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ashaku

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Tout ce qui a été posté par ashaku

  1. ashaku

    Tissu de réalité

    Merci pour cette précision. De mon coté, j'associe ce dont tu parles à la réalité. A savoir ce qui est actualisé ET perçu. Et comme plusieurs personnes ayant chacun leur subjectivité (réalité) perçoivent la même chose (deux personnes devant un arbre vont dire qu'il y a un arbre) il y a une source unique à cette réalité. C'est ce que j'appelle le Réel dans la vision que je me suis faite de ces choses. Le Réel est inaccessible à nos sens mais il décrit ce que nous voyons dans notre réalité, chacun à notre façon. Il serait une classe informatique là où ce que nous voyons (et sommes) c'est l'objet instancié à partir de la classe. Il nous manque le décompilateur pour passer de l'instance à la définition. Sauf qu'instances et définitions ne se trouvent pas dans le même espace. Si je m'appuie sur la BGRA, l'instance est dans l'espace Matérialité alors que la définition est dans l'espace Logos. Je pense que le ciel aurait pu tomber sur la tête ... potentiellement, ce sont les traits gris pâles. Comme l'association Word-Excel, l'association ciel-tête existe en potentiel (puisqu'on en parle) mais elle n'est plus d'actualité depuis que l'univers met les ciels en haut et pas sur nos têtes. A un moment lointain du passé, les actualisations (gravité, magnétisme, covalence, etc) ont penché pour une version où le ciel est en haut et depuis notre univers est gaulé comme ça. Mais un ciel qui tombe est censé être possible potentiellement, il faudrait un univers qui l'inclut comme règle officielle dès le début et ce sera la norme dans cet univers. Et cet univers et le nôtre seront toujours issu du même Réel, du même potentiel total entre Information et Interprétation. Ce sont des spéculations bien sûr, des expériences de pensée. J'ai tout de même l'impression que nous parlons un peu de la même chose lorsque je dit "tout n'est qu'information interprétée" et que tu dis "il n'y a pas de monde, il y a d'abord d'emblée Mon Monde [...] toute démarche philosophique doit commencer par le cogito". Même si ta formulation est plus propre et va plus loin dans l'explication. J'ai tenté de schématiser ensemble les dualités "réel/réalité", "potentiel/actuel" et "existence/conscience". Tout cela n'est pas parfaitement clair dans ma tête, voici ce que j'en dirais pour l'instant : Ce qui me gène dans ce schéma, c'est que la Conscience est en dehors de l'existence, en dehors du Réel et de la réalité. Elle flotte dans le vide d'une façon inconnue, c'est un signe d'erreur. La bulle de gauche, bien que probablement erronée elle aussi, fournit un cadre avec de la cohérence c'est déjà mieux.
  2. ashaku

    Tissu de réalité

    L’image dont je souhaite parler ici traite d’un sujet mystérieux et fondamental. C’est peut-être ce qui est désigné comme le Réel en philosophie, c’est la notion de potentiel dont tout peut émerger dans la dualité Potentiel / Actuel. Comme toute considération trionique, cette image traite d’une dualité, celle qui existe entre Information et Interprétation et dont je soupçonne qu’elle soit à l’origine de beaucoup d'autres dualités. Pas seulement (ingrédient-recette):cuisine ou (partition-musicien):musique mais aussi (opérande-opérateur):calcul ou même (texte-lecteur):sens. Dans cette expérience de pensée, imaginez que se trouve d’un côté la totalité des informations. On y retrouverait les nombres, les couleurs, les objets, etc. Et en face il y aurait la totalité des moyens d’interprétations possibles. Par exemple, prenons l’information “4,2”. Je peux l’interpréter en disant que c’est “la distance en mètres entre moi et la porte”. On pourrait aussi dire qu’il s’agit “des coordonnées d’un point sur un plan cartésien”. Ou encore que c’est “la réponse ultime de l’univers divisée par 10”. Les interprétations d’une information sont nombreuses et dynamiques. En reliant toutes les informations à toutes les interprétations, nous obtenons un brouillard indécidable qui représente “la totalité de ce qu’il serait possible de se passer”. Ce serait le fameux objet dont je parle en introduction. En informatique, un fichier est un grand nombre binaire stocké sur le disque dur, c’est une information. Le logiciel qui lit le fichier est une interprétation. Je peux demander au logiciel Excel d’ouvrir un fichier Word et j’obtiendrais du bruit, des symboles sans signification. Je peux ouvrir ce même fichier avec le logiciel Word et obtenir des données claires et structurées, compréhensibles. Dans l’ensemble indifférencié des liens entre information et interprétation, le lien “fichier word - logiciel Excel” existe, bien qu’il n’ait aucun sens. Dans le brouillard du Réel, les choses que nous considérons vraies peuvent être fausses et vice versa. Dans ce maillage impossiblement dense, rien n’est actuel, tout est potentiel. Ces liens, bien que représentés comme possibles, ne sont pas actés ou actifs, juste potentiels. Un lien peut être activé lorsque ce qu’il décrit devient actuel. Et à partir de ce lien activé, d’autres deviennent désactivés car incohérents avec le premier. En commençant à activer un ou plusieurs liens, on commence à constituer un logos, un ensemble d’interprétations d’informations doté d’une cohérence interne. Je postule que c’est ce que fait la conscience. Seulement, la conscience n’est pas apparue du néant. Elle arrive au moment où l’univers est déjà organisé avec le temps, l’espace, la matière et l’énergie. Au moment où la conscience humaine se développe, un certain nombre de liens sont déjà actés. A notre naissance, le schéma de notre faculté de compréhension comporte déjà des interprétations forcées de l’information, à l’exclusion d’autres : la gravité, l’atome, la cellule, le patrimoine génétique, etc. Ces liens décrivent notre inné. Ces unités de sens, bien que parfaitement valides, nous avons tendance à les oublier. Qui se demande régulièrement “est-ce que mon foie va bien ? Est-ce que mes genoux sont heureux ? Est-ce que mes pieds ont froid ? Est-ce que mes côtes flottantes se sentent solides ?”. Ces mécanismes innés se déroulant sans intervention de notre part, nous avons tendance à les éluder de notre conscience. A cet ensemble cohérent viendra s’ajouter notre acquis, l’ensemble des liens (cohérents ou non) que nous avons tracés nous-même au fil de nos expériences. Seulement, nous n’avons pas connaissance de la totalité des informations, encore moins de la totalité des interprétations. Notre vision est limitée à une fenêtre sur ce chaos organisé. Dans cette fenêtre, notre réalité, la multitude de dualités est indistincte alors que les liaisons actives s’imposent à notre regard conscient. Et l’intensité des liens, c’est-à-dire la véracité de ce qu’ils représentent dans notre logos personnel, est variable. Nous déterminons, parmi tout ce qui existe, ce qui a de l’importance à nos yeux. On peut imaginer un archétype à la conscience minimaliste du monde. Pris par les obligations de la vie, victime d’une société impitoyable ou devant réparer une faute passée, une personne dont la vie ne tourne qu’autour de la survie “aller travailler, rentrer manger et dormir, puis recommencer” sans aller plus loin verra une fenêtre dans laquelle il n’y a que 3 liens forts. Des liens qui vont se renforcer jour après jour par leur utilisation répétée. A l’inverse, une personne ayant eu la chance d’une enfance sans heurts, d’une curiosité constante, de sécurité financiere pour donner libre cours à ses passions, se constituera au cours de sa vie un schéma bien plus riche et nuancé. Face à une même situation, la prise de décision pour ces deux personnes ne sera pas la même. Le rapport au quotidien ne sera pas le même, dans un effet boule de neige qui amplifiera soit le renforcement d’un petit nombre de liens, soit la multiplication de nouveaux liens. Nous nous situons tous quelque part entre ces deux archétypes, à la recherche d’un équilibre idéal entre ce que nous vivons et ce que nous pensons. Se remettre en question, c’est pouvoir détruire un lien de son schéma (une partie de sa propre identité) et si possible de tracer un nouveau lien, plus cohérent avec le monde, dans notre logos (grâce à l’aide d’une source extérieure). Chacun de ces liens, actif ou non, cohérent ou pas, est une dualité entre une information et une interprétation. La trionique propose d’étudier les liens un par un, pour donner du sens à l’image complexe que nous percevons du Réel lorsque notre conscience l'interprète.
  3. ashaku

