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Dans son livre "Zéro to one" Peter Thiel indique comment "réussir" : innover pour atteindre une situation monopolistique. Pour lui seules les start-up sont capables d'inventer les technologies conduisant à cette position monopolistique. Une nouvelle technique, en proposant un produit ou un service nouveau, unique, permet de s'affranchir de toute concurrence, de ne pas perdre son énergie dans une lutte incessante. Il déroule dans la foulée un discours humaniste destiné à endormir le lecteur quant à son intention, laquelle reste la même, dans l'histoire des humains : acquérir une position sociale dominante. Cette intention n'est évidemment pas propre au capitalisme, disons que le capitalisme est lui-même une technique permettant aujourd'hui d'acquérir cette position. Néanmoins le capitalisme n'est pas à l'origine du système production-consommation actuel, ce système permet de satisfaire le désir de domination sociale certes, mais ce n'est pas ce désir qui a donné naissance à ce système. C'est pourquoi aucune analyse et critique du capitalisme n'arrivera à faire tomber ce dernier tant que le système production-consommation actuel, qui est un système de production industrielle (une production de masse) perdurera. Au demeurant cela fait maintenant des générations que les analyses critiques du capitalisme ne sont arrivées à rien. Et quand ces analyses sont arrivées à faire tomber le capitalisme nous sommes entrés dans " le socialisme" sans que ce changement abolisse les dérives destructrices de la production de masse. J'observe que pour Thiel "la réussite" sociale c'est le monopole. Ce sont les politiques qui ont empêché cette évolution en veillant que la concurrence soit toujours organisée sans jamais tomber dans le monopole. Thiel est à la recherche d'innovations techniques inaccessibles aux concurrents et hors de contrôle des politiques afin d'asseoir le monopole. Nous tombons toujours sur les déterminations psychiques mises en place dans l'ère préhistorique, qui avaient alors leur justification dans l'environnement de l'époque, mais qui s'avèrent aujourd'hui catastrophiques dans l'environnement actuel, celui que l'être humain a créé. Cela fait dire à Leroy Gourhan qu'il est possible que l'être humain consume toute la planète avant d'avoir pu changer ou transformer ses déterminations psychiques mises en place au cours de la préhistoire. Néanmoins il est probable que la mise en place de cette détermination psychique (la domination sociale ou la quête du statut social) comme la mise en place du système actuel de production-consommation (consumation écrit George Bataille dans "La part maudite") tient à des causes qui nous dépassent, des causes qui, c'est du moins ce que je pense, nous relient au développement de notre Univers, à ce que Bataille appelle : le chemin pris par l'énergie dans notre monde. Dans ce cas ce qui arrêtera in fine le développement de notre système production-consumation ce sera une modification telle de notre environnement que nous devrons choisir entre mourir ou changer de chemin. En définitive ce ne sont pas les idées qui vont arrêter les mouvements qui nous emportent, ce seront les choses, la réalité des choses, soudain ou progressivement devenues hostiles à notre existence.
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Nous ne parlons pas de "preuve" en physique ni dans les sciences expérimentales, nous parlons d'expérimentation, même si parfois, par écart de langage, nous parlons de preuve. Nous vérifions par l'expérience la validité de la relativité par exemple, mais l'expérience ce n'est pas la même chose que la preuve. La preuve conduit au dogmatisme, une Vérité devient alors absolument vraie. L'expérimentation ne ferme pas la voie au doute, il n'est pas impossible de faire une expérience qui invalide, dans le cadre de cette expérience, la dite théorie. Beaucoup de jeunes chercheurs en physique tentent de trouver une expérience qui contredise la relativité, non pour la détruire mais pour la dépasser. Parler de preuve s'agissant de l'évolution, me fait penser aux preuves de l'existence de Dieu, des que nous parlons évolution, nous sortons du cadre de la science pour tomber dans le cadre religieux. Cela dit ma "sortie" sur la conscience, comme spectatrice libre, est une sortie idéaliste. C'est toujours tentant de tomber dans l'idéalisme. Une façon de sa faire plaisir, une façon de rêver.
