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Sarkozy-Kadhafi

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eklipse Membre 14471 messages
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Sarkozy-Kadhafi: la preuve du financement

PAR FABRICE ARFI, KARL LASKE

Selon un document officiel libyen daté du 10 décembre 2006, le régime Kadhafi a décidé de débloquer une somme de 50 millions d'euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Dans cette note que nous publions, Moussa Koussa, alors chef des services de renseignements extérieurs libyens, autorise le directeur de cabinet de Kadhafi, Béchir Saleh, à entreprendre les versements secrets. M. Koussa évoque dans ce document des réunions préparatoires avec Brice Hortefeux et l'intermédiaire Ziad Takieddine. « Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat », confirme ce dernier à Mediapart.

Le régime de Mouammar Kadhafi a bien décidé de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Mediapart a retrouvé un document officiel libyen qui le prouve. Cette note issue des archives des services secrets a été rédigée il y a plus de cinq ans. L’en-tête et le blason vert de la Jamahiriya préimprimés s’effacent d’ailleurs légèrement. Ce document, avec d’autres, a échappé aux destructions de l’offensive militaire occidentale. D’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité, ont accepté de le communiquer à Mediapart ces tout derniers jours.

La note signée Moussa Koussa.

http://www.mediapart.fr/journal/international/280412/sarkozy-kadhafi-la-preuve-du-financement

Dès 2006, le régime libyen avait choisi « d’appuyer la campagne électorale» de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, et ce pour un « montant de cinquante millions d’euros » : c’est ce qu’indique en toutes lettres cette note datée du 10 décembre 2006, signée par Moussa Koussa, l’ancien chef des services de renseignements extérieurs de la Libye.

Un accord « sur le montant et les modes de versement » aurait été validé quelques mois plus tôt par Brice Hortefeux, alors ministre délégué aux collectivités locales, en présence de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, qui a introduit dès 2005 en Libye les proches du ministre de l’intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même. Le directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bachir Saleh, alors à la tête du Libyan African Portfolio (LAP, soit l'un des fonds d'investissement financier du régime libyen), aurait de son côté été chargé de superviser les paiements.

« Mon client n'était pas présent à la réunion indiquée dans le document, nous a indiqué Me Samia Maktouf, l’avocate de M. Takieddine. En revanche, il pense que ce document est crédible, vu la date et les personnes qui apparaissent dans ce document outre lui-même. »

« Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat, que ces 50 millions d'euros aient été versés ou non, a lui-même commenté M. Takieddine, rencontré par Mediapart vendredi 27 avril. L'enquête sera difficile parce que beaucoup d'intervenants sont morts pendant la guerre en Libye, mais c'est déjà important de rendre public ce document. » Cette réponse de Ziad Takieddine – malgré son hostilité exprimée de multiples fois à notre égard – est celle d’un acteur clé de la lune de miel franco-libyenne, qui a secrètement conseillé Claude Guéant jusqu’à la veille de la guerre, comme en attestent de nombreuses notes publiées par Mediapart.

L’une d’entre elles, rédigée le 6 septembre 2005 par Ziad Takieddine et adressée à Claude Guéant, affirmait ainsi que certains pourparlers franco-libyens devaient « revêtir un caractère secret ». « L’autre avantage : plus d'aise pour évoquer l'autre sujet important, de la manière la plus directe...», précisait le document, mystérieusement.

L’élément nouveau que nous publions aujourd’hui vient désormais confirmer les accusations portées par les principaux dirigeants libyens eux-mêmes peu avant le déclenchement de la guerre sous l'impulsion de la France, en mars 2011. Mouammar Kadhafi, son fils Saïf al-Islam et un ancien chef des services secrets, Abdallah Senoussi, avaient en effet tous trois affirmé publiquement détenir des preuves d'un financement occulte du président français. La découverte de la note de M. Koussa exige désormais que s’engagent des investigations officielles – qu’elles soient judiciaires, policières ou parlementaires – sur cet épisode sombre et occulte des relations franco-libyennes.

La face cachée de l’arrivée de Nicolas Sarkozy sur la scène libyenne, en 2005, puis en 2007, apparaissait déjà en filigrane dans le dossier des ventes d’armes à l’Arabie saoudite et au Pakistan instruit par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, en particulier à travers l’activité de lobbying déployée par M. Takieddine en faveur de l’ancien ministre de l’intérieur auprès de Tripoli. Or l’enquête entre leurs mains vient d’être élargie par un réquisitoire supplétif, le 5 avril dernier, à tous les faits de blanchiment présumés apparus jusqu’à ce jour.

Les investigations visent l’intermédiaire, mais aussi plusieurs proches du chef de l’Etat, Thierry Gaubert, Brice Hortefeux, Nicolas Bazire ou encore plus indirectement Jean-François Copé. Echappée des secrets de la dictature déchue, la note décisive que nous reproduisons ci-dessus – et dont la traduction intégrale est sous l'onglet Prolonger – vient en outre confirmer les propos de l'ancien médecin de M. Takieddine, qui avait suivi alors les déplacements de l'homme d'affaires, notamment en Libye, et avait rapporté des projets de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye.

Selon des connaisseurs du régime libyen à qui nous l'avons soumis, ce document, dont le signataire et le destinataire appartenaient au premier cercle de Kadhafi, est conforme, jusque dans son style, aux habitudes bureaucratiques du régime. Outre celle du calendrier grégorien, la deuxième date qui y figure conforte son authenticité : elle n'est pas celle du calendrier musulman habituel, mais de celui imposé par le dictateur, qui part de l'année du décès du prophète Mahomet, l'an 632.

