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Gouderien

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Tout ce qui a été posté par Gouderien

  1. Comme je l'ai dit plusieurs fois sur ce forum, ça prouve juste que tu as une bonne mémoire. (Et la "Chevauchée des Walkyries", même par Karajan, n'est pas ce que Wagner a écrit de mieux.) La faute à qui?
  2. Comme il ne faut jamais perdre une occasion d'étaler sa culture, je vais quand même répondre sur un point, à propos du général Giulio Douhet. Je suppose que beaucoup de forumeurs, surtout parmi les plus jeunes et les gens peu familiers de la chose militaire, n'ont jamais entendu ce nom. Hop, un petit coup de Wikipédia : Giulio Douhet — Wikipédia (wikipedia.org) L'importance des théories de Douhet a été immense au XXe siècle, et elle dure encore aujourd'hui - d'une certaine manière, la dissuasion nucléaire, c'est du Douhet. C'était un précurseur de l'aviation de bombardement, dont les théories peuvent être résumées ainsi : 1) Les bombardiers passeront toujours; 2) L'aviation peut, a elle-seule, gagner une guerre, notamment en bombardant les populations civiles et les centres vitaux de l'ennemi. Si la première proposition s'est révélée partiellement exacte - les bombardiers sont presque toujours passés, mais souvent au prix de très lourdes pertes -, par contre la seconde est apparue comme largement fausse, ou du moins très exagérée. Les bombardements de terreur ont coûté la vie à des centaines de milliers de civils - et aussi à des milliers de pilotes - et pourtant, il a presque toujours fallu que les forces terrestres terminent le travail, en se ruant au coeur des positions ennemies. Une seule guerre, jusqu'à présent, a été totalement gagnée par l'aviation : celle du Kosovo, dans les années 90. Il est vrai qu'il s'agit d'un conflit assez spécial, les forces de l'OTAN étant très supérieures à l'armée serbe. Tous les pays n'ont pas été perméables dans la même mesure aux théories de Douhet. Quatre pays les ont appliquées : les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie. L'URSS a surtout développé son aviation tactique, accordant une importance secondaire à l'aviation stratégique. Pour ce qui concerne la France, les choses sont simples : elle ne possédait pas le moindre bombardier moderne en 1939. Quant au Japon, il a surtout développé l'aéronavale et l'aviation tactique. Le premier conflit au cours duquel les théories de Douhet ont été testées est la guerre d'Espagne. Les Allemands y ont envoyé la légion "Condor", et ont expérimenté toutes les tactiques qui allaient être utilisées au cours de la guerre mondiale à venir, notamment le bombardement en piqué et les raids de terreur. Bizarrement, Göring et la Luftwaffe se sont pourtant contentés de bombardiers moyens; ce n'est que tardivement dans la guerre que des bombardiers lourds ont été construits, et encore en petit nombre. Si l'aviation française était totalement dépassée, par contre les Britanniques ont commencé à renforcer la RAF et, eux, ont décidé de produire des bombardiers lourds. Mais le pays le plus fan de Douhet était, sans hésitation, les États-Unis. Ce sont les théories de Douhet qui ont incité à construire le fameux B-17 "Forteresse volante" puis le B-29 "Superforteresse". Les écrits de Douhet avaient tout pour séduire les Américains, à la recherche d'une façon de gagner la guerre rapidement et le plus efficacement possible. En septembre 1939, quand éclata la Seconde Guerre mondiale, la Luftwaffe se déchaîna sur la Pologne. A l'ouest, on s'attendait à des bombardements de terreur - car les théories de Douhet, reprises par les journaux, avaient largement circulé dans le public - voire à l'utilisation des gaz. Rien de tout cela ne se passa. Mais, le 10 mai 1940, les Allemands attaquèrent à l'Ouest. S'il y eut quelques bombardements de terreur, comme à Rotterdam, la Luftwaffe consacra l'essentiel de son effort au soutien des troupes au sol. Après la défaite de la France, Hitler se retrouva face à l'Angleterre, désormais seule. Göring, grand lecteur de Douhet, lui assura que sa Luftwaffe avait les moyens de mettre les Anglais à genoux, et Hitler le crut. En fait, les Anglais eux-mêmes n'étaient pas très rassurés : jamais aucun pays n'avait subi ce qui allait leur tomber dessus, une offensive aérienne de grand style. Ce que l'on a appelé la bataille d'Angleterre fut de bout en bout, pour les Allemands, une erreur stratégique de première importance. Hitler n'osait pas tenter le débarquement en Angleterre, car sa marine ne faisait pas le poids face à la Royal Navy, et pourtant une tentative de passage en force - comme pour une grande rivière - aurait peut-être pu réussir, si