Majorité, Minorité, Démocratie, République...


Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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La majorité peut-elle être la garante des droits. Le droit de la majorité s'oppose-t-il aux droits de toutes et tous.

Quelle attitude adopter face à la démocratie par la majorité.

La démocratie contre elle-même ? Une majorité ne peut-elle pas décider sa dissolution ? Minorité, Majorité, Dictature ?

Le droit décisionnel de la Majorité n'est-il pas une forme de totalitarisme ?

Un peu de lecture avant de commencer à débattre :

B.S.

SOURCE

Démocratie et République

Il est nécessaire, selon Kant, de bien distinguer entre ce qu'il appelle la manière et la forme du gouvernement, " Pour qu'on ne confonde pas (comme cela arrive communément) la constitution républicaine avec la constitution démocratique (...)." La manière concerne le nombre de personnes quoi détiennent le pouvoir suprême de l'état. Il y a trois cas de figure possibles. Si le pouvoir suprême est tenu par un seul , on parle en termes classiques d'autocratie. S'il l'est par plusieurs, on parle d'aristocratie. S'il l'est par tous les citoyens, formant ce qu'on appelle le peuple, on parle de démocratie. La forme concerne le principe sur lequel est basé le gouvernement. C'est alors l'alternative dont nous avons parlé : ou la défense d'intérêts particuliers, et il s'agit alors de despotisme, ou la liberté, et il s'agit alors d'un régime républicain.

Quelle liaison peut-on établir entre la manière et la forme ? On semble de nos jours assimiler république et démocratie, et d'autre part classer d'office autocratie et aristocratie dans les despotismes. Or la situation n'est pas si claire. D'un côté, si la règle générale est sans doute qu'un gouvernement non démocratique tend naturellement à défendre les intérêts de la minorité qui détient le pouvoir, rien n'empêche qu'une personne seule, ou un groupe particulier agisse en faveur de la liberté. Certains estimeront que, dans certaines conditions historiques, ce peut être la meilleure solution (exemple des "monarchies éclairées". D'un autre côté, il est préférable de se garder d'une confiance naïve dans le seul principe démocratique. Rien ne certifie qu'une opinion majoritaire soit ipso facto conforme à l'intérêt général. Rien ne certifie que la majorité soit systématiquement portée à la défense de la liberté, et l'expérience révèle souvent le contraire. Il y a par exemple ce que Heidegger appelle la dictature du "on". Dans la tradition platonicienne, Kant se montre très méfiant dans la démocratie, "parce qu'elle fonde un pouvoir exécutif où tous décident au sujet d'un seul , et, si besoin est, également contre lui, (...) ce qui met la volonté universelle en contradiction avec elle-même et avec la liberté."

Ainsi Alexis de Tocqueville, étudiant le régime américain dans De la démocratie en Amérique, montre que la démocratie comporte un grave danger, celui de despotisme de la majorité. Le respect de la liberté de chacun mal compris peut mener à une mentalité individualiste qui, paradoxalement, encourage un conformisme généralisé. L'égalité mal comprise finit par instaurer l'idée que l'opinion de chacun vaut celle de tout autre, dissolvant ainsi toute idée de recherche de la vérité. L'opinion majoritaire devient ainsi la vérité officielle, norme incontestée, pensée unique, intériorisée et sacralisée (voir <a href="http://www.srlpleroy.net/lecons/l04.htm#on">la dictature du on chez Heidegger). A ceci s'ajoute corrélativement une atomisation de la société qui a pour effet une démission de tous, et à l'établissement d'un état providentiel. La démocratie ne nous débarrasse manifestement pas nécessairement d'un état de statut divin. Toutes choses qui, à l'évidence, ne concernent pas que l'Amérique du XIXième siècle. La démocratie comporte donc le risque fort de dégénérer en un "meilleur des mondes", despotisme d'autant plus puissant que ses méthodes sont douces, et que ses objectifs sont "bienveillants". Ce sont ces remarques qui sont à l'origine de la boutade selon laquelle la démocratie est un mauvais régime, mais peut-être le moins mauvais.

