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Proverbes africains — un proverbe, une leçon.

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elhassan

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Membre, Oiseau de nuit, pays Union européenne, 43ans Posté(e)
sovenka Membre 8 770 messages
43ans‚ Oiseau de nuit, pays Union européenne,
Posté(e)
Le 19/07/2026 à 21:42, elhassan a dit :

À ceux qui disent que le mensonge alimente les guerres et que tout finit par se savoir : vous avez raison, mais tout est question d'échelle. À l'échelle des nations, aucune paix ne tient sur un mensonge. Le proverbe wolof, lui, parle du foyer. Et il ne défend pas le mensonge qui fonde une paix — celui-là explose toujours — mais celui qui répare : le mot arrondi qui permet à deux frères fâchés de se rasseoir à la même table. La vérité, elle, reviendra à son heure.

On pourrait même dire: tout est relatif. Ce qui ne m'empêche pas de penser que le mensonge est plutôt négatif, la vérité finissant toujours par sortir du puits. Un "mot arrondi" est-il vraiment un mensonge d'ailleurs ? Je parlerais plutôt de ménagement, de nuancement, de négociation, d'arrangement... qui n'occultent pas la vérité contrairement au mensonge.

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Membre, 2ans Posté(e)
Engardin Membre 2 533 messages
Maitre des forums‚ 2ans‚
Posté(e)

La Vérité

Est une aridité !

C'est une acidité,

Une rugosité !

Je l'ai accrédité

Non sans célérité :

Certains furent irrités

Manquant de charité

et de lucidité.

Ils s'en sont abrités

Ou feint la surdité !

Ce qui m'a attristé

Là j'en suis fatigué !

Pour l'avoir éditée

La plupart m'ont quitté...

C'est mon autorité

Et mon humanité

qui en sont critiquées !

Pouvez décortiquer :

Oui ma moralité,

Ma générosité 

Et ma fraternité

Ont fait l'obscurité

Dessus leur vanité !

Pour ma sécurité

Chuis en captivité ! 

 

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Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 114 messages
If you don't want, you Kant...,
Posté(e)

Bonjour,

Le 19/07/2026 à 01:40, elhassan a dit :

"Un mensonge qui réconcilie une famille vaut mieux qu'une vérité qui la divise" (proverbe wolof)

La leçon que j'en tire : avoir raison n'est pas toujours la meilleure façon d'être juste.

Mais je devine que ce proverbe ne fera pas l'unanimité — d'autres sagesses, ailleurs, disent exactement l'inverse ! Alors je vous laisse la parole : peut-on vraiment bâtir une paix durable sur un mensonge ? Où placez-vous la frontière entre le « pieux mensonge » qui protège et la tromperie qui trahit ? Et vous, avez-vous déjà tu une vérité pour préserver la paix ?

c'est peut-être un proverbe effectivement venu d'ailleurs, il n'empêche que beaucoup de gens adhèrent, avec ou sans recul, à l'idée analogue que " toute vérité n'est pas bonne à dire ", dans le sens où si cela en vient à blesser autrui il vaudrait mieux s'abstenir puisque le " jeu n'en vaudrait pas la chandelle " !

En fait, via le mot mis en gras dans le passage au-dessus, tout réside dans l'ambivalence de ce simple mot, en effet, ce qui est juste est tout autant ce qui est vrai, mais ce qui est juste est aussi, polysémie oblige, ce qui n'est pas injuste, immoral ou ce qui ne contrevient pas aux mœurs !

 

Par ailleurs, quel que soit le lieu de vie, les humains manifestent un besoin impérieux d'affiliation ou d'appartenance, et c'est d'autant plus prépondérant que l'on vit dans une société ou un groupe d'individus directement interdépendants pour vivre, ce peut être une question de survie purement et simplement, c'est pourquoi le bannissement est souvent la mesure la plus destructrice pour sa propre intégrité ou sa santé mentale, je pense que nous le savons tous implicitement et intuitivement, c'est pourquoi nous nous soucions de l'image que les autres ont de nous-mêmes, par peur justement du rejet ou de la mise en isolement social, dans une moindre mesure. Ces phénomènes seront ainsi exacerbés dans un contexte familial, en effet plus il y a d'enjeu ou une polarisation affective importante, plus il y a un risque potentiel d'un retournement de situation, où l'amour initial se mue en haine, il n'y a que l'indifférence qui n'exhibe pas un tel changement de direction, c'est comme qui dirait un élément neutre, puisque l'inverse de lui-même étant encore lui-même !

