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Comment la société devrait-elle gérer le scientisme ?


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La réaction de Camus au bombardement d'Hiroshima

« Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase: la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner.

Ces découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.

Déjà, on ne respirait pas facilement dans ce monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.

(...)

Au reste, il est d'autres raisons d'accueillir avec réserve le roman d'anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l'Agence Reuter annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam, remarquer qu'il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.

Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.

Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison. »

Albert Camus, éditorial de « Combat », 8 août 1945. L'une des très rares voix de protestation après l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima (6 août 1945).

A l'heure où le positivisme dogmatique nous atomise tous, faisant de l'individualisme une de ses valeurs corollaire dont le progrès serait synonyme de bonheur, quelle devrait être la responsabilité des sociétés face aux nouvelles technologies ? Qu'il s'agit de faire un bébé à l'éprouvette en passant par la fabrique en série et brevetée des OGM ou encore de la robotisation des secteurs de l'économie, à hauteur de 45 % des métiers, l'homme perd sa place que l'humanisme avait conçue, au centre. De nos jours la société se transfigure à l'image de ce qu'homomécanicus invente, une civilisation robotisée sans âme et sans coeur. Seul nous importe à tous, le chiffre, l’immédiateté, le plaisir des sens et la crainte de perdre dont sont issus tous les maux.

Quelle société fabriquons nous ?

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Membre, Marxiste tendance Groucho, 64ans Posté(e)
Alain75 Membre 27 401 messages
64ans‚ Marxiste tendance Groucho,
Posté(e)

Une société ou on vit plus longtemps et mieux. Avec une mortalité infantile et perpuérale plus faible..

Ca s'appelle le progrès.

Un truc qui fait que je suis encore en vie ( et surement d'autres aussi ) pour lire des trucs sur un écran.

"atomisé par le positivisme dogmatique ".celle-là, je l'a-do-re !.........-------> Philo

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Invité Hermeneutique Invités 0 message
Posté(e)

Justement le progrès, est-il synonyme d'avancées techniques ? Que faut-il faire pour que nous soyons vraiment "heureux" ? Accumuler sans compter ? Vivre dans un confort qui n'est pas réalisable à l'échelle mondiale et qui ne permet pas la réflexion sur le long terme, qui encourage la réactivité, l’instantanéité. Finalement ce progrès est ce dont disait Rabelais : Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

bonjour

on pourrais croire qu'il y à un bon sens de la vie , qu'il suffirait de le suivre pour arriver à une société idéale . malheureusement , il semble que cela n'est pas aussi simple .

nous avons franchie un cran au dessus du processus de l'évolution et , il semble qu'il ne nous permet pas de nous débarrasser de nos vieux fantômes qui sont la guerre , la jalousie , la rancune et la haine .

bien sur , le contraire est la aussi . certaines réactions agressives sembles inscrites dans le génome humain .

elles nous ont permise d'imposer notre espèce parmi d'autres au temps ou la survie était la loi pour tous et tout .

notre société n'est pas homogène ,ce qui fait sa richesse mais aussi son malheur .

la raison du plus fort est toujours la meilleur , mais celle du plus raisonnable n'est qu'une option suivant les circonstances .

je pense qu'une nouvelle société naitra d'un gigantesque affrontement . elle ne sera peut-être ni bonne ni meilleur que l'ancienne mais tel le phénix , l'impression de renaitre de ses cendre lui donnera l'illusion d'être nouvelle et plus civilisé .

bonne soirée

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)

On est rarement entré dans une société avec autant de conscience... paradoxalement ceux qui dénoncent les injustices oublient de se compter en tant que membre de la société. Quand on nous demande de faire attention au progrès, on est dans la conscience, quand on nous demande de manger moins gras, moins salé, moins sucré... quand on nous demande de mettre des capotes... quand on nous demande de ne pas fumer...

Vous voyez une société de plaisir fonçant tête baissé vers une falaise? Je vois une société qui nous prive de plaisir (manger, boire, fumer, baiser...) pour notre propre santé, une société où le principe de précaution entre avec le tapis rouge dans notre constitution... Le train? Y a des risques de déraillement... non ne prenons pas de risque et annulons l'invention. Les vaccins? ça peut sauver des millions de vie mais y a des risques que certains tombent malade: Annulons aussi! Sortir? Y a des chances de se faire écraser par une voiture: annulons. Rouler une pelle? Avec toutes les bactéries et la mononucléose? Non merci!