elle avait été appuyée par l'ensemble de l'aviation allemande, au lieu de gâcher celle-ci au cours de raids où la RAF disposait de tous les atouts : radar, proximité des terrains, possibilité de récupérer les pilotes abattus, sans oublier un excellent chasseur, le "Spitfire". En septembre 1940 commencèrent des raids de terreur, à la fois sur l'Angleterre et sur l'Allemagne. Les premiers furent assez modestes, mais celui de Coventry frappa les esprits. Ceux du 29 décembre 1940 et du 11 mai 1941 sur Londres furent dévastateurs - mais, à l'époque, Hitler avait déjà renoncé à vaincre les Anglais, et se préparait à attaquer l'URSS. Ce qui est très curieux, c'est que les Anglais ne comprirent pas du tout les raisons de leur victoire, et pensèrent simplement que les Allemands ne possédaient pas d'assez gros bombardiers. La RAF, elle, en avait, et au cours des années suivantes, elle allait donc s'acharner sur les villes allemandes, à la recherche du "gros raid", du raid le plus destructeur, qui mettrait fin à la guerre en une seule nuit. Inutile de dire qu'elle ne s'est jamais approchée de cet objectif, même quand les raids sur Hambourg - juillet-août 1943 - et sur Dresde - février 1945 - tuèrent des dizaines de milliers de civils allemands et firent des centaines de milliers de sans-abris. Cela sans parler du sort des pilotes britanniques (et plus tard américains) : faire partie de l'équipage d'un quadrimoteur allié au-dessus de l'Allemagne était plus dangereux que servir dans l'infanterie! Comme cela s'était déjà produit en Angleterre, l'effet sur la population civile fut exactement le contraire de ce qu'imaginaient Douhet et ses supporters, liant plus étroitement les populations frappées à leur gouvernement et augmentant leur détermination à faire la guerre. La "religion du bombardement" poussa parfois les belligérants à commettre d'incroyables erreurs, comme quand les Allemands réduisirent Stalingrad à l'état de ruines en septembre 1942 - alors qu'une ville en ruines est bien plus facile à défendre qu'une ville intacte. Les Alliés répétèrent cette erreur en Normandie en juin 1944. Le bilan des raids de terreur, auxquels était fanatiquement attaché un personnage comme le maréchal de l'Air "Bomber" Harris, soutenu par Churchill, est encore discuté aujourd'hui, mais dans l'ensemble il se révéla très décevant. Jamais, à aucun moment, il ne rapprocha l'Allemagne de la capitulation. Les raids sur les transports, les communications, les infrastructures, les industries, les installations pétrolières, furent bien plus efficaces. Au printemps 1944, le général Eisenhower dut se fâcher contre les "rois du bombardement" pour obtenir enfin le soutien aérien dont il avait besoin pour le débarquement de Normandie. Dans le Pacifique, la campagne aérienne commença vers la fin de 1944, quand les Américains capturèrent des îles assez proches du Japon pour faire décoller de là leurs fameux B-29, des appareils énormes, bien protégés et puissamment armés, qui incarnaient le rêve de Douhet. Les maisons japonaises, souvent en bois, brûlaient facilement, et les effets des raids américains sur les villes japonaises furent dévastateurs. Le 10 mars 1945, le bombardement sur Tokyo, le plus meurtrier de la guerre, tua plus de 100.000 personnes. Comme le Japon ne se décidait pas à capituler, on employa l'arme atomique sur Hiroshima et Nagasaki, avec les résultats que l'on sait. Peu après, le gouvernement japonais se résigna enfin à faire la paix, mais on discute encore aujourd'hui pour savoir si ce sont les bombardements atomiques ou la peur des Soviétiques - récemment entrés en guerre - qui poussèrent les Japonais à capituler. La guerre du Vietnam est sans doute l'exemple le plus frappant de l'échec des théories de Douhet. Les Américains lâchèrent sur ce malheureux pays bien plus de bombes qu'ils n'en avaient déversées sur l'ensemble des nations de l'Axe au cours de la Seconde Guerre mondiale, et cela en vain. Cela n'empêche pas les Américains d'être toujours fanatiquement attachés à leur aviation, et d'être persuadés qu'elle peut "faire le job". Une curiosité : la guerre en Ukraine, où l'aviation est assez peu utilisée des deux côtés. Par contre on use et abuse des drones, une arme nouvelle, et les Russes, contrairement à ce qu'ils avaient fait au cours de la "Grande Guerre patriotique", lancent des raids de terreur avec des missiles ou de l'artillerie. Ces bombardements évoquent plus l'action des V1 et V2 allemands que les raids de grande envergure de l'aviation alliée, et leur principal résultat, comme on peut s'en douter, est de favoriser la haine antirusse et de booster la volonté de combattre des Ukrainiens. (Désolé pour ce long HS.)