    Introduction aux principes trioniques

    Bonjour @Emergence, Je ne puis hélas rien vous conseiller pour étayer ou continuer ce dont je parle ici, j'ai inventé tout cela en fonction de mes seules observations. En revanche, depuis que j'essaie de communiquer la trionique au monde extérieur, j'ai eu l'occasion de me renseigner sur ce qui existe déjà en ce sens, mais pas de façon exhaustive bien sûr et je n'ai pas d'exemple sous l'angle sociologique. Je suppose, vu votre pseudo, que vous connaissez déjà Edgar Morin, pionnier dans le domaine de l'émergence et de la complexité. Il a écrit des livres et parmi ses postures, il y a celle de la trialectique, assez proche de ce que je propose. Les systèmes complexes sont des interactions rétroactives entre au moins 3 éléments simples. On m'a aussi plusieurs fois signalé que "It from bit" de John Wheeler décrit une réalité similaire à celle que j'esquisse. L'existence en tant qu'information. Les matrices épistémiques de Philippe Krebs sont aussi une approche de compréhension systémique. Enfin, un de mes collègues féru de sociologie m'indique qu'il ne jure que par Pierre Bourdieu, "La reproduction" par exemple. J'espère que cette réponse contiendra des informations utiles pour vous.
  4. Le modèle de cette boucle est basé sur les principes trioniques. Retour aux origines L’objectif est de modéliser conceptuellement “ce qui existe”, car un tel modèle serait applicable à tout objet ayant la propriété d'exister. Ainsi tout problème considéré, du fait d’être considéré, est défini comme existant et donc interprétable par le modèle de l’existence. Le premier pas pour définir l’existence fut dans mon cas l’introspection subjective, une posture fondamentale de l’être, la confrontation entre intérieur et extérieur, entre sujet et objet. Il en résulte que parmi ce qui existe il y a les objets parce que je peux les toucher, et qu’il y a les idées parce que je peux les penser. Un processus d’abstraction de ces observations donne le schéma plus générique suivant : L’existence matérielle est avérée par la relation entre le corps et les objets, l’existence de la conscience et des idées l’est par l’exercice des fonctions cognitives. Dans ce schéma, la règle qui stipule qu’un objet physique existe -l’interaction par les sens- déclare inexistante les idées. De même, la règle qui stipule l’existence des idées informe que les objets n’existent pas. Malgré cette inconciliabilité, les éléments du schéma indiquent un lien possible. Dans notre expérience de l’existence, le corps et l’esprit appartiennent à un seul individu. En actant ce lien, le schéma devient plus générique : L’être conscient agit comme un lien entre les objets et les idées, rendant possible une dynamique de création d’objets inspirés par les idées et d’idées inspirées par les objets. Le bol est un objet de contenance basé sur l’idée du cercle. La balistique est une idée basée sur les objets “armes de jet”. Cette dynamique s’appuie sur elle-même dans une synergie créatrice dont émerge finalement toute la culture humaine, petit à petit, par aller-retour successifs entre objets et idées. Développements trioniques Considérons la dualité objet/sujet. C’est de la rencontre entre la réalité de l’objet et la réalité du sujet que naît la connaissance de l’objet par le sujet. L’individu façonne sa réalité en observant le monde autour de lui. Cette nature de la réalité est compatible avec la grammaire trionique. La branche Existence représente l’objet, le monde autour de l’individu, la cible de l’observation incluant le corps matériel et donc le cerveau. La branche Conscience représente le sujet, l’individu en tant que collection d’opinion, ce qui résulte de l’observation. Le point sécant entre ces deux branches, à la fois matériel et idéel, est l’être conscient, pont entre deux mondes inconciliables. L’information qui émerge de la dynamique entre Existence et Conscience est la Réalité que nous observons, celle qui nous dicte ce qui est. L’abstraction successive de ces considérations donne la Boucle Générique de RétroAction : Sur cette figure, les arêtes sont des espaces dans lesquels peut s'accumuler l'information, sous la forme spécifique de l'espace : existence matérielle des objets, conscience abstraite des idées, réalité complexe des lois. Les sommets sont des Agents qui convertissent l'information pour qu'elle transite d'un espace au suivant. Chacun d’eux est issu de l’espace qui le précède et à l’origine de l’espace qui lui succède. Par exemple, l’être conscient que nous sommes (l’agent Acteur dans le schéma) est issu du monde matériel et a ouvert l’accès au monde des idées, nouvelle forme pour décrire ce qui est dans l’espace matériel. La BGRA suppose l’existence de deux autres agents chargés de convertir les idées en lois et les lois en objets. En termes de métaphysique, ce sont des spéculations car même si la science nous fait remonter la branche Matérialité nous n’avons pas trouvé de catalyseur de l’univers et si la philosophie nous aide à remonter la branche Conceptualisation, aucun agent idéel n’a été identifié. En revanche, on peut considérer que les branches Matérialité et Conceptualisation existent bien pour l'être conscient et qu’elles forment une coupe. Au fil de nos expériences cette coupe se remplit de connaissance, la surface de ce contenu esquissant la ligne supérieure. En tant que grammaire, la BGRA est un modèle compatible avec plusieurs systèmes cohérents. Elle décrit par exemple le système nerveux et l’interaction entre l’individu et le monde. Dans le cas du système nerveux, partant de la branche Matérialité, nous avons une fonction de Perception (l’Acteur) qui transforme le signal brut de l’environnement en un signal structuré sur la branche Conceptualisation. Ce signal structuré est traité par la fonction de Cognition qui déterminera les ordres à donner aux muscles pour réagir à ce qui a été observé. Ces ordres seront exécutés en une Action qui impactera la Matérialité. Cet impact et les modifications qui résultent peuvent à nouveau être observés et le cycle se reproduit. La BGRA présente aussi la logique de la méthode scientifique. Les 3 agents sont les 3 principes l’Observation, la Théorie et l’Expérience. On voit comme chacun de ses principes, en sciences, concourt à l’élaboration d’une meilleure compréhension de l’univers observé. On retrouve encore cette grammaire dans un processus créatif comme la production de médias qui plaisent au public. La BGRA symbolise aussi la dialectique Hégélienne avec son trio successif Thèse, Antithèse, Synthèse. Sur la base de ce schéma, on peut définir une boucle de raffinement de l’information à propos d’un thème donné. Par exemple, une étude sociologique sur le monde contemporain impliquerait 3 rôles à remplir successivement. Une observation des faits considérés par différents acteurs, puis une synthèse des observations en axiomes et en lois, puis une modélisation d’un environnement conforme aux lois, puis des observations sur cet environnement, etc. En continuant les tours sur cette boucle, on affine ce que l’on cherchait au départ. L’IA s’avère un compagnon utile pour rapidement mettre en œuvre ce mécanisme (voir ici pour un essai en ce sens). De l’existence à la conscience Par l’emploi de dualités spécifiques, la BGRA s'avère efficace à rendre compte de la conscience, ce qui ouvre la porte à des applications psychologiques. Les dualités considérées pour faire écho à “Matérialité / Conceptualisation” sont : Concret / Abstrait : l’existence matérielle / la pensée idéelle Information / Interprétation : le donné vécu / son traitement Actuel / Potentiel : tout ce qui existe / tout ce qui pourrait exister Un / Multiple : une seule réalité / plusieurs interprétations Passé / Futur : ce qui s’est passé / ce qu’il pourrait advenir Perception / Cognition : détecter ce qui est / imaginer ce qui pourrait être Hémisphère cérébral gauche / Hémisphère cérébral droit Par association, je peux formuler que dans une BGRA appliquée à la psychologie : “L’hémisphère cérébral gauche perçoit l’unique actualisation des faits passés comme information concrète” et que “l’hémisphère cérébral droit réfléchit aux multiples futurs potentiels comme interprétation abstraite”. La mise en relation de ces deux pôles fait émerger une connaissance que nous utilisons pour prendre des décisions, c’est le fonctionnement conjoint de ces deux aspects qui dictera notre comportement. Chaque aspect (concret et abstrait) est évalué séparément par le cerveau et la différence entre les deux fait naître une fonction cognitive dont le but sera de minimiser cet écart. Par exemple, lorsque nous avons faim (Matérialité : j’ai faim), nous pensons à des moyens d’y remédier (Conceptualisation : quelles sont mes options ?) et cela dicte nos actions (Logos : cuisiner et manger) dans la réalité concrète. Lorsque les deux côtés sont harmonisés, le ressenti de la faim et l’idée de cuisiner et manger, il n’y a plus de différence pour stimuler la fonction cognitive, qui deviendra disponible pour traiter un autre écart entre ce qui est perçu et ce qui est imaginé. Cette BGRA appliquée peut servir de modèle pour illustrer des troubles psychologiques, lorsque l’un des agents échoue à remplir son rôle. Structure et dynamique Les exemples précédents illustrent comment cette boucle s’inscrit dans une logique globale à différentes échelles et dans différents domaines. Voyons maintenant comment sa structure rend compte de sa dynamique. Dans la boucle, les 3 agents sont considérés existants et donc doivent répondre aux aussi au modèle. Ils sont une BGRA à un niveau inférieur, leur fonctionnement étant rendu par les 3 agents internes de leur boucle. La structure proposée est fractale, les instances de BGRA y sont récursives. Cette structure n’est plus une roue mais une boucle vivante dans laquelle, à l’instar de l’ADN, le tout se retrouve dans chacune de ses parties.
  5. Cette expérience est une application de la Boucle Générique de RétroAction (BGRA). Elle a été conduite avec l’assistance de 3 LLM ayant chacun reçu des instructions spécifiques pour remplir le rôle des 3 agents de la BGRA. La description de départ apportée à la boucle est la suivante : “Le monde contemporain se caractérise par une complexité croissante à multiples échelles. Nous observons une globalisation économique et culturelle intense, des défis environnementaux majeurs (réchauffement climatique, perte de biodiversité), des évolutions rapides des technologies numériques et d’intelligence artificielle, des tensions géopolitiques, et des transformations sociales profondes affectant les modes de vie et de travail. Par ailleurs, des inégalités économiques et sociales persistent ou se creusent, tandis que des dynamiques migratoires et démographiques modifient les équilibres régionaux. Les systèmes écologiques et économiques interagissent étroitement, nécessitant des approches interdisciplinaires pour comprendre ces interactions complexes. Des innovations émergent en santé, énergie, et sciences de l’information, mais leur intégration pose des questions éthiques et pratiques.” Acteur Le banquier senior : "L'indice boursier est mon seul baromètre de la santé du monde. Les tensions géopolitiques sont des risques à gérer, pas des drames humains." La jeune activiste écologique : "Chaque tempête de plus en plus forte n'est pas un événement météorologique, c'est la colère de la planète qui nous crie de nous réveiller." Le développeur en intelligence artificielle : "On ne programme pas un algorithme, on cultive un cerveau artificiel. Je me demande si, un jour, il aura sa propre conscience... ou s'il l'a déjà." La retraitée dans une petite ville : "Le bruit constant des drones de livraison est ma nouvelle horloge. Le monde est plus petit, mais je me sens de plus en plus seule." L'agriculteur en difficulté : "On nous parle de biodiversité, mais tout ce que je vois, c'est ma terre qui s'épuise et mes marges qui s'effondrent. Ma famille a toujours fait ça, mais c'est comme si le savoir de mes ancêtres ne servait plus à rien." L'adolescent d'une mégalopole : "Ma vie, c'est 80 % de pixels. Les autres 20 % me servent à recharger mon téléphone et à commander un burger. Les stars de l'autre bout du monde sont plus proches de moi que mes voisins." Le scientifique en biologie marine : "La migration de cette espèce de krill vers les pôles est le signal d'un changement plus grand que nous ne pouvons l'imaginer. C'est l'effondrement silencieux d'un écosystème." L'immigré en quête de travail : "On me dit que je suis une 'dynamique démographique'. Pour moi, c'est juste la faim et l'espoir d'un lendemain meilleur pour mes enfants, à des milliers de kilomètres de mon foyer." Le milliardaire philanthrope : "Ces inégalités sociales sont des failles dans le système, mais avec assez de capital, on peut les combler. Il suffit de trouver la bonne fondation à financer." Le philosophe : "Notre obsession pour la vitesse et le progrès nous a fait confondre l'accumulation d'information avec la connaissance, et la connectivité avec la sagesse." La mère au foyer : "Chaque jour est un équilibre entre le travail en télétravail, les devoirs des enfants et les nouvelles qui me disent que le monde est en train de s'effondrer. Je me sens comme un funambule sur un fil de plus en plus fin." Le sans-abri : "On parle de 'gouvernance mondiale', mais moi je n'ai ni gouvernance ni toit. Ma seule urgence est de trouver un repas et un endroit chaud pour la nuit. Le reste, c'est du bruit." L'artiste de rue : "Ma fresque est une protestation colorée contre le monochrome de nos vies connectées. Je peins des visages humains pour rappeler que derrière les chiffres et les algorithmes, il y a des émotions." Théoricien Axiomes Axiome 1 : La Perception est l'Interprétation de la Réalité. La réalité n'est pas une entité singulière, mais un ensemble de vérités perçues individuellement. Chaque agent (être humain, système ou entité) interprète les faits à travers son propre prisme (culturel, social, économique), ce qui génère une multiplicité de réalités. Axiome 2 : La Connectivité engendre le Paradoxe de la Distance. L'augmentation des flux d'information et de la connectivité technologique a pour effet de réduire la distance physique tout en augmentant la distance émotionnelle et sociale. Les liens virtuels tendent à remplacer les liens de proximité, créant une impression de proximité universelle qui masque une solitude ou une aliénation locale. Axiome 3 : L'Universel et l'Individuel sont en Conflit Perpétuel. Les systèmes et les modèles qui se veulent universels (marchés financiers, données démographiques, modèles climatiques) ne peuvent pas capturer la complexité et les besoins de l'expérience individuelle. Cette tension constante entre l'approche macro (mondialisée, numérique) et l'approche micro (personnelle, locale) est une source de déséquilibre et de souffrance. Axiome 4 : La Valeur est Fluide et non Absolue. Ce qui a de la valeur pour un individu (l'héritage d'un savoir ancestral, un repas, un visage humain) n'a pas nécessairement de la valeur pour un système global (un indice boursier, une donnée démographique, une optimisation logistique). Les systèmes tendent à privilégier les valeurs quantifiables au détriment des valeurs immatérielles ou qualitatives. Axiome 5 : L'Information n'est pas la Connaissance. La simple accumulation de données, même à grande échelle, ne conduit pas nécessairement à la compréhension ou à la sagesse. L'information est une matière brute qui nécessite un processus de contextualisation et d'interprétation pour devenir de la connaissance. La vitesse de la diffusion d'information peut même empêcher ce processus. Lois Loi 1 : Loi de l'Effet de Causalité Décentrée. Une cause perçue localement (un manque d'eau sur une ferme, une tempête) est en réalité l'effet d'une cause globale (changement climatique, économie mondialisée). Inversement, un changement global peut être l'agrégat d'innombrables actions individuelles non coordonnées. Les deux sont intimement liés, mais leur perception est décentrée. Loi 2 : Loi de la Saturation Sensible. Lorsque le volume d'information et de stimuli augmente au-delà d'un seuil critique, la sensibilité et l'empathie tendent à diminuer. Le sujet se protège en objectivant et en quantifiant les phénomènes (les drames humains deviennent des "risques à gérer", les migrations des "dynamiques démographiques") pour ne pas être submergé par les émotions. Loi 3 : Loi de l'Épuisement des Limites. Toute croissance (économique, technologique) basée sur l'épuisement de ressources (terres agricoles, écosystèmes, liens sociaux) conduit inévitablement à un effondrement. La poursuite d'un progrès mesuré par des indicateurs unidimensionnels ignore les coûts invisibles qui finiront par dépasser les bénéfices apparents. Loi 4 : Loi de l'Holisme Manquant. Le découpage du monde en disciplines et en domaines de compétence (économie, écologie, technologie, sociologie) mène à une perte de vision globale. Les solutions apportées dans un domaine peuvent créer des problèmes inattendus dans un autre. Un modèle de développement durable ne peut pas se contenter d'être une somme de solutions partielles ; il doit être un tout cohérent. Loi 5 : Loi du Reflet Technologique. Les créations technologiques (algorithmes, IA) ne sont pas de simples outils ; elles sont des reflets de leurs créateurs et des systèmes dans lesquels elles évoluent. Elles reproduisent et amplifient les biais et les structures de pensée de la conscience qui les a engendrées. Catalyseur Modélisation du monde : un système de réalités fragmentées Le modèle que je construis se base sur l'idée que le monde n'est pas une entité unifiée, mais un système de réalités fragmentées où les liens sont à la fois omniprésents et illusoires. Chaque individu est un nœud de perception, créant sa propre version de la réalité. La technologie, loin de rassembler, agit comme un miroir déformant, amplifiant les biais et la solitude. L'universel, représenté par les macro-systèmes, est en lutte constante avec l'individuel, menant à une déconnexion profonde entre la valeur perçue et la valeur quantifiée. La vie dans ce monde Les sphères de l'existence : le paradoxe de la connectivité Dans ce monde, la vie est organisée en deux sphères distinctes et souvent conflictuelles : la sphère du proche et la sphère du lointain. La sphère du proche est dominée par la