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La guerre est-elle quelque chose d'essentiellement masculin ?
ashaku a répondu à un(e) sujet de Crève dans Philosophie
Dans "l'encyclopédie du savoir relatif et absolu", Werber explique que chez les rats, il y a une hiérarchie. Un chef, 8 sbires et un souffre-douleur pour 10 rats. Si on fait 10 groupes de 10 rats, cette hiérarchie se dégagera pour les 10 groupes. Si on prend les 10 chefs pour faire un groupe, l'un deux deviendra souffre-douleur. Si on fait un groupe avec les 10 souffre-douleur, l'un d'eux deviendra chef. Sur cette base, l'humanité s'est organisée (selon vous) avec la gestion de la violence réalisée par l'homme. La réalité est plus nuancée, mais faites un groupe avec que des femmes et la moitié d'entre elles finiront par prendre en charge la gestion de la violence. L'humain n'a pas décidé d'être violent par caprice, le monde dans lequel on vit est violent et les hommes s'interfacent avec cette violence par nécessité. Le fait que certains cultivent cette violence est un problème mais l'éradication totale et aveugle n'est pas la solution. Même si l'humain cesse d'être violent, le monde ne s'arrête pas d'être violent pour autant. Le raisonnement peut sembler viable quand on vit pépère métro-boulot-dodo dans un pays qui a des infrastructures de sécurité, une législation stricte et des moyens efficaces, mais ce n'est pas représentatif de l'humanité dans son ensemble, et encore moins du vivant en général. Je comprend que vivre fasse peur, mais la solution n'est pas de souhaiter l'éradication d'un groupe pour ne plus avoir peur, c'est de se rendre un peu plus capable de faire face à la vie et ses aléas. L'organisation commune, les statuts de citoyens et les droits civils sont de biens meilleures idées que le génocide pour atteindre l'harmonie. De plus, la relation homme-femme n'est pas seulement sexuelle et reproductive, elle est aussi culturelle et créative. A partir de la définition des rôles sexuels, nous avons aussi développé une culture masculine et une culture féminine, l'association des deux fournit une plus grande richesse de solutions. Un groupe de travail composé exclusivement d'hommes ou exclusivement de femmes est moins performant qu'un groupe mixte. Eradiquer l'un des deux sexes est une perte culturelle, intellectuelle, dialectique énorme et potentiellement irrécupérable. Pour finir, "faire du sperme de laboratoire", ça pose plein de problème de diversité génétique et signifie globalement mettre fin à l'évolution naturelle, au système individus-environnement-gènes qui a sculpté notre espèce spécifique (et toutes les autres). Ca n'aboutit qu'à l'extinction par inadaptation aux changements. -
Bien entendu, les spécificités de mon être font ma réalité qui est mienne. Cependant, je partage un certain nombre de mes spécificités avec les autres humains (voir avec des yeux qui captent la lumière entre deux fréquences ; entendre les sons dans une certaine plage de fréquence ; etc). La réalité est un mélange, à la fois personnelle au sujet et partagée par tous les êtres qui ont évolué pour voir le monde avec ces même capteurs spécifiques que moi. Je suis d'accord avec toi que le vécu est personnel, c'est-à-dire que "le monde tel que je le vois" m'est exclusivement personnel. Mais cette vision contient des éléments qui sont commun avec d'autres visions issues d'autres personnes. Nous regardons tous la même chose (le monde) avec le même outil (le corps humain) et nous en concevons un même résultat, mais chacun avec ses spécificités personnelles, chacun ses œillères, ses raccourcis, ses interprétations, son échelle de valeurs. On peut noter que les points de vue différents peuvent être reliés. Si face à une situation j'ai ignoré l'un des faits (par aveuglement, inattention, au autre raison) et me forge l'opinion A, quelqu'un à coté a bien tout observé et s'est forgé l'opinion B. Nous discutons, constatons nos différences (subjectivité des protagonistes), trouvons qu'il me manque un fait, je suis mis au courant et finalement mon opinion évolue naturellement vers B (objectivité de la scène).
