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L'éducation des enfant au moyen age (en Occident)


miscookiyou

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Membre, 26ans Posté(e)
miscookiyou Membre 2 416 messages
Baby Forumeur‚ 26ans‚
Posté(e)

source :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Éducation_au_Moyen_Âge_en_Occident

autres articles sur le sujet : http://www.ac-grenoble.fr/ecole/renaudsechan/spip.php?article330

Durant les derniers siècles de l’Empire, l’école publique romaine est prise en charge par les civitates ou par le gouvernement impérial.  On y enseigne les sept « arts libéraux » qui comprennent du trivium - grammaire, rhétorique, dialectique et du quadrivium - arithmétique, géométrie, astronomie, musique. Si durant l’Antiquité l’éducation - paideia- vise à former les élites politiques et administratives des cités, l’école médiévale occidentale a, elle, pour mission d’enseigner la vérité chrétienne. L'effondrement de l'empire d'Occident oblige l'Église à prendre en main cette formation, qui est, dans un premier temps, réservée aux futurs clercs. Ce n’est pas pour autant qu’il y ait un rejet drastique de la culture antique. Selon Riché, « Pendant le catastrophique ve siècle — grandes invasions – Romains païens, chrétiens continuent à faire confiance au système pédagogique classique romain. » Donc, ni les Germains ni l'Église ne détruisent l'institution scolaire1. On peut distinguer plusieurs phases dans le passage de l'éducation antique à l'éducation médiévale. L’empire d’Orient quant à lui, continue à développer son propre système éducatif.

Source de l'article https://clio-cr.clionautes.org/etre-enfant-au-moyen-age.html

’histoire de la pédagogie médiévale a été longtemps sacrifiée nous explique l’auteur. Quand des recherches s’ouvrent enfin sur le thème de l’enfant à cette époque, elles souffrent d’idées préconçues et de jugements erronés repris pourtant par des historiens sérieux. Mais peu à peu les articles et les colloques s’intéressent à l’enfant médiéval. On découvre de nombreuses représentations de l’enfant sur des manuscrits, du matériel scolaire, des jouets, des traités pédagogiques.

L’auteur précise avant toutes choses ce que l’on désigne sous le terme « enfant » au Moyen-âge. Selon les cultures, les âges de l’enfance varient mais le plus souvent on suit la chronologie de l’Antiquité : jusqu’à sept ans c’est l’enfance ; de sept à quatorze ans, la jeunesse ; puis l’adolescence de quatorze à vingt-et-un ans.
Quelques documents authentiques viennent illustrer et nuancer ces définitions : L’enfance selon Isidore de Séville (VII° siècle),un texte de Charles d’Orléans du XV° siècle, un court extrait du Livre des Propriétés des Choses de Barthélémy l’Anglais pour le XIII° siècle, un extrait de Poésie hébraïque médiévale en Espagne et en Provence pour le XI° siècle. Tous ces documents sont traduits et rendus très accessibles à un large public.

Première partie : Le nouveau visage de l’enfance

Dans l’Antiquité, l’enfant est souvent comparé au vieillard. Les chrétiens qui lisent l’Ancien Testament remarquent que l’enfant est dépourvu de sagesse et éduqué assez sévèrement. On retrouve les mêmes idées dans les livres d’éducation des Égyptiens.

Avec la diffusion des idées chrétiennes, l’enfant reprend toute sa valeur. Au V° siècle, le pape Léon le Grand fait l’éloge de l’enfance et les moines du début du Moyen-âge le suivent dans cette opinion. L’ignorance et l’inexpérience qui sont celles de l’enfant apparaissent comme une qualité que les adultes auraient tort de mépriser.

Il est par, sa pureté, semblable aux anges et peut être considéré comme un intermédiaire entre l’homme et la divinité. Dans une loi barbare du VIII° siècle, en l’absence d’un prêtre, c’est un enfant qui choisit un objet pour désigner le présumé coupable. Ils peuvent même jouer le rôle de médiums dans les pratiques magiques.

Les textes proposés nous montrent également que les éducateurs du Moyen-âge ne sont pas aussi sévères que les hommes de la Renaissance le disaient. Beaucoup réagissent contre la brutalité des maîtres.

