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Système technicien et capitalisme

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Loufiat

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Membre, 36ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 776 messages
Forumeur vétéran‚ 36ans‚
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@Demsky @Engardin je propose de poursuivre ici la discussion entamée dans l'autre fil si vous le souhaitez. 

Le problème que je pose et en réponse à ta remarque @Engardin est celui des rapports entre système technicien et capitalisme. (Anders devrait y avoir toute sa place.) 

Ta remarque étant "la technicité n'est qu'une arme ou un camouflage pour le capitalisme". 

Je me contente pour le moment de dire qu'il faut je crois saisir la singularité du système technicien qui dépasse largement le cadre du capitalisme et, dans une certaine mesure, le réoriente, le transforme (mais de façon pas évidente du tout). 

La page wiki sur le "système technicien" avant que j'y revienne : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Système_technicien

À plus !

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Membre, 58ans Posté(e)
SpookyTheFirst Membre 4 462 messages
Maitre des forums‚ 58ans‚
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En lisant ta definition wiki du systeme technique, j’ai constaté que le concept de machine est assez central et je me suis demandé si un « ordinateur vivant » (qui utilise des neurones biologiques), et technos biotech (qui reprogramment des bactéries pour produire des vaccins) font aussi parti du systeme technique….

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Membre, 36ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 776 messages
Forumeur vétéran‚ 36ans‚
Posté(e)
Il y a 7 heures, SpookyTheFirst a dit :

En lisant ta definition wiki du systeme technique, j’ai constaté que le concept de machine est assez central et je me suis demandé si un « ordinateur vivant » (qui utilise des neurones biologiques), et technos biotech (qui reprogramment des bactéries pour produire des vaccins) font aussi parti du systeme technique….

J'ai pris le temps ce soir de lire la page wiki que j'ai mise en lien, et je vois que j'ai eu tort : c'est imbitable. Ellul est infiniment plus clair que ça.

Pour te répondre, oui, les développements que vous faites s'inscrivent exactement dans le développement du système technicien, bien qu'à l'époque de cette analyse, de tels développements étaient encore impossibles. 

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Membre, 2ans Posté(e)
Engardin Membre 2 482 messages
Maitre des forums‚ 2ans‚
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Il y a aussi un point de vue intéressant dans la mesure où on en parle beaucoup plus souvent depuis l'importance prise par l'IA et qui était je crois déjà signalé par Anders (?)

C'est l'obsolescence de l'homme, (les filles calmez vous ! au sens de l'humain !)  Une obsolescence provoquée par la technicité, la technique en général.

La machine étant plus efficace pour le travail que l'homme, et maintenant c'est l'IA qui est plus efficace que l'homme pour 'penser' !

[(Je me sers parfois de chat GPT, et j'en vois bien les limites "inventives" ! il reste toujours dans les clichés, dans "ce qui se dit" mais rien n'empêche qu'une fois amélioré il soit plus créatif que nous ?)]

En attendant, une remarque La rentabilité de la machine ou de l'IA est meilleure. Mais rentable pour qui ? C'est là qu'il faut penser au "capitalisme". Ce n'est pas gratuitement ni pour la beauté du geste que l'on remplace  une personne par un automate IA. On nous parle alors de concurrence, de compétitivité... J'ai lu il n'y a pas longtemps que la Chine avait raté sa révolution industrielle vers l'an 1000 (mais oui !) alors qu'elle avait déjà toutes les connaissances que l'Angleterre n'aura qu' au XIX e parce qu'elle avait une population et donc une main d'oeuvre abondante et bon marché et donc pas besoin de se mécaniser !

Marx prenait il en ligne de compte que le travailleur prolétaire était peu ou prou en concurrence avec la machine outil ? Je n'en ai pas la moindre idée. Les "petits chinois" restent encore de bons concurrents pour le moment... 

On voit très bien ces deux aspects se rejoindre dans la robotique ! LES robots vont-ils vivre... à notre place ?  C'est dans l'autre sujet qu'on parlait de pulsion ou d'élan de vie. quels sont-ils  pour un robot ? C'est là que je suis bien attrapé : quand je pense que pour nous ce n'est qu'une sorte de  mécanisme, rien n'empêche d'installer ce genre de mécanisme dans une machine ! :shok:

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Membre, 36ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 776 messages
Forumeur vétéran‚ 36ans‚
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il y a une heure, Engardin a dit :

C'est l'obsolescence de l'homme, (les filles calmez vous ! au sens de l'humain !)  Une obsolescence provoquée par la technicité, la technique en général.

