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Loargan Membre+ 9 317 messages
Forumeur alchimiste‚
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Bonjour,

C'est une question que je me pose en écoutant les collégiens, les lycéens... L'éducation en France démoraliserait-elle les élèves ? Les découragerait-elle avec un certain travail de sape, inconscient et maladroit, mais bien réel ? L'école est-elle une usine à fabriquer des défaitistes ?

Voici une liste de ce que j'ai coutume d'entendre chez les jeunes scolarisés :

- Les professeurs grossissent volontiers ce qu'ils reprochent à leurs élèves, avec des expressions de ce niveau : "Vous êtes trop lents", "Vous êtes nuls", "C'est nul", "C'est minable", "Votre travail est minable", "Vous ne foutez JAMAIS rien", etc. Voire pire.

- Les professeurs se désintéressent littéralement de leurs élèves, de leur travail, s'adressant à eux comme à des brutes mal dégrossies, incapables en tout : "T'es nul dans cette matière, mais c'est pas grave", en réponse par exemple au choix d'orientation d'un élève. Et encore : "Oh, mais, c'est pas si mauvais, 5 de moyenne" sur un ton ironique qui met très mal à l'aise. Au lieu de prendre un ton neutre et proposer de rechercher la source d'un blocage en vue d'un soutien scolaire adapté.

- A propos des choix professionnels, justement, les professeurs se permettent des réflexions telles que celles qui suivent :

* "Dans ce métier, il y a beaucoup de concurrences et c'est très très dur de trouver une place. Il vaut mieux que tu choisisses un boulot où tu auras plus de chance d'être embauché(e)." C'est plutôt maladroit de la part d'un prof je pense, considérant que la difficulté de faire sa place concerne tous les secteurs, à quelques exceptions près. Cependant, on ne va pas envoyer en plomberie un élève qui aspire à faire du droit. C'est pourtant presque ce qui se passe actuellement.

* "Ce métier est dur, exige beaucoup d'efforts et les horaires sont chargés". Sous-entendu un élève devrait choisir un métier qui le gonfle, au prétexte de faire le moins d'heures possibles, et encore, pour se tourner les pouces. * "Laisse tomber : ce sera au-dessus de tes capacités". Les professeurs qui osent s'adresser ainsi à un élève savent-ils que la passion est le plus puissant des moteurs ? Je pense notamment à un lycéen qui souhaitait devenir avocat. En l'apprenant, son professeur a fait une moue de dégoût et a cru nécessaire de faire remarquer qu'un avocat devait beaucoup trop donner de sa personne, qu'il finissait toujours très tard ses journées, avant de conseiller au jeune concerné de s'orienter plutôt vers une carrière de professeur. Personnellement, je ne comprendrais jamais cette façon de penser, j'ai tant entendu de gens déclarer qu'ils n'avaient pas l'impression de travailler, parce qu'ils exerçaient la profession qui leur plaisait, quels que soient les efforts et horaires. * "Ce métier est nul", et accessoirement : "Tu devrais plutôt t'orienter vers tel ou tel métier". Après quoi, suit parfois une proposition d'orientation fortement influencée par le sexe et la classe sociale de l'intéressé(e), tant qu'à faire... Des célébrités comme Charlie Chaplin, issues d'une misère noire, rigoleraient à gorge déployée en entendant de telles inepties...

* Et pour finir, "No future" ! C'est la sinistrose aigue, la négation totale de l'avenir : "Demain, vous aurez plus de chance de finir au chômage", "De toute façon, vous finirez dans la rue", "N'allez pas faire vos études aux Etats-Unis, c'est dangereux, ils ont tous droit au port d'arme" (comme si on avait besoin d'y avoir droit pour agresser et tuer son prochain. C'est vrai, le couteau de cuisine ça peut s'acheter partout, et sans permis ! Sans compter que Leroy Merlin vend des haches à des prix très intéressants).

Enfin bref, juste un petit panel de citations relevées dans le quotidien d'élèves... En les analysant on peut se rendre compte à quel point les professeurs se mêlent au-delà de ce qu'ils devraient, amoindrissant et désenchantant leurs élèves à l'envi.En somme, si on les écoute, bientôt on aura une société peuplée de gens qui auront renoncé à apprendre un métier parce que celui de professeur ne leur disait rien...Personnellement, j'ose espérer que tous les profs ne sont pas si graves, néanmoins il suffit parfois d'un seul pour saper le moral et les espoirs de toute une classe.Cela donne matière à s'interroger. L'éducation nationale devrait-elle notamment former les professeurs à ne plus s'ingérer outre mesure dans les choix d'orientation des élèves ? Autrement dit, se résoudre à encourager les élèves à réussir plutôt qu'à les encourager à baisser les bras ?

