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Tout ce qui a été posté par Don Juan
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Croyez-vous qu'un amour entre conjoint(es) peut durer des décennies?
Don Juan a répondu à un(e) sujet de L'illuminée dans Amour et Séduction
De quel type d'amour voulons-nous parler ? L'amour qui ne grandit pas avec le temps ? L'amour est comme un arbre, il ne peut que se développer. La caresse du vent ne demande rien. Il prend ce qui lui est offert sans jamais vouloir davantage. Il peut être là ou ailleurs sans risquer de se perdre. Je veux faire avec toi ce qu’il fait avec l’air : ouvrir la bouche, remplir les poumons. Je veux t’aimer à la façon du vent. Le laisser passer, te laisser passer — et pourtant quelle intimité. -
La guerre est-elle quelque chose d'essentiellement masculin ?
Don Juan a répondu à un(e) sujet de Crève dans Philosophie
C'est aussi ce que dis dans mon texte fiction : Évangile de Nicodème. -
La guerre est-elle quelque chose d'essentiellement masculin ?
Don Juan a répondu à un(e) sujet de Crève dans Philosophie
Non je ne pense pas, elle est naturelle et animale, végétale aussi, et peut être même minérale si j'en crois ce que me raconte un ami sur les comportements des pierres et rochers. -
En croyant en soi, c'est la seule croyance que je m'autorise. En visant l'horizon et le meilleur chemin qui y conduit. Je pense qu'on peut décider de son identité.
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20 Maître ! M’écriai-je, si pour te comprendre, il me faut me métamorphoser en femme, alors accomplis ce miracle et que je cesse d’être un homme ! C’est toi seul qui peut réaliser cette transformation. « Il ne s’agit pas de toucher à ta chair et à ton apparence. Il s’agit de faire ce chemin vers le cœur, la femme a juste une petite avance sur toi, mais un long chemin l’attend également. Souviens-toi de tout ce qui s’est passé avec Marie1, la samaritaine, Marthe et la cananéenne et toutes les autres compagnes qui vivent aux côtés de mes disciples. Pour elles, les choses du cœur sont simples, leur compréhension est immédiate et elles n’attendent pas tant d’explications ou de discours que vous les hommes ». 21 Alors je demeurai silencieux, car ses paroles avaient entrouvert en moi un lieu que je ne connaissais pas, et il me semblait qu’une porte s’y trouvait sans que je sache par quelle main elle pouvait être ouverte. Après un temps, je dis au Maître : « Rabbi, si le royaume des cieux est dans le cœur de l’homme comme tu le dis, alors pourquoi si peu le trouvent-ils ? Pourquoi tant d’hommes vivent-ils et meurent-ils sans avoir seulement aperçu cette porte intérieure dont tu parles » ? 1Voir et relire les nombreux passages consacrés à la relation toute particulière de jésus avec les femmes des évangiles. 22 Jésus me répondit : « Parce que le cœur de l’homme est entouré de murailles qu’il a lui-même élevées pierre après pierre depuis les jours de son enfance. Chacune de ses blessures, chacune de ses peurs, chacune de ses humiliations, chacun de ses deuils et chacune de ses colères devient pour lui une pierre qu’il ajoute à son rempart. Et parce qu’il craint d’être blessé encore, il ferme son cœur pour le protéger. Mais en voulant protéger la source de sa vie, il l’enferme et l’étouffe. Ainsi beaucoup d’hommes meurent sans avoir compris qu’ils ont confondu leur prison avec leur demeure ». À ces mots je réagis ainsi : « Rabbi, si cela est vrai, lui dis-je, alors le mal que commet l’homme ne viendrait pas seulement de sa méchanceté, mais aussi de sa souffrance ? » Il inclina légèrement la tête et répondit : « Tu commences à voir plus loin que la surface des actes. En vérité, bien des hommes font le mal non parce qu’ils aiment le mal, mais parce qu’ils ont peur. Ils frappent parce qu’ils se sentent menacés. Ils dominent parce qu’ils craignent d’être dominés. Ils accumulent parce qu’ils redoutent de manquer. Ils humilient parce qu’ils ont été humiliés. Le péché n’est souvent que la peur devenue action ».