La machine étant plus efficace pour le travail que l'homme, et maintenant c'est l'IA qui est plus efficace que l'homme pour 'penser' !

De ce point de vue, le passage a l'informatique marque un basculement. 

Ellul observe en 77 que "nous allons assister à l'apparition d'un univers virtuel entièrement fait de communications automatisées entre des machines".

Or, à partir du moment où les secteurs d'activité sont rendus solidaires par des systèmes d'information, il n'y a plus aucune commune mesure entre les capacités humaines et le système technicien. 

Ça veut dire deux choses que les organisations humaines "traditionnelles" deviennent obsolètes, incompétentes ; et que le système technicien est autonome - relativement, mais autonome quand-même. C'est à dire qu'il devient "premier" et déterminant ou "sur déterminant" par rapport à tous les autres facteurs. 

Je décrypte avec un exemple. Telle entreprise française produit depuis des générations des flacons de verre destinés aux grands parfumeurs. Cette entreprise est rachetée et intégrée à un groupe où le travail de la Verrerie vient se coupler à l'industrie du plastique. Ce groupe se dote d'un système d'information en même temps qu'il modernise ses usines et se développe à l'international : ses activités industrielles et commerciales se font bientôt à la fois en Asie (Chine), Amerique (Etats-Unis et Brésil), et en Europe (France principalement). 

Ce qui permet la coordination de toutes les opérations industrielles et commerciales du groupe, en interne, c'est son système d'information. C'est lui qui lie toute l'organisation. Et si par magie ou suite à une catastrophe, demain, on ne peut plus envoyer un mail, faire une visio ni calculer exactement le prix de revient d'une pièce produite en Chine, transitant par Hong-Kong, envoyée aux Etats-Unis pour être finalement vendue en France : l'organisation disparaît purement et simplement. La réalité de ce groupe est entièrement dépendante de ce système d'information, qui lui-même est "branché" à la totalité du système au niveau mondial (marchés financiers déterminant les cours qui sont des réseaux informatiques, réseaux électriques, logistiques, etc etc etc.). 

Or, il n'y a pas seulement remplacement ou amélioration des organisations traditionnelles : celles-ci disparaissent. La vie d'avant n'est pas simplement contenue dans ce nouveau milieu ; de la même façon que les savoir-faire anciens sont perdus, oubliés, tombés en désuétude. C'est une chose qui arrive de tout temps, mais ce qui est dramatique, c'est l'ampleur du phénomène, qui affecte toutes les activités et toutes les organisations. On ne sait effectivement plus vivre sans un telephone portable. Bien sûr il y a de la résistance, des gens qui continuent dans leur coin à faire autrement ou "comme avant" mais ça n'a aucun poids sociologique. Du point de vue de la société dans son ensemble, ça signifie une dépendance radicale des humains à un système qu'ils ne peuvent plus contrôler. Aucune société, aucune nation, aucune entreprise n'a le loisir de ne pas participer à ce développement - car c'est la disparition pure et simple qui guette par exemple une entreprise qui ne se modernise pas.  

Ça signifie pour l'individu la nécessité de s'adapter parce que son milieu est sans cesse mouvant. Tel métier indispensable il y a vingt ans disparaît presque du jour au lendemain. Ça signifie aussi pour ces organisations que la rigidité de l'individu leur est préjudiciable : un inactif, un inadapté (et ils sont donc de plus en plus nombreux, nécessairement), un réfractaire est un poids mort. Il faut constamment former et reformer, faire intégrer les nouvelles réalités. Effectivement cette situation pour l'homme est très angoissante. Il est en minorité et dans une situation d'hétérogénéité totale. Or l'individu a appris que c'est le politique qui dirige ce monde... Et le politique est son dernier accès à un sens de contrôle sur cette réalité qu'il subit. 

Une fracture nette apparaît entre les classes les plus souples, les plus adaptées, qui embrassent ces nouvelles réalités et ceux qui restent sur le bas côté, les "poids morts", les rigides... 

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 517 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Oui bien sûr Marx a abondamment parlé de cet aspect des choses, le prolétaire et la machine outil en concurrence. Les capitalistes, les propriétaires du capital n'ayant jamais cessé de vouloir remplacer les travailleurs par des machines lorsqu'elles celles ci dégageaient des coûts de production inférieurs aux coûts de la main d'œuvre.

Mais même un petit patron producteur d'un bien ou d'un service donné, n'employant pas d'autre main d'œuvre que lui-même, va tenter d'agir sur sa propre production en utilisant une machine s'il peut en trouver une qui lui permette de libérer du temps. Il n' y a pas que le profit escompté, ni même la quantité produite qui stimule la conception des machines, il y a aussi le gain de temps.

