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La place de la santé mentale dans la société

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fraise_sucrée

Messages recommandés

Membre, 22ans Posté(e)
fraise_sucrée Membre 53 messages
Forumeur inspiré‚ 22ans‚
Posté(e)

La santé mentale en France a encore du chemin à faire sur beaucoup d’aspects. 
Déjà, j’ai l’impression qu on en parle un peu plus, et puis j’ai déjà vu des messages de prévention sur la santé mentale, dans les transports, et à la télévision, c est déjà ça.

J’avais moi même des préjugés sur les personnes avec des troubles, on connait pas, ils sont bizarres, ça fait peur. Mais ma vision a beaucoup changé depuis. J’ai pas de troubles diagnostiqué, mais j’ai déjà eu un aperçu de ce que ça fait depuis que j’ai commençé mes études. Des periodes où je prenais des choses de ma tete pour réalité, je me sentais persécutée, d’autres de grande déprime donc je suis passée par antipsychotique mais actuellement je suis sous anti-dépresseur, je vois un psychiatre et un psychologue, et je sais que j’ai beaucoup de chance d’être suivie régulièrement, et surtout d’avoir un entourage qui me soutient. Au début, ça été dur de reconnaitre qu’on va mal, et quand j’y prenais conscience, je m’auto stigmatisais et je ressentais beaucoup de honte.
Pourtant, je n’ai jamais manqué de rien, j’ai mal supporté vivre seule, l’isolement,  mon anxiété sociale et des études exigentes auquels je me dévouais en oubliant d’avoir un minimum d’équilibre de vie, et je me suis retrouvée dans un cercle infernal où j’étais complètement en repli. Bon ça va mieux peu à peu depuis quelques mois de pause, j’ai pu reprendre un équilibre de vie avant la rentrée

"Les Français seraient 21,4 % à avoir déjà pris des antidépresseurs ", c’est honnêtement énorme, 1/5. Et encore, ceux qui ont besoin n’ont pas forcément un suivi

Moi, ce que j’ai l’impression c’est qu il y a des stéréotypes,on minimise l’importance de la santé mentale, on oublie que ça peut concerner n’importe qui, de n’importe quel âge, pour n’importe quelle raison parce qu’on est pas tous armé de la même manière pour faire face aux problèmes. 

Y a aussi de l’auto stigmatisation
Perso, j’ai mis du temps avant d’en parler à mes amis, j’ai mis du temps à prendre mon traitement naturellement pendant le repas devant les gens (y a encore un mois, je me cachais dans une autre pièce pour le prendre alors que je n’ai aucune obligation à préciser c’est quoi), alors les gens qui arrivent à en parler publiquement c’est admirable, mais tu t’exposes à toute sorte de critiques, perso je pourrais dans la limite du raisonnable, mais jamais je ne ferai ça a visage découvert

J’ai l’impression que les personnes qui souffrent ne sont peut etre pas prise en charge ou ne consultant pas assez tôt, au début des symptomes, là où c’est moins compliqué pour agir, peut etre par faute de prévention, de ne pas oser, de la honte. Aussi y a d’autres soucis logistiques comme le manque de psy, les déserts médicaux, le coût parce que y a pas tant de psychiatre en secteur 1 ou de bons psychologues conventionnés, le manque de mesures 
Dans tout les cas c’est pas simple, et ça a l’air d’être un sacré noeud à déméler, bonne chance aux politiques

Bon je pense pas qu’il faut tout analyser, ou forcément exposer tout les détails de ses états d’âmes publiquement quotidiennement (après chacun fait comme il veut mais voila) mais plutot de normaliser le fait de consulter un psy, de parfois avoir besoin d’une béquille (traitement), d’avoir un trouble

C’est quoi votre opinion sur tout ça ? Est ce que vous trouvez que la santé mentale est tabou dans notre société ? Est ce tabou dans votre entourage ou pour vous meme ? Est ce que vous avez l’impression que les choses ont évolué ? (je suis curieuse, comme je suis jeune je sais pas forcément comment c’était avant) 

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 283 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

J'ai même cru comprendre qu'il y avait eu une " année de la santé mentale ". " En même temps ", le macronisme, c'est à dire l'ultra-libéralisme, qui nous a valu la " tarification à l'acte " (1), continue de massacrer la psychiatrie française.

(1) Une manne que les professionnels de santé font fructifier à merveille. L'effet obtenu est très très exactement inverse que l'effet souhaité. C'est pas beau ça ?

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Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 668 messages
Forumeur confit,
Posté(e)
Il y a 8 heures, fraise_sucrée a dit :

C’est quoi votre opinion sur tout ça ? Est ce que vous trouvez que la santé mentale est tabou dans notre société ?

A vrai dire je n'en sais rien...

Une maladie mentale est une maladie qui ne se voit pas, exception avec les effets qu’elle engendre et qu’elle révèle aux autres sur soi.

Vous nous en parlez mieux que nous se saurions le faire nous-même, nous qui ne sommes pas directement concernés par cette maladie.