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Ah. Oui, j'avais oublié que nous étions sur le fil "dieu". Au temps pour moi. Je ne souscris pas trop au message religieux, je préfère les raisonnements logiques.
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Intéressant, ce serait l'absence d'être du néant qui serait moteur de l'existence de l'Existence ? Il y a un coté yin-yang là-dedans. Tu pourrais développer un peu stp ? Ta proposition concerne l'absolu et touche un sujet plutôt inconnu, de mon coté je rappelle que je parlais du point de vue d'un humain. Mais il y a peut-être des choses à dire sur cet inconnu, je suis preneur de toute information.
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Tant mieux C'est effectivement moi qui ait introduit ce terme. En lisant ta réfutation de "l'histoire commence là où la dialectique ne peut plus conclure", je pensais que tu sous-entendais que la dialectique pouvait toujours conclure et j'essayais de justifier pourquoi elle ne le peut pas dans le cas de l'histoire. Mais "prédictible" n'est pas le bon terme et -pire encore- ce que j'ai dit n'est pas la bonne explication. Ce que j'ai compris dans cet aphorisme, c'est que l'histoire est une boucle. Ce n'est pas un devenir passif mais un objet capable d'influer sur sa propre trajectoire, de s’auto-déterminer et favoriser sa continuité, c'est en quelque sorte l'instinct de préservation chez nous (nous sommes des boucles rétroactives et des histoires nous aussi). C'est en cela que la dialectique, bien que pleinement capable de prendre en charge l'histoire, ne peut plus la conclure.
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Sur l’importance de la réduction de dimensionalité….
ashaku a répondu à un(e) sujet de SpookyTheFirst dans Sciences
Mais quelle est cette technique ? Si j'essaie de trouver, il y a plusieurs façons de procéder. A un extrême, c'est la solution que tu décris : un espace à 10 000 dimensions et 9999 valeurs nulles par mesure. A l'autre extrême on peut avoir ce qu'on appelle un "index" : un espace à 1 dimension avec une seule valeur de coordonnée qui peut aller de 0 à 9999. En intermédiaire, on peut classifier les mots dans un espace à 2 dimensions, une dimension "catégorie" avec 100 valeurs, chaque catégorie a une dimension "index" pour atteindre l'un des 100 mots qu'elle contient. On peut faire varier ce nombre, dans un espace à 4 dimensions il y aura 10 valeurs par dimension. Cela donnera un résultat de 4 digits allant de 0 à 9, ce qui revient à un index entre 0000 et 9999. -
Ne peut-on opérer une distinction entre la proposition originale "là où la dialectique ne peut plus conclure" et ta réfutation "rien n'échappe à la dialectique" ? Les deux peuvent fonctionner ensemble, non ? Ne pas pouvoir échapper à X n'empêche pas que X soit incapable de conclure. Les éléments qui forment l'histoire n'échappent pas à la dialectique mais lorsqu'ils forment la structure 'histoire' l'ensemble acquiert une propriété qui le rend 'indéterminé' (?) (terme à affiner peut-être). Pour moi c'est positif, c'est le moment où les possibilités deviennent exponentielles et leur combinatoire trop vaste pour avoir une fin prédictible. C'est la génération d'un large réservoir de possibilités pour l'histoire, donc son potentiel de changement et sa capacité à évoluer, dans le but de "continuer à être racontée de l'intérieur".