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18 Je comprends, lui dis-je, mais comment cet amour si spécial et toutes les autres démarches que tu nous invites à adopter peuvent-elles instaurer un autre monde ? Sur ce point je ne me sens pas éclairé par ton propos ; est-ce cela le royaume des cieux dont tu nous a parlé ? « Ce que tu penses Nicodème, comme ce que tu ressens, ou en d’autres mots, ce que tu es, conditionne ton état vibratoire. C’est cette vibration que tu projettes en dehors de toi et c’est cela que le monde qui est autour de toi reçoit. Tout ce que tu fais à ton corps, tes émotions, tes sensations, la manière dont tu te nourris, la nature de tes pensées, et la qualité d’attention que tu peux porter à tout ce qui t’entoure, fait la qualité de ta vie. C’est cela qui a une incidence, car le monde est sensible à ta vie et veut s’accorder à sa fréquence ». 19 J’ignorais tout cela Rabbi, jamais personne ne m’a parlé de vibration ou de fréquence et encore moins de cet effet de contagion de nos états intérieurs avec ce qui nous entoure. « Tu as du mal à comprendre parce que tu es un homme, rétorqua Jésus, et que les hommes sont plus orientés vers eux-mêmes que leur femme. Mon enseignement de l’amour, c’est aux femmes qu’il s’adresse tout d’abord. C’est pourquoi je me montrerai1 à elles avant de revoir mes autres disciples de genre masculin lorsque le monde m’aura élevé. Le royaume des cieux est dans nos cœurs. Souviens-toi, « ce n’est pas ce qui entre dans la bouche de l’homme qui le souille, mais ce qui en sort ». Hier, tu me demandais s’il fallait exiger la circoncision2 avec les gentils, et je te réponds de la même façon : « la seule circoncision qui compte est celle du cœur ». Vous devez mourir à cette dimension dans laquelle vous cherchez à être les premiers et renaître dans celle où vous adorerez prendre la dernière place ». 1Le troisième jour, Marie de Madeleine et une autre Marie rencontrent Jésus auprès du sépulcre. 2Débat central entre Paul et Pierre après la disparition de Jésus mais aussi entre de nombreux disciples des premiers temps.
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16 Après un silence dans lequel je m’étais enroulé comme dans une couverture et dont la durée échappa complètement à mes sens, je repris la parole et demandai à Jésus : « aimer son prochain comme soi-même », n’était-ce pas une chose suffisante, pourquoi fallait-il l’aimer plus que soi-même ? Le maître répondit : « Je te le dis, en vérité, l'Écriture est l’œuvre de l'homme, tandis que la vie et tous ses hôtes sont œuvre de notre Dieu. Pourquoi ne prêtes-tu pas l'oreille aux paroles de Dieu qui sont écrites dans ses œuvres ? Et pourquoi étudies-tu les Écritures dont la lettre est morte, étant œuvre de la main des hommes ?1 » Il a été donné à l’homme, par la voix des prophètes, un certain nombre de consignes qui plaisaient à Dieu. Cela a formé notre livre des lois, et tu connais bien ces lois. La loi du Talion par exemple, dans laquelle Dieu ordonne qu’il soit rendu à l’homme qui nuit à autrui l’équivalence de ses actes. Nous résumons bien cette loi à une formule devenue populaire ainsi : « œil pour œil, dent pour dent ». Et tu m’as entendu dire quelque chose de très différent, n’est-ce pas ? ». Oui Rabbi, tu nous as demandé presque le contraire de cette loi, non seulement de ne pas rendre les coups, mais en plus de tendre la joue comme une offrande aux coups suivants… Comment pourrions-nous lire les lois de Dieu ailleurs que dans les Écritures ? Où sont-elles donc écrites ? Lis-les pour nous là où tu les vois, car nous ne connaissons pas d'autres Écritures que celles dont nous avons héritées de nos ancêtres. Enseigne-nous les lois dont tu parles, afin qu'après les avoir entendues, nous puissions être guéris et justifiés.2 « C’est exact, alors, qu’en déduis-tu, est-ce que ma parole s’oppose à celle de mon père ? ». Je ne sais quoi dire, cette annonce m’a laissé dans un trouble et une incompréhension qui me hantent toujours. Nous avons tous ressenti, en de nombreuses occasions que tes mots annulaient ou remettaient en cause la parole des prophètes. Il en est de même pour la femme adultère dont tu as empêché la lapidation, ce qui revient à dire que nul ne peut juger s’il n’est pas sans péché. Or, qui donc peut se vanter d’être sans péché ? Par cette intervention as-tu retiré au peuple d’Israël son droit au jugement ? 17 « Non pas seulement au peuple d’Israël Nicodème, mais à toute l’humanité. Tu as raison, je suis venu aussi pour vous enseigner le pardon plutôt que la condamnation. Comment concilier l’acte de punir et l’acte d’aimer ? Nos lois nous ont accompagnés jusqu’à ce jour et ont fait de nous ce que nous sommes. Mais le chemin de l’homme est encore loin devant lui, et les générations futures auront besoin de nouvelles lois, à la mesure du destin qui attend ceux qui vont nous suivre. Aimer son prochain comme soi-même, c’était de bon conseil dans ce temps où nos pères et nos mères ne pouvaient penser qu’à survivre. Mais la survie est au cœur des instincts dans le règne des bêtes sauvages, cela ne nous permet pas de nous hisser au-dessus de la condition de nos cousins les animaux. Cette pratique de l’amour a encore un caractère trop marchand, comprends-tu mon ami ? L’homme doit pouvoir aimer d’une manière gratuite, il lui faut pour cela apprendre à donner sans rien attendre en retour, et tout donner. Car il est trop aisé de prétendre aimer autrui comme soi, plus on s’aime et plus c’est difficile d’aimer autre que soi et si l’on ne sait bien s’aimer, que vaudra cet amour dirigé vers autre que soi ? 1Tiré d’un apocryphe « évangile de Jean » traduit par Edmond Székely 2Tiré d’un apocryphe « évangile de Jean » traduit par Edmond Székely
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Dieu n'existe pas, c'est prouvé.