Lorsque la machine à laver a été conçue les ménages n'ont pas protesté au contraire. Plutôt utiliser une machine  que passer des heures à faire la lessive. 

Nous finissons aujourd'hui par confondre technique et efficacité comme si seule l'efficacité fondait la technique.

Ellul définit même la technique comme un ensemble de mécanismes qui répond à la recherche de l'efficacité en toutes choses. Que la technique soit aujourd'hui utilisée en vue de l'efficacité est de l'ordre de la responsabilité humaine, ce n'est pas dans l'ordre de la technique elle-même. A ce propos il est intéressant de suivre les travaux d'Oliver Hamant qui nous explique (ce n'est pas un simple intellectuel spectateur c'est aussi un intellectuel acteur au sein de l'INRAE) que la technique peut aussi se donner pour fin la robustesse à défaut d'être pleinement efficace. (Lire : "antidote au culte de la performance, la robustesse du vivant").

Que la technique soit un minimum efficace cela va de soi, qu'elle ne vise que l'efficacité cela dépend de l'être humain qui l'emploie et des secteurs où elle s'applique. Nous pouvons aussi concevoir des techniques qui visent l'à peu près, et s'en contentent, bien sûr dans des domaines qui n'exigent pas une précision totale ! En fait c'est même là le comportement d'un humain qui reste humain. Accepter l' à peu près est d'ailleurs le seul comportement viable au quotidien.  La performance, la perfection, l'efficacité maximale ne sont pas propres à la technique, elles sont propres à un système économique fondé sur la compétition à tous les niveaux, fondé sur la concurrence. Le consommateur a aussi sa responsabilité dans cette affaire quand il privilégie le produit parfait, plus "parfait" qu'un autre.   Laver plus blanc que blanc par exemple. 

 

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Membre, 36ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 776 messages
Forumeur vétéran‚ 36ans‚
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il y a 28 minutes, Arkadis a dit :

Ellul définit même la technique comme un ensemble de mécanismes qui répond à la recherche de l'efficacité en toutes choses. Que la technique soit aujourd'hui utilisée en vue de l'efficacité est de l'ordre de la responsabilité humaine, ce n'est pas dans l'ordre de la technique elle-même.

Ellul prend conscience dans les années 50 de la singularité du "phénomène technique", cest-à-dire, selon lui, qu'il y a quelque chose qui existe, réellement, qui est en constitution et qu'il dénomme : phénomène technique (puis système technicien, dans un second temps), quelque-chose de radicalement nouveau du point de vue historique et sociologique, et qui va changer la donne. (La technique ou l'enjeu du siècle, 1954.) 

Je le redis autrement : Ellul voit qu'un phénomène emerge sur le champ très large et diversifié des opérations techniques, qui ont existé de tout temps et qui ne se réduisent pas au seul critère de l'efficacité. Et il se lance dans l'analyse des caractères de ce phénomène sociologique ou fait social.  

Et ce fait social remarquable parmi les faits sociaux se présente à lui en première approximation comme "la recherche du moyen le plus efficace dans tous les domaines d'activité humaine". Parce qu'il y a effectivement une frénésie inédite. 

Ensuite on entre dans une analyse beaucoup plus serrée et complexe du phénomène tel qu'il existe réellement. (Ellul se tient au courant de tout ce qui se fait, autant qu'il peut - ce n'est pas un philosophe, il ne raisonne pas dans labstrait et met en garde contre tous les discours abstraits sur "la technique" qui n'apportent rien de concret pour agir).

Parce que pour comprendre où ce système va il faut effectivement suivre au jour le jour tel ou tel de ses développements de par le monde et comprendre comment ils vont s'insérer dans la réalité sociale, économique, politique psychologique et être qualifiés par elle en même temps qu'elle va les requalifier aussi. 

Le critère de validation intellectuel quapplique Ellul est la prévision : une analyse est a priori bonne si elle me rend capable de prédire la suite des évènements, de comprendre pourquoi telle direction est prise, etc., pour agir. 

C'est ainsi que dans les années 80 il se démène dans tous les sens pour faire comprendre qu'une alternative se présente qui sera probablement de courte durée : il faut maintenant une conjonction des forces sociales et politiques pour prendre l'informatisation en main, se l'approprier et la mettre au service de la société - après, ce sera trop tard. Et effectivement, 5 ans plus tard il constate que ce moment est passé et que le système ne fait que renforcer ses tendances, avec de moins en moins de possibilités d'y insérer une action (en fait d'y instituer un "feedback"). 

