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Témoignage : "Le jour où j'ai enlevé mon voile..."


Invité chaouiya

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Invité chaouiya
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Invité chaouiya
Invité chaouiya Invités 0 message
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Témoignage : "Le jour où j'ai enlevé mon voile..."

Aujourd’hui, j’ai 21 ans, et pour la première fois depuis trois ans, je m’apprête à sortir sans voile… Une décision mûrement réfléchie. J’ai choisi le jour de mon anniversaire, tout est histoire de symbole dans la vie. Je vis encore chez mes parents en banlieue parisienne, mais pas en cité, à Asnières. Et quand je franchirai le seuil de l’appartement pour aller travailler, je sais que je ne vais pas entendre de réflexions désagréables, mais un ouf de soulagement. De la part de ma mère, et de mes soeurs aînées. Même ma grand-mère ne portait pas le voile, alors qu’elle vivait encore en Algérie.

Quand j’ai débarqué voilée dans le salon, les hommes sont prudemment restés en retrait mais les femmes de ma famille m’ont regardée comme si j’étais possédée. Un comble, tout de même ! Contrairement à ce que j’ai entendu des centaines de fois par la suite, ce n’est pas un homme qui m’a forcée. Certainement pas mon père qui écoute ma mère en matière d’éducation. Ni mes deux jeunes frères : je suis le cadet de leurs soucis. Encore moins mon mari : je n’en ai pas. Disons que j’en étais à un moment de ma vie où les gens de l’extérieur, à l’école, mes amis… me posaient davantage de questions sur ma religion que je ne m’en posais moi même.

J’ai grandi dans la foi musulmane, en France, élevée par des parents d’origine algérienne. Nous sommes cinq enfants (trois filles, deux garçons),

tous français. Et musulmans. C’est quasiment plus un constat qu’une croyance, en réalité : nous ne nous sommes jamais posé la question. Donc me voici, moi, musulmane en France. Une situation d’une grande banalité mais extrêmement (mal) traitée par les médias. Avec mes frères et sœurs, nous avons été à l’école privée : nos parents pensaient que comme cela, nous éviterions les classes de ZEP (1), avec zéro chance d’avenir. Je ne sais pas s’ils ont eu raison mais du coup, j’ai été très tôt en contact avec des « Français de France ». Les questions sur mes origines, ma religion, le voile, les attentats, le mouton, le 11-Septembre… revenaient souvent. C’est fou comme l’Islam brasse tout un tas de sujets qui n’ont rien à voir les uns avec les

autres…

Bref. Ce sont les autres qui ont entamé la réflexion à ma place. Soumise à ces questions, j’ai nourri ma pensée et en suis arrivée à la conclusion

que j’étais musulmane par tradition, et que j’allais le devenir par conviction. L’étape suivante et naturelle pour moi était le voile, le hijab, qui est maghrébin. J’ai toujours été étonnée par celles qui choisissent le niqab ou la burqa, traditionnels du Golfe ou du Pakistan. J’avais envie d’être musulmane, comme mon grand-père, que j’ai perdu quand j’avais 10 ans. Dans mon souvenir, c’était un homme bon, généreux, patient et calme. Un homme que la religion avait pacifié et enrichi. Un homme qui souriait toujours. J’ai toujours été fascinée par sa sagesse. Il était mon exemple et en portant le voile, je suivais sa voie. Ma famille n’a pas compris mon choix mais l’a respecté, surtout qu’ils ont vu que personne ne m’avait monté la tête et que je ne changeais pas brutalement de personnalité.

DOUBLE INTOLÉRANCE

Au départ, je me sentais en phase avec moi-même. J’ai continué mes études normalement, j’ai gardé tous mes amis, m’en suis fait de nouveaux et de nouvelles, voilées ou non, musulmans ou non. J’ai été dans une période de grande tolérance, où j’avais envie d’accueillir tout le monde dans mon coeur. J’ai également trouvé un emploi après mon bac. Sans aucun problème. Je travaille, voilée, à la mairie. Quant aux hommes, puisque la question m’a souvent été posée aussi, je peux juste vous dire que le foulard n’empêche pas de tomber amoureux.

Il me semblait que j’étais parfaitement à ma place, en paix avec le monde. Mais assez vite, lorsque je quittais mon cercle familial et amical, les ennuis commençaient.

