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Philosophons

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Invité chekhina

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 453 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Comment est il encore possible d'agir, c'est à dire de peser sur l'évolution de notre monde ? Notre rayon d'action réel, au delà de soi-même, c'est la famille, le quartier, l'entreprise... Au delà de soi-même.

Il est aussi possible d'agir sur soi, seul, en visant sa seule évolution personnelle. Dans ce cas nous nous enlisons me semble t il dans l'élaboration de représentations mentales destinées à être telles que nous nous y sentions bien. A l'intérieur.

Si je veux être en accord avec moi la seule action possible que je puisse engager c'est l'action fondée sur la transmission. Le champ d'action pour ma part est alors la famille.

A l'heure où mes enfants commencent à avoir des enfants je me rends compte qu'ils sont toujours en attente de leurs parents. Le plus jeune est plus complexe à comprendre, tout est dans le sentiment avec lui. Le sentiment voyage de conscience en inconscience et vive versa, c'est difficile d'agir de manière créatrice, sans faire d'erreurs. Quand il me tend son fils nouveau né je le vois dans une attente que je ne déchiffre pas tout de suite. Je comprends qu'il me demande d'accepter son fils, il attend que je transmette à son fils. Mon attitude va influer sur son attitude avec son propre fils. Je le rassénère, je prends son fils et le lui rend, je tente de lui dire : à ton tour de transmettre, je te confie désormais le soin de transmette. Il prend l'enfant, lui donne le biberon et je sens dans le regard qu'il porte sur son fils un amour qui me touche, c'est comme cela que commence la transmission, dans des actes de partage comme celui là. Donner le biberon ce n'est pas seulement participer aux taches du ménage comme le pense la belle mère c'est d'abord et surtout accomplir un acte d'amour entre l'enfant et le parent.

L'acte de transmettre est somme toute délicat. L'ainé je suis obligé là aussi de deviner. De lever en moi toute résistance à son attente, ce n'est pas là non plus facile. Il semble choisir pour lui l'identité juive et je vois bien qu'il attend mon assentiment, plus, bien que je ne sois pas juif moi-même il attend que je l'instruise. La transmission entre sa mère, juive, et lui est fondée sur le seul sentiment. Il attend une transmission plus intellectualisée. Cela m'oblige à reconsidérer toute ma vision du judaïsme, il s'git maintenant de réussir à lui transmettre le meilleur de cette culture. 

Toutes ces actions peuvent paraitre microcosmiques. Mais au moins elles sont action dans le monde, elles participent à la création du monde.

 

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  • 2 semaines après...
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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 453 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Quand je vois les photos du baby prises par O. je vois  qu'il  perçoit "autre chose" que l’enfant tel que nous avons l’habitude de voir un enfant. C’est non seulement un enfant qui vient mais c’est aussi comme une présence venue d’un autre monde. L'enfant est émerveillé face au monde qu’il découvre, son émerveillement engendre à son tour l’émerveillement de O. qui, du coup, prend cette photo.

Ce qui apparaît, ce qui vient est un universel, ce n’est pas seulement propre à un enfant d’une famille, une communauté, c'est propre à tout enfant. Le sens de l’universel ne provient pas de la raison mais de la sensibilité.

Quand le sens de l’universel vient de la raison alors cet universel n’est plus respecté dès lors qu’il vient en contradiction avec les intérêts particuliers, Il est possible de clamer le respect pour tout enfant sans être gêné par la mise à mort de l’enfant de l’ennemi. Le Hamas n’est pas gêné de massacrer un enfant juif et les Israéliens ne sont pas gênés de tuer un enfant palestinien.

Un anthropologue expliquera cette sensibilité devant l’enfant en produisant un discours explicatif aveugle à ce que présente la sensibilité. L’anthropologue se fera géologue et expliquera pourquoi l’eau de la source-là tient cette position-là mais il ne verra pas l’eau en soi. Il voit le chemin qui conduit, il en voit pas ce qui est conduit.

Notre usage de la raison est tel que nous immobilisons par le langage tout ce qui est en mouvement. Le scientifique comprend le monde dès lors qu’il l’a au préalable immobilisé. Pour rendre au monde sa mobilité il faut autre chose que la raison.

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 453 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Katie Mack, 44 ans, astrophysicienne américaine « Comment va finir l’Univers »

Il existe une poignée de scénarios (décrivant l’évolution finale de l’Univers) tous se rejoignent sur un point : il y aura bien une fin » [ le Big Crunch, la mort thermique, le Big Rip, la désintégration du vide, le Rebond]. « Il y aura à tout le moins une transition qui...détruira tout, rendant le cosmos inhabitable par quelque structure organisée que ce soit » Pulvérisation ou désagrégation finales.

Ce que nous avons donc devant nous, au plus loin, c’est une disparition finale et inéluctable de l’humanité, de toute vie. Cette perspective affecte surtout celles et ceux qui se vouent à la transmission. Transmettre implique cet acte de foi : la vie continue, toujours, le chemin continue, toujours...Si le chemin sombre dans un néant final faut-il encore transmettre ? La volonté de transmettre face au non-sens de la transmission. C’est une contradiction sévère dans laquelle il est difficile de rester. Soit la volonté de transmettre et même le désir de se reproduire s’affaiblit, avant de s’éteindre, soit il faut faire un sacré effort sur soi et engendrer un nouvel imaginaire, qui transcende cette contradiction, sans nier le fait, qu’in fine, disparaissent à jamais tout humain, toute humanité, toute vie.