Noir & Rouge n°10, printemps 1958

Majorité et minorité

par MIT

Une majorité peut-elle prétendre être l'expression d'une organisation ; ses décisions ont-elles la valeur de décisions organisationnelles ; comment la minorité est-elle traitée dans son expression, sa conduite, son existence même au sein de cette organisation ?

Toutes ces questions ont au premier abord un intérêt secondaire, mais sont en réalité d'une importance considérable quand on veut vivre dans une organisation et quand on veut que celle-ci vive. Et on ne peut pas « laisser faire, on verra ça au cours de l'expérience, chaque cas est un cas d'espèce, avec de la bonne volonté¿ » Car souvent l'expérience est très convaincante ¿ mais quand on s'en aperçoit il est trop tard pour changer quelque chose, et faut ou tout accepter ou tout lâcher. Il faut, dès les premiers pas communs, élaborer une ligne de conduite théorique et pratique acceptée par tous, et dans ce contexte, la question minorité/majorité peut influencer le marche dans l'un ou l'autre sens.

Pour nous, le fonctionnement d'une organisation fédéraliste est incompatible avec le maintient du principe de majorité. Il existe une vraie majorité, celle de l'unanimité, librement conçue, librement acceptée. Toute autre majorité, au 2/3, absolue ou simple, avec toutes sortes d'arrangements ¿ est une majorité seulement pour ceux qui l'ont acceptée ; pour les autres, elle ne peut avoir de valeur, ni être une obligation.

Chaque fois que l'on veut imposer, pour une raison ou une autre, on arrive à une unité artificielle, fragile, instable. Bien sûr, on trouve et on trouvera toujours dans chaque cas « des. conditions, exceptionnelles, des nécessités historiques », mais quel moment n'est pas historique dans la marche de l'humanité vers son bonheur ? Et il n'est pas difficile pour ceux qui ont besoin de cette majorité de discourir sur les conditions exceptionelles.

Mais¿ sans majorité on ne peut prendre de décision, et sans décisions, une organisation ne sert à rien, c'est la pagaille. C'est l'objection majeure adressée aux libertaires par les amateurs d'autorité, et aussi, il faut le dire, par certains libertaires. L'expérience n'est pas en accord avec ce raisonnement. Non seulement il existe des organisations construites sur cette base, mais il existe des cas où, sans compter les voix, la majorité était réelle : le 19 juillet 1936, les journées de mai 1937 à Barcelone ; mais la majorité n'existait pas lorsque les anarchistes étaient « obligés » de collaborer avec le gouvernement, et c'est alors que nos alliés ont commencé à s'indigner de l'existence d'une opposition et d'une minorité et à faire des reproches sur la faiblesse et le manque de discipline des anarchistes. C'est cependant l'existence de cette minorité qui a sauvé l'honneur de tout le mouvement, y compris ceux qui avaient accepté le compromis.

Modifié par Black Survitual

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Grenouille Verte Membre 32 822 messages
Tu n'auras d'autre batracien devant ma face‚ 101ans
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Le principal problème de la majorité est que son pouvoir ne peux pas être sans limites, il doit être restreint par les libertés individuelles, car sinon, les éléments de cette majorité ne seront pas libre, et la majorité elle même ne sera pas libre.

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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Pour ma part je crains bien que "minoritaire" ou "majoritaire" soit un bien bien faible argument. Dans une revendication le fait d'être minoritaire ne déligitime rien du tout. Je m'en tiens à l'universalité de certaines valeurs, qui vont au delà de la majorité...

B.S.

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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Lysander Spooner

Extraits de Lysander Spooner, Outrage à chefs d'Etat, traduit de l'anglais par Jeannie Carlier, Paris, Belles Lettres (collection "Iconoclastes" dirigée par Alain Laurent et Pierre Lemieux), 1991.

Société d'édition Les Belles Lettres, 95, bd Raspail, 75007 Paris, tél. (1) 45 48 70 55, fax (1) 45 44 92 88.

Distributeur nord-américain: Dimedia, Montréal, tél. 1-514-336-3941, fax 1-514-331-3916.