Je me faisais souvent prendre à partie par des passants : « Hé, tu sais que c’est interdit ? » Absurde : il n’est pas interdit de se promener voilée et, en plus, on voyait mon visage. J’ai aussi subi des contrôles d’identité, qui ont viré en démonstration de laïcité/racisme de la part de certains flics de la BAC (2)… Dans un premier temps, cela m’a raffermie dans ma foi et ma volonté de me voiler. J’ai même versé dans un certain prosélytisme, tant j’en avais assez de me voir jugée. Livrée à la vindicte populaire. L’ignorance, plus le phénomène de groupe, ce n’est jamais top, quand on est différent. Je me suis « renseignée » sur le port du voile dans les Ecritures, j’ai commencé à enjoindre mes amies musulmanes à « sauter le pas ».

Je me sentais un peu seule aussi, je crois. Alors j’ai fréquenté de plus en plus de filles voilées, et par extension d’hommes fréquentant des filles voilées. Et là, j’ai rencontré une autre forme d’intolérance que je ne soupçonnais pas. J’entendais ces femmes et ces hommes juger très durement les filles musulmanes qui ne se voilaient pas. Ainsi que les autres, dont la culture n’imposait pas le voile. Pour certains, ces femmes étaient tout simplement des « putes » qui cherchaient à provoquer, à attirer le regard des hommes. Comme si la préoccupation de toutes les femmes de Paris (il y en a un paquet quand même !) était de séduire tous les hommes autour d’elles… C’est absurde.

LES CINQ PILIERS DE LA FOI ?

Dans ce nouvel entourage, j’entendais aussi, quand on leur demandait « Comment supportez-vous le voile en plein été ? », que le feu de l’enfer était plus terrible que la chaleur du soleil… Tout cela a commencé à me troubler. A troubler ma foi. Moi qui avais voulu qu’on me foute la paix quand je portais le voile cautionnais des gens qui ne voulaient pas laisser en paix celles qui ne le portaient pas ? L’image de mon grand-père commençait à se flouter dans ma tête.

Dans l’Islam il y a cinq piliers : reconnaître Mahomet comme seul prophète, faire ses cinq prières par jour, observer le ramadan, faire l’aumône aux pauvres et son pèlerinage à La Mecque. Pas question de voile. Quand je soulevais cela dans la discussion (qu’est-ce que la religion, sinon l’occasion d’échanger des idées ?), j’étais traitée d’impie. Au bout d’un certain temps, je me suis sentie plus mal que jamais. Cet ultime geste de piété, le voile, m’avait éloignée de ma foi, de mon centre de gravité. Je me suis rendu compte qu’en cachant mes cheveux, c’est ma foi que je dévoilais au grand jour. Et la religion, j’en suis persuadée maintenant, est de l’ordre de l’intime…

Voilée, j’étais soit le porte-drapeau de la fierté des musulmanes de France, soit une insulte à la laïcité de mon pays. Je me suis retrouvée au centre d’une polémique publique, aux antipodes de mon projet initial. Aujourd’hui, c’est fini, je sors cheveux au vent. Je me sens plus musulmane que jamais, mais ça ne regarde personne. Et je dois l’avouer, la sensation est franchement agréable…

(1) Zone d’éducation prioritaire.

(2) Brigade anti-criminalité.

Le prénom a été changé.

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Membre, 63ans Posté(e)
lunatike Membre 616 messages
Forumeur forcené ‚ 63ans‚
Posté(e)

BRAVO

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Invité chaouiya
Invités, Posté(e)
Invité chaouiya
Invité chaouiya Invités 0 message
Posté(e)
Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif.

Cette semaine, Marie, une jeune étudiante belge, revient sur son histoire. Elle a porté le voile un temps et a finalement décidé de le retirer, par crainte de nuire à sa spiritualité.

Peux tu te présenter aux lectrices ?

J’ai 22 ans, je suis étudiante, bientôt à la fin de mes études. J’ai choisi de devenir musulmane il y a bientôt 8 ans. Je m’étais déjà intéressée à l’Islam avant, mais j’ai eu mon « déclic » un jour en voyant une amie faire sa prière : elle était resplendissante et c’est ce qui m’a marquée. Sans réfléchir, je lui ai dit « Apprends-moi l’islam », et ça a été comme le coup de foudre pour moi. J’ai prononcé la shahada (l’attestation de foi) quelques temps plus tard, en décembre 2001.