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Peut-être pas. Peut-être qu'il présente les deux éléments spécifiques dont l'interaction peut créer une meilleure compréhension globale. Je trouve que c'est une façon élégante que de laisser le lecteur faire l'assemblage lui-même pour que la compréhension jaillisse dans sa tête. Mais Platon fait plus classique : Il finit le boulot et donne sa vision, l'Etant faisant suite à ses observations et réflexions, comme tu dirais sûrement Dans ma vision, les propositions -que ce soit avec le mot fouine ou le mot renard- sont conceptuelles, alors que le fait qu'un renard ait traversé est matériel. Mais dans les deux cas c'est quelque chose qui existe, juste dans un domaine différent. Ca me rappelle le topic sur la non-identité, j'avais fini par m'intéresser au concept "d'histoire" et justement du rapport entre histoire réelle et fictionnelle. De ses réflexions sont restés des aphorismes que j'ai envie de mettre ici, plutôt que de palabrer, ils résument des questionnements successifs : Une histoire commence exactement là où la dialectique ne peut plus conclure. Si tout est histoire, la seule question pertinente devient : quelle histoire fait-on exister ? Est-ce que cette histoire permet à ceux qui l’habitent de continuer à vivre, apprendre, corriger, coopérer ? le cerveau est un générateur et un éditeur d’histoires prédictives. Une histoire est vivable si elle peut être corrigée de l’intérieur sans détruire ceux qui la vivent. Le réel n’est pas une histoire vraie, c’est une histoire suffisamment vivable pour continuer à être racontée. Comprendre, ce n’est pas découvrir la bonne histoire, c’est apprendre à reconnaître celles qui peuvent être habitées sans se refermer.
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Oh ! Tout à fait ! Ma formulation rend transparent que j'ai adjoint des informations comme "les ours sont des êtres vivants mammifères" et "les mammifères se reproduisent par couple". Bien vu, il faut être vigilant avec le langage Votre formulation est encore plus correcte, plus strictement logique, elle tient compte d'un ours isolé. Merci de cette "confirmation". L'évolution et le devenir de la connaissance humaine, qui se nourrit d'elle-même au cours du temps est effectivement passionnante. Je la vois comme la version collective de ce que l'on fait au niveau individuel pour la connaissance : essayer, rater, constater, changer, recommencer, etc. Au fil du temps, c'est l'amélioration qui pointe le bout de son nez. La connaissance humaine (parfois source de totalitarisme) est imparfaite mais elle tend vers l'amélioration, je pense. Je suis bien en peine de répondre autrement que comme je l'ai déjà fait. Ma compréhension de l'existence tombe sur cette dichotomie fondamentale : mon corps qui perçoit ce qui existe matériellement, et ma tête qui fait exister ce qui est conceptuel. Si j'essaye de répondre dans ton cadre, alors "oui", le Père Noël existe. Mais il me semble impossible de ne pas adjoindre immédiatement "en tant qu'idée", ce qui est déjà ton deuxième pas ("une autre question : qu'est-ce que c'est ?"). Et si on va par là, comme tu l'as déjà souligné, tout ce dont parlent les humains existe, ne serait-ce qu'en tant qu'idée. A partir du moment où on en parle, c'est qu'on a identifié le sujet dont on va parler, on lui a attribué un nom pour en parler (ou y penser). Il est impossible de penser ou parler de ce qui n'existe pas. De notre point de vue de sujets sensibles et conscients, la non-existence n'existe pas. La nommer "non-existence", c'est déjà la faire exister en tant qu'idée pour en parler.
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Je ne sais pas ... est-ce que Platon n'essayait pas de poser une métaphysique totalisante ? De mon coté, je cherche comment naviguer l'existant de mon point de vue d'humain. Mon corps est matériel, ma pensée est idéelle, je suis les deux ensemble, je dois distinguer ce que mon corps matériel détecte et ce que ma tête idéelle en pense. Ceci afin de jouer l'association des deux et comprendre au mieux ce dont je suis témoin.
