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
carnifex Membre 5 529 messages
Forumeur alchimiste‚ 36ans
Posté(e)

il faut reconnaitre que cette activité peut permettre : (1) une meilleure allocation des ressources de l'économie

Lorsque des "spéculateurs" achètent ou vendent un actif financier, ils le font car ils pensent que la valeur actuelle de cet actif est différente de sa valeur fondamentale, et participent donc à la détermination d'un prix d'équilibre. Cette activité demande de la recherche d'information et de l'analyse de la part des spéculateurs, ce qui peut permettre de rapprocher la valeur d'un actif, par exemple la valeur d'une société, de sa valeur réelle, et donc permettre une meilleure allocation des ressources par la suite en identifiant les business les plus prometteurs et en permettant à ses entreprises de se financer.

« Lorsque des "spéculateurs" achètent ou vendent un actif financier, ils le font car ils pensent que la valeur actuelle de cet actif est différente de sa valeur fondamentale »

De sa valeur « fondamentale », ou bien plutôt de la valeur qu'il pense que la communauté des spéculateurs pourra lui donner ?

Une meilleure allocation des ressources ?

À condition de définir une meilleure allocation des ressources comme une allocation plus en faveur des entreprises les plus à même d'avoir de la valeur aux yeux des spéculateurs.

Allouer les ressources en priorité à ces entreprises est-il nécessairement conforme à l'intérêt public ?

Cela reste à démontrer...

La finance spéculative permet aussi à des agents de se couvrir contre un risque, en le transférant à des spéculateurs.

Exact.

Mais il y a d'autres moyens, plus civilisés, de se couvrir contre les risques.

La finance est-elle une activité non-productive ou destructrice de valeur ?

La finance est un des outils par lesquels les détenteurs de capitaux défendent leurs intérêts. Elle vise à partager différemment le gâteau.

Quand elle parvient à ses fins, les inégalités sociales s'en trouvent accrues. Ceci nuit à la demande globale et donc au développement de la production. La finance est donc destructrice de valeur.

  • Like 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Con testeur Membre 1 356 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

En période de troubles économiques, où les banquiers fraudeurs et les gouvernements irresponsables dilapident notre argent, qui police le marché? Et qui punit les fautifs? Pas les politiciens, ni leur réglementation. Mais bien les spéculateurs.

Au début 2010 une bombe de 2200 pages éclata aux États-Unis. Le lourd rapport d’enquête dévoile que Lehman Brothers, cette banque dont la faillite a précipité la débâcle boursière de l’automne 2008, avait trafiqué ses livres comptables plusieurs mois avant de s’effondrer. Le but : tromper les investisseurs en cachant d’énormes dettes pour faire croire que la banque était en bonne santé financière. Mais des petits futés avaient compris l’arnaque. Ils ont vendu massivement leurs actions, exposant la situation précaire de la banque et provoquant sa faillite. Le rapport montre que ces spéculateurs – des investisseurs professionnels qui recherchent le profit à court terme – avaient vu juste. Sous les mensonges comptables, l’empereur était nu.

Mais dans leur tour d’ivoire, les milliers de bureaucrates et de gendarmes chargés de démasquer ce genre de fraude aux États-Unis (la Réserve fédérale, la Securities and Exchange Commission, les agences de crédit, etc.) n’ont rien vu. Comme dans le cas de Bernie Madoff, ils dormaient au gas. Et comme dans celui d’Enron en 2001 – ce courtier en électricité qui a déclaré faillite après avoir menti sur l’état de ses finances –, ils ont manqué le bateau. Dans ce dernier cas, ce fut encore une fois les spéculateurs qui sonnèrent l’alarme en faisant chuter le titre d’Enron. Les régulateurs, eux, ont allumé… six mois plus tard!