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

bonsoir

la vie est une grande aventure ,beaucoup y laissent des plumes . la rançon de la liberté de vivre comme ont l'entend peut-être une facture que le destin nous présente parfois , alors que nous n'avons pas encore profité entièrement de ce que la vie nous offre ou que nous prenons d'office car ,la force fait loi devant la raison parfois .

il est logique de vivre sa vie sans penser au conséquences de nos faits et gestes . on ne vie qu'une fois .

mais , avec le temps qui passe et une certaine expérience , en repensant à ce que nous avons fait et été ,nous pensons à ce que nous aurions du faire ou pas dans certaines circonstances .

les causes sont responsable des effets ,qui pourrait changer la donne à l'échelle de la planète ?

notre vie est trop courte . quand on nait , il faut "ré-apprendre " ce que nos prédécesseurs savent ou on crus comprendre de la vie .

la société ? plutôt les sociétés car nous ne somme pas unis par un bon sens commun dans tous les domaines de la vie .

il faudra peut-être des centaines ou milliers d'années pour voir émerger une société humaine digne de ce nom si le temps et les circonstances le permettent et aussi , si notre espèce réussie à tenir jusque là .

bonne soirée

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 845 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
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La science n'a pas vocation a dégager des valeurs, une éthique, une morale, une organisation de notre société...

La croyance a ce que la science puisse se substituer a la conscience revient a inventer notre maitre ou a préparer notre perte

La dangerosité de la science réside par exemple dans le pouvoir destructif puissant qu'elle englobe

Si un moyen de destruction massif se trouvait dans un verre d'eau qu'il soit physique ou biologique, nous serions face a un sacré problème

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Invité Hermeneutique
Invités, Posté(e)
Invité Hermeneutique
Invité Hermeneutique Invités 0 message
Posté(e)

Très drôle comme remarque, l’analyse est très fine, finalement vive le progrès aux diables les bébés phoques. Faut croire que la rhétorique c’est avant tout Schopenhauer, et quand on ne sait plus quoi dire, et bien sortez de vos poches trouées un ad hominem et vous brillerez de mille feux. Soit…. Mais pour le cas de la capote, pour reprendre l’exemple de Mister Surimi, il faut un dérivé de pétrole, ou plutôt du pétrole, et pour se faire on ne câline pas les habitants qui vivent sur ce malheur doré ? Non on les dégages à coup d’explosif, à défaut d’un dictateur qui revend la came pour une poignée de $. Et l’affaire continue que se soit pour creuser une mine afin d’en tirer l’or, l’argent ou le précieux de je ne sais quel nom. Ou encore planter des maïs transgéniques brevetés pour lesquels le paysan sera exproprié à défaut de racheter la semence chez Monsanto. Mais mince j’ai oublié, il ne faudrait pas que le consommateur de capote soit pris au dépourvu parce que c’est vrai le sida, ca engendre un bénéfice excédentaire chez l’industrie pharmaceutique. Ah mince c’est pas ce que je voulais dire, la rentabilité du malade ne vaut rien au prix de sa vie. Enfin bref, revenons à notre excité du samedi soir, faudrait qu’il puisse s’agitait de la hanche façon boggie-boggie sans jamais devoir hésiter à baisser son froc, faut pas qu’il manque de fourniture made in Taiwan. Alors on produit en série, au diable les travailleurs à la con qui pleurent toujours de ne pas être bien payés, fallait bosser à l’école ! On y peut rien c’est le progrès, la sélection naturelle, nom de Lucre ! Mais bon l’entreprise qui produit de la capote se dit “merde, le marché est concurrentiel il faut prospecter en Chine, parait que des gosses font ce que font nos esclaves à moindre coûts. Alors Banzai ! Et entre temps un supertanker coule en discrétion dans l’Arctique, on croyait que c’avait fondue ? Bon on réchauffe encore et ce sera une voie plus direct vers nos copains les chinois qui produisent au point de s’enfumer.

Merci qui ? Merci Sanofi.

“Plus grave, Sanofi estime que « la productivité de sa R&D est insuffisante pour assurer la compétitivité du groupe”. — « Sanofi accuse sa R&D de ne pas sortir assez de nouvelles molécules », LeMonde.fr, 11 octobre 2012.

