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Policiers/habitants des quartiers: fin du dialogue?...


Invité MrLau

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Invité MrLau
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Invité MrLau
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Bonjour,

Allez, je vais faire mon J.P Pernaut et donner dans l'actualité générale en prenant un article local.

A savoir l'interview d'une habitante de Chenove qui est plus un quartier de Dijon qu'une véritable localité à part entière ( ce qui fût le cas par le passé ) , cette interview est la première partie d'une série basée sur le thème de la vie dans ce quartier dit "sensible".

En août 2009, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a invité policiers, gendarmes, préfets et associations à se réunir en commissions et à réfléchir sur les relations entre la police et la population des quartiers. Selon notre confrère MédiaPart, qui s'est procuré les documents originaux, les conclusions des différents rapports remis au ministre en avril 2010 sont très préoccupantes* : contrôles de papiers à répétition, manque d'unités de prévention, amalgame entre les délinquants et le reste de la population, absence de stratégies de proximité locale, dialogue limité à l'affrontement entre policiers et habitants... Autant d'éléments qui ont fortement dégradé l'image des forces de l'ordre dans les quartiers populaires. Dix jours après l'annonce du président de la République, Nicolas Sarkozy, de nouvelles mesures répressives de lutte contre l'insécurité à Grenoble (38), dijOnscOpe est parti enquêter à Chenôve (21), où habitants, policiers et médiateurs ont accepté de nous répondre. Premier volet de cette trilogie: Janine, retraitée de 72 ans, nous raconte son quotidien...

Janine, bonjour. Pouvez-vous nous présenter les difficultés auxquelles vous êtes confrontée quotidiennement ?

"Nous avons d'énormes problèmes ici. Une bande de voyous squatte nos caves ! Ce sont toujours les mêmes ; ils sont une dizaine, âgés de quatorze à dix neuf ans. Nous ne sommes plus seulement dans le cadre de petites incivilités mais dans celui de la violence pure ! L'autre soir, je ne sais pas pour quelle raison, ces jeunes sont descendus du bus complètement enragés et ont saccagé l'abribus à trois heures du matin, neuf de trois jours ! Dès que nous osons leur tenir tête, nous nous faisons systématiquement traiter de racistes. Seulement, la vérité est qu'il y a également énormément de racisme de leur côté !

Personnellement, je n'ai pas peur, je les ai virés deux fois des cages d'escaliers dans lesquelles on trouve de tout par terre... Seulement, je ne le fais plus car j'ai constaté qu'ils étaient armés de couteaux. Le parking de mon immeuble est le plus brûlé de Chenôve. Il n'y a pratiquement pas une place qui ne soit pas brûlée ! Ils nous pillent aussi nos boîtes aux lettres ! Désormais, ils m'appellent Janine ou "la balance"... Les prostituées, la drogue, les voitures qui font du rodéo à cent à l'heure en faisant des dérapages non-contrôlés : tout cela a lieu sous ma fenêtre de minuit à trois heures du matin...

Quelles sont les mesures prises par la police pour endiguer cette situation ? Quels rapports entretenez-vous avec elle ?

La police passe mais en voiture seulement. Ils sont deux ou quatre, ne s'arrêtent jamais et descendent encore moins. Ils sont inaccessibles ! Lorsqu'on les appelle, les forces de l'ordre ne se dérangent pas. Les policiers prétextent ne pas pouvoir intervenir car ils ont d'autres priorités, ce que je comprends bien d'ailleurs. La police n'est pas défaillante. Je ne rejette pas la faute sur eux. Seulement, ils ne sont pas assez nombreux et ils ont peur ! S'ils n'avaient pas peur, ils marcheraient à pied justement au lieu d'être en voiture. C'est simple, la nuit, je n'essaye même plus de les appeler, je sais très bien qu'ils ne viendront plus...

C'est l'omerta, le maire cache tout, il est dépassé par les événements ! Mairie et police n'arrivent pas à contrôler la situation ! Les gens commencent à en avoir marre ! Ma voisine du dessous quitte son appartement car elle ne supporte plus la situation. Habitant au rez-de chaussée et vivant juste au-dessus des caves, elle est plus exposée que moi. A plusieurs reprises, ils ont mis le feu aux poubelles.

Existe-il concrètement un dialogue entre la police et les jeunes ?