Copyright Belles Lettres 1991. Reproduit avec l'autorisation de l'éditeur.

Edition originale: The Constitution of No Authority, Boston, 1870.

SOURCE

Comme l'impôt est obligatoire pour tous, qu'ils votent ou non, une large proportion de ceux qui votent le font sans aucun doute pour éviter que leur propre argent ne soit utilisé contre eux; alors que, en fait, ils se fussent volontiers abstenus de voter, si par là ils avaient pu échapper ne serait-ce qu'à l'impôt, sans parler de toutes les autres usurpations et tyrannies du gouvernement. Prendre le bien d'un homme sans son accord, puis conclure à son consentement parce qu'il tente, en votant, d'empêcher que son bien ne soit utilisé pour lui faire tort, voilà une preuve bien insuffisante de son consentement à soutenir la Constitution. Ce n'est en réalité aucunement une preuve.

Puisque tous les hommes qui soutiennent la Constitution en votant (pour autant qu'il existe de tels hommes) le font secrètement (par scrutin secret), et de manière à éviter toute responsabilité personnelle pour l'action de leurs agents ou représentants, on ne saurait dire en droit ou en raison qu'il existe un seul homme qui soutienne la Constitution en votant.

Puisque tout vote est secret (par scrutin secret), et puisque tout gouvernement secret est par nécessité une association secrète de voleurs, tyrans et assassins, le fait général que notre gouvernement, dans la pratique, opère par le moyen d'un tel vote prouve seulement qu'il y a parmi nous une association secrète de voleurs, tyrans et assassins, dont le but est de voler, asservir et -- s'il le faut pour accomplir leurs desseins -- assassiner le reste de la population. Le simple fait qu'une telle association existe ne prouve en rien que "le peuple des Etats-Unis", ni aucun individu parmi ce peuple, soutienne volontairement la Constitution.

Les partisans visibles de la Constitution, comme les partisans visibles de la plupart des autres gouvernements, se rangent dans trois catégories, à savoir: 1. Les scélérats, classe nombreuse et active; le gouvernement est pour eux un instrument qu'ils utiliseront pour s'agrandir ou s'enrichir; 2. Les dupes -- vaste catégorie, sans nul doute, dont chaque membre, parce qu'on lui attribue une voix sur des millions pour décider ce qu'il peut faire de sa personne et de ses biens, et parce qu'on l'autorise à avoir, pour voler, asservir et assassiner autrui, cette même voix que d'autres ont pour le voler, l'asservir et l'assassiner, est assez sot pour imaginer qu'il est "un homme libre", un "souverain"; assez sot pour imaginer que ce gouvernement est "un gouvernement libre", "un gouvernement de l'égalité des droits", "le meilleur gouvernement qu'il y ait sur terre", et autres absurdités de ce genre; 3. Une catégorie qui a quelque intelligence des vices du gouvernement, mais qui ou bien ne sait comment s'en débarrasser, ou bien ne choisit pas de sacrifier ses intérêts privés au point de se dévouer sérieusement et gravement à la tâche de promouvoir un changement.

Le fait est que le gouvernement, comme un bandit de grand chemin, dit à un individu: "La bourse ou la vie." Quantité de taxes, ou même la plupart, sont payées sous la contrainte d'une telle menace.

Le gouvernement, il est vrai, n'arrête pas l'homme dans un endroit solitaire, ne lui saute pas dessus depuis le bord du chemin, et n'entreprend pas, sous la menace d'un pistolet, de lui vider les poches. Mais le vol n'en est pas moins du vol, et un vol bien plus lâche et honteux.

