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Les quêtes

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Mite_Railleuse Membre 15 436 messages
Grégairophobe...‚ 150ans
Posté(e)

La quête en tant que sens, ne se suffit-elle pas à elle-même ? N'est-elle pas le véritable carburant et non le moyen de parvenir à ses aspirations ? Quand la quête est aboutie, que reste t-il ? Une autre quête qui remplace l'autre ?

J'avais vu un reportage sur une enquête criminelle menée sur une vingtaine d'années, je crois. Une mère s'est battue durant tout ce temps sans rien lâcher, sans jamais faiblir, pour que l'assassin de sa fille soit arrêté. Et quand ça a été le cas, j'ai été surprise de son manque de réaction. Elle avait l'air perdue, vide, éteinte, sans plus aucun but. Sa raison de vivre avait disparue. Et elle semblait incapable de faire son deuil, de ce qui l'avait tenue toutes ses années...

Les quêtes doivent-elles être réalisées ?

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ping Membre 6 118 messages
Forumeur alchimiste‚ 50ans
Posté(e)

Que rajouter à ça? Nous sommes des êtres de langage, donc de desir, donc nous avons besoin de courir aprés l'inaccessible étoiiiiiiiile , en gros...

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shyiro Membre 7 068 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Aldrin, le 2è homme à avoir marché sur la lune a ecrit son livre autobiographique ("Retour sur Terre") : apres avoir marché sur la lune qui est l'ultime objectif/passion de sa vie, il tombe en depression, n'eprouve plus aucune motivation, s'est mis à tromper sa femme dans le but d'avoir qch à eprouver ... 

Modifié par shyiro

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ping Membre 6 118 messages
Forumeur alchimiste‚ 50ans
Posté(e)

« Et à quoi bon exécuter des projets, puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante ? »

Charles Baudelaire

 

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Petit pois Membre 33 389 messages
Petit pois errant‚ 87ans
Posté(e)

Je crois qu'il y a deux formes de quêtes différentes : la quête en elle-même où elle est but et objet mais appelée à être infinie, perpétuelle, voire idéologie de vie. Et puis la quête concrète, la quête définie, telle celle de cette mère que tu cites  ( @Mite_Railleuse) mais tant de quêtes : de la vérité, de savoir, d'amour, de bonheur, de soi...(liste non exhaustive)  Et cette dernière rejoint certainement la première : inaboutie et à jamais inassouvissable. 

La quête des collectionneurs aussi, qui progresse et recule au fur et à mesure des "trouvailles"..

Modifié par Petit pois
Précision

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Petit pois Membre 33 389 messages
Petit pois errant‚ 87ans
Posté(e)

La quête du sens de la vie et surtout de la mort est probablement une des  seules qui durera jusqu'à la mort du quêteur ...et s'il y trouvait une réponse une fois outre-passé ? S'il en était alors frustré, dépressif, déçu ? B* de M* ! mais quelle horreur!! (La mite, je te déteste !)

Révélation

 :bisou:

 

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Isadora. Membre 507 messages
Forumeur forcené‚ 31ans
Posté(e)
Il y a 6 heures, Mite_Railleuse a dit :

La quête en tant que sens, ne se suffit-elle pas à elle-même ? N'est-elle pas le véritable carburant et non le moyen de parvenir à ses aspirations ? Quand la quête est aboutie, que reste t-il ? Une autre quête qui remplace l'autre ?

J'avais vu un reportage sur une enquête criminelle menée sur une vingtaine d'années, je crois. Une mère s'est battue durant tout ce temps sans rien lâcher, sans jamais faiblir, pour que l'assassin de sa fille soit arrêté. Et quand ça a été le cas, j'ai été surprise de son manque de réaction. Elle avait l'air perdue, vide, éteinte, sans plus aucun but. Sa raison de vivre avait disparue. Et elle semblait incapable de faire son deuil, de ce qui l'avait tenue toutes ses années...

Les quêtes doivent-elles être réalisées ?

Hum… Épineux. 

Aristote distingue deux types d'actions (je dirais plutôt de "mouvements") : les mouvements pratiques (du grec praxis) et les mouvements poétiques (du grec poièsis).