Bon sang de bois lisez Ellul ! Dans le texte ! C'est brutal, pas de chichi, et ça donne effectivement une clef de lecture décisive. Par contre ça ne fournit aucune solution globale et l'analyse s'arrête dans les années 80 sur des constats calamiteux et franchement désespérants. 

À notre charge donc d'aller plus loin. 

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 517 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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L'observateur, le spectateur (Ellul) théorise et pense de l'acteur qu'il est dominé par une Idée maitresse sans qu'il s'en rende compte.  L'acteur peut retenir du spectateur qui théorise l'Idée Technique qu'il doit éviter l'excès. C'est l'excès dans telle ou telle direction adoptée par l'acteur qui devient nocif. Mais aujourd'hui l'excès dans l'utilisation de la technique ne vient pas qu'il existerait une Idée "Technique" aliénante dont procèderaient toutes les techniques comme  il existerait une idée Cheval qui engendrerait tous les chevaux, cet excès a deux fondements : la volonté de dominer la Nature et de devenir Dieu mais aussi la disparition de toute transcendance qui laisse l'être humain livré à ses seuls désirs, devenus les seuls fondements de son action. La technique donne ce sentiment aux humains qu'ils pourraient en effet devenir Dieu, qu'ils pourraient réaliser tous leurs désirs, même les plus fous, mais ce désir d'être Dieu n'a pas pour source la technique, c'est un désir vieux comme le monde que la technique rend possible, ou que la technique fait croire qu'il est possible de le  réaliser.  Il est d'ailleurs possible que la disparition de toute transcendance active le désir comme seule source d'inspiration, lequel désir se perd alors dans  celui de devenir Dieu. Le spectateur pourra s'efforcer d'être de plus en plus fin dans sa critique, le fait qu'il soit lui même impuissant à sortir de la critique pour proposer de nouvelles voies d'action rend sa critique inutile. C'est là l'échec des religions et des philosophies non seulement occidentales mais aussi orientales. Nous sommes condamnés à aller jusqu'au bout de notre impuissance à penser une nouvelle transcendance ou à en réactiver une ancienne (je pense au souci de l'autre prenant le pas sur le souci de soi, mais une telle préséance exige peut être une transcendance) condamnés à vivre un avenir qui s'annonce plutôt effrayant. C'est curieux de constater que c'est en définitive dans le danger et le combat  VECUS par l'acteur et non pas pensés par le spectateur que naitra une pensée nouvelle. 

 

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Membre, 36ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 776 messages
Forumeur vétéran‚ 36ans‚
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Je dois vous rectifier @Arkadis ; Ellul est un homme de combat. Résistance, conseil de la résistance, mairie de Bordeaux, direction de l'église reformee de France. Sa femme et lui fondent un temple chez eux à Pessac, qui bientôt prendra une envergure telle qu'ils ne pourront plus accueillir toutes ces familles - ils doivent trouver un lieu, et Ellul s'attriste que la communauté ait pris de telles proportions qu'elle change de caractère et devient moins intime, moins solidaire. Sa maison à Pessac est constamment ouverte et visitée : artistes, intellectuels du monde entier, jeunes du coin, hippies, religieux, journalistes, politiques. Il fonde avec un ami le premier club de prévention de la délinquance juvénile, écrit sans cesse sur les jeunes, leurs malaises, les possibilités de les aider. S'emploie à contrer le plan massif d'urbanisation de la côte aquitaine - et y parvient. Nous sommes devant un cas tout à fait singulier, d'un intellectuel éminemment actif et qui pense effectivement ce qu'il vit, et qui dédie sa vie à l'autre. Un bourreau de travail en outre. Sans parler de ses centaines voire milliers d'articles de presse. 

Si Castoriadis n'avait pas été bloqué dans son héritage grecque de la techné, eux deux auraient pu faire de grandes choses. Et puis si les foules n'avaient pas été facsinees à Paris par des Sartre, des Foucaults et consorts dont les vies étaient bien souvent très loin de ce qu'ils écrivaient et proclamaient... 

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 108 messages
Maitre des forums‚
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Le profit, la cupidité, etc., ça ma parait vieux comme le " Monde " (i.e. des hommes). Dans l'histoire des celtes, on connaît un effondrement interne : les disparités " sociales " étaient devenues absolument atroces. Les esclaves, les pauvres, etc., ont sauté à la gorge du sommet de la pyramide sociale, ils ont tué " tous les monde ", mit le feu partout, tout détruit, pas de texte, mais l'archéologie est formelle. Quand ces sociétés se relèvent, c'est là qu'on voit apparaître les figures désormais distinctes du prince, roi, etc., et du druide. La distinction permet d'introduire un peu " d'huile " dans ses sociétés pour éviter les anciens abus que tout le monde a en tête.

il y a 37 minutes, Loufiat a dit :

Et puis si les foules n'avaient pas été facsinees à Paris par des Sartre, des Foucaults et consorts dont les vies étaient bien souvent très loin de ce qu'ils écrivaient et proclamaient... 