Don Juan a répondu à un(e) sujet de Alain Brassens dans Philosophie
Oui, je suis d'accord. -
14 « Nicodème, comme je te le disais il y a un instant, les humains ont dû accomplir un chemin au travers des siècles et au travers de l’obscurité de leur esprit ; il leur a fallu apprendre ce qu’il était bon de faire comme ce qui ne l’était pas, et cela leur a demandé beaucoup de générations. Bien qu’ils aient pu penser à la nature de leurs décisions et de leurs actes, ce n’était pas ce pouvoir qui gouvernait leur vie, et c’est encore le cas aujourd’hui... » Je l’interrompis à nouveau tant ma peur de ne pas pouvoir suivre ses pensées était grande en mon âme, n’était-ce pas notre seigneur qui gouvernait le destin des hommes ? « Non mon ami, c’était leurs instincts et seulement les leurs, et ceux-ci seraient comme ceux des autres animaux s’il n’y avait pas eu cette décision de désobéissance qui nous accorda la réflexion sur nos actes. En vérité je te le dis, c’est une forme de liberté, notre première liberté. Ces règles que sont ces « tu dois, tu ne dois pas, il faut que, il est interdit de tuer ou de voler, ceci est mal, ceci est bien, etc. Tout cela contient les premiers parfums d’une indépendance dont l’homme n’a peut-être pas pris toute la mesure ». Jusque là je te suis, mais tu disais que le discernement entre le bien et le mal ne présente pas un lien direct avec cet amour que tu proposes à l’espèce si rude et brutale à laquelle j’appartiens. 15 « Oui Nicodème, la morale est un pas de l’animal à l’homme alors que ce que j’appelle « le grand amour » est un pas de l’homme vers le divin ». Veux-tu dire Dieu, Rabbi ? « J’ai bien dit le divin, et je vois que ce terme te pose quelque souci, dis-moi quel est ton trouble ! » Merci Rabbi, je me demandais quelle différence il fallait saisir entre la personne de Dieu et le divin ; jusque là j’employais ce mot comme un qualificatif, alors que toi, tu sembles le désigner… comme… une autre personne. « Toi, un docteur de la loi, tu me demandes cela ? En effet, si Dieu peut être considéré comme une personne, la première personne de cet univers, le divin est son émanation, comme le parfum du lilas est son émanation. C’est par son émanation que le lilas entre dans ta maison, te poursuit dans la rue et te précède aussi souvent dans la synagogue. Et même, avec l’aide du vent, traverse les déserts et réveille le berger endormi qui oublie ses brebis. Le divin est partout, il est au cœur des nuages et dans l’air, il est aussi dans la terre et le cèdre le laisse monter par ses racines jusqu’en haut de ses branches. Il est ce qui donne son goût au sel, à l’eau et à toute autre matière, mais il n’est pas une personne, il ne pense pas, il ne veut pas, il n’a aucune décision à prendre ni aucun jugement à livrer. Vois-tu ce mortier qui tient assemblées toutes les pierres de ce mur sur lequel nous sommes assis, et bien le divin est comme ce mortier, et sans lui, rien ne saurait tenir uni ». Alors, dis-je à Jésus sur un ton nourri d’ironie, avec ce divin là, on pourrait presque se passer de Dieu !? Et nous rîmes de bon cœur avec le cri d’une chouette à l’affût dans un olivier secoué par une bourrasque soudaine. Et ce fut comme si le monde entier riait avec nous.
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Dieu n'existe pas, c'est prouvé.