La poièsis, c'est quand on veut réaliser une œuvre ou effectuer un travail dont la finalité est extérieure à l'activité. En clair : je suis caissière, mon activité consiste à scanner des machins, ça me soûle mais je le fais pour le fric qui tombera à la fin du mois, fric qui me permettra de vivre et de me payer quelques loisirs. Quand je passe une mauvaise journée au travail, je pense à  mes vacances et je me raccroche à l'idée qu'on n'a rien sans rien. Si je gagnais au Loto, j'arrêterais tout de suite de faire ça. 

La praxis, c'est tout différent. C'est une activité dont la finalité est interne. Je danse pour danser, pas pour avoir dansé. Je chante parce que j'aime ce que je sens au moment où je chante. 

Théoriquement, n'importe quelle activité peut-être envisagée comme praxis ou poièsis. Ça dépend de la manière dont on prend le choses. Je peux courir sans aucun attrait pour l'exercice, juste parce que je passe le bac et que j'ai besoin d'une note potable en athlétisme. Je peux courir parce que j'aime cela. Cela peut se transposer sur à peu près tout et n'importe quoi. 

Certaines quêtes sont entièrement orientées poièsis et je pense qu'elles sont nocives, voire illusoires. Cette mère qui a lutté pour que justice soit faite n'aurait-elle pas espéré trouver un apaisement que la condamnation ne lui a pas fournie ? 

Certaines quêtes peuvent être pratiques mais néanmoins déboucher sur une dépression. Cet astronaute, s'il a fait tout ce qu'il pouvait pour être dans l'espace peut en effet considérer que ses chances d'y retourner sont nulles et déprimer. Il peut aussi avoir fait cela pour l'avoir fait, auquel cas c'était bien prévisible, qu'il s'effondre… 

L'intention est importante. Il me semble qu'une quête est bonne si elle vise une activité. Cela dit, si j'apprends le piano dans le but d'accéder au plaisir de jouer du Chopin et qu'on me brise les mains juste après, je peux tout de même m'effondrer. Alors je rejoins Aristote ; la contemplation de Dieu a sa pertinence, comme but. 

Modifié par Isadora.
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Quasi-Modo Membre 9 233 messages
Macrocéphale bossu‚ 33ans
Posté(e)

Pourrait-on dire que les actions relevant du poétique ont pour fondement la peur (p.ex. la caissière a peur de manquer d'argent pour payer ses factures) tandis que les actions relevant de la praxis ont pour origine l'amour de l'activité en tant que tel?

Peut-être ici faut-il différencier entre ces activités pour lesquelles nous sommes infiniment perfectibles - jamais un athlète n'atteint vraiment son objectif, en dernière instance il sera son propre adversaire - et celles qui consistent en un résultat trop concret et précis/mesurable.

Le désir de la connaissance pour la connaissance (auquel je ne suis pas étranger) me paraît plutôt sympathique. C'est une quête sans fin, jamais on ne peut vraiment la réaliser, à moins de s'appeler Dieu. L'astronaute peut très bien avoir réalisé son rêve d'aller sur la lune puis déprimer étant donné qu'il n'aura aucune raison de rester vivant. Le chercheur qui tente en permanence d'améliorer l'état de ses connaissances ainsi que celles de la communauté scientifique, est dans une quête par nature sans fin.

Serait-ce là un critère pour distinguer entre les quêtes pratiques (praxis) propres à faire déprimer et les autres?

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Don Juan Membre 402 messages
Forumeur survitaminé‚ 63ans
Posté(e)
Il y a 8 heures, Mite_Railleuse a dit :

La quête en tant que sens, ne se suffit-elle pas à elle-même ? N'est-elle pas le véritable carburant et non le moyen de parvenir à ses aspirations ? Quand la quête est aboutie, que reste t-il ? Une autre quête qui remplace l'autre ?