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Vos textes m'intéressent, je les lis avec soin, ils permettent de faire le point sur certains sujets. Mon intention n'est pas de vous critiquer mais d'utiliser vos développements pour construire en parallèle, ou en harmonie, mes propres développements. Le problème des universaux de Porphyre pose le problème du mode d'être "des genres et des espèces" j'étends le problème en l'étendant au concept lui-même, quel est le mode d'être du concept ? J'utilise le mot "concept" dans le sens exposé par Kant, le concept désigne un ensemble d'objets singuliers réunis par une propriété commune (ou une relation commune). Par exemple le lot "table" est un concept, sous lequel ou dans lequel, je range tous les objets ayant pour qualités communes le fait d'être composé d'un tableau posé sur au moins trois pieds. Je construis ainsi sans cesse des concepts, comme l'arbre, l'homme (en tant qu'espèce), l'animal (en tant que genre) etc. Première constatation : je ne peux produire ces concepts qu'après expérience physique, qu'après relation physique entre moi, en tant que corps, et l'extérieur, en tant que réalité physique. Je suis là dans une expérience dite singulière. Les choses existent en tant que singularités perçues. Je ne m'étends pas sur la perception sinon pour en dire qu'il s'agit d'une expérience physique. Je cadre ici la discussion en spécifiant bien l'emploi et le sens des mots. Je distingue donc la singularité des choses en tant que je les appréhende physiquement (la perception) et le concept en tant qu'ensemble de choses (ou d'êtres) singulières réunies sous un concept pour une qualité (ou une relation) commune. A partir de là quel est le mode d'être (l'ordre ontologique si je reprends l'expression de David Piché dans sa thèse de doctorat du 17 mai 2002) du concept (quel est le mode d'être des genres et des espèces si je me réfère à l'Isagoge de Porphyre) ? J'ai souvent évacué le problème en affirmant que le concept n'était qu'un mot, pas un "être" ayant une existence propre, disons que le nominalisme était ma position. Mais c'était une position d'humeur, j'étais agacé par cette façon qu'ont les idéalistes de donner l'existence à n'importe quoi. Il est bien évident que si je me promène dans la forêt, je rencontrerai des arbres, singularité de ma perception, mais je ne rencontrerai pas l'arbre en tant que concept. Pourtant il est aussi évident que je n'emploie pas le concept uniquement comme mot, que le concept tient un rôle éminent dans ma réflexion et conséquemment dans mon action. Le concept est donc plus qu'un mot, il est aussi un instrument, un outil que j'utilise pratiquement, pratiquement c'est à dire dans mes engagements sociaux. Le nominalisme est donc un peu court. Mais si le réalisme c'est conférer au concept la même existence que la singularité perçue alors c'est abusif. J'en termine avec ce préambule avec une réflexion sur "l'Idée". L'Idée c'est la pose de l'existence d'un être, indépendamment de l'expérience physique. L'Idée est un être qui existe indépendamment même de l'être humain qui la pense. Dieu par exemple est un être qui existe indépendamment de l'être humain, indépendamment de la perception. Pour moi l'Idée n'a pas d'existence propre, c'est un instrument imaginé par l'être humain dont la genèse est différente du concept certes, mais elle reste un instrument. l'Idée est un pur produit de l'imagination humaine alors que le concept est issu de l'expérience physique. Le problème que pose l'Idée est en fait posé par les Idéalistes qui affirment que les objets singuliers sont issus de l'Idée. L'Idée aurait donc un pouvoir créateur, l'Idée "Cheval" crée les chevaux singuliers, Dieu crée l'univers et l'homme. Je n'adhère absolument pas à cette vision là. Mais je reconnais à l'Idée un pouvoir qui est le pouvoir de l'imagination, cette capacité à créer des objets en pensée avant de tenter d'en faire une expérience sensible. Les scientifiques utilisent l'Idée dans la confection de leurs théories, mais ils ne lui reconnaissent une existence que s'ils ont pu en faire l'expérience sensible. Et même dans ce cas ils restent ouverts à une contestation de l'Idée si jamais une seule expérience sensible venait contredire l'Idée dans ses attendus. Il reste enfin les mots "flous" tels que conscience, soi, cogito, moi, inconscient, etc. qui voyagent entre le concept et l'Idée. Ces mots flous permettent aux joueurs (les sophistes disait on jadis) de s'insérer dans ce flou pour tendre leurs filets. Nous sommes en effet dans la vie réelle des rapports humains, c'est à dire, assez souvent, dans des rapports de pouvoir. Je me suis appuyé sur vos écrits pour faite le point. Mais aussi, si je continue à vous écrire à partir de vos études, je tenais à ce que vous sachiez à partir de quelles définitions je raisonne et pense. Bonne journée.
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Cet article repose sur ce postulat : la nature n'est pas intentionnelle (qui est un postulat, pas une certitude, pas un dogme). Ce qui est, est, certes, mais pourrait ne pas être. "Nos yeux, nos poumons ou notre cerveau sont les produits contingents de l'histoire évolutive". Il n'existe dans l'Univers aucune cause finale. Rien ne va nulle part, ou encore tout va partout, il n' y a pas de direction. Ce qui s'oppose à cette vision c'est notre désir d'être. Comment se fait-il qu'il existe un désir d'être, une intention donc, dans un élément naturel, partie de l'Univers, l'être humain, alors que l'Univers n'a pas d'intention ? Peut-être sommes-nous en fait sortis de l'état naturel ? C'est là le fondement de nos religions et de nos philosophies. Nous sommes les seuls à avoir des intentions, tout le reste est non-intentionnel. Prêter des intentions à un arbre par exemple est une projection de nos intentions. Mais se prêter à soi-même des intentions déterminantes (se prêter un vouloir a priori) alors que nous sommes le produit contingent de l'histoire évolutive ne va pas non plus. Dès lors que nous sommes un produit alors nos intentions ne peuvent n'être aussi qu'un produit. Nous ne sommes pas déterminés par nos intentions, celles-ci sont en fait le produit, le résultat de notre chimie, de notre histoire, de notre localisation, etc. Tout être humain peut en définitive être assimilé à une particule. Ce qui est surprenant c'est que cette particule sait quelle est particule, c'est-à-dire qu'elle a la capacité de prendre une distance avec elle-même pour se voir en tant que particule. Elle a la capacité d'occuper une dimension mystérieuse dans l'Univers, à partir de laquelle elle peut se défaire de ses déterminations pour se voir en tant que particule déterminée. Certes dans ce lieu elle reste passive, mais tout de même c'est vraiment mystérieux l'existence de cette dimension, et mystérieux cette capacité à être spectatrice. Car dans cet état de spectatrice la particule est alors totalement indéterminée. Surprenant.