Je trouve que votre message est très courageux, je n’ai jamais eu besoin d’anti-dépresseur, mais pour ceux qui en ont eu besoin, à certains moments de leur existence, votre message est très utile et très sain.

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Membre, Esprit ordinaire, 45ans Posté(e)
Azarius Membre 410 messages
Forumeur accro‚ 45ans‚ Esprit ordinaire,
Posté(e)

La santé mentale c'est encore si méconnu et tabou. C'est difficile à cerner, ça ne se voit pas. D'ailleurs, pour se rassurer et reprendre le contrôle sur leur souffrance, certaines personnes se scarifie. C'est à dire qu'elles se blesse pour donner un visage à leur souffrance. 

Ton âge, 22 ans, est un âge de grande vulnérabilité psychologique. Tu es dans un carrefour entre l'adolescence et la vie de jeune adulte. 

Personnellement j'ai eu également de gros soucis vers la vingtaine. Mais je pense que ce n'est pas comparable avec ce que tu vis, c'était très grave et j'ai de la chance de m'en être sorti. C'est assez rare même... 

Je pourrais en raconter des choses ! Heureusement, la médecine et le rapport aux patients à vraiment évolué.

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Membre+, ✖►, 149ans Posté(e)
Kai Membre+ 7 632 messages
149ans‚ ✖►,
Posté(e)

Je ne connais pas grand chose à la santé mentale ... L'unique fois ou j'ai consulté un psychiatre c'était parce que je faisais des insomnies. Je devais repasser à un rythme de jour après avoir bossé presque 10 ans de nuit et j'étais complètement décalée fatiguée et la fatigue me mettait franchement sur les nerfs à ce moment là. Je voulais me faire prescrire un truc pour m'aider à dormir de gré ou de force parce que j'avais vraiment besoin de réussir à me reposer. Mon généraliste m'avait dit que certains anti-dépresseurs avaient des effets secondaires qui pouvaient aider l'endormissement mais qu'il refusait de m'en prescrire parce que vu mon problème y avait moyen de résoudre ça autrement qu'en basculant sur ce type de solutions. Du coups je suis repartie du RDV énervée après lui et je me suis dit qu'un psychiatre lui pourrait probablement prescrire ce genre de médoc que je voulais obtenir et j'ai pris RDV, c'est la seule fois ou j"ai vu un psychiatre d'ailleurs .. Il m'a donné des cachets, je crois que c'était un genre de benzodiazépine, ça s'appelait du Noctamide ou un truc du genre je crois. Vu le nom je me suis dit "Tiens ça ressemble à nocturne .. super, ça va peut être me faire dormir cette chose là". J'en ai pris le soir uniquement, 30 min avant de dormir pendant peut être 3 ou 4 semaines je crois, après mon sommeil est revenu à la normale tout seul alors j'ai arrêté et j'en ai plus jamais repris. Je détestais me réveiller le matin après avoir pris ce cachet, j'avais l'impression d'avoir la tête dans le gaz et j'étais parfois aussi fatiguée ou presque autant que si je n'avais pas dormi dfu tout .. 

Ne pas dormir pendant des jours ça fini par rendre dingue, alors je sais pas si ça s'apparente à une maladie mentale, je ne pense pas mais dès fois je devais pas être loin du pétage de plombs à cause de la privation de sommeil et j'avais l'impression d'être irritée, à vif tout le temps sur les nerfs pour tout et rien, j'en étais rendue à me dire que j'allais finir par aller à l'hosto et supplier qu'on me colle une anesthésie générale pour quelques heures que je puisse récupérer peut être ... je crois que j'étais juste très désespérée de réussir à être moins fatiguée, n'imporrte quoi qui me ferait enfin dormir même de force. C'était franchement le pire truc que j'ai vécu et quand on m'a re-proposé un poste de nuit après une période de retour sur un poste de jour j'ai refusé ... plus JAMAIS ça ... je l'ai vécu une fois, pas deux. Je ne sais pas si ce médicament a pu m'aider ou pas ou si ca faisait effet placebo le temps que mon corps se recale sur des horaires plus "normaux" mais bon, c'est ma seule expérience avec un psy. 

Après je ne vois pas la honte qu'il y aurait à voir un psy ni celle d'avoir des problèmes ... mon meilleur ami prends des anti-dépresseurs depuis des années et il est mieux avec que sans .. enfin "était" serait pus vrai, parce qu'en ce moment il a l'impression qu'ils ne sont plus aussi efficaces ou qu'ils ont perdu en efficacité, il note un changement et ... moi aussi je le remarque. Il voudrait arrêter tout d'un coups mais je trouve ça inquiétant vu que ça fait bien 5 ans au moins qu'il en prends et qu'on m'a toujours dit qu'il fallait arrêter petit à petit ou voir ça avec le psychiatre avant d'essayer de s'en passer. Après pour moi c'est pas un sujet tabou mais je peux comprendre que ça le soit peut être encore pour certaines personnes. La plupart des gens que je connais qui en prennent ou qui consultent ce sont des collègues de travail ... parce que l'entreprise se contrefous de la manière de manager et des équipes ... et que souvent quand t'as un boulot et des chefs toxiques, ça amène des problèmes de santé mentale, dépression, anxiété au travail, ils sont nombreux dans ce cas à avoir commencé à consulter ou prendre des médoc pour "tenir" au travail alors qu'ils n'y seraient pas ils n'en auraient pas eu besoin ... les pays scandinaves sont plus évolués que nous à ce sujet ... ils s'inquiètent beaucoup plus et prennent davantage en compte la santé mentale des travailleurs et je suis sûre aussi que de fait, ils consomment nettement moins de médicaments "psy" que les Français ... après je peux me tromper mais pour avoir voyagé et vécu à l'étranger dans plusieurs pays par le passé, le peu que j'en ai vu était édifiant le changement de mentalité ou les différences que j'ai pu observer ... 

