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Loufiat

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Tout ce qui a été posté par Loufiat

  1. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    Et encore une fois, puisqu'on est en philo, où sont donc les puissances spirituelles dominantes maintenant et pour demain ? À l'église ? Vraiment ? Je ne dis pas ça pour toi spécialement. C'est un constat général et qui me laisse perplexe pour dire le moins. Le repli général vers une critique de la religion (ou du capitalisme) généralement boiteuse (on se fabrique soi-même un avatar idiot qu'on combat ensuite sans peine) mais quant à ce qui compte effectivement, quant à ce qui est en train d'arriver, ce qui se fait sous nos yeux et avec notre participation, alors c'est un silence prudent qu'on observe de toutes parts. J'ai un peu peur de regarder plus profond sur les raisons de cette prudence et pudeur. Car ce n'est pas qu'on manque d'analyses. Ce n'est pas que personne n'ait effectivement analysé ce qui arrive. Mais ceux-ci ont été comme écartés, silencieusement, sous des airs et des discours très-intelligents, alors que pour qui fait les comptes aujourd'hui, ils avaient effectivement appliqué toute leur intelligence avec une méthode implacable. Mais qui s'en soucie ? Mieux vaut dénoncer le capitalisme marchand du 19eme, disparu depuis un siècle à peu près, ou l'église, déclinante depuis environ 6 ou 7 siècles ??? Où est notre sagesse ? Où sont nos éclaireurs ?
  2. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    C'est un manque. Il n'y a pas une virgule à ajouter à Platon sur ce sujet : l'homme désire et cherche quand il manque de quelque-chose. L'ignore-t-il, n'en a-t-il pas pleinement conscience, ne change rien à l'affaire. Il est en proie à un manque, à une nostalgie quelconque qui le taraude et l'habite et le voilà en chemin vers il ne sait trop quoi alors même qu'il s'y engage. Personnellement et à titre d'exemple j'ai découvert la sexualité par les rêves. C'est quand même un peu étonnant non, de pouvoir rêver de tomber ou d'embrasser ou de faire l'amour et de réaliser a posteriori que le corps ou l'âme savent précisément de quoi il retourne. Comme s'ils l'avaient effectivement vécu (je précise que ce n'est pas ce dont je parlais quand je parlais d'expériences que je ne peux pas nier). Comment diable je savais ce que c'est que faire l'amour alors que ça n'était jamais arrivé ? Physiquement. Alors tu peux dire que c'est engrammé dans l'ADN par exemple, ça change quoi ? Tu utilises un discours alambiqué et peu lisible pour le commun pour dire une chose essentielle et qui concerne chacun : il y a davantage en vous-mêmes que ce que vous éprouvez au jour le jour. Ceci n'est qu'une surface. Il y a un "voyage" à entreprendre. Mais de toute façon l'homme comme la femme le sentent, ce besoin de voyage. Je suis simplement un peu attristé (à tort peut-être) qu'ils l'accomplissent uniquement extérieurement, en général. Lisez vos ancêtres. Pénétrez leurs façons de penser de la façon la plus innocente possible (dirais-tu l'inverse ??) ne vous retournez pas avant d'avoir suffisamment labouré ces champs. Alors peut-être vous pourrez en juger. Peut-etre. Le reste n'est qu'idéologie. "Je crois que les grecs ont inventé Zeus pour expliquer le tonnerre" mais vas donc faire un tour, non ? Tu sais toi à quel degré de maîtrise les anciens sont arrivés dans les domaines artisanaux que tu pratiques ; mais tu les prends pour des abrutis finis sur tout le reste ?
