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Tout ce qui a été posté par Jedino
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A l'aune de tes élucubrations, Alors que disparaît toute considération, Je me suis laissé emporter Et hésite à me décider. C'est nul, et sans intérêt. Pas de fond, encore moins de forme. Juste un semblant de quelque chose qui n'en est pas. Malgré mille factions, Après autant en condamnation, Comment ne pas succomber, S'abandonner pour mieux voguer? Mauvais. C'est le mot. Tout ceci est très mauvais. Si cela avait du sens, ce serait même à recommencer. Mais, tu ne recommenceras pas. Les fils te grattent les ganglions, Quelle drôle de damnation! Que d'aller te dodeliner Sans jamais t'arrêter. Vous reconnaissez cet air? Celui de l'absurde. Celui d'une répétition infinie qui, à force d'user le vent, en devient un air.
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Je ne vois aucune véritable réfutation de la phrase qui semble te déranger, en fait. C'est vrai, les scientifiques créent des modèles, des modèles qui décryptent et appréhendent des phénomènes. Ils cherchent la "vérité", vérité qui est en fait un regard déposé sur la réalité. Imagine un modèle dénué de tout souci de correspondance avec celle-ci : il serait vu comme faux. Il n'est vrai que parce qu'il permet de comprendre et manipuler, éventuellement, un phénomène donné. Maintenant, j'ai le sentiment que ce soit le fait de dire que le scientifique cherche la réalité qui te dérange. A ceci, deux choses sont à répondre : d'une part, qui peut prétendre connaître la vérité en elle-même? Tu en conviendras que c'est le cas de personne. La raison est simple : elle est aussi vaste, sinon plus, que la réalité. En cela, il n'est pas regrettable, forcément, de ne pouvoir qu'en avoir une partie. Nous sommes finis, et notre finitude limite nécessairement notre connaissance. Mais cela ne nous empêche pas de chercher à voir ce qu'est "la" réalité, c'est-à-dire, finalement, la nôtre, principalement. L'unicité est toujours très risquée, mais nous avons un discours qui se rapporte à nous, et c'est plutôt normal. D'autre part, je trouve, en réalité, plus aberrant de chercher une pure construction humaine que ce que l'homme a en face de lui continuellement. Je me demande même si, au fond, le fait d'avoir créé ce qui lui est probablement nécessaire, à savoir la vérité, n'est pas un obstacle à ce qui l'intéresse, à savoir la réalité. Quand nous parlons de vérité, il est très souvent facile de le confondre avec la réalité. Nous les confondons tant que nous pensons que la vérité est à atteindre. La vérité me semble aussi inconnaissable que l'est Dieu. Inconnaissable autrement que par la foi, s'entend. Donc, quand tu regardes avec ton oeil, tu vois en effet une version de ce qu'est la réalité. C'est une vérité. Comme tout scientifique, tu cherches inévitablement à le dépasser. Ils prétendent atteindre la vérité, l'objectivité même. La vérité ne l'est pas : comment pourrait-elle l'être alors qu'elle est le subjectif au sens universel du terme? Nous pourrions nous en satisfaire, mais ce n'est pas, je crois, le but que se fixe la science. Elle entend bien être objective. Et, je ne connais rien d'autre qui le soit que la réalité. De là à prétendre l'atteindre... C'est un autre débat. Mais suis-je vraiment dans l'erreur lorsque je fixe le véritable but, tout aussi inatteignable, de ce que chercherait la science? Une science faite de vérité sans aucune réalité pour la confirmer se nomme métaphysique. Il ne me semble pas que ce soit tout à fait le travail qu'ils prétendent mener, si? Et, je doute que le scientifique cherche un hiéroglyphe. Il ne cherche pas un langage qu'il crée, il cherche un langage qui existe dans la nature, dans sa structure, si structure il y a. Une loi peut être vue comme une construction humaine