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Membre, 36ans Posté(e)
Virtuose_en_carnage Membre 7 306 messages
Maitre des forums‚ 36ans‚
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Je pense que la santé mentale est un sujet qui intéresse majoritairement les jeunes car ce sont eux les plus touchés. Or notre pays est dirigé par les vieux pour qui la santé mentale n'est pas un problème.

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Membre, 51ans Posté(e)
Elisa* Membre 17 262 messages
Maitre des forums‚ 51ans‚
Posté(e)

Alors c’est rare de ma part car en principe, je n’ai pas la culture suffisante…

Or il se trouve que j’ai le souvenir marquant d’un bouquin passionnant de Michel Foucault, « Histoire de la folie à l’âge classique ». 

Un petit rappel historique qui me semble assez symptomatique de la façon dont la folie a été « prise en charge » au cours des siècles, comment la société a pu traiter des individus atteints de troubles psychiatriques.
Un truc qui m’avait particulièrement choquée : l’on mettait les fous sur des nefs, histoire de les éloigner des villes et ainsi ils étaient exclus de la société, errant de ville en ville. On s’en débarrasse : on les voit pas, ils n’existent pas. 

Quelle prise en charge pour les patients atteints de troubles psychiatriques ? Une question qui se pose régulièrement dans l’actualité. En 1961, Michel Foucault s’intéresse au traitement de la folie lorsqu’il publie sa thèse Histoire de la folie à l’âge classique.

Avec son ouvrage, Foucault montre que la psychiatrie européenne n’a rien d’universel, qu'elle est un construit social et historique basé sur l’exclusion. Il y explique comment la société a traité les fous depuis le Moyen Âge et raconte que le fou n’a pas toujours été ce marginal qu’on enferme.

https://www.radiofrance.fr/franceculture/histoire-de-la-folie-selon-michel-foucault-7100229

Modifié par Elisa*
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Membre, 46ans Posté(e)
Kaliste Membre 4 503 messages
Maitre des forums‚ 46ans‚
Posté(e)

@fraise_sucrée pour répondre à tes questions, je pense qu'on est au début de la levée d'un tabou autour de la santé mentale. Il y a même eu une émission là dessus, sur M6 il me semble, il y a quelques mois. D'ailleurs, l'expression rentre dans le langage.

Dans les familles en général je ne sais pas mais dans la mienne c'est encore assez caché. Ça dépend des éducations mais globalement certains ont quand même encore honte de ces pathologies.

A titre personnel j'ai eu un petit coup de mou à peu près vers ton âge, j'ai l'impression que c'est un peu un âge charnière...

Bon courage en tout cas.

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Membre, 53ans Posté(e)
CAL26 Membre 8 685 messages
Maitre des forums‚ 53ans‚
Posté(e)
Il y a 22 heures, fraise_sucrée a dit :

La santé mentale en France a encore du chemin à faire sur beaucoup d’aspects. 
Déjà, j’ai l’impression qu on en parle un peu plus, et puis j’ai déjà vu des messages de prévention sur la santé mentale, dans les transports, et à la télévision, c est déjà ça.

J’avais moi même des préjugés sur les personnes avec des troubles, on connait pas, ils sont bizarres, ça fait peur. Mais ma vision a beaucoup changé depuis. J’ai pas de troubles diagnostiqué, mais j’ai déjà eu un aperçu de ce que ça fait depuis que j’ai commençé mes études. Des periodes où je prenais des choses de ma tete pour réalité, je me sentais persécutée, d’autres de grande déprime donc je suis passée par antipsychotique mais actuellement je suis sous anti-dépresseur, je vois un psychiatre et un psychologue, et je sais que j’ai beaucoup de chance d’être suivie régulièrement, et surtout d’avoir un entourage qui me soutient. Au début, ça été dur de reconnaitre qu’on va mal, et quand j’y prenais conscience, je m’auto stigmatisais et je ressentais beaucoup de honte.
Pourtant, je n’ai jamais manqué de rien, j’ai mal supporté vivre seule, l’isolement,  mon anxiété sociale et des études exigentes auquels je me dévouais en oubliant d’avoir un minimum d’équilibre de vie, et je me suis retrouvée dans un cercle infernal où j’étais complètement en repli. Bon ça va mieux peu à peu depuis quelques mois de pause, j’ai pu reprendre un équilibre de vie avant la rentrée

"Les Français seraient 21,4 % à avoir déjà pris des antidépresseurs ", c’est honnêtement énorme, 1/5. Et encore, ceux qui ont besoin n’ont pas forcément un suivi

Moi, ce que j’ai l’impression c’est qu il y a des stéréotypes,on minimise l’importance de la santé mentale, on oublie que ça peut concerner n’importe qui, de n’importe quel âge, pour n’importe quelle raison parce qu’on est pas tous armé de la même manière pour faire face aux problèmes. 