Quand à tu décidé de porter le hijab ?

L’envie de porter le voile a commencé à venir doucement après ma conversion. J’aimais le mettre pour la prière, le garder après dans ma chambre, je me sentais apaisée avec. J’avais des périodes où j’avais très envie de le porter, d’autres où je disais plutôt qu’il n’était pas obligatoire, mais de toute façon je n’envisageais encore rien sérieusement, puisque j’étais encore élève en secondaire (et on ne pouvait pas le porter dans mon école) et que je ne pouvais pas non plus envisager de le porter chez mes parents.

Puis est venu l’été 2004, la fin de mes études secondaires et en septembre, j’allais entrer à l’université. J’avais de plus en plus envie de le porter, c’était en moi, j’y pensais beaucoup. J’étais en colère contre ma famille de ne pas accepter mes convictions, de ne pas m’offrir la possibilité de pratiquer ouvertement, comme je le souhaitais, et je pensais au foulard, peut-être comme une sorte de vengeance. A la fin de l’été, j’ai commencé à le mettre de plus en plus souvent quand je sortais en ville, surtout les quelques jours précédent ma rentrée à l’université, mais je n’avais pas encore décidé de le porter. J’étais heureuse d’être vue et reconnue comme musulmane dans la rue. Je me sentais bien ainsi, j’avais l’impression d’être enfin moi-même. Puis est arrivé le premier jour à l’université. J’avais pris l’habitude d’être couverte, et ce jour-là je portais une casquette pour la rentrée. Je me sentais mal avec, impolie de garder une casquette ainsi à l’intérieur, et en même temps je n’arrivais pas à me résoudre à me découvrir la tête. En sortant, dans la bouche de métro, j’ai mis mon foulard. Ce n’était pas prévu, pas réfléchi, c’était très intense sur le plan émotionnel. Mais j’ai décidé à ce moment là que le lendemain, je reviendrai avec suivre mes cours.

Avant de le mettre, j’y pensais, mais sans jamais l’avoir décidé. Je me disais qu’avant de le porter, il faudrait que j’en discute de manière approfondie avec des gens qui sont pour et des gens qui sont contre, des musulmans convaincus de son obligation, et des musulmans qui sont convaincus au contraire qu’il n’est pas obligatoire (voir même qui sont « contre » le foulard) afin de me forger une opinion solide et d’être sûre de mes idées au moment où je le porterais. Finalement, je l’ai mis assez rapidement, sans avoir pris le temps de faire cette démarche, guidée par mon ressenti.

Qu’est ce qui t’a motivé à le porter finalement ?

L’envie de mieux vivre ma religion, d’être plus musulmane, de montrer au monde celle que j’étais intérieurement depuis presque 3 ans… L’envie de plaire à Dieu, de me conformer à un modèle, à une certaine image que j’avais de la musulmane croyante et pratiquante qui cherche à se rapprocher de Lui.

Qu’en a pensé ton entourage ?

Cela s’est très bien passé avec mon entourage amical et à l’université. Mes vrais amis non musulmans ne l’ont pas mal pris, et je me suis plus facilement faites de nouvelles amies musulmanes une fois que je le portais. Je n’ai jamais ressenti le foulard comme un frein dans mes relations sociales à l’université. Il me permettait simplement de faire un tri direct entre les gens bien, ouverts d’esprit, et les autres.

Je n’ai jamais non plus eu l’impression d’être discriminée par les profs ou le personnel de l’université, bien au contraire. Je n’ai jamais eu de problème à trouver des jobs d’étudiant avec.

Avec ma famille, ça a été plus difficile. Je ne leur ai pas dis tout de suite que je le portais. Je ne le leur ai annoncé que quelques mois plus tard. Mes parents ont tous les deux très mal réagis, mon père en a pleuré et m’a dit qu’avec ça, il ne pourrait plus jamais être heureux de me voir. Le reste de ma famille, oncles et tantes, a mieux réagi, ou du moins de façon moins passionnelle. Ceci dit, suite à ça je ne l’ai jamais vraiment assumé face à ma famille. Je continuais à l’enlever avant de rentrer chez moi, dans mon quartier, lors de sorties avec des membres de ma famille, en vacances avec eux : je mettais alors une casquette dans laquelle je rentrais tous mes cheveux, et un col roulé ou une écharpe.