On peut réfléchir maintenant ou on discute à la façon de Céline ?

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 204 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

Et encore celle dont parlait Camus ,ce n'était que la première !!il y a eu plus de 2000essais nucléaires et tchernobyl et Fukhushima .Et les armes sales ,les déchets qui s'accumulent.les excités qui professent des idées d'un autre siècle et qui font monter les troubles .

malgré les avertissements nucléaires nous continuons à être encore davantage .Alors ...

Pillule ou bombe atomique ?

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)

Je pensais nécessaire de poser les deux visions de la société... elle va mal? oui. Est ce qu'un jour seulement la société été bien? non. Est ce que la société va mieux de jour en jour? oui. Comment? parce que la plupart des décisions prises, le positif et le négatif sont mesurée et que le positif l'emporte: oui les capotes polluent... mais oui elles sauvent des vies. Oui un médecin pollue en prenant l'avion... mais oui il sauve des vies en Afrique et en Asie...

Bien sur qu'il faut continuer de s'indigner contre les effets négatifs de chaque décision prise, c'est la seule façon de continuer d'évoluer... Mais de temps c'est bien de regarder un peu derrière soi... Prenons par exemple les utopistes du XIXème siècle en France: est ce qu'un jour ils ont rêvé des 35h, des congés payés, des soins et de l'école gratuite, la sécurité sur les routes, l'espérance de vie en bonne santé jusqu'à 80 ans en France, la mortalité infantile en chute, la fin des maladies comme la variole, une voiture par personne, la liberté d'expression, le confort, la propriété à portée de tous...

Les combats ne sont pas terminé parce que nous devons maintenant nous en prendre à tout les éléments négatifs qui découlent de ces éléments positifs. Comme je le disais, en inventant le train, on a inventé le déraillement... il faut désormais travailler pour que ces déraillements arrive le moins souvent possible... C'est ça la société de l'avenir.

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 204 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

Si elle n'explose pas en vol .

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Membre, 59ans Posté(e)
essayeur Membre 3 422 messages
Baby Forumeur‚ 59ans‚
Posté(e)

L'économie est une discipline triviale par nature, elle organise le réel sans considération morale, un peu comme la politique.

Il faut se méfier de ne voir qu'elle, pour plutôt considérer l'humain dans son ensemble. A savoir en l'occurrence, les qualités de cet occident qui paraît te choquer : il se cherche lui-même, il se réforme constamment, c'est sa caractéristique.

Une économie sociale et morale, commence à peine à poindre et paradoxalement, il me semble qu'elle n'émergera que lorsque nous aurons été au bout du processus que tu décris. Quand nous serons aux portes de l'impasse.

Pour ma part je reste optimiste. Pour ce qui est du scientisme, j'ai toujours désiré depuis que je suis enfant, un monde transfiguré par la science, le principal est de laisser à ceux qui ne désirent pas ce monde, la liberté de vivre à côté de lui, un peu comme les Amish, sans les y entraîner.

Bref ... je voudrais aussi dire que ton article m'a choqué par l'anti occidentalisme qui y suppure et par la référence à Camus, qui avait pour philosophie que la vie était absurde. Il propagea une sorte de nihilisme ténébreux dans tous ses écrits. Comment prendre au sérieux un homme qui n'était que dépressif ? Il faut abandonner l'idéalisme, dès qu'il commence à nous faire détester la société humaine.

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Invité Hermeneutique
Invités, Posté(e)
Invité Hermeneutique
Invité Hermeneutique Invités 0 message
Posté(e)

Pardon Essayeur mais deux choses : d'une part l'absurde de Camus est un optimisme dans le sens où l'homme va vers la mort quoi qu'il fasse où qu'il aille. Cette impuissance qui nous caractérise tous par rapport au temps peut nous conduire au suicide, et là est l'absurde dont il parle. Or justement malgré l’échéance qui augure notre nature, la meilleure façon de lutter pour Camus c'est résister à la tentation du désespoir. C'est accepter la vie telle qu'elle est. D'autre part, la science n'est pas pour moi l'objet de la critique, ce dont je parle, est le sens que nous donnons à la science à savoir au service de la cause libérale. Crabe disait que le train nous l'avons inventé, certes mais pourquoi ? Et bien dans le contexte de la mondialisation, nous avons cherché à rendre les espaces interdépendant et réduire la circulation des biens et personnes pour le bénéfice. Il n'a pas été question d'inventer une technologie qui améliore la vie des hommes, même si elle est cause de cela, il a été question de générer plus de profit. La même chose avec le fordisme, le taylorisme et toutes les innovations robotiques auxquelles l'on assiste de nos jours. Nous perdons notre humanité pour le "progrès" que l'on définit être le bonheur. Or la science c'est interpréter le monde, le comprendre ce n'est jamais autre chose qu'une connaissance et la connaissance ne devrait pas soumise aux lois du marchés. Malheureusement les brevets sont aussi une forme de monnaie. Là est ma critique, là est l'absurde.