J'avais vu un reportage sur une enquête criminelle menée sur une vingtaine d'années, je crois. Une mère s'est battue durant tout ce temps sans rien lâcher, sans jamais faiblir, pour que l'assassin de sa fille soit arrêté. Et quand ça a été le cas, j'ai été surprise de son manque de réaction. Elle avait l'air perdue, vide, éteinte, sans plus aucun but. Sa raison de vivre avait disparue. Et elle semblait incapable de faire son deuil, de ce qui l'avait tenue toutes ses années...

Les quêtes doivent-elles être réalisées ?

Ne confondez-vous pas un peu la quête et l'enquête .

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Mite_Railleuse Membre 15 436 messages
Grégairophobe...‚ 150ans
Posté(e)
Il y a 7 heures, Petit pois a dit :

Je crois qu'il y a deux formes de quêtes différentes : la quête en elle-même où elle est but et objet mais appelée à être infinie, perpétuelle, voire idéologie de vie. Et puis la quête concrète, la quête définie, telle celle de cette mère que tu cites  ( @Mite_Railleuse) mais tant de quêtes : de la vérité, de savoir, d'amour, de bonheur, de soi...(liste non exhaustive)  Et cette dernière rejoint certainement la première : inaboutie et à jamais inassouvissable. 

La quête des collectionneurs aussi, qui progresse et recule au fur et à mesure des "trouvailles"..

Il me semble que parfois cette quête "idéologique", peut être un leurre, une imposture pour s'affranchir de vivre ce que nous redoutons. Et passer à côté de tout...

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Isadora. Membre 507 messages
Forumeur forcené‚ 31ans
Posté(e)
Il y a 1 heure, Quasi-Modo a dit :

Pourrait-on dire que les actions relevant du poétique ont pour fondement la peur (p.ex. la caissière a peur de manquer d'argent pour payer ses factures) tandis que les actions relevant de la praxis ont pour origine l'amour de l'activité en tant que tel?

Peu importe, en fait. L'idée, c'est vraiment que ce soit interne ou externe. Quelles que soient les motivations, l'important c'est de savoir si le but est interne ou externe. 

But interne motivé par des émotions tristes : je veux apprendre à méditer pour trouver la paix intérieure parce que je vis dans l'angoisse et que j'ai peur de vivre toute ma vie ainsi -> j'y parviens -> je suis heureuse. 

But externe motivé par des émotions joyeuses : je veux réussir dans la vie pour acheter une maison à mes parents -> j'y parviens -> c'est fini, je n'ai plus de but. 

 

Il y a 1 heure, Quasi-Modo a dit :

Peut-être ici faut-il différencier entre ces activités pour lesquelles nous sommes infiniment perfectibles - jamais un athlète n'atteint vraiment son objectif, en dernière instance il sera son propre adversaire - et celles qui consistent en un résultat trop concret et précis/mesurable.

Là encore, peu importe dans le fond. Tout est affaire d'intention et de regard porté sur l'activité. Si je suis perfectionniste et que je veux gagner les JO une fois dans ma vie, j'y parviens, c'est fini. Si je veux toujours aller plus loin, à la fin de ma carrière d'athlète, je voudrai poursuivre dans un autre domaine. Didier Deschamps semble mu par ce genre de perfectionnisme (d'ailleurs après avoir gagné la semaine dernière, il a dit que sa vie n'allait pas changer, comme elle n'avait pas vraiment changé il y a vingt ans). 

Si ton but est d'atteindre une forme de beau geste ou que tu apprécies ton art pour les vertus qu'il apporte, peu importent la gloire ou les reconnaissances externes, dans le fond. Et le pétage de plomb semble lointain. 

 

Il y a 1 heure, Quasi-Modo a dit :

Le désir de la connaissance pour la connaissance (auquel je ne suis pas étranger) me paraît plutôt sympathique. C'est une quête sans fin, jamais on ne peut vraiment la réaliser, à moins de s'appeler Dieu. L'astronaute peut très bien avoir réalisé son rêve d'aller sur la lune puis déprimer étant donné qu'il n'aura aucune raison de rester vivant. Le chercheur qui tente en permanence d'améliorer l'état de ses connaissances ainsi que celles de la communauté scientifique, est dans une quête par nature sans fin.

