Aller au contenu

Jedino

Membre
  • Compteur de contenus

    48 064
  • Inscription

  • Dernière visite

Tout ce qui a été posté par Jedino

  1. Quelques mois, c'est bien assez pour permettre une venue soviétique, et c'est bien des soldats morts. Or, on cherche en général, quand on a un commandement plus ou moins "normal", d'économiser ses hommes. En revanche, celui des autres, et c'est triste à dire, nous indiffère pas mal. Je ne pense pas que la fin justifie les moyens. La guerre, ce n'est pas mon truc. Mais je ne suis pas là pour faire de la philosophie : je n'ai pas à penser si c'est bien ou mal, si c'est ce qu'il faut faire ou non. Je suis là pour expliquer ce qui s'est fait et pourquoi ça a été fait. Depuis, on a pas eu besoin de moi pour et rendre plus performante ces armes, qui apparaissent aujourd'hui comme des jouets, et pour en faire des nouvelles plus marrantes encore. Arrêtez donc de penser que ce que je défends comme position historique est une position personnelle, une opinion que je partagerais, faisant de moi un horrible cynique militariste. Je ne pense nullement qu'une bombe atomique est nécessaire. En revanche, eux, l'ont estimé. Et c'est ça qui m'intéresse. Je ne vois même pas ce que je fous dans l'histoire, avec un petit "h", cette fois. Oh que non.
  2. En Histoire, il serait bon d'oublier que nos petites sensibleries ne changeront rien au fait. Je ne justifie pas et n'approuve pas davantage l'utilisation de pareilles armes. En revanche, je ne me montre pas naïf : j'ai conscience et du fait que les Américains sont des pragmatiques, ce qui parfois tend au cynisme pris à notre époque, et j'ai conscience que la rivalité URSS-USA n'est pas née en 1947, tout comme la Première Guerre n'est pas le fait d'un mec qui, un beau jour, se fait descendre et fait mettre l'Europe à feu et à sang. Les choses sont un peu plus complexes que cela. Et les Américains aimant être les premiers, quelqu'un qui fait concurrence, ça déplait assez. Staline n'était pas un amoureux non plus des Américains. Par contre, chacun des deux camps savait qu'ils avaient besoin de l'autre pour virer Hitler, en particulier. Une fois l'ennemi commun tombé, c'est fini l'apparente idylle. L'Histoire n'est pas faite de jolies fleurs et de bons sentiments, surtout pas celle du siècle dernier.
  3. Je ne suis pas forcément d'accord sur tout, mais sur ce point, et malgré les avis divergents, tu as raison : les Américains ne sont et n'ont jamais été des idiots. Au contraire, ils ont toujours cherché à voir plus loin que le lendemain. Et le lendemain, ce n'était plus à ce moment-là ni l'Allemagne ni le Japon pour eux, mais bien l'URSS. Il suffit de songer à la conférence de Potsdam qui est largement décrite comme le signe visible d'un réel déclin dans l'entente entre les vainqueurs/futurs vainqueurs de la guerre. Les Américains n'étaient pas dupes et savaient très bien que Staline n'était pas un enfant de coeur. En revanche, ils savent avec qui il faut s'allier quand il faut s'allier. Non seulement les bombes ont permis un intérêt direct, à savoir économiser leurs hommes, ce qu'ils ont toujours cherché à faire, mais en plus, comme tu le dis, c'était le moyen le plus rapide de faire cesser un guerre, et donc d'enlever le seul argument soviétique qui aurait pu justifier qu'ils viennent s'infiltrer encore ailleurs que là où ils sont déjà. Il ne s'agirait pas d'oublier que si nous fixons le début de la Guerre Froide à une date fixe et ultérieure, ce n'est pas quelque chose qui s'est créé du jour au lendemain, loin de là. Je ne sais pas si le Japon aurait été coupé en deux, mais il est certain que les Américains cherchaient déjà à créer une sorte d'avant-poste anti-communisme en Asie (qui, sinon, aurait été entièrement rouge). D'où l'attitude après la fin de la guerre à l'égard de la population japonaise.
  4. Jedino

    Premier jet

    J'adore le concept !
  5. Merci Madame Zera !