Le bandit de grand chemin assume lui-même la responsabilité, le danger et le crime que comporte son acte. Il ne prétend pas avoir le moindre droit à votre argent, il ne soutient pas qu'il l'utilisera dans votre intérêt. Il ne prétend pas être quoi que ce soit d'autre qu'un voleur. Il n'a pas acquis assez d'impudence pour professer qu'il n'est qu'un "protecteur", et qu'il prend aux gens leur argent contre leur gré dans l'unique but de "protéger" ces voyageurs extravagants qui se croient parfaitement capables de se protéger eux-mêmes, ou qui n'apprécient pas son système particulier de protection. Il est bien trop raisonnable pour professer de telles prétentions. En outre, après avoir pris votre argent, il vous laisse là, comme vous le souhaitez. Il ne persiste pas à vous suivre le long de la route contre votre volonté, supposant qu'il est votre "souverain" légitime en raison de la "protection" qu'il vous accorde. Il ne continue pas de vous "protéger" en vous ordonnant de vous incliner devant lui et de lui obéir; en vous enjoignant de faire ceci, et en vous interdisant de faire cela; en vous dérobant encore plus d'argent toutes les fois qu'il juge avoir intérêt ou plaisir à le faire; et en vous marquant d'infamie par le nom de rebelle, traître et ennemi de la patrie, en vous fusillant sans merci, si vous contestez son autorité ou résistez à ses exigences. Il est -- ce brigand de grand chemin -- trop gentilhomme pour perpétrer des impostures, insultes et vilenies telles que celles-là. Bref, lorsqu'il vous vole, il n'entreprend pas en outre de faire de vous sa dupe ou son esclave.

On ne saurait non plus objecter que les hommes qui détiennent ce pouvoir absolu et irresponsable sont nécessairement des hommes choisis par le peuple (ou une partie du peuple) pour le détenir. Un homme autorisé à se choisir un nouveau maître après un intervalle de quelques années n'en est pas moins un esclave. De même, des gens auxquels il est permis de se choisir périodiquement de nouveaux maîtres n'en sont pas moins des esclaves.

Si donc personne n'est individuellement responsable des actes du Congrès, les membres du Congrès ne sont les agents de personne. S'ils ne sont les agents de personne, ils sont eux-mêmes individuellement responsables de leurs propres actes, et des actes de tous ceux qu'ils emploient. [...] L'autorité qu'ils exercent n'est que leur propre autorité individuelle; et par la loi de la nature -- qui est la plus haute de toutes les lois -- toute personne lésée par leurs actes, ou privée par eux de son bien ou de sa liberté, a le même droit de les en tenir pour individuellement responsable que pour n'importe quelle autre personne outrepassant son droit. Elle a le même droit à leur résister à eux et à leurs agents qu'elle a à résister à n'importe quelle autre personne outrepassant son droit.

Il est donc clair, selon les principes généraux du Droit et de la raison -- ces principes auxquels nous nous conformons tous devant les tribunaux et dans la vie quotidienne -- que la Constitution n'est pas un contrat; qu'elle ne lie et n'a jamais lié personne; et que tous ceux qui prétendent fonder leurs actes sur son autorité agissent en réalité sans aucune autorité légitime; que, selon les principes généraux du Droit et de la raison, ce sont des usurpateurs purs et simples, et que chacun a non seulement le droit, mais encore le devoir moral de les traiter comme tels.

Du point de vue moral, la Constitution est tout aussi dépourvue de toute obligation que les pactes que concluent entre eux les bandits, voleurs et pirates ...

Il est clair que, selon les principes généraux du Droit et de la raison, il n'existe rien qui ressemble à un gouvernement créé par ou reposant sur un quelconque consentement, ou une convention ou un accord passé par "le peuple des Etats-Unis" avec lui-même; que le seul gouvernement visible, tangible et responsable qui existe est celui d'un petit nombre d'individus, qui agissent de concert, et se font appeler de noms divers tels que sénateurs, représentants, présidents, juges, huissiers, trésoriers, percepteurs, généraux, colonels, capitaines, etc., etc.

Il est donc évident que le seul gouvernement visible et tangible que nous ayons est fait de ces soi-disant agents ou représentants d'une association secrète de voleurs et d'assassins qui, pour couvrir ou dissimuler leurs vols et leurs assassinats, se sont attribué le titre de "peuple des Etats-Unis", revendiquent le droit de soumettre à leur domination, de diriger et de manipuler à leur gré tous les biens et personnes qui se trouvent sur le territoire des Etats-Unis.