Y a aussi de l’auto stigmatisation
Perso, j’ai mis du temps avant d’en parler à mes amis, j’ai mis du temps à prendre mon traitement naturellement pendant le repas devant les gens (y a encore un mois, je me cachais dans une autre pièce pour le prendre alors que je n’ai aucune obligation à préciser c’est quoi), alors les gens qui arrivent à en parler publiquement c’est admirable, mais tu t’exposes à toute sorte de critiques, perso je pourrais dans la limite du raisonnable, mais jamais je ne ferai ça a visage découvert

J’ai l’impression que les personnes qui souffrent ne sont peut etre pas prise en charge ou ne consultant pas assez tôt, au début des symptomes, là où c’est moins compliqué pour agir, peut etre par faute de prévention, de ne pas oser, de la honte. Aussi y a d’autres soucis logistiques comme le manque de psy, les déserts médicaux, le coût parce que y a pas tant de psychiatre en secteur 1 ou de bons psychologues conventionnés, le manque de mesures 
Dans tout les cas c’est pas simple, et ça a l’air d’être un sacré noeud à déméler, bonne chance aux politiques

Bon je pense pas qu’il faut tout analyser, ou forcément exposer tout les détails de ses états d’âmes publiquement quotidiennement (après chacun fait comme il veut mais voila) mais plutot de normaliser le fait de consulter un psy, de parfois avoir besoin d’une béquille (traitement), d’avoir un trouble

C’est quoi votre opinion sur tout ça ? Est ce que vous trouvez que la santé mentale est tabou dans notre société ? Est ce tabou dans votre entourage ou pour vous meme ? Est ce que vous avez l’impression que les choses ont évolué ? (je suis curieuse, comme je suis jeune je sais pas forcément comment c’était avant) 

La maladie mentale est moins stigmatisée et le terme "folie" qui ne dit rien n'est plus du tout utilisé. Par ailleurs on ne parle plus "d'asiles" tant le terme signait une mise au ban de la société des malades mentaux qui faisaient peur. 

De plus en plus de troubles entrent dans le vocabulaire courant mais sont classiquement mal compris : la bipolarité est un type de dépression pourtant encore confondu avec la personnalité borderline ou de simples changements d'humeurs ; la schizophrénie et encore trop souvent confondue avec les personnalité multiples...par ailleurs il est encore assez répandu de considérer la dépression comme un manque de volonté. 

L'opinion publique n'est pas à blâmer tant la psychiatrie reste la branche la plus délaissée de la médecine. Or il n'est pas inutile de rappeler que si on parle de santé mentale c'est certes qu'elle a quelques spécificités dans sa prise en charge mais elle fait totalement partie de la santé prise globalement. 

Modifié par CAL26
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Membre, Esprit ordinaire, 45ans Posté(e)
Azarius Membre 410 messages
Forumeur accro‚ 45ans‚ Esprit ordinaire,
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Homo sapiens est un être d'une incroyable complexité. C'est tout à fait logique que ses pathologies psychiatriques et psychologiques en soient le reflet. 

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Membre, 22ans Posté(e)
fraise_sucrée Membre 53 messages
Forumeur inspiré‚ 22ans‚
Posté(e)
Il y a 13 heures, Kai a dit :

Ne pas dormir pendant des jours ça fini par rendre dingue, alors je sais pas si ça s'apparente à une maladie mentale, je ne pense pas mais dès fois je devais pas être loin du pétage de plombs à cause de la privation de sommeil et j'avais l'impression d'être irritée, à vif tout le temps sur les nerfs pour tout et rien, j'en étais rendue à me dire que j'allais finir par aller à l'hosto et supplier qu'on me colle une anesthésie générale pour quelques heures que je puisse récupérer peut être .