Pourquoi as tu décidé de le retirer ? Est ce à cause du regard des autres ?

Bon, là on commence à arriver aux questions plus difficiles… C’est dur à exprimer, dur à structurer. J’ai commencé tout doucement à rentrer dans une remise en question assez générale, sur ma foi et ma pratique religieuse, et notamment le port du voile. Je dirais que j’ai commencé à me poser des questions, par périodes, un an après l’avoir porté. Je n’avais pas la force de conviction de l’assumer auprès de mes proches, et je commençais à me sentir un peu schizophrène, j’avais l’impression de ne pas arriver à concilier ces deux « parties » de moi, ces deux référents culturels, ensembles de valeurs dont j’étais porteuse : mon islamité et mon occidentalité, si je puis m’exprimer ainsi. En gros, c’était une crise identitaire.

J’ai commencé petit à petit à m’éloigner de cette communauté musulmane dans laquelle je ne me sentais pas bien, dans laquelle je ne trouvais pas ma place. Je n’arrivais plus à me recueillir et me sentir bien dans les mosquées où différentes choses me dérangeaient de plus en plus (la ségrégation des femmes, l’irrespect de celles-ci du recueillement des autres par les bavardages, le « harcèlement » de certaines : »ma soeur, faut pas faire ci, faut pas faire ça, c’est shirk (association), c’est bid’a (innovation) », etc.… J’étais de plus en plus agacée par certains comportements. Et en tant que musulmane occidentale, je n’arrivais plus à me situer dans une communauté dont j’avais l’impression qu’elle ne pouvait pas accepter justement cette composante occidentale, européenne de mon identité. J’entendais trop de discours sur l’occident comme étant opposé à l’islam, sur les belges, les européens, comme étant l’opposé des musulmans (alors que je suis belge, européenne ET musulmane, et que pour moi ces deux identités se complètent et ne s’opposent pas, et que je suis loin d’être la seule grâce à Dieu.

Puis ces questions ont commencé à se faire de plus en plus présentes et pesantes. Je commençais à me sentir mal avec mon voile dans la rue, je ne l’assumais plus. D’une certaine façon, c’est aussi lié au contexte, dans le sens où je pense que porter le voile dans nos sociétés n’est pas anodin et nécessite un certain engagement. Engagement dont je n’étais plus capable. Je ne me reconnaissais plus dans l’image que je renvoyais en tant que « voilée », j’avais l’impression de communiquer quelque chose qui ne me correspondait pas, tant vis-à-vis des musulmans pour qui une convertie voilée, ça donne « Waw machaAllah tu es convertie et tu porte le voile, tu iras au Paradis ma soeur! » que des non musulmans. L’impression que ça ne me permettait pas de concilier les différentes facettes de ma personnalité, et de n’être pas en accord réellement avec la façon dont je vivais les choses. J’avais l’impression que porter le voile me mettait dans un moule dans lequel je ne me sentais pas bien, qui ne me correspondait pas, et j’étouffais. Et ça devenait pesant pour ma foi et nuisait à ma spiritualité dans son ensemble. Il m’est arrivé même d’annuler certaines activités car je ne voulais pas sortir avec mon voile, je me sentait trop mal avec.

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)

De toute façon le port du voile n'est pas marqué dans le coran... Si la grand mère ne portait pas le voile en Algérie ce n'est pas par rébellion, c'est parce que le coran est clair la dessus.

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Invité chaouiya
Invités, Posté(e)
Invité chaouiya
Invité chaouiya Invités 0 message
Posté(e)
Française, fille de médecin, j’ai décidé à 20 ans de devenir musulmane. Mon immense besoin d’absolu m’a cependant conduite dans une impasse. Le 1er novembre 2005, j’accomplis l’un des pires péchés de l’islam et, pourtant, je me sens libre.

Depuis six ans, il gisait là, entre les collines vallonnées de mon enfance. Je n’avais jamais revu celui que j’avais tué en lui annonçant ma conversion à l’islam : mon grand-père. Nous nous étions alors quittés pour toujours, jusqu’à ce matin d’automne où je suis venue fleurir sa tombe.

