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Mórrígan

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  1. Ce qui est frappant dans vos messages, c'est l'idée que l'opinion publique serait devenue une sorte de tribunal sauvage, alors que dans la réalité, on continue très largement à protéger les mis en cause dans les affaires de violences sexuelles, surtout lorsqu'ils sont proches, connus ou intégrés dans un tissu local. On continue d'aller chercher sa baguette chez le boulanger du village accusé de viol(s) parce que dans l'inconscient collectif, ce sont des affaires privées, parce que c'est "parole contre parole", parce qu'il y a des affabulatrices avides de notoriété et d'argent, parce qu'il faut impérativement faire la différence entre l'oeuvre et l'artiste etc. Les stéréotypes sur les violences sexuelles sont encore massifs et ils jouent absolument toujours en faveur du mis en cause, jamais de la victime. Par voie de conséquence, écrire, que les célébrités accusées dans des affaires de violences sexuelles passeraient de "l'adulation au lynchage" est un récit très romanesque mais aussi très éloigné des faits. Plus encore, il s'agit d'un mythe commode : les personnalités publiques disposent d'un capital sympathie, d'avocats en nombre, de réseaux, de relais médiatiques et d'un soutien populaire que les victimes n'ont jamais. Il y a une dissymétrie évidente, immense ! Dans l'affaire qui nous occupe, on voit bien que les fans restent là, très mobilisés, parfois agressifs et pour le reste Patrick Bruel a gagné la sympathie d'un nouveau public. Vous évoquez, en sus, une "idéologie de rattrapage", "des pressions sur la justice", cependant cela revient à infantiliser la justice, comme si les magistrats étaient incapables de penser par eux-mêmes. Les juges savent parfaitement appliquer la présomption d'innocence et ils savent que s'ils ne le font pas, leurs décisions seront censurées. La justice n'a pas besoin d'être protégée par l'opinion publique (dont vous faites aussi partie), elle a besoin "d'outils juridiques" et de moyens. En effet, la loi est toujours perfectible. Pendant plus de 40 ans, l'Etat a laissé les infractions sexuelles dans un angle mort, excluant toutes les situations où il n'est pas possible de consentir (sidération, emprise etc.). La définition pénale du viol de 1980 (première définition pénale du viol) était lacunaire, celle-ci reposant uniquement sur le mode opératoire de l'agent ayant commis l'infraction, c'est à dire : au moyen de la violence, de la contrainte, de la menace ou de la surprise. La définition de 1980 ne reposait absolument pas sur le consentement, alors que (mince !) c'est tout de même un basique... et alors que toute la jurisprudence du XIXe siècle en fait pourtant expressément mention. Le législateur de 1980 a mis délibérément de côté cette notion essentielle. De surcroît, la Convention d'Istanbul recommande une définition pénale basée sur le consentement libre et éclairé depuis 2011. La France, qui l'a ratifiée en 2014, n'a rien fait pendant plus de dix ans. La loi du 6 novembre 2025 a enfin corrigé ce vide juridique, introduisant un consentement libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable à la définition pénale du viol. Ladite définition permet de passer d'une présomption de consentement à un rapport sexuel jusqu'à preuve du contraire, à consentement explicite. Désormais, le mis en cause devra expliquer comment il s'est assuré du consentement explicite de la personne prétendant avoir subi des violences sexuelles. On peut espérer que cette réforme réduira le nombre de classements sans suite. Selon vous, après X années, il y aurait une difficulté à juger sans preuves matérielles. Mais contrairement à une idée très répandue, les affaires de violences sexuelles ne se résument pas à "c'est parole contre parole". Les enquêtes permettent de retrouver des éléments : messages, photos, recherches internet, témoignages, objets conservés, incohérences, aveux partiels etc. Si le législateur a allongé