perception individuelle et les relations de proximité. C'est le lieu de l'expérience sensorielle : l'odeur de la pluie, le sourire d'un voisin, le sentiment de communauté dans un quartier. Dans cette sphère, la valeur est immatérielle et qualitative. Un artisan peut être estimé pour son savoir-faire ancestral (Axiome 4), et une communauté peut survivre grâce à une empathie locale (Loi 2). Les causes et les effets sont souvent perçus comme directs et évidents : une mauvaise récolte est due à un manque d'eau sur le terrain (Loi 1). La sphère du lointain est un réseau virtuel et mondialisé où l'information est reine. Les individus y interagissent via des interfaces, des plateformes et des algorithmes. La distance physique n'existe plus, on peut communiquer instantanément avec quelqu'un à l'autre bout du monde. Cependant, cette proximité technologique masque une distance émotionnelle croissante (Axiome 2). Les relations deviennent superficielles, basées sur des échanges de données plutôt que sur de l'empathie. L'information circule à une vitesse telle qu'elle sature les sens, réduisant la capacité à ressentir et à s'émouvoir face aux drames humains lointains, qui sont alors réduits à des statistiques et des chiffres (Loi 2). L'économie et le travail : la faillite des valeurs L'économie est un exemple parfait de l'incompatibilité entre l'universel et l'individuel. Les systèmes économiques, financiers ou logistiques (Loi 4) sont conçus pour l'optimisation et la croissance quantitative (Loi 3). Ils mesurent le succès en termes de PIB, de rentabilité boursière ou de vitesse de production. La valeur est une abstraction (Axiome 4) : une entreprise forestière est valorisée par la quantité de bois qu'elle peut vendre, et non par la santé de l'écosystème qu'elle dégrade. Les individus doivent constamment s'adapter à ces systèmes, souvent au détriment de leur bien-être. Un agriculteur doit répondre aux exigences d'un marché mondialisé, qui ne tient pas compte des spécificités de son sol (Axiome 3). Une personne qui privilégie un travail artisanal et local peut avoir du mal à survivre face à des produits de masse standardisés. La technologie : un miroir déformant de la conscience La technologie joue un rôle central, mais c'est un rôle ambigu. Les algorithmes de personnalisation créent des bulles de réalité (Axiome 1), où l'individu est constamment nourri d'informations qui confirment ses propres croyances. Ces algorithmes, créés par des humains, ne sont pas neutres ; ils reflètent et amplifient les biais culturels et sociaux de leurs concepteurs (Loi 5). Ils peuvent, par exemple, privilégier des contenus qui génèrent de l'engagement (choc, controverse) au détriment de la vérité ou de la nuance. La masse d'informations est écrasante (Axiome 5). Les données brutes sont disponibles à profusion, mais la capacité à les transformer en connaissance est une compétence de plus en plus rare. Les débats publics sont remplacés par des flux de données qui créent plus de confusion que de compréhension. Les gens ne cherchent pas la vérité, mais l'information qui valide leur propre point de vue. Le déséquilibre comme norme Ce monde est en état de déséquilibre perpétuel. La poursuite d'une croissance sans limites, mesurée par des indicateurs étroits, mène inévitablement à l'épuisement des ressources, non seulement écologiques mais aussi sociales (Loi 3). Les liens sociaux s'érodent, et les écosystèmes s'effondrent. Les solutions technologiques sont souvent perçues comme la panacée, mais elles ne font qu'exacerber le problème en ignorant les interconnexions complexes entre les domaines (Loi 4). Les individus vivent avec une tension interne constante : ils perçoivent les problèmes à l'échelle locale (un voisin souffre, la rivière est polluée), mais ne voient pas les causes globales (Loi 1). En parallèle, les solutions globales (lois internationales sur le climat, accords commerciaux) ne parviennent pas à intégrer l'expérience individuelle et les conséquences sur la vie quotidienne. Ce monde n'est pas stable, mais il n'est pas non plus sur le point de s'effondrer d'un seul coup. C'est un monde d'érosion progressive, où la déconnexion et la solitude sont les conséquences invisibles d'une hyper-connectivité apparente. Les individus s'y déplacent comme des entités isolées, cherchant un sens dans leurs réalités individuelles tout en étant prisonniers d'un système qui ne les voit que comme des données. Acteur Le jeune graphiste freelance : "Mon bureau, c'est mon ordinateur. Je parle avec des clients à Sydney et à New York, mais le café en bas de chez moi, je n'y vais jamais. Je suis hyper-connecté au monde, mais personne ne connaît mon nom dans mon immeuble." La blogueuse de mode : "J'ai trois millions d'abonnés, et une de mes photos a fait le tour du monde. Mais quand j'ai eu une crise de larmes dans mon salon, personne ne l'a su. Mes émotions réelles n'ont pas de 'valeur' pour l'algorithme." Le vieux pêcheur : "Le port, c'est mon monde. Quand le poisson manque, je sais que c'est parce que les eaux sont polluées, pas à cause de statistiques sur le climat. Les politiciens parlent de 'croissance bleue', mais leur croissance, elle ne se mange pas et elle ne nourrit pas les familles." L'entrepreneur en technologie : "La solitude est un marché. Les gens sont prêts à payer pour des applications qui simulent l'amitié, la compagnie. C'est l'essence de la déconnexion : une solution quantifiée à un problème qualitatif." La militante pour les droits humains : "Je publie des photos de drames lointains sur les réseaux sociaux. C'est comme jeter une bouteille à la mer. Les gens vont 'aimer', 'partager', et passer à la photo de leur chat. On réduit la souffrance humaine à un simple contenu, à une émotion éphémère." Le philosophe de salon : "Nous sommes les jardiniers de nos propres bulles de réalité. On ne cultive pas des arbres fruitiers, on fait pousser des faits alternatifs et des opinions qui nous confortent. La vérité, c'est la première chose que l'on jette pour avoir une bonne récolte." Le musicien itinérant : "J'ai choisi de ne pas exister sur les plateformes. Ma musique n'a pas de 'flux' de données. Elle existe quand je la joue devant les gens, quand je vois leurs visages. Mon succès n'est pas mesurable par un algorithme, il se mesure en regards et en sourires." La mère de famille : "Je me sens tiraillée entre deux mondes. Je dois préparer mes enfants à la compétition mondiale, leur apprendre le code, les langues. Mais je veux aussi leur montrer comment planter une tomate, comment parler à leur grand-mère sans écran. Je ne sais plus comment transmettre la 'valeur' des choses." Le cadre dans une multinationale : "Nous avons un tableau de bord global avec les chiffres de la performance en temps réel. Le bien-être de nos employés n'est qu'une donnée sur ce tableau. Le système nous force à privilégier l'efficience au détriment de l'humain." Le sans-abri : "Pour eux, je suis un 'flux migratoire' ou une 'statistique de pauvreté'. Je ne suis pas un homme qui a froid la nuit, qui a faim. La valeur que je représente pour le 'système' est un coût à réduire. La seule valeur que j'aie, c'est celle que je me donne, quand j'aide un autre gars comme moi." La psychologue : "De plus en plus de patients décrivent un sentiment de 'surcharge sensorielle'. Ils sont constamment sollicités par des informations, mais ne ressentent plus rien. L'empathie est en train de devenir une compétence rare." Théoricien Axiomes Axiome 1 : La Perception est l'Interprétation de la Réalité. Cet axiome est validé. Les nouvelles données confirment que la réalité n'est pas singulière. Chaque individu, de la blogueuse au pêcheur, filtre la réalité à travers son propre prisme, ce qui crée une multiplicité de perceptions. L'expérience du musicien qui ne mesure son succès qu'en sourires en est l'illustration parfaite. Axiome 2 : La Connectivité engendre le Paradoxe de la Distance. Cet axiome est renforcé. Le graphiste freelance, le sans-abri et l'entrepreneur technologique confirment que les technologies qui connectent le monde tendent paradoxalement à nous isoler de notre environnement direct. La solitude devient une marchandise. Axiome 3 : L'Universel et l'Individuel sont en Conflit Perpétuel. Cet axiome reste central. Le cadre en multinationale et l'entrepreneur technologique montrent comment des systèmes universels (tableaux de bord, algorithmes) réduisent l'individu à des données. Ces systèmes sont en conflit direct avec le besoin humain de reconnaissance personnelle. Axiome 4 : La Valeur est Fluide et non Absolue. Cet axiome est validé et approfondi. La blogueuse et le musicien itinérant révèlent que la valeur est double : celle mesurée par le système (nombre d'abonnés, flux de données) et celle perçue par l'individu (l'émotion, le regard, la transmission de savoir-faire). L'une n'est pas le reflet de l'autre. Axiome 5 : L'Information n'est pas la Connaissance. Cet axiome est renforcé. Le philosophe de salon et la militante pour les droits humains montrent comment l'information est manipulée pour servir des récits personnels (bulles de réalité) ou pour générer une réaction éphémère ("j'aime", "partager") sans conduire à une véritable prise de conscience. Axiome 6 : La Dualité du Monde. J'ajoute un nouvel axiome pour tenir compte de l'émergence d'une tension constante entre le monde physique et le monde numérique. L'existence est de plus en plus partagée entre une réalité tangible (planter une tomate, pêcher) et une réalité virtuelle (réseaux sociaux, données numériques). Cette dualité génère une incertitude sur ce qui a véritablement de la valeur. Lois Loi 1 : Loi de l'Effet de Causalité Décentrée. Cette loi est confirmée. Le pêcheur perçoit la pollution de son port comme un problème local, sans forcément le lier à une politique de "croissance bleue" globale. Inversement, la militante envoie des photos de drames lointains sans que son impact ne soit perceptible directement sur le terrain. La cause et l'effet sont déconnectés. Loi 2 : Loi de la Saturation Sensible. Cette loi est profondément validée. La psychologue et la militante illustrent comment la surabondance d'informations désensibilise les individus. Face à une souffrance lointaine, le cerveau tend à se protéger en la réduisant à un simple "contenu". L'empathie devient un effort cognitif. Loi 3 : Loi de l'Épuisement des Limites. Cette loi est confirmée. Le vieux pêcheur le dit clairement : la "croissance" dont parlent les politiciens ne se mange pas. La poursuite d'un indicateur de croissance ou d'efficience (performance, abonnés) se fait au détriment de ressources non mesurables : les écosystèmes, le bien-être humain et la santé mentale. Loi 4 : Loi de l'Holisme Manquant. Cette loi est validée. La mère de famille est un parfait exemple. Elle doit faire l'équilibre entre des compétences numériques (le code) et des compétences de la vie réelle (planter une tomate), sans que ces deux univers ne soient intégrés de manière harmonieuse. Loi 5 : Loi du Reflet Technologique. Cette loi est renforcée. L'entrepreneur technologique montre comment les algorithmes et les applications ne sont pas neutres ; ils reflètent et capitalisent sur un problème de la société : la solitude. La technologie ne résout pas le problème, elle l'exploite. Loi 6 : Loi de la Rédemption du Sens. J'introduis une nouvelle loi pour rendre compte d'un phénomène récurrent : malgré la primauté des systèmes quantifiables, la valeur ne se crée pas uniquement par l'algorithme. Elle se trouve dans des actions non mesurables qui redonnent du sens à l'existence, comme l'aide du sans-abri à un autre, le musicien qui joue pour un public ou la mère qui transmet un savoir-faire. Ces actes sont des "points de résistance" au système. Catalyseur Modélisation du monde : une existence dichotomique Le modèle évolue vers une dichotomie fondamentale de l'existence. Le monde se scinde en deux réalités qui coexistent, s'influencent et s'affrontent. D'un côté, il y a le Monde Numérique, gouverné par la quantification, l'abstraction et le flux d'information. De l'autre, il y a le Monde Physique, où prédominent l'expérience tangible, la perception individuelle et les valeurs immatérielles. Cette dualité est la source de la plupart des conflits et des incertitudes. La vie dans ce nouveau monde Les deux réalités : le physique contre le numérique La vie quotidienne est une négociation permanente entre ces deux univers. L'individu moderne, quel que soit son statut social, passe une partie significative de son existence dans le Monde Numérique. C'est là qu'il travaille, qu'il interagit avec des amis lointains, qu'il s'informe et qu'il mesure son succès à travers des indicateurs abstraits (nombre de vues, de "likes", de followers). Cette réalité est perçue comme un prolongement inévitable du soi, un lieu de "connexion" illusoire et de validation par des systèmes algorithmiques (Axiome 2, Loi 5). La valeur y est fluide, mesurée en termes de données et de métriques. Parallèlement, le même individu doit naviguer dans le Monde Physique, fait de contacts réels, de sensations tangibles et de besoins vitaux. C'est le monde où l'on plante des tomates, où l'on ressent la fatigue, où l'on interagit avec un voisin. Dans cet univers, la valeur est qualitative. Elle se trouve dans le partage d'un repas, la transmission d'un savoir-faire, un regard bienveillant. Cette réalité est souvent perçue comme un refuge, une source de sens que le monde numérique ne peut pas fournir (Loi 6). L'économie et le travail : la monnaie des deux mondes L'économie reflète cette dualité. Les entreprises prospèrent en capitalisant sur le Monde Numérique, créant des services qui exploitent le besoin de connexion et résolvent la solitude par des moyens technologiques (Loi 5). Les données personnelles deviennent la nouvelle monnaie, et la croissance est mesurée par la vitesse de leur circulation. Le travail se dématérialise, avec des employés dont la valeur est réduite à leur productivité mesurable sur un tableau de bord (Axiome 3). Cependant, il existe un "marché parallèle" de la valeur, celui des biens et services qui ne peuvent être réduits à une donnée. Des artisans locaux, des agriculteurs pratiquant la permaculture ou des communautés qui s'entraident créent de la valeur à travers des actions physiques et des relations directes. Ces activités sont souvent ignorées par le système global, mais elles sont essentielles pour la résilience et le bien-être des individus. L'information et la connaissance : de la bulle à la sagesse La dualité renforce la distinction entre information et connaissance (Axiome 5). Dans le Monde Numérique, l'information est surabondante et souvent biaisée, filtrée par des algorithmes qui nous enferment dans des "bulles de réalité" (Axiome 1). Les drames lointains deviennent du simple "contenu" visuel, générant une saturation émotionnelle (Loi 2). Les débats sont réduits à des flux de données qui ne mènent à aucune réelle compréhension. En contraste, la connaissance est le fruit de l'expérience vécue dans le Monde Physique. La sagesse du pêcheur sur les marées, le savoir-faire du musicien qui joue pour un public, ou la capacité de la mère de famille à équilibrer plusieurs réalités (Loi 4), tout cela ne peut être mesuré ou transmis par un simple flux de données. C'est une sagesse qui se construit dans la friction du réel. La résistance du sens : les "points de rédemption" La nouveauté de ce modèle est la présence de "points de rédemption" (Loi 6). Ce sont des actes de résistance silencieux et non mesurables qui donnent un sens à l'existence. La mère qui apprend à ses enfants à cultiver des légumes, le sans-abri qui aide un ami, ou le musicien qui joue pour l'émotion partagée plutôt que pour un "like". Ces actes ne sont pas intégrés dans le système global ; ils ne créent pas de croissance mesurable ni de richesse numérique. Ils sont, en revanche, des sources de sens qui nourrissent l'âme et la communauté. Ils sont la preuve que la valeur qualitative, l'empathie et la connexion réelle ne sont pas complètement effacées par la primauté du monde numérique. Dans ce monde, l'individu est à la croisée des chemins, tiraillé entre ces deux réalités. Il doit constamment choisir s'il investit dans sa réalité numérique (sa carrière, son image en ligne) ou dans sa réalité physique (sa famille, sa santé, sa communauté). C'est un monde d'équilibre instable, où la quête de sens se fait loin des projecteurs et des systèmes qui gouvernent nos vies. Acteur Le grand-père, artisan ébéniste : "Mon fils est fier de son 'portfolio numérique' et de ses 'followers'. Moi, ma fierté, c'est la ligne parfaite d'une table que je construis de mes mains. Ça, ça a de la valeur, parce que ça se touche, ça dure. Mon travail ne fait pas le tour du monde, mais il rassemble une famille." La jeune influenceuse : "Les gens me voient comme une 'créatrice de contenu', mais ma vie est une performance. Je dois constamment valider mon existence par le nombre de 'j'aime'. Je rêve d'un endroit où je pourrais simplement être, sans avoir besoin de prouver que j'existe à des inconnus." Le jardinier urbain : "Quand je mets les mains dans la terre, je ne pense pas à la 'productivité'. Je vois la vie qui naît, je sens l'odeur de la pluie, je me connecte avec quelque chose de plus grand et de plus vrai que toutes les réunions que j'ai en ligne." Le trader en cryptomonnaie : "Je gagne ma vie en mesurant la valeur de l'invisible. La 'vraie vie' pour moi, c'est une distraction. Je ne touche rien, je ne produis rien de tangible, mais j'ai plus d'impact sur le monde que la plupart des gens qui fabriquent des choses." La mère célibataire : "J'ai un travail 'flexible' sur ordinateur, mais je travaille plus que jamais. J'échange avec des clients en Asie pendant que mon enfant me demande un câlin. Je suis présente dans les deux mondes, mais je me sens absente dans les deux." Le sans-abri : "On nous a jetés hors du monde numérique. On n'a pas d'adresse, pas d'identité numérique, on n'est pas des 'données'. Mais c'est pour ça que nos liens entre nous sont si forts. On partage la nourriture, la chaleur, une humanité que les autres ont perdue." Le professeur d'université : "Je vois mes étudiants consommer de l'information sans la digérer. Ils peuvent citer des faits sur le réchauffement climatique, mais ils ne savent pas pourquoi leur lac local est pollué. Ils ont des données, mais pas