Un document authentique, selon Ziad Takieddine

Depuis plusieurs mois, nous avons entrepris des recherches pour retrouver des dépositaires d’archives du régime déchu, en rencontrant à Paris et à l’étranger plusieurs représentants de factions libyennes, dont certaines avaient conservé des documents et d’autres s’en étaient emparés, en marge des affrontements armés. Ainsi, Mediapart a publié ici, dès le 10 avril dernier, des documents des services spéciaux libyens demandant des mesures de surveillance d’opposants toubous domiciliés en France.

Le document décisif que nous publions aujourd’hui, sous la signature de Moussa Koussa, a été adressé, le 10 décembre 2006, à un ancien homme clé du régime libyen, Bachir Saleh, surnommé le “caissier de Kadhafi”. Directeur de cabinet du “guide” déchu, M. Saleh était aussi le responsable du Libyan African Portfolio (LAP), le puissant fonds souverain libyen crédité de plus de 40 milliards de dollars. Sous l’ère Kadhafi, le LAP a servi à d’innombrables opérations d’investissement. Certaines avouables (tourisme, pétrole, agriculture, télécommunications…). Et d’autres moins, comme l’ont confirmé plusieurs sources libyennes concordantes. Contacté sur son numéro de téléphone portable français, M. Saleh n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Connu pour avoir été l’un des plus proches collaborateurs de Mouammar Kadhafi et le mentor de deux de ses fils (Motassem et Saïf al-Islam), Moussa Koussa a quant à lui été le patron pendant plus de quinze ans, entre 1994-2011, des services secrets extérieurs libyens (l’équivalent de la DGSE française), avant de devenir le ministre des affaires étrangères de la Libye.

Notons que l’auteur de cette note et son destinataire ont vécu, à l’heure de la chute du régime Kadhafi, des destins similaires. Moussa Koussa vit actuellement au Qatar, sous protection, après avoir fui la Libye en guerre, en mars 2011, ralliant d’abord Londres, puis quelques semaines plus tard Doha. Bachir Saleh, emprisonné brièvement par les rebelles du Conseil national de transition (CNT) avant d’être relâché en août dernier, a été exfiltré et accueilli par les Français. Comme l'a rapporté Le Canard enchaîné, lui et sa famille bénéficient toujours de la protection des autorités françaises qui leur ont accordé un titre de séjour provisoire.

Les deux paragraphes écrits par Moussa Koussa sont sans équivoque sur le sujet explosif abordé. « En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros », peut-on d'abord y lire. Puis M. Koussa affirme transmettre et confirmer « l’accord de principe sur le sujet cité ci-dessus ». Le montant pharaonique promis par les Libyens est à rapprocher des 20 millions d’euros officiellement dépensés par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle de 2007.

Bachir Saleh

L’ancien chef des services secrets extérieurs de Mouammar Kadhafi ajoute dans sa note que l’accord évoqué est formulé « après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi, ndlr) et le président du Fonds libyen des investissements africains (Bachir Saleh, ndlr), et du côté français Monsieur Brice Hortefeux et Monsieur Ziad Takieddine ». Ce serait « au cours » de cette entrevue qu’« un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement ». Le document ne précise cependant pas le lieu de cette réunion, qui s’est tenue un an jour pour jour après une visite de Nicolas Sarkozy en Libye.

Ziad Takieddine, rencontré par Mediapart en présence de ses avocats, vendredi 27 avril, n’a pas contesté l’authenticité du document que nous lui avons présenté, tout en précisant comme Me Samia Maktouf, son avocate, qu’il n’avait pas été présent, le jour indiqué, à cette réunion.

« Je n'ai pas assisté à cette réunion, mais elle a certainement pu avoir lieu, nous a indiqué M. Takieddine. Votre document reflète un accord signé par Moussa Koussa pour soutenir la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, et Brice Hortefeux a été effectivement là-bas à cette date ainsi qu'à d'autres dates, ça, c'est sûr. M. Moussa Koussa et les autres personnes citées étaient effectivement des relais avec la France. »

Selon M. Takieddine, Claude Guéant, l’ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, et « son correspondant en matière de renseignement d'Etat », Bernard Squarcini, étaient parallèlement en lien étroit avec M. Koussa. « Cela se passait nécessairement en secret, vu la sensibilité des relations entre les services de renseignement », précise-t-il, tout en confirmant l’implication, côté libyen, de Béchir Saleh, comme représentant du LAP, et Abdallah Senoussi lui-même « dans les relations de la Libye avec la France ».

« J'ai les éléments et je n'hésiterai pas à les sortir »

Les relevés des voyages de M. Takieddine, dont la justice française détient la copie depuis plusieurs mois, montrent toutefois que l’homme d’affaires était à Tripoli le 9 décembre 2006, soit la veille de la rédaction de la note de Moussa Koussa. Il était également en Libye quelques jours plus tôt, les 20 et 21 novembre.