J'entends bien ta remarque. Une petite métaphore. Les philosophes les plus radicaux c'est ceux qui creusent le plus profondément, c'est eux qui emportent " la mise " (pour le meilleur et pour le pire, " on ne métaphysique pas impunément "). Ma remarque est presque " technique ". Sartre a creusé plus profondément que les autres cités, " c'est tout ". Heidegger aussi hein, qui est donc devenu le " philosophe " de référence des mollahs, des putschistes d'Amérique latine, des ultra-nationalistes hindous, de la " Tradition ", bref, en un mot, du romantisme au sens métaphysique. Sartre a harponné idéalement Heidegger, en 2026, j'ai le sentiment que personne n'a vu,  :( . Bref, moi, je creuse ...

Une dernière petite remarque. C'est grâce aux français de la seconde moitié du XX° siècle qu'on voit aujourd'hui apparaître des jeunes pousses continentales en terres anglo-saxonnes. Le temps de la philosophie n'est pas celui de la vie quotidienne, c'est trivial, mais ce n'est même pas celui de l'histoire. Nietzsche parle très bien de ça. " Les Grecs, dés le début, sont ceux qui sont allés le plus loin ", etc. Chez les éléates, il n'y a pas de doctrine, il y a un instrument, la dialectique, fondée sur l'ontologie. J'en use depuis 35 ans, ça m'a très bien réussi.

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Membre, 36ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 776 messages
Forumeur vétéran‚ 36ans‚
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il y a une heure, Neopilina a dit :

Sartre a creusé plus profondément que les autres cités

Sartre s'est systématiquement planté dès qu'il s'agissait du réel, de son temps. Foucault exaltait la révolution en Iran, ce grand déconstructeur en chef. Nous sommes en face d'intellectuels parisiens qui ne font pas leur travail, ne respectent pas leurs obligations, ne sont responsables de rien. Ils proclament blanc puis noir sans que ca n'étonne personne. Et pendant que ça fume au café de Flore entre deux coupes de champagne, à Pessac on trace son sillon avec une constance et une consistance sans faille, toute une vie de labeur à dormir 3 ou 4h par nuit. On se tient au courant de ce qu'il se passe à l'Est ; on a des oreilles, des correspondances un peu partout. Et on avertit. Et on avertit. Et on a raison presque à chaque fois que c'en est désespérant. Pas par miracle ! Par un effort d'information et d'analyse - et parce qu'on a une vraie profondeur historique (cf encore une fois l'histoire des institutions, cinq tomes - à la fin de chaque chapitre, une bibliographie commentée...). 

Ellul est d'une intransigeance que ces messieurs de saint Germain ne pouvaient manifestement pas concevoir : tu écris et parles publiquement, tu fais figure d'autorité, d'intellectuel : l'erreur ne t'es pas permise. Tu te plantes une fois sur un sujet comme la révolution maoïste ? Tu arrêtes d'écrire. Tu vas faire autre chose. Tu te retires et tu te tais. 

Les graines de la philosophie continentale aux Etats Unis, je les leur laisse. Je préfère quand les américains font dans l'américain c'est plus percutant. (Aux US ils ont tout de suite compris qu'Ellul disait quelque chose de décisif - Huxley fait paraître La Technique au début des années 60, et il y a eu un vrai dialogue autour de ses analyses. En France : rien.)

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Neopilina Membre 8 108 messages
Maitre des forums‚
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Il y a 1 heure, Loufiat a dit :

Sartre s'est systématiquement planté dès qu'il s'agissait du réel, de son temps. Foucault exaltait la révolution en Iran, ce grand déconstructeur en chef. Nous sommes en face d'intellectuels parisiens qui ne font pas leur travail, ne respectent pas leurs obligations, ne sont responsables de rien. Ils proclament blanc puis noir sans que ca n'étonne personne. Et pendant que ça fume au café de Flore entre deux coupes de champagne, à Pessac on trace son sillon avec une constance et une consistance sans faille, toute une vie de labeur à dormir 3 ou 4h par nuit. On se tient au courant de ce qu'il se passe à l'Est ; on a des oreilles, des correspondances un peu partout. Et on avertit. Et on avertit. Et on a raison presque à chaque fois que c'en est désespérant. Pas par miracle ! Par un effort d'information et d'analyse - et parce qu'on a une vraie profondeur historique (cf encore une fois l'histoire des institutions, cinq tomes - à la fin de chaque chapitre, une bibliographie commentée...). 