Deuxième partie : Les débuts de la vie d’un enfant

L’auteur nous propose ici des textes portant sur les interdits des autorités ecclésiastiques qui réglementaient la continence conjugale. Le problème de la limitation des naissances, de la conception, de l’avortement se pose partout : les pénitences diffèrent s’il s’agit de l’embryon d’un garçon ou de celui d’une fille.
D’autres textes portent sur les soins apportés au nouveau-né et sur les nourrices qui pouvaient être plusieurs pour un même nouveau-né. Nous pouvons lire ensuite des textes émouvants comme la jolie berceuse de Charles d’Orléans ou les pages consacrées à la joie des parents ou à l’étonnement de voir parler le nourrisson (extrait des Romans de la Table Ronde)

Troisième partie : Enfants et parents

Les traités d’éducation, abondants depuis le Haut Moyen –âge et surtout à partir des XII° et XIII° siècles fournissent de nombreux textes sur les recommandations des pères ou des mères à leurs fils. Les dominicains se sont également intéressés à l’éducation harmonieuse du corps et de l’âme des enfants.

L’auteur fait référence aussi à l’un des plus célèbres traités d’éducation du catalan Ramon Llull adressé à son fils. Il s’appuie sur les écrits de Jean de Gerson, qui en France s’est le plus intéressé à l’enfant au XIV° siècle, et sur les écrits des humanistes italiens des XIV° et XV° siècles.

Ce chapitre nous permet de comprendre les rapports entre enfants et parents empreints de sévérité mais aussi de douceur. Nous y trouvons quelques témoignages sur les petites filles, moins étudiées généralement. Des fabliaux et poèmes du Moyen –âge donnent vie à cette réflexion et en rendent la lecture instructive et agréable.

Quatrième partie : L’enfant va à l’école

A partir de sept ans l’enfant peut apprendre à lire et à écrire. Les textes présentés dans ce chapitre nous montrent que des petits enfants paysans veulent quelque fois apprendre à lire très tôt et les premières tentatives pour les instruire.

Les recueils épistolaires, un règlement d’école du XV° siècle, les plaintes d’un groupement de bourgeois (sorte d’association de parents d’élèves !) au sujet d’un maître, l’inquiétude d’une mère au sujet de la brutalité d’un maître, un extrait du Livre de la connaissance de Moïse Maimonides sur les écoles juives en Espagne au XIII° siècle sont autant de pages authentiques et chargées de sens que l’auteur réunit dans ce chapitre.

Cinquième partie : Éducation des enfants de l’aristocratie et du peuple

Ici, l’auteur regroupe des textes sur les conseils prodigués aux précepteurs et gouvernantes des futurs princes, rois et fils de nobles dans l’Espagne wisigothique ou plus généralement la littérature médiévale.

Pour ce qui est du monde des humbles on y voit l’éloge du goût du travail et de la droiture. Quelques textes nous introduisent dans le monde paysan à partir de témoignages d’adultes se souvenant comment ils gardaient les oies ou empêchaient les oiseaux de dévaster les vignes .

Ces textes sont riches et variés : apprendre la courtoisie, la chasse, à manger correctement, nécessité de connaître un métier pour faire face à l’adversité en cas de perte de sa fortune….il s’y trouve même un contrat d’un très jeune apprenti dans l’Espagne du XV° siècle….

Sixième partie : Bonheur et misères des enfants

L’auteur aborde ici les jouets, méconnus dans les textes ; il nous livre quelques récits d’espiègleries d’enfants puis cite des textes qui parlent de leurs misères : abandons, enfants considérés comme des marchandises (vendus comme esclaves), brutalités dont ils sont parfois victimes, accidents de la petite enfance, mortalité infantile.

Ce chapitre se termine sur la douleur des parents au décès d’un enfant comme en témoigne une épitaphe versifiée en Italie à la fin du XV° siècle qui exprime le désespoir d’un père ayant perdu sa petite fille.

Septième partie : Les enfants moines

Le monastère était souvent un refuge pour eux. Les parents avaient l’assurance que leurs enfants y seraient bien traités. Le monastère était également une école (le cloître s’opposait à l’école de la ville). En général on attend sept ans pour confier son enfant aux moines et cet engagement, jusqu’au XI° siècle est irrévocable .Des textes nous précisent la journée d’un petit moine anglo-saxon au début du XI° siècle.
L’éducation des petits moines à Cluny semble être un modèle. Le chapitre contient également de petits textes contant des facéties de jeunes moines lors de matines pour le moins peu ordinaires.