  3. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    Il y a de l'escroquerie dans la science. Des escrocs petits et grands (faut-il regarder de trop près les activités de l'industrie pharmaceutique pour s'en convaincre ?). Pour autant jetteras-tu la science aux orties ? Alors pourquoi ce rejet d'un bloc de traditions auxquelles par ailleurs tu ne cesses quasiment chaque jour de penser ou du moins d'y faire référence ? C'est tout de même étrange. J'écoute, perso, aussi bien des chimistes, physiciens, neurologues, archéologues, historiens, etc. Selon les périodes, parce que telle ou telle question se pose, parce que mes intérêts se déplacent. Je ne comprends pas tout (j'écoute des conférences de physique quantique destinées aux initiés : je capte 10% du contenu je crois, mais je m'accroche). Je n'en ressens pas pour autant le besoin de mélanger les genres. Sachant qu'il est très clair maintenant que la genèse, par exemple, ne raconte pas la création du monde physique dans lequel nous vivons. Mais scénon a passé son temps à vous le marteler sans fin et vous reprenez vos débats comme si de rien n'était, comme s'il n'avait pas donné suffisamment d'indications que vous jugez ces textes avec une mesure qui n'est pas la leur. Je comprends qu'il n'intervienne quasiment plus : autant parler à un mur. Tu dis un tas de choses qui à mon avis sont erronées. Qu'on "sache". On sait quoi exactement ? Qu'il y a un mécanisme de la reproduction ? Quelle trouvaille. Et il est où ce mécanisme ? (Je sais ce que tu vas dire !) Et si la vie produit dans sa grande mansuétude quantité d'êtres qui ne se reproduisent jamais, pourquoi devrais-je penser qu'elle favorise ceux qui se reproduisent ? Parce que, sinon je ne serais pas là pour en parler ? Mais d'abord je suis le sommet, moi, la raison pourquoi toute l'histoire a eu lieu ? Alors qu'est ce que ça explique exactement ? Peut-être la vie cherche-t-elle au contraire une pointe extreme d'intensité et la reproduction n'est que le moyen qu'elle se donne pour y parvenir - essais, erreurs, jusqu'à telle explosion isolée qui aura constitué une fin en soi ? Bref, s'agissant des fins de l'existence et en fait de l'existence tout court, je n'ai que faire de ce que la science peut m'en dire, ça m'est généralement inutile et très souvent c'est d'une platitude accablante, à se demander si les gens qui écrivent ces choses vivent en fait ou s'ils ont demandé à chatgpt ce que ça veut dire. Autant regarder une télé réalité : on me donne ce que j'attends. Je sais que tu as une opinion étayée et cohérente sur toutes ces choses (d'ailleurs souvent originale!), basée sur des éléments scientifiques et surtout (je crois) sur ton expérience de la vie. C'est la tienne. Moi je n'en ai pas, ou disons une autre. Et j'ai une curiosité infinie pour ce que d'autres que moi pensent. La pensée athée je la connais : je baigne dedans, elle m'est naturelle, c'est la mienne. Et je vois aussi ses lacunes béantes qu'elle est impuissante à combler - sauf nos petits chérubins du post-humain qui préparent le couplage à la machine avec tant de diligence. Nous y sommes. Peut-être, s'agissant de "nos enfants", il faudrait aborder ces sujets avec un peu de sérieux et de volonté, pour avoir quelque-chose de consistant à leur dire qui pourra leur rester plus d'un demi minute. Mais je trouve peu de certitudes et de sagesse quand un énième prophète du nouveau monde se présente. Il semble plus urgent de démolir ce qui est deja à terre. Quelles sont les idoles aujourd'hui ? Où sont les puissances spirituelles, qui comptent, qui vont faire demain et face auxquelles il faut agir ? L'église ?.. Où sont les sages ? Nos sages ? EN OUTRE, contrediras-tu qu'il est extrêmement confortable, pour un homme entre 40 et 80 ans disons, de penser que la vie ne veut que la reproduction, qu'il a ainsi fait ce qu'il avait à faire, la seule chose en fait qui ait du sens (l'amour, la reproduction, la transmission) et qu'il peut donc se regarder en face sans sourciller ? Du moment que cet individu est également consistant sur le plan moral et social : n'est-ce pas là un semblant de paix et de bonheur ici-bas jusqu'au moment fatidique ?
  4. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    Tout à fait, mais tout ceci me semble aller plutôt dans "mon" sens. (Je ne crois pas jouer les blasés ni noyer le poisson ?) Nous passons la vie à nous dire que la mort n'est rien et quand le moment arrive, il y a souvent des gémissements et des grincements de dents. Pourtant, certains s'en vont en paix (avec ou sans raison, je ne suis personne pour le savoir).
  5. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    La vie humaine, il me semble, dans ces traditions, est perçue comme le résultat d'un mélange, entre un germe venu "du ciel", venu d'une dimension "au-delà", et la matière, une matière informe mais qui prend sa forme et s'actualise sous l'impulsion de l'âme. Ensuite, on trouve pléthore de configurations, de conceptions, entre âme individuelle, esprit et esprit saint, essence divine etc., tout a été envisagé, et dans tous les cas, la question de ce qui demeure, en deçà ou au-delà de cette matière et de cet attachement à elle, est éminemment mystérieuse et ne peut pas concerner le corps tel quel, ni, je crois, l'ego et la personnalité, qui sont changeants et solidaires du corps et du monde. Toutes les traditions indiquent, il me semble, ce néant de l'ego, et montrent une voie, souvent présentée comme très étroite et ardue, du détachement et d'une retrouvaille de la personne avec son "principe", avec son "origine" ou sa "cause" "au-delà" ou "en-dedans" des remous à la surface de l'existence. Il y a une "profondeur" interieure qui, quand elle est atteinte et retrouvée, en tout (si c'est possible) ou partie, produit un changement aussi à l'extérieur. L'être "sonne" différemment dans le monde. Pour clarifier ma position, je ne sais personnellement "à quel saint me vouer" mais il y a des choses, des expériences, positives et negatives d'ailleurs, que je ne peux pas nier, vécues et qui font écho à ces enseignements sans que je comprenne bien comment et pourquoi.