Hum… Pas si sûr, quand on voit ce que sont devenus les Prix Nobel français. Encore une fois, tout est affaire de regard que l'on porte sur ce que l'on fait. 

 

Il y a 1 heure, Quasi-Modo a dit :

Serait-ce là un critère pour distinguer entre les quêtes pratiques (praxis) propres à faire déprimer et les autres?

Pour le coup, je basculerais sur de la philosophie stoïcienne. Les activités ne dépendant pas de conditions externes me semblent être les plus sûres. Mon exemple du pianiste visait à montrer que même quelque chose qui ne dépend que de soi-même et de son corps n'est pas fiable à 100% puisque le corps peut nous lâcher. 

Plus concrètement, la recherche du Beau me semble être assez sûre. La recherche du Vrai aussi. Bref, tous ces objets de recherche me ramènent à la contemplation aristotélicienne. 

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Mite_Railleuse Membre 15 436 messages
Grégairophobe...‚ 150ans
Posté(e)
Il y a 2 heures, Isadora. a dit :

L'intention est importante. Il me semble qu'une quête est bonne si elle vise une activité. Cela dit, si j'apprends le piano dans le but d'accéder au plaisir de jouer du Chopin et qu'on me brise les mains juste après, je peux tout de même m'effondrer. Alors je rejoins Aristote ; la contemplation de Dieu a sa pertinence, comme but.  

Je crois aussi en l'importance de l'intention, encore faut-il qu'elle soit bien identifiée. Une quête "tronquée" ne peut-elle pas être inhibitrice de vie ?

il y a 54 minutes, Don Juan a dit :

Ne confondez-vous pas un peu la quête et l'enquête .

Non.

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Isadora. Membre 507 messages
Forumeur forcené‚ 31ans
Posté(e)
il y a 2 minutes, Mite_Railleuse a dit :

Je crois aussi en l'importance de l'intention, encore faut-il qu'elle soit bien identifiée. Une quête "tronquée" ne peut-elle pas être inhibitrice de vie ?

Ha ha ha ! Ben… ouais ! :D

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Isadora. Membre 507 messages
Forumeur forcené‚ 31ans
Posté(e)

D'où l'intérêt, quelle que soit la quête, d'avoir un maître et de pratiquer la méditation, le jeûne, la marche, que sais-je mais une discipline qui nous pousse à épurer nos pensées pour savoir de quoi on a vraiment besoin. 

Le maître est là pour t'engueuler quand tu dérailles, la discipline est un auto-cadrage permanent. 

Et puis la pratique aussi, la pratique, ça c'est important ! Parce qu'une quête sans épreuves n'est qu'un leurre. Clamer qu'on est en quête d'un truc sans mettre les mains dans le cambouis, c'est un peu se foutre de la gueule du monde !

Modifié par Isadora.

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bouddean Membre 890 messages
Forumeur accro‚ 53ans
Posté(e)
Il y a 11 heures, Mite_Railleuse a dit :

La quête en tant que sens, ne se suffit-elle pas à elle-même ? N'est-elle pas le véritable carburant et non le moyen de parvenir à ses aspirations ? Quand la quête est aboutie, que reste t-il ? Une autre quête qui remplace l'autre ?

J'avais vu un reportage sur une enquête criminelle menée sur une vingtaine d'années, je crois. Une mère s'est battue durant tout ce temps sans rien lâcher, sans jamais faiblir, pour que l'assassin de sa fille soit arrêté. Et quand ça a été le cas, j'ai été surprise de son manque de réaction. Elle avait l'air perdue, vide, éteinte, sans plus aucun but. Sa raison de vivre avait disparue. Et elle semblait incapable de faire son deuil, de ce qui l'avait tenue toutes ses années...

Les quêtes doivent-elles être réalisées ?

bonjour Mite,

Dans l'hypothèse ou la vie serait le fruit de la volonté de liberté, en tant qu’être vivant, nous serions normalement animés de par cette volonté de liberté, la liberté absolue ne pouvant être atteinte, seule  la quêtes est à notre portée .

