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LFI, la folie racialiste.

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Animateur, Le gras c'est la vie, 37ans Posté(e)
Kyoshiro02 Animateur 23 222 messages
37ans‚ Le gras c'est la vie,
Posté(e)
Le 16/02/2026 à 13:45, jimmy45 a dit :

Quand on défend des idées racistes, on ne s'embarasse pas de la légalité et de l'intégrité. 

Et c'est une remarque très marquante chez LFI. Le racisme est leur fonds de commerce. Ils aiment bien trier les personnes selon les origines. On en voit parler de "racisé", ce terme d'ailleurs est très raciste, ça essentialise les personnes à leur couleur de peau.

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Membre, L'Économie, C'est Assez Clair !, Posté(e)
Docteur CAC Membre 3 361 messages
L'Économie, C'est Assez Clair !,
Posté(e)
Le 30/01/2026 à 16:37, Kyoshiro02 a dit :

LFI est devenu ce qu'il combattait : l'extrême droite. Mélenchon reprend les thèses de Zemmour comme le grand remplacement, les questions identitaires, la défense des religions, la lutte contre les fonctionnaires. A ce stade, une fusion LFI-Reconquête serait clairement naturel.

Vous abusez quelque peu ...

Le 01/02/2026 à 13:04, Kyoshiro02 a dit :

Le problème est le forcing de Mélenchon. Pour lui, il faut absolument se créoliser et grand remplacer les blancs (et donc les noirs, ça va avec), ça a des relents très raciste.

houla bah alors ? c'est quoi cet énervement ?

mais non et vous le savez bien ...

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Membre, L'Économie, C'est Assez Clair !, Posté(e)
Docteur CAC Membre 3 361 messages
L'Économie, C'est Assez Clair !,
Posté(e)
Le 02/02/2026 à 11:34, Kyoshiro02 a dit :

Comme je l'ai dit, on devrait s'en foutre royalement de la couleur de peau.

Mais factuellement, ce n’est pas le cas : en France, les personnes perçues comme d’origine extra-européenne sont racisées, c’est-à-dire catégorisées et discriminées sur la base de leur apparence ou de leur nom. Ces discriminations proviennent majoritairement de la majorité blanche, que ce soit dans l’emploi, le logement, les contrôles policiers ou l’accès aux services.

Je suis sur ce forum depuis longtemps, et je sais très bien que vous le savez 😉

Modifié par Docteur CAC
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Membre, Posté(e)
Garlaban Membre 8 764 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 14 heures, Docteur CAC a dit :

Mais factuellement, ce n’est pas le cas : en France, les personnes perçues comme d’origine extra-européenne sont racisées, c’est-à-dire catégorisées et discriminées sur la base de leur apparence ou de leur nom. Ces discriminations proviennent majoritairement de la majorité blanche, que ce soit dans l’emploi, le logement, les contrôles policiers ou l’accès aux services.

Je suis sur ce forum depuis longtemps, et je sais très bien que vous le savez 😉

L'approche racialiste est morbide d'autant que "les racisés" ne se gênent pas pour raciser et même deviennent "racisants" avec les racisés jugés "collabo", "Arabe de service", "Bounty".

C'est une victimisation sans fin.

Malgré ses imperfections, nous ne sommes pas dans une société structurellement discriminante.

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Membre, L'Économie, C'est Assez Clair !, Posté(e)
Docteur CAC Membre 3 361 messages
L'Économie, C'est Assez Clair !,
Posté(e)
Il y a 6 heures, Garlaban a dit :

L'approche racialiste est morbide d'autant que "les racisés" ne se gênent pas pour raciser et même deviennent "racisants" avec les racisés jugés "collabo", "Arabe de service", "Bounty".

C'est une victimisation sans fin.

Malgré ses imperfections, nous ne sommes pas dans une société structurellement discriminante.

Je ne vois pas en quoi le fait que certains utilisent des termes comme « collabo » ou « Bounty » invaliderait la question des discriminations.

Oui, ces expressions existent.
Oui, elles sont critiquables.
Mais cela ne constitue pas un argument contre l’existence de discriminations structurelles documentées depuis des années.

Dire qu’il existe des discriminations structurelles ne signifie pas que chaque individu serait raciste, ni qu’il existerait des lois raciales. Cela veut simplement dire qu’à caractéristiques égales, certains groupes subissent des désavantages systématiques et mesurables.