Dans un entretien accordé le 25 avril à l’hebdomadaire Jeune Afrique, M. Takieddine déclare avoir été informé en mars 2011 par Saif al-Islam Kadhafi de l’existence d’un « versement d’argent » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

« Lors de ma dernière rencontre avec Seif al-Islam que j'ai interrogé, il m'avait bien dit : “J'ai les éléments et je n'hésiterai pas à les sortir”, explique M. Takieddine à Mediapart. En réalité, il ne pensait pas que Nicolas Sarkozy irait jusqu'au bout. On peut penser que c'est pour cette raison que le système a protégé Bachir Saleh (exfiltration et production d'un passeport diplomatique) et qu'ils ont essayé par tous les moyens de tuer Saif al-Islam qui a été à l'origine de ces révélations. Par ailleurs, cela explique l'accueil que Monsieur Claude Guéant m'a réservé dès mon retour de Libye, en m'arrêtant à l'aéroport (ndlr, le 5 mars 2011), car il pouvait penser que j'étais moi-même en possession de ces documents, pour pouvoir les subtiliser. »

Ce n’est pas la première fois que le nom de Brice Hortefeux est associé à l’arrière-plan financier des relations franco-libyennes. Mais le haut responsable de l’UMP, intime de Nicolas Sarkozy, a toujours démenti. « Je n'ai jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh, a déclaré M. Hortefeux à Mediapart, le 27 avril. J'ai déjà rencontré Abdallah Senoussi, qui connaissait beaucoup de monde, mais nous n'avons jamais eu de discussion sur un financement électoral. Je suis allé en Libye une seule fois dans ma vie, en 2005. J'oppose donc un démenti catégorique et vérifiable. »

Comme Mediapart l’avait rapporté (ici), les confessions de l’ancien médecin de M. Takieddine, couchées sur papier le 20 décembre 2006 par le directeur d’une société de renseignements privés suisse, Jean-Charles Brisard, évoquaient déjà le nom de M. Hortefeux dans un schéma de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye en 2007. En des termes plus télégraphiques : « MODALITES FIN CAMPAGNE NS », « FIN LIB 50 ME », « MONTAGE INCLUT SOC BH PAN + BANQUE SUISSE (ND) » et « FIN CAMPAGNE TOTALEMENT REGLE ». Le mémo Brisard avançait aussi le chiffre de 50 millions d’euros affectés à la campagne de M. Sarkozy.

« C'est grotesque », avait réagi Nicolas Sarkozy sur le plateau de TF1, le 12 mars dernier. « S'il (Kadhafi, ndlr) l'avait financée (la campagne, ndlr), je n'aurais pas été très reconnaissant », avait ironisé le président-candidat, en référence à l’intervention militaire française en Libye. Contacté vendredi 27 avril, l'Elysée n'a pas souhaité faire de nouveaux commentaires.

L’actuel ministre de l'intérieur français, Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau, en 2006, a lui-même admis ses contacts répétés avec Moussa Koussa, début 2007, devant la commission d'enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares. La sollicitude de la France vis-à-vis de Bachir Saleh pourrait aujourd’hui trouver son explication par sa connaissance des lourds secrets franco-libyens. Et des circuits financiers qu'il a lui-même supervisés.

Quant à Abdallah Senoussi, également cité dans la note de décembre 2006, comme ayant participé aux réunions préparatoires avec Brice Hortefeux, au sujet du financement de la campagne électorale de 2007, il aurait été arrêté il y a quelques semaines en Mauritanie, mais aucune image n’est venue confirmer une telle affirmation. Il est réclamé par la Libye, mais également par la Cour pénale internationale (CPI), et la France, ayant été condamné par contumace à Paris dans l’affaire de l’attentat contre le DC-10 d’UTA.

Une chose est en revanche certaine : les forces de l’Otan ont bombardé le 19 août 2011, à 5 heures du matin, la maison d’Abdallah Senoussi, située dans le quartier résidentiel de Gharghour, à Tripoli. Un cuisinier indien avait trouvé la mort dans le raid et une école avait été détruite. « C'est un quartier résidentiel. Pourquoi l'Otan bombarde ce site ? Il n'y a pas de militaires ici », avait alors dénoncé un voisin, Faouzia Ali, cité par l’Agence France-Presse.

La réponse se trouve peut-être dans les secrets qui lient M. Senoussi à la France. « C'est le principal témoin de la corruption financière et des accords qui ont impliqué de nombreux dirigeants et pays, dont la France », a affirmé en mars dernier à l'agence Reuters une source « haut placée dans le renseignement arabe ».

suite

http://www.mediapart.fr/journal/international/280412/sarkozy-kadhafi-la-preuve-du-financement

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Invité Long Nao
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S'il n'est pas réélu, ça va chauffer...

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eklipse Membre 14471 messages
Dazzling blue²‚ 48ans
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Libye, l’urgence d’une enquête officielle

28 AVRIL 2012 | PAR FRANÇOIS BONNET

Il faut prendre la mesure exacte de l'enquête que nous publions sur les liens financiers entre le régime Kadhafi et Nicolas Sarkozy .

De quoi s'agit-il ? D'une possible entreprise de corruption massive, par une puissance étrangère, d'un ministre français devenu président de la République et, aujourd'hui, candidat à un second mandat. Disons-le clairement : c'est du jamais vu. Jamais un journal d'information n'a été en mesure de publier un tel document, qui dévoile les coulisses de négociations liées à la politique et aux affaires, et fait ouvertement état de financements politiques illégaux voire d'enrichissements privés.

Il va de soi que nous prenons, à Mediapart, l'exacte mesure de ce que nous publions là. Et plus encore, tant il peut laisser stupéfait le lecteur peu attentif aux affaires du sarkozysme. Nous mesurons pleinement l'impact potentiel de ce document. Il est vertigineux, destructeur, pour ce pouvoir, pour notre système politique. Ainsi donc, un accord est trouvé, dit ce document, entre celui qui fut l'un des pires dictateurs de la planète et celui qui prétendait alors à la présidence de la République française. Soutien à Nicolas Sarkozy pour la campagne présidentielle de 2007 : 50 millions d'euros. En décembre 2006. A moins de six mois de l'élection.