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
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Si elle n'explose pas en vol .

On est passé à travers la guerre froide... à travers des dizaines de millions de mort entre la 2nde et la 1ère guerre mondiale... à travers la révolution... à travers les pestes, les guerres de seigneur, les viols et les pillages moyenageux, l'invasion des barbares, la conquête et la chute de Rome... je vois pas trop l'urgence de notre époque... peut être de choper un mélanome en restant trop longtemps au soleil parce que la planète se réchauffe... ou de choper un Parkinson à 78 ans parce qu'il y a trop de métaux lourd dans mon poisson...

Nos parents ou nos grands parents ont vécu un truc qui consistait à descendre dans une cave pendant la sirène avec une probabilité de se prendre une bombe de façon totalement aléatoire qui allait réduire toute la petite famille en charpie... des millions de morts à quelques centaines de kilomètre sur le front... et aujourd'hui on est mort de peur parce qu'il y a une guerre à plusieurs fuseaux horaires dont on ne connait rien.

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)

Pardon Essayeur mais deux choses : d'une part l'absurde de Camus est un optimisme dans le sens où l'homme va vers la mort quoi qu'il fasse où qu'il aille. Cette impuissance qui nous caractérise tous par rapport au temps peut nous conduire au suicide, et là est l'absurde dont il parle. Or justement malgré l’échéance qui augure notre nature, la meilleure façon de lutter pour Camus c'est résister à la tentation du désespoir. C'est accepter la vie telle qu'elle est. D'autre part, la science n'est pas pour moi l'objet de la critique, ce dont je parle, est le sens que nous donnons à la science à savoir au service de la cause libérale. Crabe disait que le train nous l'avons inventé, certes mais pourquoi ? Et bien dans le contexte de la mondialisation, nous avons cherché à rendre les espaces interdépendant et réduire la circulation des biens et personnes pour le bénéfice. Il n'a pas été question d'inventer une technologie qui améliore la vie des hommes, même si elle est cause de cela, il a été question de générer plus de profit. La même chose avec le fordisme, le taylorisme et toutes les innovations robotiques auxquelles l'on assiste de nos jours. Nous perdons notre humanité pour le "progrès" que l'on définit être le bonheur. Or la science c'est interpréter le monde, le comprendre ce n'est jamais autre chose qu'une connaissance et la connaissance ne devrait pas soumise aux lois du marchés. Malheureusement les brevets sont aussi une forme de monnaie. Là est ma critique, là est l'absurde.

Se nourrir, se reproduire... ce sont les deux constantes obligatoires pour la vie, qu'elle soit humaine, animal ou végétal. Mais pour cela, il faut inclure le déplacement. Le train en fait parti mais il est la simplification de nos transhumances préhistoriques. L'homme a toujours eu besoin de savoir ce qu'il y avait derrière la montagne, derrière l'océan... Qu'est ce qu'on a gagné? Regarde autour de toi... Prends un roman de Hugo ou Dickens et regarde autour de toi... Ce soir mon frigo est plein et je vais pouvoir manger à ma faim, je ne vais pas perdre des heures à risquer ma vie pour chercher à manger dehors alors qu'il fait -6°C... Je ne vais pas non plus mourir de froid parce que (presque) comme tout le monde j'ai un toit sur ma tête et un chauffage. Faut il se battre pour ceux qui n'ont pas de toit? BIEN SUR!!! Là est le progrès! Les nobles voyageaient en calèche, aujourd'hui le peuple voyage en avion.