 

Tout ceci étant dit, cela ne signifie pas que tout est écrit dans le marbre ou que les dés sont jetés, en effet, dans un cadre légèrement différent, comme l'amitié, il est connu que de vrais amis peuvent aussi se dire leurs " 4 vérités " l'un l'autre, sans que cela n'entame leur belle amitié, bien évidemment, cela se fait sous certaines conditions, cela dépend de l'état d'humeur du moment, de l'intention perçue, du niveau de confiance, du moment et du lieu et des éventuelles autres personnes présentes, etc... Bref, tant qu'il n'y a pas perception de danger ou de menace pour l'ego rédhibitoires, une vérité dérangeante peut très bien être dite, sans détruire quoi que ce soit - bien au contraire ! Il en irait de même dans une famille, sauf qu'il y a certainement plus de deux membres, et cela complique déjà la situation, comme le fait qu'il y aurait un " public " ou des observateurs, qui plus est en ce cas, connus des deux protagonistes, de celui qui émet la vérité et celui que la reçoit, bien que rien n'empêche de la formuler en tête-à-tête uniquement, en privé pour pallier à cet inconvénient. 

Je pense aussi, que si une simple vérité en vient à ruiner des liens, c'est aussi sans doute, parce que la ou les relations étaient déjà fragiles, vacillantes ou entamées en amont, celle-ci faisant alors office de goute qui fait déborder le vase pour ainsi dire. La question devient alors, pourquoi un dire, qui serait vrai et fondé, peut conduire à une rupture ou un délitement du ou des liens ?! La blessure vient-elle vraiment du producteur, ou se trouve-t-elle aussi grandement dans l'appréciation émotionnelle du récipiendaire ? Ne doit-on pas analyser les intentions du diseur, et si c'est son hostilité ou agressivité qui est la véritable cause, alors ce qui est dit n'est qu'un moyen, et tout autre moyen aurait pu faire l'affaire, comme un regard, un geste, une mimique ou une action ou encore un comportement, ainsi ce n'est pas la vérité en soi qui est fautive, mais l'état d'esprit des participants en jeu: que cherchent-ils à faire, quels sont les enjeux, les fins visées, les motivations, etc...

A contrario, si les conditions sont réunies, une vérité, y compris blessante et dérangeante, peut servir de tremplin pour s'améliorer, que ce soit sur un plan individuel ou interactionnel, c'est d'ailleurs ainsi que cela se passe, d'une manière ou d'une autre, pendant la phase éducative quand on est encore enfant, pourquoi une fois adulte, il ne serait plus possible d'être sermonner(?) ou d'être pris/mis en défaut(?), tout un chacun sait que personne n'est parfait, et donc par la montrance d'une erreur ou d'une faute, il y a alors possibilité de s'améliorer, de progresser, etc... Ce peut donc être également constructif selon l'appréciation des parties prenantes, et pas ipso facto destructif !

 

On a bien évidemment le schéma inverse, où les non-dits sont néfastes et porteurs de malheurs en devenir ! En effet, les gens peuvent, par endroits, sentir que ce qui est dit ou tu, ne reflète pas la pensée de quelqu'un, qu'il y a un décalage plus ou moins important entre dire ( et montrer ) et penser, c'est donc de l'hypocrisie ou de la tromperie, toutes les deux potentiellement malsaines pour le vivre ensemble, e.g. le sentiment de trahison n'étant alors pas loin.

 

Ainsi, il n'y a pas de solution tout-en-un ou un parti-pris toujours gagnant, cela dépend d'une ribambelle de facteurs, et à ce jeu, il est fort probable que nous restions à jamais des apprentis sorciers... [ Similairement, quelqu'un qui se montrerait très poli avec nous pourrait faire montre d'un grand mépris malgré tout à notre égard, alors qu'un bourru avec un langage de charretier, n'exhiber aucune animosité envers nous, bien au contraire, étant pris comme l'un des siens il s'adresse à nous comme ça, à son accoutumée: Il faut ainsi se méfier des apparences ]

 

Néanmoins, la plupart du temps dans la vie ordinaire, les liens affectifs ( ou les défenses de l'ego ) prennent le dessus sur la véridicité, comme nombre de résultats en psychologie expérimentale l'ont montré, c'est donc aussi un biais - vis-à-vis de la rationalité, pouvant avoir de très lourdes conséquences, puisque conduisant au favoritisme de l'endogroupe, au sentiment de supériorité du groupe, etc... 