Modifié par Loargan

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Invité Long Nao
Invité Long Nao Invités 0 message
Posté(e)

Voici une liste de ce que j'ai coutume d'entendre chez les jeunes scolarisés :

Je suis étonné de ne pas t'avoir vu faire la réflexion inverse, étant donné que tu rends ici compte de témoignages : les jeunes scolarisés n'auraient-ils pas tendance à grossir les réflexions faites pas les professeurs ?

Parce que bon, j'ai jadis été aussi un élève, avec toutes mes méthodes pour bien rendre un prof détestable :hehe:

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Loargan Membre+ 9 317 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

C'est sûr, les ados sont des tartarins, on le sait. N'empêche, concernant les choix d'orientation, de mes souvenirs me disent que c'est la vérité.

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Splanchnopleure Membre 288 messages
Forumeur activiste‚ 22ans
Posté(e)

Je faisais la maligne au collège et me victimisais ainsi, mais dès que j'ai su respecter le travail des profs c'est à dire faire le minimum et arrêter de montrer un désintérêt absolu (c'était la transition, APRES je suis devenue l'élève modèle laugh.gif) et j'ai réalisé à quel point on exagère...

Certains professeurs "cassent", évidemment, mais la plupart du temps il suffit d'aller leur parler pour réaliser qu'il n'y avait aucune méchanceté et qu'ils "ne nous veulent que du bien"

Quant à ceux qui découragent les élèves, c'est vrai que ça arrive.

Mais c'est très difficile, par exemple, une amie en médecine avec moi a abandonné, ses profs lui ont dit qu'elle avait les capacités, ce n'était pas le cas, et la voilà découragée, encore moins confiante...

Donc comment savoir s'il faut pousser un élève jusqu'au bout ou prendre le risque de lui faire abandonner une voie dans laquelle il aurait réussi...

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Loargan Membre+ 9 317 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
Donc comment savoir s'il faut pousser un élève jusqu'au bout ou prendre le risque de lui faire abandonner une voie dans laquelle il aurait réussi...
Mon avis concernant les choix d'orientation est qu'un prof ne doit rien dire, parce que c'est le travail du conseiller d'orientation de dire "Quand tu te seras engagé dans telle voie, tu devras plancher sur telle matière, etc.". Un prof n'a pas à décider à la place de l'élève, de toute façon. C'est l'avenir de l'élève, pas celui du prof dans l'affaire.

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
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À leur décharge, je me demande si les professeurs sont correctement accompagnés dans leur formation. On fait un peu comme s'ils avaient la pédagogie et la psychologie "dans le sang" alors que c'est complexe.

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Invité Long Nao
Invité Long Nao Invités 0 message
Posté(e)

Disons que nous ne connaissons pas tous les métiers, ou en tout cas pas aussi bien qu'on le croit nous même. Le coup de la "rude concurrence", je le sors aussi pour un petit panel de métier, soit parce que j'ai expérimenté la voie en question par moi-même, soit parce que je l'ai simplement entendu dire. Ou alors, je lance carrément un "je n'en sais rien, désolé".

En fait, nous sommes, prof d'éco-gestion excepté, bien plus compétent pour conseiller les élèves sur les filières scolaires (parce que nous sommes tous passés par le supérieur) que sur les centaines de professions qui existent et pour lesquels les élèves, en toute confiance, viennent nous consulter.

Mais est-ce à dire que le CIO est plus capable que nous pour ça ? Eh ben... :D :D :D

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Splanchnopleure Membre 288 messages
Forumeur activiste‚ 22ans
Posté(e)
1391369362[/url]' post='8779271']

Mon avis concernant les choix d'orientation est qu'un prof ne doit rien dire, parce que c'est le travail du conseiller d'orientation de dire "Quand tu te seras engagé dans telle voie, tu devras plancher sur telle matière, etc.". Un prof n'a pas à décider à la place de l'élève, de toute façon. C'est l'avenir de l'élève, pas celui du prof dans l'affaire.

Franchement la conseillère d'éducation de mon lycée ce n'était pas ça...

Et surtout, même si c'est leur travail, ils ne connaissent pas aussi bien l'élève que le professeur, ce dernier voit l'attitude de l'élève tous les jours, peut évaluer sa réflexion, sa motivation, sa rigueur... Le rôle du conseiller est plutôt de donner de conseils "pratiques" comme tu le dis, mais plancher sur quelque chose ne suffit pas à surmonter une difficulté.

Enfin je n'ai pas la solution, je trouve juste qu'il est très difficile de conseiller un élève!