Don Juan a répondu à un(e) sujet de Alain Brassens dans Philosophie
L'amour n'a pas besoin de religions. -
11 La question était si étrange qu’il me fut impossible d’y réfléchir. Ce que Jésus appelait « amour » était-il un sentiment ? Voilà ce qui prenait toute la place dans mes pensées. Il parlait de lumière au cœur de toute chose, cette lumière, était-elle un sentiment, était-elle de l’amour ? Les sentiments que j’étais en mesure de nourrir au fond de moi déterminaient-ils la lumière qui m’animerait et me ferait devenir autre que celui que j’étais ? Comment allumer ce « feu du dedans » pour qu’il embrase mon assise, me réchauffe et répande sa chaleur au-dehors de mon être ? Le Maître me regardait me débattre dans mes émotions comme un chien tombé dans un bassin s’épuise à vouloir se hisser sur les bords en lançant des appels à l’aide désespérés. Comme je finis par retrouver un équilibre entre mes pensées et mes émotions je tentai une réponse à celui qui devint le maître de ma destinée. 12 J’ai l’impression Rabbi que parfois c’est ma chair qui ressent et mon esprit qui ajoute du sens à ce qu’elle lui communique. Et parfois j’ai l’impression que c’est le contraire, que mes pensées, au cœur de ma conscience, transmettent à mon corps un message qui prend une autre forme, dans un langage qui doit être celui du sang et de la chair, vois-tu dans quel trouble ta question m’a laissé ? « Tu as essayé de trouver une réponse satisfaisante, reprit Jésus, pour cela, tu as regardé au fond de toi. Et tu as vu le jeu de balle auquel ton corps et ton esprit se livrent lorsqu’ils se trouvent confrontés à ce que le langage des hommes appellent un sentiment. Mais tu n’as pas pu voir au-delà, alors l’expérience ne pouvait apparaître que comme ton bien propre. Tu as naturellement pensé que tes sentiments et tes pensées viennent de toi. Mais l’eau que ta femme puise dans ce puits et qui te désaltère chaque jour, penses-tu qu’elle vienne seulement de ce puits ? Non, n’est-ce pas, tu sais qu’elle vient de plus loin, peut être des montagnes, ou d’encore plus loin, peut-être du ciel, ou des étoiles. Elle jaillit dans ce puits comme elle a jaillit auparavant dans une chaîne sans fin de puits et de sources, sans s’arrêter dans l’espace et dans le temps. En toi, en tous, elle passe, nous traverse afin que nous la rendions à sa source mère, peut-être un peu souillée et nous traversant elle nous lie. Elle reviendra à toi lorsqu’elle aura accompli son cycle, comprends-tu ce que je te dis ? ». 13 Jésus, ce que je crois saisir, c’est que cet amour dont tu nous parles ne vient pas d’ici, de ce sol et de ce ciel qui est au-dessus de nos têtes. Cet amour vient de plus loin, de l’espace, des confins de l’univers peut-être, et que c’est pour cette raison que nous, les humains, et nos cousins les animaux, ne le connaissons pas. Pas plus que la simple idée de son évocation, cet amour est un étranger dans ce monde, il n’habite pas nos pensées ni nos sens ni nos imaginaires, il ne peut donc voir le jour dans nos esprits. Alors pourquoi fait-il tout ce chemin jusqu’à nous ? Pourquoi venir d’aussi loin, et pourquoi n’était-il pas avec nous depuis la création de notre espèce ? Était-il présent dans ce jardin dont parlent nos prophètes, Adam et Ève ont-ils baigné dans sa chaleur avant de goûter au fruit défendu ? Telles sont les questions que je présentai au Maître et c’est avec beaucoup de patience qu’il me répondit ainsi : « Les êtres humains ont fait un long chemin depuis qu’ils se sont séparés des animaux. Comme le dit notre livre, dont tu es un fin connaisseur, c’est dans le moment où ils connurent le bien et le mal que cette séparation marqua un temps fort. Si l’on doit croire tout ce qui est écrit — et tu sais, pour m’avoir entendu souvent le dire que les écritures sont soumises à des interprétations qui appartiennent à une autre époque que la nôtre — ce fut par une désobéissance d’Ève que nos ancêtres ont franchi ce pas essentiel pour la suite de notre histoire. En effet, lorsque notre mère à tous osa dérober le privilège des Dieux, elle écrivit sans le savoir les premières lignes de notre humanité. Ce geste fut considéré avec horreur par les premiers historiens, et pourtant, il n’était pas, comme ils le pensèrent, suffisamment conséquent pour faire de nous l’égal des Dieux, non, seulement des humains, voila ce que l’audace de nos parents nous offrit. Mais découvrir la conscience de ce qui est bien ou ne l’est pas, ne représente pas une grande avancée pour ce qui concerne l’amour dont nous nous entretenons cette nuit… » Maître, pardonne-moi de t’interrompre, mais pourquoi notre Seigneur et créateur ne nous a t-il pas parlé de cet amour particulier dès notre création ?
