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La preuve par 8

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Kégéruniku 8

Colibri

Délicat funambule aux ailes bariolées
Qui virevolte d’un pas semblant tout fait d’air,
Tu distilles ta grâce dans un rire amusé,
Insouciant onirisme à la gloire éphémère.

Généreux donateur aux mille et une couleurs
Qui offre aux fleurs leurs parures printanières ;
Tu fais du monde un tableau dénué de noirceur,
D’un éclat que même les cieux révèrent.

Danseur frénétique à l’incomparable splendeur,
Tu fais plus que ta part pour que luise l’univers.
Quand d’autres s’enlisent dans leur profonde torpeur
Tu meurs pour que naisse le monde dont ils rêvèrent.


Glorieux héritage que tu nous as laissé,
Qui enjôle les uns et qui les autres fédère ;
Fruit d’un petit peintre pour sa taille moqué
Dont la grandeur d’âme ferait pâlir Jupiter.

Kégéruniku 8

Moi ,  je sortais de boîte
Toi tu voulais qu’on te déboite.
L’estomac dans la chatte,
Putain, t’as faim comme un croate.
Je suis venu te parler
En état d’ébriété.
Allons dans ma propriété,
Parait que le bonheur y était.
Alors direction la voiture
Et moi je défais ma ceinture;
C’est pour ta sécurité,
Comme ça tu pourras t’accrocher.
Arrivés dans mon studio,
J’enlève le bas, t’enlèves le haut.
Putain ce que tu as l’air studieuse
Quand c’est ma bite que t’as sous les yeuz’.
Et direct je choppe tes eins’
Comme monseigneur je te les pince.
Pour toute la nuit je serai ton prince;
Tu peux mouiller, c’est moi qui rince.
Mais pour l’instant mets toi à genoux,
Je te caresserai le cou.
J’ai des capotes au saindoux
Parce qu’il en faut pour tous les goûts.
Et j’enlève mes chaussettes
Parce qu’avec je te ferai des couettes.
C’est plus pratique pour la levrette.
Je fais pas l’amour sans prise de tête.
Et je passe du coccyx à l’aine,
Missionnaire pour les vilaines,
J’aime ton côté rétro,
Je t’en parlerai dans le dos.
Et je m’enfonce si tu te penches,
Quand tu fais basculer mon manche,
Je me raccroche à  tes hanches,
Je te monte à cru comme un comanche.
Si tu t’étires, je me retire,
Je me retourne, je te retrouve.
Je suis Rome antique comme un satyre
Qui voudrait téter la louve.
Tu prends le dessus quand on coulisse,
Toi qui voulait monter sur scène.
Je jette une pièce sur ton pubis
Comme si t’étais une femme fontaine.
Tu veux trois vœux, astiques ma lampe!
En premier lieu, je crache du champ’.
Pour les deux autres reviens mon cœur;
Mauvais génie mais bon dealeur.
En attendant faisons une trêve,
Y a trop d’amour pour mes petits rêves.
Comme un toxico qui se sèvre
J’ai le cœur au bord des lèvres.

Kégéruniku 8

L'amer est vague,
L'essieu fendu;
Quand tu divagues
Je discontinue.
D'un tir d'elle,
Soudain je fuis
Du sang, du sel;
S'écoule ma vie.

L'âme lourde je vogue,
le ciel s'enrage;
Dans ma pirogue
Éclate l'orage.
D'un tir d'ailes,
Ce que je tus
Revins de plus belle.
Je suis, perdu.

Quand tous les horizons
Sonnent;
Comme au diapason.
C'est loin de ta voix qui
Résonne;
Que les oiseaux vont.

La mer en tête,
L'amour en plus.
La houle s'arrête
La terre en vue.
D'un tir d'ailes,
Les marées noires
Se font la belle
De ma mémoire.

La mire au loin
Vers l'avenir,
Ce sont tes mains
Qui me font venir.
D'un tir de toi,
J'ai été pris,
Embarque moi
Dans ton abri.

Quand tous les horizons
Sonnent;
Comme au diapason.
C'est vers ta voix qui
Résonne;
Que les oiseaux vont.

Kégéruniku 8

Je suis comme l’eau, je m’adapte parfaitement à mon environnement. Un putain de caméléon, je peux aller partout, parce que je ne viens de nulle part. Je me conforme idéalement aux principes et aux valeurs qu’on me propose. Peu importe le contenant, il me sied toujours parfaitement.