Ah mais clairement, le sommeil c’est tellement important, ça peut rendre constamment sur les nerfs 
Pareil le moment où j’avais perdu pied, c’était une période où je dormais très peu

Il y a 13 heures, Kai a dit :

Il voudrait arrêter tout d'un coups mais je trouve ça inquiétant vu que ça fait bien 5 ans au moins qu'il en prends et qu'on m'a toujours dit qu'il fallait arrêter petit à petit ou voir ça avec le psychiatre avant d'essayer de s'en passer

Oui c’est vrai que c’est mieux qu’il en parle avec son psychiatre, pour éviter les rechute et limiter les effets du sevrage. j ’ai lu aussi qu’arrêter c’est pas facile, je redoute ce moment, après comme j’ai une dose classique et pas une grosse grosse dose j’espere que ça ira
 

Il y a 13 heures, Kai a dit :

les pays scandinaves sont plus évolués que nous à ce sujet ... ils s'inquiètent beaucoup plus et prennent davantage en compte la santé mentale des travailleurs et je suis sûre aussi que de fait, ils consomment nettement moins de médicaments "psy" que les Français ... après je peux me tromper mais pour avoir voyagé et vécu à l'étranger dans plusieurs pays par le passé, le peu que j'en ai vu était édifiant le changement de mentalité ou les différences que j'ai pu observer ... 

oui, j’ai aussi voyagé dans les pays scandinaves peut etre pas assez longtemps pour voir la mentalité
Les pays scandinaves sont + avancés c’est vrai dans pas mal de domaines

Après, on a quand meme de la chance d’être en france avec un systeme de santé à faible cout pour nous, meme si il reste encore beaucoup de chose à améliorer

Par rapport aux antidepresseur du coup je suis allée voir et au final les pays scandinaves prennent pas mal d’antidepresseurs aussi
https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2025/11/health-at-a-glance-2025_a894f72e/2f564c6c-fr.pdf

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Membre, 22ans Posté(e)
fraise_sucrée Membre 53 messages
Forumeur inspiré‚ 22ans‚
Posté(e)
Il y a 5 heures, Kaliste a dit :

pour répondre à tes questions, je pense qu'on est au début de la levée d'un tabou autour de la santé mentale. Il y a même eu une émission là dessus, sur M6 il me semble, il y a quelques mois.

je vois, c est vrai qu il y a de plus en plus de reportages dessus

Il y a 5 heures, Kaliste a dit :

Dans les familles en général je ne sais pas mais dans la mienne c'est encore assez caché. Ça dépend des éducations mais globalement certains ont quand même encore honte de ces pathologies.

je vois la différence d’éducation, de mon coté, ma famille proche y a aucun tabou par rapport à ça 
Par contre, j’ai une amie, qui avait évoqué le fait de voir un psychologue parce qu elle était vraiment pas bien, ses parents lui ont dit que ça servait à rien et que ça faisait dépenser de l’argent pour rien
Y a pas forcément de mal à être pudique sur ça, par contre j’ai du mal à comprendre comment on peut essayer de dissuader quelqu un qui a envie d essayer
 

Il y a 5 heures, Kaliste a dit :

Bon courage en tout cas.

Merci !

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Membre, Posté(e)
L'illuminée Membre 635 messages
Forumeur expérimenté‚
Posté(e)

bonjour @fraise_sucrée

 La santé mentale reste le parent pauvre de la médecine, alors même qu’elle concerne une part immense de la population. Rien qu’en France, environ 1 % de la population est schizophrène, soit plus de 600 000 personnes. Les troubles bipolaires touchent 2 à 3 %, les troubles borderline 1 à 2 %, et la dépression concerne plus de 10 % des gens au cours de leur vie. Ce sont des chiffres énormes : les maladies mentales ne sont pas marginales, elles sont massives.

Ce qui est encore très mal compris, c’est que la schizophrénie (maladie que j'ai) n’est pas une seule maladie, mais probablement un ensemble de troubles différents regroupés sous une même étiquette. Tous les schizophrènes n’entendent pas des voix, certains n’ont presque pas de symptômes positifs (hallucinations, délires), mais souffrent surtout de symptômes négatifs ou cognitifs, qui sont souvent les plus handicapants.

Parmi ces symptômes, il y a :

L’aboulie : perte de la volonté, impossibilité de passer à l’action.

L’anhédonie : perte de la capacité à ressentir du plaisir.

Le retrait social, la pauvreté du discours, les troubles de l’attention, la difficulté à planifier, etc.

Ces symptômes sont un frein énorme au travail. Pas parce que la personne serait « paresseuse », mais parce que la volonté elle-même est atteinte. C’est comme reprocher à quelqu’un qui a une jambe cassée de ne pas courir.

Ce qui me désole, c’est que les préjugés ont la vie dure : beaucoup pensent encore que les schizophrènes « ne veulent pas travailler », alors que c’est précisément l’absence de volonté — un symptôme négatif — qui empêche d’agir. Et même entre schizophrènes, il peut y avoir de la stigmatisation : ceux qui travaillent jugent ceux qui ne peuvent pas, ceux qui comprennent bien les choses regardent de haut ceux qui ont du mal à suivre un film ou lire un livre. On finit par créer des catégories : les « élitistes » d’un côté, et ceux très handicapés de l’autre.

Je suis aussi profondément attristée par la jalousie ou le mépris envers les personnes handicapées psychiques qui touchent l’AAH. Beaucoup parlent de cette allocation comme si c’était une « aubaine », alors qu’en réalité, l’AAH permet juste de survivre. On ne vit pas avec l’AAH : on survit. Et souvent très difficilement.