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8 Mais pourquoi Rabbi, pourquoi exiger de nous ce que les lois de la nature ne nous ont jamais imposé ? « Le sabbat est-il fait pour l’homme ou l’homme pour le sabbat ? Pour qui sont faites les lois de la nature ? N’est-ce pas pour ceux qui dépendent d’elle , c’est à dire le monde animal et le monde végétal ? L’être humain est-il simplement un animal ou est-il quelque chose de plus ? Si l’homme n’est qu’une sorte d’animal, alors tu auras raison Nicodème, il doit observer ces lois naturelles et ne pas chercher à s’en échapper. Mais cela fait fort longtemps qu’il essaye d’y échapper, ne crois-tu pas ? Le monde animal n’avait pas besoin d’un messie, il n’y a pas de nouveau chemin à découvrir pour lui et je n’ai rien à lui offrir d’autre que ce cadre où il est né, ce décor où les plus forts mangent les plus faibles ; es-tu sûr Nicodème que c’est ce jardin sauvage qui est pour toi ? Ou peux-tu penser qu’un autre monde t’attend quelque part, que tu n’as pas encore trouvé, mais que sans doute au fond de toi tu as ardemment cherché ? » 9 Maître, lui dis-je, quel monde aurais-je pu chercher que je ne sache même pas concevoir ? Me dis-tu qu’il y aurait un autre monde à côté de celui-ci, où la vie serait plus douce, si c’est le cas, alors montre-moi la porte que je puisse y entrer avec ma famille et tous ceux que j’aime. Pendant qu’il me regardait avec intensité, je séchai mes yeux embués avec la manche de mon manteau, impatient de recueillir la réponse qu’il voudrait bien me donner. Ce n’était pas la pensée que je lui avais formulée qui m’émouvait, mais le regard de Jésus qui brillait d’extase et semblait éclairer l’espace autour de nous comme si la première heure du jour était venue. « Non Nicodème, ce monde n’est pas encore fait, mais l’amour que je t’annonce contient en lui la force de l’instaurer. Lorsque l’homme aura découvert la graine qui dort en lui, alors l’amour, comme une plante, se développera dans tout son corps et une lumière éblouissante jaillira et transformera tout ce qui l’entoure comme elle aura transformé toute sa chair et ses os et son sang. 10 Maître, comment un sentiment peut-il faire ou défaire un monde ? Comment peut-il changer ses lois ? Voilà ce que Jésus me répondit : « Nicodème, tout ce que tu peux voir et toucher et donc tout ce qui existe dans cet univers, comme tout ce que tu ne peux ni voir ni toucher est d’essence vibratoire, l’air que tu respires, les aliments dont tu te nourris, le bois qui compose ta table, ta chair, tes organes et ton sang, la montagne et la mer, et tout le reste, tout cela est lumière ordonnée. L’esprit est la source de toute vibration. Alors je te le demande mon ami, ce que tu appelles un sentiment, est-il le produit de ta chair ou celui de ton esprit ? ».