On imagine d'avance la réponse de M. Sarkozy et des siens (à ce stade, l'Elysée que nous avons contacté a refusé de répondre) : une fable, une honte, les fameuses « méthodes fascistes » de Mediapart ! L'acharnement par la calomnie ! Oui, nous connaissons ces réponses. Elles nous furent opposées, il y a presque deux ans, en 2010, lorsque Mediapart révélait ce qui allait devenir l'immense scandale Bettencourt.

Depuis, plusieurs informations judiciaires ont été ouvertes. Des redressements fiscaux de plusieurs dizaines de millions d'euros ont été signifiés à Liliane Bettencourt. Son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, est en prison depuis plus d'un mois, sous le coup de mises en examen multiples. Et Eric Woerth, l'ancien ministre dont Nicolas Sarkozy se portait bruyamment garant en juillet 2010, est sous le coup de deux mises en examen. Aucun des éléments d'enquête de Mediapart ne s'est trouvé, à ce jour, démenti.

Alors cette enquête libyenne ? Son enjeu est différent, tant elle nous fait passer dans une autre dimension. Nous accédons là non plus à l'aide masquée et illégale qu'aurait pu apporter l'une des plus grandes fortunes françaises à un camp politique et à son candidat. Il s'agirait cette fois de la mise en place d'un système à grande échelle de détournements de fonds et de corruption, par un Etat étranger, d'un clan politique.

Chacun aura compris, par ailleurs, qu'au vu du montant cité par ce document, 50 millions d'euros, il ne s'agit plus seulement de soupçons de financement politique (le plafond autorisé des dépenses de campagne pour la présidentielle est de 22 millions d'euros par candidat) mais, peut-être, d'enrichissement privé des protagonistes. Et chacun aura compris qu'une telle affaire est susceptible de bouleverser la version officielle qui nous est proposée des raisons de l'entrée en guerre, il y a un an, en Libye pour faire chuter le régime Kadhafi. Tout comme elle éclaire d'une tout autre lumière ce que fut la visite d'Etat du dictateur Kadhafi en France, en décembre 2007.

suite

http://www.mediapart.fr/journal/france/280412/libye-l-urgence-d-une-enquete-officielle

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Invité David Web
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S'il n'est pas réélu, ça va chauffer...

Et pas qu'un peu... vu tout ce qu'il traine...

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eklipse Membre 14471 messages
Dazzling blue²‚ 48ans
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Ci-dessous, Claude Guéant justifiant cette visite au 20 heures de France-2, le 10 décembre 2007 :

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Crumb Membre 2251 messages
j'assume ... pas toujours‚ 86ans
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Cela m'étonne que des dirigeants néolibéraux se prêtent à ce genre de jeu.

Tout le monde sait que le néolibéralisme est opposé aux enrichissements illicites, à la corruption, aux marchés truqués, à la fausse concurrence, au blanchissement de l'argent et à la dissimulation des informations.

Je n'y crois pas ... bien que!

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eklipse Membre 14471 messages
Dazzling blue²‚ 48ans
Posté(e)
Kadhafi : Face-à-face tendu entre Sarkozy et Anne-Sophie LapixPRÉSIDENTIELLE 2012VIDÉO

"C'est une honte qu'on me pose une question pareille", s'est emporté dimanche Nicolas Sarkozy sur Canal+ au sujet des révélations de Mediapart sur l'éventuel financement de sa campagne de 2007 par Kadhafi.

Le président-candidat Nicolas Sarkozy AFP/Lionel Bonaventure

Une « infamie » et un « montage », c'est ainsi que Nicolas Sarkozy a qualifié dimanche les révélations de Mediapart sur l'éventuel financement de sa campagne de 2007 par Kadhafi lors d'un face à face tendu avec la journaliste Anne-Sophie Lapix dans le cadre de l'émission "Dimanche +" sur Canal+.

« C'est une infamie. Quand je pense qu'il y a des journalistes qui osent donner du crédit au fils Kadhafi et aux services secrets de M. Kadhafi », s'est indigné dimanche le président candidat. « C'est un montage (...) Médiapart est coutumier du mensonge », accuse-t-il en dénonçant une « officine au service de la gauche ». « C'est une honte qu'on me pose une question pareille ».

Interrogé auparavant sur sa main tendue aux électeurs de Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy s'était déjà agacé : « Mais vous, Mme Lapix, pardonnez moi mais je n'ai pas vu le panneau disant aux électeurs du Front national 'ne regardez pas mon émission' (...) et bien moi je suis comme vous ! ». Marine Le Pen, « vous l'avez reçue ? », insiste-t-il. « Quelle est la différence ? ».

"Je n'ai pas de camp. Je suis président!"

« Je ne suis pas responsable politique, réplique la journaliste. Votre camp vous reproche... ». « D'abord je n'ai pas un camp. Je suis président de la République », rétorque Sarkozy. Et puis, « je ne parle pas que d'(immigration) », en meeting, poursuit-il. « Faut que vous veniez avec moi... ». « Vous parlez très peu d'immigration finalement.. », ironise la journaliste. « Parce qu'on a pas le droit d'en parler ? », rétorque Sarkozy « Ce n'est pas ce que je vous dis ». Et le candidat de conclure : « Je ne comprends pas ce que vous dites ».

Interrogé sur les réserves exprimées par l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin à l'égard de cette campagne droitière, Nicolas Sarkozy a par ailleurs balayé la question d'un revers de main: « Jean-Pierre Raffarin était avec moi hier à Clermont-Ferrand (…) Il n'a exprimé aucun réserve et il parlera notamment le 1er mai (lors du meeting à Paris, NDLR). Il est sur la même ligne ».