Les addictions — fréquentes chez les personnes souffrant de troubles psychiques — ont un impact financier terrible. Le tabac, par exemple, coûte une fortune, mais arrêter est beaucoup plus difficile pour quelqu’un dont la volonté est atteinte par l’aboulie ou l’anhédonie. Ce n’est pas un « manque d’effort » : c’est un symptôme de la maladie.

À cela s’ajoute la situation économique catastrophique de la France : le coût de la vie devient exorbitant, les loyers explosent, l’alimentation augmente, l’énergie aussi. Les personnes précaires, et en particulier celles à l’AAH, vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Elles savent qu’au moindre imprévu, elles peuvent basculer dans la misère.

Et il y a une inquiétude supplémentaire : lors des prochaines élections, rien ne garantit que les revenus sociaux ne seront pas rabotés. On a vu ce que cela a donné en Italie, où le gouvernement de Giorgia Meloni a supprimé ou réduit certaines aides sociales. Les conséquences ont été dramatiques : une augmentation du nombre de personnes sans ressources, et un accroissement du nombre de personnes se retrouvant sans domicile.
Pour les personnes handicapées psychiques, ce risque est terrifiant. Elles savent qu’elles ne peuvent pas compenser une baisse de revenus par un travail à temps plein. Elles savent que leur santé mentale ne leur permet pas de faire 35 heures. Elles savent que même les « emplois protégés » sont souvent très loin d’être adaptés, et qu’avec une faible tolérance au stress — fréquente dans ces pathologies — le travail peut devenir impossible.

Je suis profondément attristée qu’il y ait encore autant de stigmatisation autour des maladies mentales. Quand on sait que, dans une grande majorité des cas, ces troubles se développent à la suite de traumatismes infantiles ou adolescents, on comprend à quel point cette stigmatisation représente une double peine : la personne souffre déjà d’un passé difficile, et en plus elle doit affronter le regard des autres.

La stigmatisation n’est pas juste un problème social : c’est un facteur aggravant de la maladie. Elle fragilise, elle abîme l’estime de soi, elle empêche de demander de l’aide, elle peut même provoquer des rechutes. Le mécanisme est un véritable cercle vicieux :

1. La personne ressent de la honte ou de la culpabilité  
→ Elle se dit qu’elle est « anormale », « faible », « pas comme les autres ».

2. Elle s’isole pour éviter le regard des autres  
→ Moins de contacts, moins de soutien, moins de repères.

3. L’isolement augmente le stress et la détresse psychique  
→ Les symptômes reviennent ou s’intensifient.

4. La rechute renforce encore la stigmatisation  
→ « Tu vois, il n’y arrive pas », « Il ne fait pas d’efforts ».

5. La personne se sent encore plus coupable et encore plus seule  
→ Et le cycle recommence.

Ce cercle vicieux montre que la stigmatisation n’est pas anodine : elle fragilise encore davantage des personnes qui ont déjà été blessées tôt dans leur vie. C’est une violence invisible, mais bien réelle.

Je trouve profondément injuste que des personnes qui ont déjà souffert — souvent dès l’enfance — doivent en plus subir le mépris de ceux qui ne comprennent pas ce que c’est que de vivre avec un handicap psychique. C’est une double peine : la maladie, puis le jugement.

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Membre, Esprit ordinaire, 45ans Posté(e)
Azarius Membre 410 messages
Forumeur accro‚ 45ans‚ Esprit ordinaire,
Posté(e)

Fait troublant: un délire est la tentative de l'esprit à vouloir mettre du sens. 

Je m'explique, vous souffrez d'hallucinations auditives, des voix dans la tête, c'est l'un des symptômes d'une certaine forme de schizophrénie. Votre cerveau va alors construire du sens pour expliquer ce phénomène " ce sont des esprits qui me parlent" ou " ce sont des extraterrestres qui communiquent avec moi" etc...

Le cerveau est une machine à interpréter, expliquer... Il est fait pour ça si on veut. Un bruit étrange dans le couloir ? Ne serait-ce pas un cambrioleur caché ? Vous ne trouvez plus votre téléphone ? C'est sûrement quelqu'un qui l'a déplacé sans vous le dire... Etc etc 😁 

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Membre, Posté(e)
L'illuminée Membre 635 messages
Forumeur expérimenté‚
Posté(e)
il y a 16 minutes, Azarius a dit :

Fait troublant: un délire est la tentative de l'esprit à vouloir mettre du sens. 

Je m'explique, vous souffrez d'hallucinations auditives, des voix dans la tête, c'est l'un des symptômes d'une certaine forme de schizophrénie. Votre cerveau va alors construire du sens pour expliquer ce phénomène " ce sont des esprits qui me parlent" ou " ce sont des extraterrestres qui communiquent avec moi" etc...