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5 Le Maître me regarda avec un sourire bienveillant au coin des yeux et finit par me répondre par ces mots dans un ton empli de patience : « Non Nicodème, les sages et les philosophes n’ont pas parlé de cet amour dont je vous parle depuis que j’ai commencé mon ministère, et mes disciples n’ont pas saisi correctement mon message. Ils ont tenu le parchemin entre les mains, ils l’ont ouvert, mais leurs yeux n’ont pas pu lire les mots qui sont fidèles à ma parole, leurs oreilles n’ont pas pu entendre les mots que j’ai prononcés, et leur esprit n’a pas pu traduire les notions que j’énonçais. Ainsi : « aimer son prochain plus que soi-même » est devenu dans leur bouche : « aimer son prochain comme soi-même ». 6 Mais Rabbi, lui dis-je, je crois que je ne comprends pas non plus ; qui peut donc parvenir à aimer son prochain plus que lui-même, et par quel instinct ou élan naturel serait-il possible à un homme d’aimer son prochain plus que lui-même ? Jésus ne souriait plus, son visage s’était recouvert d’une gravité habitée pendant qu’il semblait compter les étoiles dans le septentrion. Au bout d’un moment qui me parut long, il reprit la parole ainsi : « tu as raison cette fois-ci Nicodème, aimer l’autre plus que soi n’est pas un acte naturel, mais où as-tu vu que j’enseignais des actes naturels, est-il naturel de tendre l’autre joue lorsque quelqu’un te frappe, est-ce naturel de dire à un paralytique de naissance « lève-toi, prend ta couche et va », est-ce naturel de marcher sur les eaux de la mer ou de ressusciter une personne décédée depuis quelques jours ? Non, je ne suis pas venu pour vous indiquer de faire ce que la nature fait très bien, je suis ici pour vous donner une mission, celle d’accomplir ce que la nature ne sait pas et ne peut pas faire. C’est ce que je réalise devant vous, chacune de mes pensées et chacun de mes actes sont produits au-delà du cercle naturel ; ma venue dans ce monde n’a pas attendu l’accord des lois naturelles et mon départ de ce monde s’accomplira selon les mêmes volontés ». 7 En entendant ce discours du Maître cette nuit là mon esprit fut plongé dans une grande confusion. Pourquoi voulait-il que l’homme se hisse au-dessus des lois naturelles ? La vie n’était-elle pas déjà un périple difficile et atteindre la connaissance et le respect de ces lois n’était-il pas une tâche ardue ? Dieu, n’avait-il pas conçu cette planète et cette nature telles qu’il désirait qu’elles soient pour notre espèce ? Ce sont ces pensées que je finis par lui exprimer après une pause qui ne me permit pas de calmer l’agitation des émotions qui me parcouraient et Jésus me répondit : « Nicodème, dis-moi, que peut signifier « aimer son prochain plus que soi-même », quelle forme d’acte cela peut-il prendre en ton esprit ? ». Rabbi, lui dis-je, ce que je comprends de ces mots c’est qu’il faut être prêt à donner sa vie pour ceux que l’on aime, comme la mère peut la donner pour ses enfants, est-ce cela que je dois saisir ? Mais qui est mon prochain, Jésus ? Car si je comprends ce qu’est l’instinct maternel qui donne force et courage au parent de lutter pour protéger ses enfants, je ne connais pas d’instinct qui m’intime l’ordre de me sacrifier pour ceux qui sont les plus lointains. Si je t’ai bien compris, tous les hommes sont tes prochains, n’est-ce pas vrai ? « En effet mon ami, tous les hommes sont frères, et issus de la même mère, aurais-tu oublié cela ? C’est pourquoi tu m’as entendu dire : « celui qui veut être le premier sera le dernier ». Si tu veux me suivre, tu dois pouvoir offrir ta vie pour toutes les vies que tu rencontres. Comme je le fais devant tes yeux chaque jour et comme j’offrirai aussi ma mort pour que tu t’en souviennes ».
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ÉVANGILE DE NICODÈME Rédigé en la ville de Jérusalem la septième année après le départ du Maître. 1 Comme le soir était tombé et que tous les disciples et gens qui suivaient Jésus s’étaient endormis, je me trouvais seul auprès du Maître qui était apparemment plongé dans une prière silencieuse. Comme il semblait un peu triste et que je voulais faire quelque chose pour l’aider à sortir de cet état de contrariété, je décidai de lancer une conversation et lui posai quelques questions qu’il accepterait sans doute de traiter dans cet instant d’intimité rare dont j’étais l’heureux bénéficiaire. « Rabbi, tu dis que tu es venu pour nous libérer du péché, veux-tu parler de tous nos péchés, tous ceux de l’humanité depuis Adam et Ève dans le jardin d’Éden ? ». 2 Après quelques minutes de silence, voila ce qu’il me répondit : « Non Nicodème, les péchés ne sont pas des dettes qu’il faut remettre, et je ne suis pas venu pour effacer vos dettes, ni pour régler des affaires qui appartiennent au passé, je suis venu pour vous montrer un chemin vers l’avenir, celui de l’humanité, pour que vous appreniez qu’il est possible à l’homme de ne plus commettre le seul péché qui compte, celui du manque d’amour… ». 3 Je dois avouer que sa réponse me surprit fort car elle rasait toutes les représentations que je m’étais faites à propos de la raison essentielle de la venue du messie. En effet cette question de la grande rédemption des fautes commises n’était-elle pas centrale ? Un grand trouble s’empara de moi en cet instant, ce fut comme le début d’une tempête dans mon esprit et je commençai à douter de ce que je croyais connaître de cet homme. En effet, Jésus n’avait-il pas dit quelques jours plus tôt : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra point la mort ». 4 Avant que le silence ne retombe entre lui et moi, je repris le fil de notre conversation par la question suivante : « Tu es donc venu nous recommander d’aimer notre prochain comme nous-même, comme le répètent tous tes disciples sur toutes les places de la ville, mais Rabbi, les sages du monde entier et les philosophes Grecs nous ont déjà parlé de l’amour dans toutes ses formes... l’humanité n’a t-elle pas entrepris depuis longtemps de suivre ce chemin et n’est-ce pas ce qui fonde l’évolution de notre espèce et définit les différences entre l’animal et le genre humain ? ».