Sur ce sujet, nous ne sommes pas dans le registre du ressenti militant, mais dans celui de la recherche empirique :

  • le testing Défenseur des droits / OIT (2017) montre qu’à CV strictement équivalent, un candidat avec un nom à consonance maghrébine obtient nettement moins d’entretiens ;
  • les travaux de la DARES confirment des écarts persistants à qualification égale selon l’origine perçue ;
  • l’enquête TeO de l’INED et de l’INSEE montre une fréquence beaucoup plus élevée des discriminations déclarées dans l’emploi, le logement et les interactions avec la police pour les personnes perçues comme noires, arabes ou musulmanes ;
  • le rapport du Défenseur des droits sur les contrôles d’identité met en évidence une probabilité de contrôle bien plus forte pour les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes ;
  • des testings académiques sur l’accès au logement confirment les mêmes mécanismes à dossier identique.

Je ne vais pas non plus poursuivre ici le détail des chiffres et des tableaux issus de ces études : ils sont sans équivoque, tant sur l’ampleur des écarts que sur les populations qui les subissent. On parle donc de phénomènes statistiques reproductibles (objectivement inacceptables et intolérables humainement).

Je vais d’ailleurs répondre de manière très concrète, loin de toute posture militante.

Je suis aujourd’hui dans le tiers des personnes les plus favorisées, diplômé universitaire d’une maîtrise généraliste, évoluant dans un environnement social très intégré, et je travaille en ressources humaines à l’international.

Dans mon entourage proche, il n’y a pas de délinquance, mais il y a des personnes de toutes origines, parfaitement insérées, qui travaillent et veulent simplement vivre normalement.

Et pourtant, ce sont précisément ces personnes — diplômées, stables professionnellement, loin des clichés médiatiques — qui me parlent :

  • de refus de logement à cause d’un nom ;
  • de discriminations à l’embauche malgré de bons CV ;
  • de contrôles de police répétés ;
  • d’insultes dans l’espace public ;
  • de suspicion immédiate dès qu’une femme porte un voile discret.

Ce ne sont pas des profils marginaux : c’est la majorité silencieuse, qui accepte parfois un minimum de racisme ou de "micro-violence" dans son quotidien sans même s’en rendre compte.

Et surtout, leur vécu correspond exactement à ce que montrent les données quantitatives.

Autrement dit : ce n’est pas une construction idéologique, c’est une réalité objectivée.

Reconnaître cela ne signifie pas que la France serait « le pire des pays », ni que les personnes blanches seraient individuellement responsables.
Cela signifie simplement que notre société, malgré ses principes universalistes, continue de produire des inégalités liées à l’origine perçue.

Est-ce qu’on attend qu’une loi dise explicitement « il faut discriminer » pour admettre le problème ?
Cela passerait à côté de la réalité : les discriminations sont aujourd’hui diffuses, souvent inconscientes et cumulatives.

Sur le plan théorique, ces mécanismes sont bien connus :

  • Norbert Elias parlait de la dynamique established / outsiders : les groupes installés définissent les normes et assignent aux autres une position périphérique.
  • Pierre Bourdieu montre que le capital social et culturel permet de circuler naturellement dans les espaces dominants — mais surtout que, même à capital égal, tout le monde n’en tire pas le même rendement. Un réseau, un diplôme ou une recommandation n’ont pas la même efficacité selon le nom, l’apparence ou l’origine perçue.
  • Erving Goffman, dans Stigmate, explique comment certains attributs visibles transforment immédiatement l’interaction sociale.
  • Kenneth Arrow a modélisé la discrimination statistique : en situation d’information imparfaite, des caractéristiques visibles servent de signaux, produisant des inégalités même sans intention raciste.

Quand on est du côté des « insiders », tout paraît fluide :

on bénéficie d’une présomption de normalité, on active facilement ses réseaux, on maîtrise les codes implicites.

Mais dès qu’apparaît un marqueur d’« outsider » — un nom, une couleur de peau, un signe religieux — les interactions changent.
Pas toujours de manière spectaculaire, mais souvent de façon diffuse et cumulative.
Et c’est précisément cette accumulation qui crée l’inégalité structurelle.