Retrouvez l'interview de Nicolas Sarkozy sur Canal + :

http://www.francesoir.fr/actualite/politique/kadhafi-face-a-face-tendu-entre-sarkozy-et-anne-sophie-lapix-217693.html

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Invité Long Nao
Invité Long Nao Invités 0 message
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C'est une honte qu'on me pose une question pareille

C'est donc ainsi que Monsieur le Président de la République voit la démocratie et la liberté de la presse, ainsi que leurs applications ???? :hu:

Il est indigne de sa fonction.

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Invité David Web
Invité David Web Invités 0 message
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11h - Fillon qualifie "Mediapart" d'"officine financée par de riches amis" de Hollande

François Fillon a qualifié le site d'information "Mediapart", qui affirme que la Libye a participé au financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, d'"officine financée par de riches amis" de François Hollande.

12h20 - Mediapart est "un journal animé par des journalistes professionnels", répond Plenel à Fillon

Mediapart "n'est pas une officine mais un journal animé par des journalistes professionnels", a répliqué le fondateur du site d'informations Edwy Plenel à des accusations de François Fillon.

"François Fillon est bien mal informé", a ajouté Edwy Plenel, soulignant que les actionnaires majoritaires du site "sont ses journalistes fondateurs qui l'ont financé sur leurs économies".

:D

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Vasily Membre 1455 messages
Forumeur problématique‚
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Merci pour le partage.

Cela m'étonne que des dirigeants néolibéraux se prêtent à ce genre de jeu.

Tout le monde sait que le néolibéralisme est opposé aux enrichissements illicites, à la corruption, aux marchés truqués, à la fausse concurrence, au blanchissement de l'argent et à la dissimulation des informations.

Je n'y crois pas ... bien que!

:smile2::plus:

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eklipse Membre 14471 messages
Dazzling blue²‚ 48ans
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« Diversion » (Nathalie Kosciusko-Morizet), « officine » (François Fillon), « infamie » (Nicolas Sarkozy) : le sarkozysme n’aime décidément pas l’indépendance des médias et le démontre encore une fois par ses réactions à nos nouvelles révélations sur ses secrets libyens.

Comme en 2010 dans l’affaire Bettencourt, le pouvoir en place préfère insulter les journalistes dont les informations le dérangent plutôt que de répondre aux questions légitimes qu’elles posent. Mediapart ne retire rien de ses révélations, aussi légitimes que fiables. Mise au point en forme de rappel des principes démocratiques.

La liberté de l’information fait partie des droits fondamentaux. Ce n’est pas un privilège des journalistes, mais un droit des citoyens : le droit de savoir tout ce qui est d’intérêt public afin de pouvoir se forger son opinion en toute liberté. Depuis la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et son article 19, ce droit fondamental inclut celui « de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations par quelque moyen d’expression que ce soit ». De plus, il suppose le pluralisme des médias, principe dont la valeur constitutionnelle est reconnue, ainsi que l’indépendance des journalistes, garantie par leur statut professionnel.

Les gouvernants des pays démocratiques sont supposés respecter ces principes dont, dans l’idéal, ils devraient être les premiers gardiens et les fidèles serviteurs. S’ils les bafouent, ce ne sont pas les journalistes qu’ils humilient mais la démocratie elle-même qu’ils méprisent. Ce simple rappel suffit à souligner l’absence de culture démocratique dont témoignent les réactions du pouvoir exécutif à nos nouvelles informations sur les secrets libyens de cette présidence finissante. Car accepter la liberté de la presse, c’est répondre aux questions des journalistes, et non pas insulter, discréditer et calomnier les journaux qui les posent.

Est-il besoin de rappeler à MM. Fillon et Sarkozy que Mediapart n’est pas une « officine » mais un journal, reconnu par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) ? Qu’il est animé par des journalistes professionnels, bénéficiant de la carte d’identité attribuée par la profession (CCIJP) ? Que son activité, son bilan et son actionnariat sont publics, détaillés, une fois l’an, par la publication détaillée de ses comptes ? Que des journalistes en sont les principaux actionnaires, l’ayant financé sur leurs économies avec la seule aide de citoyens attachés à la liberté de la presse, et que son équipe de salariés en défend farouchement l’indépendance ? Que les abonnements de ses lecteurs sont sa seule recette et la garantie de sa liberté, Mediapart n’ayant aucun autre revenu, ni publicité ni subvention ?

S’il fallait une énième illustration de l’urgence d’une refondation démocratique de notre vie publique, elle est amplement fournie par ce nouvel épisode des relations tumultueuses de Mediapart, journal indépendant et participatif, avec une présidence de la République qui n’imagine le journalisme que dépendant et enrégimenté. Ce qu’elle ne supporte pas, ce ne sont pas seulement nos informations mais le fait de n’avoir aucune prise pour les entraver ou les étouffer, aucun relais complice, aucun moyen de pression. D’où ces campagnes délirantes, diffamatoires et calomnieuses, qui font semblant d’oublier ce que nous sommes alors même qu’ils sauront sans aucun doute s’en souvenir, demain, si d’aventure ils sont dans l’opposition : un journal libre, rigoureux et professionnel, totalement indépendant des pouvoirs, quels qu’ils soient, au service du seul public et de son légitime droit de savoir.

suite

http://www.mediapart.fr/journal/france/290412/sarkozy-kadhafi-nos-infos-leur-intox

(y'a 4 pages vous les voulez ou pas ??...:D)