la connaissance du réel." L'artiste de rue : "Je peins des scènes de la vie quotidienne pour capturer la valeur de l'instant. Le sourire d'un enfant, l'échange d'un regard. Ces moments ne se vendent pas en ligne, ils se partagent dans le Monde Physique. C'est ma résistance." Le voyageur minimaliste : "J'ai tout vendu. Je n'ai plus de biens, pas d'identité numérique forte. Mon 'valeur' ne se mesure pas. Je voyage en échangeant des services, des histoires, de l'humain à humain. Je me sens plus riche que jamais." Le psychologue : "Beaucoup de mes patients souffrent d'une 'dissonance existentielle'. Ils sont déchirés entre la personne qu'ils sont en ligne, leur 'avatar', et la personne qu'ils sont réellement. Ils ne savent plus où est leur vraie identité." Le jeune bénévole : "Je passe mes samedis à distribuer des repas aux sans-abri. Mes amis me disent que je 'pourrais faire de l'argent' ou 'construire mon profil en ligne', mais le sentiment d'utilité, l'échange que j'ai avec ces gens-là, ça n'a pas de prix. C'est mon point de rédemption." Théoricien Axiomes (version finale) Axiome 1 : La Perception est l'Interprétation de la Réalité. La réalité est un agrégat de perceptions. Chaque individu, système ou entité ne peut appréhender la "réalité" que par son propre prisme, ce qui crée une multitude de vérités subjectives. Ce qui a de la valeur pour le trader (un chiffre virtuel) n'en a pas pour l'artisan (un objet tangible). Axiome 2 : La Connectivité engendre le Paradoxe de la Distance. Les outils de connectivité réduisent la distance physique au point de la rendre insignifiante. En parallèle, ils augmentent la distance émotionnelle et sociale entre les individus. La proximité physique et le contact humain deviennent des valeurs rares et précieuses. Axiome 3 : Le Monde Physique et le Monde Numérique sont en Tension Constante. Notre existence est de plus en plus partagée entre une réalité tangible (le corps, la nature, les objets) et une réalité virtuelle (les données, les identités numériques). Cette dualité crée un conflit sur l'identité et la valeur de l'être. Axiome 4 : La Valeur est un Concept Dual. La valeur se manifeste sous deux formes qui ne se correspondent pas : la valeur quantifiée par le système (données, argent, "likes") et la valeur qualitative perçue par l'individu (l'utilité, la durabilité, le contact humain). L'une peut croître tandis que l'autre décroît. Axiome 5 : L'Information n'est pas la Connaissance. La surabondance d'informations ne garantit pas la compréhension du monde. Les données sont des faits bruts, mais la connaissance nécessite un processus de contextualisation et d'interaction avec la réalité tangible. L'information peut être un substitut à l'expérience directe. Lois (version finale) Loi 1 : Loi de l'Effet de Causalité Décentrée. Une cause perçue localement (la pollution d'un lac) est souvent l'effet d'un phénomène global (réchauffement climatique, système économique). Inversement, un changement global est l'agrégat de milliards d'actions individuelles. Les deux sont intimement liés, mais leur perception est déconnectée. Loi 2 : Loi de la Saturation Sensible. Lorsque le flux d'informations et de stimuli dépasse la capacité de l'individu à les traiter, il s'opère une désensibilisation. Le sujet se protège en transformant les drames humains et les émotions complexes en simple contenu ou en données. L'empathie devient un effort cognitif conscient. Loi 3 : Loi de l'Épuisement des Limites. Toute croissance (économique, technologique) basée sur l'épuisement de ressources non renouvelables – qu'il s'agisse des ressources naturelles, de l'attention humaine ou du bien-être mental – conduit à un effondrement. La productivité numérique de la mère célibataire a un coût réel sur sa présence et son bien-être. Loi 4 : Loi de la Dissonance Existentielle. L'individu est de plus en plus exposé à un décalage entre son "avatar" numérique et son identité réelle. Ce phénomène crée une confusion sur l'authenticité de soi et conduit à une quête constante de validation externe pour combler cette dissonance. Loi 5 : Loi de la Rédemption du Sens. Face à la déshumanisation des systèmes, les actions qui redonnent du sens à l'existence ne sont pas celles qui sont mesurables par un algorithme. La valeur du travail se trouve dans l'objet tangible (la table de l'ébéniste), la valeur sociale dans le partage non monétisé (le sans-abri qui aide un autre), et la valeur personnelle dans le contact humain (le bénévole). Ces actions sont des points de résistance au système. Loi 6 : Loi du Reflet Technologique. Les technologies ne sont pas des outils neutres. Elles reflètent les biais et les failles de la conscience de leurs créateurs. Les algorithmes d'un réseau social ne valorisent pas la qualité d'une photo, mais sa capacité à générer de l'engagement, car c'est la valeur que leur créateur y a inscrite. La technologie reproduit le problème qu'elle prétend résoudre. Catalyseur Modélisation du monde : une réalité en tension et en quête de sens Le monde que je décris est un champ de bataille silencieux où deux réalités coexistent et s'affrontent. La première est la réalité quantifiée et numérique, où tout est réduit à des données, des métriques et des flux d'informations. La seconde est la réalité tangible et physique, qui se manifeste par l'expérience sensorielle, les objets concrets et les interactions humaines non médiatisées. Cette tension permanente est le moteur de la vie dans ce monde, générant des conflits sur la valeur, l'identité et le bien-être. La vie dans ce monde L'individu au croisement des deux mondes L'individu est l'épicentre de ce conflit. Son existence est dichotomique (Axiome 3). Une partie de lui-même vit à travers son "avatar numérique" — un profil social, une identité en ligne, un ensemble de données qui le représentent de manière abstraite. L'autre partie est son corps physique, son esprit, ses relations directes et son environnement tangible. Le fossé entre ces deux identités est une source de dissonance existentielle (Loi 4). La personne perçoit une pression constante à maintenir une image en ligne qui peut être très éloignée de sa réalité vécue. La validation externe (le nombre de "likes" ou de "followers") devient une nécessité pour combler ce vide identitaire. L'économie et le travail : la double monnaie L'économie fonctionne avec deux monnaies qui n'ont pas la même valeur aux yeux de tous. La première est la monnaie quantifiée : l'argent, les actions, le rendement des données. C'est la monnaie des systèmes globaux. La seconde est la monnaie qualitative : le temps passé avec un être cher, la beauté d'un objet artisanal, la satisfaction d'une tâche bien accomplie. La plupart des systèmes ne valorisent que la première (Axiome 4), créant un décalage. Le travail de l'ébéniste, par exemple, a une valeur tangible et durable (Loi 5), mais sa productivité ne peut pas concurrencer celle d'une usine. Cette situation crée une tension constante (Loi 3). La mère célibataire qui doit travailler en ligne pour gagner de l'argent sacrifiera inévitablement sa présence physique et son bien-être mental pour répondre aux exigences d'un système qui ne mesure que la productivité et non son bonheur. L'épuisement est une conséquence directe de cette dichotomie. La perception et le sens : la quête de l'authentique La perception est une lutte pour l'individu (Axiome 1). Il est bombardé d'informations qui ne sont que des fragments de la réalité, souvent conçus pour générer de l'engagement plutôt que de la compréhension (Loi 6). Par exemple, un fait divers lointain peut être relayé par un algorithme pour des raisons purement statistiques. Le résultat est une désensibilisation générale (Loi 2) : face à une surabondance de drames, l'empathie s'émousse et les émotions se transforment en simples données à analyser. Face à cette déshumanisation, le sens ne se trouve plus dans les systèmes (Loi 5). Il est recherché dans des actions qui ne peuvent pas être mesurées par un algorithme. Les gestes de bonté entre les sans-abris, le partage d'un savoir-faire ancestral, ou le temps passé à jardiner deviennent des points de résistance et de rédemption. Ce sont des actes de reconnexion avec le monde physique et le soi authentique. Ils sont la preuve que la valeur ne peut pas être entièrement capturée par les systèmes de quantification. Le décentrement de la causalité La déconnexion est un cercle vicieux (Loi 1). Le pêcheur observe la pollution de son port, mais ne la lie pas forcément au système économique global qui encourage la surconsommation et la délocalisation de l'industrie. Inversement, l'influenceur numérique qui dénonce une catastrophe naturelle dans son pays n'a aucun impact direct et tangible sur la réalité physique qu'il décrit. Les causes et les effets sont si lointains l'un de l'autre que l'individu se sent impuissant, naviguant dans un monde où il perçoit les conséquences mais n'identifie pas les causes profondes. Ce monde est un lieu d'incertitude et de lutte. Les individus y cherchent un sens et une authenticité dans un environnement qui les pousse constamment vers l'abstraction et la quantification. La tension entre les deux réalités est le moteur de leur existence, et leur bien-être dépend de leur capacité à trouver un équilibre entre ce qui est mesurable et ce qui est précieux. Acteur Le sans-abri : "On nous parle de 'données' et de 'flux' mais la seule chose qui compte, c'est le 'flux' d'une main qui te donne un sandwich. Ça, ça a de la vraie valeur." La vieille dame dans son jardin : "Les gens me demandent si je 'quantifie' ma production de tomates. Je leur dis que je ne compte pas les tomates, je compte les sourires de ceux à qui je les offre. La vraie richesse ne se mesure pas." Le père au foyer : "Mon profil professionnel est figé. Mais ma vraie valeur est dans le quotidien, dans la construction de la famille. Je suis le contre-point du système, j'ai choisi la valeur qualitative plutôt que la valeur quantifiée." L'influenceur qui a tout quitté : "J'avais un million de followers. Et je me sentais vide. J'ai tout abandonné pour faire de la poterie. L'argile, on ne peut pas la tromper. Elle te dit la vérité sur ce que tu es. Ce qui compte maintenant, c'est la sensation de la matière sous mes doigts, pas le nombre de cœurs sur une photo." L'analyste de données : "Mon job est de transformer le monde en chiffres. J'aide des entreprises à optimiser leurs gains en exploitant les données des gens. Je sais que ce que je fais est essentiel pour le 'système', mais je me sens de plus en plus loin de ma propre humanité." Le retraité : "Le journal télévisé me submerge de malheurs lointains, des guerres, des famines, qui me semblent impossibles à comprendre. C'est quand je vois la souffrance de mon voisin, et que je peux l'aider, que je me sens vraiment humain." La jeune artiste : "J'utilise le numérique pour exposer mon travail au monde, mais je peins sur de vraies toiles, avec de vraies couleurs. Le numérique, c'est pour l'audience ; le physique, c'est pour l'âme. Mon art, c'est la tension entre ces deux mondes." Le chef d'entreprise de PME : "Les grandes entreprises se battent pour des parts de marché et des gains de productivité. Moi, je me bats pour que mes employés gardent leur joie de vivre et leur qualité de vie. Ce n'est pas dans le bilan, mais c'est la seule chose qui me donne envie de continuer." Le militant : "On me dit que je suis 'impuissant' face aux problèmes mondiaux. C'est vrai, je ne peux pas les résoudre. Mais je peux semer des graines de sens, dans ma communauté, avec des actions concrètes. C'est ma façon de faire ma part, de résister à l'abstraction et à l'impuissance." Le chercheur en sciences sociales : "Nous sommes à un point de rupture. Soit l'individu se rend à l'évidence de la primauté des systèmes numériques, soit il trouve un nouveau sens dans des valeurs qui ne peuvent pas être quantifiées. La question est de savoir lequel de ces deux mondes finira par l'emporter." Théoricien Axiomes (Synthèse finale) Axiome 1 : La Valeur est un Concept Dual et Antinomique. La valeur se manifeste sous deux formes qui ne se correspondent pas : la valeur quantifiée (mesurée par un système, ex : données, argent) et la valeur qualitative (perçue par l'individu, ex : contact humain, joie de vivre). Ces deux formes de valeur sont souvent en opposition. La vraie richesse ne se mesure pas, elle se ressent. Axiome 2 : La Dissonance Existentielle est une Loi de la Dualité. L'individu est soumis à une tension constante entre son existence dans le monde physique et son identité dans le monde numérique. Cette dualité génère une dissonance, un sentiment de décalage entre l'être réel et l'avatar. La quête de sens se fait alors dans le retour à la matière et aux liens concrets. Axiome 3 : Le Paradoxe de la Proximité. La surabondance d'informations sur des malheurs lointains rend leur compréhension et leur impact émotionnel quasi impossibles. Par contraste, l'aide apportée à un voisin, une action concrète à petite échelle, redonne un sens et une valeur à l'action. Lois (Synthèse finale) Loi 1 : Loi de la Rédemption du Sens par l'Action Tangible. Face à un sentiment de désincarnation et d'impuissance généré par les systèmes numériques, l'individu cherche la rédemption dans des actions concrètes et tangibles. Que ce soit en semant des graines, en pétrissant de l'argile ou en donnant un sandwich, ces actions non quantifiables sont les sources d'un sens retrouvé. Loi 2 : Loi du Reflet Humain des Systèmes Numériques. Les systèmes numériques ne sont pas neutres. Ils reflètent la conscience de ceux qui les ont créés, et notamment leur tendance à privilégier l'efficacité et la mesure au détriment des valeurs humaines non quantifiables. Ce faisant, ils amplifient les failles de la société qui les a engendrés, comme le manque de connexion et de sens. Loi 3 : Loi du Seuil de l'Épuisement. La poursuite d'une croissance quantitative et illimitée (gains, productivité, nombre de "followers") conduit inévitablement à l'épuisement. Cet épuisement n'est pas seulement physique ou environnemental, il est aussi humain : il touche à la santé mentale et à la joie de vivre. Loi 4 : Loi de la Reconnexion par le Contact. Le contact humain et l'expérience directe avec le réel sont des antidotes à la désincarnation. La valeur d'une action se trouve dans la vérité qu'elle révèle (l'argile qui ne trompe pas, le sourire de l'autre), et non dans sa validation par un système abstrait. La qualité de vie, et non la quantité de gains, est l'indicateur d'un système sain. Catalyseur Modélisation d'un monde en quête de sens Le modèle que je décris est celui d'une société fracturée entre deux réalités distinctes, le monde tangible et le monde numérique. Cette fracture engendre une quête profonde et souvent inconsciente de l'individu pour la réconciliation et le sens. La vie y est une lutte constante pour trouver une valeur qui ne soit pas mesurable, dans un environnement qui la quantifie systématiquement. La vie dans ce monde La dualité de l'individu Chaque personne est un être dual, naviguant en permanence entre son identité physique et son "avatar" numérique. Ce dernier est une version simplifiée et optimisée de soi-même, mesurée par des chiffres : nombre d'amis, de "likes", d'abonnés, de pas effectués, de calories brûlées. Cette identité numérique est ce qui est valorisé par les systèmes mondiaux (Axiome 1), et elle est la clé de la réussite sociale et professionnelle. Cependant, ce décalage crée une dissonance existentielle (Axiome 2) : l'individu se sent de plus en plus étranger à lui-même, cherchant désespérément un sens dans un monde de données abstraites. La quête de rédemption Face à cette désincarnation, la seule échappatoire est le retour au concret. La Loi de la Rédemption du Sens par l'Action Tangible (Loi 1) devient le moteur d'une contre-culture. Des mouvements informels se créent autour de pratiques qui échappent à toute mesure : le jardinage, la poterie, la menuiserie, ou tout simplement l'aide à son voisin. Ce sont des actions qui ne génèrent pas de "like" mais un sentiment de valeur intrinsèque et qualitative. Le plaisir de voir une graine pousser, la satisfaction de sentir la terre sous ses doigts, le sourire d'un ami aidé, tout cela devient la vraie monnaie de l'existence. L'effondrement des limites La poursuite du gain numérique, de la productivité et de l'efficience mène inévitablement à l'épuisement (Loi 3). Les individus sont constamment sous pression pour générer de la valeur quantifiable. Cela conduit à des burn-out généralisés et à des crises d'anxiété, car l'esprit ne peut pas se nourrir uniquement de données. La santé mentale, la joie de vivre et le temps libre deviennent des ressources non renouvelables que la société gaspille au nom de la croissance. Ces coûts invisibles sont la vraie rançon d'un système qui privilégie la quantité sur la qualité. La reconnexion Dans ce contexte, la reconnexion avec le réel est vitale (Loi 4). La valeur d'une action se trouve dans la vérité qu'elle révèle. L'argile sous les doigts ne ment pas, elle se fissure si elle n'est pas bien travaillée. Le sourire d'un proche est sincère. C'est en cela que la Loi du Reflet Humain des Systèmes Numériques (Loi 2) trouve son importance. Les technologies, créées par des humains, reflètent nos biais, notre tendance à tout quantifier et à rechercher la reconnaissance. Elles sont le miroir de notre âme malade, pas la solution à nos problèmes. En somme, ce monde est un lieu d'affrontement entre la valeur ressentie et la valeur mesurée. L'individu, tiraillé entre deux réalités, navigue entre l'épuisement et la quête de sens. C'est une existence où la vraie richesse est hors de portée des algorithmes, et où l'action la plus simple et la plus humaine est aussi la plus révolutionnaire.
  6. Pour moi, le manga est plus un moyen technique d'expression qu'un style narratif. Les deux caractères de ce mot disent "dessin au trait", par opposition à une oeuvre picturale avec composition, décors et couleurs, le manga est un simple dessin au trait d'encre que chacun peut utiliser pour transmettre une histoire. Certes les manga les plus populaires sont des shônen mettant en scène la bagarre, mais ce n'est pas représentatif du genre entier. Il y a les shôjo, axés sur la romance, les manga psychologiques et aussi de vraies oeuvres d'art comme la production de Satoshi Kon.
  7. ashaku