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L'observateur, le spectateur (Ellul) théorise et pense de l'acteur qu'il est dominé par une Idée maitresse sans qu'il s'en rende compte. L'acteur peut retenir du spectateur qui théorise l'Idée Technique qu'il doit éviter l'excès. C'est l'excès dans telle ou telle direction adoptée par l'acteur qui devient nocif. Mais aujourd'hui l'excès dans l'utilisation de la technique ne vient pas qu'il existerait une Idée "Technique" aliénante dont procèderaient toutes les techniques comme il existerait une idée Cheval qui engendrerait tous les chevaux, cet excès a deux fondements : la volonté de dominer la Nature et de devenir Dieu mais aussi la disparition de toute transcendance qui laisse l'être humain livré à ses seuls désirs, devenus les seuls fondements de son action. La technique donne ce sentiment aux humains qu'ils pourraient en effet devenir Dieu, qu'ils pourraient réaliser tous leurs désirs, même les plus fous, mais ce désir d'être Dieu n'a pas pour source la technique, c'est un désir vieux comme le monde que la technique rend possible, ou que la technique fait croire qu'il est possible de le réaliser. Il est d'ailleurs possible que la disparition de toute transcendance active le désir comme seule source d'inspiration, lequel désir se perd alors dans celui de devenir Dieu. Le spectateur pourra s'efforcer d'être de plus en plus fin dans sa critique, le fait qu'il soit lui même impuissant à sortir de la critique pour proposer de nouvelles voies d'action rend sa critique inutile. C'est là l'échec des religions et des philosophies non seulement occidentales mais aussi orientales. Nous sommes condamnés à aller jusqu'au bout de notre impuissance à penser une nouvelle transcendance ou à en réactiver une ancienne (je pense au souci de l'autre prenant le pas sur le souci de soi, mais une telle préséance exige peut être une transcendance) condamnés à vivre un avenir qui s'annonce plutôt effrayant. C'est curieux de constater que c'est en définitive dans le danger et le combat VECUS par l'acteur et non pas pensés par le spectateur que naitra une pensée nouvelle.
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Oui bien sûr Marx a abondamment parlé de cet aspect des choses, le prolétaire et la machine outil en concurrence. Les capitalistes, les propriétaires du capital n'ayant jamais cessé de vouloir remplacer les travailleurs par des machines lorsqu'elles celles ci dégageaient des coûts de production inférieurs aux coûts de la main d'œuvre. Mais même un petit patron producteur d'un bien ou d'un service donné, n'employant pas d'autre main d'œuvre que lui-même, va tenter d'agir sur sa propre production en utilisant une machine s'il peut en trouver une qui lui permette de libérer du temps. Il n' y a pas que le profit escompté, ni même la quantité produite qui stimule la conception des machines, il y a aussi le gain de temps. Lorsque la machine à laver a été conçue les ménages n'ont pas protesté au contraire. Plutôt utiliser une machine que passer des heures à faire la lessive. Nous finissons aujourd'hui par confondre technique et efficacité comme si seule l'efficacité fondait la technique. Ellul définit même la technique comme un ensemble de mécanismes qui répond à la recherche de l'efficacité en toutes choses. Que la technique soit aujourd'hui utilisée en vue de l'efficacité est de l'ordre de la responsabilité humaine, ce n'est pas dans l'ordre de la technique elle-même. A ce propos il est intéressant de suivre les travaux d'Oliver Hamant qui nous explique (ce n'est pas un simple intellectuel spectateur c'est aussi un intellectuel acteur au sein de l'INRAE) que la technique peut aussi se donner pour fin la robustesse à défaut d'être pleinement efficace. (Lire : "antidote au culte de la performance, la robustesse du vivant"). Que la technique soit un minimum efficace cela va de soi, qu'elle ne vise que l'efficacité cela dépend de l'être humain qui l'emploie et des secteurs où elle s'applique. Nous pouvons aussi concevoir des techniques qui visent l'à peu près, et s'en contentent, bien sûr dans des domaines qui n'exigent pas une précision totale ! En fait c'est même là le comportement d'un humain qui reste humain. Accepter l' à peu près est d'ailleurs le seul comportement viable au quotidien. La performance, la perfection, l'efficacité maximale ne sont pas propres à la technique, elles sont propres à un système économique fondé sur la compétition à tous les niveaux, fondé sur la concurrence. Le consommateur a aussi sa responsabilité dans cette affaire quand il privilégie le produit parfait, plus "parfait" qu'un autre. Laver plus blanc que blanc par exemple.