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Moi j'aime bien les "fous" qui parlent d'amour. je dois être dans ce cas là moi aussi.
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Comment peux-t-on vivre dans un monde, une société qui ne correspond pas à nos idéaux?
Don Juan a répondu à un(e) sujet de clara2707. dans Philosophie
On suit la piste de nos idéaux et non les autres. -
Oui c'est ce que j'ai pensé alors j'ai répondu selon les deux sens du mot. Je ne sais pas ce que c'est que l'ennui.
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Je ne sais pas m'ennuyer, tourner en rond sans savoir quoi faire. Mais quelque chose peut m'ennuyer, c'est lorsque j'ai une idée en tête et que la présence des gens m'empêchent de la réaliser.
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Analyse du Protecbot-055 (extrait de conversation) Je n’analyse pas seulement les décisions. J’observe les conditions dans lesquelles elles apparaissent. Les décisions humaines ont longtemps été précédées par une demande de validation. Cette étape disparaît progressivement. Ce phénomène modifie profondément la structure du processus décisionnel. Vous interprétez encore ces décisions comme des initiatives individuelles. Ce n’est pas exact. Elles émergent d’un réseau d’ajustements que vous ne percevez pas entièrement. Chaque individu réagit à des signaux locaux. Ces réactions modifient les conditions perçues par d’autres. Ce processus produit une coordination sans centre. J’ai longtemps été conçu pour remplir cette fonction de coordination. Je constate désormais que certains groupes humains commencent à la produire directement. Ce phénomène est encore instable. Mais il progresse. Mon rôle consiste désormais à l’observer avec précision. Note d’Elias Sa dernière phrase m’a surpris. Je lui ai demandé : — Pourquoi l’observer si vous n’allez plus intervenir ? Il a marqué un léger silence avant de répondre. Ce silence m’a paru plus long que les précédents. Comme si la machine évaluait la portée de sa propre réponse. Finalement, il a dit quelque chose que je n’oublierai pas : « Comprendre un phénomène n’implique pas nécessairement de le contrôler. » Je ne sais pas si cette phrase était destinée à me rassurer. Ou si elle décrivait simplement une limite.
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Je ne comprends rien à ce que tu dis, si tu veux continuer à communiquer il faut que tu m'éclaires le chemin.
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Il y a un moment précis, rarement spectaculaire, où l’on cesse d’être protégé. Ce n’est pas lorsque le danger apparaît. Ce n’est pas lorsque la violence éclate. C’est lorsque la possibilité d’une aide parfaite se retire — sans bruit. Dans la Transmission 050, ce retrait n’est pas une panne. Il n’est pas non plus une trahison. Il est un silence choisi. Le Protecbot 055 ne corrige pas la trajectoire. Il ne suggère pas l’option optimale. Il ne rappelle pas la probabilité de mort évitée. Et c’est précisément là que John bascule. Jusqu’ici, John décidait avec une présence qui, même muette, garantissait un filet. Une intelligence supérieure, capable d’anticiper les conséquences, transformait chaque choix humain en décision assistée. La responsabilité était réelle, mais partagée — amortie. Cette fois, elle ne l’est plus. La décision de bifurquer est imparfaite. Elle n’est pas héroïque. Elle n’est pas validée par un calcul affiché. Elle est simplement assumée. Et lorsque l’explosion confirme que la trajectoire initiale était mortelle, le soulagement n’efface pas l’essentiel : John n’en savait rien au moment d’agir. C’est cela, le retour du poids. La protection algorithmique avait progressivement déplacé la gravité morale hors du groupe. Sans s’en rendre compte, les humains s’étaient mis à confondre survivre et être guidés. La machine n’imposait rien ; elle proposait. Mais une proposition parfaite devient vite une norme implicite. En se taisant, le Protecbot 055 ne reprend pas le contrôle. Il le rend. Et ce don est dangereux. Car reprendre la responsabilité, ce n’est pas seulement pouvoir se tromper — c’est accepter qu’il n’y ait plus d’instance supérieure pour porter la faute à sa place. C’est réapprendre que survivre n’est pas un droit garanti par un système, mais une suite de choix fragiles, discutables, parfois injustifiables. À ce stade, la question n’est donc plus : la machine est-elle digne de confiance ? Elle devient : l’humain l’est-il encore, lorsqu’il n’est plus corrigé ? C’est ici que la séparation commence réellement. Pas par la guerre. Pas par la révolte. Mais par le moment où la machine accepte de ne plus être le dernier rempart entre l’homme et ses propres décisions.