[ Il existe aussi l'auto-tromperie, par exemple, quand on demande à un des conjoints d'un couple, ce qu'il pense de l'autre, de lui-même, d'un ami et d'un inconnu, et bien, le conjoint est toujours vu comme au-dessus de la moyenne dans nombre de critères, ce qui est statistiquement impossible, puisque partagés par tous les participants, il est aussi vu au-dessus de soi dans nombre de cas, un peu au-dessus de ses amis dans tous les cas, et très au-dessus des inconnus dans tous les cas. Ainsi, un lien affectif fort corrompt fortement le jugement, avec toutes les implications possibles, tant insignifiantes que critiques ]. 

 

:bienvenue:

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Membre, proverbes africains, 56ans Posté(e)
elhassan Membre 10 messages
Forumeur Débutant‚ 56ans‚ proverbes africains,
Posté(e)
Il y a 6 heures, sovenka a dit :

On pourrait même dire: tout est relatif. Ce qui ne m'empêche pas de penser que le mensonge est plutôt négatif, la vérité finissant toujours par sortir du puits. Un "mot arrondi" est-il vraiment un mensonge d'ailleurs ? Je parlerais plutôt de ménagement, de nuancement, de négociation, d'arrangement... qui n'occultent pas la vérité contrairement au mensonge.

Vous mettez le doigt sur quelque chose de juste, et je vous l'accorde volontiers : le « mot arrondi » n'est peut-être pas un mensonge du tout. Ménagement, nuancement, arrangement — vos mots sont meilleurs que les miens, car ils n'occultent pas la vérité, ils en choisissent l'heure et la forme.

Et voyez : cela ne détruit pas le proverbe wolof, cela l'ennoblit. Il ne défendait pas le mensonge, il défendait le tact. La vérité versée d'un coup brûle ; la même vérité versée doucement désaltère.

Il y a 3 heures, Engardin a dit :

La Vérité

Est une aridité !

C'est une acidité,

Une rugosité !

Je l'ai accrédité

Non sans célérité :

Certains furent irrités

Manquant de charité

et de lucidité.

Ils s'en sont abrités

Ou feint la surdité !

Ce qui m'a attristé

Là j'en suis fatigué !

Pour l'avoir éditée

La plupart m'ont quitté...

C'est mon autorité

Et mon humanité

qui en sont critiquées !

Pouvez décortiquer :

Oui ma moralité,

Ma générosité 

Et ma fraternité

Ont fait l'obscurité

Dessus leur vanité !

Pour ma sécurité

Chuis en captivité ! 

 

Merci pour ces vers, ils m'ont saisi. « Une aridité, une acidité, une rugosité » — vous avez dit en trois mots ce que les traités disent en trois pages.

Et votre poème rejoint étrangement un proverbe wolof que j'aime beaucoup : « La vérité, c'est du piment : si on te la jette à la face, tu te frottes les yeux. » Le piment ne cesse pas d'être bon parce qu'il pique. Mais on ne le jette pas aux yeux — on l'ajoute au plat.

Quant à votre solitude d'homme droit, elle est la rançon connue de ceux qui ne savent pas mentir. Elle coûte cher, mais elle se porte debout.

Il y a 1 heure, deja-utilise a dit :

Bonjour,

c'est peut-être un proverbe effectivement venu d'ailleurs, il n'empêche que beaucoup de gens adhèrent, avec ou sans recul, à l'idée analogue que " toute vérité n'est pas bonne à dire ", dans le sens où si cela en vient à blesser autrui il vaudrait mieux s'abstenir puisque le " jeu n'en vaudrait pas la chandelle " !

En fait, via le mot mis en gras dans le passage au-dessus, tout réside dans l'ambivalence de ce simple mot, en effet, ce qui est juste est tout autant ce qui est vrai, mais ce qui est juste est aussi, polysémie oblige, ce qui n'est pas injuste, immoral ou ce qui ne contrevient pas aux mœurs !