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Dans un entretien diffusé dans l'émission "Paradoxes" de France Culture le 17 mars 1970, Haroun Tazieff déclare : "C'est une constatation rationnelle, je sais que l'Humanité est condamnée à mort et ses œuvres avec elle, quelles que soient les conquêtes cosmologiques qu'elle fasse. Ren n'est plus effrayant que la mort et plus encore la mort de ceux que l'on aime et, à plus grande échelle, notre mort de race humaine, c'est désespérant en soi, on se dit à quoi bon, pourquoi vivre, pourquoi faire tant d'efforts ? Il n'y a pas de réponse à cette question" La difficulté réside là, pour toutes celles et ceux qui parviennent à regarder en face la disparition de l'espèce humaine : comment continuer d'agir ? La propension à agir existe indépendamment de toute conscience, les espèces animales disparues n'ont pas eu de difficulté à agir pendant leur existence pourtant mortelle. Mais l'espèce humaine a conscience, elle, qu'elle va disparaitre. La conscience de notre propre disparition ne peut pas rester sans effet sur notre capacité ou notre manière d'agir. Dans un podcast Chapoutot, l'historien, relève qu'il est impossible de regarder en face la disparition de sa propre espèce, sauf à devenir fou, ce qui explique tous les discours religieux, philosophiques, scientifiques ou autres, dont l'une des intentions est d'oblitérer la conscience de notre disparition en tant qu'espèce. Il n'est possible de continuer de vivre que dans la dénégation. La science, actuellement, prend le relais dans cette puissance de dénégation dans son affirmation que nous pourrions bien un jour devenir immortel grâce à une IA ayant atteint la fameuse "singularité", capable alors de nous introduire dans ce monde de l'immortalité. Les cosmologistes sont là pour anéantir cette prétention. Si regarder en face notre disparition en tant qu'espèce peut rendre fou, il semble aussi que la dénégation face à cette disparition peut aussi rendre fou. Si je retiens cette disparition, je constate qu'un Univers sans l'Humanité ne peut pas continuer de garder en lui l'existence d'êtres tels que Dieu, l'Etre, la Conscience... bref tous ces idéaux. Les Idées n'existent pas dans un univers sans espèce humaine, autrement dit les Idées sont des inventions, des produits de notre imaginaire. Je retombe sur cette évidence maintes fois constatée : les cultures humaines sont essentiellement composées d'êtres imaginaires dont l'existence dépend de l'existence des humains qui les conçoivent. Cela ramène à nos infinies réflexions sur la capacité à des êtres imaginaires, dans le monde clos de l'espèce humaine, à devenir des êtres réels pour cette même espèce. Il reste une question : existe-t-il quelque chose qui existe, indépendamment de la puissance créatrice de l'humanité, quelque chose qui n'a pas besoin de l'existence de l'espèce humaine pour exister, et être là, dans l'univers ? Il conviendrait alors de déterminer ou de tenter de déterminer ce que j'entends par "quelque chose" et quel rôle ou action je lui prête. L'autre question, aussi : comment continuer d'agir sachant que l'espèce va disparaitre ? Tazieff dit qu'il n'y a pas de réponse à cette question. Il affirme la disparition à venir de l'espèce humaine, il continue pourtant d'agir parce qu'il constate qu'il n'est pas nécessaire, pour lui, de savoir pourquoi il agit pour agir. Pour celui qui est curieux de savoir pourquoi nous agissons l'attitude de Tazieff n'est pas satisfaisante.
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Quand mon fils O. me dit, devant son propre fils dont il observe avec émerveillement les premiers pas et les premières explorations (il vide consciencieusement tous les placards) : "Quand je vois C. je crois dans la vie, je crois dans l'univers" Il part dans une attitude fidéiste qui est pour lui nouvelle, et cette attitude a sa racine en ce qu'il se trouve déporté de manière radicale : ce n'est plus lui qui importe, c'est son fils. Je change dans mon discours vis a vis d'O, je deviens inquiet pour le petit C. et je tente de convaincre O. qu'il va falloir qu'il adopte une attitude extrêmement souple dans la conduite de sa vie sociale et professionnelle s'il veut que son fils puisse vivre en toute quiétude. Tu dois anticiper lui dis je. Etre constamment aux aguets, savoir très rapidement se défaire de telle ou telle situation. Nous entrons dans une situation de guerre dans laquelle la mobilité sera un atout considérable pour ceux qui combattront encore. Nous entrons dans une situation de guerre qui ruinera toutes nos représentations, religieuses ou philosophiques, nous allons devoir faire place à de nouvelles représentations qui nous permettront de combattre pour ceux que nous aimons, pour ceux qui nous survivront. Sachant qu'il est maintenant inéluctable que nous allons accélérer encore dans la destruction de notre environnement avant de ne plus pouvoir le faire. En définitive ceux qui voient la vie à travers l'enfant qui vient ont une autre philosophie du monde. Mais il y a lieu d'être pessimiste, la majorité des adultes sont indifférents aux enfants, ils n'en ont pas ou quand ils en ont ils font d'eux des objets dont ils usent comme bon leur semble, ils se valorisent à travers eux et même parfois ils en sont jaloux. Les adultes se referment sur eux-mêmes et semblent ne plus être intéressés que par leur seule survie ou leur seul désir d'exister. Cette attitude religieuse et philosophique est une impasse.
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Dans la théorie quantique, actuellement, les physiciens font coexister dans l'espace-temps une vingtaine de champs. Champs d'électrons, de photons, de quarks, de neutrinos, etc. Ils distinguent les champs de matière (électrons, quarks...), responsables du monde matériel, des champs médiateurs (photons, gluons...), responsables des interactions. Dans les champs de matière les interactions considérées comme directes entre particules sont en fait rendues possibles grâce aux champs médiateurs, sans lesquels les particules de matière ne pourraient pas interagir. Cette vision théorique est intéressante, elle nous permet de dépasser nos visions matérialistes usuelles. La matière seule ne peut rien "construire", sans les champs médiateurs, considérés aussi comme des champs d'énergie (le photon est d'abord appelé : "paquet d'énergie" par Einstein avant de devenir une particule, le photon, qui n'est pourtant pas une particule, mais ça facilite notre compréhension des choses de le considérer comme tel). Nos représentations simplifient les choses mais elles les dénaturent aussi. Cette simplification nous donne la possibilité d'agir sur la réalité, mais la réalité est autre que celle que nous nous représentons. Cela me fait penser à Zénon et sa flèche qui n'atteint jamais la cible, elle n'atteint jamais la cible dans nos représentations mathématiques mais la représentation mathématique n'est pas la réalité. A cet égard notre perception pourtant bien imparfaite est plus proche du réel que la mathématique. La mathématique permet d'agir sur le réel à tel point que nous confondons la représentation mathématique et le réel. Mais le filet qui permet de capturer le papillon n'est pas le papillon. Nos représentations mathématiques captent la forme des choses elles ne captent pas la nature de ce qui est, à l'intérieur de la forme.