Le cerveau est une machine à interpréter, expliquer... Il est fait pour ça si on veut. Un bruit étrange dans le couloir ? Ne serait-ce pas un cambrioleur caché ? Vous ne trouvez plus votre téléphone ? C'est sûrement quelqu'un qui l'a déplacé sans vous le dire... Etc etc 😁 

c'est tout-à-fait vrai

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Membre, 36ans Posté(e)
Virtuose_en_carnage Membre 7 306 messages
Maitre des forums‚ 36ans‚
Posté(e)
Il y a 13 heures, CAL26 a dit :

La maladie mentale est moins stigmatisée et le terme "folie" qui ne dit rien n'est plus du tout utilisé. Par ailleurs on ne parle plus "d'asiles" tant le terme signait une mise au ban de la société des malades mentaux qui faisaient peur. 

De plus en plus de troubles entrent dans le vocabulaire courant mais sont classiquement mal compris : la bipolarité est un type de dépression pourtant encore confondu avec la personnalité borderline ou de simples changements d'humeurs ; la schizophrénie et encore trop souvent confondue avec les personnalité multiples...par ailleurs il est encore assez répandu de considérer la dépression comme un manque de volonté. 

L'opinion publique n'est pas à blâmer tant la psychiatrie reste la branche la plus délaissée de la médecine. Or il n'est pas inutile de rappeler que si on parle de santé mentale c'est certes qu'elle a quelques spécificités dans sa prise en charge mais elle fait totalement partie de la santé prise globalement. 

Vous confondez toujours cause et conséquence. C'est car l'opinion publique n'en a rien à faire de la santé mentale qu'elle est délaissée, pas l'inverse.

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Membre, 53ans Posté(e)
CAL26 Membre 8 685 messages
Maitre des forums‚ 53ans‚
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il y a 42 minutes, Virtuose_en_carnage a dit :

Vous confondez toujours cause et conséquence. C'est car l'opinion publique n'en a rien à faire de la santé mentale qu'elle est délaissée, pas l'inverse.

Je n'ai pas l'impression d'avoir cette habitude et c'est un peu le dilemme entre l'oeuf et la poule. La santé publique joue de toutes façons un rôle de prévention même quand avant toute action de prévention l'opinion publique n'en a rien à faire. 

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Membre, 22ans Posté(e)
fraise_sucrée Membre 53 messages
Forumeur inspiré‚ 22ans‚
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Il y a 6 heures, L'illuminée a dit :

bonjour @fraise_sucrée

 La santé mentale reste le parent pauvre de la médecine, alors même qu’elle concerne une part immense de la population. Rien qu’en France, environ 1 % de la population est schizophrène, soit plus de 600 000 personnes. Les troubles bipolaires touchent 2 à 3 %, les troubles borderline 1 à 2 %, et la dépression concerne plus de 10 % des gens au cours de leur vie. Ce sont des chiffres énormes : les maladies mentales ne sont pas marginales, elles sont massives.

Ce qui est encore très mal compris, c’est que la schizophrénie (maladie que j'ai) n’est pas une seule maladie, mais probablement un ensemble de troubles différents regroupés sous une même étiquette. Tous les schizophrènes n’entendent pas des voix, certains n’ont presque pas de symptômes positifs (hallucinations, délires), mais souffrent surtout de symptômes négatifs ou cognitifs, qui sont souvent les plus handicapants.

Parmi ces symptômes, il y a :

L’aboulie : perte de la volonté, impossibilité de passer à l’action.

L’anhédonie : perte de la capacité à ressentir du plaisir.

Le retrait social, la pauvreté du discours, les troubles de l’attention, la difficulté à planifier, etc.

Ces symptômes sont un frein énorme au travail. Pas parce que la personne serait « paresseuse », mais parce que la volonté elle-même est atteinte. C’est comme reprocher à quelqu’un qui a une jambe cassée de ne pas courir.

Ce qui me désole, c’est que les préjugés ont la vie dure : beaucoup pensent encore que les schizophrènes « ne veulent pas travailler », alors que c’est précisément l’absence de volonté — un symptôme négatif — qui empêche d’agir. Et même entre schizophrènes, il peut y avoir de la stigmatisation : ceux qui travaillent jugent ceux qui ne peuvent pas, ceux qui comprennent bien les choses regardent de haut ceux qui ont du mal à suivre un film ou lire un livre. On finit par créer des catégories : les « élitistes » d’un côté, et ceux très handicapés de l’autre.

Je suis aussi profondément attristée par la jalousie ou le mépris envers les personnes handicapées psychiques qui touchent l’AAH. Beaucoup parlent de cette allocation comme si c’était une « aubaine », alors qu’en réalité, l’AAH permet juste de survivre. On ne vit pas avec l’AAH : on survit. Et souvent très difficilement.

Les addictions — fréquentes chez les personnes souffrant de troubles psychiques — ont un impact financier terrible. Le tabac, par exemple, coûte une fortune, mais arrêter est beaucoup plus difficile pour quelqu’un dont la volonté est atteinte par l’aboulie ou l’anhédonie. Ce n’est pas un « manque d’effort » : c’est un symptôme de la maladie.

