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Membre+, Posté(e)
Doïna Membre+ 19 706 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Bonjour,

On connaissait le principe de la médiation quand il s'agissait de concilier des parents divorcés afin que tout se passe au mieux dans la répartition de la garde des enfants, le versement des pensions, etc. et l'on estimait que c'était juste.

On ne s'en plaignait pas non plus en cas de conflits entre voisins ou copropriétaires, car alors le mieux dans de telles situations où les différentes parties sont trop énervées pour trouver un terrain d'entente est qu'un médiateur intervienne pour aider à rétablir un dialogue acceptable en vue de déboucher sur une solution qui arrange tout le monde.

De nos jours cependant, on entend de plus en plus parler de médiation pénale... entre victime d'agression et agresseur ! Ou même : entre harcelé(e) et harceleur.

Est-il logiquement possible de "trouver un terrain d'entente" entre une victime -ne serait-ce que de violences légères, voire morales mais blessantes malgré tout, quand ce n'est pas de harcèlement et de dégradations volontaires- et son agresseur ?!

Quand le procureur n'a que la réponse d'une médiation pénale à donner à une victime, n'est-ce pas une négligence, voire la négation pure et simple de ses droits ?

La médiation pénale, n'est-ce pas un odieux simulacre de procès (surtout quand on sait que les convoqués ne sont même pas contraints de s'y rendre) imaginée pour désengorger les tribunaux et soulager les magistrats d'un trop plein de travail ? Tout cela, bien entendu, au détriment des victimes qui, la plupart du temps, ont besoin de savoir leurs agresseurs condamnés pour ce qu'ils leur ont fait subir, mais vont se voir proposer à la place "un arrangement à l'amiable".

Bon nombre de gens de lois se confortent avec cette idée selon laquelle une victime, pour se reconstruire, doit rencontrer son agresseur afin de lui dire ce qu'elle ressent après l'agression, lui faire entendre sa douleur... Oui, mais, sauf que, dans bien des cas, on envoie la pauvre victime aller confier tout ça à son agresseur sans se soucier de ce qu'elle en pense. Il y a en effet des victimes qui se doutent bien que leur agresseur est assez mauvais et sans scrupule pour se foutre complètement du mal qu'il a pu faire, s'en glorifie même, ne sachant pas exister autrement qu'en humiliant et blessant d'autres personnes.

Le pire, je crois, c'est lorsque, plutôt qu'un médiateur neutre, l'affaire est confiée aux bénévoles d'une association de médiation partisans de la joue gauche. Dans ce cas, c'est la victime qui passe dans le camp des méchants si elle ne veut pas se contenter des excuses d'un agresseur qu'elle connaît trop bien, et qui est en train de rire sous cape.

Personnellement, je connais quelques cas de ces fameuses médiations totalement délirantes : des victimes de saccages inimaginables (depuis leur boîte à lettres jusqu'à leur voiture) de harcèlement moral et de menaces de la part de voyous de la pire engeance qui s'étaient installés dans leur hall d'immeuble pour s'y droguer et embêter les résidents de toutes les façons : tapage nocturne, démonstrations continues d'agressivité, lieux transformés en écuries d'Augias... A la plainte de ces victimes, la réponse du procureur a été : la médiation ! Elles ont été reçues par trois bénévoles d'une association de médiation, qui leur coupaient la parole sans arrêt lorsqu'elles tentaient d'expliquer les faits, ne voulaient rien savoir de leurs préjudices moraux et ne faisaient que plaindre les auteurs, de pauvres malheureux qui leur inspiraient de la pitié (et qui, du reste, n'avaient pas même pris la peine de venir).

Aussi le cas d'une femme agressée en pleine nuit par un voisin sans doute éméché... Il y a eu des témoins, mais au lieu de les entendre on a préféré organiser une médiation afin d'aider cette femme "à trouver une solution à l'amiable avec l'autre partie" ! Motif : ses blessures physiques -quelques bleus- ont été légères. C'est sans compter les blessures morales, cela va de soi, mais quand on n'est pas ministre, faut apprendre à se contenter, hein ?

En ce qui me concerne, je reconnais une justice à deux vitesses dans toute sa splendeur au travers de toutes ces médiations pénales que l'on ose proposer à des victimes de harcèlement ou d'agression, alors qu'une simple chiquenaude à un personnage important vous vaudra la prison bien en amont d'un procès.

Est-ce que vous êtes déjà, vous, passés par la case médiation pénale ? Qu'en pensez-vous ?

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 499 messages
80ans‚ Talon 1,
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Le médiateur auquel j'ai eu affaire était ignorant, incompétent. Il ne savait pas que le tapage, les nuisances sonores , sont interdits de jour comme de nuit. Tapage nocturne, oui; tapage diurne, non. L'avantage de cette procédure, c'est la rapidité, l'économie puisqu'il n'est pas nécessaire de prendre un avocat. Et économique pour la République.

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Membre+, Posté(e)
Doïna Membre+ 19 706 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Médiateur incompétent : voilà une parole qui revient souvent, oui. D'ailleurs, pour devenir médiateur pénal, il faut juste avoir des compétences en droit, c'est-à-dire n'être pas forcément avocat : un juriste ou n'importe quelle autre profession en rapport avec le droit peut faire l'affaire... et même un élu ! Donc chapeau pour l'impartialité !

Le médiateur n'est même pas recruté sur concours, non plus, puisqu'il est habilité par un procureur de la République ou général. Et il est rémunéré à l'acte, même si c'est un bide total ! Même si, dans un cas d'agression, la victime ressort de son bureau complètement démolie de n'avoir pas été écoutée, ni comprise, d'avoir le sentiment d'avoir été moquée par son agresseur et menée en bateau par des gens de loi voulant se débarrasser de son cas dans un but d'économie et de gain de temps. C'est proprement scandaleux.

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