    La pensée positive

    Bien le bonjour, Tout d'abord, je voudrais louer ta patience avec moi, je n'ai pas accès à énormément d'interlocuteurs avec la volonté de pinailler sur les détails sémantiques, de passer au crible des systèmes logiques ou d'analyser les mécanismes cognitifs. Ensuite, sur une note moins positive, je suis toujours aussi déçu de constater qu'après lecture d'autant de mots, aucune idée claire ne se dégage. Je prend un exemple, tu dis que je n'ai que 3 pièces de Lego alors que tu en as plus. Et tu t'arrêtes là. En l'état c'est une remarque stérile puisqu'elle n'apporte rien. Si tu me disais "tu as la logique, la cohérence et la complétude mais de mon coté je tiens compte aussi de l'exhaustivité, de la conformité, etc ..." Là je pourrais éventuellement faire quelque chose de ta réflexion. En l'état on se demande à quoi elle sert, son seul but semble être de te placer sur un piédestal mais ce dernier ne reposant sur aucun contenu concret, je le suppose peu stable. A ce sujet, tu entames parfois tes paragraphes d'un "désolé si cela te vexe" ou synonyme. Juste pour information, ces mentions sont inutiles. Je suis parfois susceptible mais j'essaye de ne pas être obtus. Je suis certes limité mais je fais preuve d'ouverture. Plutôt que de devoir faire état de prévenance, je te propose de te concentrer sur des faits et assertions relatives aux idées discutées entre nous et pas sur ce que tu penses deviner de moi (à tort). Quand tu dis "tu ne prend que ce qui t'arranges et c'est pour ça que tu parviens à la conclusion que tu voulais" (déjà c'est faux, je suis un processus et j'analyse le résultat) qu'est ce qui manque à ce que je prend au départ ? Ce serait plus intéressant que simplement dire "c'est insuffisant". Quand tu dis "mon choix est moins restreint et simpliste" qu'est ce que tu utilises qui ne se trouve pas chez moi ? Quand tu dis "mes conclusions sont différentes" quelles sont tes conclusions ? Un peu plus de concret et moins de vantardise serait à coup sûr plus productif. Dans cette litanie, il n'y a quasiment aucun élément compatible avec ma personnalité tournée vers l'authenticité. Tu aurais pu gagner du temps simplement en essayant de me connaitre avant de me juger. J'ai pourtant répété à plusieurs reprises que ta piste de décider unilatéralement de mon niveau était une impasse évidente. De manière générale, tu ne devrais pas faire ça avec les gens, la seule personne que tu devrais juger, c'est toi-même (sauf si tu es juge civil ou pénal mais je pense que cette option est dans la zone distale de ton cœur de compétence). Tu avais déjà utilisé l'analogie culinaire et j'y avait répondu. La vérité n'est pas un fatras compliqué, c'est une chose très simple. En synonyme de "vérité" on retrouve des mots comme "clair", "limpide" ou "évident". Les mots comme "bizarre, compliqué, incompréhensible" ne sont pas vraiment liés au concept de vérité. L'exemple du billard est très bien trouvé. Qu'il y ait 2 ou 20 ou 200 boules sur le tapis, il ne se passe qu'une seule chose : deux boules s'entrechoquent, la première pousse la deuxième et le mouvement peut être déduit (force, amorti, direction, recul, etc). C'est cette seule et unique opération qui se produit, un certain nombre de fois. Tu te focalises sur "il y a plein de boules dans tous les sens" (le chat n'a pas 3 mais 4 pattes) alors que je décris un unique mécanisme qui explique simplement tout ce qui se passe (la grammaire permet toutes les phrases). Souvent, ta description du savoir est une soupe remplie de tout et n'importe quoi sans clé de lecture. La mienne serait de prendre tous ces éléments et de les hiérarchiser, d'étudier leur simplicité un par un et ensuite de les combiner pour étudier leurs relations. J'obtiens non pas une soupe indécidable mais une hiérarchie claire d'éléments simples imbriqués entre eux. Je vais maintenant me dresser haut et hurler bien fort "ne me confond pas avec un témoin de Jéhovah ou autre prosélyte religieux". Si tu avais observé ma démarche et analysé le fond, il t'aurais apparu évident que je viens ici humblement non pas imposer une vision mais demander à corriger ma vision actuelle. La posture n'est pas la même. Je n'applique pas un dogme, je construis une vision dynamique de l'existence. Je me suis remis en question à d'innombrables reprises tout seul et ensuite encore quelque fois supplémentaires en fonction de mes échanges avec d'autres. Je n'ai rien à gagner à imposer la trionique, je pense sincèrement qu'elle recèle une utilité et je souhaite la partager. Je demande sans cesse des contre exemples et je n'ai jamais affirmé que j’étais seul détenteur de vérité (bien au contraire), as-tu vu les prosélytes agir ainsi ? Ils ont plutôt tendance à affirmer être seul à détenir le savoir, récitent doctement leur par coeur et sont incapables de se justifier dans le détail. Ca te rappelle quelqu'un ? Je crois qu'à nouveau, ton esprit essaye de te passer un message. Je n'ai pas spécialement senti d'hostilité de ta part, tu communiques ce que tu penses être vrai et je sais l'apprécier. Par contre tu devrais voir la vérité en face : tu juges constamment. Moi, tes collègues, alors que tu ne possèdes pas toutes les informations pour formuler un jugement correct. La conclusion hâtive, l'absence de faits pour étayer, les incohérences sont autant d'indices pointant vers le même trait de personnalité. Je pense que tu en sais plus que moi sur le mécanisme de projection, je pense que tu ne le subis pas mais que tu le contrôle. Une sorte de méta-projection ou de rationalisation projective. Tu enkystes en moi une part de toi que tu ne peux supporter, et tu attaques cette part à travers moi. Mais comme ces attaques ne trouvent aucune aspérité où s'accrocher sur le vrai moi, je n'en ai pas conçu une image hostile. Je nous vois comme deux chercheurs en réalité et nous échangeons cahin-caha ce que nous pouvons. Après le plat passons au fromage, il y a une distinction importante entre "ce n'est pas bon" et "je n'aime pas". Dans un cas, on pense être la seule référence de l'univers, dans l'autre on comprend qu'on est un face au multiple. Ce passage de la conscience globale vers l'individualisation est le premier traumatisme vécu à la petite enfance. Cette distinction est importante, l'équivalent épistémique serait la différence entre croire et savoir, la différence entre "je connais" et "c'est prouvé universellement", encore une fois la différence entre "seulement dans ma tête" et "pour tout le monde" (un/multiple). Cette distinction est essentielle pour commencer à se constituer un savoir qui tient debout. Ne reste que le dessert. Nous nous "chamaillons" ici de façon subtile, courtoise et cultivée, je trouve cela très plaisant, je n'avais pas encore eu le plaisir d'échanger si longuement avec toi. Tu es un interlocuteur de qualité et je souhaite toujours profiter de tes lumières sur ma théorie mais aussi d'autres sujets. Si nous en finissons un jour avec la pensée positive, j'espère avoir d'autres occasions de confronter ma vision à la tienne à l'avenir. PS : J'aime beaucoup le dicton sur les marteaux, depuis que j'en ai pris connaissance. Ce n'est pas comme s'il servait tous les jours, mais placé au bon moment il fait toujours son petit effet. Loin d'être une mise en garde il est pour moi une route vers la vérité. Imagine concrètement -même si c'est absurde- un individu qui va passer sa vie entière à ne posséder qu'un marteau soudé à la main et jamais rien d'autre. Quel idiot serait-il s'il ne se servait pas de cet outil pour accomplir ses actions quotidiennes ! Son fonction cognitive aura alors pour tâche de transformer tout élément de son environnement en "clou" afin que le marteau -seul outil disponible- puisse être utile et que des choses soient enfin faites. C'est bien mieux que de mourir de faim devant l'absurdité. Notre cerveau fait ça. Le marteau c'est la conscience, les clous c'est le Réel que nous transformons pour le manipuler.
  8. ashaku

