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Il y a 100 ans, la grève victorieuse et chantante des sardinières de Douarnenez

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Doïna

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Doïna Membre+ 19 837 messages
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Bonjour,

Le 21 novembre 1924, des ouvrières des conserveries de sardines de Douarnenez entamaient une grève pour réclamer une augmentation de salaire. Ce mouvement a par la suite pris une ampleur nationale, réunissant jusqu'à 2 000 grévistes. Au bout de six semaines de mobilisation, les "Penn Sardin" (têtes de sardine en breton) ont fini par obtenir gain de cause face à des patrons jusque-là intransigeants. Cent ans après, cette grève inédite est toujours célébrée.

"Saluez, riches heureux, ces pauvres en haillons / Saluez, ce sont eux qui gagnent vos millions". En cette fin d’année 1924, un chant anarchiste résonne dans les rues de Douarnenez, en Bretagne. Par centaines, des ouvriers des conserveries de sardines de la ville, dont une très grande majorité de femmes, battent le pavé, sabots au pied, sur les quais, pour réclamer une meilleure rémunération. Pendant 46 jours, la cité bretonne vit au rythme de cette grève qui mobilise jusqu’à 2 000 personnes dans cette commune de 12 000 habitants.

À l’époque, ces femmes gagnent 0,80 franc de l’heure, soit le prix d’un litre de lait. C’est une somme très faible. En comparaison, à la même époque en région parisienne, le salaire d’embauche des ouvrières non qualifiées est de 1,50 franc de l’heure.

Les conditions de travail sont aussi particulièrement éprouvantes : on travaille debout, dans le froid, en manipulant de l’eau bouillante ou des ciseaux très tranchants.

Le travail est en théorie possible à partir de 12 ans, mais un certain nombre de témoignages font état de l’entrée dans les conserveries d’enfants plus jeunes. Il n’y a pas non plus d’âge de retraite. On peut y travailler jusqu’à 70 ans.

Article entier ( + belles images d'époque) :

https://www.france24.com/fr/france/20241123-il-y-a-100-ans-la-gr%C3%A8ve-victorieuse-et-chantante-des-sardini%C3%A8res-de-douarnenez

 

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  • 3 mois après...
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Membre, 26ans Posté(e)
Marcuse Membre 1 865 messages
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Un bel anniversaire pour cet événement rapporté dans l'ouvrage "Une belle grève de femmes" d'Anne Crignon.

Pour en savoir plus sur la situation actuelle des Héritières des Penn sardin de Douarnenez, un livre est sorti l'année dernière chez Libertalia :

"Ecoutez gronder leur colère" de Tiphaine Guéret.

https://www.parislibrairies.fr/livre/9782377293490-ecoutez-gronder-leur-colere-les-heritieres-des-penn-sardin-de-douarnenez-tiphaine-gueret/

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Membre+, Posté(e)
Doïna Membre+ 19 837 messages
Maitre des forums‚
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Une belle grève de femmes d'Anne Crignon, résumé :

Citation

Les Penn Sardin, Douarnenez 1924.
Douarnenez (Finistère), l’hiver 1924.
Dans les vingt conserveries de sardines, deux mille « filles d’usine » œuvrent nuit et jour, au gré des arrivages, à emboîter au plus vite ce poisson fragile. Elles sont là entre dix et quatorze heures d’affilée pour une paye minuscule versée par des industriels – dont même le ministre du Travail dit qu’ils sont « des brutes et des sauvages ».
Le 21 novembre, un patron refuse de recevoir des ouvrières exténuées. Les femmes de toutes les « fritures » descendent dans la rue. Le maire de la ville, un communiste, est à leurs côtés, et les marins-pêcheurs – leurs maris – aussi.
Bientôt, toute la France suit dans les journaux le détail de cette « grève de la misère » devenue un feuilleton national. La solidarité s’organise. Le patronat aussi. Des mercenaires armés arrivent de Paris.
Les Penn sardin auraient dû perdre ; la pauvreté leur commandait chaque jour de reprendre le travail. Après plus de six semaines à battre le pavé en sabots, elles ont pourtant gagné.
Récit d’une grève victorieuse

 

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  • 1 an après...
Membre, 26ans Posté(e)
Marcuse Membre 1 865 messages
Maitre des forums‚ 26ans‚
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À Douarnenez, la légende des ouvrières révolutionnaires des usines de sardines

Entre chants de manifs, discours politiques et balades touristiques, la révolte des sardinières de 1924 est partout à Douarnenez. Mais derrière le folklore, les ouvrières triment toujours. Enquête sur un héritage entre hommage et récupération.

Entre chants de manifs, discours politiques et balades touristiques, la révolte des sardinières de 1924 est partout à Douarnenez. Mais derrière le folklore, les ouvrières triment toujours. Enquête sur un héritage entre hommage et récupération.

Douarnenez (29) — « Tous les mouvements se réapproprient l’histoire des sardinières. » Patricia Serrault, 56 ans, bosse à l’usine depuis trente et un ans. Quand elle n’est pas sur la ligne à étriper ou emboîter du poisson, elle s’enferme dans son petit local syndical pour répertorier les blessures professionnelles de ses collègues. L’ouvrière en a soupé de l’histoire des Penn Sardin — « têtes de sardine » en breton. À Douarnenez, en Bretagne, tout le monde aime raconter ces femmes, petites mains des usines du coin, qui mettaient en conserve le poisson. Elles se sont révoltées en 1924 pour réclamer des conditions de travail et un salaire dignes. « On a fêté le centenaire l’an dernier », mentionne Patricia, mal à l’aise quand elle aborde le sujet. La maire (divers droite), ses opposants, conférenciers et artistes — toute la ville — se sont retrouvés pour cette célébration de plusieurs semaines.

https://www.streetpress.com/sujet/1772536434-douarnenez-legende-ouvrieres-revolutionnaires-usines-sardines-bretagne-lutte-folklore-chancerelle

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E&E Membre 597 messages
Forumeur alchimiste ‚
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J'en profite pour rendre hommage à celui qui était Maire à l'époque à savoir => 

Daniel Le Flanchec, maire de Douarnenez : un destin singulier.

Ancien anarchiste proche de la Bande à Bonnot, fondateur du Parti communiste en Bretagne, Daniel Le Flanchec, borgne et tatoué, ancien champion de boxe, est un personnage hors du commun. Elu maire de Douarnenez à l’issue des grandes grèves de 1924, il règne sur la ville jusqu’en 1940. Tribun exceptionnel, il crie partout ses révoltes d’une voix métallique qui taille en pièces tous ses adversaires. Pour le faire taire, on tente de l’assassiner. Il se relève et poursuit ses mandats, sans trop de scrupules, empruntant parfois des chemins bien douteux. Il rompt avec le Parti communiste en 1936 et terrasse le Front Populaire lors d’élections mémorables. Quand les Allemands arrivent en sa ville, il hisse, par bravade, le drapeau français sur la façade de la mairie et refuse de l’enlever. Acte rarissime qui lui vaut d’être destitué. Une femme aura raison de lui, cependant, sa compagne, une authentique comtesse, déjà suspectée de deux meurtres, qui le livre à la Gestapo pour profiter de ses biens. Il achève son parcours à Buchenwald, broyé par la folie concentrationnaire.

 

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