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eklipse Membre 14471 messages
Dazzling blue²‚ 48ans
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Depuis la publication de notre article, l’avocat d’un autre protagoniste de cette affaire d’Etat s’est exprimé, Me Pierre Haïk, dont on a ainsi appris à la fois qu’il assurait la défense de Bachir Saleh et que son client résidait bien en France, comme l’avait affirmé Le Canard enchaîné. Car Bachir Saleh, destinataire du document libyen en tant que responsable du fonds d’investissement souverain du régime kadhafiste et surtout l’un des plus proches collaborateurs du dictateur, dont il dirigeait le cabinet, est très recherché, notamment par Interpol selon l’hebdomadaire satirique. Or il n’en bénéficierait pas moins d’un titre de séjour, ainsi que sa famille, et d’une protection policière, accordés par le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, peu connu d’ordinaire pour sa mansuétude à l’égard des délinquants étrangers… :smile2:

Bref, homme clé du régime de Kadhafi, M. Saleh est aujourd’hui protégé par le pouvoir de Sarkozy.

Nous nous attendions donc à son démenti. Diffusée par son avocat et quelque peu tardive, puisque nous l’avions évidemment sollicitée avant la publication de notre enquête, sa réaction ne va pas jusqu’à affirmer que notre document serait un faux. Bachir Saleh s’en tient à un démenti du contenu, associé à des réserves : « Bachir Saleh émet au préalable les plus expresses réserves sur l’authenticité de la note publiée par Mediapart et opportunément présentée comme constituant la preuve d’un financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy.

En toute hypothèse, il affirme n’avoir jamais été le destinataire d’un tel document et dément catégoriquement avoir participé à une réunion le 6 octobre 2006 au cours de laquelle un accord aurait été conclu en vue de déterminer les modalités d’un soutien financier à la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Ces allégations, à visée politicienne, sont dénuées de tout fondement. »

Les journalistes ne sont pas des juges, mais des « chiens de garde » de la démocratie, ainsi que les définit la Cour européenne des droits de l’homme : ils signalent, alertent, lancent des alarmes, mettent sur la table des faits dont la démocratie, ses institutions et ses responsables peuvent se saisir.

Notre enquête réunit des indices graves et concordants d’un financement libyen de Nicolas Sarkozy, sous le règne du colonel Kadhafi : des documents, des témoignages, des dates, des voyages, des rencontres, etc. Dans une démocratie normale, il reviendrait automatiquement et rapidement à des juges indépendants de faire la lumière sur ces faits, avec des moyens que nous n’avons pas, ni techniquement ni légalement.

Le lourd soupçon d’un financement par un Etat étranger d’un chef d’Etat, pour des montants incommensurables correspondant aux dépenses autorisées pour deux campagnes présidentielles, ne peut être balayé par de simples démentis. Encore moins par des calomnies.

Reste le troisième mot de cette contre-attaque, langagière plutôt qu’informative, tant les faits sur lesquels reposent nos enquêtes sont superbement ignorés par le pouvoir présidentiel qu’ils ébranlent : infamie, donc. Infamie, c’est le mot employé par Nicolas Sarkozy dans un entretien télévisé, et ce n’est pas rien, si l’on en croit les dictionnaires : « flétrissure imprimée à l’honneur, à la réputation, soit par la loi, soit par l’opinion publique ; caractère déshonorant, honteux, vil, d’une chose, d’un acte ; action déshonorante, honteuse. » Mais l’infamie ne serait-ce pas plutôt d’avoir pactisé avec un dictateur, d’avoir entretenu des relations affairistes avec son entourage, d’avoir accepté des financements occultes d’un Etat étranger, d’avoir organisé une diplomatie parallèle dont l’argent étant la finalité, d’avoir mené une guerre dont on ne peut plus exclure qu’elle ait eu une dimension préventive de protection d’intérêts privés, etc. ?

Et l’infamie, ne serait-ce pas d’avoir mené ces compromissions et ces corruptions en secret du peuple français alors même qu’on lui désignait l’étranger en bouc émissaire, et surtout l’étranger musulman, arabe, berbère ou maghrébin ? C’est-à-dire l’étranger qui, parmi nous, témoigne de ces peuples que les dictateurs avec lesquels ce pouvoir frayait opprimaient et dépouillaient, les privant de leur liberté et de leur richesse ? Telle est sans doute l’imposture la plus criante que met à nu notre enquête : celle d’un pouvoir compromis avec des dictatures arabes et musulmanes, alors même qu’il faisait de l’islamophobie et de la xénophobie son fonds de commerce au détriment de nos compatriotes de culture ou de foi musulmane.

« C’est celui qui dit qui y est », ont coutume de dire les enfants dans leurs jeux plus vrais que les simagrées adultes. Ce qui revient à rappeler que l’injure insulte d’abord son auteur. Diversion, officine, infamie : nous retournons volontiers à ceux qui, au mépris de la liberté de la presse, nous les ont adressés ces trois mots, et l'indignité qui les accompagne.

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nerelucia Membre 12886 messages
Forumeur alchimiste‚ 113ans
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Vengeance d'anciens dirigeants libyens contre celui qui a fait tomber le régime.

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ouaf Membre 2 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Cette affaire semble être une grosse fumisterie , à une semaine du deuxième tour, c'est curieux. Personnellement je n'y crois pas.