Huitième partie : La vie religieuse des enfants

Le premier souci des parents est de faire baptiser le nouveau-né car le dogme du péché originel est établi. A l’époque carolingienne, les parents attendent que l’enfant puisse répondre au prêtre avant d’être baptisé mais il court des dangers s’il meurt avant cette cérémonie.
Quelques textes témoignent du rôle des enfants lors des fêtes religieuses comme la fête des Saints-Innocents, Pâques ou Noël. D’autres indiquent comment l’enseignement religieux était donné après le baptême.
L’auteur nous propose également dans ce chapitre trois textes témoignant de miracles lorsque des enfants très malades étaient conduits au tombeau de saints.

Conclusion : Vers l’adolescence

A quatorze ans, l’enfant devient adolescent. Nous voyons dans quelques textes comment certains le regrettent estimant que l’enfance est préférable à l’adolescence. Les effets de la puberté se font sentir. Dans l’un des textes proposés, Froissard se souvient de cet âge et de ses aspirations à l’amour. Dans d’autres extraits, les pédagogues préviennent les parents de bien surveiller leur fille et de ne pas la marier trop tôt. Une autre page choisie nous commente l’attitude des mères qui voyant leur fils les quitter pour aller à la cour royale leur donnent des conseils.

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 154 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

Des traités ok, mais pour être lus par qui?

La majeure partie de la population médiévale est analphabète et le livre, copié à la main sur des peaux de bêtes (parchemin) est rare et cher.

Dans ses recherches Elisabeth Badinter tend à dire que l'idée d'enfance et d'amour maternel,est un concept assez récent car étant donné qu'au moyen âge et durant l'antiquité, la mortalité infantile est très forte, les adultes ne s'investissaient guère émotionnellement dans leur progéniture. Sur sept enfants conçus deux parvenaient à l'âge adulte.

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Membre, Voyageur, 71ans Posté(e)
Plouj Membre 115 448 messages
71ans‚ Voyageur,
Posté(e)
il y a 52 minutes, miscookiyou a dit :

Le premier souci des parents est de faire baptiser le nouveau-né car le dogme du péché originel est établi. A l’époque carolingienne, les parents attendent que l’enfant puisse répondre au prêtre avant d’être baptisé mais il court des dangers s’il meurt avant cette cérémonie.

Dans certaines campagnes, j'ai rencontré des habitants qui me disaient devoir absolument baptiser leur enfant le plus tôt possible afin qu'il ne soit pas enterré comme un petit chien, en fosse commune, n'importe où !

C'était dans les années 1980/90. Les traditions ont la vie dure !

 

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 561 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
Posté(e)
il y a 42 minutes, querida13 a dit :

Des traités ok, mais pour être lus par qui?

La majeure partie de la population médiévale est analphabète et le livre, copié à la main sur des peaux de bêtes (parchemin) est rare et cher.

Dans ses recherches Elisabeth Badinter tend à dire que l'idée d'enfance et d'amour maternel,est un concept assez récent car étant donné qu'au moyen âge et durant l'antiquité, la mortalité infantile est très forte, les adultes ne s'investissaient guère émotionnellement dans leur progéniture. Sur sept enfants conçus deux parvenaient à l'âge adulte.

Elisabeth Badinter fait partie de ces "féministes" qui s'acharnent à prouver que les qualités dites "féminines" (comme l'instinct maternel) n'existent pas. Alors méfiance!