Pourtant, les politiciens et autres démagogues blâment toujours les spéculateurs quand ça va mal. Prenez la Grèce. Les politiciens grecs, bon nombre d’entre eux des irresponsables qui ont endetté leur pays jusqu’au bord de la faillite, blâment aujourd’hui les spéculateurs pour leurs problèmes. Mais les spéculateurs ne provoquent pas les crises. Ils les exposent au grand jour. Et forcent les responsables à corriger leurs problèmes sans tarder. En faisant chuter une devise ou une action en bourse, ils préviennent les autres investisseurs – comme vous et moi – qu’il vaut mieux déguerpir. Que les choses sentent mauvais dans telle entreprise ou tel pays. Ce sont les entreprises comme Enron, Lehman Brothers et les gouvernements qui provoquent les crises. Les spéculateurs donnent seulement l’heure juste sur la situation d’une entreprise ou d’un pays. Si votre visage est laid, ne blâmez pas le miroir.

Les spéculateurs remplissent une fonction essentielle dans l’économie : leurs actions imposent une discipline aux entreprises et aux gouvernements. Une discipline plus efficace que la réglementation, même la plus sévère. Si vous gérez mal vos affaires, les spéculateurs vont miser sur votre échec. Et comme ces gens mettent leur propre argent en jeu – et qu’ils perdront des milliards s’ils se trompent –ils vont scruter les finances d’une entreprise avec beaucoup plus d’assiduité que les organismes de réglementation. Ce sont aussi les spéculateurs qui vont taper sur les doigts des gouvernements quand ils dépensent sans compter et endettent nos enfants. Bref, le spéculateur est le meilleur policier du marché.

Mais les spéculateurs font grimper le prix des ressources comme le pétrole ou la nourriture, dites-vous. Attention. Ici aussi, ne tirez pas sur le messager! C’est la pénurie ou la hausse soudaine de la demande pour le blé ou le pétrole qui fait monter son prix. Tout ce que le spéculateur fait, c’est d’anticiper la pénurie. En faisant monter le prix d’une ressource, il envoie le signal qu’une pénurie s’en vient. Le spéculateur est l’annonceur de troubles à venir.

Lorsqu’il est évident que des banques sont en bien plus mauvaise santé qu’elles le prétendent, ou lorsqu’un gouvernement atteind un niveau d’endettement critique, qui sonnera la clochette d’alarme? Les spéculateurs. Qu’arrivera-t-il alors? Vous l’avez deviné. Les politiciens vont pointer du doigt les spéculateurs, et vont exiger toutes sortes de nouvelles règles pour encadrer ces vilains.

Source : David Descôteaux, économiste.

"Speculators anticipate shortages and buy up commodities early, thereby removing them from the market. This alerts consumers to the oncoming shortage, fulfilling the important financial market role of providing information and allowing them to reduce consumption as prices rise. Later, the speculator sells, ameliorating the shortage while making a profit.

Speculators anticipate and warn others about shortages—they do not cause shortages. As a result of their trades, price swings are less severe than they otherwise would have been. We do not blame doctors, police, or firemen for profiting from the misfortune of others because it is understood that they help a bad situation. Speculators deserve the same consideration."

‘’Les spéculateurs anticipent les pénuries et achètent tôt les denrées, conséquemment ils retirent ces biens du marché. Ceci alerte les consommateurs qu’une pénurie s’en vient, inondant le marché financier d’informations pertinentes et qu’il faut réduire la consommation quand les prix montent. Plus tard, les spéculateurs vendent, améliorant la pénurie, tout en faisant des profits.

Les spéculateurs anticipent et avertissent les autres à propos des pénuries - ils ne causent pas les pénuries. Comme résultat de leurs activités, l’écart des prix est moins sévère qu’il n’eut été sinon. Nous ne blâmons ni les médecins, ni la police ni les pompiers qui profitent du malheur des autres parce qu’il est entendu qu’ils aident dans des situations mauvaises. Les spéculateurs jouissent des mêmes considérations.’’