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Heu ... Je pense que tu as vu un humain porter un déguisement. Humains et déguisements existent matériellement, preuve par interaction. Leur déguisement fait naitre l'idée du Père Noël dans la tête de celui qui en voit le symbole physique, et l'idée de Père Noël existe à son tour, lorsque l'humain y pense il interagit avec. J'ai pris deux minutes pour y réfléchir et au final, je pense qu'on ne peut que "croire ce qu'on croit" et "voir ce qu'on voit". Tracer un lien automatique entre ce qu'on voit et ce qu'on croit est une erreur source de nombreuses confusions. Mirage, anomalie, défaillance, inculture sont autant de désalignements possibles entre ce qui est vu et ce qui est cru. La distinction matériel/conceptuel aide à éviter cet écueil, ce qui est vu est matériel, ce qui est cru est conceptuel. Donc : "je vois un ours -> je crois qu'il y a des ours ici" : correct, lien direct entre les deux aspects. "Je lis la bible -> je crois qu'il y a un dieu" : incorrect, on ne peut que croire qu'il y a un livre et qu'il parle de dieu.
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Il faut tout de même distinguer ce qui existe en tant qu'idée et ce qui existe en tant qu'objet. Une idée peut n'avoir d'existence que dans la tête d'une seule personne, alors qu'un objet voit son existence confirmée de par son interaction avec plusieurs personnes, c'est déjà une différence de taille. Dans le langage habituel quand on dit "[chose] existe", on sous-entend "en tant qu'objet". Lorsqu'une chose n'existe que sous forme conceptuelle, on précise. Ainsi le Père Noël n'existe pas, mais l'idée culturelle de Père Noël existe.
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Il est possible de concilier les deux visions, tu ne penses pas ? Il y a d'un coté l'univers comme ensemble de phénomènes perçus par l'humain, c'est la réalité matérielle mesurable, celle qu'étudient les sciences et ce "mode" de l'univers est ce qui a un début et une fin. Mais on peut aussi voir l'univers comme l'objet inaccessible à nos sens qui génère les phénomènes que nous percevons, cette source de notre réalité, elle, peut tout à fait être d'une nature qui ignore les notions de début ou de fin. Notre réalité matérielle serait une histoire parmi d'autres possibles dans le réel.
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Après, je ne voudrais pas que mon aversion pour la surveillance globale détourne ton sujet de départ, le sens des mots qui est dévoyé. En dehors de "antisémitisme", il y en a d'autre qui ont évolué contre leur but d'origine en raison de leur étymologie ? De tels mots ne doivent pas être créé spontanément, je suppose qu'il doit y avoir un projet politique pour vouloir créer un nouvel usage d'un mot. C'est en fait tout le vocabulaire fourre-tout qu'on reproche aux politiques : bobos, islamo-gauche, voire pastèque. Tout ce qui permet aux gens de s'adonner librement à la critique sans queue ni tête, ce qui permet de diviser le peuple.
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Alors appelons-là vidéodissuasion ou vidéoretrouveuse. Mais une vidéo ne protège pas, ce n'est pas simpliste, c'est factuel et véridique. Un gardien de but protège son but. Un grand frère protège sa soeur. Un garde du corps protège son client. Ces protecteurs ont tous en commun une capacité de compréhension et une capacité d'action, que la vidéo n'a pas. Ce qui est fourbe c'est que ce système de surveillance de masse ne profite qu'à une minorité de possédants, mais elle se fait au détriment de tout le reste du monde. Et elle est forcée dans l'espace public à coup de slogan "c'est pour votre bien". Mais il n'en est rien, "cet espace est vidéo-protégé" ne signifie pas "vous êtes en sécurité", ça signifie "ne touchez à rien on vous surveille".
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Ca ne m'était pas destiné mais je suis au moins partiellement à l'origine de ce "sarcasme", je voudrais préciser. C'est du point de vue de "l'organisation globale" que les gens doivent faire pour le mieux. Mais une meilleure façon de le dire serait que "l'organisation globale doit être contraignante uniquement sur le rôle des gens et pas sur les gens eux-même". A coté de ça, bien sur que l'empathie est une bonne valeur, bien sur que l'isolement est mauvais. Quand c'est possible il nous faut détecter et pallier ça, mais le constat est partagé que les cas existent, peut-être augmentent.