Ellul est d'une intransigeance que ces messieurs de saint Germain ne pouvaient manifestement pas concevoir : tu écris et parles publiquement, tu fais figure d'autorité, d'intellectuel : l'erreur ne t'es pas permise. Tu te plantes une fois sur un sujet comme la révolution maoïste ? Tu arrêtes d'écrire. Tu vas faire autre chose. Tu te retires et tu te tais. 

Les graines de la philosophie continentale aux Etats Unis, je les leur laisse. Je préfère quand les américains font dans l'américain c'est plus percutant. (Aux US ils ont tout de suite compris qu'Ellul disait quelque chose de décisif - Huxley fait paraître La Technique au début des années 60, et il y a eu un vrai dialogue autour de ses analyses. En France : rien.)

J'entends. Ce n'est pas de ma faute si Heidegger et Sartre sont deux très très grands philosophes. Je hais viscéralement Heidegger. Il utilise la philosophie pour souiller la philosophie, la liberté de penser, la liberté tout court, c'est le philosophe du totalitarisme, etc. A ce niveau, une foule considérations " personnelles " doivent rester au vestiaire. Allez, encore une fois : je hais Heidegger. Il n'empêche que sans Heidegger, je ne comprends pas le peu que j'ai compris de Kant, qui ne réussit jamais à dire ce que c'est qu'une chose, etc. Etc. On n'y peut a posteriori rien. Alors je me bouche le nez, et j'y vais. Il y a de bons outils, du bon matos, dans une fosse à m... ? Je vais les chercher, je rince, et roule casquette !! Quand je philosophe, les " états d'âme " reste au vestiaire. Le plus amicalement qui soit,  ;))  .

Newton était une ordure intégrale, un sociopathe (le suicide d'un assistant), un parvenu, un arriviste, un voleur (les inventions d'un pauvre horloger irlandais), etc., mais personne ne songe à se passer de la physique newtonienne à l'échelle locale. " C'est comme ça ", façon y'a rien à faire. Einstein découvre la relativité, d'autres font des " champignons ", etc. C'est comme le thème " l'artiste (ou autre) et l'oeuvre ". C'est pareil.

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Loufiat Membre 2 776 messages
Forumeur vétéran‚ 36ans‚
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il y a 13 minutes, Neopilina a dit :

J'entends. Ce n'est pas de ma faute si Heidegger et Sartre sont deux très très grands philosophes.

Ben, j'ai du mal avec ça. Deux grands intellectuels si tu veux. De très bons écrivains sans doute. Mais un philosophe qui se vautre à ce point dans la saisie du réel, de l'histoire, de son temps, c'est un philosophe ? La philosophie académique moderne se créée un imbroglio qu'elle passe son temps à démêler. Où est la sagesse chez un Hegel ? Chez un Marx ? Chez un Kant ? Des cathédrales de papier, des monuments d'intelligence verbale oui sans doute. Mais voilà bien tout ce qu'on a à la fin, à peu près, quand ce n'est pas pire, et que ces gens n'ont pas participé à justifier les pires horreurs. Des mecs systématiquement a côté de leurs pompes en somme. Faut le dire quand même ! 

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Demsky Membre 12 391 messages
Maitre des forums‚
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Il y a 9 heures, Engardin a dit :

Une obsolescence provoquée par la technicité, la technique en général.

C'est assez  plaisant  à lire...

Ce matin, je crois bien avoir découvert la trace d'un nouveau pudendum, d'un nouveau motif de honte encore inconnu dans le passé. Pour le moment, je l'appelle "la honte prométhéenne", et j'entends par là "la honte qui s'empare de l'homme devant l'humiliante qualité des choses qu'il a lui-même fabriquées".