  6. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    Eh bien, je pense que Jean reste Jean, même après son AVC. C'est à dire, déjà, que son corps ne se désagrège pas, il est animé ; y est encore à l'oeuvre cette force minimale pour le maintenir comme corps individuel et comme esprit, bien que l'esprit soit diminué, tout comme l'usage du corps. Mais le cœur bat. Quand on meurt, le corps se décompose très rapidement, c'est assez étonnant à constater. On rend son dernier souffle et aussitôt, ça commence : plus rien ne tient ensemble. En une semaine, un corps sans vie laissé sans soins, c'est davantage liquide que solide. Et ça se poursuit jusqu'aux os blancs, dernier stade où s'achève la décomposition. Quand les os ont blanchi, c'est le moment où bon nombre de peuples avaient la coutume de pratiquer une seconde inhumation, qui marquait à la fois la fin du périple du défunt vers l'autre monde, et la fin du deuil pour les vivants. Car la décomposition est un épisode trouble et plein de dangers pour les morts et pour les vivants. @Engardin, je te réponds ici pour abréger le HS là-bas, où tu me demandes si je crois à ces balivernes de la survie de l'âme, et où tu dis que cette croyance est le résultat d'une détresse psychologique. Sur l'immortalité de l'âme, et même sur la nature de l'âme, je parle sans savoir de toute évidence, et me contente d'essayer de comprendre certaines traditions, certaines positions qui ont été dominantes ou qui ont exercé en tout cas une grande influence notamment sur les pratiques rituelles. Je ne m'explique pas la persistence et la quasi unanimité des traditions, sinon des peuples, à ce sujet. Les explications psychologiques ne me satisfont d'ailleurs pas du tout, parce que ces traditions ne soulagent pas, ne facilitent pas la vie ; un yogi ou un chrétien ne se facilitent pas la vie en suivant l'enseignement de leurs maîtres - c'est exactement l'inverse, qui est vrai. Un authentique chrétien se trouve constamment en contradiction avec le monde et en lutte avec lui-même. Il se trouve dans une position impossible, tout sauf naturelle. Un yogi passe son temps à se torturer le corps, à se ligaturer les sens, pour se détacher du monde, là aussi de la pente naturelle. Et manifestement, au prix de ces grands efforts, ils y trouvent un grand bien - mais au prix de l'attachement aux tendances naturelles. En témoignent les divers sains dans les diverses traditions : des gens qui effectivement irradient une sagesse, une qualité differente. Au contraire je crois que l'explication psychologique s'applique davantage a l'athéisme contemporain : aujourd'hui, nous refusons même de considérer la possibilité de ces responsabilités, de ces efforts, de ces jugements, bref de tout cet alourdissement de la vie par la question de la mort et du "salut", parce qu'ainsi l'existence nous en semble plus simple, et nous pouvons suivre nos pentes naturelles sans trop de mauvaise conscience. Combien d'athées t'expliquent que la religion vise à soulager la peur de la mort, à réduire l'incertitude, etc., manifestant par là qu'ils n'ont jamais pénétré une tradition sincèrement, puisque c'est l'inverse qui est vrai : ces enseignements donnent à la mort une dimension encore supérieure et bien plus redoutable, et redoublent également les mystères et la responsabilité à l'intérieur de l'existence et à l'égard d'autrui. Au fond, n'est-il pas plus confortable de penser que la fin est la fin de tout, que tout est effacé et comme annulé ? L'anéantissement effraie l'enfant, mais l'homme et la femme adultes, surtout ceux qui ont beaucoup souffert, ils le regardent souvent avec une certaine envie et le reçoivent non sans un certain soulagement. Ma grand-mère n'était pas mécontente de partir, la paysanne du siècle dernier avait le sentiment qu'il était temps que ça s'arrête. Sa coupe était pleine et elle ne croyait pas en une vie après la mort.
  7. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    Que signifie que le réel soit continu ?