Je suis comme l’eau, tout ce qu’on voit en moi c’est un reflet, plus ou moins précis, de ce qui me fait face. Je me contente de réfléchir, sans penser. Comme une éponge, j’absorbe et je recrache sans rien vraiment changer. Un miroir ruisselant seulement perturbé par quelques ondes afin de singer un semblant de vie.

Je suis comme l’eau, calme et même docile. Fluide et paisible. Imperturbable comme ces lacs à la surface placide, résigné comme ces gouttes vouées à s’écraser. Je ne créé rien et me contente d’engendrer. Réagir aux mouvements qu’on m’impose avec la palette dont je dispose.

Je suis comme l’eau, qui ne dit rien tandis qu’elle croit et accumule toujours plus de force et de rage, jusqu’à ce que l’afflux incontrôlé devienne trop important pour le contenant qui lui ne bouge pas. Le plus souvent, je déborde simplement, et puis ça passe. Comme une simple brise. Faisons comme si rien ne s’était passé.

Je suis comme l’eau, et il est des fois où l’on entend rugir la tempête. Le clair ruisseau devient torrent implacable. Les vagues engloutissent et emportent tout sur leur passage, l’âme de fond refait surface pour tout envoyer valser. Je cogne, je roque, je me débats et tangue jusqu’à la chavire. Les grandes eaux ne laissent rien sur leur passage, ni remord ni culpabilité. Je suis innocent comme l’eau, jamais à la source du problème, mais méfiez vous des intempéries.

Kégéruniku 8

 

La rage coule dans les veines quand c'est des yeux que s'écoule la peine. A en croire que ces sentiments sont liquides. Mais, ce n'est qu'après avoir fondue en larmes que la peine se change en flots. Autrement dit, il faut être solide pour être blessé.
En effet, si la fuite du couard lui permet d'échapper aux différents assauts de la vie, c'est bien qu'il faille donner l'opportunité aux autres de nous atteindre pour être touché. Ce serait donc de la confiance en l'autre que viendrait la peine.
Puisque l'enfer c'est l'autre et que tout commence par la chaleur, un cœur froid et même glacial ne connait pas la peine, cependant, en accueillant la chaleur en son sein, il commence à fondre. Et là, le solide rocher se change en un violent remous balayant sur son passage tout ce qui se dresse, dans une ascension folle; et lorsque l'être est submergé par la peine, le cœur déborde en se changeant en chaudes larmes.
Une fois les torrents de tristesses taris, la chaleur continue de se propager. Elle fait alors bouillir le cœur désormais liquide, et la marée enfin douce devient une écume blanchâtre de rage.
La pompe s'emballe à nouveau et on entend la colère frapper contre la poitrine comme l'océan contre la terre. Mais après coup, le ressac se fait plus violent et la haine folle se déverse allègrement tandis que la rage se déploie dans le réseau de veines comme dans un bain de sang. Et pendant qu'il fulmine, l'être se voit enfin soulagé par la chaleur. Celle-ci se propageant tant et si bien que la colère finit par s'évaporer dans une dernière petite fumée frivole, comme un ultime souffle de vie.

Et voilà que l'être est néant. Après une telle sublimation, la solidité qui était sienne s'est évaporée, ne laissant plus que quelques traces de ce qu'il était. Mais ce vide lui apporte au moins une certaine stabilité dans l'inexistence. Et cette disparition du moi lui offre, si ce n'est le bonheur, au moins le calme.
La paix intérieure ne vient que lorsque l'on fait le vide en soit, d'après certains dires.

Mais ce n'est pas le calme qui apporte le calme, au contraire. Ce sont les guerres intestines, les exécutions réciproques et les exterminations totales.
Tout doit disparaître!
Et là, le calme règnera loin de l'enfer des autres.

Mais, puisque le paradis est intérieur, commencez par vous vider vous-même et laissez donc les autres se consumer comme ils veulent, après tout, charité bien ordonnée commence par soi-même.

 

 

« L'égoïsme n'est pas vivre comme on le désire, mais demander aux autres de vivre comme on veut qu'ils vivent »

Oscar Wilde

 

Kégéruniku 8

Homomachie

Sa mâchoire serrée, c’est sa rage qui l’engendrait. Sa fureur désespérée, c’est son impuissance qui l’animait. Sa folie démesurée,c’est la déréliction qui l’exacerbait.

Seul au cœur du dédale, celui qui n’était pas vraiment homme mais qui avait toutefois quitté son statut d’animal errait dans les méandres tortueux d’un lieu oublié, en quête de carnage à perpétrer, de faim à apaiser, de liberté à retrouver…

Autrefois taureau d’albâtre, révéré pour sa robe pure et la rareté de sa race,il rêvait de choses simples, de champs fleuris, de vastes étendues herbeuses,et parfois même d’une ou deux femelles en chaleur.