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Nous avions jadis des manuels que nous pouvions consulter lorsque nous rencontrions un problème avec nos enfants. Ils m'ont bien aidé. Ils m'ont permis de sortir des convictions culturelles venues des parents ou du milieu d'origine. Aujourd'hui les IA conversationnelles peuvent aussi être perçues comme des encyclopédies, des recensions d'informations. Mes fils les utilisent pour des cas bien précis. Ils restent bien sûrs libres d'en tenir compte ou pas. Il n'est pas impossible de conserver son esprit critique lorsque nous consultons une IA. Se couper d'informations recueillies à partir d'expériences issues du monde entier est, à mon avis, une erreur. L'éternel conflit entre la culture familiale et la reconduction de toutes les névroses qui ne manquent pas souvent de s'y développer et la culture du monde, toujours ouverte, ouverture qui ne vient pas détruire la culture familiale mais qui vient l'amender et parfois la réparer.
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Nous n'avons probablement pas les moyens (intellectuels) de comprendre le monde dans lequel nous vivons. Si, au sein des mathématiques, nous ne rencontrons aucun problème avec le zéro et les infinis, dans le monde physique, en revanche, aussi bien l'origine que l'infini sont impensables. Nous pouvons toujours spéculer sur ce fait que la réalité est inaccessible, que notre réalité est une transcription de cette réalité inaccessible, il n'empêche que notre réalité, notre univers, existe. Ce peut être frustrant ou agaçant de ne pas avoir accès au réel. Nous ne pouvons même pas l'imaginer, il nous faudrait pour cela penser au delà du temps, au delà de l'espace, ce qui nous est impossible. Il existe néanmoins , probablement, un lien entre ce réel inaccessible et notre réel, et, si la transcription actuelle de ce monde inaccessible nous donne notre univers à bien des égards absurde rien n'interdit de penser que cette transcription puisse changer, sortir des cadres actuels, il est même possible que notre univers soudain disparaisse. Nous ne sommes sûrs de rien. Penser qu'il existe une réalité inaccessible n'est pas forcément frustrant. Cela ouvre aussi quantité de possibles. C'est frustrant dès lors que nous constatons que notre désir de tout maitriser a des limites indépassables mais c'est excitant aussi car cela nous permet de tout imaginer, même l'impensable. Nous gagnons en créativité ce que nous perdons en maitrise.
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Pierre Musso, dans son livre : La religion Industrielle, cite, page 311 [Editions Fayard], Francis Bacon [1561-1626] « Qu’un homme travaille à restaurer et à accroître la puissance et l’empire du genre humain lui-même sur l’univers, cette ambition-là sans doute...est plus sage et plus noble que les autres. Or l’empire de l’homme sur les choses repose tout entier sur les arts et les sciences »[Novum Organum, aphorisme 129] Voilà exprimée l’ambition de l’homme « moderne » [en Occident] agir et transformer la Nature (l’Univers pour Bacon). L’œuvre de Bacon, continue Musso, est une de celles qui ont exercé la plus grande action sur les transformations qui conduisirent de la pensée antique et de la pensée médiévale à la pensée moderne. La science (les arts) s’accomplit et valorise « la Dynamique moderne contre la Statique des Grecs. » Nous passons de la philosophie loisir ou contemplative pour laquelle être et penser c’est la même chose, à la philosophie engagée dans le monde pour laquelle penser ce n’est plus être, c’est faire. Pour Francis Bacon les inventions (il parle de la boussole, de la poudre et de l’imprimerie) à elles seules suffisent à transformer le monde. Cette nouvelle vocation de la philosophie,Transformer le Monde, sera reprise plus tard par Karl Marx, mais pas seulement, nous retrouvons aussi cette affirmation chez les philosophes anglo-saxons, dont la philosophie est qualifiée par les Européens de philosophie utilitariste. Francis Bacon veut réformer la philosophie jusque là réduite à la vie contemplative : « le but du moraliste n’est pas d’écrire des œuvres à lire dans le loisir : il est véritablement de donner des armes à la vie active et de l’équiper. » Une nouvelle vision du monde s’élabore : il s’agit de transformer le monde par la science. La Nature doit être dominée, soumise et vaincue par les techniques. Cette transformation de la vision du monde, de l’Imago Mundi, met fin à la coupure entre Nature et artifice. Chez les Antiques grecs l’art ne peut qu’imiter la Nature sans jamais en atteindre la perfection, maintenant c’est le contraire c’est la Nature qui devient le miroir de l’art (dont la science). La Nature est soumise à des lois, cette soumission fait d’elle non plus une Mère mais un objet, elle devient objet exploitable. Cette transformation de l’image de la Nature, image Mère à image objet n’est pas aussi idéaliste que ne le pense Russo (il s’appuie sur le catholicisme et les monastères). Il faut aussi qu’adviennent des événements historiques contingents. Par exemple en 798 Irène l’impératrice byzantine proposa à Charlemagne un mariage afin de reconstituer un Empire romain réunifié. Charlemagne refusa cette alliance. A l’époque l’Empire de Charlemagne ne pesait pas lourd face à celui des Abbassides et à celui de Byzance. En s’isolant il ralentit le commerce entre son Empire et les autres et il dut ne compter que sur ses forces pour tenter de trouver dans la Nature, là présente, la terre en fait, des ressources qui permettent de survivre. Il s’en suivit des innovations cruciales : la substitution de la charrue à l’araire, l’utilisation du cheval avec un attelage nouveau, Pierre Musso, dans son livre : La religion Industrielle, cite, page 311 [Editions Fayard], Francis Bacon [1561-1626] « Qu’un homme travaille à restaurer et à accroître la puissance et l’empire du genre humain lui-même sur l’univers, cette ambition-là sans doute...est plus sage et plus noble que les autres. Or l’empire de l’homme sur les choses repose tout entier sur les arts et les sciences »[Novum Organum, aphorisme 129] Voilà exprimée l’ambition de l’homme « moderne » [en Occident] agir et transformer la Nature (l’Univers pour Bacon). L’œuvre de Bacon, continue Musso, est une de celles qui ont exercé la plus grande action sur les transformations qui conduisirent de la pensée antique et de la pensée médiévale à la pensée moderne. La science (les arts) s’accomplit et valorise « la Dynamique moderne contre la Statique des Grecs. » Nous passons de la philosophie loisir ou contemplative pour laquelle être et penser c’est la même chose, à la philosophie engagée dans le monde pour laquelle penser ce n’est plus être, c’est faire. Pour Francis Bacon les inventions (il parle de la boussole, de la poudre et de l’imprimerie) à elles seules suffisent à transformer le monde. Cette nouvelle vocation de la philosophie,Transformer le Monde, sera reprise plus tard par Karl Marx, mais pas seulement, nous retrouvons aussi cette affirmation chez les philosophes anglo-saxons, dont la philosophie est qualifiée par les Européens de philosophie utilitariste. Francis Bacon veut réformer la philosophie jusque là réduite à la vie contemplative : « le but du moraliste n’est pas d’écrire des œuvres à lire dans le loisir : il est véritablement de donner des armes à la vie active et de l’équiper. » Une nouvelle vision du monde s’élabore : il s’agit de transformer le monde par la science. La Nature doit être dominée, soumise et vaincue par les techniques. Cette transformation de la vision du monde, de l’Imago Mundi, met fin à la coupure entre Nature et artifice. Chez les Antiques grecs l’art ne peut qu’imiter la Nature sans jamais en atteindre la perfection, maintenant c’est le contraire c’est la Nature qui devient le miroir de l’art (dont la science). La Nature est soumise à des lois, cette soumission fait d’elle non plus une Mère mais un objet, elle devient objet exploitable. Cette transformation de l’image de la Nature, image Mère à image objet n’est pas aussi idéaliste que ne le pense Russo (il s’appuie sur le catholicisme et les monastères). Il faut aussi qu’adviennent des événements historiques contingents. Par exemple en 798 Irène l’impératrice byzantine proposa à Charlemagne un mariage afin de reconstituer un Empire romain réunifié. Charlemagne refusa cette alliance. A l’époque l’Empire de Charlemagne ne pesait pas lourd face à celui des Abbassides et à celui de Byzance. En s’isolant il ralentit le commerce entre son Empire et les autres et il dut ne compter que sur ses forces pour tenter de trouver dans la Nature, là présente, la terre en fait, des ressources qui permettent de survivre. Il s’en suivit des innovations cruciales : la substitution de la charrue à l’araire, l’utilisation du cheval avec un attelage nouveau, la mise en place de l’assolement triennal. Un autre événement historique : les restrictions opposées par l’Empire ottoman au commerce entre l’Europe et l’Orient. Ces restrictions décidèrent les Européens à tenter d’atteindre les Indes en partant sur les mers, dans la direction de l’ouest, puisque la direction de l’est était bloquée. Là encore un événement historique contingent eut des conséquences énormes (qui dynamisa notamment la recherche scientifique vu tous les problèmes posés par cette navigation hardie). Russo néglige aussi les influences culturelles venues d’autres continents. Nous considérons qu’un autre Bacon, Roger Bacon (1212-1294) philosophe et alchimiste fut le père de la méthode scientifique européenne. C’est négliger l’influence sur Roger Bacon des travaux d’Alhazen, savant persan du XI siècle qui vécut à Bagdad sous la dynastie des Buwayides et qui fonda la démarche dite aujourd’hui « objective », base de la démarche scientifique. Certes face aux nécessités il faut encore qu’il y ait eu un « travail » mental préalable, une philosophie ou une religion en action, pour que l’être humain trouve de nouvelles réponses, mais sans la nécessité il n’ y a pas de « révélation » spirituelle même s‘il y a un substrat mental en gestation. Il faut que surgisse la nécessité, laquelle est parfois contingente. La nécessité et le hasard en quelque sorte. la mise en place de l’assolement triennal. Un autre événement historique : les restrictions opposées par l’Empire ottoman au commerce entre l’Europe et l’Orient. Ces restrictions décidèrent les Européens à tenter d’atteindre les Indes en partant sur les mers, dans la direction de l’ouest, puisque la direction de l’est était bloquée. Là encore un événement historique contingent eut des conséquences énormes (qui dynamisa notamment la recherche scientifique vu tous les problèmes posés par cette navigation hardie). Russo néglige aussi les influences culturelles venues d’autres continents. Nous considérons qu’un autre Bacon, Roger Bacon (1212-1294) philosophe et alchimiste fut le père de la méthode scientifique européenne. C’est négliger l’influence sur Roger Bacon des travaux d’Alhazen, savant persan du XI siècle qui vécut à Bagdad sous la dynastie des Buwayides et qui fonda la démarche dite aujourd’hui « objective », base de la démarche scientifique. Certes face aux nécessités il faut encore qu’il y ait eu un « travail » mental préalable, une philosophie ou une religion en action, pour que l’être humain trouve de nouvelles réponses, mais sans la nécessité il n’ y a pas de « révélation » spirituelle même s‘il y a un substrat mental en gestation. Il faut que surgisse la nécessité, laquelle est parfois contingente. La nécessité et le hasard en quelque sorte.