Jamais nous nous sommes autant posé la question de notre humanité, notamment grâce à ces romans de science fiction qui nous entrainent dans un monde robotisé. Et devine quoi? L'invention de l'imprimerie (qui a foutu les copistes au chômage soit dit en passant) mêlée à des lois républicaines font que nous savons tous lire... Et la science en prime nous offre du temps puisque je n'ai plus besoin d'aller laver les fringues de mes enfants au lavoir (d'autant qu'il fait vraiment -6°C) en ayant une machine à laver... entre ça et ma voiture je gagne des heures de liberté chaque jour... pour réfléchir... pour faire faire les devoirs des gamins... pour jouer de la musique... ou (il faut aussi une perversion à ce luxe) glander devant une émission people.

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Invité Tar Baby
Invités, Posté(e)
Invité Tar Baby
Invité Tar Baby Invités 0 message
Posté(e)

Vous citez Rabelais " science sans conscience ", c'est exact si l'on pense par exemple à la bombe atomique. Mais on ne peut nier les progrès amenés par la science. Nous faisons partie des privilégiés sur cette terre et nous devons prendre conscience que notre société de consommation n'est pas un modèle viable à plus ou moins long terme, ni oublier tous ceux qui sur cette terre n'ont pas le minimum pour vivre. Oui il faut changer cet état de fait. Mais refuser en bloc la science et la technologie ne me semble pas être la solution.

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 204 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

J'imagine qu'avec la désintégration de l'atome ,les manipulation sur la matière et l'antimatière nous avons ouvert une sorte de boîte de Pandore qui peut mettre en péril l'équilibre de la maison entière .

Nous avons la possibilité de faire exploser la planète plusieurs fois ,mais imagine qu'une explosion nucléaire de trop provoque des réactions en chaîne ,ou que des scientifiques découvrent par hasard la façon de fabriquer des masses d'antimatière .Après tout notre Terre est de l'énergie ,et si à force de jouer avec l'energie ,l'équilibre se rompait ?

Déjà ne dit on pas qu'après le séisme de Fukushima la gravité de la planète à certains endroits du monde avait diminué ?

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
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Il y a cette même question dans l'excellent pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis. Le père du héros est un homme préhistorique intéressé par la science et aujourd'hui il vient de découvrir le feu... L'oncle du héros est horrifié parce que le père vient de mettre le feu par mégarde dans toute la plaine en mettant en toute la tribu en grand danger... Mais finalement ils ont découvert un outil qui fait peur à leurs prédateurs, et qui en plus arrive à faire cuire la viande d'un gibier qu'on a même plus besoin de chasser pendant des jours... et comble du bonheur, les grottes ne sont plus glaciales et humides...

L'oncle persiste dans sa fameuse réplique "back to the trees"!!! (retournons dans les arbres)

roy_lewis_livre_1.jpg

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Invité Hermeneutique
Invités, Posté(e)
Invité Hermeneutique
Invité Hermeneutique Invités 0 message
Posté(e)

Avant de t'en retourner sur les arbres, suit mon doigt

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)

Ah Tati... c'est malheureusement un chef d'oeuvre méconnu ce Playtime comparé à Mon Oncle ou Jour de fête... Après Chaplin a su trouver les mots avec les Temps modernes et je pèse mes mots parce que Chaplin, maitre du muet, parle pour la première fois dans cette innovation satanique qu'est le cinéma parlant... Lui qui refusait le langage verbal, persuadé que le langage du corps suffisait... Il chante donc du charabia... et je crois que le seul à parler véritablement, c'est l'homme qui lui parle à travers un écran et qui le surveillait, un personnage négatif qui représente la machine et l'inhumanité. Le resort comique chez Chaplin et Tati consiste à placer un personnage lunaire (Charlot ou M. Hulot) dans un monde mécanique.

Aujourd'hui pourtant, qui serait prêt à revenir au cinéma muet (sinon pour décrocher un oscar)? Je pense que la mode vintage consiste à exprimer sa peur de l'évolution, et paradoxalement on dépense son argent sur des choses qui nous rassure... un mobilier année 60's, un canapé 70's, des gadgets 80's... les jeux de notre enfance... nous freinons des 4 fers parce que nous avons peur de l’innovation.

Mais nous n'avons pas à avoir peur parce que cette société c'est nous qui la fabriquons. Ces machines, ces robots seront à notre service... mais il va de soi que nous devons nous battre pour que ce soit le cas... nous battre... pas avoir peur.

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