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Membre, Posté(e)
Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 3 heures, miscookiyou a dit :

source :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Éducation_au_Moyen_Âge_en_Occident

autres articles sur le sujet : http://www.ac-grenoble.fr/ecole/renaudsechan/spip.php?article330

Durant les derniers siècles de l’Empire, l’école publique romaine est prise en charge par les civitates ou par le gouvernement impérial.  On y enseigne les sept « arts libéraux » qui comprennent du trivium - grammaire, rhétorique, dialectique et du quadrivium - arithmétique, géométrie, astronomie, musique. Si durant l’Antiquité l’éducation - paideia- vise à former les élites politiques et administratives des cités, l’école médiévale occidentale a, elle, pour mission d’enseigner la vérité chrétienne. L'effondrement de l'empire d'Occident oblige l'Église à prendre en main cette formation, qui est, dans un premier temps, réservée aux futurs clercs. Ce n’est pas pour autant qu’il y ait un rejet drastique de la culture antique. Selon Riché, « Pendant le catastrophique ve siècle — grandes invasions – Romains païens, chrétiens continuent à faire confiance au système pédagogique classique romain. » Donc, ni les Germains ni l'Église ne détruisent l'institution scolaire1. On peut distinguer plusieurs phases dans le passage de l'éducation antique à l'éducation médiévale. L’empire d’Orient quant à lui, continue à développer son propre système éducatif.

Source de l'article https://clio-cr.clionautes.org/etre-enfant-au-moyen-age.html

’histoire de la pédagogie médiévale a été longtemps sacrifiée nous explique l’auteur. Quand des recherches s’ouvrent enfin sur le thème de l’enfant à cette époque, elles souffrent d’idées préconçues et de jugements erronés repris pourtant par des historiens sérieux. Mais peu à peu les articles et les colloques s’intéressent à l’enfant médiéval. On découvre de nombreuses représentations de l’enfant sur des manuscrits, du matériel scolaire, des jouets, des traités pédagogiques.

L’auteur précise avant toutes choses ce que l’on désigne sous le terme « enfant » au Moyen-âge. Selon les cultures, les âges de l’enfance varient mais le plus souvent on suit la chronologie de l’Antiquité : jusqu’à sept ans c’est l’enfance ; de sept à quatorze ans, la jeunesse ; puis l’adolescence de quatorze à vingt-et-un ans.
Quelques documents authentiques viennent illustrer et nuancer ces définitions : L’enfance selon Isidore de Séville (VII° siècle),un texte de Charles d’Orléans du XV° siècle, un court extrait du Livre des Propriétés des Choses de Barthélémy l’Anglais pour le XIII° siècle, un extrait de Poésie hébraïque médiévale en Espagne et en Provence pour le XI° siècle. Tous ces documents sont traduits et rendus très accessibles à un large public.

Première partie : Le nouveau visage de l’enfance

Dans l’Antiquité, l’enfant est souvent comparé au vieillard. Les chrétiens qui lisent l’Ancien Testament remarquent que l’enfant est dépourvu de sagesse et éduqué assez sévèrement. On retrouve les mêmes idées dans les livres d’éducation des Égyptiens.

Avec la diffusion des idées chrétiennes, l’enfant reprend toute sa valeur. Au V° siècle, le pape Léon le Grand fait l’éloge de l’enfance et les moines du début du Moyen-âge le suivent dans cette opinion. L’ignorance et l’inexpérience qui sont celles de l’enfant apparaissent comme une qualité que les adultes auraient tort de mépriser.

Il est par, sa pureté, semblable aux anges et peut être considéré comme un intermédiaire entre l’homme et la divinité. Dans une loi barbare du VIII° siècle, en l’absence d’un prêtre, c’est un enfant qui choisit un objet pour désigner le présumé coupable. Ils peuvent même jouer le rôle de médiums dans les pratiques magiques.

Les textes proposés nous montrent également que les éducateurs du Moyen-âge ne sont pas aussi sévères que les hommes de la Renaissance le disaient. Beaucoup réagissent contre la brutalité des maîtres.

Deuxième partie : Les débuts de la vie d’un enfant

L’auteur nous propose ici des textes portant sur les interdits des autorités ecclésiastiques qui réglementaient la continence conjugale. Le problème de la limitation des naissances, de la conception, de l’avortement se pose partout : les pénitences diffèrent s’il s’agit de l’embryon d’un garçon ou de celui d’une fille.
D’autres textes portent sur les soins apportés au nouveau-né et sur les nourrices qui pouvaient être plusieurs pour un même nouveau-né. Nous pouvons lire ensuite des textes émouvants comme la jolie berceuse de Charles d’Orléans ou les pages consacrées à la joie des parents ou à l’étonnement de voir parler le nourrisson (extrait des Romans de la Table Ronde)

Troisième partie : Enfants et parents

Les traités d’éducation, abondants depuis le Haut Moyen –âge et surtout à partir des XII° et XIII° siècles fournissent de nombreux textes sur les recommandations des pères ou des mères à leurs fils. Les dominicains se sont également intéressés à l’éducation harmonieuse du corps et de l’âme des enfants.