Il y a une dizaine d’années, je rendis visite dans un hôpital californien à un malade sans espoir de guérison.
A mon « how are you?”, il répondit par un geste qui ne semblait pas englober sa seule chambre mais l’humanité tout entière et me murmura quelque chose comme : « Nous ne savons pas grand-chose, aucun de nous. » Alors que je lui demandai ce qu’il voulait dire, il haussa d’abord les épaules, comme si la réponse allait de soi, puis il me répondit en me posant à son tour une question : « Well... can they preserve us ? » (« Peuvent-ils nous conserver ? ») Le pronom « they » renvoyait aux médecins ; quant au terme de « preserves », il sert à désigner des « fruits en conserve ». Il voulait dire : « Peuvent-ils nous mettre en conserve ? »
Je répondis par la négative.
« And spare men they haven’t got either ? “ (“Et des hommes de rechange, ils n’en ont pas non plus ? »), dit-il ensuite.
« Spare men ? » (« Des hommes de rechange ? »), demandai-je intrigué.
« Well, don’t we have spare things for everything ?” (“N’avons-nous pas des pièces de rechange pour tout ? ») poursuivit-il.
Je compris enfin. Il avait forgé l’expression « spare men », hommes de rechange, sur le modèle de « spare bulb », ampoule de rechange, ou de « spare wheel », roue de secours. Il voulait dire : « Et des hommes de rechange, ils n’en ont pas en stock pour nous ? » Une nouvelle ampoule électrique, pour ains dire, qu’il suffirait de visser à sa place lorsqu’il s’éteindrait.
Ses dernières paroles furent : « Isn’t it a shame ? » (« N’est-ce pas une honte ? »)

L’infériorité dont il souffrait était donc double : d’abord on ne pouvait pas le conserver comme un fruit ; ensuite on ne pouvait pas le remplacer comme une ampoule ; il était tout simplement un exemplaire unique et périssable. La honte était indéniable.

 

 

 

 

 

 

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Neopilina Membre 8 108 messages
Maitre des forums‚
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il y a 27 minutes, Loufiat a dit :

Ben, j'ai du mal avec ça. Deux grands intellectuels si tu veux. De très bons écrivains sans doute. Mais un philosophe qui se vautre à ce point dans la saisie du réel, de l'histoire, de son temps, c'est un philosophe ? La philosophie académique moderne se créée un imbroglio qu'elle passe son temps à démêler. Où est la sagesse chez un Hegel ? Chez un Marx ? Chez un Kant ? Des cathédrales de papier, des monuments d'intelligence verbale oui sans doute. Mais voilà bien tout ce qu'on a à la fin, à peu près, quand ce n'est pas pire, et que ces gens n'ont pas participé à justifier les pires horreurs. Des mecs systématiquement a côté de leurs pompes en somme. Faut le dire quand même ! 

J'entends. Et je le remets,  :sleep:  :

Il y a 3 heures, Neopilina a dit :

Sartre a harponné idéalement Heidegger, en 2026, j'ai le sentiment que personne n'a vu,  :( . 

Et donc, Heidegger continue de " fleurir ", comme on sait, chez qui on sait, alors qu'on peut faire taire Heidegger avec 20 lignes de Sartre, que personne ou presque n'a relevé.

On ne pourra jamais se passer de la philosophie à son meilleur niveau, alors on met un mouchoir sur ce qui ne va pas, et on trie. Et il s'avère que ce faisant, on avance. Le cogito en l'état a généré des monceaux de livres. J'ai fait l'expérience du cogito en l'état dans le texte : il a violenté Mon Rapport au réel (qui ne doit rien à la philosophie, bien sûr), précisément (" les Murs s'envolent "). Alors j'ai serré les dents, plusieurs années, ma signature résume très bien ces années. Tel ou tel " Explorateur ", " Pionnier ", " Éclaireur ", est aussi " accessoirement " un sale con, comme je l'ai dit ci-dessus, je laisse ça au vestiaire : ce qu'il a trouvé, etc., il l'a trouvé, recommencé à zéro serait suicidaire. Parce que, justement, en reprenant le cogito, je rebranche la prise de la philosophie continentale au réel, et en gardant la conscience de Soi. Ensuite ? S'en sert celui qui peut. C'est ça le " temps " de la philosophie.

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Loufiat Membre 2 776 messages
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il y a 13 minutes, Neopilina a dit :

J'entends. Et je le remets,  :sleep:  :

Et donc, Heidegger continue de " fleurir ", comme on sait, chez qui on sait, alors qu'on peut faire taire Heidegger avec 20 lignes de Sartre, que personne ou presque n'a relevé.

Envoie si tu peux, je suis curieux de comprendre de quoi tu parles. 

il y a 13 minutes, Neopilina a dit :

On ne pourra jamais se passer de la philosophie à son meilleur niveau, alors on met un mouchoir sur ce qui ne va pas, et on trie. Et il s'avère que ce faisant, on avance. Le cogito en l'état a généré des monceaux de livres. J'ai fait l'expérience du cogito en l'état dans le texte : il a violenté Mon Rapport au réel (qui ne doit rien à la philosophie, bien sûr), précisément (" les Murs s'envolent "). Alors j'ai serré les dents, plusieurs années, ma signature résume très bien ces années. Tel ou tel " Explorateur ", " Pionnier ", " Éclaireur ", est aussi " accessoirement " un sale con, comme je l'ai dit ci-dessus, je laisse ça au vestiaire : ce qu'il a trouvé, etc., il l'a trouvé, recommencé à zéro serait suicidaire. 