Source : Joetta Forsyth, Learning to love Financial Market Barbarians, économiste au Graziadio School of Business and Management.

Con testeur, traduction libre.

  • Like 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Gouderien Membre 11 059 messages
Obsédé textuel‚ 65ans
Posté(e)

Tout ça c'est de la théorie. A la base c'était peut-être comme ça, seulement aujourd'hui les spéculateurs sont devenus bien trop puissants par rapport aux institutions chargées de réguler le marché - ON les a laissés devenir trop puissants, ce ON étant les hommes d'Etat libéraux de la 2e partie du XXe siècle, les Reagan, Bush, Clinton, Thatcher. C'est un peu comme si on disait : dans la jungle désormais, les gazelles et les zèbres seront chargés de faire la police et d'imposer la loi aux lions, aux hyènes et aux léopards. Faut pas rêver! (Ou alors c'est qu'on croit à la Main invisible du marché, qui existe aussi peu que le Père Noël, la Petite souris ou Peter Pan.)

On commence par priver la police de ses armes, et puis après on dit : mais c'est un scandale, les voleurs font ce qu'ils veulent, les gangsters tiennent le haut du pavé! Ben oui, c'est comme ça. Le pire dans cette situation, c'est que les financiers ont les moyens de corrompre tous les politiciens de la planète, et aussi tous les fonctionnaires chargés de faire régner l'ordre. (A cet égard François Hollande est un cas d'école : pendant sa campagne électorale, il dit "mon ennemi est la finance." Une fois arrivé au pouvoir, tout ça est oublié et il se met à gouverner dans le sens du vent, c'est-à-dire dans l'intérêt du lobby financier. Attention, je ne dis pas qu'il est corrompu : en fait, bien souvent ce n'est même pas nécessaire.) C'est ce qui ne me rend pas très optimiste pour l'avenir. A long terme, on peut supposer que la finance va plonger le monde dans un tel chaos, qu'il y aura fatalement une révolte et qu'on remettra banquiers et spéculateurs à leur juste place. Mais ça prendra du temps.

Modifié par Gouderien
  • Like 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
caprepublic Membre 421 messages
Forumeur survitaminé‚ 58ans
Posté(e)

Pour moi la mission de la finance dans la société est de fournir des moyens de paiement à l'économie réelle(production et échange de biens). Elle permet de créer des richesses par le crédit en mutualisant les risques: c'est le bon aspect de la spéculation.Elle spécule sur la capacité des emprunteurs à rembourser en évaluant les risques.

Seulement, comme dit plus haut, elle a pris une dimension monstrueuse par rapport à l'économie réelle.

Exemple notre douce France:

L'Etat doit financer les déficits de fonctionnement, les investissements, le remboursement des dettes avec intérêts contractées auparavant.Il s'adresse aux Instituts Monetaires et Financiers (les banques). Imaginons une banque ayant 15% des dépôts en France.Appelons le Banque Mondiale de Paris BMP.BMP possèderait aussi 15% de la dette Française. voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France

BMP prête 15% de ses besoins à l'Etat. Avec la monnaie empruntée L'Etat paye ses déficits, ses investissements, rembourse ses dettes. Statistiquement BMP ayant 15% des dépôts et 15% des dettes encaisse alors 15% du tout,dont 15% des intérêts:opération blanche avec gain des intérêts. Ainsi l'Etat et les financiers ont "laissé" gonfler la dette, constituée au 2/3 d'intérêts(estimation) .Ceci sans aucun risque.l'Etat ne pouvant faire faillite puisqu'il dispose de contribuables à ponctionner.La BMP s'est donc enrichi sans rien apporter, sans aucun risque: c'est une arnaque monumentale.(qui n'a rien à voir avec le libéralisme)

Le remboursement de cette dette devenant très lourd, l'Etat diminue les prestations sociales, les investissements, ponctionne les petits retraités pour payer des financiers déjà gavés.