Il y a aussi un angle mort : les difficultés françaises en matière d’inclusion réelle.
Les travaux sur la ségrégation résidentielle montrent que certaines populations sont concentrées dans des quartiers spécifiques, ce qui alimente les inégalités scolaires et professionnelles et limite l’accès aux réseaux sociaux et professionnels.
Même en l’absence d’intention discriminante, ce mécanisme produit des effets cumulés et durables sur les parcours de vie.

Je m’arrête là sur la question de l’intégration : il ne s’agit pas de digresser davantage, mais c’est un aspect largement sous-estimé et mal compris, qui, à mon sens, n’est pas abordé de manière adéquate pour résoudre efficacement les problèmes.

Reconnaître tout cela, ce n’est ni se victimiser ni dire que tout serait sombre.
C’est prendre au sérieux l’écart entre l’égalité proclamée et l’égalité vécue.

La vraie question est simple : à partir de combien de données accepte-t-on de regarder la réalité pour pouvoir l’améliorer ?

Refuser le constat parce que le mot « racisé » dérange ne fait pas disparaître les écarts mesurés.

Vouloir corriger ces mécanismes n’a rien de morbide : ce n’est qu’un idéal de poser sereinement des mots sur ce que notre société produit.
Je ne demande pas que mes semblables soient parfaits (ne l'étant pas moi-meme !), ni qu’ils se flagellent ou se confondent en excuses.
Je veux simplement qu’ils soient conscients.

C’est vouloir que l’égalité devienne concrète pour des personnes qui objectivement le méritent, et qui souffrent réellement d’être renvoyées quasi quotidiennement à des critères de discrimination — par exigence d’égalité, par empathie et, si l’on se place dans une logique matérialiste, par souci d’efficacité collective.

Modifié par Docteur CAC
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Membre, Posté(e)
Garlaban Membre 8 764 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 4 heures, Docteur CAC a dit :

 

La vraie question est simple : à partir de combien de données accepte-t-on de regarder la réalité pour pouvoir l’améliorer ?

 

Oui, c'est la vraie question mais en la posant de façon complète et non parcellaire comme tu le fais.

On peut être attaché aux droits humains et en même temps reconnaître que l'immigration continue et massive soulève des défis concrets en matière de logements, marché du travail, école, tensions culturelles...Or pour la gauche toute interrogation dans ce domaine relève du "fascisme", du "racisme" et maintenant de la ségrégation des "racisés" par les méchants Blancs comme pour accoler à cette nouvelle doxa victimaire un coupable naturel et éternel. 

Aucune société ne peut tenir longtemps avec de telles arrivées massives. Mettre en accusation la population à "majorité blanche" comme tu le fais dans ton premier post est une facilité intellectuelle. On peut vouloir réguler sans haïr. On peut aussi ne plus pouvoir réguler face à l'afflux. On peut aussi constater que certaines populations ne font rien pour s'intégrer, s'installant avec moeurs et religion arriérée que toute la société doit ensuite se coltiner quotidiennement par des comportements des plus négatifs. Ce qui ne contribue pas à soulèver un fort courant de sympathie.

tu écris que :

Citation

Il y a aussi un angle mort : les difficultés françaises en matière d’inclusion réelle.
Les travaux sur la ségrégation résidentielle montrent que certaines populations sont concentrées dans des quartiers spécifiques, ce qui alimente les inégalités scolaires et professionnelles et limite l’accès aux réseaux sociaux et professionnels.
Même en l’absence d’intention discriminante, ce mécanisme produit des effets cumulés et durables sur les parcours de vie.

mais à quel moment et nombre, estimer les limites qui amènent à la sclérose et à l'effondrement d'un système qui n'en peut déjà plus ?

Tu te désoles que des diplômés "racisés" de ton niveau soient discriminés dans le logement, travail etc. mais que leur proposes-tu concrètement pour mettre en place des conditions plus stables, moins arcqueboutées sur l'attente de la conscientisation des uns et danvantage sur d'efficacité réellement collective. Lorsque les flux sont continus, les concentrations territoriales sont inévitables, la pression sur l'ensemble de la société et les discriminations aussi. Tout est lié.

 

La gauche est inaudible sur le sujet. Pour elle, il est encore et toujours possible "d'accueillir toute la misère du monde". Non pas par bonté, ni même par condescendence mais de plus en plus ouvertement par opportunisme. La principale formation de gauche, LFI en a même fait son fond de commerce électoral misant sur un changement de population pour arriver à ses fins politiques. 