L’auteur fait référence aussi à l’un des plus célèbres traités d’éducation du catalan Ramon Llull adressé à son fils. Il s’appuie sur les écrits de Jean de Gerson, qui en France s’est le plus intéressé à l’enfant au XIV° siècle, et sur les écrits des humanistes italiens des XIV° et XV° siècles.

Ce chapitre nous permet de comprendre les rapports entre enfants et parents empreints de sévérité mais aussi de douceur. Nous y trouvons quelques témoignages sur les petites filles, moins étudiées généralement. Des fabliaux et poèmes du Moyen –âge donnent vie à cette réflexion et en rendent la lecture instructive et agréable.

Quatrième partie : L’enfant va à l’école

A partir de sept ans l’enfant peut apprendre à lire et à écrire. Les textes présentés dans ce chapitre nous montrent que des petits enfants paysans veulent quelque fois apprendre à lire très tôt et les premières tentatives pour les instruire.

Les recueils épistolaires, un règlement d’école du XV° siècle, les plaintes d’un groupement de bourgeois (sorte d’association de parents d’élèves !) au sujet d’un maître, l’inquiétude d’une mère au sujet de la brutalité d’un maître, un extrait du Livre de la connaissance de Moïse Maimonides sur les écoles juives en Espagne au XIII° siècle sont autant de pages authentiques et chargées de sens que l’auteur réunit dans ce chapitre.

Cinquième partie : Éducation des enfants de l’aristocratie et du peuple

Ici, l’auteur regroupe des textes sur les conseils prodigués aux précepteurs et gouvernantes des futurs princes, rois et fils de nobles dans l’Espagne wisigothique ou plus généralement la littérature médiévale.

Pour ce qui est du monde des humbles on y voit l’éloge du goût du travail et de la droiture. Quelques textes nous introduisent dans le monde paysan à partir de témoignages d’adultes se souvenant comment ils gardaient les oies ou empêchaient les oiseaux de dévaster les vignes .

Ces textes sont riches et variés : apprendre la courtoisie, la chasse, à manger correctement, nécessité de connaître un métier pour faire face à l’adversité en cas de perte de sa fortune….il s’y trouve même un contrat d’un très jeune apprenti dans l’Espagne du XV° siècle….

Sixième partie : Bonheur et misères des enfants

L’auteur aborde ici les jouets, méconnus dans les textes ; il nous livre quelques récits d’espiègleries d’enfants puis cite des textes qui parlent de leurs misères : abandons, enfants considérés comme des marchandises (vendus comme esclaves), brutalités dont ils sont parfois victimes, accidents de la petite enfance, mortalité infantile.

Ce chapitre se termine sur la douleur des parents au décès d’un enfant comme en témoigne une épitaphe versifiée en Italie à la fin du XV° siècle qui exprime le désespoir d’un père ayant perdu sa petite fille.

Septième partie : Les enfants moines

Le monastère était souvent un refuge pour eux. Les parents avaient l’assurance que leurs enfants y seraient bien traités. Le monastère était également une école (le cloître s’opposait à l’école de la ville). En général on attend sept ans pour confier son enfant aux moines et cet engagement, jusqu’au XI° siècle est irrévocable .Des textes nous précisent la journée d’un petit moine anglo-saxon au début du XI° siècle.
L’éducation des petits moines à Cluny semble être un modèle. Le chapitre contient également de petits textes contant des facéties de jeunes moines lors de matines pour le moins peu ordinaires.

Huitième partie : La vie religieuse des enfants

Le premier souci des parents est de faire baptiser le nouveau-né car le dogme du péché originel est établi. A l’époque carolingienne, les parents attendent que l’enfant puisse répondre au prêtre avant d’être baptisé mais il court des dangers s’il meurt avant cette cérémonie.
Quelques textes témoignent du rôle des enfants lors des fêtes religieuses comme la fête des Saints-Innocents, Pâques ou Noël. D’autres indiquent comment l’enseignement religieux était donné après le baptême.
L’auteur nous propose également dans ce chapitre trois textes témoignant de miracles lorsque des enfants très malades étaient conduits au tombeau de saints.