Ce qui restreint notre liberté,et qui fait que la liberté absolue n'existe pas, ce sont nos besoins, plus nous avons de besoins, plus nous sommes dépendants.

Bien que nous en soyons dépendant,ces besoins nous servent à nous libérer, respirer,manger,boire,avoir chaud,pour vivre et nous mouvoir. Nous reproduire pour échapper à la mort, qui est l'inverse de la vie,donc de la liberté, dans cette théorie .

Dans cette théorie, puisque c'est une théorie bien sûr, plus nous comprenons pourquoi nous avons ces besoin et comment nous en servir, plus nous réfléchissons, plus nous  pensons, et plus nous nous approchons de la liberté,parce que en les maîtrisant, nous en sommes moins dépendant, ce qui nous libère...

(Sachant que nous n'avons pas a avoir peur de l’ennui puisque la liberté absolue n'existe pas,seul la quête étant à notre portée, ce qui en soit nous libère :mouai: )

 

 

 

 

 

 

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Quasi-Modo Membre 9 233 messages
Macrocéphale bossu‚ 33ans
Posté(e)
Il y a 11 heures, Isadora. a dit :

Peu importe, en fait. L'idée, c'est vraiment que ce soit interne ou externe. Quelles que soient les motivations, l'important c'est de savoir si le but est interne ou externe. 

But interne motivé par des émotions tristes : je veux apprendre à méditer pour trouver la paix intérieure parce que je vis dans l'angoisse et que j'ai peur de vivre toute ma vie ainsi -> j'y parviens -> je suis heureuse. 

But externe motivé par des émotions joyeuses : je veux réussir dans la vie pour acheter une maison à mes parents -> j'y parviens -> c'est fini, je n'ai plus de but. 

N'y a-t-il pas ici une confusion entre l'internalité/externalité au sens du locus psychologique et l'internalité/externalité au sens de fin en soi ou de moyen en vue d'une fin?

Il y a 11 heures, Isadora. a dit :

Là encore, peu importe dans le fond. Tout est affaire d'intention et de regard porté sur l'activité. Si je suis perfectionniste et que je veux gagner les JO une fois dans ma vie, j'y parviens, c'est fini. Si je veux toujours aller plus loin, à la fin de ma carrière d'athlète, je voudrai poursuivre dans un autre domaine. Didier Deschamps semble mu par ce genre de perfectionnisme (d'ailleurs après avoir gagné la semaine dernière, il a dit que sa vie n'allait pas changer, comme elle n'avait pas vraiment changé il y a vingt ans). 

Si ton but est d'atteindre une forme de beau geste ou que tu apprécies ton art pour les vertus qu'il apporte, peu importent la gloire ou les reconnaissances externes, dans le fond. Et le pétage de plomb semble lointain. 

J'en pense qu'on peut vouloir gagner la médaille d'or aux JO et s'éffondrer, comme on peut simplement aimer le sport et l'esprit qui consiste à s'améliorer constamment soi-même, ce qui laisse notre quête sans fin autre que notre propre mort.

En fait plus on précise son intention (p.ex. vouloir que le coupable du meurtre de notre fils soit condamné ou vouloir la médaille d'or aux JO), plus on investit au quotidien sur ce projet, plus la déprime semble se profiler en cas de réalisation de sa quête.

"Rien n'est plus triste qu'un désir assouvi. Il faut bien constater que, maintenant que nous avons la lune, nous ne savons pas quoi en faire." Jean Dutourd

Il y a 11 heures, Isadora. a dit :

Hum… Pas si sûr, quand on voit ce que sont devenus les Prix Nobel français. Encore une fois, tout est affaire de regard que l'on porte sur ce que l'on fait

 

Je ne vois pas ce que tu veux dire.

Il y a 11 heures, Isadora. a dit :

Pour le coup, je basculerais sur de la philosophie stoïcienne. Les activités ne dépendant pas de conditions externes me semblent être les plus sûres. Mon exemple du pianiste visait à montrer que même quelque chose qui ne dépend que de soi-même et de son corps n'est pas fiable à 100% puisque le corps peut nous lâcher. 