Nous comprenons que nous pouvons attendre la réforme bancaire séparant les banques de dépôt des banques d'investissement.

  • Like 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Talon Membre 1 722 messages
Forumeur alchimiste‚ 72ans
Posté(e)

"La richesse et l'acquisition naturelles, objet de la science domestique, sont différentes de la science de l'acquisition qui a surtout l'argent pour objet et le moyen de multiplier les biens.

Pourtant cet argent lui-même n'est qu'une chose absolument vaine,n'ayant de valeur que par la loi et non par la nature. En effet, un homme, malgré tout son argent, ne pourra-t-il pas manquer des objets de première nécessité et de mourir de faim comme Midas ?

L'acquisition commerciale n'a pas même pour fin le but qu'elle poursuit, puisque son but est précisément une opulence et un enrichissement indéfinis.

Le désir de la vie n'ayant pas de bornes, on est directement porté à désirer, pour le satisfaire, des moyens qui n'en ont pas davantage.

L'acquisition des biens étant double, c'est à dire à la fois commerciale et domestique, celle-ci nécessaire et estimée à bon droit, celle-là dédaignée non moins justement comme n'étant pas naturelle, et ne résultant que du colportage des objets, on a surtout raison d’exécrer l'usure, parce qu'elle est un mode d'acquisition né de l'argent lui-même, et ne lui donnant pas la destination pour laquelle on l'avait créé.

L'intérêt est de l'argent issu de l'argent, et c'est de toutes les acquisitions celle qui est le plus contraire à la nature."

Aristote

Midas avait demandé aux dieux d'obtenir de changer en or tout ce qu'il toucherait. Il fut exaucé et mourut de faim.

Modifié par Talon

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Chormium Membre 35 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

la finance n'est un problème en soi car elle elle doit permette de financer l'économie n réelle, et c'est le pourquoi les banques ont été créées. le problème vient de la difficulté de contrôler la finance .

les marchés il y a quelques années quand ça marchait ont demandé aux états de les laisser faire et les marchés (au sens large du terme) ont fait n'importe quoi d'ou les crises successives.

le rôle des états est de réguler la finance tout en lui laissant des degrés de liberté. Mais bon si les agences de notation avaient fait sérieusement leur boulot la crise n'aurait pas eu une telle ampleur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Gouderien Membre 11 059 messages
Obsédé textuel‚ 65ans
Posté(e)

Les agences de notation sont des pompiers pyromanes. Avant 2008, elles n'ont pas joué leur rôle, qui aurait dû être de mettre en lumière les dérives du marché. Aujourd'hui, elles emmerdent les Etats. Elles sont le type même des institutions corrompues que j'évoquais plus haut. Si elles disparaissaient, le monde ne s'en porterait que mieux.

Modifié par Gouderien
  • Like 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Con testeur Membre 1 356 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

About truth and facts.

De la vérité et des faits.

En français est-ce qu’on dit un mensonge ou une menterie? Aucun des deux. On dit la vérité.

Tout ça c'est de la théorie. A la base c'était peut-être comme ça, seulement aujourd'hui les spéculateurs sont devenus bien trop puissants par rapport aux institutions chargées de réguler le marché

Dans l’histoire de la Finance, les interdits sur la spéculation sont rares. En voici deux exemples:

— D’août 1958 à janvier 1965, la spéculation sur l’indice des prix pour les oignions fut interdite par règlement à la Bourse des denrées de Chicago. Résultat : l’indice des prix pour le sac de 50 livres (22,3 kilos) atteignit un sommet de 340 en novembre 1959 (date à laquelle l’interdit prit effet) et un creux à 75 quelques mois plus tard. Avant l’interdit, de 1953 à 1958, l’indice fluctua librement d’un sommet à 240 à un creux de 25 sur cinq années. À la fin de l’interdit en 1965, l’indice est revenu au même niveau qu’avant le bannissement, soit 100.