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Les discussions sur la conscience ou encore sur le libre arbitre, ou bien d'autres questions apparaissent stériles. Elles ne peuvent déboucher sur rien. Ce sont des discussions qui opèrent dans un espace déconnecté du réel, du vécu, de l'action, ce sont des discussions qui opèrent dans le cadre d'une philosophie contemplative ou encore, c'est pareil, dans une philosophie du loisir, du divertissement. La philosophie "loisir" est la philosophie pratiquée par nombre d'illustres philosophes, elle a donc sa fonction, probablement une fonction sociale, il faudrait alors considérer cette philosophie dans le cadre de la sociologie. Mais toute idée, dans la vie vécue, engagée, sort de la sphère contemplative, du divertissement, et finit sa route dans le réel, et dans cette réalité, les réflexions sur la conscience ou sur le libre arbitre n'ont plus cours. Nous agissons au quotidien comme si nous disposions du libre arbitre, nous rentrons en communication avec des IA par exemple aujourd'hui sans nous demander si elles ont une conscience ou pas. Nous sommes bien obligés d'ailleurs de composer avec ces nouvelles IA tout simplement parce que, dans le réel, elles commencent à prendre nos emplois, je pense aux agents IA. Lesquels agents en plus apprennent de leur propre expérience ce qui les rend inquiétants, et là, on s'en fout de savoir si ces agents sont réellement conscients ou pas, puisque de toute façon tout se passe comme s'ils l'étaient. Aux USA Altman a dû subir deux tentatives d'assassinat de jeunes, qui se foutent de connaitre les états d'âme des "vieux" sur les IA, eux se rendent compte qu'ils ne peuvent plus rentrer dans le monde du travail, alors les vieux qui aiment ou dénigrent les IA, ils n'en ont rien à faire, eux sont concernés dans leur vie vécue, réelle. Lorsque nous sommes confrontés au réel, un type qui nous agresse par exemple, ou un agent IA qui me met au chômage, je ne suis plus dans la contemplation, je me fous de savoir si l'agresseur est déterminé ou pas, je me fous de savoir si l'IA est consciente ou pas. Dès que je suis concerné et que je suis obligé de sortir de ma bulle contemplative mes idées philosophiques sont rangées dans un tiroir que je referme. Si j'ai une personne aimée dans le coma, je me fous de savoir ce qu'est la conscience ou pas, je vais interroger le chirurgien et lui demander s'il arrivera à faire que la personne aimée redevienne consciente. Et je sais que ce n'est pas en philosophant sur la conscience en soi que les chercheurs avanceront, mais ce sera en faisant des expériences sur le cerveau, en observant, en travaillant sur ces expériences pratiques, sans pourtant savoir ce qu'est vraiment la conscience. Face à l'incapacité des chercheurs conventionnels à comprendre comment une onde électromagnétique peut voyager dans l'espace vide Einstein a tranché : je me fous de savoir comment elle fait, je sais qu'elle le fait. Dehors l'éther. Le type a avancé en tranchant le nœud gordien d'un coup d'épée mental. C'est moins par son génie qu'il a avancé (les autres étaient géniaux aussi) c'est surtout grâce à son audace. Passer par dessus les conventions. Je finis par me demander s'il existe une question en philosophie contemplative (loisir) qui se pose aussi à la philosophie active. Depuis quelque temps, de plus en plus de personnes pensent à la fin de l'humanité. Cette "fin de l'humanité" a longtemps été une idée sans portée, c'est à dire une idée jamais intégrée dans la réflexion, jamais intégrée d'ailleurs dans la philo. De plus en plus de personnes impliquées dans les responsabilités les plus hautes, dans les recherches en cosmologie les plus pointues se posent la question de cette fin. Il me semble que c'est là la question la plus ardue à intégrer dans tout système de pensée. Il apparait qu'il est peut être impossible en fait de penser la fin de l'humanité. Il est possible que cette fin (de l'humanité) inspire les esprits de nos nouveaux conquérants, ceux de la tech. Ils dépensent des efforts inouïs pour ...s'en sortir. Face à la possible fin de l'humanité ils choisissent d'agir, ils refusent la contemplation, ils refusent en fait de céder, de s'incliner. Dans leur esprit il ne s'agit pas de combattre la mort, il s'agit de combattre toute fin, il s'agit d'ouvrir une route qui ne s'arrête jamais, au moins pour eux. Le contemplatif s'arrête sur l'idée de mort, l'actif se concentre sur le chemin, qu'il veut sans fin. L'actif est l'héritier de la marche éternelle des nomades, le contemplatif est l'héritier du sédentaire. Il est possible que l'actif, celui qui veut franchir toutes les limites, y compris celle de la "fin" soit piloté par "quelque chose". En fait c'est ce que je crois. Quelque chose va son chemin et utilise l'être humain pour aller son chemin.