 

Par ailleurs, quel que soit le lieu de vie, les humains manifestent un besoin impérieux d'affiliation ou d'appartenance, et c'est d'autant plus prépondérant que l'on vit dans une société ou un groupe d'individus directement interdépendants pour vivre, ce peut être une question de survie purement et simplement, c'est pourquoi le bannissement est souvent la mesure la plus destructrice pour sa propre intégrité ou sa santé mentale, je pense que nous le savons tous implicitement et intuitivement, c'est pourquoi nous nous soucions de l'image que les autres ont de nous-mêmes, par peur justement du rejet ou de la mise en isolement social, dans une moindre mesure. Ces phénomènes seront ainsi exacerbés dans un contexte familial, en effet plus il y a d'enjeu ou une polarisation affective importante, plus il y a un risque potentiel d'un retournement de situation, où l'amour initial se mue en haine, il n'y a que l'indifférence qui n'exhibe pas un tel changement de direction, c'est comme qui dirait un élément neutre, puisque l'inverse de lui-même étant encore lui-même !

 

Tout ceci étant dit, cela ne signifie pas que tout est écrit dans le marbre ou que les dés sont jetés, en effet, dans un cadre légèrement différent, comme l'amitié, il est connu que de vrais amis peuvent aussi se dire leurs " 4 vérités " l'un l'autre, sans que cela n'entame leur belle amitié, bien évidemment, cela se fait sous certaines conditions, cela dépend de l'état d'humeur du moment, de l'intention perçue, du niveau de confiance, du moment et du lieu et des éventuelles autres personnes présentes, etc... Bref, tant qu'il n'y a pas perception de danger ou de menace pour l'ego rédhibitoires, une vérité dérangeante peut très bien être dite, sans détruire quoi que ce soit - bien au contraire ! Il en irait de même dans une famille, sauf qu'il y a certainement plus de deux membres, et cela complique déjà la situation, comme le fait qu'il y aurait un " public " ou des observateurs, qui plus est en ce cas, connus des deux protagonistes, de celui qui émet la vérité et celui que la reçoit, bien que rien n'empêche de la formuler en tête-à-tête uniquement, en privé pour pallier à cet inconvénient. 

Je pense aussi, que si une simple vérité en vient à ruiner des liens, c'est aussi sans doute, parce que la ou les relations étaient déjà fragiles, vacillantes ou entamées en amont, celle-ci faisant alors office de goute qui fait déborder le vase pour ainsi dire. La question devient alors, pourquoi un dire, qui serait vrai et fondé, peut conduire à une rupture ou un délitement du ou des liens ?! La blessure vient-elle vraiment du producteur, ou se trouve-t-elle aussi grandement dans l'appréciation émotionnelle du récipiendaire ? Ne doit-on pas analyser les intentions du diseur, et si c'est son hostilité ou agressivité qui est la véritable cause, alors ce qui est dit n'est qu'un moyen, et tout autre moyen aurait pu faire l'affaire, comme un regard, un geste, une mimique ou une action ou encore un comportement, ainsi ce n'est pas la vérité en soi qui est fautive, mais l'état d'esprit des participants en jeu: que cherchent-ils à faire, quels sont les enjeux, les fins visées, les motivations, etc...

A contrario, si les conditions sont réunies, une vérité, y compris blessante et dérangeante, peut servir de tremplin pour s'améliorer, que ce soit sur un plan individuel ou interactionnel, c'est d'ailleurs ainsi que cela se passe, d'une manière ou d'une autre, pendant la phase éducative quand on est encore enfant, pourquoi une fois adulte, il ne serait plus possible d'être sermonner(?) ou d'être pris/mis en défaut(?), tout un chacun sait que personne n'est parfait, et donc par la montrance d'une erreur ou d'une faute, il y a alors possibilité de s'améliorer, de progresser, etc... Ce peut donc être également constructif selon l'appréciation des parties prenantes, et pas ipso facto destructif !

 

On a bien évidemment le schéma inverse, où les non-dits sont néfastes et porteurs de malheurs en devenir ! En effet, les gens peuvent, par endroits, sentir que ce qui est dit ou tu, ne reflète pas la pensée de quelqu'un, qu'il y a un décalage plus ou moins important entre dire ( et montrer ) et penser, c'est donc de l'hypocrisie ou de la tromperie, toutes les deux potentiellement malsaines pour le vivre ensemble, e.g. le sentiment de trahison n'étant alors pas loin.