Il n'y a pas de dialogue entre la police et les jeunes. C'est simple, quand ce n'est pas la police où les bus qui se font caillaisser, ce sont les pompiers qui se prennent des parpaings ! Le rapport de force entre les jeunes et la police est permanent, le rejet de la part de ces petits caïds est total. Le seul dialogue possible aujourd'hui est la répression. La prévention a déjà été testée, les jeunes ne la respectent pas. Il s'agit d'une minorité et cette minorité nous pourrit la vie ! Je pense qu'en l'état actuel des choses, il faut d'abord réprimer avant de pouvoir espérer dialoguer. Je vis dans une zone de non-droit !

* Pour en savoir plus, lire ici ou en lien ci-dessous l'article de MédiaPart : "Sécurité: le dialogue police/population est rompu".

Hormis le manque d'effectifs de la police que vous évoquez, quelles sont, selon vous, les autres raisons de leurs difficultés face à cette situation ?

Vous avez des policiers très jeunes, ils n'ont pas de poids et ne sont pas encadrés. Vous avez des gamines de vingt ans, policières, que voulez-vous qu'elles fassent avec des jeunes de dix-sept ans ? Je ne dis pas que ces jeunes policiers font mal leur travail mais ils n'ont pas l'expérience suffisante, ils sont trop jeunes ! C'est malheureux d'en arriver là mais il va falloir frapper fort, un grand coup. On sent déjà une certaine tension qui monte, elle est palpable. Tout ce qui se passe ailleurs, on en parle, on le monte en épingle. Il se crée un effet de mimétisme : les jeunes se disent : "Ils l'ont fait ailleurs, pourquoi nous, on ne ferait pas la même chose ?"

Un parti politique trouve-t-il grâce à vos yeux actuellement et qui pourrait en finir avec ces problèmes ?

A propos des mesures sécuritaires du gouvernement, le problème est que vous avez constamment les associations qui font blocus. Dès qu'il y a un pet de travers, vous avez automatiquement cinquante personnes qui manifestent ! De toute manière, on ne peut plus vivre comme ça. En l'état actuel des choses, je ne vois pas quel parti politique serait à même de nous sortir de là. L'extrême droite monte mais ce n'est pas une solution. La gauche est divisée, on ne va quand même pas aller se réfugier vers l'extrême gauche ! Quant à Nicolas Sarkozy, même s'il veut bien faire, il brasse de l'air. Il nous faudrait un De Gaulle mais on ne peut en avoir deux..."

Propos recueillis par Laurène Renoux et Charles-François Pion, le samedi 07 août 2010.

Bon, il est vrai que Chenove n'est pas un petit village bucolique , mais ce n'est pas non plus une des grande citées que l'on peut voir aux abords des grandes villes ( Paris, Lyon, Marseille etc ... ).

Moi ce qui m'a fait sourire c'est que la brave dame reprend un élément diffusé par les média, à savoir la jeunesse des Policiers.

Là je parle quand même de ce que je connais étant comme certains le savent Policier ( Police Nationale ) à Dijon et intervenant quotidiennement sur Chenove. Faut pas qu'elle débarque en région parisienne la brave dame , car sur Dijon la moyenne d'age est plus élevée ... je sais pas où elle a été pêcher des collègues de 20 ans ! Ou alors elle est tombée sur une A.D.S !

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Invité Leodagan_
Invités, Posté(e)
Invité Leodagan_
Invité Leodagan_ Invités 0 message
Posté(e)

Personnellement j'y vois une orientation médiatique très forte de la population, à un point qu'on se retrouve avec des gens capables de ressortir des phrases toutes faites alors qu'ils n'en n'ont pas l'expérience ou le vécu mais peu importe ils l'ont vu à la télé ou entendu à la radio.

J'en vois aussi le résultat depuis l'autre maison bleue de le République où les collègues sont régulièrement confrontés à des gens qui sont tout étonnés de les trouver aussi sympas et ouverts alors qu'ils s'attendaient presque à se faire taper dessus et emmener en garde à vue sans la moindre raison.

A force de claironner aux gens que leurs flics et leurs gendarmes sont des pourris assoiffés de violence ils finissent pr y croire même si ils n'y ont jamais été confronté personnellement, mieux encore, ils participent à la propagation de ces rumeurs.