Les "nations", comme on dit, avec lesquelles nos prétendus ambassadeurs, secrétaires, présidents et sénateurs affirment conclure des traités sont des mythes tout autant que la nôtre. Selon les principes généraux du Droit et de la raison, de telles "nations" n'existent pas.

Donc, nos prétendus traités, puisqu'ils ne sont pas conclus avec des nations (ou représentants de nations) légitimes et authentiques, traités qui, de notre côté, sont conclus par des personnes qui n'ont aucune autorité légitime pour agir en notre nom, ces traités, dis-je, n'ont intrinsèquement pas plus de validité qu'un traité conclu par l'Homme de la Lune avec le roi des Pléiades.

Lorsqu'ils prétendent que l'"abolition de l'esclavage" fut ou le but ou la justification de la guerre, c'est là un mensonge de la même nature que la prétention à "préserver l'honneur national". Qui donc a jamais institué l'esclavage, sinon des usurpateurs, voleurs et assassins tout pareils à eux? [...] Il n'y a pas de différence de principe, mais seulement de degré, entre l'esclavage qu'ils se vantent d'avoir aboli et celui que leur guerre visait à perpétuer; car toute limitation à la liberté naturelle de l'homme, lorsqu'elle n'est pas nécessaire pour la simple conservation de la justice, est de la nature de l'esclavage, et l'une ne diffère de l'autre que par degré.

Lorsqu'ils prétendent avoir "sauvé le pays" et "préservé notre Glorieuse Union", ce sont là des mensonges semblables à tous leurs autres mensonges. Cela signifie simplement qu'ils ont mis sous le joug et soumis à leur pouvoir un peuple qui s'y refusait. Voilà ce qu'ils appellent "Sauver le Pays"; comme si d'un peuple asservi et mis sous le joug [...] on pouvait dire qu'il a un pays!

La leçon qu'on peut tirer de tous ces faits est celle-ci: aussi longtemps que l'humanité continuera de payer des "dettes nationales", comme on dit -- c'est-à-dire, aussi longtemps qu'il y aura des dupes et des lâches prêts à payer pour être trompés, dépouillés, asservis et assassinés --, il y aura aussi de l'argent à emprunter pour ces objectifs; et avec cet argent, on pourra engager quantité d'instruments appelés soldats pour maintenir ces lâches dans la soumission. Mais si un jour ils refusent de payer plus longtemps pour être ainsi trompés, dépouillés, asservis et assassinés, ce jour-là il n'y aura plus de menteurs, usurpateurs, voleurs, assassins et vendeurs d'argent meurtrier pour leurs maîtres.

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carnifex Membre 5 527 messages
Forumeur alchimiste‚ 36ans
Posté(e)
La majorité peut-elle être la garante des droits. Le droit de la majorité s'oppose-t-il aux droits de toutes et tous.

Quelle attitude adopter face à la démocratie par la majorité.

La démocratie contre elle-même ? Une majorité ne peut-elle pas décider sa dissolution ? Minorité, Majorité, Dictature ?

Le droit décisionnel de la Majorité n'est-il pas une forme de totalitarisme ?

La démocratie n'implique pas que tout relève du politique, mais que, s'agissant de ce qui relève du politique, on s'en remette à l'opinion majoritaire.

La démocratie n'implique pas non plus que tous doivent penser la même chose, ni que toutes les opinions se valent, mais que, quant aux questions politiques, la capacité de chaque citoyen à concevoir l'intérêt général soit a priori considérée égale à celle des autres citoyens.

L'alternative à la démocratie est l'aristocratie, c'est-à-dire la détention du pouvoir politique par une minorité, sous le prétexte que le mode de sélection de cette minorité la rendrait plus apte que la majorité à déterminer l'intérêt général.

A l'échelle historique, les aristocraties défendent leur intérêt de classe ; les gouvernements se soucient d'autant plus de la situation des masses que ces dernières ont leur mot à dire.

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Pheldwyn Membre 11 160 messages
Explorateur de Nuages‚ 39ans
Posté(e)

Ma formule pour la démocratie est la suivante : le choix de la majorité dans le respect des minorités.