les délais de prescription, c'est aussi parce que des preuves peuvent être retrouvées des années après. S'agissant des dénonciations calomnieuses, les études montrent effectivement qu'elles sont marginales, autour de 2 ou 3 %. Et surtout, porter plainte pour viol est un parcours de la combattante. Cela implique de répéter les faits encore et encore, d'être mise en doute encore et encore, de subir des remarques sexistes à l'envi, de s'exposer à la vindicte populaire, de devoir se cacher. Pour porter plainte, dans ces conditions, il faut être mue par une force immense. Une force qui vient de la certitude d'avoir subi une violence injuste, mais aussi de la volonté profonde que cela ne se reproduise plus, qu'il n'y ait pas d'autres victimes de ce violeur. On ne fait pas cela par opportunisme. On le fait parce qu'on sait ce qu'on a vécu et parce qu'on refuse que d'autres y passent aussi. Je comprends votre volonté de nuance, mais plusieurs éléments de votre message sont d'une part sans nuance aucune et d'autre part reposent sur des idées qui ne correspondent ni à la réalité psychologique des victimes, ni à l'histoire du droit, ni aux connaissances actuelles sur les violences sexuelles. Vous écrivez que des mains baladeuses, des propositions insistantes ou des gestes imposés "ne laissent pas un traumatisme tel qu'on se tait pendant des décennies". Mais cela, c'est votre expérience personnelle, elle est respectable mais sûrement pas universelle, vous en convenez. Pour beaucoup de femmes, ces gestes et comportements ont été vécus comme des agressions, comme des violences sexuelles à part entières mais sans doute parce que ce sont des violences sexuelles à part entière. Certaines ont développé un syndrome post-traumatique, d'autres un mutisme traumatique ou encore ont enfoui les faits parce qu'elles n'avaient ni les mots, ni le cadre social, ni la sécurité psychologique pour en parler. Nous ne réagissons pas toutes de la même manière. En sus, ce n'est pas parce qu'une époque, ou du moins une frange de la population à cette époque, normalisait certaines pratiques, que ces pratiques n'étaient pas déjà des infractions. Il y a eu pendant des générations, des hommes qui collaient des femmes contre les murs pour les embrasser de force (et qui le font encore), qui les touchaient sans leur accord (et qui le font encore), qui imposaient leur corps (et qui le font encore). Ce n'était pas de la "drague lourde" non, c'était déjà du harcèlement sexuel ou des agressions sexuelles. Le fait que la société ne les nommait pas ainsi ne change rien à leur nature juridique : ce sont des infractions anciennes, simplement mieux définies aujourd'hui. Il ne s'agit pas vraiment de regarder des faits anciens à l'aune d'un droit nouveau. Plutôt pas. Vous évoquez ensuite un "afflux de plaintes" des décennies après les faits. La recherche en psychologie du trauma décrit depuis longtemps : la sidération, la honte, la peur de ne pas être crue (et d'autant lorsque le mis en cause est célèbre, il est aussi censé avoir plus d'opportunités), la peur des représailles, l'emprise, l'absence de mots etc. Tout cela retarde la révélation. Le législateur a d'ailleurs allongé les délais de prescription pour tenir compte de cette réalité, les études en victimologie venant enrichir le droit. Quant à l'idée que la solidarité consisterait à "hurler en choeur sans preuve", elle repose sur un malentendu : personne ne demande de condamner qui que ce soit sans preuve. D'aucuns demandent que les victimes puissent parler sans être immédiatement soupçonnées de mensonge, d'intérêt ou "d'hystérie" (un terme dont l'histoire est déjà tout un programme : mais quelle horreur !). C'est sans doute un voeu pieu. En réalité, on reproche aux victimes de ne pas parler tout de suite et pourtant ce prétendu mutisme c'est ce que notre propre comportement suscite. On exige d'elles un courage immédiat, alors que tout dans la manière dont on accueille leur parole, les pousse au silence. Ce n'est ni plus ni moins qu'une double peine.