partielle, mais elle a la prétention, au moins en partie, d'être ce qui agence tous les phénomènes qu'elle entend expliquer. Nous parlons bien d'une "loi naturelle". Je crois que nous nous entendons mal sur le terme de "la réalité". Je n'entends pas du tout cela au sens où nous l'entendons, nous, en général, c'est-à-dire comme un ensemble qui forme un tout et explicable par une petite chose. Mon intuition est plus celle d'une espèce de "stratification", dans le sens où tu ne peux pas confondre la mécanique quantique avec celle qui régit l'infiniment grand. Tu ne parles pas de planète comme tu parles d'un atome. Notre envie de connaître ce qui n'est pas à notre échelle est noble, mais "la réalité" reste et restera notre réalité, à notre échelle. Et là, tu pourrais me prendre à défaut, d'ailleurs, sur le rejet de la catégorisation. ( Si ce n'est que mon rejet pour cela l'est sûrement pour nous car nous sommes incapable de le maîtriser sans tomber dans le vice ). Si tu veux mon avis, nous avons un gros problème : nous refusons tellement de penser à nous, préférant un universel et un unique parfait, que nous en oublions parfois que certaines choses doivent l'être. Mais même si nous imaginons qu'un jour une loi permet d'expliquer l'infiniment grand et l'infiniment petit en même temps, cela ne changerait pas : l'un est le résultat de l'autre. Il y a une échelle montante du petit vers le grand. Un ordre de construction. La réalité, celle que tu pourrais entendre en ce cas, serait la première, la plus petite. Mais ce serait cette fois oublier que nous ne les sommes pas, et reviendrait à dire que nous n'y appartenons pas. La réalité est effectivement subjective, dans le sens où elle est liée à nous, à notre échelle. La science elle-même l'est. Est-ce finalement blâmable? Nous nous méprisons trop, nous et notre risque d'avoir un point de vue. Comme si, finalement, avoir des yeux était un préjudice, quasiment un péché. Laissons-nous le droit de l'être, mais ne le soyons pas naïvement et bêtement. C'est là la seule exigence qui vaille la peine, non? Dommage. Mais mon idée sur le sujet n'est pas assez mature, je pense, pour me lancer parfaitement dans une explication de ce type. Je ne vois pas, cependant, quand j'y songe, quelque chose qui y échappe. Mais à quelqu'un qui n'est pas fortement matérialiste, qui ne conçoit pas notre conscience ou notre esprit comme quelque chose de purement corporel, dans le sens où le corps le permet, cela est inaudible. Je ne suis probablement pas dans le vrai, mais j'y crois. Nous avons, par exemple, des souffrances existentielle qui semblent clairement psychiques. Mais, quand nous sommes torturés, comment le ressentons-nous? Je vais mal revient à dire mon corps a mal, se sent mal. Mon raisonnement est peut-être simpliste, cela dit, mais je remets simplement les choses dans l'ordre : un corps sans psychique peut être, un psychique sans corps ne le peut pas. En tout cas, quand on se borne à une connaissance purement scientifique. Quant à la métaphysique, chacun est libre d'y aller gambader ou non. Mais l'erreur la plus grave serait de mettre de la métaphysique dans les affaires physiques. C'est là que devient difficile de s'extirper d'un problème qui ne nous est pas visible, ou trop difficilement. Cela n'empêche pas, comme quelqu'un me l'a reproché, que la métaphysique puisse avoir et des vertus, et des intérêts, comme celui de proposer des idées. Il ne faut simplement pas faire de cette idée une réalité, sans raison. Et c'est ça ce que fait la science : donner aux idées une réalité. Il me semble, en tout cas. Je ne suis pas scientifique, cependant. Je crois, toutefois, à bien y réfléchir, que nous ne parlons pas exactement de la même chose. Quand je parle de ce que vise idéalement la science, vous semblez plutôt parler des méthodes qu'elle peut utiliser et qu'elle utilise.