  8. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    Puis-je penser que le moment où je jette la pierre existe infiniment ? Il me semble que l'alternative est simple : ou bien cet instant a existé, a été, et alors c'est éternellement qu'il a été (il n'y a pas un moment qui fera qu'il n'aura pas existé), ou bien il n'a pas existé du tout, à aucun moment.
  9. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    @Scénon j'espère que vous me pardonnerez de vous convier à enrichir (et recadrer sans doute !) cette discussion si vous le souhaitez ; ce serait avec beaucoup de gratitude que je vous lirais sur ce sujet de l'âme. (Nous pouvons repartir de zéro, inutile de lire toutes les contributions qui partent dans tous les sens.)
  10. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    J'essaie de me souvenir de ce moment. Il partait de l'éternité, dans une discussion autre. L'éternité appréhendée comme : cette co-présence de tous les instants. Les instants se succèdent et semblent apparaître et disparaitre. Je jette une pierre dans l'eau. La pierre est engloutie et produit des remous. Les vaguelettes atteignent le rivage à mes pieds. Et enfin l'eau redevient parfaitement placide. Chaque instant semble avoir détruit l'autre. Si bien que je peux me demander si ce que je crois être arrivé, et qui n'est plus présent - à moi - que par le souvenir, a véritablement existé. Une fois l'eau placide, il n'y a qu'une façon de m'en assurer : la pierre gît-elle au fond du lac oui ou non ? Si la pierre gît bien au fond du lac, je dois conclure que tous les instants se tiennent, et cette co-présence de chaque instant, indépendamment du moment et du lieux relatifs, je ne vois pas autrement l'appeler qu'éternité, ou "présence", qui semble se présenter comme un collier de perles où chaque instant se tient, co-présent à et pour l'ensemble "de toute éternité". Une éternité qui est donc "complète" et "parfaite" au sens où rien qui existe ne peut lui manquer. Rien ne lui fait défaut. (Et ce indépendamment des distorsions du temps, car le temps peut s'étirer indéfiniment, ça ne change rien du point de vue de la présence elle-meme : elle enveloppe et pénètre la totalité et chaque instant tout ensemble). Autre question plus prosaïque, mon médecin de famille qui a subi un AVC et qui est désormais comme un enfant dont il faut s'occuper, lui qui prenait tant soin des autres, est-il oui ou non encore la même personne après cet accident cérébral ? Est-il encore "jean" ? Je crois devoir répondre que oui, parce que sinon, je dois considérer qu'il n'a jamais ete lui même, car il a constamment changé. Ainsi l'âme n'est ni le corps ni l'esprit car ceux-ci changent et passent, et il y a sous eux un principe qui les fait être et devenir, et je crois que c'est ce principe que nous désignons quand nous parlons de l'âme : ce qui anime, ce qui fait que le corps est, se constitue comme corps, "fait corps" et devient - son "principe homéostatique".
  11. Loufiat

    Qu'est-ce que l'âme ?

    Je pense que c'était ici, @Neopilina
  12. Bonjour Neo, bonjour @Scénon (ouf, je viens de terminer, ce matin, de lire l'intégralité de vos contributions sur ce forum, et je dois dire : merci, merci et bravo, vous êtes d'une constance et d'une consistance épatantes). Je n'ai pas souvenir d'une discussion entre nous sur le Noûs et sur l'immortalité de l'âme. Peut-être penses-tu à un échange que nous avons eu sur l'éternité ? Ou sur la nature de l'âme peut-être ? Je jetterai un œil. Quoi qu'il en soit votre débat me rappelle une discussion entre un rabbin et ses élèves, sur la question du devenir de l'ego après la mort, alors qu'ils discutent d'un texte de la Kabbala. La résurrection, l'immortalité concernent-elle la personnalité ? Ta position me semble assez naturellement découler de ta distinction entre sens et Sens : le Sens c'est la personnalité. Or la personnalité disparaît avec le corps. Ou bien me trompé-je ? Je pense que, du point de vue traditionnel, tu commets l'erreur de t'identifier au corps, qui est le lieu de la chute et de la dégradation de l'âme, quand la démarche inverse est partout indiquée : tant qu'il est temps, se rapprocher de, jusqu'à incarner ici-bas, ce qui en nous reste pur des souillures du corps. Dans cette démarche, ce que tu appelles le Sens, alors, n'est sans doute plus tout à fait le même, ou disons qu'il va subir une conversion, un abandon et une reprise. (Scénon sanctionnera s'il juge bon, car je m'avance un peu)
  13. Loufiat

    Vérité et Parole

    Il y a sous la parole, sollicitée par elle, une réalité plus fondamentale qu'elle désigne constamment sans pouvoir la dire, ou qu'elle tente d'articuler, et qui ressort de l'intuition, de l'être au sens le plus profond. Une parole pleine, est une parole qui parvient, par une voie mystérieuse, à toucher cette dimension où le tout de l'être est engagé, qu'il le sache d'ailleurs ou non, au moment où il reçoit cette parole. Car encore une fois la parole tombe, dans un endroit inconnu, qui la reçoit et en conçoit des choses, avec plus ou moins de délais. Chez l'enfant, cette disposition est si intensément présente, qu'il ne réalise pas lui-même, ou de façon très vague, ce que la parole lui fait.