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C'est vrai, les évènements nous sculptent. Et la relation sociale joue un rôle important. Je pense qu'on a tous vécu plus ou moins intensément ce que tu décris. L'indifférence est un véritable fléau. Je réalise que cette absence d'écoute aux problèmes n'est pas isolée. Elle semble toucher de plus en plus la jeune génération, assez répandue pour que des artistes la chantent. Exemple pas forcément 100% pertinent et un peu daté mais je sens qu'il a sa place ici :
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Pour clarifier mon propos, bien sur je ne sous-entendais pas ce vieux débat entre l'outil et la main qui le tient, je partage pleinement ton avis, la moralité repose dans la main, pas dans l'outil. Ce que je voulais dire, c'est que la vidéo ne protège pas. Et cette formulation l'instille pourtant dans la tête des gens, pour de mauvaises raisons. La vidéo ne protège pas car elle n'a pas de bras ni de compréhension interne de ce qu'elle filme. Elle capte de la lumière. Si une vidéo-protection me filme pendant que je me fait poignarder, elle ne me protègera pas, je mourrais. Mais la formulation n'est pas rejetée d'emblée, car elle fait sens, "quelque part". Un manoir avec caméra sera moins souvent cambriolé qu'un manoir sans caméras. La vidéo assure la sécurité des immeubles, c'est vrai. Mais elle ne protège pas les vivants. Les raisons de cette formulation trompeuse sont mauvaises, il s'agit d'installer des caméras partout et procéder à la surveillance de masse. Formulé ainsi, le projet est dur à vendre alors on invente : vidéo-protection, ça plait aux gens la protection, en tout cas ils ont du mal à dire qu'ils sont contre. "Cet espace est vidéo-protégé", on se croirait dans une fiction. Les meubles cossus seront saufs.
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Merci d'avoir considéré mes élucubrations et répondu si concrètement. Le concret n'est pas un domaine où j'excelle. C'est tout à fait vrai, c'est un évènement concret qui catalyse le gros évènement comme la guerre. Les évènements locaux concrets ont lieu et collectivement ils produisent un effet global, plus abstrait. C'est de ce point de vue abstrait que j'ai rédigé mon message. Abstrait et concret ne s'opposent pas forcément, ils sont deux aspects, deux façons de regarder une même situation, depuis des hauteurs différentes. Je lis et j'apprécie vos écrits dans "Philosophons" (on peut se dire "tu" ?), je ne suis pas calé en histoire mais mon intérêt pour la philosophie m'a amené à réaliser, en gros je crois, que la dialectique est un mécanisme générique à toute existence. Lorsque des choses interagissent de façon interdépendante, elles forment un système au sein duquel les rétroactions font émerger quelque chose d'autre. C'est une structure que j'observe et retrouve conceptuellement dans tout ce qui existe, que ce soit des objets matériels ou des idées abstraites, les "objets" (génériques) qui ont des propriétés communes interagissent et les structures stables font émerger de nouvelles propriétés permettant de nouvelles structures. Les évènements terre à terre dont tu rappelles la primauté sont à un niveau, les effets potentiels que j'évoquais sont au niveau de l'émergence correspondante. C'est pourquoi je parle d'un évènement concret comme la guerre en termes abstraits de contraintes, de rigidité, de structure devenue invivable. J'admets que c'est faire peu de cas des affects liés à l'horreur de la guerre mais je fais effectivement le choix de m'en détourner pour regarder l'image qui émerge de l'ensemble. Un dernier aparté-exemple sur cette posture : nous. Notre corps perçoit et traite une multitude complexe de signaux, c'est l'équivalent