 

 

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Membre, 35ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 659 messages
Mentor‚ 35ans‚
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Il y a 2 heures, Arkadis a dit :

Katie Mack, 44 ans, astrophysicienne américaine « Comment va finir l’Univers »

Il existe une poignée de scénarios (décrivant l’évolution finale de l’Univers) tous se rejoignent sur un point : il y aura bien une fin » [ le Big Crunch, la mort thermique, le Big Rip, la désintégration du vide, le Rebond]. « Il y aura à tout le moins une transition qui...détruira tout, rendant le cosmos inhabitable par quelque structure organisée que ce soit » Pulvérisation ou désagrégation finales.

Ce que nous avons donc devant nous, au plus loin, c’est une disparition finale et inéluctable de l’humanité, de toute vie. Cette perspective affecte surtout celles et ceux qui se vouent à la transmission. Transmettre implique cet acte de foi : la vie continue, toujours, le chemin continue, toujours...Si le chemin sombre dans un néant final faut-il encore transmettre ? La volonté de transmettre face au non-sens de la transmission. C’est une contradiction sévère dans laquelle il est difficile de rester. Soit la volonté de transmettre et même le désir de se reproduire s’affaiblit, avant de s’éteindre, soit il faut faire un sacré effort sur soi et engendrer un nouvel imaginaire, qui transcende cette contradiction, sans nier le fait, qu’in fine, disparaissent à jamais tout humain, toute humanité, toute vie.

Vous suivez un chemin, et tenez des contradictions, qui ne sont pas sans rappeler le cheminement de l'Ecclésiaste ("tout est vanité - mais aussi "tout ce que ta main trouve à faire, fais-le").

J'y pense, et en vous relisant je me demande ce que la prévision scientifique de l'extinction de toute vie et de la possibilité même de la vie dans cet univers, change fondamentalement à cette expérience de la finitude et de la vanité. Qu'apporte cette prévision scientifique, est-elle vraiment essentielle, déterminante dans votre prise de conscience ? 

Toute la philosophie indienne, elle aussi, pose et repose dans tous les sens ce problème de l'action en face de ses contradictions insolubles. Au total il faut agir, quand et parce que cette action, à ce moment-là, nous est dévolue, et non pas pour les conséquences (de toute façon inconnues) qui enchaîneraient alors cette action - si nous échouons par exemple, mais aussi si nous réussissons.

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Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 842 messages
Mentor‚ 44ans‚
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Il y a 4 heures, Arkadis a dit :

Katie Mack, 44 ans, astrophysicienne américaine « Comment va finir l’Univers »

Il existe une poignée de scénarios (décrivant l’évolution finale de l’Univers) tous se rejoignent sur un point : il y aura bien une fin » [ le Big Crunch, la mort thermique, le Big Rip, la désintégration du vide, le Rebond]. « Il y aura à tout le moins une transition qui...détruira tout, rendant le cosmos inhabitable par quelque structure organisée que ce soit » Pulvérisation ou désagrégation finales.

Ce que nous avons donc devant nous, au plus loin, c’est une disparition finale et inéluctable de l’humanité, de toute vie. Cette perspective affecte surtout celles et ceux qui se vouent à la transmission. Transmettre implique cet acte de foi : la vie continue, toujours, le chemin continue, toujours...Si le chemin sombre dans un néant final faut-il encore transmettre ? La volonté de transmettre face au non-sens de la transmission. C’est une contradiction sévère dans laquelle il est difficile de rester. Soit la volonté de transmettre et même le désir de se reproduire s’affaiblit, avant de s’éteindre, soit il faut faire un sacré effort sur soi et engendrer un nouvel imaginaire, qui transcende cette contradiction, sans nier le fait, qu’in fine, disparaissent à jamais tout humain, toute humanité, toute vie.

 

 

Ces scénarios sont des suppositions construites avec l'état actuel de nos connaissances, loin d'être parfaites. Ce que les scientifiques étudient, c'est la physique. Ce que les scénarios prédisent, c'est la fin de ce que nous comprenons en physique mais pas la fin de tout.

On ne saurait mettre de coté la réalité que nous vivons -et l'actuel désir de transmission que l'on peut éventuellement ressentir- au nom d'une idée imaginaire de fin finale, même si elle vient d'une science dure comme l'astrophysique.

Les philosophies dont j'ai pris connaissance ont au contraire tendance à montrer que tout continue, tout recommence, les formes naissent et meurent mais leur succession est sans fin.

Personnellement, je me dit que ces scénarios qui prétendent dire ce qui se passera dans trouzmille milliards d'année sont tout simplement dans l'erreur. Ces scénarios sont encore à l'état d'élaboration et ne tiennent compte que de modèles fixes et limités. Il y a régulièrement des découvertes qui remettent en question ce que nous croyions auparavant.

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  • 1 mois après...
Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 453 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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C'est une idée difficile à tenir présente dans le champ conscient : l'espèce humaine (comme toutes les espèces ) disparaitra. C'est une idée facile à énoncer bien sûr, mais à peine énoncée elle est oubliée, tant, en fait, elle anéantit nos espoirs, nos croyances, nos philosophies, etc. 

J'éprouve une certaine admiration pour Katie Mack cette jeune cosmologiste qui tient cette idée fermement en conscience quand tous ou presque autour d'elle pourtant convaincus eux aussi de la mortalité de l'espèce humaine ne peuvent continuer à vivre qu'en effaçant cette idée.

Garder cette idée vivante, en soi, participe de cette autre idée : plus je serai lucide sur les choses et sur soi plus j'aurai de chances de découvrir ce que nul encore n'a découvert. Mais le risque c'est qu'une lucidité trop "intense" de la réalité des choses ne finisse par devenir mortelle. Ce serait curieux que développer l'acuité de notre capacité à être conscient nous conduise à l'anéantissement. 

Modifié par Arkadis
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