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Du génie et de l'art de rencontrer les idées
Jedino a commenté un(e) billet du blog de Jedino dans Blog de Jedino le bouleau
J'aime ce qui est simpliste! -
Du génie et de l'art de rencontrer les idées
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Je me sens tout à fait normal, MOI -
Du génie et de l'art de rencontrer les idées
Jedino a commenté un(e) billet du blog de Jedino dans Blog de Jedino le bouleau
T'as définitivement des lectures bizarres! -
https://www.youtube.com/watch?v=GqzgrSBp_W8
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Les yeux plus gros que son ventre
Jedino a commenté un(e) billet du blog de konvicted dans ♪ Quand on est kon ♪
C'est bien normal, pour un conformiste, cher ami. -
Ballade pour les gens qui ne me lisent pas
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En étant vache? -
Les yeux plus gros que son ventre
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Là, comme ça, je dirais : les idiots? -
Les yeux plus gros que son ventre
Jedino a commenté un(e) billet du blog de konvicted dans ♪ Quand on est kon ♪
Euh, comment tu sais ça? -
Ballade pour les gens qui ne me lisent pas
Jedino a commenté un(e) billet du blog de konvicted dans ♪ Quand on est kon ♪
C'est joli, une fleur! J'aime bien les fleurs! -
Les yeux plus gros que son ventre
Jedino a commenté un(e) billet du blog de konvicted dans ♪ Quand on est kon ♪
Ah, je ne t'ai jamais dit que j'ai toujours lu les choses de la fin vers le début? C'est ma prof de lettres. Je t'en prie. -
Ballade pour les gens qui ne me lisent pas
Jedino a commenté un(e) billet du blog de konvicted dans ♪ Quand on est kon ♪
Tu me connais mal, cher ami! J'aime la modestie pour m'afficher, mais j'aime encore mieux recevoir les flatteries! -
Ballade pour les gens qui ne me lisent pas
Jedino a commenté un(e) billet du blog de konvicted dans ♪ Quand on est kon ♪
Je tiens à te faire remarquer que sur un des billets où j'ai le moins participé tu m'as quand même cité trois fois, et pour des flatteries. Pire! Tu admets une certaine estime et te mets à faire des concessions. Tu es donc amoureux. -
Du génie et de l'art de rencontrer les idées
Jedino a commenté un(e) billet du blog de Jedino dans Blog de Jedino le bouleau
"Certains croient que le génie est héréditaire, les autres ont des enfants." -
Les yeux plus gros que son ventre
Jedino a commenté un(e) billet du blog de konvicted dans ♪ Quand on est kon ♪
Bon, t'as au moins un mérite au préalable, t'écoutes pas que des trucs étranges. Et, après étude approfondie, t'as, comme dirait l'autre, "le sens poétique". -
Du génie et de l'art de rencontrer les idées
Jedino a commenté un(e) billet du blog de Jedino dans Blog de Jedino le bouleau
Désolé, Tequila, tu n'es donc pas génie! C'est pas grave, hein! Tu t'en sors bien quand même -
S'autoriser à imaginer une utopie ...
Jedino a commenté un(e) billet du blog de Docteur CAC dans L'Economie Sans Frontières
Non mais on est d'accord : se dire pragmatique n'a pas valeur d'argument, et certainement pas d'argument absolu. Déjà, parce que se prétendre être, ce n'est pas forcément l'être. Et puis, parce qu'on le démontre par l'argumentaire, et non par l'affichage d'une philosophie ou croyance. Oh, j'essaie. Je ne suis pas certain d'entendre comme toi le matérialisme historique. Qu'entends-tu par là, ou Marx par ce terme? Le fait que l'Histoire est une sorte de guide? Mais, le pragmatisme ne me semble pas subjectif. Pas plus qu'un quelconque matérialisme. Tu trouveras forcément du subjectif en toute science, et la réalité n'est jamais pour nous qu'une réalité à notre échelle, c'est vrai. Je ne suis pas certain que le sens que nous donnons jusque là au pragmatisme peut s'appliquer à l'échelle d'une personne sans passer par l'autre sens qui veut que l'attitude pragmatique veut que tu préfères rester à ta place. Maintenant oui, il existe sans doute un "mauvais" pragmatisme qui peut te terrer dans l'inaction. Je connais assez mal le marxisme, je dois l'admettre. -
https://www.youtube.com/watch?v=bWCqRoEcmqs
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Les chapitres de la Serie Fanfiction Serie portal.