  2. La galanterie est orientée, intéressée et codifiée. La politesse, quant à elle, vise le bien-être de toutes et de tous, sans distinction et sans attente
  3. Dans les prétoires, la présomption d'innocence doit être appliquée de manière rigoureuse. C'est une garantie essentielle du procès équitable. Mais dans l'espace public, elle ne peut fonctionner comme un instrument de police de l'opinion. Les citoyens ne sont pas tenus de la respecter scrupuleusement : ils peuvent avoir une opinion, en changer, se tromper, être injustes. C'est le prix de la liberté d'expression. L'abus de liberté d'expression peut se manifester aussi par des insultes, des menaces... de la haine en ligne et ça c'est effectivement réprimé par le droit. De surcroît, on ne changera pas les fans de Patrick Bruel qui affirment que les plaignantes sont des affabulatrices et qu'elles sont vénales. Pas plus que l'on ne peut empêcher d'autres personnes de penser, de dire, d'écrire que Bruel est coupable. Pas de présomption de crédibilité d'un côté et pas de présomption d'innocence de l'autre. Les citoyens n'ont pas une obligation juridique de neutralité. Le débat public est indispensable aux fins de faire évoluer les mentalités et il n'a jamais empêché la justice de faire son travail. A un moment, il faudrait peut-être aussi faire confiance aux magistrats. Faire comme si la justice pouvait être renversée par un tweet ou un article, c'est finalement la sous-estimer. Les magistrats sont aussi formés pour résister aux pressions, qu'elles viennent de l'opinion, des médias ou des politiques (les affaires Sarkozy et Le Pen l'ont montré de manière éclatante). En effet, dans les prétoires, elle ne doit pas être méconnue. L'article 83-1 du code de procédure pénale prévoit la cosaisine lorsque la gravité ou la complexité de l'affaire le justifie. Ici plusieurs éléments pourraient le justifier : la pluralité des victimes, la notoriété du mis en cause, l'existence d'une vingtaine de plaintes à prendre en compte, et le fait que certains faits se seraient produits hors du territoire national. L'originalité du juge d'instruction résulte de ce qu'il endosse un double rôle d'enquêteur et de juge. Ainsi, il peut ordonner des perquisitions, des expertises, des auditions... bref, tout ce qui est nécessaire à la manifestation de la vérité. La cosaisine ne signifie pas que les magistrats se partagent les victimes, mais qu'ils travaillent ensemble sur un même dossier massif. La cosaisine permet de garantir un traitement rigoureux et plus rapide. Ce n'est pas une mauvaise chose pour les parties. A croire que l'opinion publique est une entité homogène, dangereuse, presque sale. Nous avons tous un avis, vous la première. La présomption d'innocence, elle, ne se situe pas dans l'opinion publique mais dans les prétoires. C'est un principe juridique, pas un instrument de police des pensées. Même en flagrance, la présomption d'innocence demeure pour la justice. C'est une fiction juridique précisément conçue pour éviter que l'émotion ou la panique ne se substituent au droit. S'agissant de "lynchage médiatique", il ne faut pas tout confondre. La critique, l'indignation, les débats, les prises de position... tout cela relève de la liberté d'expression et de la liberté de la presse. Ce n'est pas un tribunal. Ce n'est pas une condamnation. Ce n'est pas une peine. Relativement à la non-assistance à personne en danger, c'est un délit d'omission très encadré, rarement caractérisé, supposant un danger actuel et imminent. On n'est plus dans un principe de précaution en l'espèce : des viols se sont déjà produits. L'omerta relève davantage de la morale sociale que du droit pénal. Pas nécessairement, il y a des alternatives telles que le contrôle judiciaire et l'assignation à résidence avec surveillance électronique. La détention provisoire ne peut être ordonnée que s'il est démontré, au regard d'éléments précis et circonstanciés, qu'elle constitue l'unique moyen de parvenir à l'un ou plusieurs des 7 objectifs énumérés par l'article 144 CPP (ex: empêcher une pression sur les témoins, les victimes ainsi que leur famille). Il y a une gradation à opérer entre ces 3 pouvoirs de contrainte, à savoir que la détention provisoire est bien évidemment le pire. Cela va bien au-delà du souhait : c'est un constat.