des actes humains individuels cumulés, et notre esprit en conçoit une idée unique simple, c'est l'émergence. Certes, ce que j'ai dit est décorrélé de la réalité matérielle mais pas complètement étranger, c'en est une traduction directe, naturelle et universelle. De mon point de vue, "tout est lié" n'est pas un principe mystique mais une structure conceptuelle minimale pour tout ce qui existe. Dans cette optique, l'évolution de notre espèce sociale mène à la fusion comme organisme émergeant, "l'humanité". Sauf si elle ne survit pas au voyage, on peut rater notre émergence, échouer à gérer la complexité nécessaire, se "rigidifier" et disparaitre par inadaptation aux changements, on peut aussi provoquer notre extinction, ou subir un dégât aveugle comme un astéroïde. Mais si nous survivons au voyage, il mène à l'émergence d'un objet unique qui deviendra auto-référent et deviendra contraignant sur ses parties comme la conscience peut contraindre le corps pour certaines fonctions bien qu'elle ne puisse contraindre les cellules directement. "Indubitablement" était peut-être inapproprié, oui. Sachant qu'il signifie "dont on ne peut douter", il est particulièrement mal choisi si on veut faire de la philosophie, domaine où le doute est plus qu'encouragé. Cependant, ce mot traduit bien le niveau de confiance que j'ai dans ce schéma récurrent dont la dialectique est une instance au même titre que la reproduction sexuée. Parler de souhait en revanche est un peu fort. Bien sur je peux me tromper mais j'ai tout de même tenté d'être le plus objectif possible dans mon approche de compréhension. J'ai plusieurs fois remis en question mes différentes compréhensions pour finalement observer cette récurrence de "1+1=3", et les sciences ont eu toute mon attention comme source officielle. Je ne prétend pas être au bout du chemin, mais je pense avoir passé le stade du souhait. Mais pour revenir à ma première phrase, je peux me tromper, c'est le sel de notre condition subjective. Si c'est le cas, ce serait un plaisir d'engager en direct cette dialectique dont je parlais comme structure universelle. D'une part je pense que notre subjectivité est justement ce qui permet au mécanisme de fonctionner par leur mise en relation mais aussi, la meilleure façon d'évaluer ce mécanisme est de l'appliquer à toute situation rencontrée. Par exemple, soyons deux choses qui font quelque chose ensemble. Deux choses différentes de par notre subjectivité et à la faveur de notre point commun, l'intérêt pour la compréhension du monde, échangeons des idées pour faire émerger une compréhension nouvelle. C'est le retour au concret aux actes humains, à l'équivalent des signaux électro-chimiques dans le corps. Je ne pense pas que l'émergence prenne la forme d'un gouvernement, dans le corps les cellules n'ont pas souhaité ni construit la conscience. Je pense que pour nous, ce qui s'en rapproche le plus est ce qui reste invariant quand on superpose l'ensemble des traités internationaux, des constitutions, des habitudes inconscientes partagées, avec les modes comme dynamique. Et cette "couche" informationnelle se base sur celle plus concrète de la démographie, des contraintes physiques, etc. C'est un des trucs qui pourrait m'inquiéter, cette émergence, nous ne la connaitrons pas plus que les cellules de notre corps nous connaissent. Elle sera ce qui est s'est révélé pertinent, fonctionnel et stable par l'usage collectif, ce qui participe à la persistance au cours des changements, ce que nous feront collectivement et qui nous semblera mieux de faire. Des humains initiateurs de projets comme "arrêter la guerre" sont peut-être des symptômes qu'elle est déjà naissante. Je le comprend, et l'accepte. Merci pour ce rappel.