J'entends aussi. Personnellement, n'ayant pas subi cette violence, n'ayant pas ce rapport à Descartes et au cogito, je ne vois pas la nécessité de ce travail que tu as entrepris et qui est le tien. (Sans doute pas que le tien ! Mais ça me laisse perplexe, je ne sais que faire de tout ça.) 

Et je ne peux plus dissocier philosophie et sagesse. (Ce qui ne veut pas dire être un frere-en-humanitude nécessairement...)

Je comprends encore l'intérêt de lire un Ellul : voilà les grandes tendances, les grandes determinations parmi lesquelles je suis appelé à vivre et par rapport auxquelles il y a des choix à opérer, par rapport auxquelles il faut se situer a minima. Au fond le problème est l'action : que faire ? Et Ellul est intransigeant. Il te met dos au mur quitte à briser tout espoir. Voilà où on va, voilà pourquoi, il n'y a pas de bonne solution : invente. Mais invente sachant les pièges que cette réalité pose... J'en suis encore à tenter de résoudre, tant bien que mal, et plutôt mal, cette équation. 

Heidegger, dont j'ai lu certains textes, je n'en ai plus que faire aujourd'hui. Sartre, Foucault, Deleuze et touti quanti, idem. Je ne suis pas loin de penser qu'une tabula razza ne ferait pas de mal. Pour avoir pratiqué l'université un certain nombre d'années... On est complément à côté de nos pompes, à l'image de nos autorités intellectuelles. 

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 108 messages
Maitre des forums‚
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Il y a 1 heure, Loufiat a dit :

Envoie si tu peux, je suis curieux de comprendre de quoi tu parles. 

Je ferais l'effort de le remettre sur ce forum, passkeu c'est toi.  :hehe:  (reste zen, je suis strictement hétérosexuel,  :lol:  ).

Il y a 1 heure, Loufiat a dit :

Et je ne peux plus dissocier philosophie et sagesse.

Que la philosophie avance, la sagesse et le bonheur suivent. C'est comme ça. Dans cet ordre.

Il y a 1 heure, Loufiat a dit :

Sartre, Foucault, Deleuze et touti quanti, idem.

Je ne peux pas lire Deleuze, c'est " physique ". Et pourtant, le meilleur harponnage d'Hegel que j'ai jamais entendu, oui, c'est une vidéo, est de lui. D'ailleurs, j'ai pris la peine de faire une transcription de cette improvisation géniale (1), c'était à la feu et très fumeuse Paris VIII !! L'ai-je déjà posté sur ce forum ? Je ne sais plus, mais je vais la retrouver et la remettre (?). Je reviens à nos moutons. Donc, je ne peux pas parler de Deleuze sur pièces. Reste Sartre et Foucault, et là, pas d'hésitation possible, le niveau n'est pas le même, et Foucault le savait très bien. Et il se trouve que dans " Histoire de la folie ... ", il y a un très très grand texte de Foucault, qui a fait un " bruit " très mérité, où il oppose Descartes et Montaigne. Et c'est bien Montaigne / Foucault qui ont raison contre Descartes quand celui-ci écarte un peu trop légèrement la " folie ", la déraison.

(1) Et il est donc forcément question de l'introduction à la " Phénoménologie de l'esprit " où Hegel justifie la position qui sera ensuite la sienne, tout le monde comprend l'aspect ... stratégique de la chose. Comme les " Manuscrits de 1844 " de Marx. Il faut attaquer là où ça fait mal, c'est de bonne guerre (!). Et donc Sartre avait visé la démarche du Dasein en tant que telle dans une vingtaine de lignes parfaitement géniales. On a le droit de penser ce qu'on veut de lui, sur ce terrain, c'est un remarquable " chasseur " (Heidegger aussi, :( ). Pourquoi ai-je pris la peine d'insister à ce point avec le cogito en l'état ? J'ai vu les enjeux.

Il y a 1 heure, Loufiat a dit :

Pour avoir pratiqué l'université un certain nombre d'années... On est complément à côté de nos pompes, à l'image de nos autorités intellectuelles. 

Il n'y a même plus un Foucault dans l'Université française. Donc, on a des " chameaux de la culture ", et Zarathoustra s'empresse de préciser qu'il en faut, mais d'abord des Ulysse.

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