  4. La présomption de culpabilité envers les victimes est souvent le corollaire direct de la présomption d'innocence dès lors que cette dernière est invoquée de manière militante. C'est une réaction classique et profondément réactionnaire à la libération de la parole des victimes. Il suffit de lire ce fil ou divers réseaux sociaux s'agissant de violences sexuelles impliquant des célébrités pour en avoir un échantillon très clair. Cette suspicion à l'endroit des victimes n'est pas née ex nihilo, elle est le fruit d'une longue construction sociale. Dans l'Antiquité déjà, l'agresseur devait payer une indemnité non pas à la victime de violences sexuelles mais à son père ou à son maître : la femme n'était pas un sujet de droit, elle était un bien. Le Code civil dont Napoléon était si fier, était un monument de misogynie. Les femmes ne s'appartenaient pas. Les femmes, victimes, ont toujours été suspectes. On leur reprochait d'être au mauvais endroit (dès les droits dits primitifs), à la mauvaise heure, de ne pas avoir crié (dès l'Antiquité aussi), de ne pas avoir permis aux voisins de témoigner (Ancien Régime). Leur comportement était au centre du mode probatoire, comme si la crédibilité de la victime devait se déduire de sa conduite plutôt que des faits fautifs de l'agresseur. Cette suspicion à l'égard des victimes, on la retrouve aussi dans l'Encyclopédie de Diderot, le viol n'y étant reconnu que si la violence est extrême (un viol devant laisser des traces visibles à l'oeil nu) et la résistance de la victime "forte et persévérante jusqu'à la fin". C'est important, la victime doit, pour être reconnue en tant que telle à l'époque des Lumières, avoir lutté jusqu'au bout. Ces stéréotypes du viol demeurent profondément ancrés dans nos mentalités. Ce sont des vestiges mais non pas au sens de traces affaiblies, plutôt comme des survivances encore très actives d'un système ancien qui continue de structurer notre manière de jauger les victimes. Quand la présomption d'innocence est invoquée pour discréditer la parole des victimes, alors elle devient un simple outil pour faire durer ces préjugés. On n'en est pas sorti. En tant que femme, on se traîne encore tout le poids de cet héritage là. Cela vaut pour toute forme de violences sexuelles d'ailleurs : dans l'inconscient collectif on les cherche toujours un peu ces violences, tant qu'on y est on n'avait pas "qu'à être une femme" comme le disait justement Maître Halimi. Les victimes qui parlent dans la presse sont extrêmement courageuses : elles s'exposent à la vindicte, à la remise en cause de leur réputation, à des frais importants (la justice n'indemnise presque rien contrairement à la croyance populaire) et à une victimisation secondaire. La police et la justice, en ce qu'elles ne sont pas des entités désincarnées, sont elles aussi influencées par ces stéréotypes. La France a été condamnée à ce sujet de nombreuses fois et l'a encore été tout récemment. Les victimes endurent de nombreuses violences morales en sus des violences sexuelles qu'elles ont subi dans leurs chairs. C'est ajouter encore de la violence à la violence. Alors oui, la présomption d'innocence est un principe juridique essentiel, mais son invocation sélective et au mépris de libertés fondamentales, dans un contexte où les victimes de violences sont systématiquement suspectées, n'a rien d'un principe de sagesse. Cela devient dès lors un mécanisme social qui perpétue une histoire très ancienne de méfiance envers celles qui parlent. Vous vous inquiétez d'une société qui dériverait d'un extrême à l'autre, cependant les faits montrent exactement l'inverse. Les personnalités mises en cause pour des violences sexuelles bénéficient très largement de la sympathie du public. Leur carrière n'est pas détruite, leur réputation non plus. Depardieu tourne toujours (et lui a été condamné), le public d'Arbitan est resté fidèle. Ce n'est pas un hasard : les violences sexuelles sont encore perçues comme relevant de la sphère privée, à l'instar des violences conjugales que l'on qualifie encore trop souvent de "simples disputes de couple qui dégénèrent". Le viol n'a été reconnu comme crime qu'en 1980 et il est encore correctionnalisé malgré la création des cours criminelles. Les peines prononcées sont souvent considérées comme légères. Le viol demeure une sorte de parent pauvre du droit pénal. S'agissant de NousToutes, le mouvement a contribué à briser l'omerta qui pèse sur les victimes, à l'instar de #MeToo. Leur slogan "On te croit" n'est pas une naïveté : c'est une réponse directe aux stéréotypes qui frappent les victimes, aux mécanismes de disqualification qui les touchent, à la victimisation secondaire. Que voudriez-vous concrètement que ce mouvement fasse relativement à Epstein ? Que ces femmes dansent sur sa tombe ? Qu'elles manifestent devant les entrepôts de Topshop ? Le