 

Ainsi, il n'y a pas de solution tout-en-un ou un parti-pris toujours gagnant, cela dépend d'une ribambelle de facteurs, et à ce jeu, il est fort probable que nous restions à jamais des apprentis sorciers... [ Similairement, quelqu'un qui se montrerait très poli avec nous pourrait faire montre d'un grand mépris malgré tout à notre égard, alors qu'un bourru avec un langage de charretier, n'exhiber aucune animosité envers nous, bien au contraire, étant pris comme l'un des siens il s'adresse à nous comme ça, à son accoutumée: Il faut ainsi se méfier des apparences ]

 

Néanmoins, la plupart du temps dans la vie ordinaire, les liens affectifs ( ou les défenses de l'ego ) prennent le dessus sur la véridicité, comme nombre de résultats en psychologie expérimentale l'ont montré, c'est donc aussi un biais - vis-à-vis de la rationalité, pouvant avoir de très lourdes conséquences, puisque conduisant au favoritisme de l'endogroupe, au sentiment de supériorité du groupe, etc... 

[ Il existe aussi l'auto-tromperie, par exemple, quand on demande à un des conjoints d'un couple, ce qu'il pense de l'autre, de lui-même, d'un ami et d'un inconnu, et bien, le conjoint est toujours vu comme au-dessus de la moyenne dans nombre de critères, ce qui est statistiquement impossible, puisque partagés par tous les participants, il est aussi vu au-dessus de soi dans nombre de cas, un peu au-dessus de ses amis dans tous les cas, et très au-dessus des inconnus dans tous les cas. Ainsi, un lien affectif fort corrompt fortement le jugement, avec toutes les implications possibles, tant insignifiantes que critiques ]. 

 

:bienvenue:

Merci pour cette analyse : vous venez, par la psychologie, de démontrer ce que le proverbe savait par l'usage. Le besoin d'appartenance, l'interdépendance, le bannissement comme blessure suprême — c'est exactement cela, la famille dans la culture wolof : non pas un cercle affectif, mais une structure de survie. Voilà pourquoi la préserver pèse si lourd dans la balance.

Et votre remarque la plus fine est peut-être celle-ci : si une simple vérité ruine un lien, c'est que le lien était déjà entamé. La goutte n'a jamais fait déborder un vase vide.

Comme on dit chez nous : « Il faut tout un village pour élever un enfant. » Et un village se brise plus vite qu'il ne se bâtit.

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Membre, If you don't want, you Kant..., Posté(e)
deja-utilise Membre 6 114 messages
If you don't want, you Kant...,
Posté(e)

Bonjour,

Le 22/07/2026 à 17:25, elhassan a dit :

Comme on dit chez nous : « Il faut tout un village pour élever un enfant. » Et un village se brise plus vite qu'il ne se bâtit.

dans les villes et métropoles, le village s'est mué en institution, telle l'école, et comme les parents y sont allés également, ils ont une même culture éducative en commun, il existe donc une continuité entre ces deux formes, même si on la perçoit difficilement dans le second cas, les liens sont implicites et indirects mais bel et bien présents, et aussi impactants que si les membres faisaient partie effectivement d'un même village, en quelque sorte.

Il y a une autre chose qui peut facilement se briser alors même que l'on aurait mis toute " une vie " pour la bâtir, c'est la confiance.   

Toutefois, dans un groupe restreint, il y a des valeurs qui seront considérées comme " sacrées ", elles feront office de garde-fous, ainsi les membres n'auront pas toute liberté pour faire ou dire ce qui leur passe par la tête, ces principes importants intégrés dans chaque tête, préviendront les plus gros dérapages, il ne restera alors que les petits conflits et disputes à gérer, à cause de gestes, d'actions ou de propos dérangeants pour celle ou celui se sentant une victime dans l'affaire, ce seront alors plus vraisemblablement des incommodités, d'ailleurs, il n'est pas rare que parfois on ne se supporte pas soi-même pour X raison, alors n'étant pas dans la tête des autres, on peut fort bien les énerver et créer la discorde bien malgré nous, voire même en pensant bien faire, ne dit-on pas " que l'enfer est pavé de bonnes intentions " ?! Par exemple se sentir redevable peut tout aussi échauffer les esprits, quand cela nous a été quelque peu imposé par une aide non souhaitée/demandée/attendue, comme l'a explicité M. Mauss avec le don et le contre-don.