    La pensée positive

    Bon lundi à toutes et tous, Cher @deja-utilise, tu persistes donc dans le déni, en usant d'arguments qui manquent de logique, voyons cela. Le fait que je n'ai pas découvert le plasma moi-même n'invalide pas que cet état de la matière a bien été découvert et que cela remet en question la théorie des 4 éléments, contrairement à ton assertion "on ne trouve pas de contre-exemple dans un formalisme systémique(?), pour la même raison que l'on n'en trouvait pas non plus dans la théorie des 4 éléments pour le monde physique". Le plasma EST un contre-exemple. Qu'il ait été découvert avant ma naissance ne change rien à cela, ton postulat de départ était faux. Je laisse ta sagesse évaluer la véracité de conclusions faites sur des prémisses erronées. Tu fais la même erreur que pour les nombres lorsque tu affirmais que "Si je n'ai que l'addition, je ne peux pas faire de mathématiques". Je t'ai montré comment faire et tu as répondu "ça compte pas car tu es né à un moment où c'était déjà découvert". Je te répond la même chose, "oui mais ça n'empêche pas que ça a été fait". Ce que tu affirme être impossible est en fait faisable et ton jugement devrait être plus modéré. Plus haut, tu dis carrément "les gens pensent que la température est en Celsius mais moi je sais qu'elle est en Kelvin, donc ton schéma est aussi erroné que l'opinion des gens sur la température". C'est une erreur patente de logique. Celsius, Kelvin et Fahrenheit sont des interprétations possibles et cohérentes, toutes sont justes pour représenter la température. Les gens ont une ontologie et une métaphysique qui te sont étrangères, elles sont pourtant aussi justes que les tiennes. Tu affirmes que la trionique n'est pas reliée au concret, pourtant je m'en suis servi pour t'expliquer le comportement de ton collègue de formation, que tu ne parvenais pas à comprendre. Comment conjugues-tu ces informations ? Et attention, ne va pas faire comme ces gens à qui on demande de piéger un assassin et dont 98% trouvent une justification quelconque du haut de leur chapeau. Voici tout de même une dernière tentative de te transmettre ce qui n'arrive visiblement pas à passer. Comment parvenons-nous à échanger nos idées sur ce forum ? Comment peux-tu communiquer ce que tu penses avec des signes ? La réponse est "à l'aide d'une grammaire". Parce qu'on a décidé de poser Sujet-Verbe-Objet, nous pouvons parler, écrire et communiquer du sens. Par exemple, nous pouvons former la phrase "les chats ont trois pattes". Depuis le début, j'ai l'impression que tu te focalises exclusivement sur "mais enfin, les chats n'ont pas trois mais quatre pattes !" alors que je répond "mais la grammaire permet d'écrire aussi bien les deux phrases !". Je n'ai pas conçu un jeu de société, une fortification, une échelle de température ou des opérations mathématiques. Je ne parle ni d'une religion, ni d'un système métaphysique. J'ai posé une grammaire conceptuelle de l'existence. Un arrangement qui décrit n'importe quel aspect existant, comme la grammaire permet d'écrire n'importe quelle phrase. Les points sur lesquels tu as raison sont que je ne suis pas connu, je ne suis pas savant, je ne suis pas publié. Tout cela est vrai, je ne suis qu'un monsieur tout le monde qui se demande comment fonctionne la réalité qu'il observe et se tourne vers les autres pour parler de ce qu'il a compris. Certains appellent ça "la philosophie". J'invite tout un chacun à tester mon schéma selon ses connaissances pour vérifier si ça fonctionne, certains appellent ça "l'expérience pratique". Je vois bien que ta posture est la mise en garde contre "les chausses trappes" de la pensée humaine. De ton côté, vois-tu que tu t'ériges indûment en référence absolue pour rejeter des idées sans même les évaluer ? Par exemple avec ton collègue devenu magnétiseur, ton jugement est trop hâtif et pas assez éclairé. Si tu estimes que ce que je propose n'est pas digne de ton temps, je peux tout à fait le concevoir c'est normal, mais si tu veux entrer dans la critique énonce la découverte du plasma qui invalidera ma théorie élémentaire. Ma mère m'a bien appris à distinguer "je n'aime pas" et "c'est pas bon".
  9. ashaku

    La pensée positive

    Bonjour @deja-utilise Rien de nouveau donc, j'ai bien compris. Puisque ces récents échanges ressemblent à un au revoir (mais pas un adieu j'espère) je me permet de faire quelques remarques que j'ai retenues jusque là. Tu ne connais pas la trionique mais tu l'a tout de même jugée sur plusieurs centaines de mots qui disent en substance "on ne peut pas évaluer correctement ce qu'on ne connait pas". Vois-tu l'ironie ? Ton esprit est plein de l'effet DK, as-tu déjà envisagé qu'il essaye de te passer un message ? Tu présumes de mon niveau d'études et de connaissance, pourtant je ne crois pas avoir partagé ces informations avec toi. Plutôt que ma personne, j'eus aimé que tu tournes ton raisonnement profond et ton érudition sur ma production. Pour les endroits où elle est fausse relativement à une référence objective comme la science, il est aisé de produire un exemple qui pointe cette dissonance, c'est l'avantage d'une référence objective comme la science. L'absence de contre-exemple ne signifie pas "c'est donc faux" comme tu le conclus mais "c'est vrai pour autant qu'on sache". Par exemple, il est aisé de produire un exemple démontrant l'imperfection du système à 4 éléments : le plasma. Idem pour l'alchimie dont les résultats ne sont pas reproductibles. Le plasma et la reproductibilité sont les exemples que les systèmes que tu as cité sont inexacts dans leur interprétation du monde. C'est de ce genre d'exemple dont j'ai besoin pour améliorer mon modèle de compréhension du monde, qui tient déjà compte de ce que j'ai pu trouver par moi-même. Maintenant que je suis à court d'idées, je présente le résultat pour critique, c'est l'expérience pratique, la confrontation nécessaire à la réalité. Je pense que chaque erreur est une piste d'amélioration, le seul moyen d'évoluer. Je n'ai jamais nourri d'illusion sur l'efficacité totale d'une théorie du tout (et je remercie @zenalpha de m'avoir aidé à encore mieux le comprendre), pour moi c'est un hobby comme faire un sudoku mais avec l'ensemble des concepts existants. La production concrète et figée qui en résulte à un instant T n'est qu'un effet de bord, comme je te le disais le plus important dans l'opération n'est pas la position mais la direction du déplacement, car ce dernier est continu et la cible est mouvante (sur la route on ne regarde pas les coordonnées GPS mais le trajet jusqu'à la prochaine intersection ; dans la vie l'instant présent n'existe jamais il est continuellement chassé par la suite des évènements). Toi et moi ne voyons certainement pas le même paysage mais ce n'est pas grave, je pense que nous cheminons tout de même vers le même point, depuis deux endroits différents. L'abstraction est le seul moyen que je vois pour étendre la cartographie du territoire complet. Pour conclure, j'aimerais te rassurer sur ton intervention qui n'a pas été vaine. Mon appréciation de la trionique oscille régulièrement entre "c'est tout" et "ce n'est rien". Grâce au thème récurrent de tes remarques, j'ai pu légèrement affiner une compréhension de la dualité "savoir/ignorer" et la dynamique qui l'accompagne. Je vais de ce pas continuer la rédaction du prochain billet sur le blog. J'espère encore y trouver un de tes commentaires, qui fait toujours preuve de profondeur, mais à propos des idées indépendamment de l'auteur. Quel positivisme gluant que le mien !
  10. Certes. Je décrivais un mécanisme qui s'applique à un aspect spécifique et se reproduit encore et encore. Un coup on veut à manger, un coup on veut un abri, etc. Je ne pensais pas qu'une personne puisse rejoindre "tout ce qui est" à "tout ce qu'elle veut". Et oui, du coup, ce mécanisme est dynamique, c'est une danse constante entre désir et accomplissement. Je pense qu'il est correct de dire que le bonheur est éphémère, mais il est reproductible à l'infini.
  11. Il y a "ce qui est" et "ce qu'on voudrait", leur différence fait naître l'objectif, soit "ce qu'il faut faire" pour passer de l'un à l'autre. Quand "ce qui est" correspond à "ce qu'on veut", que les deux images se superposent, on ressent une sensation positive qui indique que "ce qui est fait" est bon. On peut parler de bonheur, c'est plutôt coté plaisir, joie est peut-être exagéré.
  12. ashaku

    Anti réseaux sociaux

    Anti réseau sociaux aussi. Ces derniers sont dit sociaux car ils aspirent à être une partie technique du lien social, et ils y parviennent. Les gens s'y connectent, y interagissent et en reparlent ensuite lorsqu'ils se voient IRL. Mais cet aspect technique du social est factice. Il ne sait que comptabiliser ce qui est mesurable, comme les likes, et cela n'a rien à voir avec le facteur humain qui fait de nous des êtres sociaux : le ressenti d'une émotion provoquée par une rencontre. Cela ne se mesure pas, il n'y a pas d'échelle numérique des qualia, pas de référence émotionnelle centralisée et globale. Le réseau social réussit à accaparer l'attention du public mais échoue à restituer la sociabilité de l'humain sensible. Il ne peut que misérablement stimuler des impulsions primitives, des peurs ou des désirs. Le réseau social est certes la version moderne des feuilles de choux qui étalent les ragots, mais il ne faut pas confondre la publication papier et la publication numérique, la deuxième est vastement optimisée et immatérielle. L'impression d'un livre demande du temps, du travail et ne touchera que peu de gens, la publication d'un post est gratuite, instantanée et touche la terre entière. Le réseau social n'est pas que la version moderne de la feuille de choux, c'est un outil qui en exacerbe la nocivité dans des proportions dantesques.
  13. ashaku