Ce qui rejoint totalement ce que décrit carnifex : il ne s'agit pas de donner tout pouvoir à la majorité, mais de trancher sur certaines questions par cette majorité. Il ne s'agit donc pas non plus de livrer toute décision brutalement au vote, sans avoir préalablement analyser les différents avis, minoritaires ou non.

Car la réelle démocratie consiste à décider en connaissance de cause, et d'avoir donc donné la parole à tous ces avis.

C'est peut-être cela dont souffre le plus notre démocratie : une démagogie et une désinformation ambiante qui ne peuvent que fausser ou biaiser les prises de décision, ainsi qu'un système qui n'offre pas une réelle réactivité du peuple vis à vis de ses dirigeants.

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
Posté(e)

Ce qui fait majorité, c'est un consensus sur les idées, sur la destinée de tout un peuple ... La meilleure manière d'avoir une majorité "éclairée" "intelligente" "démocratique" soucieuse de l'intérêt général est d'avoir un peuple "éduqué", "solidaire" et "uni", qui s'identifie à de mêmes valeurs.

Que les hommes se regroupent selon des convictions, selon leurs métiers, leurs origines, leurs croyances, nul ne peut l'empêcher puisque qu'il est dans la nature même des hommes de s'identifier à d'autres et d'élire l'un des leurs pour les représenter ...

Le devoir de l'état dit démocratique est d'effacer les corporatismes devant un intérêt général, de faire converger un ensemble de convictions et de valeurs qu'un seul corporatisme ne suffirait pas même à réunir.

Si l'état vient à manquer à ce devoir, s'il n'y parvient plus ou pas, alors, peu à peu, on peut être sûr qu'il retombe dans les excès du pouvoir et qu'il ne finisse pas se détruire lui-même.

Majorité et minorité ne sont que la conséquence du processus démocratique. Ils ne sauraient en être à l'origine. Il convient mieux donc de s'interroger sur le processus démocratique ...

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SN3 The last. Membre 6 166 messages
Forumeur alchimiste‚ 38ans
Posté(e)
Que les hommes se regroupent selon des convictions, selon leurs métiers, leurs origines, leurs croyances, nul ne peut l'empêcher puisque qu'il est dans la nature même des hommes de s'identifier à d'autres et d'élire l'un des leurs pour les représenter ...

Tu généralises. Pour ma part, je m'identifie à moi même sans avoir besoin de qui que ce soit pour me représenter.

Ce qui fait majorité, c'est un consensus sur les idées, sur la destinée de tout un peuple ... La meilleure manière d'avoir une majorité "éclairée" "intelligente" "démocratique" soucieuse de l'intérêt général est d'avoir un peuple "éduqué", "solidaire" et "uni", qui s'identifie à de mêmes valeurs.

Je ne sais plus qui, mais il disait : "Plus un peuple est intelligent, plus il est difficile à contrôler.". Par déduction logique, plus un peuple est intelligent, moins il a besoin d'être contrôlé. Mais avant que chacun décide d'être responsable de lui même, il en coulera de l'eau sous les ponts...

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Invité Bling
Invité Bling Invités 0 message
Posté(e)

La mojorité à raison ou à celui/ceux qui gueule(nt) le(s) plus fort, la tchatche prédomine sur les faits....des fois, je me verrai bien une hache à la main, ensanglanté avec le sourire carnassier.

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saint thomas Membre 17 547 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
Je ne sais plus qui, mais il disait : "Plus un peuple est intelligent, plus il est difficile à contrôler.". Par déduction logique, plus un peuple est intelligent, moins il a besoin d'être contrôlé. Mais avant que chacun décide d'être responsable de lui même, il en coulera de l'eau sous les ponts...

J'interpréte pas la phrase de cette façon , pour moi plus un peuple est intelligent plus les gens qui le composent pensent par eux même , un contrôle signifie que le peuple admet aveuglément ce qui lui est dit comme vérité.