  3. T'as trouvé ça tout seul? Quel esprit brillant! On fera quelque chose de toi, si les petits cochons ne te mangent pas. Pour le reste, tes commentaires sont sans intérêt. Et en plus hors-sujet, gniark gniark.
  4. Si Churchill n'avait pas été là, l'Angleterre aurait peut-être bien fait la paix avec Hitler. Le cas de Rudolf Hess fait partie des énigmes non résolues de la 2e Guerre mondiale. Pour le "Haltbefehl", faire preuve de bonne volonté à l'égard de l'Empire britannique est l'une des hypothèses avancées. Hitler a commis des erreurs, mais certaines sont assez compréhensibles. Par exemple, quand il a écouté Göring, qui se faisait fort de faire plier l'Angleterre par le moyen des bombardements aériens. A l'époque, tout le monde - Anglais compris - croyait aux théories du général Douhet à propos de la terreur aérienne, comme quoi l'aviation était capable de gagner une guerre à elle-seule. C'est au nom de cette même théorie fumeuse que la RAF, aidée des Américains, a rasé la moitié de l'Allemagne et tué des centaines de milliers de civils...
  5. Hitler était prêt à faire la paix... à ses conditions. Par exemple quand, en octobre 1939, il propose la paix à la France et à la Grande-Bretagne, je pense qu'il était sincère. Il venait de vaincre la Pologne, il ne voyait pas l'intérêt de continuer la guerre, du moins dans l'immédiat. Mais les fauteurs de guerre trouvent toujours de bons prétextes pour s'en prendre à un nouvel ennemi.
  6. On ne peut pas dire qu'il ne connaissait rien. Mais il n'était pas le génie militaire qu'il pensait être. Il a eu quelques intuitions justes - par exemple quand il a ordonné "plus un pas en arrière" lors de la crise de l'hiver 1941-42 en Russie, ce qui a sans doute sauvé l'armée allemande - mais ensuite il a cru que c'était la solution à tout. De toute façon, après l'échec de Koursk en 1943, la seule chose à faire c'était la paix. Mais bon, malgré ses - gros - défauts, Hitler était incomparablement plus compétent dans le domaine militaire que Poutine. Y a pas photo. On peut comparer ces deux hommes sur le caractère dictatorial de leur régime, et sur leur folie, mais pas du tout au niveau militaire. Aucune armée du monde ne voudrait du soldat Poutine, même pour balayer la cour de la caserne. Qu'un nul pareil soit à la tête d'un grand pays disposant d'un tel arsenal de destruction est vertigineux. Je suis en train de lire "Feu et Sang" de J.R.R. Martin, l'histoire des rois targaryens - c'est le prélude au "Trône de Fer" - et c'est vrai que Poutine fait un peu penser à certains de ces rois, qui sont complètement cinglés et assoiffés de sang, et qui possèdent des dragons!
  7. Staline était un meilleur stratège que Hitler, et surtout il avait des nerfs d'acier. Sa grande spécialité était de créer des réserves, permettant ensuite de contre-attaquer en force. Il traitait un peu mieux ses généraux que Hitler, et surtout il savait les écouter quand il le fallait. Néanmoins Joukov - qui n'était pas n'importe qui - a toujours eu peur de lui. Espérons. Et que ce soit du positif. Si Prigojine est aussi déterminé qu'il semble l'être, un de ces jours il va marcher sur Moscou. Qui s'opposera à lui?
  8. On ne peut pas comparer les généraux de Hitler et les conseillers de Poutine, totalement incompétents et pourris de corruption. Attention, je ne veux pas dire que les généraux de Hitler n'avaient pas leurs défauts, bien entendu. Mais au moins ils connaissaient leur métier. J'ajoute que Hitler n'écoutait pas beaucoup les conseils de ses généraux...
  9. Prigojine se fâche contre Poutine : Guerre en Ukraine : Le patron de Wagner tire à boulets rouges sur Poutine (msn.com) Soyons précis : une belle parade de UN blindé, un T-34 rescapé de la Seconde Guerre mondiale. Au moins ça ne leur aura pas coûté trop cher en carburant! C'est un fou, ça fait un moment que je le dis.