Conclusion : Vers l’adolescence

A quatorze ans, l’enfant devient adolescent. Nous voyons dans quelques textes comment certains le regrettent estimant que l’enfance est préférable à l’adolescence. Les effets de la puberté se font sentir. Dans l’un des textes proposés, Froissard se souvient de cet âge et de ses aspirations à l’amour. Dans d’autres extraits, les pédagogues préviennent les parents de bien surveiller leur fille et de ne pas la marier trop tôt. Une autre page choisie nous commente l’attitude des mères qui voyant leur fils les quitter pour aller à la cour royale leur donnent des conseils.

Merci pour cet article.

Il y a 3 heures, querida13 a dit :

Des traités ok, mais pour être lus par qui?

La majeure partie de la population médiévale est analphabète et le livre, copié à la main sur des peaux de bêtes (parchemin) est rare et cher.

Dans ses recherches Elisabeth Badinter tend à dire que l'idée d'enfance et d'amour maternel,est un concept assez récent car étant donné qu'au moyen âge et durant l'antiquité, la mortalité infantile est très forte, les adultes ne s'investissaient guère émotionnellement dans leur progéniture. Sur sept enfants conçus deux parvenaient à l'âge adulte.

On peut faire le raisonnement inverse, la mortalité est telle que l'on tient d'autant plus aux survivants.

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Membre, paradoxe sur pattes, 55ans Posté(e)
koadeg Membre 4 315 messages
55ans‚ paradoxe sur pattes,
Posté(e)
Il y a 3 heures, querida13 a dit :

Dans ses recherches Elisabeth Badinter tend à dire que l'idée d'enfance et d'amour maternel,est un concept assez récent car étant donné qu'au moyen âge et durant l'antiquité, la mortalité infantile est très forte, les adultes ne s'investissaient guère émotionnellement dans leur progéniture. Sur sept enfants conçus deux parvenaient à l'âge adulte.

exact. Ce n'est d'ailleurs pas une thèse d'E. Badinter, mais des historiens de l'époque moderne et contemporaine. C'est à dire qu'avec le siècle des Lumières, la science a fait des progrès ainsi que les thèses hygiéniques. Cela a entrainé moins de mortalité enfantine et par conséquent, les enfants n'étaient plus considérés comme remplaçables.

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 154 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

C'est cependant pendant ce fameux siècle des lumières qui fut un siècle particulièrement libertin, que l'on a compté le plus d'abandons de nourrissons aux portes des églises.

Il ne faut pas se leurrer: c'est le progrès dans l'hygiène des accoucheurs, les progrès dans la vaccination et surtout  l'apparition des antibiotiques qui ont permis la survie des enfants en bas âge car autrefois un très grand nombre d'enfants mouraient avant l'âge de cinq ans!Et c'est cette survie accrue qui a permis un renouveau d'intérêt pour l'enfant qui n'était plus traité en adulte miniature mais comme un être en devenir à part entière.

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Membre, Voyageur, 71ans Posté(e)
Plouj Membre 115 448 messages
71ans‚ Voyageur,
Posté(e)
il y a 3 minutes, querida13 a dit :

C'est cependant pendant ce fameux siècle des lumières qui fut un siècle particulièrement libertin, que l'on a compté le plus d'abandons de nourrissons aux portes des églises.

Il ne faut pas se leurrer: c'est le progrès dans l'hygiène des accoucheurs, les progrès dans la vaccination et surtout  l'apparition des antibiotiques qui ont permis la survie des enfants en bas âge car autrefois un très grand nombre d'enfants mouraient avant l'âge de cinq ans!Et c'est cette survie accrue qui a permis un renouveau d'intérêt pour l'enfant qui n'était plus traité en adulte miniature mais comme un être en devenir à part entière.

A l'époque, les gens étaient plus près de la nature ! Seuls les plus solides survivaient ! Nous sommes les descendants de ces survivants !