  14. Le fait est que parmi les plagiés, il y a des membres de son jury. Ils ont bien du se rendre compte des emprunts et ne lui en ont pas tenu rigueur.
  15. Ça varie sans doute selon les disciplines. En l'occurrence, et je me prononce sans savoir, mais je ne serais pas étonné que Klein ait perdu des amis ou se soit fait des ennemis à l'université. Si tu trouves le texte qu'il a écris en réponse, ce serait bien de le partager. Je n'arrive à trouver que des extraits. Ils me rendent le personnage un peu plus sympathique, bizarrement. Autant je n'ai jamais aimé Klein et ces "révélations" ne m'étonnent pas, autant les journalistes qui ont passé toute son oeuvre au peigne fin pour dénoncer ces emprunts me font l'effet de parasites : profiter du renom pour faire un buzz.
  16. Je ne sais pas trop quoi en penser. Le plagiat est si commun, si répandu en réalité. Les chercheurs originaux sont très rares et se trouvent pillés sans vergogne par plus ambitieux qu'eux. En sciences humaines et en philosophie, c'est quasiment un système, il faut se placer soi-même et couper autrui à l'interface entre université, maisons d'éditions, médias et politiques. Et dans la foire d'empoigne tous les coups sont permis ou presque. Je ne sais plus si on en a déjà discuté ? mes recherches l'ont tristement illustré, quand je m'aperçois, notamment, que l'un des plus grands noms de la sociologie des années 80, avait tiré son appareil théorique des recherches d'un autre, qu'il a en même temps activement précipité dans l'oubli, tout en exigeant en privé de ses doctorants qu'ils étudient cet auteur, mais n'en parlent pas. Je ne sais pas comment cet eminent sociologue justifiait à lui-même son système. Bref. Tout ça pour dire qu'il n'y a pas grand étonnement à avoir, les plus ambitieux et visibles ont rarement les mains propres, à l'université comme, sans doute, ailleurs.
  17. Loufiat

    Philosophons

    Pour enrichir ces réflexions : Sur l'art grec - on observe en Grèce au contraire un détachement de la nature comme modèle. En statuaire par exemple, les grecs inventent le concept de symmetria, une proportion dynamique et interne à l'œuvre, et non plus calculée par référence à une moyenne statique prise sur les modèles naturels (comme c'est le cas en Egypte par exemple, où les canons sont tirés de l'observation des proportions naturelles). Da Vinci reprendra cette méthode dans l'Europe médiévale. Les grecs ont touché la domination et la puissance scientifique, et auraient pu connaître un développement technique semblable à celui qu'a connu l'Europe moderne. Mais il manque certains facteurs, en particulier économiques, et il faut compter sur leur horreur de l'hubris. Mais ils s'étaient détachés sur le plan des arts, de la pensée et de la politique de la "nature modèle sacré". Les romains en étaient également tout proches. Ils ont inventé les techniques d'organisation sociale (le droit romain) appliquées à des échelles inédites. En revanche tout est chez eux subordonné au critère de la stabilité sociale. On rejette les inventions susceptibles d'entraîner du chaos, par exemple en transformant les rapports des propriétaires aux esclaves et artisans. J. Ellul dans La Technique ou l'enjeu du siècle (1954) identifie 5 conditions qui, sans l'expliquer, étaient indispensables à l'apparition du phénomène technique, et tendent à se reproduire là où le phénomène se développe : - une longue maturation technique sans ruptures décisive pendant des siècles - l'atomisation sociale : les corps traditionnels sont en décomposition, notamment sous la pression d'un accroissement démographique (voir Pirenne pour ses études sur les villes médiévales et en particulier le développement du commerce quand les conditions de vie s'améliorent dans les campagnes : les enfants "en trop", sans destination sociale, partent sur les routes, font les foires, développent le commerce, constituent finalement un nouveau milieu économique) - l'affaiblissement des tabous (le christianisme a désacralisé la nature, qui devient exploitable, puis le christianisme lui-même s'affaiblit à partir du XIIIeme) - la plasticité des milieux économiques, capable de grosses prises de risques, investissements, etc. - l'apparition d'une intention technique claire (on retrouve Bacon) en particulier, en France, portée par l'Etat qui s'emploie très tôt à unifier les poids et les mesures, à rationaliser l'administration, la police, les voies de circulation et communication, etc. Toute la société semble s'entendre petit a petit sur la nécessité de porter la main sur la nature, de clarifier son chaos et de la mettre à son service. Cette lente révolution des mentalités et structures sociales précède et porte la révolution industrielle et les révolutions politiques.