Plus concrètement, la recherche du Beau me semble être assez sûre. La recherche du Vrai aussi. Bref, tous ces objets de recherche me ramènent à la contemplation aristotélicienne. 

Oui tout à fait d'accord, mais je remarque que ce sont une fois de plus des quêtes qui ne terminent pas, et qui ne précisent pas leur objet (et pour cause!).

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aliochaverkiev Membre 1 402 messages
Forumeur alchimiste‚ 43ans
Posté(e)
Il y a 22 heures, Mite_Railleuse a dit :

La quête en tant que sens, ne se suffit-elle pas à elle-même ? N'est-elle pas le véritable carburant et non le moyen de parvenir à ses aspirations ? Quand la quête est aboutie, que reste t-il ? Une autre quête qui remplace l'autre ?

J'avais vu un reportage sur une enquête criminelle menée sur une vingtaine d'années, je crois. Une mère s'est battue durant tout ce temps sans rien lâcher, sans jamais faiblir, pour que l'assassin de sa fille soit arrêté. Et quand ça a été le cas, j'ai été surprise de son manque de réaction. Elle avait l'air perdue, vide, éteinte, sans plus aucun but. Sa raison de vivre avait disparue. Et elle semblait incapable de faire son deuil, de ce qui l'avait tenue toutes ses années...

Les quêtes doivent-elles être réalisées ?

Si c'est l'excitation que vous recherchez soyez toujours dans l'insatisfaction, autrement dit : ne réalisez jamais vos objectifs. Par exemple fantasmez sur ce mec qui vous excite mais ne passez jamais à l'acte. Autrement dit : planter votre tente dans le forum et vous atteindrez enfin la satisfaction d'être toujours insatisfaite. A chacun ses satisfactions.

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titenath Animatrice 29 388 messages
Dindasse prête à servir !!! V.I.Pintade‚ 40ans
Posté(e)
Il y a 13 heures, Mite_Railleuse a dit :

Il me semble que parfois cette quête "idéologique", peut être un leurre, une imposture pour s'affranchir de vivre ce que nous redoutons. Et passer à côté de tout...

Oui évidemment. Il est aussi aisé de constater que celui qui est en quête d'un idéal a tendance à repousser encore et toujours l’exigence de son idéologie à mesure qu'elle s'approche.

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Isadora. Membre 507 messages
Forumeur forcené‚ 31ans
Posté(e)
Il y a 9 heures, Quasi-Modo a dit :

N'y a-t-il pas ici une confusion entre l'internalité/externalité au sens du locus psychologique et l'internalité/externalité au sens de fin en soi ou de moyen en vue d'une fin?

Pour le coup, c'est moi qui aurais besoin de précisions. 

 

Citation

 

Je ne vois pas ce que tu veux dire.

 

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1383

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Quasi-Modo Membre 9 233 messages
Macrocéphale bossu‚ 33ans
Posté(e)
il y a une heure, Isadora. a dit :

Pour le coup, c'est moi qui aurais besoin de précisions.

Ben en fait c'est dans les exemples que tu prenais :

Il y a 22 heures, Isadora. a dit :

But interne motivé par des émotions tristes : je veux apprendre à méditer pour trouver la paix intérieure parce que je vis dans l'angoisse et que j'ai peur de vivre toute ma vie ainsi -> j'y parviens -> je suis heureuse. 

But externe motivé par des émotions joyeuses : je veux réussir dans la vie pour acheter une maison à mes parents -> j'y parviens -> c'est fini, je n'ai plus de but. 

Tu sembles parler d'internalité au sens de la vie intérieure (la spiritualité, la psyché ...) quand je comprenais à priori le terme d'internalité comme une action étant sa propre fin (p.ex. chanter, danser ...).

Concrètement je me dis qu'on peut méditer pour trouver la paix mais que l'objectif (la paix intérieure) sera tout de même extérieur à l'acte de méditation en tant que tel qui n'est qu'un moyen en vue de cette fin.

il y a une heure, Isadora. a dit :

Ah ouais effectivement! Heureusement que tous ne finissent pas ainsi lol... :D

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