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Cela me rappelle les sujets posté par @L'illuminée il y a un thème commun. D'ailleurs, je me demande comment évolue son projet de traité international. Le post ici présent souffre du même manque de recul selon moi : il suppose qu'il y a un gars quelque part qui se dit "je vais faire la guerre". C'est un biais naturel de résumer une situation complexe en une alternative simple. En réalité, les humains font tous ce qui leur semble être le mieux selon eux. La multitude des actions conjointes de tous les humains, plus ou moins bienveillantes ou égoïstes, plus ou moins intelligentes ou bestiales, se résolvent en une situation globale unique pour tout le monde. Quand la situation est trop tendue pour continuer, une guerre éclate localement. Le fait est que : on a décidé (et c'est bien) que l'humain avait des droits. Mais du coup, les humains font ce qu'ils veulent et personne ne peut les contraindre. Le vrai problème n'est pas "est-ce que le mal c'est mal ?" ce serait plutôt "comment harmoniser la notion de bien pour tous les humains ?". Ma solution, pour ce qu'elle vaut : il est impossible (et malsain) d'harmoniser toutes les cultures et toutes les sensibilités autour d'une seule morale, les humains sont différents et c'est très bien. Par contre, tous les humains ont en commun d'avoir un corps humain et donc des fonctions et des besoins corporels identiques. On peut harmoniser à échelle planétaire nourriture, logement et abri sans conséquences néfastes. Et sur ce terreau bienfaisant, les conditions devraient moins se dégrader pour évoluer vers une guerre ici ou là. Les guerres ne sont pas une injustice méchante qui sort de nulle part, c'est le symptôme qu'un système est devenu trop rigide, trop contraint, jusqu'à devenir invivable tel quel. D'un point de vue conceptuel, la guerre est le moyen de détruire des contraintes devenues trop nombreuses et contradictoires (et cet état de fait est la conséquence directe de l'exercice des libertés individuelles). D'un point de vue anatomique, la guerre est le signal de douleur de "l'organisme-humanité" et indique à quel endroit l'humanité doit concentrer son attention pour se soigner et guérir. Mais nous ne sommes pas encore "une" humanité, nous sommes encore divisés en structures politiques, géographiques, culturelles. Nous n'avons pas encore choisi de faire bloc comme un seul individu, pour tous les peuples représentants l'humanité sur Terre. En revanche, notre fonctionnement sur-organisé tend indubitablement vers cette fusion sociale, l'évolution nous mène vers une solidarité inconditionnelle. Si nous ne nous sommes pas auto-détruits avant, car c'est toujours une option possible.
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D'accord. Je ne connais pas bien les nombreuses spécificités du confit Israël-Palestine mais oui ce que tu dis fait sens. D'ailleurs, les néologismes de la "langue de bois", tombent un peu tous dans le sujet que tu dénonces. "vidéo-protection" est moins impactant que totalitarisme ou fascisme, mais c'est la volonté d'instiller une saloperie au nom d'un idéal de vertu, par un langage abusif. "Frappe chirurgicale" ou "guerre propre" sont du même tonneau, faire passer une saleté pour quelque chose de bien.
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Je ne comprend pas très bien. Est-ce à dire que des mots sont inventés pour dénoncer une chose mais qu'ils sont ensuite dévoyés par des gens qui utilisent l'étymologie pour modifier leur sens premier ? J'étais habitué au schéma inverse, les mots ont un sens premier, raison de leur création, et le sens évolue au cours du temps. C'est l'étymologie qui permet de retrouver le sens d'origine et la raison du mot (comme tu l'as fait pour "bureau" et je te remercie de cet apport à ma culture). Concernant "fascisme", l'étymologie indique justement que ce mot vient de fascio (faisceau). Alors ces faisceaux sont des emblèmes issus de l'empire romain, mais personnellement, ça m'a toujours aidé à voir le fascisme comme "un seul faisceau d'idée", une seule personne qui décide de ce qui est moralement bien ou mal de façon rigide et l'impose à tout le monde par la force.
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Voilà la contradiction : ce sont des gens qui occupent des rôles. Du point de vue du rôle, de la fonction, l'erreur comme l'inaction ne sont pas pardonnables. En revanche, du point de vue de la personne, on peut comprendre que sa vie privée module ses choix. Seulement voila, être professionnel c'est accomplir son rôle sans laisser sa personnalité se mettre en travers. On ne peut tolérer que la fainéantise de l'un empêche l'acheminement de denrées, ni que l'incompétence de l'autre fasse capoter une construction qui implique du monde. Quand on prend un rôle, c'est pour l'assurer. Alors oui, les explications humaines existent quant au manquement professionnel, sont-elles acceptables ? Moi je vois qu'un contrat est signé et qu'un résultat est attendu en échange d'un salaire. Si le salaire est versé à la personne mais que le résultat n'est pas fourni par son rôle, il y a un problème, il faut surement attribuer le rôle à une autre personne. C'est proportionnel à la responsabilité du rôle. Qu'un balayeur ne balaye pas une rue n'a que peu de conséquences, mais qu'un président décide de ne pas agir dans l’intérêt du peuple est grave et condamnable. On ne demande pas aux gens de n'avoir aucun défaut, mais on demande que leurs défauts n'aillent pas à l'encontre de leurs responsabilités.