mouvement s'inscrit dans un mouvement global contre les violences faites aux femmes, pas dans des mises en scène symboliques. Vous évoquez le risque de dénonciations calomnieuses. Elles existent, bien sûr, mais elles sont statistiquement marginales. Les victimes qui parlent publiquement prennent tous les risques : réputationnels, professionnels, financiers. Les victimes se confient à leur entourage, on les exhorte souvent à se taire, par peur de voir leur réputation (et celle de la famille) entachée notamment, leur avenir professionnel compromis etc. Il est toujours question d'un équilibre entre deux libertés et un droit, fondamentaux, l'un ne prévalant pas sur les autres. Cet équilibre existe déjà et c'est très bien comme cela. Si Patrick Bruel estime être victime de diffamation, il est le seul à pouvoir agir en justice. Encore faut-il que l'intention de nuire soit constituée, ce qui est loin d'être automatique. C'est précisément parce que nous vivons dans une société démocratique que certains débats doivent pouvoir se tenir : ceux sur les violences sexuelles, ceux sur la liberté d'expression, ceux sur la présomption d'innocence, ceux sur la liberté de la presse. Bâillonner les victimes et exiger le silence de la presse au nom d'un principe mal compris, ce n'est pas défendre l'Etat de droit : c'est précisément l'affaiblir.
  5. La présomption d'innocence n'est pas un slogan de prudence : c'est une construction juridique très chargée d'histoire. Elle n'a pas été inventée pour empêcher la presse d'informer ou les victimes de parler, mais pour protéger les accusés contre les abus de l'Etat. On l'oublie souvent, mais elle est née pour éviter les tortures judiciaires, les aveux extorqués, les condamnations arbitraires. On peut citer l'affaire Jean Calas, commerçant protestant, accusé à tort du meurtre de son fils, catholique, et exécuté avant d'être réhabilité. Voltaire s'était emparé de cette affaire. L'équilibre entre ces 3 principes fondamentaux que sont la liberté d'expression, la liberté de la presse et la présomption d'innocence fonctionne plutôt bien : la presse peut informer, les citoyens peuvent débattre et la justice reste la seule à pouvoir condamner. Le vrai problème, c'est que la présomption d'innocence est souvent invoquée non pas pour encourager la prudence, mais pour faire taire les victimes et intimider la presse. C'est une instrumentalisation à des fins sociales, politiques et dont les effets sont très concrets sur la possibilité même de dénoncer des violences (souvent sexuelles). Ce n'est pas son rôle. Elle protège l'accusé dans le cadre du procès, mais pas dans l'espace social.
  6. Il s'agit, en effet, d'un déplacement de la compassion : elle va systématiquement vers le mis en cause et non la victime présumée. On ne s'inquiète pas des conséquences des violences sexuelles sur le psychisme et le corps des victimes. Les recherches en victimologie démontrent pourtant que les victimes de telles infractions font état de stress post-traumatique, d'adoption de comportements à risques et autodestructeurs jusqu'au suicide parfois. On peut légitimement s'interroger sur une société qui s'inquiète davantage les réputations que des victimes... La parole n'est pas confiné aux prétoires. Dans un Etat de droit, la présomption d'innocence coexiste avec d'autres droits et libertés fondamentaux, notamment la liberté d'expression et la liberté de la presse. Tous sont fondamentaux. Aucun n'est absolu. J'adore ce moment où quelqu'un dénonce le "tribunal médiatique"... juste après avoir dégainé quinze liens pour défendre le mis en cause. A ce stade là, on n'est plus spectateurs : on est tous jurés, greffiers et procureurs du grand tribunal du peuple ! Réclamer une nouvelle loi pour interdire toute médiatisation avant jugement, dans un pays déjà saturé de textes, c'est audacieux. Méconnaître la liberté de la presse au passage, encore plus. On frôle le totalitarisme... mais avec beaucoup d'assurance ! Le secret de l'instruction s'applique uniquement aux acteurs institutionnels de la procédure. Une victime peut tout à fait parler à la presse et la presse relayer ses propos. Pas besoin ! La présomption d'innocence, étant une présomption légale, est une présomption simple. Elle peut être renversée par le ministère public. La confondre avec un bâillon est une erreur : elle a été conçue aux fins d'éviter les tortures judiciaires, pas pour empêcher le débat public. On mélange volontairement débat public et procédure judiciaire. En tant que citoyen lambda nous ne sommes ni tenus au secret de l'instruction, ni juridiquement obligés de respecter la présomption d'innocence dans nos opinions. Par ailleurs on ne voit jamais les mêmes défenseurs s'enflammer pour la présomption d'innocence dès lors qu'il s'agit d'une affaire de vol ou de stups...d'autant si le mis en cause est "Mouloud".