— De janvier 1897 à janvier 1900, il fut interdit de spéculer sur le boisseau de blé à la Bourse des denrées de Berlin. Résultat : en mai 1898 (seize mois plus tard), l’indice était à 145 pour redescendre à 85 à la fin du bannissement. L’indice était de 98 quelques jours avant l’application de l’interdit et regagna le même niveau en mars 1902.

Source : David S. Jack, Populist versus theorist; Futures markets, and the volatility of prices. Cité dans le journal économique ‘’Explorations in Economic History’’

Con testeur, traduction libre.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Docteur CAC Membre 1 900 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

J'aime bien moi le blog de Captain' economics

Perso je trouve que le titre de l’article est moyen mais bon c'est chiant de trouver un titre sur ce que l'on écrit...

Apparemment beaucoup de personne ont tiqué sur les 2 points présentés au début d'article : c’est vrai que cette question de l’allocation optimale des ressources est un débat trés vieux. Moi a part la notion de Pareto optimal (je me souviens de rien d'autres qui s'explique graphiquement). Comme d'habitude c'est une question de point de vue : je vais peut-être dire une connerie mais quelqu'un qui met de l'argent quelque part c'est pour avoir de l'argent ... :mouai:surtout que la bourse récompense le risque pas la pertinence d'un placement dans l'économie mais la pertinence d'une prise de risque. Je ne sais pas vraiment bien le dire, j’espère que l'on comprendra ce que je tente de dire.

Et puis est-ce-que c'est toujours pareto optimal de transférer les risques a un tel point que ceux qui n'ont pas de responsabilité dans ces prises de risque doivent en supporter les conséquences ? Ca a une conséquence niveau bien être selon moi et je reprends le vocabulaire théorique de la logique parétienne.

Des fois quand je parle d'économie j'ai l'impression d'être comme un mec complètement bourré qui commence à parler philosophie...

Modifié par Docteur CAC

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Con testeur Membre 1 356 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

je vais peut-être dire une connerie mais quelqu'un qui met de l'argent quelque part c'est pour avoir de l'argent ...

Tout comme investir quelques euros dans le réservoir de son auto pour se rendre au boulot… dans l’espoir de recevoir d’autres euros en salaire. C’est spéculer.

:mouai:surtout que la bourse récompense le risque pas la pertinence d'un placement dans l'économie mais la pertinence d'une prise de risque.

La Bourse récompense la pertinence d’améliorer votre propre économie de fonctionnement. Votre propre budget. Moi, la Bourse c’est mon second boulot. C’est 30-40% de mes gains annuels. Sinon faudrait que je consacre 30-40% plus d’énergies dans mon premier boulot pour en arriver aux mêmes résultats à la fin de l’année.

Je préfère spéculer une partie en Bourse que de spéculer tout mon temps et mon énergie sur un patron et le succès de son entreprise, succès qui me permettrais de conserver un certain boulot.

C'est de la spéculation. Ça existe depuis aussi longtemps que la main de l'homme a mis son pied au boulot.

Con testeur.

  • Like 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Docteur CAC Membre 1 900 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Je trouve l'analogie pas très bonne mais bhon bref c'est pas le plus important.

Moi je ne vous critique pas en tant que boursicoteur, on dirais qu'a chaque fois que l'on critique la bourse on s'en prend a vous ...

Je ne cherche pas à couper des têtes et a interdire la spéculation. Je cherche juste à comprendre aussi pourquoi depuis 5 ans, on connaît une crise. Bhon après si on m'explique que les bulles spéculatives ne sont pas créées par les spéculateurs ... bhon ... les Etats ont des tords et des défauts finalement la bourse c'est quand même un jeu qui marche sur la confiance. On s'informe, on mise et surtout pas dans le même panier, après on récolte ou on se ramasse.