 

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Membre, L'Économie, C'est Assez Clair !, Posté(e)
Docteur CAC Membre 3 361 messages
L'Économie, C'est Assez Clair !,
Posté(e)
Il y a 3 heures, Garlaban a dit :

Oui, c'est la vraie question mais en la posant de façon complète et non parcellaire comme tu le fais.

On peut être attaché aux droits humains et en même temps reconnaître que l'immigration continue et massive soulève des défis concrets en matière de logements, marché du travail, école, tensions culturelles...Or pour la gauche toute interrogation dans ce domaine relève du "fascisme", du "racisme" et maintenant de la ségrégation des "racisés" par les méchants Blancs comme pour accoler à cette nouvelle doxa victimaire un coupable naturel et éternel. 

Aucune société ne peut tenir longtemps avec de telles arrivées massives. Mettre en accusation la population à "majorité blanche" comme tu le fais dans ton premier post est une facilité intellectuelle. On peut vouloir réguler sans haïr. On peut aussi ne plus pouvoir réguler face à l'afflux. On peut aussi constater que certaines populations ne font rien pour s'intégrer, s'installant avec moeurs et religion arriérée que toute la société doit ensuite se coltiner quotidiennement par des comportements des plus négatifs. Ce qui ne contribue pas à soulèver un fort courant de sympathie.

tu écris que :

mais à quel moment et nombre, estimer les limites qui amènent à la sclérose et à l'effondrement d'un système qui n'en peut déjà plus ?

Tu te désoles que des diplômés "racisés" de ton niveau soient discriminés dans le logement, travail etc. mais que leur proposes-tu concrètement pour mettre en place des conditions plus stables, moins arcqueboutées sur l'attente de la conscientisation des uns et danvantage sur d'efficacité réellement collective. Lorsque les flux sont continus, les concentrations territoriales sont inévitables, la pression sur l'ensemble de la société et les discriminations aussi. Tout est lié.

 

La gauche est inaudible sur le sujet. Pour elle, il est encore et toujours possible "d'accueillir toute la misère du monde". Non pas par bonté, ni même par condescendence mais de plus en plus ouvertement par opportunisme. La principale formation de gauche, LFI en a même fait son fond de commerce électoral misant sur un changement de population pour arriver à ses fins politiques. 

 

Tout d'abord, je tiens à souligner que votre argumentation utilise plusieurs figures rhétoriques — comme la généralisation, la déviation et la mise en cause implicite — qui tendent à éviter de reconnaître les discriminations mesurables mais je vais essayer de répondre de manière constructive et formalisée.

Donc, vous mélangez deux plans.

En effet, j’ai volontairement arrêté la digression sur l’intégration pour éviter ce qui se produit ici : le basculement automatique vers le débat sur l’immigration (sur le prétexte d'aborder les concentrations géographiques, il en faut peu...). Ce n’était pas le sujet ici.

Parler de discriminations liées à la couleur de peau, au nom ou à l’adresse ne revient pas à accuser « les Blancs » collectivement, ni à nier les tensions liées aux flux migratoires.

Les études françaises (DARES, Défenseur des droits, INED/INSEE) documentent les écarts vécus par les personnes racisées à caractéristiques égales. Par l'absurde , si ce ne sont pas « les Blancs » alors qui ? les racisés ?

Si l’on voulait attribuer ces écarts à des auteurs racisés, il faudrait imaginer que des personnes racisées discrimineraient systématiquement d’autres personnes racisées pour produire les phénomènes observés — ce qui n’est ni plausible sociologiquement, ni logique statistiquement.

Ces données confirment donc que les discriminations suivent les positions de pouvoir et la perception dominante dans la société. Comme le note Bourdieu (1979, La distinction, p. 175) :

« La domination se maintient et se reproduit en grande partie à travers des mécanismes invisibles et des structures de perception qui légitiment l'ordre social. Les agents qui disposent du capital culturel et social dominant imposent ce qu’ils considèrent comme normal ou valorisé. »

En France, ces positions de pouvoir et perceptions dominantes correspondent majoritairement à la population blanche, ce qui explique les écarts constatés dans l’emploi, le logement et l’accès aux services, comme le confirment les tests à caractéristiques égales menés dans le cadre des sources précédemment citées. Cette approche montre qu’il est légitime et rationnel de dénoncer ces biais et de les traiter objectivement, sans recourir à des généralisations abusives ou à des inversions de responsabilité.