Ce qui pose problème en général ce sont les considérations de fierté, d'estime-de-soi ou d'ego, voire d'orgueil, a contrario celles et ceux qui sont au clair avec eux-mêmes, qui se connaissent relativement bien et s'acceptent comme ils sont, sans voile ou œillères, avec leurs tares, faiblesses, lacunes et défauts, ne seront pas blessés par une vérité vraie j'oserais-dire, bien évidemment les sentiments que l'on a des uns et des autres, peuvent démultiplier ou décupler ce genre d'effets, passant alors de l'amour à la haine en un tournemain, ce qui m'a toujours laissé dubitatif. Je le dis régulièrement à qui veut bien l'entendre: Notre pire ennemi n'est autre que nous-même ! Dit autrement, une intelligence sans intelligence émotionnelle intrapersonnelle serait aussi judicieux que de refiler une boite d'allumettes à des chimpanzés, en effet l'Homme est un animal qui s'ignore... 

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Membre, proverbes africains, 56ans Posté(e)
elhassan Membre 10 messages
Forumeur Débutant‚ 56ans‚ proverbes africains,
Posté(e)
Il y a 23 heures, deja-utilise a dit :

Bonjour,

dans les villes et métropoles, le village s'est mué en institution, telle l'école, et comme les parents y sont allés également, ils ont une même culture éducative en commun, il existe donc une continuité entre ces deux formes, même si on la perçoit difficilement dans le second cas, les liens sont implicites et indirects mais bel et bien présents, et aussi impactants que si les membres faisaient partie effectivement d'un même village, en quelque sorte.

Il y a une autre chose qui peut facilement se briser alors même que l'on aurait mis toute " une vie " pour la bâtir, c'est la confiance.   

Toutefois, dans un groupe restreint, il y a des valeurs qui seront considérées comme " sacrées ", elles feront office de garde-fous, ainsi les membres n'auront pas toute liberté pour faire ou dire ce qui leur passe par la tête, ces principes importants intégrés dans chaque tête, préviendront les plus gros dérapages, il ne restera alors que les petits conflits et disputes à gérer, à cause de gestes, d'actions ou de propos dérangeants pour celle ou celui se sentant une victime dans l'affaire, ce seront alors plus vraisemblablement des incommodités, d'ailleurs, il n'est pas rare que parfois on ne se supporte pas soi-même pour X raison, alors n'étant pas dans la tête des autres, on peut fort bien les énerver et créer la discorde bien malgré nous, voire même en pensant bien faire, ne dit-on pas " que l'enfer est pavé de bonnes intentions " ?! Par exemple se sentir redevable peut tout aussi échauffer les esprits, quand cela nous a été quelque peu imposé par une aide non souhaitée/demandée/attendue, comme l'a explicité M. Mauss avec le don et le contre-don.

Ce qui pose problème en général ce sont les considérations de fierté, d'estime-de-soi ou d'ego, voire d'orgueil, a contrario celles et ceux qui sont au clair avec eux-mêmes, qui se connaissent relativement bien et s'acceptent comme ils sont, sans voile ou œillères, avec leurs tares, faiblesses, lacunes et défauts, ne seront pas blessés par une vérité vraie j'oserais-dire, bien évidemment les sentiments que l'on a des uns et des autres, peuvent démultiplier ou décupler ce genre d'effets, passant alors de l'amour à la haine en un tournemain, ce qui m'a toujours laissé dubitatif. Je le dis régulièrement à qui veut bien l'entendre: Notre pire ennemi n'est autre que nous-même ! Dit autrement, une intelligence sans intelligence émotionnelle intrapersonnelle serait aussi judicieux que de refiler une boite d'allumettes à des chimpanzés, en effet l'Homme est un animal qui s'ignore... 

Vous avez raison, et vous ajoutez la pierre qui manquait à mon mur : la confiance. Le village bâtit avec le temps ce que l'ego défait en un instant — et c'est bien là le drame, car on met une vie à tisser un lien, et un mot d'orgueil à le trancher.