C'est même particulièrement visible sur internet, y compris sur ce forum, où certains viennent raconter des histoires délirantes qui sont manifestement des légendes urbaines, des choses qui ne leur sont pas arrivées ou encore qui sont arrivées au copain d'un copain d'un copain d'une copine d'un copain que eux ne connaissent pas mais peu importe, l'important est d'avoir quelque chose à dire.

C'est dans l'air du temps, pas grand chose d'autre à faire que d'ignorer cela malheureusement. Les policiers ne sont que très rarement invités à donner leur avis réel dans les médias et les gendarmes jamais.

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Membre, In girum imus nocte et consumimur igni , 53ans Posté(e)
PASDEPARANOIA Membre 27 326 messages
53ans‚ In girum imus nocte et consumimur igni ,
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Il ya deux choses.

Les flics qui font bien leur métier et les autres.

Il y a les racailles imaginaires de la TV et de vrais gangsters.

J'ai des amis flics de banlieue, nés en banlieue, ça se passe bien.

Ils ont des collègues débarquant de province pas spécialement tendre, mais eux aussi sont je crois victimes des médias. Ils apprennent sur le tas, avec en ligne de mire les résultats si important pour le ministère et si dérisoire sur le terrain.

Comme je croise souvent de gentils flics qui laissent couler pour un peut de drogue, une conduite ivre, ils sont jeunes, font aussi des conneries.

Faut pas faire de généralité d'un côté comme de l'autre. Et éviter de tomber dans le piège de la médiatisation de cas isolés.

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Membre, Voyageur, 36ans Posté(e)
Timo-I Membre 28 636 messages
36ans‚ Voyageur,
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Il ne faut pas non plus dire que ce n'est que la faute des médias. Il y a réellement des jeunes en bandes dans les banlieues de n'importe quelles villes que ce soit et pas forcément les plus grandes villes. Ca ce ne sont pas des histoires que l'on peut inventer ou trouver dans les romans.

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Membre, In girum imus nocte et consumimur igni , 53ans Posté(e)
PASDEPARANOIA Membre 27 326 messages
53ans‚ In girum imus nocte et consumimur igni ,
Posté(e)

Y a toujours des bandes dans les villages, lis "La Guerre des Boutons".

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Membre, Voyageur, 36ans Posté(e)
Timo-I Membre 28 636 messages
36ans‚ Voyageur,
Posté(e)

Bizarre que je sois à la campagne et que je n'ai pas d'amis qui habitent dans mon village. :rtfm:

Les temps ont bien changés, tu parle de la guerre des boutons, mais ça c'était une mode qui existait il y a 60 ans, l'époque des grand pères et des grand mères. Maintenant va t'en en trouver des jeunes qui sont en bandes dans les campagnes. :o°

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Membre, In girum imus nocte et consumimur igni , 53ans Posté(e)
PASDEPARANOIA Membre 27 326 messages
53ans‚ In girum imus nocte et consumimur igni ,
Posté(e)

Ben y en a. Du moins pour ce que j'en vois. Mais si les temps ont changé, c'est peut être que les loisirs sont plus domestique et les jeunes moins visibles.

On joue à la console, on regarde la TV.

De mêrme dans les quartiers, la jeunesse délinquante est très minoritaire.

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Membre, Voyageur, 36ans Posté(e)
Timo-I Membre 28 636 messages
36ans‚ Voyageur,
Posté(e)

Mais je n'ai jamais dit le contraire, je te rassure. :rtfm:

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Invité MrLau
Invités, Posté(e)
Invité MrLau
Invité MrLau Invités 0 message
Posté(e)

PASDEPARANOIA :

Euh ... c'était osé comparer les gamins de la Guerre des Boutons et les jeunes délinquants ... chapeau :rtfm:

Sinon pour ce qui est des Policiers. Je crois que tu fais fausse route quelque part.

La culture des résultats n'est pas un élément touchant la base. Ceux qui sont dans la rue en tenue ou non.

La culture du résultat existe personne ne peut le nier et le faire serait malhonnête !

Mais ceux qui sont concernés sont les hauts gradés de la Police.

Ceux qui en fonction des résultats chiffrés voient leur carrière évoluée ou non.

Qui voient leur primes disparaitre ou pas ...