Sur la route vers Argenton-sur-Creuse, je regardais défiler le ­paysage de mes plus beaux souvenirs. Toutes ces années de prière, ­d’enfermement et de souffrance m’avaient fait oublier le soleil des parties de pêche, l’odeur des livres dans les champs et la douceur du soir. J’avais encore le goût amer des larmes dans la bouche et le parfum de mon mari sur ma peau. Les dix-huit mois que j’avais passés cloîtrée au Sénégal dans une communauté de convertis extrémistes, sans ­livres, sans musique, enceinte sous 40 degrés et derrière une burqa, m’avaient anéantie. Si « Allah éprouve ceux qu’il aime », je n’avais plus rien à lui donner et, aujourd’hui, j’avais décidé de lui ­désobéir. Alors que ma mère conduisait silencieusement, j’ai fait le geste le plus condamnable pour une femme musulmane : j’ai enlevé mon voile. J’étais devenue une prostituée aux yeux de ma communauté mais j’étais libre. J’ai tourné mon front vers ma mère qui l’a embrassé d’un « merci » lourd de ce passé qu’on laissait enfin derrière nous. J’étais prête à me présenter devant mon grand-père, à lui dire tout bas à quel point je l’aimais.

Avant de le retrouver, nous avons fait une halte dans un restaurant au bord de la route. C’est là que, la tête nue, j’ai fait de nouveau mon entrée dans le monde. Couverte par ma large robe bleu marine, je savais que je n’attirerais pas la curiosité des rares clients – comme lorsque j’étais voilée –, mais j’essayais tant bien que mal de croiser leur regard. Peut-être ces messieurs se seraient-ils ­arrêtés sur la pâleur de mon visage ou sur mes cheveux devenus si fins à force d’obscurité, d’étouffement mais aussi des carences alimentaires dont j’avais souffert au Sénégal ?

Ou peut-être m’auraient-ils trouvée ­jolie, illuminée par le plaisir d’être de ­retour parmi eux ? J’ignore si ma mère a remarqué mes œillades car l’infranchissable mur du silence et des incompréhensions se dressait toujours entre nous. Une fois arrivée sur la sépulture de son père, elle lui aura peut-être demandé de me pardonner...

Moi, j’étais heureuse de revoir celui qui m’avait donné le goût de l’histoire, des livres, de la vie. Durant notre face-à-face, je revivais tous ces moments innocents comme si je sortais de sept années de coma. Et quand le vent de la Toussaint a soufflé dans les allées du cimetière de la « Venise du Berry », je l’ai senti s’engouffrer entre chacun de mes cheveux. J’avais oublié la douceur de cette divine caresse et je ne m’étais jamais sentie aussi légère, autant moi-même que ce jour-là. De retour à Evry, j’ai immédiatement recouvert ma tête. Jamais je n’ai dit à mon mari ce qu’il s’était passé dans le Berry mais, un mois plus tard, je demandais le divorce. Je renonçais au voile, à la prière. J’avais l’envie de réaliser mon rêve : écrire. Enfoui pendant des années dans l’obscurité de mon cœur, mon grand-père avait enfin retrouvé sa place. Il reposait en paix, il avait suffi que je le réveille.

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Invité s
Invités, Posté(e)
Invité s
Invité s Invités 0 message
Posté(e)

Bonjour, c'est bien de lire des témoignages de ces femmes mais c'est dommage car tu ne mets pas les liens.

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Invité s
Invités, Posté(e)
Invité s
Invité s Invités 0 message
Posté(e)

Merci Chaouiya^^

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Membre, 61ans Posté(e)
Laurent13 Membre 2 608 messages
Baby Forumeur‚ 61ans‚
Posté(e)

Et voilà, c'est tellement plus simple de vivre libre.

BRAVO

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Membre, Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis, 53ans Posté(e)
DroitDeRéponse Membre 91 716 messages
53ans‚ Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis,
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Invité Quasi-Modo
Invités, Posté(e)
Invité Quasi-Modo
Invité Quasi-Modo Invités 0 message
Posté(e)

Cela correspond quelque peu à ce que je me disais : le voile est tellement connoté politiquement qu'il en devient un symbole galvaudé, et les rares personnes qui auraient l'envie ou le courage de le porter par humilité se heurtant à des réactions de rejet et au phénomène des communautés, elles se durcissent, parfois même se radicalisent (c'est cela qui intéresse les manipulateurs de DAESH), ou alors elles n'ont que l'option de cesser de le porter.