  7. Beaucoup de décorum dans ce message. Vous opposez expressément des féministes entre elles : aucune déduction, aucun effort intellectuel à fournir. Les féministes ne luttent pas contre les hommes, elles n’ont jamais lutté contre les hommes. Elles luttent toujours pour leurs droits et libertés ainsi que le respect effectif de ceux-ci. Elles luttent contre des idéologies mortifères, les stéréotypes qui empêchent la société d’évoluer, le rapport de force entre les femmes et les hommes justement, et elles font tout ceci au côté de certains hommes. Elles luttent toujours pour que le consentement soit au cœur des relations entre les êtres humains. Fondamentalement, s’agissant de la drague de rue, on en est encore là : au respect du non-consentement.
  8. On peut tout fait être tout cela à la fois. Exilé fiscal aussi. On s’accordera pour dire a minima qu’il a un grain.
  9. Des tatouages sont aussi en cause. Ce n’est pas une tradition française que d’arborer de tels tatouages et de faire des saluts nazis, vous en conviendrez. Ce n’est pas non plus la première fois que des justiciables témoignent avoir vu des saluts nazis au sortir de ces banquets, en sus d’avoir entendu des propos et des insultes racistes. Il y a eu des pétitions et certains édiles ont refusé que de tels banquets se tiennent dans leur commune. La dernière en date a été insultée et menacée. Insultes et menaces constituant des abus de liberté d’expression, les internautes ayant commis de telles infractions devront également en répondre devant la justice. https://www.20minutes.fr/societe/4222333-20260506-banquets-canon-francais-maire-quimper-insultee-apres-refus-accueillir-evenement-controverse Saluts nazis, propos et insultes racistes… La presse relatait déjà ces faits. La véritable nouveauté, cette année, c’est qu’un journaliste a recueilli des preuves matérielles au cours du banquet de Caen, corroborant de nouveaux témoignages. Des commerçants et des passants témoignent des violences qu’ils ont subies. Le réflexe étant aujourd’hui de filmer, un certain nombre d’enregistrements circulent sur la toile et sont à votre disposition. Ce n’est pas seulement Stérin et son soutien financier qui donne sa couleur politique au Canon français. Les organisateurs desdits banquets disent condamner le racisme. On ne peut que constater qu’ils l’ont condamné très mollement jusqu’à présent, peut-être parce qu’ils savent, eux aussi, que le plus clair de leur clientèle est constituée de partisans d’extrême-droite. Le risque, avec une telle clientèle, c’est qu’elle est tout à fait incontrôlable, davantage encore lorsqu’elle est avinée… In vino veritas. Par ailleurs, des influenceurs d’extrême-droite tels que « le jarl » ont été invités en guest lors de tels banquets. On ne va pas se mentir, ces banquets ne sont pas apolitiques. Injures racistes, homophobes, intimidations, violences à l’égard des passants, exhibition etc. Cela va bien au-delà de « propos déplacés de quelques uns ». La plainte de l’élue LFI se trouve dans le lien qui suit, elle aussi insultée et menacée : https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/calvados/racisme-menaces-et-violences-apres-le-banquet-du-canon-francais-une-elue-de-caen-fait-un-signalement-aupres-du-procureur-3340130.html https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/calvados/racisme-menaces-et-violences-apres-le-banquet-du-canon-francais-une-elue-de-caen-fait-un-signalement-aupres-du-procureur-3340130.html Certains événements ont été interdits pour bien moins que cela.