Je sais que tu n'es pas obligé de me croire , mais sache que le Gardien de la Paix à la base, n'est en aucun cas touché par cette course au résultat. Certains ont pu l'être au début, mais ils se rendent vite compte que cela n'influe pas sur leur carrière ou leur salaire.

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Membre, 52ans Posté(e)
tiwi Membre 2 015 messages
Baby Forumeur‚ 52ans‚
Posté(e)

Pendant un temps, on parlait de prendre des gars du crû pour assurer un service d'ordre. Ca ne fonctionne pas ?

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Membre, 58ans Posté(e)
poseidon94 Membre 394 messages
Baby Forumeur‚ 58ans‚
Posté(e)

Bonjour,

Et pourtant......localement, j'ai tout de même réussi à rétablir un semblant de dialogue avec ces messieurs de la police.

Certes non sans mal, car j'ai du faire un peu de bruit pour essayer de parvenir à mes fins.

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Invité Leodagan_
Invités, Posté(e)
Invité Leodagan_
Invité Leodagan_ Invités 0 message
Posté(e)
Comme je croise souvent de gentils flics qui laissent couler pour un peut de drogue, une conduite ivre, ils sont jeunes, font aussi des conneries.

Tu appelles ça un gentil flic toi ??? :rtfm:

C'est surtout de la prévarication ... On en reparlera quand ton quidam bourré au volant sera allé faire un carton sur un passage piéton après avoir été contrôlé par ton "gentil flic" qui l'aura laissé partir parce qu'il est "gentil", qu'il est jeune et que lui aussi il fait des conneries ...

De mêrme dans les quartiers, la jeunesse délinquante est très minoritaire.

Personne n'a jamais dit le contraire non plus. C'est d'ailleurs le problème, c'est toujours une poignée qui emmerde la majorité de par leur comportement.

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Membre, Con de Sysiphe, 49ans Posté(e)
Aaltar Membre 11 523 messages
49ans‚ Con de Sysiphe,
Posté(e)
Personne n'a jamais dit le contraire non plus. C'est d'ailleurs le problème, c'est toujours une poignée qui emmerde la majorité de par leur comportement.

:rtfm:

Heureusement qu'ils sont minoritaires, mais par contre ils sont très visibles et impactant. 10 mecs seulement peuvent te pourrir un quartier de quelques milliers de personnes, c'est là que plus rien ne va.

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Membre, 52ans Posté(e)
tiwi Membre 2 015 messages
Baby Forumeur‚ 52ans‚
Posté(e)
Tu appelles ça un gentil flic toi ??? :rtfm:

C'est surtout de la prévarication ... On en reparlera quand ton quidam bourré au volant sera allé faire un carton sur un passage piéton après avoir été contrôlé par ton "gentil flic" qui l'aura laissé partir parce qu'il est "gentil", qu'il est jeune et que lui aussi il fait des conneries ...

Personne n'a jamais dit le contraire non plus. C'est d'ailleurs le problème, c'est toujours une poignée qui emmerde la majorité de par leur comportement.

Il y a ivre et ivre aussi, j'ai eu leur âge et j'ai fais des conneries aussi. Si jouer les pères fouetards empêchait tous les accidents, ça se saurait.

Et jusqu'à preuve du contraire, les flics ne sont pas les derniers non plus à laisser passer les collègues un peu éméchés non ? (Jamais de noël ou de jour de l'an chez vous ? Jamais de pot de départ ou autres repas de famille ?)

Le mieux serait bien sur d'avoir un chauffeur qui est sobre mais qui peut quand même avoir un accident, on n'est pas à l'abri des probabilitées.

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Membre, In girum imus nocte et consumimur igni , 53ans Posté(e)
PASDEPARANOIA Membre 27 326 messages
53ans‚ In girum imus nocte et consumimur igni ,
Posté(e)

J'aurai du préciser, laisser partir à pied...

Ils m'ont même proposé de me raccompagner en bagnole une fois, mais je ne monte pas avec des hommes inconnus.

Sinon je trouve salutaire une interprétation large du texte de la loi. Là souvent nous avons des gagnes petits qui foute au gnouf des mômes pour des broutilles, à tel point que nos prisons sont pleines de gens qui n'ont rien à y faire. Le culte du résultat n'y est pas étranger. Il faudrait juste indexer le résultat sur la nuisance sociale, et pas sur le code civil.