  10. Ils ne seraient pas un peu méchants, ces gens de LFI?
  11. Oh mon Dieu, un retour aux années 30, quelle horreur! Tu trouves que les années 2020 ne sont pas assez angoissantes comme ça?
  12. J'ai horreur de Sarkozy.
  13. Ces gens me paraissent plutôt moins dangereux que les excités d'extrême gauche* et autres blackblocks qui ont blessé des centaines de policiers le 1er mai. * Qu'ils disent, mais on peut aussi appeler ça la pègre ou la racaille.
  14. Je te laisse la responsabilité de tes interprétations fantaisistes.
  15. Je suis de droite au niveau sociétal et de gauche au niveau économique. Exactement le contraire d'un François Hollande.
  16. Et alors? C'est pas déshonorant d'être de droite. J'ai horreur des gens qui veulent vous embrigader de force dans un camp ou un autre.
  17. La paix des cimetières? C'est celle que préfère Poutine.
  18. Si tu n'as pas encore compris ce qu'est Trump, alors c'est incurable! Et ce n'est pas de la haine, juste une constatation. Trump, Orban, Poutine... La grande fraternité fasciste. Tout à fait.
  19. Si ma tante en avait, ça serait mon oncle. Si Trump arrivait au pouvoir (que Dieu, Marx ou le grand architecte de l'univers nous en préserve!), il laisserait tomber l'Ukraine comme une vieille chaussette, alors bien sûr que la guerre s'arrêterait... et que les Russes pourraient se consacrer tranquillement à l'extermination du peuple ukrainien.
  20. Gouderien

    Le défi lecture 2023

    En littérature comme dans quelques autres arts, comme chacun sait, la forme c'est le fond. Le plus souvent, une forme chaotique exprime juste... une pensée chaotique. Alors franchement, ce que tu dis de ce bouquin (que je ne connais pas) ne me donne pas envie de le lire.
  21. Gouderien

    Le défi lecture 2023

    Dans la série "Les enquêtes d'Agatha Raisin" : "L'Enfer de l'Amour", de M.C. Beaton. A la fin du précédent bouquin, on apprenait, avec une certaine surprise, qu'Agatha avait enfin épousé le beau James Lacey. Le récit de ce mariage était expédié en quelques lignes tout à la fin du livre, ce que j'avais trouvé assez bizarre. Effectivement, au début du 11e tome, on apprend que le mariage d'Agatha est un pur désastre. Déjà, son mari a "oublié" de lui dire qu'il était gravement malade. Ils passent leur temps à se disputer. Et en plus il la trompe avec une certaine Melissa Sheppard. Un jour, James Lacey disparaît, laissant derrière lui une maison dévastée et des traces de sang. Peu de temps après, Melissa Sheppard est assassinée, et James est soupçonné - Agatha aussi d'ailleurs, ce qui va lui fournir un bon prétexte pour enquêter. Avouons-le, ce n'est pas le roman le plus captivant de la série. J'avais noté en parlant du précédent, que les parties de cache-cache entre Agatha et James finissaient par être lassantes. En fait, on a l'impression qu'après avoir créé le personnage de James Lacey dans un des premiers volumes de la série - colonel en retraite et célibataire séduisant, en plus voisin d'Agatha - l'auteur ne savait plus quoi en faire. De là ces "parties de cache-cache" interminables, qui trouvent leur point culminant dans ce livre. Je crois qu'on n'entendra plus parler de James Lacey. M.C. Beaton a trouvé une solution aussi originale qu'inattendue pour le faire sortir de ses histoires, je laisse le soin aux futurs lecteurs de découvrir laquelle. Par contre Agatha s'entend toujours très avec sir Charles Fraith, qui l'accompagne dans ses enquêtes.
  22. Je ne connais pas votre niveau d'anglais. Méfiance, James Rollins a un côté un peu "Jules Verne", et il n'hésite pas à employer des mots techniques. Et le sujet est lui-même technique.
  23. Ce que vous voulez. Simplement, des tarés comme Poutine, on n'en rencontre pas à tous les coins de rue (heureusement). Alors pas la peine de faire des comparaisons inutiles. Et je rappelle que notre éleveuse de chats est très loin d'être la seule personnalité politique française a avoir visité cordialement le cinglé du Kremlin; en fait, à peu près tout le monde y est passé.
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