À cela s’ajoute la situation économique catastrophique de la France : le coût de la vie devient exorbitant, les loyers explosent, l’alimentation augmente, l’énergie aussi. Les personnes précaires, et en particulier celles à l’AAH, vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Elles savent qu’au moindre imprévu, elles peuvent basculer dans la misère.

Et il y a une inquiétude supplémentaire : lors des prochaines élections, rien ne garantit que les revenus sociaux ne seront pas rabotés. On a vu ce que cela a donné en Italie, où le gouvernement de Giorgia Meloni a supprimé ou réduit certaines aides sociales. Les conséquences ont été dramatiques : une augmentation du nombre de personnes sans ressources, et un accroissement du nombre de personnes se retrouvant sans domicile.
Pour les personnes handicapées psychiques, ce risque est terrifiant. Elles savent qu’elles ne peuvent pas compenser une baisse de revenus par un travail à temps plein. Elles savent que leur santé mentale ne leur permet pas de faire 35 heures. Elles savent que même les « emplois protégés » sont souvent très loin d’être adaptés, et qu’avec une faible tolérance au stress — fréquente dans ces pathologies — le travail peut devenir impossible.

Je suis profondément attristée qu’il y ait encore autant de stigmatisation autour des maladies mentales. Quand on sait que, dans une grande majorité des cas, ces troubles se développent à la suite de traumatismes infantiles ou adolescents, on comprend à quel point cette stigmatisation représente une double peine : la personne souffre déjà d’un passé difficile, et en plus elle doit affronter le regard des autres.

La stigmatisation n’est pas juste un problème social : c’est un facteur aggravant de la maladie. Elle fragilise, elle abîme l’estime de soi, elle empêche de demander de l’aide, elle peut même provoquer des rechutes. Le mécanisme est un véritable cercle vicieux :

1. La personne ressent de la honte ou de la culpabilité  
→ Elle se dit qu’elle est « anormale », « faible », « pas comme les autres ».

2. Elle s’isole pour éviter le regard des autres  
→ Moins de contacts, moins de soutien, moins de repères.

3. L’isolement augmente le stress et la détresse psychique  
→ Les symptômes reviennent ou s’intensifient.

4. La rechute renforce encore la stigmatisation  
→ « Tu vois, il n’y arrive pas », « Il ne fait pas d’efforts ».

5. La personne se sent encore plus coupable et encore plus seule  
→ Et le cycle recommence.

Ce cercle vicieux montre que la stigmatisation n’est pas anodine : elle fragilise encore davantage des personnes qui ont déjà été blessées tôt dans leur vie. C’est une violence invisible, mais bien réelle.

Je trouve profondément injuste que des personnes qui ont déjà souffert — souvent dès l’enfance — doivent en plus subir le mépris de ceux qui ne comprennent pas ce que c’est que de vivre avec un handicap psychique. C’est une double peine : la maladie, puis le jugement.

Merci pour ton précieux témoignage, j’espère vraiment que les choses pourront évoluer dans le bon sens

Il y a 6 heures, Azarius a dit :

Votre cerveau va alors construire du sens pour expliquer ce phénomène " ce sont des esprits qui me parlent" ou " ce sont des extraterrestres qui communiquent avec moi" etc...

Le cerveau est une machine à interpréter, expliquer... Il est fait pour ça si on veut. Un bruit étrange dans le couloir ? Ne serait-ce pas un cambrioleur caché ? Vous ne trouvez plus votre téléphone ? C'est sûrement quelqu'un qui l'a déplacé sans vous le dire... Etc etc 😁 

C’est vrai que c’est fou ce que le cerveau est capable de faire 😭
et puis parfois le cerveau peut aussi construire des scénarios hyper cohérent, donc difficile à repérer au début

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Membre, Esprit ordinaire, 45ans Posté(e)
Azarius Membre 410 messages
Forumeur accro‚ 45ans‚ Esprit ordinaire,
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il y a une heure, fraise_sucrée a dit :

Merci pour ton précieux témoignage, j’espère vraiment que les choses pourront évoluer dans le bon sens

C’est vrai que c’est fou ce que le cerveau est capable de faire 😭
et puis parfois le cerveau peut aussi construire des scénarios hyper cohérent, donc difficile à repérer au début

Et pour ceux et celles qui pourraient se dire " mais enfin ! Comment croire en de telles fadaises !?" 

Et bien imaginer que des voix parfaitement claires se manifestent dans votre esprit. Qu'elles vous parlent, vous insulte. Ce serait très traumatisant et troublant. Votre cerveau inventerait une histoire pour donner du sens et vous, complètement éberlué, vous y croyez. 

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Membre, 64ans Posté(e)
Myrtis Membre 6 messages
Baby Forumeur‚ 64ans‚
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Il y a aussi un manque de moyens et des services surchargés en psychiatrie tout comme dans les hôpitaux. Les effets d’annonce apportent des désillusions alors qu’il y a beaucoup de personnes en détresse ! La priorité de notre système politique et économique n’est pas orienté sur l’humain mais sur le profit ! Il n’y a pas besoin d’être d’un parti politique pour s’en apercevoir !

 

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