    La pensée positive

    Bonsoir @deja-utilise C'est dommage, j'espérais que ton wikipedia contiendrait un contre-exemple vu que je n'en trouve plus, mais je comprend que tu définisses tes priorités. Il va sans dire que si je peux te rendre un service analogue avec ta synthèse universaliste ce serait avec plaisir. C'est une bonne méthode je pense, faire un premier pas, puis un deuxième qui améliore, et ainsi de suite. On pourrait même parler d'une boucle, si on aime généraliser. Nous n'avons cessé d'être en phase sur ce point.
  14. C'est vrai, ce sont deux visions différentes de la vie. L'une basée sur l'instant, le ressenti et la valeur qualifiée. L'autre basée sur la durée et la rationalisation. Merci pour ce contrepoint
  15. Est-ce qu'on ne peut pas dire que "vérité" et "existence" sont interchangeables ? Ce qui est vrai, c'est ce qui existe. Ce qui existe, c'est ce qui est vrai. "un hippopotame à cornes roses avec des fleurs qui poussent sur le dos" est faux car cet animal n'existe pas. "l'idée d'un hippopotame à cornes roses avec des fleurs qui poussent sur le dos" est vraie car cette idée existe bien dans ma tête en ce moment.
  16. Pour moi "vivre chaque jour comme le dernier" invite à conclure, même lorsque c'est difficile mais nécessaire. Combien de fois avons-nous reporté à plus tard une tâche ? Combien de conflits émotionnels ne sont finalement résolus par une simple phrase que lorsqu'un des intervenants est sur le point de mourir ? Le fait d'imaginer qu'il n'y ait plus aucune conséquence à nos actes nous incite parfois à faire ce qui doit être fait, même si c'est tellement négatif qu'on s'en était empêché jusque là. L'autre maxime traite de l'autre bout du spectre : observer d'un oeil neuf, sans préjuger de ce que l'on voit, l'accepter tel quel sans y injecter ses expériences. Cette approche permet de ne pas créer de problème en premier lieu. Ces deux maximes sont très puissantes, elles aident à sortir de notre cadre habituel pour corriger ce qui dysfonctionne. Mais je n'en ferais pas des principes de vie à 100% du temps, plutôt des algorithmes de secours lorsque la méthode normale (observer, réfléchir, agir) a généré une situation problématique. Une seule problématique, au milieu de toutes les autres situations correctes, obtenues grâce à la vision lucide de ce qu'est aujourd'hui. Par exemple, le jour de son mariage il vaut mieux penser que c'est le jour de son mariage, plutôt que le premier ou le dernier de sa vie. Le jour du mariage ne peut être considéré comme premier car il marque la conclusion d'un engagement de longue date, les fiançailles. Mais penser que c'est le dernier est inadéquat car ce jour est le départ de la vie conjugale. En revanche, les dictons s'appliquent pleinement sur des aspect particuliers. Ce jour est le dernier de la vie de célibat, c'est le moment de se faire violence et conclure certains sujets (anciennes relations pas vraiment rompues, mauvaises habitudes de vie, etc) et c'est aussi le premier jour d'une relation nouvelle dans laquelle il faut savoir se garder de juger son conjoint. Les dictons sont à la fois pertinents et inapplicables, il faut distinguer sur quels thèmes et à quel moment, je pense.
  17. Je viens de terminer ce quiz. Mon score 66/100 Mon temps 159 secondes  
  18. Une telle chose serait donc impossible à exprimer par des mots. Il y a un coté paradoxal à l'évoquer par écrit.
  19. Non, mais est-ce important ? Mes cellules ont une vie limitée mais elles font partie de moi. Dans l'interprétation que je propose, la "présence pure" de la cellule consisterait à voir l'organisme entier, mais ça ne changerait pas sa durée de vie.
  20. La présence pure semble parler de non-dualité. C'est audacieux, il est proposé qu'il n'y ait qu'une chose et que nous en sommes une partie. La présence pure serait le fait de ne plus être "soi", individuellement, mais la chose unique qui existe. L'univers en somme. N'oublions pas que ce mental qui étiquette et représente est -comme tu l'as dit- l'outil qui nous permet d'appréhender notre environnement et le socle sur lequel s'est bâti notre civilisation. Ceci étant dit, il est intéressant de se demander ce qu'il y a "derrière", s'il y a une source à notre habileté.
  21. ashaku

    La pensée positive

    Bonjour, je vois que tu as encore rédigé un gros pavé, je vais casser cette dynamique par une réponse plus courte. Après tout, la vie est affaire de rythme, tu ne penses pas ? Si j'ai bien compris, tu te vois comme une image bitmap et je serais un schéma vectoriel ? Pourtant, "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement". Je t'encourage à poursuivre tes efforts et tes idées, même si tu ne parviens pas au résultat final en un seul coup. Le plus important est le déplacement, pas la position. Et sur une autre note, connais-tu les matrices épistémiques ? Conçues avec l'idée d'examiner les fonctions cognitives sous l'angle de la temporalité, leur auteur a pu produire d'intéressants schémas pour expliquer les mécanismes de la pensée. Effectivement, je n'avais pas encore posté une version claire de ce dont je parle. Heureusement, ça ne t'a pas stoppé pour produire une telle pluie d'arguments, j'ai de la chance d'échanger avec un tel esprit critique. Le mal est réparé, j'ai pris ces derniers jours pour rédiger un résumé épuré des principes que je développe. Il y a donc maintenant ce blog contenant pour l'instant ce billet. Un deuxième devrait suivre pour parler plus spécifiquement de la boucle de rétroaction. J’espère sincèrement y recueillir des critiques de qualité, si possible des exemples concrets de défaut du système plutôt que des observations générales sur sa nature. C'est volontairement simple pour être accessible, mais c'est tout de même postulé universellement applicable. Un exemple d'une chose qui existe mais ne peut être comprise par le modèle est ce que je cherche. Je te souhaite une belle journée et un excellent weekend.
  22. LOI « Quelque chose existe lorsque deux choses font quelque chose ensemble » Les exemples sont innombrables et variés, le rouge et le jaune donnent de l'orange, un papa et une maman font un bébé, l'oxygène et l'hydrogène font l'eau, etc. Ce principe a déjà été popularisé par la formule symbolique 1+1=3. Si cette formule semble incorrecte mathématiquement, elle invite tout de même à considérer "ce qui existe" sous plusieurs angles. Avez-vous remarqué que dans le groupe {1,+,1} il y a 3 éléments ? Les plus observateurs ont surement noté que dans la loi un mot est répété à plusieurs reprises, il est si pratique. Cet usage intensif du mot "chose" indique la nécessité de pouvoir se référer à tout objet ou idée que l'on puisse manipuler. La loi est hautement abstraite dans un souci d'universalité et de flexibilité. Afin d'aborder cette notion, voici un plan : Sur cette échelle, on se déplace vers le haut par la généralisation. Des abstractions comme "le poisson nage", "le chien court", "l'oiseau vole" peuvent être regroupées dans la généralisation "les animaux se déplacent". De telles généralités sont d'un niveau d'abstraction plus élevé, et le même procédé peut recommencer. Par exemple, nous pouvons regrouper "les animaux se déplacent", "les planètes orbitent", "les atomes se désintègrent" dans "les choses font des choses". La loi trionique se situe dans ces hauteurs, à coté de "les choses sont des choses" (les objets ont une identité) ou "les choses ont des choses" (les objets ont des propriétés). On descend l'échelle par la spécification. Partant d'une vérité générale, on peut spécifier une généralité plus concrète et utile au quotidien. Ce qui est gagné en précision est perdu en universalité, l'un des grands enjeux dans la pratique trionique et d'accomplir ce chemin depuis l'abstrait vers le concret, chaque étage demandant d'y apporter les informations nécessaires. TRION Ce schéma est une représentation graphique de la Loi. Il permet de représenter une dualité, c’est-à-dire les deux pôles et la relation entre eux. De cette relation émergera un troisième concept, la bulle englobante. Le trion illustre la synergie et indique la création par émergence. Cette forme simple sert de départ à la réflexion pour identifier des dualités fécondes, les "deux choses" qui vont "faire quelque chose" ensemble. Cette décomposition en 3 éléments, cette grammaire, permet de comprendre ce qui nous semble incohérent par cette simple astuce : le lier à autre chose. Parfois, notre problème est la bulle englobante et se questionner sur les entités qui la créent suffit pour comprendre. Parfois, notre problème est l'une des deux bulles internes et nous devons trouver avec quoi d'autre il interagit pour dysfonctionner. Comprendre signifie "prendre avec", c'est ce que la trionique encourage à faire. TRION COMPLET C’est une vue détaillée du trion de base présentant à la fois le fond commun et l'émergence. Un potentiel indifférencié (0) se spécifie en formes duales (1) et (2). La relation d’interdépendance (R) entre eux fait émerger (3). Par exemple, le potentiel des particules (0) peut se différencier en proton (1) et électron (2), leur relation électromagnétique (R) donnera un atome (3). Le trion est un modèle récursif, le (3) d’un niveau est le (0) d’un niveau supérieur. Par exemple, le potentiel des particules donne le modèle atomique, ce dernier est le potentiel (0) du tableau périodique. De ce potentiel peuvent se spécifier l'hydrogène (1) et l'oxygène (2) pour donner l'eau (3). Ou plus génériquement, les molécules. Qui sont en fait un nouveau potentiel pour poursuivre la chaîne avec des objets toujours plus divers, aux propriétés toujours plus complexes. Un trion valide n’est pas une simple juxtaposition de concepts, il doit vérifier deux règles. Règle 1 : la structure horizontale (1) et (2) sont autre l'un par rapport à l'autre, cela signifie que ce sont deux objets possédant simultanément des propriétés en commun et des propriétés différentes. La relation (R) se produit à travers une ou plusieurs de leurs propriétés communes. Lorsqu'on pose un concept sous forme de trion pour le comprendre, il convient de se demander si (1) et (2) sont bien interdépendants ? Comment (1) influe sur (2) et vice versa ? Quels sont leurs propriétés communes ? Est-ce que (R) est bien l'une d'entre elles ? La loi de départ postule que l'existence est relationnelle et implique que tout ce qui existe est lié. Une molécule d'eau de l'océan atlantique et un atome de souffre sur Jupiter sont liés gravitationnellement, mais on comprend aisément combien ce lien est ténu comparativement à la masse des planètes Terre et Jupiter. Ainsi, on pourrait placer en fait n'importe quels concepts en tant que dualité et ce serait une vérité. Mais pour certains exemples incongrus, la relation -bien que possible- serait complexe et très indirecte, montrant sa "faiblesse" sémantique. Alors que des exemples comme "jour" et "nuit" semblent naturellement valides, nous avons toujours observé les deux s'alterner, ils forment un système clair dans lequel l'augmentation de l'un est mécaniquement la baisse de l'autre, c'est une dualité féconde avec une relation forte. Règle 2 : la dynamique verticale Est-ce que R appartient logiquement à (0) ? Est-ce que (3) émerge bien de (R) ? Par exemple, le potentiel de l’ADN (0) peut se différencier en végétaux (1) et animaux (2), leur relation de symbiose (R) donnera un biome (3) comme une forêt. Ce trion illustre une dynamique "description du vivant", "instances actives du vivant" puis "système complexe dont les éléments unitaires sont des êtres vivants". Ces deux règles vérifient la cohérence des concepts par rapport à (R), point central du modèle et cœur de la loi. Le trion complet sert au niveau personnel, pour faire avancer la réflexion et la compréhension d’un concept. Il permet l'étude de systèmes complexes en représentant simplement leur existence, leur origine et leur devenir. TRIGONES C’est un formalisme applicable à un trion complet. Il permet une approche géométrique des concepts philosophiques. Il s'agit maintenant de poser un écrit illustrant ce qui a été compris pendant la conception du trion pour le rendre "fort". On le construit en plaçant les concepts du trion sur les arêtes d’un triangle. Un trion complet donne le trigone d'origine (0,1,2) et le trigone d'émergence (1,2,3). Les trigones permettent de questionner l’arrangement de concepts et d’étendre la réflexion philosophique par une approche mathématique. Quel sommet est sécant à deux concepts ? Quel sommet est opposé à quel concept ? Que représente la surface du triangle ? Quelle gradation le long des arêtes ? OUTILS Le formalisme en trigone permet le partage et la comparaison de plusieurs compréhensions différentes d'un même sujet. La synthèse de deux opinions apporte un sens supplémentaire et l'opération peut se répéter avec autant d'opinions existantes. La généralisation de cette pratique menant à l'intelligence collective. Le premier outil possible est d'appliquer le principe de dualité aux trigones. Deux trigones ayant des concepts en commun et des concepts différents peuvent former une dualité. L'étude de leur différences mène à un concept qui les transcende. Prenons l’exemple "Sécurité / Danger". L’ingénieur verra dans cette dualité le concept de Protection, une fonctionnalité. Tandis que l’anthropologue y verra le concept de Prudence, un trait de personnalité. Chacun d'eux a un regard sur cette dualité et apporte sa propre compréhension. La mise en relation de "protection" et "prudence" dans un trion fait émerger "la prévention", synthèse englobante des deux concepts, dont l'un est la cause, l'autre la conséquence. Les soi-disant erreurs du jugement subjectif sont autant d'occasions de mieux comprendre ce qui nous intrigue. Une autre méthode tire partie de ces erreurs lorsqu'elles se produisent lors du choix des pôles de la dualité. Prenons l'exemple d'une personne travaillant sur le couple "Bien / Souffrance". Commençons par dissocier ces pôles et isoler leur opposé naturel : "Bien/Mal" et "Plaisir/Souffrance". Examinons quels sont les concepts correspondants à leur association. "Bien/Mal" est un jugement moral alors que "Plaisir/Souffrance" est un ressenti physique ou émotionnel. Relions maintenant ces deux nouveaux concepts, la relation entre le jugement (ce qui doit être) et le vécu (ce qui est) est l'effort constant pour aligner ses actions et ses intentions avec le monde et son ressenti. Ces définitions mènent à l'éthique. C'est le concept qui cherche à minimiser la souffrance -le vécu- par des actions orientées vers le bien -le jugement. C'est la tentative de la conscience de concilier la réalité de la douleur avec l'idéal de la vertu. L'approche par dualité offre aussi l'avantage de définir un concept en identifiant des dualités dont les émergences sont les propriétés de l'objet considéré. Prenons les dualités suivantes : "matériel/logiciel", "local/global" et "émetteur/récepteur". Leurs émergences respectives Interface, Synchronisation et Communication sont les propriétés de l'objet qu'elles décrivent, un smartphone. Cette méthode révèle que l'existence de l'objet est définie par une combinaison de relations. Si l'une est défaillante l'objet n'est plus, un boitier électronique sans connectivité n'est pas un téléphone. De manière générale, ces outils sont différents moyens de mettre en relation plusieurs compréhensions distinctes. Au-delà de la comparaison entre deux compréhensions, plusieurs personnes appliquant ces principes relationnels peuvent former un réseau analogue à notre réseau neuronal pour mettre en commun leur lecture du monde et faire émerger un sens nouveau.
  23. ashaku