J'ai quand même le droit de penser que comme finalité des investissements dans l'économie on a fait mieux, y'a quand même pas de quoi donner une médaille.

Mais ce que trouve pas normal du tout c'est que pour finalement faire de l'argent, on crée des produits a haut risque dont personne ne sait vraiment ce que cela comporte vraiment (a par l'ingé financier), ca arrive même de les coller à d'autres produits moins risqués. Je ne sais pas mais on commence à s'éloigner franchement du petit boursicotage. Par principe en bourse tu es responsable de tes placements, là on a fait payer tout le monde et ca ne gène personne.

Pour le shadow banking, il faut circuler y'a rien a voir mais pour donner des leçons sur le modèle social, la on trouve du monde : c'est trop chère, sans intérêt, en plus c’est pour des fainéants. Mais ca doit venir de moi ...

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
caprepublic Membre 421 messages
Forumeur survitaminé‚ 58ans
Posté(e)

Spéculer est une activité humaine .Pour chaque investissement il y a l'espoir d'en tirer un profit.

Le problème de la spéculation financière a grande échelle est qu'elle est faussée.Quand les banques se trompent les états viennent les renflouer au frais des contribuables..

Le système des emprunts d'états garantis est aussi faussé puisqu'il n'y a pas de risque ou très limité.

Si un boursicoteur se trompe il perd sa mise.

La finance doit être régulée, tout le monde l'a dit:Sarkozy Hollande Obama...., et personne n'a rien fait

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
economic dream Membre 3 028 messages
Forumeur alchimiste‚ 24ans
Posté(e)

« Lorsque des "spéculateurs" achètent ou vendent un actif financier, ils le font car ils pensent que la valeur actuelle de cet actif est différente de sa valeur fondamentale »

De sa valeur « fondamentale », ou bien plutôt de la valeur qu'il pense que la communauté des spéculateurs pourra lui donner ?

Une meilleure allocation des ressources ?

À condition de définir une meilleure allocation des ressources comme une allocation plus en faveur des entreprises les plus à même d'avoir de la valeur aux yeux des spéculateurs.

Allouer les ressources en priorité à ces entreprises est-il nécessairement conforme à l'intérêt public ?

Cela reste à démontrer...

Mais il y a d'autres moyens, plus civilisés, de se couvrir contre les risques.

La finance est un des outils par lesquels les détenteurs de capitaux défendent leurs intérêts. Elle vise à partager différemment le gâteau.

Quand elle parvient à ses fins, les inégalités sociales s'en trouvent accrues. Ceci nuit à la demande globale et donc au développement de la production. La finance est donc destructrice de valeur.

Ça m'étonne que tu n'aies pas mentionné le fait que comme le taux de profit de l'économie réelle et de l'industrie décroissent ( baisse tendancielle du taux de profit ) , la financiarisation de l'économie permet dans un premier temps d'accroître les rendements ( cfr. les multinationales en Bourse qui ont presque toutes une filiale financière jouant effectivement sur les marchés financiers ) .

En période de troubles économiques, où les banquiers fraudeurs et les gouvernements irresponsables dilapident notre argent, qui police le marché? Et qui punit les fautifs? Pas les politiciens, ni leur réglementation. Mais bien les spéculateurs.

Con testeur, traduction libre.

Et la démocratie ? Les intérêts des grands acteurs sur le marché sont ils compatibles avec l’intérêt général ? ( Goldman Sachs spéculant contre la dette grecque en 2009-2010 par exemple )

Ce "marché" guidant la politique me laisse assez perplexe...

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Con testeur Membre 1 356 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Les spéculateurs (Wall Street) voient des trucs que la démocratie, la rue (Main Street) ne voit pas : vous gérez mal vos finances? On va vous démontrer que 2 plus 2 font quatre… à moins que, comme le gouvernement grec, vous donniez l’ordre à vos comptables que cela fasse 2 ou 3 ou encore 5 ou 6.