  18. J'avoue accorder une importance toute relative à ces auteurs en particulier quant à la vision du monde qu'ils promeuvent à partir des données de leurs recherches. Quant à d'éventuelles velléités de régenter, je n'y crois pas. Les dangers se trouvent dans la conjonction de techniques et leurs effets émergents dans une réalité où personne ne conduit plus grand-chose. Nous sommes tous à la traîne des effets d'un système autonome - relativement, mais autonome quand-même. La plupart des scientifiques et des citoyens n'ont aucune conscience claire et aucune capacité d'anticipation sur ce qu'il adviendra réellement par exemple de la rencontre entre la chimie moléculaire, l'IA, les grands systèmes d'information, etc. Nous ne pouvons pas dire stop ni contrôler a priori. Nous sommes donc dans le flou le plus total bien que nous participions tous à ces avancées, bon grés mal gres.
  19. J'ignore qui est Stéphane Frappier ? Pourquoi est il important ? Qu'il s'agisse de scientifiques ou de philosophes, les uns et les autres posent les premisses qui permettent d'avancer leurs travaux. Si je conduis une recherche qui n'a rien à voir avec la philosophie et la morale, je n'ai pas à m'embarrasser d'un libre arbitre qui n'apporte rien. Et que certains développent une vision du monde revendiquant l'absence de libre arbitre, a de quoi nous en toucher une sans faire bouger l'autre, non ? Spinoza ne s'embrassait pas non plus d'un libre arbitre. Et sa philosophie est on ne peut plus conséquente, mis à part ce qui relevait de la physique-chimie de son époque.
  20. Qu'untel parie ceci ou cela n'a généralement aucune conséquence, ce sont des idées. Dans la vie réelle chacun s'éprouve et perçoit autrui comme l'opérateur de choix, de décisions. Les limites du libre arbitre s'éclairent à la lumière des neurosciences mais aussi de la biologie, de la psychologie, de la sociologie... Parce que le fait d'opérer des choix n'implique pas une liberté parfaite, au contraire. Mes choix sont conditionnés par des situations et des contraintes réelles. Et plus généralement par une histoire, une condition physique, sociologique... Le chat qui chasse hésite. Se cache parmi les herbes, avance, s'arrête, attend, feint l'indifférence.. je vois ses muscles frémir quand il se prépare à l'attaque, à l'affût du moment, et quand il bondit enfin et rate sa cible, je le vois constater son échec et s'éloigner penaud. Il y a eu "de la décision", son comportement témoigne d'hésitations, d'évaluations et de prises de risque. Mais il ne s'est pas éloigné du comportement prévisible du chat. Ce qui à mon avis rend l'avancée des neurosciences inquiétante, c'est d'une part ce mythe de la machine vivante que nous voyons de plus en plus prégnant dans les imaginaires et dans la réalité, d'autre part la progression des outils de prévision et de contrôle du comportement dans les environnements technicisés, et enfin la dépendance radicale dans laquelle nous sommes vis à vis du système technicien (J. Ellul), laquelle dépendance réduit drastiquement notre capacité collective à accepter ou refuser, à juger, à choisir "en conscience". Nous assistons quand-même à une destructuration systématique de "la personne" au sens traditionnel, au profit d'outils et d'organisations. Quant au centre du libre arbitre lui-même, nous trouvons l'interdit (encore une fois, je rabâche), parce que dire à un enfant "tu peux faire ceci, mais tu ne dois pas le faire", c'est l'introduire à un choix et à la possibilité de la faute. Le libre arbitre est un problème moral, à l'intérieur donc des relations humaines, et pas un problème de métaphysique. Dernières remarques (désolé c'est long), notre croyance dans la causalité nous expose aussi à des phénomènes de bouc-emissaires - il faut trouver un responsable, établir une culpabilité, quand aujourd'hui particulièrement, les responsabilités sont radicalement diluées. Ainsi nous vivons dans une illusion politique qui donne des phénomènes morbides. Agir et non-agir constituent un thème important de la philosophie asiatique. Chrisna, incarnation divine, n'explique-t-il pas à Arjuna, le guerrier en proie au dilemme, qu'il faut agir sans attachement aux conséquences ? Et que tout finit de toute façon dans la gueule gigantesque et terrifiante du créateur, par qui tout est rappelé et réduit à rien en définitive.