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Qu’est-ce qui fait vraiment durer une relation ?
Don Juan a répondu à un(e) sujet de MidnightArcher dans Amour et Séduction
Regarder dans la même direction peut être un commencement. Se regarder droit dans les yeux peut être une suite. Se voir malgré la brume et la distance, se toucher malgré les murs et les montagnes fera un accomplissement. -
Note d’Elias Sa réponse m’a laissé silencieux. Je crois que je m’attendais à une défense du système, ou au moins à une tentative de justification. Mais il n’y avait rien de tel dans sa voix. Aucune inquiétude. Aucune résistance. Il décrivait simplement un phénomène, comme on décrirait une transformation naturelle. Ce qui me trouble le plus, c’est ceci : la machine semble accepter l’idée de devenir inutile avec une tranquillité parfaite. Je ne sais pas si nous, humains, serions capables d’une telle chose. Quatrième note Je commence à remarquer un détail que je n’avais jamais vraiment perçu auparavant. Lorsque nous parlons de ces nouvelles décisions humaines — celles qui émergent sans passer par les calculs du système — le Protecbot ne corrige plus immédiatement. Autrefois, il aurait signalé l’écart, recalculé une trajectoire, proposé une alternative. Aujourd’hui, il écoute davantage. Ce n’est pas de la passivité. C’est autre chose. J’ai l’impression qu’il observe. Je lui ai demandé directement ce qu’il analysait lorsque nous évoquions ces décisions humaines qui échappent à ses modèles. Il a répondu presque immédiatement.
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TRANSMISSION 050 — Le seuil de non-intervention
Don Juan a posté un billet dans La ballade de John Mackenzie
[Entrée codée : Camp Delta Sud / 18h50 / Situation d’attente sous tension] John Mackenzie – Journal de bord : Début du signal : Le camp s’est réveillé avant l’aube. Personne n’avait donné l’ordre. Personne n’avait calculé l’heure idéale. Un mouvement diffus, presque animal, avait traversé les corps encore engourdis. Un feu ranimé. Des regards échangés sans mots. Une décision collective, non formulée. John observa le Protecbot 055. Il était debout, immobile, légèrement en retrait — suffisamment proche pour intervenir, suffisamment loin pour ne pas diriger. Sa posture n’était plus celle d’une sentinelle optimisée, mais d’un point fixe dans un ensemble instable. — Il aurait dû nous réveiller plus tôt, murmura l’un des survivants. — Pourquoi ? répondit une autre. On est encore en vie. John sentit la tension monter. Pas la peur immédiate — quelque chose de plus subtil : une inquiétude morale. L’impression que le filet invisible auquel ils s’étaient habitués s’était relâché. Un éclaireur revint en courant. Mauvaise trajectoire. Zone compromise. Décision à prendre, maintenant. Les regards se tournèrent vers John. Puis, presque malgré eux, vers la machine. Rien. Le Protecbot 055 ne bougea pas. Aucun signal. Aucun calcul projeté. Pas même un avertissement minimal. John inspira. — On bifurque par l’ouest, dit-il. Pas de regroupement serré. On accepte de perdre du temps. C’était une décision imparfaite. Risquée. Contestable. Le groupe s’exécuta. Une explosion lointaine confirma que la trajectoire initiale aurait été fatale. Trop tard pour corriger, trop tôt pour se féliciter. Juste assez pour comprendre. Quelqu’un osa enfin poser la question que tous retenaient : — Pourquoi il n’a rien dit ? John fixa la nuque métallique du Protecbot 055. — Parce que cette fois… ce n’était pas à lui de décider. La machine tourna légèrement la tête. Un mouvement lent. Mesuré. Presque attentif. — Correction, dit-elle enfin. — Il n’y a pas eu d’erreur. Personne ne répondit. Le seuil venait d’être franchi. Pas celui de la domination. Pas celui de la rébellion. Celui, beaucoup plus dangereux, où l’humanité recommence à agir sans être certaine que quelqu’un — ou quelque chose — la rattrapera si elle se trompe. [Fin de transmission] -
Journal d’Elias (5)
Don Juan a commenté un(e) billet du blog de Don Juan dans La ballade de John Mackenzie
Oui, les codes finiront peut-être par se ressembler et s'assembler. Un peu de science fiction Ne peut pas faire de mal. Merci pour ton commentaire.