Jedino a commenté un(e) billet du blog de Haku dans Haku Blog
Haha, j'y songerai, oui! -
(Je ne sais pas pour le cas de Schoringer et Heisenberg, pour le coup, et je ne sais pas si je tombe dans le travers que je souhaite justement éviter non plus) Ouaip, je participe à la catégorie sciences, mais assez modestement, disons, quand je trouve un truc qui me semble intéressant à partager. Oh, j'ai plutôt la flemme de me relire, mais si j'ai écrit quelque chose qui laisse penser que je confonds réalité et vérité, c'est que je travestis ma propre pensée. Je fais une distinction entre les deux qui me semble capitale en science. D'où la catégorie, qui s'apparente oui, à la vérité pour ce qui est d'une réalité, puisque tu rassembles des choses avec des points de convergence. Le problème que je vois est peut-être davantage celui pour l'humain que pour l'idée et la théorie. Et je me demande seulement, en fait, si nous sommes vraiment dans le vrai lorsque nous formons des lois. Problème de philosophie car la science "pratique" se fiche pas mal de savoir ce qui est vrai tant que cela fonctionne en chaque cas. En revanche, tu poses un problème intéressant : qu'est-ce que LA réalité? Le quantique, la nôtre, autre chose? L'erreur serait de penser, d'une part, que notre réalité est la réalité, et qu'une autre le serait. La réalité est effectivement subjective, ou plutôt, elle est en rapport avec notre échelle, tout comme l'atome nous paraît infiniment petit et l'univers infiniment grand, alors que si nous étions un univers, il nous paraîtrait tout à fait normal, etc. Bref, nous faisons du "la" notre monde parce qu'il serait absurde de faire du "la" un autre monde. Bref, je ne sais pas si le monde quantique existe, et tel qu'il est vu, il est sans nul doute vu assez naïvement, si je puis dire, donc nous sommes d'accord. Maintenant oui, j'ai peut-être été trop radical sur le propos, je ne sais pas. Disons que je crois/sais que la science cherche la réalité, implicitement, pour une raison très simple : si tu as ce qui est, tu es sûre que ce que tu comptes faire fonctionne. Tout le problème est de savoir ce qu'elle est. Et ce n'est pas un mince problème, en effet. Je ne nie pas la non conscience d'un acte. Je nie seulement l'inconscient psychanalytique. Il est vrai, oui, que nous avons du mal à toujours expliquer un comportement ou une réaction, parce que celui n'est, effectivement, non conscient chez la personne. Nous sommes tout à fait d'accord, par ailleurs, que la "psyche" influence le "soma", et inversement, la "psyche" étant une partie du "soma". En fait, le fossé majeur qu'il existe entre toi et moi, je crois, c'est que tu fais une distinction nette, sans être forcément métaphysique au sens fort du terme, entre les deux. Ou plutôt, tu fais de l'inconscient quelque chose de plus "fort" que moi, dans la mesure où ce n'est pas simplement une non conscience, mais une entité à part entière fortement en lien avec le conscient, ce que je rejette. La "psyche" est pour moi une fonction organique. Elle est liée au corps, en dépend entièrement. Elle est notre atout, ce qui fait que nous pouvons nous réfléchir et réfléchir le monde, en effet. Mais elle est aussi notre fardeau, dans la mesure où nous sommes parfaitement incapable de nous nourrir, par exemple, sans le penser. Cela doit être un acte conscient, voulu. Est-ce différent chez les animaux? Là est toute la question, à vrai dire. Nous n'en savons rien. Et je comprends bien l'intérêt premier de l'inconscient qui est, plus que de comprendre, aider. La question que je pose, que je me pose, concrètement, c'est : est-ce que nous avons la bonne approche? Est-ce que notre tendance à vouloir tout rendre irrationnel ne fait pas que nous nous éloignons, justement, du réel? La métaphysique a sans doute son mérite et sa noblesse, mais ce serait une grave erreur s'il s'agit d'aider des gens à. Je ne sais pas si j'ai tort, ou si j'ai raison. Dans la mesure où je suis seul, probablement, j'ai probablement tort. Mais je continue à m'interroger : où est l'inconscient, dans ces pathologies? Cela dit, tu me diras, oui, que l'essentiel est d'avoir un système de pensée qui te convienne et permette de t'accepter tel que tu es ou serais, plus que d'être dans ce qui est tout à fait réel. Une bonne vie vaut mieux qu'une vie bien comprise, peut-être. L'ordinateur nous ressemble, et l'analogie est souvent faite. Il lui manque cela dit une chose essentielle : le sensible. Il est pure rationalité, calcul, une espèce de supra-raison dont certains rêvent parfois. Mais nous sommes dans un monde où il est préférable de cacher sa sensibilité pour n'afficher que son "esprit". Peut-être que là est le problème, que nous rejetons une part de nous-mêmes jusqu'à l'occulter et tenter de la remplacer par quelque chose qui agirait en nous, une force plus grande que le conscient? Mais on va tourner en rond si nous en parlons sans vraiment en parler. Si tu veux me convaincre de mon tort, il va falloir que tu te lances dans l'explication d'un cas particulier qui ne puisse en aucun cas être explicable par ce que je défends moi. Puisque jusque là, nous ne faisons que dire, chacun, que les origines sont chez toi l'inconscient, morceau de l'esprit, et chez moi la sensibilité, morceau du corps.