Et la démocratie ? Les intérêts des grands acteurs sur le marché sont ils compatiblesavec l’intérêt général ?

Doux rêveur!

Sincèrement, vous croyez que la Finance a été créée dans le but de servir la démocratie, la rue, Main Street?

Je suis un banquier, c’est moi qui ai le pognon. Vous venez frapper à ma porte avec un plan d’affaire qui va révolutionner le marché des tapettes à mouches. Vous avez besoin de fric pour éradiquer les mouches de la planète. Je dis halte là mon brave. Plus de mouches plus besoins de tapettes à mouches. Plus de tapettes à mouches à vendre: je perds ma mise comme prêteur.

Phoque la démocratie et phoque les mouches que j’me dit. Au diable votre plan d’affaire. C’est mon pognon(en fait celui de mes déposants envers qui j’ai de responsabilités). On va fonctionner à ma manière.Vous, vous tuez les mouches et moi je m’occupe de ne pas tuer le marché des mouches. Top là. Vous signez ici, ici et là.

Con testeur.

  • Like 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
cheuwing Membre 8 000 messages
Forumeur alchimiste‚ 34ans
Posté(e)

C’est mon pognon(en fait celui de mes déposants envers qui j’ai de responsabilités). On va fonctionner à ma manière.Vous, vous tuez les mouches et moi je m’occupe de ne pas tuer le marché des mouches. Top là. Vous signez ici, ici et là.

Con testeur.

mensonge puisque les prêts accordés sont supérieurs aux actifs possédés par les banques et que certaines vu leur inconscience de dilapider l'argent ne leur appartenant pas se voient pleurer envers les etats

  • Like 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Con testeur Membre 1 356 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

mensonge puisque les prêts accordés sont supérieurs aux actifs possédés par les banques

Impossible. Comment une banque peut-elle prêter ce qu’elle ne possède pas? Une banque à charte ne peut prêter plus d’argent qu’elle n’en a en dépôts. Les dépôts de l’un sont les crédits (prêts) de l’autre.

Seules les Banques Centrales peuvent créer de l’argent : elles se font un chèque et achète des obligations de L’État ou autre.

Une banque à charte crée de l’argent ainsi :

-Sébastien dépose $100 dans son compte à la Banque XX.

-La Banque garde $10 en réserve et prête à David $90.

-David utilise l’argent pour acheter un lecteur Blu-Ray chez FutureShop.

-À la fin de sa journée, le marchand dépose ses recettes à la Banque YY, incluant le $90 de David.

-Le lendemain, la Banque YY conserve $9 en réserve du $90 de David déposé dans le -compte de FutureShop et prête le reste, soit $81, à Martin.

-Martin utilise l’argent pour payer sa saison de hockey. La ligue n’a pas besoin de l’argent pour le moment, elle le dépose donc dans son compte à la Banque ZZ.

-La Banque ZZ conserve $8.10 en réserve et prête le reste, soit $72.90, à quelqu’un d’autre, et ainsi de suite.

Argent initial = $100. Argent total dans le système après les transactions ci-haut = $100 + $90 + $81 + $72.90 = $343.90

Total de l’argent créé par le système = $243.90

Cet argent n’est pas apparu de nulle part. Si Sébastien n’avait pas déposé son argent, David n’aurait pas pu l’emprunter (c’est-à-dire que la Banque XX n’aurait pas inventé $90 à partir de rien). Les banques ont besoin de dépôts pour créer de l’argent.

Un ratio de réserve inférieur à 100% permet la création de monnaie ; c’est ce qu’on appelle un système bancaire à réserves fractionnaires. Vous comprendrez donc que si le ratio de réserves était de 100%, en exigeant que les banques conservent des réserves égales aux dépôts à vue, aucun argent n’aurait pu être créé dans notre exemple.

Source : Le Minarchiste, Comment les banques créent de la monnaie.18 juillet 2013.

Con testeur.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant


×