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Il faut donc reformuler cet énoncé. Je simplifie et je me débarrasse du folklore (le devin) : soit deux boites A et B. J'ai le choix entre soit prendre la boite A soit prendre les deux boites A et B. Je connais le contenu de la boite B : 1000 euros. En revanche je ne connais pas le contenu de la boite A et ce contenu dépend de mon choix : selon que je choisisse de prendre la boite A ou l'ensemble des deux boites A et B, la boite A contiendra ou ne contiendra pas 1 million d'euros. Je ne sais bien sûr pas quel choix entraine que la boite A contienne ou ne contienne pas 1 million d'euros. Le lecteur lui sait quel choix entraine que la boite A contienne ou ne contienne pas 1 million d'euros. Il y a donc divergence entre le lecteur et l'acteur. Le paradoxe joue sur le fait que c'est une même personne qui va devoir cogiter sur le problème et donc s'embrouiller dans les rôles distincts de lecteur et de spectateur. Celui qui choisit de répondre à ce paradoxe (quel choix faire ?) n'est pas sorti de l'auberge.
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Plutôt que d'aller chercher sur l'internet un énoncé plus "scientifique" (logique) je vais continuer de critiquer cet énoncé. Les qualificatifs "première" et "deuxième" ne sont pas objectifs. Nous devons donc trouver des qualificatifs objectifs, scientifiques dira-t-on. Par exemple nous pouvons adresser les deux boites ainsi : boite A et boite B. L'énoncé devient : je rentre dans une pièce, sur une table il y a deux boites A et B. A côté de la table il y a un devin, capable de faire des prédictions exactes à 100 %. Je rentre donc et j'ai le choix entre prendre soit la boite A soit les deux boites A et B. (Exit donc a priori un troisième choix : ne rien prendre du tout, autrement dit je DOIS faire un choix, ça ajoute une condition au sujet). Avant que je rentre dans la pièce le devin a prédit le choix que je ferai et il a rempli les boites en conséquence. A ce stade qui est au courant de cette information ? Le lecteur de l'énoncé. OK. Mais celui qui rentre dans la pièce, l'autre "moi" pas le lecteur mais l'acteur, est il au courant ? Si l'acteur n'est pas au courant il n' y a plus d'énigme, l'acteur fait ce qu'il veut selon son inspiration dans l'indifférence totale de l'existence du devin. Le lecteur de l'énoncé, le spectateur en fait, constate le choix fait par l'acteur et selon ce choix se dit : il a eu du pot (l'acteur) ou : il n'a pas eu de pot. La question alors pourrait être : quelle est la probabilité que l'acteur fasse le bon choix, sachant qu'il ne sait pas que le devin est intervenu dans le remplissage des boites en fonction de sa prédiction. Cette probabilité va dépendre de la connaissance que l'acteur a ou n'a pas du contenu de la boite B. On voit que ça se complique, pourquoi ? A cause de l'imprécision de l'énoncé. Ce genre d'imprécision malheureusement abonde dans l'enseignement des mathématiques. Il arrive souvent que nous critiquions l'incompétence des élèves alors que cette incompétence est parfois, et même souvent, provoquée par le manque de précision des énoncés, ou par la possibilité dans laquelle se trouve l'élève de comprendre l'énoncé de cette manière- là ou d'une autre manière. Un énoncé doit être tel qu'il ne puisse n' y avoir qu'une seule interprétation. En plus ce sont souvent les élèves les plus doués qui s'égarent devant un énoncé qui manque de rigueur car les plus doués sont dotés d'une imagination débordante.
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Votre énoncé est incohérent. Je pense que l'énoncé véritable doit être autre que celui ci. Prendre la "première" boite ne veut rien dire, il est possible de prendre une boite A ou B ou une boite différente de l'autre, mais "première" boite... Première en rentrant à droite, en rentrant à gauche ? bref, manque de rigueur. La "deuxième" boite contient toujours 1000 euros. Information qui sert à quoi en l'occurrence ? Encore une incohérence. Enfin quel est le rapport du joueur avec le prédicteur ? Soit il connait la prédiction alors le choix est vite fait. Soit il ne connait rien de la prédiction alors il fait un choix selon son inspiration, peu importe, soit il sait quelque chose de cette prédiction, mais que sait-il alors de cette prédiction ? Il faut au moins qu'il sache de cette prédiction, qu'elle prédit que, selon qu'il choisit une ou deux boites le résultat ne sera pas le même. Non ca va pas votre énoncé, je pense qu'il vaut mieux aller sur internet voir quel est l'énoncé correct.
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Edgar Morin, décédé le 29 mai 2026, à l’âge de 104 ans, a dit ceci, lors d’un entretien réalisé par Laure Adler, le 11octobre 2023 (extraits) : « Je crois qu’il existe quelque chose de très mystérieux qui fait que le monde existe, que les étoiles existent...qui fait que moi-même j’existe. Que j’ai survécu à des hasards incroyables. Je pense qu’on est environné de mystère. Je crois au mystère sans pouvoir le nommer. Sans pouvoir dire de quoi il s’agit. Mais je le sens omniprésent, partout. Ce qui m’étonne, c’est qu’on s’étonne si peu de vivre » Il passe d’un verbe à l’autre, « je crois », « je pense », « je sens », il dessine des passerelles entre chacun de ces verbes, apparaît un autre verbe qui les synthétise, qu’il n’est pourtant pas possible de prononcer.
