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À propos de ce blog

Une fois défait des mouvements diurnes, juste après l'errance des élucubrations nocturnes, le temps se dérobe et s'en vient le sommeil.
Bonne nuit Kégéruniku

 

Billets dans ce blog

 

Nuit d'adieux

Le futur n’existe pas. Rien n’est éternel. J’ai beau te l’avoir dit mille fois, perdu au milieu de nos rêves, je suis revenu sur mes pas pour faire durer la brève. J’ai pris le temps à rebours, pour que les moments passés deviennent les présents de l’avenir. J’ai détruit notre monde, l’ai démuni de ses atours, l’ai ravagé, dans l’espoir que demain soit à la hauteur. Et tandis que je pensais construire ce qui n’existe pas, je nous privais de ce qui est. J’aurai dû savoir que demain ne peut se fai

Kégéruniku 8

Kégéruniku 8

 

Nuit et brouillard

Allongée, sur le flanc, elle regarde son petit cul s'éloigner pendant qu'elle aspire nonchalamment une volute de tabac de son fume-cigarette en bakélite. La pâle lueur des aubes grisâtres d'hiver, filtrée par les stores, soulignant la stagnation de l'air dans la pièce, confère à la scène une impression semblable à celle de ces mauvais clichés en noir et blanc que l'on retrouve trop souvent chez les photographes médiocres en mal d'inspiration et de génie, pour qui négatif rime avec palliatif.

Kégéruniku 8

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Premières nuits

J'ai 4 ans et demi et je déteste me coucher. Je dors dans une mezzanine alors que je souffre du vertige. De fait, chaque soir, lorsque je regarde l'échelle que je vais devoir escalader pour me coucher, et bien forcément j'appréhende. Et j'ai beau le faire tous les soirs, ça n'empêche que j'ai horreur de ça. J'essaie de trouver comment faire pour repousser le plus possible l'heure du coucher. En parler? Je n'ai rien à dire si ce n'est que je ne veux pas me coucher, et la formule n'est pas des plu

Kégéruniku 8

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Avant la nuit

J'ai 8 ans et mon frère 6 ans. Comme tous les étés, nous sommes au Portugal. La journée est particulièrement radieuse, il fait beau, il fait chaud, alors nous jouons dans la piscine. Enfin, piscine, si l'on veut être précis, il s'agit d'un réservoir, d'un ancien lavoir, et ce qui nous sert de plongeoir n'est rien d'autre que la planche de pierre qui servait à frotter le linge et à l'essorer. Mais plus personne ne s'en sert de cette façon depuis bien longtemps et il est suffisamment grand pour qu

Kégéruniku 8

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Nuit de Walpurgis

Le temps n'a jamais été mon allié, mais en cet instant, il m'est totalement étranger. Je suis plongé dans la confusion comme si mon cerveau se trouvait empaqueté dans du coton imbibé d'alcool. J'écris comme si je ne savais pas le faire... Lorsque j'arrive, je suis plein d'appréhensions, d'âpres tensions, sans prétention. Je sais quel texte je vais dire, je sais comment le dire, j'espère pouvoir le dire. J'ai tant d'enthousiasmes à étouffer que j'arrive avec une heure d'avance, alors que je

Kégéruniku 8

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Nuit d'orage

J'ai 13 ans. Je vis avec ma mère et mes deux frères, 4 et 11 ans. Avec le plus grand, nous dormons dans un cagibi dans lequel ont étés placés des lits superposés. Ça me va, je n'ai jamais aimé dormir et le reste du temps on peut rester dans le salon. À condition, bien sûr, de ne pas faire trop de bruit. Ma mère travaille de nuit, à l'usine. Alors, la journée, elle dort. On joue, en essayant de ne pas faire de bruit. Pour ne pas qu'elle mette des coups de marteau sur la console, comme la dernière

Kégéruniku 8

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Nuit d'attente

Je crois être d'une patience olympienne. Parce que la patience est une façon confortable et laudative de qualifier la passivité. Je peux attendre, sans rien faire, sur des durées infinies, que les choses viennent à moi, parce qu'en tant que personnage principal de mon histoire c'est ainsi que tout devrait fonctionner ; je l'ai vu à la télé. Et pour toute forme d'agacement, il m'arrive tout au plus de signifier par un phrasé lapidaire l'étendue de ma patience. "Regardez moi comme je ne fais rien

Kégéruniku 8

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La dernière nuit du colibri

Les retours sont des adieux et les adieux des retrouvailles. Pour ne pas ruminer la colère stérile qui m'obnubilait, j'errai de ports en porc. Me plongeant à corps retrouvé dans l'exploration, plus gloutonne que méthodique, des intimes eaux tièdes et doucereuses qui bordaient ma dérive. Je collectais ces délicats nectars avec d'autant plus d'enthousiasme que j'avais connu et la diète et la disette. Et je goûtais d'autant plus mon plaisir que j'étais cet iris n'ayant pas vu la rose, à nouvea

Kégéruniku 8

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Nuits de colère

Quel que soit le chemin emprunté, quelle que soit l'issue, parfois il n'y a que la colère. Je me souviens les chaudes nuits passées dans la torpeur la plus profonde et réconfortante, où l'absence se changeait en oxygène faisant de chaque inspiration un souffle béni. Blotti dans l'obscurité silencieuse, je goûtais les plaisirs de l'isolement et de la déréliction, avide de vacuité, comme une chance de s'extraire d'un brouhaha quotidien et continu. Errant paisiblement, libéré de toutes l

Kégéruniku 8

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Divine nuit

Je veux être dieu. Non pas dieu de toutes choses. Je déteste les groupes, les foules, les nombres. Ils sont inconsistants et n’existent probablement que pour me nuire. Et plus encore, je hais leur mécanique, vulgaire et terriblement indiscrète. Rien n’égale la singulière saveur du secret. Non, je veux être un dieu personnel. Partagé, pourquoi pas. Si c’est par une poignée d’adeptes. Et je veux que chaque adoration soit singulière dans son histoire et dans son expression. Je ne veux pas être ce f

Kégéruniku 8

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