Pour les cités, il y a quelques familles qui tiennent le business de façon lourde. Ils sont connus et logés, et on se demande à quoi servent les GIR si ce n'est le théâtre.

Mais la réalité c'est aussi qu'au delà des nuisances de façade l'économie souterraine fait vivre des milliers de personnes. Avant on se contentait de contrôler, réguler le trafic. Mais maintenant les petits caïds de banlieue veulent jouer dans la cour des grands. Entrainant par la même toute cette armé de l"ombre qu'est la population locale pas franchement acquise à nos force de l'ordre.

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Invité MrLau
Invités, Posté(e)
Invité MrLau
Invité MrLau Invités 0 message
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La suite ( car visiblement c'est en plusieurs parties ) :

Dans notre édition du mardi 10 août 2010, Janine, 72 ans, résidente à Chenôve et témoin privilégié du rapport de force entre la police et les jeunes du quartier, nous confiait son sentiment d'abandon et d'insécurité. Pour en savoir plus, dijOnscOpe est parti à la rencontre de Clément*, policier à Chenôve, et de Codie*, 22 ans, habitant des quartiers de la ville. Les points de vue se confrontent...

Clément, agent du poste de police de Chenôve :

"Je viens de Paris, j'ai travaillé dans les cités les plus chaudes. Je considère qu'à Dijon, c'est assez calme, c'est la province. Sur le dialogue entre la police et les jeunes, je dirais qu'il fonctionne. Il existe, on discute et au bout d'un moment, ça se calme toujours. Je ne suis pas forcément d'accord avec le constat établi par l'habitante que vous avez rencontrée, à propos du manque d'effectifs de la police ici. Si les jeunes sont dix, nous y allons à dix !

Après, il est vrai que nous n'avons pas le temps de dialoguer avec la population. Cette dernière ne comprend pas toujours que nous avons des priorités dans le cadre de nos interventions ; il y a une hiérarchie dans la gravité des cas. C'est le même principe que dans les hôpitaux... Je vous cite l'exemple d'une dame qui est venue nous voir car sa voiture a été brûlée le week-end dernier. Il faut bien savoir que des voitures brûlées, il y en a en moyenne trois ou quatre tous les week-ends. L'enquête dure plusieurs mois, l'auteur des faits est la plupart du temps retrouvé mais nous avons souvent à faire à des mineurs qui n'iront pas en prison !"

Codie, 22 ans, un habitant des quartiers de Chenôve :

"J'habite Chenôve depuis douze ans maintenant. Je reconnais avoir fait un certain nombre de bêtises. Par conséquent, je connais la police. Elle me manque de respect. Ils se comportent avec moi comme avec un gamin de douze ans. Ils ne considèrent pas que j'ai grandi. Je n'ai jamais senti d'évolution dans leur approche vis-à-vis de moi. C'est simple, je respecte la police alors pourquoi me manque-t-elle de respect à moi ? Et puis, lorsqu'ils font des fouilles au corps, ils ne se gênent pas ! En moyenne, je me fais contrôler mes papiers d'identité une à deux fois par semaine. Le pire, ce sont les jeunes flics ; ils se prennent vraiment pour des cow-boys !

La police en sous-effectif ? En général, ils se déplacent en voiture, ils ne sont jamais plus de trois ou quatre. Lorsque je suis avec mes amis, nous sommes parfois dix ou quinze en même temps. Il est rare que la police se confronte à nous avec le même effectif. Ils peuvent appeler une voiture en renfort mais le temps qu'elle arrive... Pour ma part, si je me retrouvais en danger quelque part, je n'aurais absolument pas confiance en la police. Elle ne peut rien faire, elle a juste le pouvoir de surveiller, c'est tout ! Concernant les mesures sécuritaires de Nicolas Sarkozy, en particulier à propos de la déchéance de la nationalité, c'est débile et ça ne sert à rien ! Il y a tout autant de Français qui font n'importe quoi ; qu'est-ce qu'on fait aussi avec eux, on les vire ?"

* Dans un souci d'anonymat, les prénoms du policier et du jeune homme interviewés ont été modifiés.

Propos recueillis par Laurène Renoux et Charles-François Pion, le samedi 07 août 2010.

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