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Membre, paradoxe sur pattes, 55ans Posté(e)
koadeg Membre 4 315 messages
55ans‚ paradoxe sur pattes,
Posté(e)
il y a 14 minutes, querida13 a dit :

C'est cependant pendant ce fameux siècle des lumières qui fut un siècle particulièrement libertin, que l'on a compté le plus d'abandons de nourrissons aux portes des églises.

Il ne faut pas se leurrer: c'est le progrès dans l'hygiène des accoucheurs, les progrès dans la vaccination et surtout  l'apparition des antibiotiques qui ont permis la survie des enfants en bas âge car autrefois un très grand nombre d'enfants mouraient avant l'âge de cinq ans!Et c'est cette survie accrue qui a permis un renouveau d'intérêt pour l'enfant qui n'était plus traité en adulte miniature mais comme un être en devenir à part entière.

Je ne suis pas sûr que ce siècle soit plus libertin ou plus "abandonneur". On va plutôt dire plus "médiatisé". Le siècle des Lumières est par définition une philosophie particulière en ce sens qu'elle s’intéresse à l'Homme. Je reste sur une base générale et non sur une partie de la population. Il est évident qu'une domestique et une duchesse n'auront pas la même conception du libertinage, de l'hygiène...

Cela reste toutefois le siècle où d'énormes progrès sont faits. Bien avant la vaccination, qui n'a rien de comparable bien sûr.

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 154 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

Voir cet article

https://perso.helmo.be/jamin/euxaussi/famille/modaband.html

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 154 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)
il y a 33 minutes, Plouj a dit :

A l'époque, les gens étaient plus près de la nature ! Seuls les plus solides survivaient ! Nous sommes les descendants de ces survivants !

Je suppose que nous sommes les descendants de gens qui n'ont été moins exposés aux bactéries, aux maladies, aux épidémies, à la malnutrition, aux famines et aux guerres. 

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Membre, Voyageur, 71ans Posté(e)
Plouj Membre 115 448 messages
71ans‚ Voyageur,
Posté(e)
il y a 1 minute, querida13 a dit :

Je suppose que nous sommes les descendants de gens qui n'ont été moins exposés aux bactéries, aux maladies, aux épidémies, à la malnutrition, aux famines et aux guerres. 

Pour être parvenus jusqu'à aujourd'hui, nos descendants étaient les meilleurs.. puisque exposés aux mêmes calamités que les autres !

Où auraient donc vécu tes privilégiés à l'abri de toutes ces fléaux ?

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 154 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

Je crois qu'en définitive le document médiéval le plus complet c'et le Gargantua de Rabelais qui indique de  manière truculente comment son père élève son géant de fils.

Taper sur google: Rabelais Gargantua chapitre 23 l'éducation de Gargantua.

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 154 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)
Il y a 10 heures, Plouj a dit :

Pour être parvenus jusqu'à aujourd'hui, nos descendants étaient les meilleurs.. puisque exposés aux mêmes calamités que les autres !

Où auraient donc vécu tes privilégiés à l'abri de toutes ces fléaux ?

Loin de toute vie collective propagatrice d'échanges de bactéries et de virus, à l'écart des hôpitaux, donc des malades, fuyant les guerres et les conflits, ayant une alimentation diversifiée et saine, une activité ne les exposant pas à tous les dangers et faisant régner ordre et propreté chez eux.

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Membre, Voyageur, 71ans Posté(e)
Plouj Membre 115 448 messages
71ans‚ Voyageur,
Posté(e)
Il y a 6 heures, querida13 a dit :

Loin de toute vie collective propagatrice d'échanges de bactéries et de virus, à l'écart des hôpitaux, donc des malades, fuyant les guerres et les conflits, ayant une alimentation diversifiée et saine, une activité ne les exposant pas à tous les dangers et faisant régner ordre et propreté chez eux.

Ça ne me dit pas où ça ! ;)

Je reste dans l'époque, le moyen-âge. Il y aurait eu un endroit loin de toute vie collective propagatrice d'échanges de bactéries et de virus, à l'écart des hôpitaux, donc des malades, fuyant les guerres et les conflits, ayant une alimentation diversifiée et saine, une activité ne les exposant pas à tous les dangers et faisant régner ordre et propreté chez eux.

Genre l'Atlantide ou sur la lune ?

 

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