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Grenouille Verte Membre 32822 messages
Tu n'auras d'autre batracien devant ma face‚ 104ans
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forum

Financement supposé par Kadhafi : Sarkozy va poursuivre Mediapart


Lundi 30 Avril - 13:25

[/JUSTIFIER]

[JUSTIFIER]

    Vingt quatre heures après la publication par Mediapart d'une note qui attesterait d'un «accord de principe» de Tripoli pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, le Libyen Moussa Koussa, dont la signature figure sur le document, évoque un faux.
    
    «Il est clair que tout ce qui se dit est sans fondement. La question ne mérite pas que l'on s'y arrête», avait réagi dimanche soir Moussa Koussa, qui vit en exil à Doha (Qatar). Cet ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye s'est refusé à fournir d'autres détails. «Toutes ces histoires sont falsifiées», a-t-il insisté. Homme de confiance du colonel Kadhafi, chef des services de renseignements libyens de 1994 à 2009, puis ministre des Affaires étrangères, il avait fait défection au régime de Tripoli avant de se rendre à Londres, puis au Qatar.


Suite de l'article...
forum Source: Le Parisien

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eklipse Membre 14471 messages
Dazzling blue²‚ 48ans
Posté(e)
A peine lancée, l’offensive judiciaire de l’Elysée contre Mediapart peut-elle tenir ?

Les deux acteurs sur lesquels s’est appuyé Nicolas Sarkozy pour déposer sa plainte pour « faux et usage de faux », « recel de ces délits » et « publication de fausses nouvelles », après nos révélations sur les financements libyens en faveur de sa campagne en 2007, viennent tous les deux d’être mis en difficulté. M. Bachir Saleh, le premier d’entre eux, recherché et désigné par une notice rouge d’Interpol, est à présent réclamé par la Libye mais se trouve toujours à Paris, tandis que le second, Moussa Koussa, visé par des accusations de tortures, aurait fait l’objet au Qatar d’un chantage à l’expulsion vers la Libye s’il ne démentait pas nos informations.

Alors qu’une enquête préliminaire visant Mediapart a été ouverte par le procureur de la République de Paris, François Molins (lire notre communiqué au sujet de cette procédure inédite), une heure après le dépôt de plainte, Nicolas Sarkozy a été contraint, mardi matin, d’annoncer que « si M. Saleh est recherché par Interpol, il sera livré à Interpol ». François Fillon avait affirmé à tort, lundi, qu'il n'y avait « aucune trace d'un mandat international » visant l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi. Le président avait tenu à préciser que «l'arrivée de M. Saleh en France a été faite avec le plein accord du président (du Conseil national de transition libyen Mustapha) Abdeljalil». Or, Mustapha Abdeljalil a demandé ce mercredi à la France «de (lui) remettre Bachir Saleh, conformément à la notice internationale diffusée par Interpol pour des fraudes financières et des actes criminels» (lire notre article sur les déclarations d'Abdeljalil concernant notre document).

Grâce aux déclarations du président candidat sur RMC et BFM TV, M. Bachir Saleh, l’un des détenteurs des plus lourds secrets franco-libyens, a en tout cas appris qu’il lui était sans doute souhaitable de prendre le large. En signalant que la police française arrêterait le fugitif si une notice Interpol avait été émise à son encontre – ce qui est connu depuis des mois… –, Nicolas Sarkozy a en effet offert au principal intéressé une invraisemblable occasion de s’enfuir.

Contactés par Mediapart dans l’après-midi du 1er mai, une dizaine d’heures après les propos de M. Sarkozy, les deux avocats de Bachir Saleh étaient de fait dans l’incapacité de dire où celui-ci se trouvait et se refusaient même à confirmer sa présence en France. Me Marcel Ceccaldi s’est montré pour le moins ambigu : « Il se trouve là où il doit se trouver dans n’importe quel pays de l’espace Schengen. Je ne sais pas où il est actuellement. » Même son de cloche du côté de Me Pierre Haïk : « Je ne sais pas quelle est sa situation actuelle. Je ne peux rien confirmer. »

Ce mercredi, cependant, le site de Paris-Match a publié un article dans lequel le journaliste affirme avoir rencontré Bachir Saleh à Paris ce jour.

Etant l'un des plus proches collaborateurs de Mouammar Kadhafi, ancien dirigeant de l’un des fonds souverains libyens, le Libyan African Portfolio (LAP), au centre de tous les soupçons de financements occultes, Bachir Saleh a obtenu des autorités françaises, et du ministre de l’intérieur, Claude Guéant, une autorisation de séjour de trois mois. Et ainsi, en gage de réciprocité, M. Saleh a été le premier à démentir la note officielle libyenne révélée par Mediapart, visant à autoriser un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, et dont il a été le destinataire.

Cette attitude ne doit rien au hasard. Malgré le mandat d’arrêt émis par la Libye et relayé par Interpol – il est recherché pour “escroquerie” –, la France a accueilli à bras ouverts Bachir Saleh. Il devrait faire l’objet, ces prochains jours, d’une plainte d’opposants politiques toubous réfugiés en France qui dénoncent son rôle dans l’espionnage dont ils ont été victimes et sa possible implication dans l’élimination de plusieurs d’entre eux.

« Si vous démentez, nous sommes prêts à oublier certaines choses »

Martelant que son client n’a « jamais » bénéficié de protection policière, ce que plusieurs sources ont pourtant affirmé à Mediapart, confirmant les informations du Canard enchaîné, l’avocat estime que les conditions de séjour en France de Bachir Saleh « sont une question annexe » par comparaison avec le sort qui l’attend « si Paris le livre à la Libye ». « Vu la situation catastrophique dans ce pays où les droits de la personne humaine ne sont pas garantis, où la population de race noire est maltraitée, la France se déshonorerait en le remettant », répète-t-il.