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Virginie31 Membre 823 messages
Forumeur accro‚ 31ans
Posté(e)

Mon avis concernant les choix d'orientation est qu'un prof ne doit rien dire, parce que c'est le travail du conseiller d'orientation de dire "Quand tu te seras engagé dans telle voie, tu devras plancher sur telle matière, etc.". Un prof n'a pas à décider à la place de l'élève, de toute façon. C'est l'avenir de l'élève, pas celui du prof dans l'affaire.

Rien dire en quoi ?

Que le gosse ne doit pas bosser dans telle matière s'il veut s'engager dans telle voie ? Genre, un élève qui veut faire LEA, pas la peine de bosser le Français parce qu'il étudiera l'Anglais ? Échec : il peut avoir une option dans cette matière qui peut lui rapporter des points très utiles.

Je pars du principe qu'il faut bosser toutes les matières, peu importe ce qu'on veut faire. Au collège pour avoir les bases, au lycée parce qu'il y a le bac et après oui, c'est une question d'orientation mais pour ma part - et pour pas mal de mon entourage - je ne suis pas allée voir un conseiller d'orientation - entre nous, je n'en ai jamais rencontré de bon ou de vraiment intéressé par son job - je suis allée voir mes profs pour avoir des avis. Parce qu'il est bien beau le conseiller d'orientation mais il ne sait rien de notre niveau ni de notre façon de travailler. J'ai même envie de dire qu'il est là à titre décoratif pour dire que telle fiche se trouve dans tel fichier.

Et l'école n'est pas décourageante... Ce sont des parents qui sont partisans du " surtout ne pas leur mettre la pression, ça va en faire des dépressifs et des stressés " - remarque que j'ai entendu pas plus tard qu'hier... - qui sont à l'origine de cette idée.

Maintenant, il ne faut surtout pas demander aux élèves d'en faire trop, les pauvres choux, pourquoi savoir écrire correctement alors que même ceux qui se présentent aux municipales font des fautes d'orthographe dans leur programme ? - confère, celui que j'ai reçu la semaine dernière avec pas moins de 5 fautes recto verso, du grand luxe...

Alors non, l'école n'est pas décourageante... Elle laisse même de plus en plus à désirer...

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Noisettes Membre+ 9 589 messages
Un manuscrit dans une main, une boussole dans l'autre‚ 34ans
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Dans mon cas, l'école, et plus particulièrement le lycée, a été une torture pendant cinq ans.

La première chose que j'ai connu au lycée, ce sont des enseignants qui ne s'intéressaient qu'au taux de réussite au bac. Et il s'avère que pour moi, le bac n'est pas une fin en soi et quand j'ai refais ma seconde, je me souviens m'être prise la tête avec ma prof principale parce qu'elle n'arrêtait de nous parler du bac. Et j'ai eu le malheur de lui dire qu'il y avait une vie après le bac, ce qui se nomme "études supérieures" et elle m'a dit que cela n'était pas son problème (j'ai ensuite compris le pourquoi d'un échec important en première année de licence. En plus, cette dame, lors du conseil de juin, a poussé pour que j'aille dans une filière technique parce que...je ne maîtrisais pas l'anglais.

Quand j'ai fais ma première STT, je m'ennuyais tellement en cours que je les séchais par bloc (un comble pour quelqu'un qui n'a jamais séché de cours). Mais mes profs en STT on compris que je n'avais pas ma place dans cette filière et ils m'ont m'envoyer, à la rentrée suivante... en première littéraire (qui était mon choix en seconde).

Après avoir perdu deux ans suite à une mauvaise orientation, il m'a fallut deux année de réadaptation (car en filière technologique, les méthodes de travail sont très différentes qu'en filière générale) et c'est en terminale que j'ai repris du plaisir à aller en cours par les profs ont compris que je suis dans l'incapacité de bosser sous la pression pour un résultat immédiat, mais sur le long terme.

Je me souviens avoir dit à mon prof de philo (qui était aussi mon professeur principal) que je n'aurais pas le bac du premier coup, non seulement cela ne l'a pas surpris, mais il m'a dit que cela n'était pas dramatique car étant inadaptée au système comme je l'étais, mais que j'avais plus de chance de réussir mes études supérieures, d'un point de vue méthodologique, car ma grande culture générale et mon esprit critique, me serait plus utile qu'au lycée.

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Tfleury Membre 4 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

L'école essaye de trouver l'équilibre entre une contrainte suffisamment forte pour que l'élève ne se fasse pas d'illusion sur les difficultés de la vie et du monde du travail et une pédagogie suffisamment douce pour ne pas casser les élèves et leur donné confiance en eux.

Bien sur, on est très très très loin du résultat souhaité...

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