Face à un environnement qui oppresse ou qui rejette, la seule solution psychologique est de changer soi-même ce qui fait l'objet d'un rejet, ou de retourner cette violence contre les autres pour chercher à les dominer. Dans un autre contexte le voile serait certainement mieux toléré, mais je pense qu'effectivement le porter dans ces conditions c'est se fourvoyer.

Regarde-le lui, face à face, sans l'intermédiaire de ta foi, sans te dire qu'il est ton frère dans la foi, mais parce qu'il est devant toi et qu'il te ressemble. Il faut qu'il rencontre ton regard et que dans tes yeux se reflète ta propre image et non celle d'un croyant. Car, placé devant toi, c'est toi qu'il espère et c'est en toi qu'il se retrouve. Parce qu'il sait qu'il est ton égal et que ses peines et ses joies sont à la mesure de tes peines et de tes joies, parce que tu es charnel comme lui.

Il attend de toi un acte et non une prière, non l'affirmation d'une foi, mais une main tendue. Sais-tu tendre la main? Sais-tu comment saisir la main de l'autre?

Tu ne te rends pas compte combien l'affirmation de ta foi peut être un écran entre toi tel que tu es, et lui, et ce qu'il est, combien contrairement à ce que tu crois elle te sépare de lui. Tu as trouvé et il cherche. Tu veux lui apporter ce que tu as trouvé, et lui voudrait que tu cherches avec lui. Ce qui lui importe, c'est que tu comprennes, que tu le comprennes, en partant de la connaissance que tu as de toi-même, et qui fait de toi son semblable. Alors seulement il te sent vraiment frère. Alors seulement vous êtes égaux.

Laisse donc au fond de ton coeur ta foi, ne prononce pas les paroles qui l'expriment; elles font de toi, que tu le veuilles ou non, un être à part, peut-être supérieur, mais rejoins l'autre, ton frère, dans sa propre vie, dans son combat, sa recherche, son travail, ses espoirs et ses déceptions. Indigne-toi, crie, pleure, jubile avec lui, homme avec homme, usant d'un même langage. Alors seulement tu auras sa confiance... Alors seulement tu lui communiqueras ta force, glorification de la vie fraternelle, faible reflet de la splendeur de Dieu.

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Membre, Posté(e)
J-Moriarty Membre 3 640 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Superbes témoignages Chaouiya;

Le voile, les voiles, et l'Islam, et la fabrication de l'islamisme; la radicalité et le refus de la différence qui stigmatise ...merci pour l'affichage.

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Membre, Baby Forumeur, 31ans Posté(e)
Eventuellement Membre 3 422 messages
31ans‚ Baby Forumeur,
Posté(e)

BRAVO

Bravo à elle, surtout, d'avoir mené une réflexion assidue sur les dangers de l'intégrisme et sur les scissions que peuvent créer les signes religieux. La religion se pratique dans un cadre privé et elle n'a pas besoin d'être révélée à tous pour que la foi en soit plus valide. Elle le reconnait d'ailleurs elle-même, car à une étape de sa vie elle était tentée d'abonder dans le prosélytisme en se révoltant contre des personnes et des remarques intolérantes. Mais cela n'a fait que l'attirer vers des prédicateurs peu scrupuleux, qui manipulent les versets pour donner un sens que le voile n'a pas, pour insuffler chez les croyants la haine des autres. Ça, c'est du communautarisme et de l'intégrisme religieux.

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Membre, Posté(e)
Abu nuwas Membre 9 355 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Témoignage : "Le jour où j'ai enlevé mon voile..."

Aujourd’hui, j’ai 21 ans, et pour la première fois depuis trois ans, je m’apprête à sortir sans voile… Une décision mûrement réfléchie. J’ai choisi le jour de mon anniversaire, tout est histoire de symbole dans la vie. Je vis encore chez mes parents en banlieue parisienne, mais pas en cité, à Asnières. Et quand je franchirai le seuil de l’appartement pour aller travailler, je sais que je ne vais pas entendre de réflexions désagréables, mais un ouf de soulagement. De la part de ma mère, et de mes soeurs aînées. Même ma grand-mère ne portait pas le voile, alors qu’elle vivait encore en Algérie.