  10. Par intermittence. L’avantage c’est que l’on n’est pas perdu. Ma réponse était précisément relative à ceci : « Et puis il y a féministes et féministes ... celles qui ce sont battues et se battent encore pour l'égalité des "droits" ... et celles aujourd'hui qui se battent contre les hommes et le masculinisme ! J'avoue d'ailleurs ne pas comprendre étant de la génération Halimi ! » (sic). Comparaison, « confrontation » etc. dont vous vous plaignez par ailleurs dans ce message. Personne ne se bat contre les hommes, sauf dans votre tête.
  11. Vous croyez cela… Votre discours, c’est un peu comme les élus du RN qui arrivent fraîchement à l’Assemblée nationale : en costume impeccable et promettant de ne pas dire un mot plus haut que l’autre. La forme est polissée, mais cela ne change rien à la nature des idées qu’ils portent. Le vernis est propre, le fond reste rance. Il y a une incohérence flagrante dans le fait d’invoquer un slogan associé à Mai 68 pour légitimer des banquets où l’on voit des saluts nazis, où l’on entend des propos et des insultes racistes, et en plus s’en servir comme arme contre LFI. Historiquement, politiquement et symboliquement, cela ne tient pas debout. Je n’ai pas de religion s’agissant de Mai 68, je le critique moi-même relativement aux violences et aux dérives sexuelles. En revanche, impossible de l’associer à du racisme, de prêt ou de loin. Des immigrés y ont d’ailleurs participé. C’est documenté… comme le reste. Par ailleurs, il y a un décalage entre ce que les organisateurs du Canon français affichent officiellement (une charte de bonne conduite interdisant les propos racistes et les comportements haineux notamment) et ce qu’ils tolèrent effectivement. Ils ne voient pas de saluts nazis, n’entendent pas d’insultes racistes… Présenter ces rassemblements comme apolitiques paraît difficile quand l’investisseur majoritaire est Stérin et que leurs clients revendiquent ouvertement des affinités politiques avec l’extrême-droite. Bien sûr que ces rassemblements sont problématiques et d’autant lorsqu’ils débordent dans l’espace public.
  12. Ce sujet, c’est devenu le marronnier du forum : il revient à date fixe, comme les articles « comment survivre à la canicule ? » Opposer les féministes des années 70 (présentées comme raisonnables, légitimes) aux féministes actuelles (taxées d’extrémistes) est une rhétorique classique. Or dans les années 70, les féministes étaient accusées d’être extrémistes, de détester les hommes, de vouloir détruire des familles, d’être hystériques, de faire du bruit pour rien etc. On les opposait constamment aux féministes de la première vague (mouvements suffragistes) pour mieux les dévaloriser. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » comme dirait l’autre. Gisèle Halimi demeure indéniablement une figure inspirante. Alliée du MLF (dont les réunions étaient non mixtes au passage), fondatrice de Choisir, avocate émérite s’agissant des droits des femmes notamment… extrêmement bienveillante envers les nouvelles vagues de féministes, consciente qu’il restait encore du chemin à parcourir aux fins que les droits obtenus deviennent des réalités vécues. Peut-être vouliez-vous davantage citer des personnes comme Elizabeth Badinter ou Catherine Deneuve ? Apologie des violences sexuelles, féminicides de masse et incitation aux féminicides, minimisation des violences faites aux femmes, normalisation des comportements masculins violents, déplacement de la responsabilité sur les victimes de viols etc : heureusement encore que des femmes combattent le masculinisme… mais pas que, des hommes aussi le combattent. Toute personne normale, éduquée le fait.
  13. Vous avez réussi à lire « banderoles racistes de Mai 68 » dans mon message… Il y a manifestement une carence quelque part dans la chaîne de traitement de l’information. Je rappelle que ce mouvement portait des valeurs opposées au racisme. Vous utilisez un slogan de Mai 68 pour défendre le Canon français. À un moment, il faut choisir : soit on parle des faits, soit on continue à bricoler des références historiques au hasard. Intéressant cette capacité à se poser en victime tout glissant des piques, en bricolant les propos d’autrui et en enveloppant le tout dans une politesse tellement sucrée qu’on en attraperait presque le diabète !
  14. Sans déconner, vous ne verriez pas une vache dans un couloir… ou un cochon sur une table !
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