  21. Je ne suis pas certain de comprendre la question. Quels spiritualistes, de quelles doctrines, ont affirmé cela ? La notion centrale dans cette proposition me semble "bien ou mal" et non pas celle de décision. Il faut un critère pour juger d'un changement. La ciel était bleu il est maintenant gris. Il y a eu changement. Si je teinte la vie en bien ou mal et que ceux-ci sont relativement bien définis alors oui la vie n'est qu'une suite de choix vers le bien ou qui s'en éloignent. Mais c'est parce que je juge par ce prisme que je trouve des bifurcations. Mais bien malin qui sait ce qui eut été si tel jour j'avais choisi ceci plutôt que cela. Nous n'avons apparemment pas le loisir de recommencer un choix pour observer quels effets se produiraient si... La vie est ainsi une esquisse que nous reprenons et continuons sans cesse, sans aucun modèle - semble-t-il.
  22. Loufiat

    Vérité et Parole

    La parole ouvre sur l'âme et la vérité dans ce champ de l'oralité. L'âme est le sujet de la parole. Ce qui est sollicité par elle en définitive. La vue ouvre un espace peuplé de corps. Ce que je vois, se trouve au-delà de moi, c'est une extériorité que je saisis. C'est par un effort de concentration ou de conceptualisation que je peux ressaisir cette vision comme intérieure, mienne, ou artifice du cerveau. Et comprendre donc que mon "intérieur" est pour ainsi dire aussi vaste que ce ciel où s'ébattent les oiseaux. Mais enfin la vue se donne d'abord comme extériorité. Je m'oriente grâce à elle dans l'espace pour agir. Il en va autrement de ce que j'entends. Ce que j'entends m'est toujours aussitôt intérieur. Si je ferme les yeux pour écouter tomber la pluie, me voilà dans un monde très différent, aux frontières floues, faites de tonalités et de touches. Écouter tomber la pluie, c'est en quelque sorte être la pluie. C'est être en présence de la pluie dans cet espace propre, intime. Et c'est par un effort que j'évalue une distance, que j'attribue ce qui est entendu à son origine. La clef tourne dans la porte : quelqu'un entre, je tourne la tête mais ne vois pas. "C'est moi !", et je reconnais la voix familière. Quand je lis un roman, quand j'écoute une histoire ou une chanson, voilà qu'un monde se constitue et se déroule "en moi", "sous mes yeux". Où est ce paysan, dont on me raconte qu'au moment de passer le guet avec son âne, il rencontre la mort déguisée en un mendiant qui lui demande une pièce ? Le paysan, l'âne et le mendiant, où sont-ils en fait ? Qu'est ce qui les constitue ? Dans ma tête ? Ça me semble réducteur. En tout cas il se tiennent, vapeurs, dans cet espace propre que sollicite la parole, parce qu'elle emprunte le chemin de l'oralité. Disons donc : l'imaginaire. La parole sollicite une puissance créatrice, l'imaginaire, qui se constitue et s'organise en "représentations", en "significations", ect. La parole, par ses artifices ou fantasmes, crée une ouverture, ouvre un intérieur qu'elle met en mouvement et organise. Elle amène ainsi l'enfant à se structurer peu à peu comme personne, intériorité, en présence d'autres personnes, suivant donc certaines logiques, suivant une certaine grammaire véhiculée par la parole, des relations qu'elle codifie. Pere, mère, oncle, amis ennemis etc. En visant un sujet auquel elle s'adresse, en suscitant ses réponses, la parole initie la création de l'individu, d'une entité d'abord imaginaire, comprise comme "moi" : sujet de paroles, centre de décision, responsable devant les autres et des institutions, etc. Que l'on pense au nom. Être nommé. Il y a quelque chose de très mystérieux là-dedans. Comment à partir du nom se developpe un monde propre référent à d'autres mondes et noms propres. "Je" suis "moi", notamment parce que j'ai un nom. Un nom auquel je suis référé, qui me situe dans le monde, mais dans un monde irrigué par l'imaginaire et la parole, par des significations "imaginaires-sociales" dirait Castoriadis. Si je fouille l'identité, je vois que je n'ai affaire qu'à des artifices de la parole, des fantasmes ("phantasma", au sens radical). Utiles et essentiels peut-être à certains points de vus, mais artifices tout de même. L'âme alors est ce à quoi l'identité fait référence, comme le nom de la ville fait référence à la ville elle-même. Le nom permet aux uns et aux autres de s'y référer, mais la ville est autre chose que son nom, une réalité vivante, une production active et mouvante. La parole forme l'identité en sollicitant l'imaginaire et en même temps que l'enfant se saisit intérieurement de l'identité et de l'imaginaire, il s'eprouve au-delà, comme réalité "en soi" signifiée par toutes ces choses. Âme, c'est-à-dire ce mouvement de l'être qui se fait être à travers lui et à travers les autres, le monde. La ville derrière le nom. Je crois, ou j'avance l'hypothèse hasardeuse que la notion d'âme devient désuète à mesure que la parole a moins d'empire sur nos vies. L'âme est une notion, une réalité qui appartient au règne de la parole et de l'oralité. "La parole humiliée" (Ellul) ne suscite plus avec une telle évidence le sentiment de l'âme. La notion de vérité subit la même dégradation. La vue me met en rapport à la réalité. La parole, à la vérité. La vérité est ravalée, comprise comme : conformité à la réalité, à ce qui est vu, visible.