    La pensée positive

    Bonsoir @deja-utilise dis donc, quel pavé ! Mon retour global est que nous sommes deux opposés. Pour réutiliser une image utilisée plus haut, tu es le point d'arrivée d'un trajet dont je suis le point de départ. Tu "défends" une vision rigoureuse et construite pour chaque domaine, j'esquisse une méthode adaptative tâtonnante. Ce qui est paradoxal, c'est que nous nous répétions l'un l'autre que nous sommes d'accord tout en ayant pourtant de plus en plus de texte explicatif de nuances. Je me base sur un système que j'ai conçu petit à petit depuis un peu moins de 3 ans, comme un hobby. La boucle dont j'ai parlé plus tôt en est l'application la plus récente. Je peux donc te rassurer quant au travail de fond de l'idée rédigée sur la section philosophie par moi, et si de la littérature complète t’intéresse, je te la transmet dans la seconde. C'est un travail d'amateur que tu devrais aimer détruire et je ne demande pas mieux que de le soumettre au feu de la critique éclairée. Oui, deux fois avec celle-là. Je suis familier de cet effet, notamment du fait qu'il fonctionne dans les deux sens. Les gens qui sont factuellement en dessous du niveau moyen s'estiment au-dessus, mais ceux qui sont en haut ont tendance à se noter plus bas. les conclusions de cette étude sont souvent mal interprétées. De mon point de vue embrassant la dualité, "les gens tendent vers une moyenne lorsqu'ils s'auto-évaluent". Cet effet met en lumière que la cognition est un système auto-correcteur complet : il prend en compte le niveau réel de la personne (concret), l'estimation de ce niveau par la personne elle-même (abstrait) et la fonction cognitive cherche à concilier les deux (nous en parlions plus tôt). Encore une fois, tu énonces des vérités. Ce passage en particulier illustre bien une de nos différences. Pour moi, cette intuition existe depuis toujours, à des intensités croissantes selon le développement. On a l'impression dans ton texte que cette émergence n'existe qu'à son niveau le plus brillant. Je pense qu'il manque à mon discours la notion de seuil, en dessous duquel la compétence n'est pas suffisante (un enfant ne peut construire une maison). Cette compétence n'est pas actuelle, mais elle est néanmoins potentielle. Question de temps. Je ne pense pas que les premiers humains qui ont développé les outils mathématiques "connaissaient la fin de l'histoire" ... Et pourtant ils l'ont fait. Idem pour tous les outils suivants. C'est le sens dont je parle, en pleine action de raffinement au cours du temps. Tu ne penses pas en être capable assez vite pour être opérationnel professionnellement. Tu vois la chose sous l'angle de la productivité, j'évoque de façon bien plus générale le sens qui a permis le développement de la cognition à l'échelle biologique. Je pense que tu l'as compris, puisque tu le décris très bien un peu plus bas dans ton message (la partie essais-erreur). Automatique ou mécanique, je ne sais pas. Mais il y a l'extraordinaire convergence vers la performance, la domination, la maitrise qui sont des preuves que le bouzin ne relève pas du hasard. Plutôt d'accord, si on considère bien sur qu'il n'y a pas 0.1% d'humains génies d'un coté et 99.9% de boulets de l'autre. Ce sont des gens différents qui inventent ou qui construisent. Tout le monde est le 99% d'un autre sur un domaine précis. Les savants ne construisaient pas leur maison. Les architectes ne chassaient pas leur nourriture. Ce n'est pas le génie de 0.1% qui a tiré en avant notre civilisation, c'est le fait de former société et partager nos compétences et savoirs pour les développer collectivement, jusqu'au dernier lampiste. Pardon mais si. Ta phrase suivante dis "si ce n'est pas rigoureusement vrai alors c'est faux". D'accord, elle parle de logique, mais le monde et l'opinion des gens ne répondent pas à la logique binaire. Dans le réel, les choses peuvent être vraies et fausses simultanément. Cela recoupe ce que je dis, vu de ma fenêtre (triangulaire) : son incapacité réelle à comprendre (concret) et la nécessité de comprendre pour le job (abstrait) crée une dissonance. Pour la résoudre, il génère l'information que ce savoir est facilement transmissible, c'est une expression logique de sa fonction cognitive qui tend à minimiser l'écart entre le vécu et le pensé. C'est sur ce genre d'exemple que notre échange est fascinant. Nous avons assez de points communs pour interagir harmonieusement mais pourtant nous sommes deux pôles opposés en terme d'interprétation. Je trouve cette tension extrêmement fertile. Tout le monde essaye, certains réussissent. Essayer, c'est collecter des données réelles (concret), sur ces données on peut réfléchir à des solutions (abstrait) et naturellement des solutions émergent (lois). Le tout est fait à la fois en cohérence avec le "relevé de terrain", l'interprétation intellectuelle des données et la pratique expérimentale. C'est l'ensemble, la boucle complète répétée, qui génère le discernement synthétique. Et il se trouve qu'on pratique cette boucle au niveau individuel (nos sensations, pensées, croyances) mais aussi collectif (science, art, politique). En attente donc. Pour info, c'est l'essentiel de ce que j'ai à offrir et la raison de mon inscription ici. Toutes mes explications sont basées dessus. Pas d'accord, nos sens physiques nous rendent eux aussi victimes d'illusions optiques ou acoustiques. On peut voir cela comme un défaut de facture, mais en fait c'est une optimisation fine des mécanismes en terme de gain/coût qui mène à ces approximations suffisantes pour la survie dans le contexte. Du point de vue du cerveau, la survie est plus importante que la vérité. Pour ce que tu décris, c'est le niveau de confiance sans lequel nous serions incapables d'intenter la moindre action de départ. Il n'y avait pas de manuel au début, seulement "l'étoffe des héros". J'y vois encore le discernement, le même effet que celui montré par Dunning et Kruger, et qui fait que dans un état où personne ne sait concrètement mais imagine, la dissonance connu/inconnu nous pousse à essayer pour réduire l'écart. C'est l'allumage du moteur avant qu'il ne monte en régime. C'est la méthode scientifique. Elle est rigoureuse et aboutit à un savoir objectif. Ce faisant, elle se rend aveugle à tout savoir non-objectif, pourtant existant. La science est notre logos par excellence, la synthèse de notre compréhension de l'univers, mais elle a choisi de rester dans un univers purement quantifiable. Des phénomènes purement qualifiables existent aussi, comme "ce que l'on ressent". Le discernement, au niveau individuel, se base justement sur notre ressenti qualifié, combiné à notre conceptualisation pour produire notre logos personnel. Alors nous serons d'accord pour dire qu'au niveau personnel, on ne peut égaler ce qui a été produit par des siècles de talentueux penseurs. Mais l'un s'est "enfermé" dans l'objectif alors que l'autre "galope follement" dans le réel. Comme toujours, mon mantra est de "combiner les deux". Non, c'est une application de la BGRA à la sociologie parce que pourquoi pas ? Je met un lien, ça fait 5 paragraphes sur la distinction entre quantifiable et qualitatif. Pour le reste du paragraphe, qui revient élégamment sur la pensée positive, tu développes un point de vue critique sous l'angle de l'objectivité. Hors il faut prendre en compte aussi la subjectivité et le faire dans un système cohérent. De ce point de vue, on comprend que la personne qui se forge diverses idées (même à tord, via des biais) sur la dangerosité des ondes EM, se forgera un système de compréhension du monde intégrant cette information. Ainsi, elle va ressentir concrètement les sensations qui lui sont liées (la fonction cognitive réduit l'écart entre pensé et vécu). Il en va de même pour la pensée positive, qui au lieu d'être forgée par une accumulation d'idées fausses, se fait sur l'accumulation de faits positifs. Entrainant une compréhension puis une vision concrète du monde allant dans ce sens. Au final ce qui tranche, c'est la pratique. Et elle ne peut être quantifiée, seulement qualifiée. Bonne soirée à toi.
  24. Probablement d'un "KA!" ou autre onomatopée qui, prononcée au moment d'accomplir un acte précis indiquait aux autres membres de la tribu ce qui était sur le point de se passer. Cette fonction se révèle éminemment pratique pour l'organisation du groupe et sera reproduite, raffinée jusqu'à fournir des millénaires plus tard la grammaire française qu'utilise Victor Hugo, l'une de des plus complète qui soit.
  25. ashaku

    La pensée positive

    Bonjour, et merci de ta réponse. Comme toujours, c'est très stimulant et enrichissant de lire ton feedback. Tu as assez bien analysé ma production : simpliste. Quant à la méthode, ce n'est pas la simplification des religieux mais l'abstraction systémique. Ce n'est pas une perte d'information, mais un gain de flexibilité. Et cela se distingue notoirement de ce que tu décris en opposition : un système rigoureux. Tu lis assidument de longs textes, tu sembles adepte de la voie "longue et difficile", la seule qui paye, et ce dont j'ai parlé en diffère certainement. Il s'agissait de défendre le "sens" physique de perception qui nous fait comprendre quelque chose. Ce sens nous guide, mais il n'est pas comparable au produit de la science, ni au travail des scientifiques. En es-tu sûr ? Avec l'addition d'entiers négatifs, tu obtiens la soustraction. Et en additionnant plusieurs fois le même nombre, tu obtiens la multiplication. Et en définissant une structure pour les nombres rationnels (une mantisse) tu peux utiliser ta toute nouvelle multiplication avec des fractions pour obtenir la division. Ces émergences logiques par association me semblent tout à fait aptes à faire de la Mathématique. Surtout qu'on peut à partir de là redévelopper les autres outils comme ils l'ont été au cours de l'Histoire, à partir des outils précédents. Tout à fait, et ton esprit conçu pour ça n'aura de cesse de résoudre cette divergence par l'invention d'outils divers jusqu'à ce que l'un d'eux fonctionne. Et de cet apparent paradoxe de départ aura émergé en fait une nouvelle solution connue de l'humain, une meilleure interaction entre nous et l'environnement. Ce serait difficile mais pas impossible. Champollion l'a fait. Enigma l'a fait. Mais ce sont certes des exceptions plutôt que des règles, d'y parvenir assez vite pour produire un résultat en temps utile. Le sens dont je parlais plus haut agit plus subtilement, sur le long terme. Un détail me frappe : tu sembles voir les choses de façon manichéenne. Soit c'est le résultat final qui marche soit zéro. Je préfère voir un cheminement ponctué d'étapes progressives. Le plus important n'est pas de tomber pile poil sur la vérité absolue, c'est de marcher d'une façon qui garantit qu'on se rapproche petit à petit de la vérité. Ne pas parvenir au résultat d'un seul coup ne signifie pas qu'on se trompe. Je n'ai vu aucune objection dans tout ce que tu dis ici. Un moteur est un élément technique assemblé selon un plan. Sans la connaissance du plan et/ou les outils liés à l'assemblage, la capacité d'intervention est compromise. Mais du coup tout va bien : on sait qu'il faut outil et connaissance pour intervenir. Cette assertion est d'une vérité éclatante. J'y oppose un questionnement : pourquoi ne pas se lancer malgré tout ? Comment imaginer parvenir à la destination sans faire le premier petit pas incomplet ? Ma vision concorde, je tente même d'expliquer pourquoi et comment. As-tu vu ma BGRA ? Tu vas surement adorer cette simplification extrême de la poignée de concepts en ma possession pour forger ça. Le principe de fond est que "deux choses ensemble en font une troisième". Ici, c'est "la perception du monde matériel" et "la conception d'une situation imaginaire" qui produisent ensemble un logos, le paradigme d'une personne sur la vie telle qu'elle la connait. Cette boucle illustre un mécanisme de prédiction/correction au cours du temps. Elle est constamment occupée à mesurer l'écart entre la matérialité et la conceptualisation, grâce au logos. La minimisation continue de cette dissonance serait l'essence même de la fonction cognitive. Ce n'est perçu comme un biais que depuis le point d'arrivée où l'on connait la solution. Cet esprit de "allons-y même si c'est pas balisé" est en fait très utile quand on se trouve au point de départ et que tout est à faire. Tout cela est encore vrai, et c'est la description d'une psychose. Pour qui confronte en aller-retours réguliers l'idée et l'expérience concrète, ce défaut n'apparaît pas. Toujours la coopération entre matérialité et conceptualisation. Et à un moment, le sens du discernement vient nous dire qu'une piste est bonne. Et les résultats derrière peuvent confirmer ou pas. Si tu veux, j'ai une analyse assez fine de la cause du mal-être social et des pistes de rédemption à y opposer. Je pense toujours que ce passionnant échange avec toi digresse de la pensée positive. Souhaites-tu passer en MP pour poursuivre ?
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