Il est donc facile à contrôler , un peuple intelligent réfléchit (ce fut le cas pour la constitution européenne , le politique malgré ses discours n'a pas réussi à contrôler le peuple qui a dit non finalement , c'est la preuve d'un peuple intelligent donc difficile à contrôler :snif: )

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Invité michaelaro
Invité michaelaro Invités 0 message
Posté(e)

Pour ma part, la démocratie est le gouvernement du peuple mais en aucun elle n'est garante de l'égalité et cela dès son origine grecque. Quant à la majorité, elle est en théorie concomittente à la démocratie car quid de l'unanimité sinon le soupçon de la dictature?

Après le rapport majorité/minorité est question de gouvernance : prenons l'exemple d'un président élu en 2002 avec plus de 80% des voix...il a eu la stupide impression d'avoir les mains libres...on sait ce qu'il advint de son quiquennat. Enfin, ce n'est pas parce que vous avez une majorité et que vous gouvernez au nom de cette majorité que vous devez ignorer la minorité qui est une composante sociétale qui a fait un choix que l'on doit écouter.

Pour moi la crise de la démocratie enclanchée il y a 7 ans maintenant et qui risque, par la concomittence des temps de crise que nous traversons, d'empirer, a pour origine cette ignorance outrecuidante de la minorité. Gouverner c'est faire des choix mais des choix oecuméniques... dans le cas contraire, bonjour les rancoeurs :snif:

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Invité Caller of the Storms
Invité Caller of the Storms Invités 0 message
Posté(e)

Moi je pense que la majorité entraine l'adoption des choix les plus faciles et intellectuellements bas, donc de fait les moins bons puisque souvent les plus simplistes et moins à mêmes de résoudre les problèmes : concrètement ça s'appelle la démagogie, le populisme et le carriérisme. C'est très dangereux et on en voit bien les effets de nos jours.

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
Posté(e)

1- Celui qui est élu et qui vient à gouverner ne gouverne plus que selon ses propres convictions, en son âme et conscience. Ce n'est toujours qu'une question de personne. Il demande à son gouvernement de se conformer à ses principes et de le suivre sur quelques résolutions ...

2- Le principe démocratique réside dans le suffrage et la séparation des pouvoirs, le respect et le contrôle d'organes supra-législatifs. Les pouvoirs de l'élu sont strictement encadrés ; d'autres lui échappent ...

3- Majorité et minorité, ce n'est qu'une question de partie, d'appartenance à un groupe, à des idées. Mais chacun sait que les questions douloureuses qui peuvent s'imposer dans l'intérêt général ne font parfois ni l'unanimité des majorités ni l'unanimité des minorités. De même, deux élus d'une même mouvance ne suivront pas un même programme, n'anticiperont pas l'avenir d'une même manière ...

4- La majorité ne dirige pas plus qu'elle ne se soumet ...

5- Vous mésestimer le rôle de l'élu, en tous les cas, sous la Vème République ... De toutes les démocraties, de tous les régimes, il a toujours suffit d'un seul guide pour mener un peuple de manière bienveillante ... Il s'en est trouvé autant sous les monarchies que sous les républiques et parfois même sous des dictatures.

6- Considérez enfin que les pouvoirs dans notre démocratie sont largement dilués parmi toutes les représentations électives. Elle a cédé à des futilités plutôt qu'à l'efficacité et à la raison.

7- Considérez pour finir qu'un peuple qui ne se reconnait plus en des valeurs, morales, éducatives, économiques voire religieuses, a tout à craindre de lui-même.

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SN3 The last. Membre 6 166 messages
Forumeur alchimiste‚ 38ans
Posté(e)
J'interpréte pas la phrase de cette façon , pour moi plus un peuple est intelligent plus les gens qui le composent pensent par eux même , un contrôle signifie que le peuple admet aveuglément ce qui lui est dit comme vérité.

Il est donc facile à contrôler , un peuple intelligent réfléchit (ce fut le cas pour la constitution européenne , le politique malgré ses discours n'a pas réussi à contrôler le peuple qui a dit non finalement , c'est la preuve d'un peuple intelligent donc difficile à contrôler :snif: )

Tu crois avoir un pouvoir de décision. C'est ce qui t'est dit comme vérité, que tu admets aveuglément. Or, il n'en ait rien. Que tu le veuilles ou non, ils font passer ce qu'ils veulent.