La sociologie et la psychologie sociale montrent que ces mécanismes sont cumulés et renforcés lorsqu’ils restent invisibles ou banalisés :

Juste parque l'argument n'est pas sortie de ma poche je cite donc : « When stigma is not recognized, acknowledged, or addressed, it becomes embedded in social systems and difficult to challenge » (Link & Phelan,“Conceptualizing Stigma”, 2001, p. 374).

Autrement dit, lorsqu’un mécanisme n’est pas reconnu, il devient structurel.

Même si l’immigration était réduite à zéro demain, ces mécanismes objectivés par les études empiriques ne disparaîtraient pas. Ces phénomènes concernent aussi des personnes nées en France, diplômées, insérées, parfois depuis plusieurs générations. Ce qui pose problème, ce n’est pas le fait d’être né ailleurs, mais d’être perçu comme différent.

Le problème, c’est que certains procédés rhétoriques servent à minimiser ou détourner l’attention de ces discriminations :

  • transférer le problème sur l’immigration pour éviter de traiter les inégalités mesurables ;
  • présenter les expériences vécues comme anecdotiques ou individuelles ;
  • accuser les personnes qui documentent ces écarts de « coupables » ou de stigmatiser un groupe entier ;
  • dévier le débat vers la « capacité d’accueil » ou les flux migratoires, alors que ces phénomènes concernent des citoyens parfaitement intégrés.

Reconnaître l’existence de discriminations structurelles à caractéristiques égales n’empêche pas de discuter d’autres sujets. Cela ne signifie pas non plus que tout le monde serait raciste ou qu’il existerait une intention discriminatoire systématique. Les discriminations peuvent être inconscientes, systémiques et cumulatives, affectant les parcours professionnels, scolaires et résidentiels même pour des individus socialement intégrés.

Agir concrètement implique de séparer les niveaux d’analyse et de traiter ce qui est objectivé :

1. Reconnaître le problème objectivement

Chaque citoyen, employeur, enseignant ou agent public doit accepter humblement que des discriminations existent, même à caractéristiques égales et même envers des individus parfaitement intégrés.

La sociologie montre que les inégalités se perpétuent en partie parce qu’elles restent invisibles ou banalisées : lorsqu’elles ne sont pas reconnues, elles deviennent structurelles et difficiles à corriger (cf. travaux sur la « domination symbolique » de Pierre Bourdieu, 1979, mais aussi sur les mécanismes de stigmatisation cumulée en psychologie sociale – Link & Phelan, 2001).

2. Appliquer les principes universels de justice et d’équité

Quand vous dites :

Il y a 3 heures, Garlaban a dit :

Tu te désoles que des diplômés "racisés" de ton niveau soient discriminés dans le logement, travail etc. mais que leur proposes-tu concrètement pour mettre en place des conditions plus stables, moins arcqueboutées sur l'attente de la conscientisation des uns et danvantage sur d'efficacité réellement collective. Lorsque les flux sont continus, les concentrations territoriales sont inévitables, la pression sur l'ensemble de la société et les discriminations aussi. Tout est lié.

Je réponds : ces personnes ne sont pas « arc-boutées sur l’attente de la conscientisation des uns et des autres » ; je vous parle de celles qui se comportent objectivement bien et ne devraient subir aucun tort. Les justifications générales ou les arguments rhétoriques qui cherchent à expliquer ou minimiser ces discriminations sont inacceptables. Chaque individu doit être traité équitablement pour ses comportements, et non jugé à partir de caractéristiques perçues.

Cette idée s’aligne parfaitement avec le principe de John Rawls sur la justice : dans A Theory of Justice (1971), il écrit que

« Les institutions sociales doivent être organisées de telle manière que chacun puisse bénéficier d’un traitement impartial, comme si nous ignorions notre position dans la société » (p. 118).

Autrement dit, toute personne qui respecte les règles et contribue positivement à la société doit recevoir un traitement juste, indépendamment de son origine, de son nom ou de toute caractéristique perçue.