Se sentant à ce point menacé dans son pays d’origine, pourquoi Bachir Saleh n’a-t-il pas déposé de demande d’asile en France, comme il y serait autorisé ? « C’est vrai, il aurait pu, mais il ne l’a pas fait parce qu’il ne s’attendait pas à une réaction de cette nature de la part des autorités françaises », indique l’avocat, reconnaissant implicitement un changement d’attitude par rapport à une bienveillance passée.

M. Koussa© Reuters

L’autre acteur sur lequel Nicolas Sarkozy s’est appuyé pour poursuivre Mediapart est Moussa Koussa. Cet ancien patron des services secrets extérieurs libyens est l'auteur de la note sur le financement libyen de la campagne. Il se trouve actuellement dans une situation délicate au Qatar, où il est réfugié depuis son exfiltration de Libye (après un séjour à Londres), également supervisée par la France.

Dès samedi, nos révélations ont provoqué un branle-bas de combat au Qatar. Le week-end de l'ambassadeur de France a été gâché par des rencontres avec les autorités qataries et l'entourage proche de l'Emir. Des discussions tous azimuts ont été menées entre Paris, Doha et Tripoli. Enjeu : convaincre Moussa Koussa de démentir notre document. Selon nos sources confidentielles au Qatar, cela n'a pas été facile, sans doute parce que Moussa Koussa est bien placé pour connaître l'authenticité de ce document dont il est le signataire.

C'est pourquoi les nouvelles autorités libyennes ont été sollicitées. « Si vous démentez, nous sommes prêts à oublier certaines choses » : tel fut, en substance, le message transmis de leur part à Moussa Koussa, l'un des cinq hommes clés du régime de Kadhafi, par ailleurs soupçonné d'implication dans des faits de torture. En revanche, si Moussa Koussa ne cédait pas, on lui promettait la fin des protections dont il bénéficie et une expulsion immédiate vers la Libye. « Cela a chauffé », dit l'une de nos sources, proche de la famille régnante.

Car, ajoute la même source, l'enjeu d'une réélection de Nicolas Sarkozy est très important pour le Qatar qui redoute une élection de François Hollande pour l'avenir de ses affaires en France. Les immenses avantages fiscaux obtenus de Nicolas Sarkozy, ainsi que les facilités pour entrer ou monter au capital de sociétés françaises, pourraient disparaître en cas de victoire de la gauche. C'est pourquoi les autorités qataries ont relayé la pression française sur Moussa Koussa qui aurait tout à craindre d'un renvoi vers la Libye.

http://www.mediapart.fr/journal/international/020512/sarkozy-kadhafi-l-elysee-piege-par-ses-temoins?page_article=3

Mediapart a déposé plainte, mercredi 2 mai, auprès du procureur de la République de Paris contre Nicolas Sarkozy et X... du chef de dénonciation calomnieuse. Cette plainte déposée au nom de notre journal, de son directeur, Edwy Plenel, et de ses journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske, vise la plainte déposée, lundi 30 avril, contre nous par l'actuel président de la République et candidat à sa réélection. Mediapart maintient l'intégralité de ses informations et estime que l'accusation de faux portée contre lui est une calomnie. Nous publions le texte intégral de la plainte déposée par nos avocats, Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, et vous pouvez la télécharger ici en format PDF.

http://www.mediapart.fr/journal/france/020512/mediapart-porte-plainte-contre-sarkozy-pour-denonciation-calomnieuse

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carnifex Membre 5710 messages
Forumeur alchimiste‚ 39ans
Posté(e)

Mediapart a annoncé mercredi 2 mai avoir porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre Nicolas Sarkozy, qui a poursuivi le site en justice pour faux après la publication d'une note sur un supposé soutien libyen à sa campagne de 2007.

Mediapart a publié samedi un document attribué à un ex-dignitaire libyen affirmant que Tripoli avait accepté de financer pour "50 millions d'euros" la précédente campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Nicolas Sarkozy a porté plainte lundi contre Mediapart pour la publication de cette note qu'il a qualifiée de "faux".

biggrin.gif

La chute va être dure...

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lily12 Membre 2037 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
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Loobies Membre 2920 messages
Forumeur alchimiste‚ 33ans
Posté(e)

L'ex-Premier ministre libyen: "Kadhafi a financé la campagne de Sarkozy"

media_xll_4802411.jpg © afp. MISE À JOUR L'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi, emprisonné en Tunisie, a affirmé que le régime de Mouammar Kadhafi avait financé la campagne 2007 du candidat Nicolas Sarkozy, ont rapporté jeudi à Tunis ses avocats.

"Mouammar Kadhafi, son régime et les responsables qui travaillaient avec lui ont financé la campagne électorale de Sarkozy en 2007", a déclaré à la presse Me Bechir Essid, avançant un montant de quelque 50 millions d'euros.

Selon cet avocat, l'ex-Premier ministre libyen a affirmé que "le marché a été conclu par Moussa Koussa (nldr: ex-chef des services de renseignements extérieurs) sur instruction de Kadhafi et assuré que des documents attestant de la transaction existent".

Le site d'information français Mediapart a publié samedi un document attribué à un ex-dignitaire libyen affirmant que Tripoli avait accepté de financer pour "50 millions d'euros" la précédente campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Lundi, M. Sarkozy a annoncé qu'il portait plainte contre Mediapart pour la publication de cette note qu'il a qualifiée de "faux". Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "faux et usage de faux" et "publication de fausses nouvelles".

Source : 7/7.be

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