Mais les songes sont ainsi faits, fourbes et menteurs, et plutôt que les prés verts et goûteux, c’est le sable de l’arène qui lui était destiné. Son corps noueux et guerrier, ses cornes comme semblant faites d’or et d’ivoire, sa robe immaculée, tout en lui donnait l’impression de faire face au Zeus qui jadis enleva Europe, et n’importe quel torero eut rêvé de combattre et d’abattre un animal si sacré.

C’est ainsi qu’à la fleur de l’âge, qu’au meilleur de sa forme, la bête dut quitter ses doux pâturages pour rejoindre ce qui devait devenir son dernier refuge.

C’est là, la causalité qui devait mener à la plus étrange des évolutions, de celles que Darwin ne pourrait expliquer aussi sûrement qu’Ovide.

Après que le temps eut passé, que les jeux furent annoncés, les tickets vendus,les places remplies ; après que la bête eut été préparée, ses cornes limées, sa chair meurtrie, son esprit anesthésié ; après la mise à mort de quelques autres bêtes sous les yeux complices des spectateurs, on mena l’animal jusque son box, dernier arrêt avant la mort, en attendant que dehors le prologue se joue puis que le silence se fasse.

Et durant ce silence où tous les regards convergeaient vers l’homme à l’habit sang et or, ce fut la métamorphose. Du sculptural taureau blanc ne restait qu’un ersatz à la bouche déformée par la rage, splendide monstruosité à cheval entre la parodie humaine et la caricature bovine.

Puis, après le silence, lorsque on libéra la bête pour que le combat tant attendu commence enfin, ce fut un brouhaha aussi difforme que la créature qui accueillit son arrivée.

Le torero qui voulait défier Zeus fuyait face au minotaure, et la foule toute entière n’était plus que mortelle débandade en quête d’un réveil qui pourrait arrêter le cauchemar.

Le mythique animal chargeait tous ceux qui avaient le malheur d’entrer dans son champ de vision, encornant les uns, piétinant les autres, il répandait la mort comme d’autres l’avaient administrée aux siens avant lui, à ceci près qu’il se montrait terriblement plus direct, miséricordieusement plus efficace.

A un détail près, l’ironie de la scène en aurait fait probablement rire quelques uns. Mais un détail dépassant allègrement le quintal ne fait jamais rire personne. Et puis, accablés par la terreur et l’effroi, pas un spectateur n’eut l’idée de rire, pas même les plus légers. Ils se contentaient de courir,s’écrasant les uns les autres, stupides bestiaux affolés, espérant fuir ainsi le massacre.

Après seulement quelques folles dizaines de minutes, l’arène évacuée n’accueillait déjà plus que la bête et les morts qu’elle avait engendrés. Au dehors, on se pressait d’emmurer le bâtiment jusque à ce qu’il n’en reste plus qu’un énorme bloc de béton, pour que la pierre, à la façon d’un attrape-rêve,capture le mauvais songe dont ils avaient été témoins.

Au-dedans, l’homme-bête ruait à travers le sable, rageusement, désespérément,jusque à l’épuisement…

Tout ce qui brûle doit un jour devenir cendres. C’est ainsi que la rage du prisonnier se désagrégeait, consumant avec elle toute la combativité du monstrueux gladiateur.

Allongé dans l’arène, impuissant, soumis, il balayait le sable de ses immondes naseaux, pour que s’envole avec lui les cendres de feu son esprit.

A chaque fraction de temps son grain de sable, à chaque battement de cœur sa décrépitude, à chaque souffle rendu l’impression que ce devait être le dernier.

Plus la rage se dissipait, plus la bête entrait en osmose avec son habitat,devenant aussi vide et sombre que l’arène oubliée. Plus la rage se dissipait,plus l’incapacité à entreprendre quoique ce fut le gagnait. Troquant, à force de désespoir, la fulgurance de la vie pour la torpeur de la mort. S’éteignant comme le ferait une bougie cloîtrée sous une cloche de verre. Dépérissant dans un silence assassin, dans une solitude meurtrière, loin des acclamations soutenues d’un public dont les cris ne peuvent plus que hanter les lieux.

Destiné à périr dans l’arène, c’est dans le sable devenu froid de celle-ci quel’insolite rendit l’âme.

Kégéruniku 8

Des équilibres

Entre deux poids balance, qui du secret connait la teneur.