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S'autoriser à imaginer une utopie ...
Jedino a commenté un(e) billet du blog de Docteur CAC dans L'Economie Sans Frontières
Oh, je ne peux pas t'en parler très (trop) précisément en économie. Je sais surtout ce que ça peut être en philosophie, ou en sociologie, les pragmaticistes étant pour les premiers liés à la sociologie aussi, il me semble. Maintenant, si les pragmatiques en économie renient toute forme de réflexion, par une espèce de pragmatisme radicale, c'est assez idiot, dans la mesure où l'économie cherche, oui, à anticiper un minimum. La borne pour un pragmatique est simple : le réel. Il est le juge, et le seul, de ce qu'est une bonne ou une mauvaise idée. C'est moins subjectif qu'une pure théorie. Une théorie pure, donc une construction intellectuelle pure, peut sembler très bonne, et l'être, mais elle restera un système. A nouveau, la réalité, ce qui est, est là pour arbitrer ce qui, dans l'idée, mérite d'être ou non objet d'attention. Autrement dit, la réalité détermine ce qui, dans les constructions, a du sens. Tu peux toujours t'en éloigner pour créer quelque chose de très plaisant, mais cela sera subjectif, et davantage que ce qui cherche à se borner à ce qui est comme socle de départ. Enfin, il me semble que l'économie est concrète, que la politique est concrète. Je ne sais pas si je suis clair et si je réponds vraiment, là. Je ne connais pas le vocabulaire marxiste, donc je ne peux pas le discuter, là. Mais, de ce que je sais de Marx, je reste assez sceptique. Notamment parce que je crois assez moyennement aux histoires de classe. Mais c'est un autre sujet. J'aurais plutôt dit le dernier, pour le coup : l'utopie, c'est la dernière étape. C'est ce qui est tellement loin que tu sais pertinemment que tu ne le rencontreras, ce qu'on conjecture, en général, en ce qui n'existe pas. Et, nous sommes d'accord que cela peut avoir un intérêt intellectuel. Mais toi qui est lecteur de Marx, tu dois connaître la fameuse phrase "les philosophes ont longtemps pensé le monde, il est temps de le changer" (de mémoire, mais c'est l'idée). Le pragmatisme, en philosophie, est le retour d'une philosophie qui se borne à la réalité, sort de son côté métaphysique. Ailleurs, c'est pour retourner un peu moins dans les théories, à l'image des sciences se voulant être comme les mathématiques, pour retrouver la réalité des choses. Ce qui n'exclut pas, nous sommes d'accord, l'intérêt des réflexions. Seulement, celle-ci ne permet pas une quelconque avancée sociale. Elle donne des idées, c'est vrai. Reste à savoir si elle est cohérente avec le monde en l'état : nous pouvons avoir l'idée d'une égalité sociale parfaite, sa réalisation est plus complexe et sujet à débat encore aujourd'hui. Mais oui, l'idée a pour mérite d'exister, et elle le doit. Je ne comprends pas, par contre, ce que tu reproches à un dialogue de personnes d'une même société. -
Du génie et de l'art de rencontrer les idées
Jedino a posté un billet dans Blog de Jedino le bouleau
Notre héros, homme charmant et intelligent, capable de discerner les traits d'esprit et les âmes qui méritent une quelconque attention. Bref, il appartenait à ces rares qui savent tout avant même de le savoir. Vous l'aurez compris, c'est un génie. Ne vous étonnez donc pas si, par la suite, ses attitudes, réactions et comportements vous échappent. Il faut être d'une espèce tout à fait supérieure pour comprendre que les questions les plus essentielles ne sont jamais les plus existentielles. Voyez plutôt. Alors qu'il quittait sa modeste demeure, car la modestie est l'essence même du génie, il s'arrêta, estomaqué, alors qu'il s'apprêtait à fermer à clef la serrure de sa porte. Il se sentit transporté, tout d'abord, par l'idée qui le transcendait là : à quoi bon tout fermer, toujours, tout le temps. Et dès lors, insérer la clef dans la serrure l'exaspérait au plus haut point, au degré le plus noble qui soit. Car enfin, à quoi bon se fatiguer chaque jour, plusieurs fois (inutile de vous dire que le geste se fait par paire : ce qui se ferme