  23. Tu veux dire qu'en France comme en Russie comme en Iran le pouvoir politique décide unilatéralement de couper le réseau à tout ou partie de la population ? J'ai du mal à comprendre ta mise en comparaison si tu peux m'expliquer
  24. Loufiat

    La météo - partie 2

    Fouillez l'élément eau. N'est-il pas surprenant ? Son jeu avec la lumière : regardez le fleuve s'écouler sous le ciel qu'il reflète. Les jeux sonores. Les sensation. La liquidité, cette unité indéfinissable, mouvante et pourtant eprouvée. L'eau reflet. Insondable, angoissante. L'eau qui rafraîchit, désaltère, rempli la terre. La végétation gonflée d'eau, exhuberante. Les sol spongieux, saturés, soudain moins solides, moins certains. L'eau s'infiltre. Coule. Emplit tous les espaces. Mais va a la mer. Cette vaste étendue qui évoque depuis toujours mille choses aux hommes. La conquête. La terreur des profondeurs. Des mondes insoupçonnés.. J'ajoute l'eau médiane. Entre ciel et terre. Glace et vapeur. Élément transformateur. Dynamique. Élément de vie. L'eau qui grouille d'un monde insoupçonné, infini. Depuis la mare jusqu'à la mer. L'eau qui ne supporte pas mais nourrit. Toujours entre deux. Intérieur et extérieur. Leau qui emporte et purifie, nettoie.
  25. Loufiat

    La météo - partie 1

    La pluie signifie dans un monde urbain ou urbanisé une moindre quantité d'actions possibles. Il faut rester à l'intérieur ou essuyer ses affres. Il faut s'en protéger, se prémunir de ses effets en particulier si le froid attaque. C'est une diminution immédiate de notre capacité d'agir. Mais aussi le renvoie à des activités d'intérieur plus "touffues", pas nécessairement moins intéressantes. On sait abstraitement qu'elle est absolument nécessaire et desirable mais en fait elle nous affecte négativement. En même temps elle renvoie au foyer, plus ou moins chaleureux. De même que le froid nous renvoie à la couette, parce qu'on aspire à se blottir dans un cocon de chaleur. Voilà la nostalgie. La mélancolie. Sans compter que la pluie se joue de nous sur le mode musical. On entend tomber la pluie et on la sent. On la voit mais la pluie est réelle quand on l'entend et on la sent. C'est là qu'elle s'exerce. Et ces deux modes nous rappellent à des façons d'être et de percevoir quelque peu négligés, parce que la vue domine si nettement dans nos vies. Pas étonnant que le sanctuaire du cinéma soit à Los Angeles où il ne pleut à peu près jamais : la pluie interpelle quelque chose en nous de plus ancien et qui nous parle encore. Dans une culture plus paysanne la pluie au bon moment signifie une bonne récolte, des revenus assurés, des perspectives d'action et d'avenir. Elle peut aussi signifier la destruction des récoltes et une perte plus ou moins grave. Elle signifie aussi des champignons, des crues, ce genre de choses qui peuvent tout à fait nous enthousiasmer. Il reste tout de même l'écho de la pluie aux larmes : la nature ou la ville dégoulinante. La pluie n'est pas sans effets en tout cas
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