Poussé par la volonté de lumière, pareil à un insecte ou un Icare, qui se rêve prophète annonçant l'apocalypse ne souhaite rien d'autre que la révélation. Pour que son oeil jouisse milles honneurs, il déshabille et son âme et son coeur, se dénudant pour mieux dévoiler les siens, les exhibant pour mieux se faire voir. Puisqu'avide d'or et de lumière, sans pudeur il chasse la brume qui menace son existence. Parce qu'il n'est rien sans public pour le voir, inconsistant sans pupille pour le mirer, insignifiant s'il n'y a personne pour l'admirer. Et comme l'oreille qui se voudrait bouche, il n'écoute que pour être écouté. Dérobant l'intime pour mieux le répéter, s'appropriant l'histoire pour d'avantage en profiter. Détruisant le secret pour se construire sur ses décombres.

Enivrés par la cour gloutonne qui les exhorte à ne rien cacher, il est des confidents qui cessent d'être dans l'espoir d'exister.

Happé par la nécessaire pénombre, pareil à la proie qui face au prédateur véloce et puissant ne survit qu'en se terrant, qui se veut cercueil d'un secret creuse sa tombe. Pour flatter son orgueil, celui qui se rêve gardien intransigeant se voile d'ombre et d'austérité, revêtant l'attitude interdite et caustique du coffre qui renferme d'occultes trésors. Dans un subtil jeu d'ombres et de lumière, il se cache et s'opacifie dans l'optique de mettre en valeur son invisible grandeur, pour que d'abîmes en abysses elle brille par son absence. Craignant que le temps ne rende ses défenses diaphanes et laisse ainsi ses mystères à la vue de tous, il s'emmure dans le silence et se cloître dans l'obscurité. Fermé au monde, ne vivant plus que par songes dans lesquels sa valeur qu'il s'évertue à masquer est reconnue et appréciée.

Prisonniers des geôles par lesquelles ils se veulent bâtir, il est des confidents qui cessent d'être dans l'espoir d'exister.

Kégéruniku 8

Chante l'oiseau! Dans sa cage de graisse et d'os, enjôlé par les mirages d'un ciel ouvert et bleu, à portée d'aile puisqu' à portée d'yeux, où s'éthernisent les songes heureux du peintre qui a brûlé ses toiles.

Pleure l'oiseau! Dans sa cage de graisse et d'os, abîmé par ses rêves d'un monde infini, aveuglé puisque ébloui, par ce songe qui brûle les lèvres et les ailes du sculpteur amoureux qui veut insuffler la vie.

Meurt l'oiseau! Dans sa cage de graisse et d'os, implorant de cette voix maigre qui prononce les derniers mots: "Larme au poing, l'alarme à l'oeil, dérobez-vous, ouvrez la cage, fendez l'essieu, quittez la boue, passez le seuil, envolez-moi..."

Un dernier souffle et l'air qui siffle: "pas de cercueil pour l'au-delà."

Kégéruniku 8

Loverdose

Ce qui me tue c'est la joie. Sa logique, ses idées, sa façon de faire. Si les filles de joie sont des salopes, je ne sais plus quoi penser de la mère.

Insuportable trainée qui se donne, sans faire payer, au premier des abrutis. Mais qui va se refuser, ou du moins se faire prier, pour quiconque à de l'esprit.

Je veux bien comprendre, qu'étant plus simples à divertir, elle choisisse les imbéciles, pour n'avoir que moins d'efforts à fournir, parce que se donner de la peine est une chose que la joie ne peut comprendre. Mais tout de même, j'ai du mal à imaginer qu'on puisse à ce point préférer la facilité qu'on en finisse par se donner en premier lieu aux imbéciles heureux.

Et voilà qu'en conséquence, je me retrouve contraint à m'abandonner dans les bras d'une autre, parce que la joie n'éprouvant qu'indifférance me laisse et se donne aux bêtement satisfaits et à la boue dans laquelle ils se vautrent.

Alors, ce n'est pas si beau l'amour, quand c'est un souffle sans inspiration qui vous réchauffe l'oreille, quand c'est une caresse désespérée qui vous force à la compassion perverse, quand c'est sans joie qu'il nous faut le faire. Parce que l'amour ce n'est pas la joie et que la joie ne m'aime pas. Pas que je pense bien, mais forcé d'admettre que je suis bien là, j'en conclus que mon esprit me ferme ses bras, à celle là même qui ne m'aime pas.

Et si je baise sans capote, c'est dans l'espoir vénérien d'attraper la bêtise qui m'apportera la joie. Parce que je l'aime cette salope, comme tant d'autres idiots avant moi.