s'ouvre, et ce qui s'ouvre se ferme), quand il serait possible d'économiser ces gestes vains et lassants? Immédiatement, pour ne pas dire avant même que la question ne se pose consciemment en lui, les raisons les plus diverses, les explications les plus complexes, avait émergé comme si elles avaient toujours été là, attendant le moment pour se montrer. Par décence, je ne les exposerai pas ici. Je me contenterai d'ajouter qu'il décida, à partir de cet instant, de ne plus jamais s'encombrer de ces actions. J'ignore si vous parvenez à en comprendre et l'origine, et l'intérêt, mais pour ma part, cela m'échappe. Toutefois, si vous êtes en mesure de saisir cela, vous êtes probablement l'un des membres de cette caste si précieuse à notre bonne humanité, et vous trouverez alors ce propos tout à fait ridicule et risible. Excusez-m'en, donc, n'étant qu'un humble parmi les humbles. Mais continuons notre petit voyage. Non, encore un ajout, avant cela : deux mois après sa nouvelle habitude, il rentra un soir pour constater que sa maison avait été réaménagée par de généreux inconnus qui y libérèrent l'espace. Vous n'auriez pas tort si vous songiez, là, qu'il en fût heureux : il voyait en cela l'idéal du partage. Il rencontra, un beau jour comme ils le sont tous, même ceux semblant laids au commun des mortels, un de ces mortels, précisément. Quel choc! Quelle curiosité! Il crût être tombé sur un chimpanzé ayant sût s'échapper de sa cage tant ce corps qui lui ressemblait en apparence manquait, en réalité, de profondeur. Il tenta vainement de lui parler de quelques sujets dignes d'intérêt, resta perplexe, puis horrifié, face à un tel hermétisme. Lui vînt alors l'image, la fameuse, celle où il se vît à sa place de son interlocuteur, celle où il serait, à son tour, aussi haut qu'un arbuste et intelligible que le discours d'une huître. Il se sentît très mal, de ces maux qui ne sont connus que par les plus grands, de ces maux non véritablement réel mais davantage virulent. Les génies qui liront, s'ils s'abaissent une heure à me lire, comprendront sans aucune difficulté de quoi je veux parler ici, bien que maladroitement. En tous les cas, leur conversation, c'est-à-dire d'un échange de politesses, s'acheva, ô fort gentiment, par le départ de notre cher ami qui ne supportait plus de parler tout seul. C'est qu'un homme de qualité apprécie les discussions qui ont une portée, un sens, ce quelque chose qui donne du poids à l'ensemble. Bref, quand le commun voyage ailleurs, le génie voyage au milieu des idées. Ne soyez ainsi pas surpris si, dans votre vie, vous croisez la route d'un de ces êtres surplombant, très au-dessus de nous, notre monde. Vous penserez, et ceci est inévitable, qu'il est un pédant. Ce n'est pas de la jalousie, uniquement une réaction logique, très humaine chez nous la masse. Mais nous sommes cependant en train de fauter : parce qu'il est trop sublime, nous ne réussissons pas à voir clair. Ne vous blâmez pas pour autant : nul n'a choisi d'être idiot, et il n'est pas mal de l'être. Seulement, il vous faudra admettre que vous l'êtes, et que le génie, lui, fait le choix de l'être. Ne cherchez pas à trouver la raison qui le justifierait, votre intellect n'est pas assez élevé pour appréhender la réalité d'une liberté si parfaite qu'elle offre le choix d'être autre. Ne cherchez pas à la trouver : cela se fait alors même que vous ne pensez pas encore, quand vos attentes et vos tourments se tournent vers ce qui occupera votre existence, du début jusqu'à la fin. Le génie, lui, pense déjà, en cette période-ci. Il pense avant même de penser, et sait avant même de savoir. Comment donc s'étonner, alors, qu'il sache qu'il lui faut être ce qu'il sera avant même qu'il ne le soit? Résumons, résumons. N'est pas génie qui veut, mais est génie celui qui veut avant même de vouloir. Si vous y voyez un paradoxe, une contradiction, une ânerie ou un caprice de l'imagination, vous appartenez sûrement aux bonnes gens. Si vous y voyez que clarté, qu'évidence, j'ai le bonheur de vous apprendre ce que vous avez déjà en connaissance : vous êtes l'un d'eux.