J'aime beaucoup votre « notre pire ennemi n'est autre que nous-même ». Chez nous, on le dit autrement : « L'ennemi qui dort dans ta propre maison est le plus difficile à chasser. »

Et vous touchez juste sur le village devenu institution. La forme a changé, le besoin est resté : l'homme ne vit pas seul, il n'a jamais su. C'est peut-être cela, au fond, que tous ces proverbes répètent depuis mille ans — non pas « sois vertueux », mais « souviens-toi que tu dépends des autres ».

Merci pour cette pensée, elle a nourri la mienne.

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  • 2 semaines après...
Membre, proverbes africains, 56ans Posté(e)
elhassan Membre 10 messages
Forumeur Débutant‚ 56ans‚ proverbes africains,
Posté(e)

 

Comme promis, me revoici avec un nouveau proverbe — et celui-ci, je le rapporte de plus près de chez moi, des montagnes amazighes (berbères) d'Afrique du Nord :

« Mieux vaut une vérité qui fait mal qu'un mensonge qui réjouit. »

Vous allez sourire : c'est presque l'exact contraire du proverbe wolof que je vous avais apporté la dernière fois — « un mensonge qui réconcilie une famille vaut mieux qu'une vérité qui la divise ». Deux peuples africains, deux sagesses, et les voilà qui se regardent en chiens de faïence ! Là où le Wolof met la paix du foyer au-dessus de tout, l'Amazigh met la vérité au-dessus du confort, quitte à ce qu'elle blesse.

La leçon que j'en tire : peut-être qu'aucune des deux n'a tort, et que toute la sagesse consiste à savoir laquelle écouter selon le moment — quand se taire pour réparer, et quand parler même si ça pique.

Alors je rouvre la palabre : entre mes deux proverbes, lequel vous parle le plus ? Existe-t-il des vérités qu'il vaut toujours mieux dire, même quand elles font mal ? À vous !

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Membre, 36ans Posté(e)
Ambre Agorn Membre 2 192 messages
Mentor‚ 36ans‚
Posté(e)
Il y a 16 heures, elhassan a dit :

 

Comme promis, me revoici avec un nouveau proverbe — et celui-ci, je le rapporte de plus près de chez moi, des montagnes amazighes (berbères) d'Afrique du Nord :

« Mieux vaut une vérité qui fait mal qu'un mensonge qui réjouit. »

Vous allez sourire : c'est presque l'exact contraire du proverbe wolof que je vous avais apporté la dernière fois — « un mensonge qui réconcilie une famille vaut mieux qu'une vérité qui la divise ». Deux peuples africains, deux sagesses, et les voilà qui se regardent en chiens de faïence ! Là où le Wolof met la paix du foyer au-dessus de tout, l'Amazigh met la vérité au-dessus du confort, quitte à ce qu'elle blesse.

La leçon que j'en tire : peut-être qu'aucune des deux n'a tort, et que toute la sagesse consiste à savoir laquelle écouter selon le moment — quand se taire pour réparer, et quand parler même si ça pique.

Alors je rouvre la palabre : entre mes deux proverbes, lequel vous parle le plus ? Existe-t-il des vérités qu'il vaut toujours mieux dire, même quand elles font mal ? À vous !

Bonjour Elhassan

Les cultures sont passionnantes!

Les deux proverbes parlent, ils témoignent d'une vision du monde, ils témoignent d'une sagesse tirée de l'expérience mûrie avec le temps.

Quand on parle de vérité - vérité me semble-t-il tellement romantisée et idéalisée - bien souvent il y a des rigueurs, et il y a des écueils qui sont imputées à l'expression, au "dire" Cependant, la vérité des mots ne concerne pas uniquement le dire, il concerne aussi l'écoute. Alors on pourrait poser ainsi la question: Peut-on, ou est-on capable là tout de suite, d'entendre une vérité qui fait mal plutôt qu'un mensonge qui réjouit?

Il y a aussi une dimension qui est oubliée un peu trop souvent à mon goût dans cette mouvance du tout- tout-de-suite-et-maintenant, c'est la notion du temps nécessaire pour faire mûrir les choses.

Une vérité ne naît pas pleine et entière telle qu'elle est perçue par un individu lambda. Elle est voilée, elle se découvre petit à petit aux yeux de celui qui cherche, mais qui, surtout, se développe et mûrit. Alors si celui-ci veut partager une vérité, le minimum de respect pour lui est de prendre toutes les précautions nécessaires et vitales pour dévoiler ceci sans forcément connaître les dispositions de ceux à qui il parle. C'est une grave responsabilité.

