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Transaction

Tequila Moor

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« L’autre est un jeu,

À somme nulle. »

Fondu d'ouverture.

Une pièce dénudée, blanche (moquette & murs) à l’étage d’une maison, mansardée, sous les toits.

Un plan fixe, plan séquence, en N&B sans aucun son : axe de la caméra placé perpendiculairement au sommet du toit, en face de la principale source de lumière – le vasistas qui inonde la pièce.

Lumière un peu saturée, l’image a un faible grain : le contraste entre N&B est net, on peut observer la poussière qui vole.

La caméra est légèrement inclinée vers le sol, vers une table basse au milieu de la pièce, le point de vue est placé entre hauteur d’homme & moitié de cette hauteur. La pente du toit semble finir derrière, en point de fuite.

La lumière de la fenêtre tombe sur la table basse, éclaire également deux sièges qui se font face, de chaque côté d'icelle : au milieu de la table trône un gros cendrier, un paquet de cigarettes (on ne voit guère la marque) et un briquet de métal.

Un temps. Un homme entre dans le champ, par le côté droit, contournant la table, coupant la lumière, s’asseyant sur le siège gauche.

Habillé de clair, il pose un papier sur la table, enroulé, sorti de sa poche, ne fait pas grand-chose d’autre (hors regarder le paquet de cigarettes) tout en se calant dans son siège : il semble attendre quelqu’un.

Un temps. Un autre homme entre, par le côté droit, s’asseyant sur le siège droit, en face du premier personnage.

Habillé de sombre, il pose également un papier sur la table, plié en quatre, regarde l’autre, regarde la table, hésite à parler puis se ravise. Un temps.

Le personnage de gauche s’avance sur son siège, sans se lever, prend son propre papier, et le tend au second. Ce dernier le récupère, et en retour donne son propre papier au premier ; chacun déplie la missive de l’autre, maintenant la sienne.

Le premier personnage commence à lire ce qu’il voit, à voix haute, puis s’arrête au bout d’un temps court. Le second prend la relève, lit ce qu’il voit, à voix haute également. Puis il s’arrête, l’autre prend la relève, etc…

Cela aboutit à une sorte de dialogue, on ne l’entend pas mais on le voit : les deux, au fur et à mesure qu’ils lisent, s’énervent, fond de grands gestes, tapent sur la table, ont le visage tendu, etc… Seraient-ce des reproches ?

Fin de l'échange : maintenant calmés, ils reposent leurs papiers, de nouveau silencieux. Un temps. Puis ils se sourient, font le geste de chercher du côté de leur propre siège (opposé à la caméra) quelque chose de posé à terre.

Ce quelque chose, ils le prennent en main, puis l’offrent à l’autre : encore un échange. Un peu cérémonieux peut-être.

Ces objets sont : une petite bouteille de lait blanc, une grosse plaque de chocolat noir. L’un boit, l’autre croque, ils semblent contents. De grands enfants.

Le personnage de droite va offrir, pour finir, une cigarette au premier : ce dernier prend une clope, puis l’allume avec le briquet présent. Il tend le briquet au second, qui s’allume aussi une cigarette – puis enflamme le papier qu’il a lu, et pose ceci dans le cendrier.

L’autre prend à son tour le briquet, enflamme le papier restant, qu’il pose aussi dans le cendrier. Ils fument, se calent dans leur siège, se regardent – deux amis qui viennent de s’exposer leurs griefs, et qui auraient réglé la question ?

Zoom sur le cendrier, les flammes. Flou final.

Fondu de fermeture.

La bande-son commence :

« – Lourd !

– Tocard !

– Abruti !

– Nul de chez nul !

– Ramolli du bulbe !

– Pilleur de subventions !

– Torturé par le talent, ouais !

– Non mais il est vraiment bien naze ce réalisateur, c'est pas possible !

– Parfaitement ! Il se prend top grave pour un n'artiste, ce bas-du-front !

– Et il va m'obliger à boire du lait, en plus... mais je déteste le lait, mince !

– Et moi qui n'aime que le chocolat blanc, sous prétexte qu'il se la joue expérimental, faut que je bouffe du noir !

– Alors qu'on le sait qu'il n'a juste pas assez de pognon pour s'acheter une caméra couleur !

– Et qu'il tourne chez sa maman, au risque de se faire engueuler pour l'odeur de cigarette !

– Et qu'il nous paye en bières de chantier pour tourner dans ses films !

– Et qu'il n'est pas capable de faire le ménage dans sa piaule !

– Allez, j'arrête là, c'est l'heure de la pause clope !

– Moi aussi j'arrête, c'est trop la honte ce plan !

– Gros blaireau !

– Degôche !

– Vendu !

– Nul ! »

Un temps.

Fin du film.



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4 Commentaires


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N'accuse pas trop vite ta fatigue : vu que j'ai écrit la seconde moitié de ce truc lors de l'insomnie de cette nuit, en partant d'une première moitié que j'ai tenté de rendre claire vu qu'elle me paraissait bien absconse, il est possible que le texte soit encore incompréhensible... C'est quoi que tu n' as pas compris ?

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J'ai modifié quelques éléments, surtout pour dire de façon plus simple la place de la caméra en rapport au toit : c'était un détail inutile. Merci de ta lecture !

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