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C'est une tension entre le vécu sensoriel, une sonorité que tu aimes, et l'interprétation idéelle, un comportement jugé socialement. Tout est question d'interaction. Si écouter la chanson te fait plaisir, écoutes-là, si entendre cette voix est devenu répulsif intellectuellement, ignore cet artiste. Normalement, l'un des deux s'exprime plus fort dans ton ressenti. Le monde est dynamique, une information qui te touche personnellement a été actualisée, à toi de fusionner cette nouveauté dans tes paradigmes. Le temps façonnera tes nouvelles routines conformément à ton arbitrage, même inconscient, de la situation. Et puis, la vie et l'existence ont un goût doux-amer. Les situations réelles ont toujours du mauvais qui gêne le bon mais aussi des raisons d'espérer quand tout va mal, c'est toujours un mélange bon/mauvais. Ca ne m'est pas arrivé "négativement" mais j'ai constaté une fois après visionnage d'un film que ma main avait bougé seule pour relancer un deuxième visionnage. J'étais bouleversé par l'émotion du film, je n'ai "repris conscience" de moi-même et de mes gestes qu'après coup en me disant "attend, je le regarde une deuxième fois, là ?".
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le tout vaut plus que la somme des parties,
ashaku a répondu à un(e) sujet de ChristianB dans Philosophie
Et bien ... c'est un sujet complexe (l'étude des systèmes complexes) et je ne peux affirmer de choses finales à mon niveau. Mais à la façon dont je le vois, on peut commencer par abandonner la notion de point ainsi que celle d'origine. La dynamique vient de "choses qui font ensemble", comme les individus dans un écosystème, les marchés pour l'économie ou les employés dans une entreprise. Il n'y a pas un point plus existentiel que les autres, juste un fonctionnement conjoint de plusieurs parties dans un tout. D'ailleurs, le renouvellement total des parties tout en conservant l'identité du tout est l'une des caractéristiques d'un système viable. "L'origine" est aussi un sujet à débunker. Si dans un processus linéaire il y a bien un point d'origine et une destination, un système complexe fait sans cesse émerger de nouveaux objets, de nouveaux processus, qui forment des nouveaux systèmes qui font émerger à leur tour ... etc, sur un nombre de couches qui tend vers l'infini. La notion d'origine consiste à étudier la couche précédente, le système qui a créé le système qu'on veut comprendre. C'est-à-dire que pour comprendre une table, on se demande ce qu'il y avait avant la table, ce qui a créé la première table. Si on veut comprendre la gravité, il faut se demander à quoi ressemble l'existence sans gravité, c'est le système qui a fait émerger ce concept. Si on veut comprendre l'espace-temps ... Et cette logique peut se poursuivre assez longtemps, tels les physiciens qui rejouent à l'envers les équations qui décrivent l'univers pour connaître le Big Bang (et découvrir que toutes les forces s'effondrent en un plasma inqualifiable ou une singularité conceptuelle), on peut philosophiquement supprimer les concepts de l'existence un par un pour remonter à la source. Au bout du bout, on tombe sur une absence totale de sens, il n'y a plus de différences à distinguer, plus de relations dont on peut étudier les émergences. Les chimères qui résident éventuellement là sont incompatibles avec les limites de la compréhension humaine (bâtie sur des systèmes qui ont émergé plus tard : organisme, nerfs, cerveau, conscience).