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Membre, Petit pois errant..., 115ans Posté(e)
Petitpois Membre 1 354 messages
Forumeur vétéran‚ 115ans‚ Petit pois errant...,
Posté(e)

" Malheureux celui qui n'a jamais connu ce qui valait la peine de tout perdre" (proverbe berbère)

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Membre, proverbes africains, 56ans Posté(e)
elhassan Membre 10 messages
Forumeur Débutant‚ 56ans‚ proverbes africains,
Posté(e)
Il y a 4 heures, Ambre Agorn a dit :

Bonjour Elhassan

Les cultures sont passionnantes!

Les deux proverbes parlent, ils témoignent d'une vision du monde, ils témoignent d'une sagesse tirée de l'expérience mûrie avec le temps.

Quand on parle de vérité - vérité me semble-t-il tellement romantisée et idéalisée - bien souvent il y a des rigueurs, et il y a des écueils qui sont imputées à l'expression, au "dire" Cependant, la vérité des mots ne concerne pas uniquement le dire, il concerne aussi l'écoute. Alors on pourrait poser ainsi la question: Peut-on, ou est-on capable là tout de suite, d'entendre une vérité qui fait mal plutôt qu'un mensonge qui réjouit?

Il y a aussi une dimension qui est oubliée un peu trop souvent à mon goût dans cette mouvance du tout- tout-de-suite-et-maintenant, c'est la notion du temps nécessaire pour faire mûrir les choses.

Une vérité ne naît pas pleine et entière telle qu'elle est perçue par un individu lambda. Elle est voilée, elle se découvre petit à petit aux yeux de celui qui cherche, mais qui, surtout, se développe et mûrit. Alors si celui-ci veut partager une vérité, le minimum de respect pour lui est de prendre toutes les précautions nécessaires et vitales pour dévoiler ceci sans forcément connaître les dispositions de ceux à qui il parle. C'est une grave responsabilité.

Bonjour Ambre Agorn, et merci — vous déplacez la question à l'endroit exact où elle devient juste.

Vous avez raison : une vérité ne vit pas seulement dans la bouche qui la dit, mais dans l'oreille qui la reçoit. Et cette oreille a besoin de temps. C'est peut-être là tout l'art du conteur : ne jamais verser toute la vérité d'un coup, mais la laisser mûrir de veillée en veillée, jusqu'à ce que celui qui écoute soit prêt à l'entendre sans se briser.

Et votre mot de « responsabilité » est le bon. Jeter une vérité sans se soucier de celui qui la reçoit, ce n'est pas du courage — c'est se soulager sans soigner. Le vrai courage, c'est de porter la vérité et le soin de l'autre dans la même main.

Alors peut-être que mes deux proverbes ne s'opposent pas vraiment. Le wolof veille sur le moment, l'amazigh veille sur le fond : l'un dit quand, l'autre dit quoi. Et entre les deux, il y a ce que vous nommez si bien — celui qui écoute, et le temps qu'il lui faut pour mûrir.

Il y a 4 heures, Petitpois a dit :

" Malheureux celui qui n'a jamais connu ce qui valait la peine de tout perdre" (proverbe berbère)

Merci pour ce proverbe, il serre le cœur. « Ce qui valait la peine de tout perdre » — c'est peut-être la seule vérité qui ne fait jamais mal, même quand elle coûte tout. Vous ouvrez une autre porte de la sagesse amazighe, et je vous en remercie.

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Membre, Petit pois errant..., 115ans Posté(e)
Petitpois Membre 1 354 messages
Forumeur vétéran‚ 115ans‚ Petit pois errant...,
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il y a 7 minutes, elhassan a dit :

Merci pour ce proverbe, il serre le cœur. « Ce qui valait la peine de tout perdre » — c'est peut-être la seule vérité qui ne fait jamais mal, même quand elle coûte tout. Vous ouvrez une autre porte de la sagesse amazighe, et je vous en remercie.

En effet. Et, oui, il serre le coeur jusqu'aux larmes d'émotion.

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Membre, 108ans Posté(e)
Atipique Membre 11 124 messages
Maitre des forums‚ 108ans‚
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Il y a 5 heures, Petitpois a dit :

En effet. Et, oui, il serre le coeur jusqu'aux larmes d'émotion.

Oui c'est fort, ça va loin!

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