Quand j’ai débarqué voilée dans le salon, les hommes sont prudemment restés en retrait mais les femmes de ma famille m’ont regardée comme si j’étais possédée. Un comble, tout de même ! Contrairement à ce que j’ai entendu des centaines de fois par la suite, ce n’est pas un homme qui m’a forcée. Certainement pas mon père qui écoute ma mère en matière d’éducation. Ni mes deux jeunes frères : je suis le cadet de leurs soucis. Encore moins mon mari : je n’en ai pas. Disons que j’en étais à un moment de ma vie où les gens de l’extérieur, à l’école, mes amis… me posaient davantage de questions sur ma religion que je ne m’en posais moi même.

J’ai grandi dans la foi musulmane, en France, élevée par des parents d’origine algérienne. Nous sommes cinq enfants (trois filles, deux garçons),

tous français. Et musulmans. C’est quasiment plus un constat qu’une croyance, en réalité : nous ne nous sommes jamais posé la question. Donc me voici, moi, musulmane en France. Une situation d’une grande banalité mais extrêmement (mal) traitée par les médias. Avec mes frères et sœurs, nous avons été à l’école privée : nos parents pensaient que comme cela, nous éviterions les classes de ZEP (1), avec zéro chance d’avenir. Je ne sais pas s’ils ont eu raison mais du coup, j’ai été très tôt en contact avec des « Français de France ». Les questions sur mes origines, ma religion, le voile, les attentats, le mouton, le 11-Septembre… revenaient souvent. C’est fou comme l’Islam brasse tout un tas de sujets qui n’ont rien à voir les uns avec les

autres…

Bref. Ce sont les autres qui ont entamé la réflexion à ma place. Soumise à ces questions, j’ai nourri ma pensée et en suis arrivée à la conclusion

que j’étais musulmane par tradition, et que j’allais le devenir par conviction. L’étape suivante et naturelle pour moi était le voile, le hijab, qui est maghrébin. J’ai toujours été étonnée par celles qui choisissent le niqab ou la burqa, traditionnels du Golfe ou du Pakistan. J’avais envie d’être musulmane, comme mon grand-père, que j’ai perdu quand j’avais 10 ans. Dans mon souvenir, c’était un homme bon, généreux, patient et calme. Un homme que la religion avait pacifié et enrichi. Un homme qui souriait toujours. J’ai toujours été fascinée par sa sagesse. Il était mon exemple et en portant le voile, je suivais sa voie. Ma famille n’a pas compris mon choix mais l’a respecté, surtout qu’ils ont vu que personne ne m’avait monté la tête et que je ne changeais pas brutalement de personnalité.

DOUBLE INTOLÉRANCE

Au départ, je me sentais en phase avec moi-même. J’ai continué mes études normalement, j’ai gardé tous mes amis, m’en suis fait de nouveaux et de nouvelles, voilées ou non, musulmans ou non. J’ai été dans une période de grande tolérance, où j’avais envie d’accueillir tout le monde dans mon coeur. J’ai également trouvé un emploi après mon bac. Sans aucun problème. Je travaille, voilée, à la mairie. Quant aux hommes, puisque la question m’a souvent été posée aussi, je peux juste vous dire que le foulard n’empêche pas de tomber amoureux.

Il me semblait que j’étais parfaitement à ma place, en paix avec le monde. Mais assez vite, lorsque je quittais mon cercle familial et amical, les ennuis commençaient.

Je me faisais souvent prendre à partie par des passants : « Hé, tu sais que c’est interdit ? » Absurde : il n’est pas interdit de se promener voilée et, en plus, on voyait mon visage. J’ai aussi subi des contrôles d’identité, qui ont viré en démonstration de laïcité/racisme de la part de certains flics de la BAC (2)… Dans un premier temps, cela m’a raffermie dans ma foi et ma volonté de me voiler. J’ai même versé dans un certain prosélytisme, tant j’en avais assez de me voir jugée. Livrée à la vindicte populaire. L’ignorance, plus le phénomène de groupe, ce n’est jamais top, quand on est différent. Je me suis « renseignée » sur le port du voile dans les Ecritures, j’ai commencé à enjoindre mes amies musulmanes à « sauter le pas ».