3. Auditer et corriger les pratiques quotidiennes

Les processus formellement neutres peuvent produire des effets discriminatoires. Les études empiriques françaises le confirment comme cité précédemment.

Même lorsque les règles semblent neutres, des écarts systématiques apparaissent. Auditer les pratiques, les rendre transparentes et corriger les biais permet de rompre le cycle de reproduction des discriminations, en rendant les mécanismes visibles et objectivables, et non plus sujets à interprétation ou digression.

4. Éducation à la diversité et à l’empathie

Une éducation consciente à la diversité réduit les biais cognitifs et favorise la mobilité sociale réelle.

Les recherches sur le capital social et culturel (Bourdieu, 1979), mais aussi sur la socialisation à l’empathie et la perspective-taking en psychologie sociale (Batson, 1991 ; Decety & Jackson, 2004), montrent que les comportements inclusifs sont appris et que ces apprentissages diminuent l’accumulation d’inégalités.

C’est un investissement à long terme : il aligne progressivement les interactions quotidiennes sur les valeurs collectives de justice et d’égalité.

5. Sanctionner universellement les mauvais comportements

La recherche en économie expérimentale et en criminologie comportementale (Tyler, 1990 ; Becker, 1968) montre que la perception d’équité dans l’application des règles est cruciale : les sanctions appliquées de manière uniforme et transparente renforcent l’adhésion sociale aux normes, réduisent le sentiment d’injustice et limitent les comportements discriminatoires. Punir les discriminations ou comportements hostiles de façon cohérente pour tous est non seulement juste, mais aussi efficace collectivement.

6. Mesurer et évaluer continuellement
L’évaluation empirique des politiques est essentielle. Elle permet de documenter objectivement les écarts et d’éviter les digressions idéologiques, comme celles auxquelles nous assistons souvent dans le débat public.

Les indicateurs de discrimination à caractéristiques égales (emploi, logement, éducation, interactions avec la police) fournissent une base factuelle pour ajuster les interventions, au lieu de se perdre dans des accusations collectives ou des rhétoriques de pente glissante. Toute personne, y compris ton contradicteur, peut devenir partie active de la solution : participer à l’objectivation, promouvoir la transparence et agir sur son propre environnement professionnel ou social plutôt que de se contenter de nier ou minimiser le problème.

Reconnaître ces mécanismes n’est ni victimaire ni idéologique : c’est constater une réalité sociale mesurée et reproductible. On peut défendre les droits humains, constater des tensions réelles ou débattre d’autres sujets, sans nier les discriminations objectivées qui touchent des citoyens français, diplômés et insérés depuis plusieurs générations.

 

En définitive, il ne s’agit ni d’accuser un groupe, ni de nier l’existence d’autres débats légitimes comme l’immigration ou les dynamiques territoriales. Il s’agit simplement de ne pas confondre les niveaux d’analyse.

Des écarts à caractéristiques égales sont documentés. j'ai pointé des situations qui ne devraient pas faire débat, elles le font, j'estime que ce n'est pas normal. 

On peut discuter des méthodes, mais on ne peut pas faire comme si ces données n’existaient pas.

Reconnaître ces écarts ne signifie pas moraliser le débat. C’est accepter qu’un phénomène mesuré mérite d’être examiné avec rigueur. Comme l’ont montré Link et Phelan, un mécanisme non reconnu tend à se normaliser. L’ignorer ne le résout pas.

Je ne vous demande pas de faire votre l'ensemble de mon propos mais nous pouvons au moins nous accorder sur un principe simple : à compétences et comportements égaux, les chances devraient être égales. C’est une exigence minimale d’équité, cohérente avec l’idéal de justice formulé par John Rawls.

La discussion peut donc sortir du registre conflictuel pour devenir méthodique :

  • soit on conteste les données, et on les analyse ;
  • soit on les accepte, et on cherche des solutions pragmatiques ;

mais les déplacer vers un autre sujet ne répond pas à la question initiale.

Il existe des marges d’amélioration simples et non partisanes. Les reconnaître ne fragilise pas le débat démocratique ; au contraire, cela le rend plus exigeant et plus adulte.

La question n’est pas « qui accuser ? », mais « comment faire en sorte que nos principes d’égalité produisent réellement leurs effets ? ».

Modifié par Docteur CAC
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