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Grenouille Verte Membre 32 822 messages
Tu n'auras d'autre batracien devant ma face‚ 101ans
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La démocratie n'implique pas que tout relève du politique, mais que, s'agissant de ce qui relève du politique, on s'en remette à l'opinion majoritaire.

Pas vraiment. Les démocraties affirment toutes que certains droits sont universels, et ne peuvent pas être remis en cause par la majorité.

Ainsi, les droits de l'homme sont des déclarations d'ordre politiques, mais ils prétendent s'appliquer même si la majorité serait contre.

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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Le principe majoritaire n'est même pas garant du principe majoritaire. :snif: Une majorité peut l'abolir au profit d'une autocratie ou d'une aristocratie.

Je n'ai rien lu qui m'éclaire dans cette discussion. Merci pour les cours d'éducation civiques de certains forumeurs, mais nous ne sommes pas en primaire....

B.S.

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carnifex Membre 5 527 messages
Forumeur alchimiste‚ 36ans
Posté(e)
Pas vraiment. Les démocraties affirment toutes que certains droits sont universels, et ne peuvent pas être remis en cause par la majorité.

Ainsi, les droits de l'homme sont des déclarations d'ordre politiques, mais ils prétendent s'appliquer même si la majorité serait contre.

La représentation que tu nous donnes des droits de l'homme est, à tort, anhistorique et apolitique.

Loin d'être menacés par le principe majoritaire, les droits de l'homme sont à la fois le prérequis et le produit historique du rapprochement du peuple de l'exercice du pouvoir. Les opposer est vain.

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Grenouille Verte Membre 32 822 messages
Tu n'auras d'autre batracien devant ma face‚ 101ans
Posté(e)
La représentation que tu nous donnes des droits de l'homme est, à tort, anhistorique et apolitique.

Loin d'être menacés par le principe majoritaire, les droits de l'homme sont à la fois le prérequis et le produit historique du rapprochement du peuple de l'exercice du pouvoir. Les opposer est vain.

La seule chose factuelle que tu affirmes est "les droits de l'homme sont à la fois le prérequis et le produit historique du rapprochement du peuple de l'exercice du pouvoir".

Plus précisément, je dirais que les droits de l'homme ont, historiquement, permis aux peuples d'être plus proche du pouvoir.

Mais, si ces droits de l'homme rapprochent les peuples du pouvoir, ils donnent aussi des limites au pouvoir du peuple. Ces limites viennent des droits que donnent cette déclaration aux hommes : ces droits sont imprescriptibles et prétendent s'appliquer même contre la volonté de la majorité.

On remarquera que l'argument Kantien montre que sans cette limite du pouvoir de la majorité, alors le peuple aurait moins de pouvoir, puisque les individus qui le compose ne seraient pas libres.

Le but des droits de l'Homme est de garantir les libertés et la démocratie, indépendamment de la volonté de la majorité. Ainsi, ils empêchent la majorité de décier que finalement, on sera en monarchie.

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pascalin Membre 15 220 messages
le corps sur Terre, l'esprit ailleurs ‚ 47ans
Posté(e)
La majorité peut-elle être la garante des droits. Le droit de la majorité s'oppose-t-il aux droits de toutes et tous.

Quelle attitude adopter face à la démocratie par la majorité.

La démocratie contre elle-même ? Une majorité ne peut-elle pas décider sa dissolution ? Minorité, Majorité, Dictature ?

Le droit décisionnel de la Majorité n'est-il pas une forme de totalitarisme ?

Un peu de lecture avant de commencer à débattre :

B.S.

Une notion manque pour que toutes les pensées puissent exister , à savoir la notion essentielle :

La liberté... ,c'est à dire le non musélement des pensées ,le point représentatif de la pensée unique de notre subconscient.

La majorité n'est pas l'apanage de la vérité , le bonheur de tous est dirigé vers tout le monde

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