Je me sentais un peu seule aussi, je crois. Alors j’ai fréquenté de plus en plus de filles voilées, et par extension d’hommes fréquentant des filles voilées. Et là, j’ai rencontré une autre forme d’intolérance que je ne soupçonnais pas. J’entendais ces femmes et ces hommes juger très durement les filles musulmanes qui ne se voilaient pas. Ainsi que les autres, dont la culture n’imposait pas le voile. Pour certains, ces femmes étaient tout simplement des « putes » qui cherchaient à provoquer, à attirer le regard des hommes. Comme si la préoccupation de toutes les femmes de Paris (il y en a un paquet quand même !) était de séduire tous les hommes autour d’elles… C’est absurde.

LES CINQ PILIERS DE LA FOI ?

Dans ce nouvel entourage, j’entendais aussi, quand on leur demandait « Comment supportez-vous le voile en plein été ? », que le feu de l’enfer était plus terrible que la chaleur du soleil… Tout cela a commencé à me troubler. A troubler ma foi. Moi qui avais voulu qu’on me foute la paix quand je portais le voile cautionnais des gens qui ne voulaient pas laisser en paix celles qui ne le portaient pas ? L’image de mon grand-père commençait à se flouter dans ma tête.

Dans l’Islam il y a cinq piliers : reconnaître Mahomet comme seul prophète, faire ses cinq prières par jour, observer le ramadan, faire l’aumône aux pauvres et son pèlerinage à La Mecque. Pas question de voile. Quand je soulevais cela dans la discussion (qu’est-ce que la religion, sinon l’occasion d’échanger des idées ?), j’étais traitée d’impie. Au bout d’un certain temps, je me suis sentie plus mal que jamais. Cet ultime geste de piété, le voile, m’avait éloignée de ma foi, de mon centre de gravité. Je me suis rendu compte qu’en cachant mes cheveux, c’est ma foi que je dévoilais au grand jour. Et la religion, j’en suis persuadée maintenant, est de l’ordre de l’intime…

Voilée, j’étais soit le porte-drapeau de la fierté des musulmanes de France, soit une insulte à la laïcité de mon pays. Je me suis retrouvée au centre d’une polémique publique, aux antipodes de mon projet initial. Aujourd’hui, c’est fini, je sors cheveux au vent. Je me sens plus musulmane que jamais, mais ça ne regarde personne. Et je dois l’avouer, la sensation est franchement agréable…

(1) Zone d’éducation prioritaire.

(2) Brigade anti-criminalité.

Le prénom a été changé.

bsr chaouiya,

une boulette a l’état pur,ce témoignage est une perle de la connerie

a+

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Membre, 76ans Posté(e)
Pales Membre 23 646 messages
Maitre des forums‚ 76ans‚
Posté(e)

Musulmane de tradition plus que musulmane de conviction dis t'elle.....................21 ans aujourd’hui age d'une jeune fille plutôt de femme émancipée qui veut vivre son temps (garçon sortis cinéma)

Et donc vivre des traditions qui lui permet de la sortir de ses traditions originelles,mais le restera t-elle par conviction?

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Membre, 66ans Posté(e)
2strass Membre 1 234 messages
Baby Forumeur‚ 66ans‚
Posté(e)

Un joli texte de puant prosélytisme....

Ah qu'il est beau l'islam avec son grand père un homme si bon grâce a .... "Un homme que la religion avait pacifié et enrichi".

Puis elle a mi le voile pour motif que les méchants français/français lui posé trop de question sur ses "coutumes" :o°

Et puis ..ho quel horreur elle a "fréquentée" des muzlim encore plus muzlim que les muzlim de base ... pffff

Puis heureusement elle a retrouvé son "bonne" islam, alors elle "sort" cheveux aux vent (tel Yul Brynner :smile2: ) et se "sens" plus meilleure bonne musulmane que jamais.

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Membre, Posté(e)
sado Membre 360 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Tiens, j'avais pas pensé à ça?

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Membre, 66ans Posté(e)
2strass Membre 1 234 messages
Baby Forumeur‚ 66ans‚
Posté(e)

Heu oui ce puant prosélytisme mahométain ne se limite pas seulement aux bombes et agressions morales et physiques. Distiller le poison à petite dose anodine :mef:

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