  6. Jedino

    Viol annulé à Paris

    Les écoles pourquoi pas, mais la publicité... Vous aurez du mal à la convaincre de faire dans l'éthique, ce n'est pas son rôle. Elle ne le fait qu'à la condition d'y être contrainte ou par pur intérêt économique. Sauf à faire un spot publicitaire du style "faut faire attention sur les routes", ce qui n'empêche pas les gens de conduire comme il ne faut pas. Ne pas y réagir serait un tort, elles sont là pour faire réagir. Réagir mal, en revanche, cela serait dangereux. S'il y a vraiment appel à, ce que j'ignore et ne peux absolument pas dire à partir d'un simple texte, d'autant plus venant d'un monde où il est rare qu'il faille prendre les choses au premier degré, il suffit d'appeler en justice et le problème sera vite réglé. Toute cette histoire me fait finalement penser à une vieille histoire aux Etats-Unis où des groupes de metal ont été accusés d'inciter les jeunes à massacrer des gens, après que certains élèves écoutant ce genre de musique ont pu commettre de tels actes. Parce qu'en effet, les chansons qui, en apparence, font l'apologie de la violence, de la mort, et de toutes les horreurs pas possibles, ne manquent absolument pas. Le viol n'en est qu'une composante parmi bien des autres. Or, ce n'est pas le cas : il n'y a ni appel, ni incitation à (encore une fois, je le suppose ici, mais je ne les connais pas : j'appelle juste à ne pas partir sur des a priori). Reste que de toute façon, qu'on le veuille ou non, la violence sous toutes ses formes en devient banale. Et il semblerait que ce soit la lecture que vous cherchez tous vu que les journaux, papiers ou non, sont constitués à 75% de ces choses-là. Quelqu'un qui veut violer n'aura pas besoin d'une chanson pour s'en convaincre, et quelqu'un qui ne le veut pas n'en aura pas besoin non plus pour faire de même. La seule chose que cette chanson peut faire, c'est être mal comprise d'une façon ou d'une autre. Parce qu'effectivement, nous avons trop tendance à vouloir lire ce que nous souhaitons lire, ou à lire ce que nous ne souhaitons pas lire. C'est d'ailleurs vrai pour toute forme de lecture : un livre où est mis en scène un personnage qui massacre des femmes et les violent une fois morte, sachant que l'auteur nous le donne comme quelqu'un d'humain et de normal, peut sembler être un appel à. Mais comprendre ça de telle manière, personne n'irait le faire chez un lecteur assidu de thriller. Ah mais on est d'accord, on pourrait sans mal marcher main dans la main à notre procès, l'ami. Heureusement qu'on est mauvais, sinon on serait lu, et donc excusé
  7. Jedino

    Viol annulé à Paris

    Allez mon chou, te vexe pas, tu sais bien que je ne fais pas guenon vexée! Mais je dirais que la censure, ça peut se faire.
  8. Jedino

    Viol annulé à Paris

    Sans parler d'Eminem (qui lui n'est pas un inconnu) qui enchaine les balles dans la tête, les meurtres chantés de sa (vraie ex) femme, et j'en passe et des meilleures. Maintenant je défends un groupe, je ne connais ni ses intentions ni rien de plus. En revanche, s'il vient tel qu'il est dit de la mouvance dite punk, ça n'a rien d'un texte, disons, "étonnant". Après, les limites ne sont pas les mêmes partout, et nous ne sommes pas des femmes. Paraît que ça peut jouer. Ca peut se tenir, en effet. Maintenant, un type qui voit un parfait amour et qui a connu une déception dont il se remet pas peut aussi sortir le fusil. De même, ce même type qui écoute space bound d'eminem et qui déprime peut faire de même et se tirer une balle après avoir tué la fille. De même, tu peux envisager tous les cas possibles et inimaginables (les clips gores, hards et débiles ne manquent pas, et j'ai en tête des choses qui ne peuvent pas être écrites ici alors que ça se trouve sur youtube sans aucun souci). Si nous voulons interdire la violence, ce qui a du sens, pourquoi pas. Mais alors, il faut le faire pour tout ce qui l'est, à commencer par ce qui a le plus d'influence sur la population : un petit cadre sympathique avec des gens en costume qui vous racontent les horreurs de la journée. Combien se sont pendus parce qu'ils ont désespéré d'un monde qui n'est pas plus au bord de l'apocalypse qu'hier ? Etc, etc. On peut imaginer beaucoup de choses. Quelqu'un qui fait de l'humour noir peut tomber sur un juif qui le prend mal et finira par se faire flinguer aussi. Dans ce cas-là, est-ce qu'on interdit, ou pas ?
  9. Jedino

    Viol annulé à Paris

    Je pensais justement à eux en lisant le sujet. Je me souviens avoir montré un live à quelqu'un de l'école, c'était mémorable de voir sa tête quand il a vu la scène. :D
  10. Jedino

    Les Luminaires

    konvicted : cf ton premier commentaire, allons. Ne te singe pas toi-même ! tequila(nounet) moor : Normal, tu es philosophe. Mais effectivement, ça pourrait être un degré de réflexion. Le seul problème, c'est que c'est pas génial pour notre transite à nous, il paraît (outch, je tombe dans le même jeu). Mais sinon, ton point de vue se défend, en effet. Si ce n'est qu'il est assez peu tactique de s'adapter après avoir modifié sans réfléchir. Quant à savoir ce qui est mieux au niveau des intentions, ma foi... Vaut mieux un méchant philosophe qu'un gentil ridicule, non ? Reste que je ne cherche pas à te convaincre de quoi que ce soit, tu l'es déjà à ta façon. Et j'aurais bien du mal à te démontrer que l'humanité est philosophe, c'est assez clair. Sur ce, la séance "philosophe du dimanche un mercredi soir" est terminée pour moi, je vous souhaite une bonne soirée, les gayzous.
  11. Jedino

    Les Luminaires

    Je m'excuse pour les fautes ouai, j'ai pas trop fait gaffe je l'admets, et je n'ai pas fait ça à des heures où je suis des plus alertes. Maintenant, et je dis ça aussi pour lemusicien, ce serait assez embêtant d'être lu au premier degré. Parce que (et je vais faire plaisir à konvicted pour le couP, j'en suis sûr), les végétaliens ne m'emmerdent pas plus que les autres. En revanche, les emmerdeurs et les arguments ridicules, si. Et en l'occurrence, le raisonnement qui est utilisé ici est que "faut avoir un truc comme nous qu'on appelle une cervelle pour pouvoir sentir quelque chose". Non seulement c'est faux, mais c'est en plus une restriction grave de ce qu'est sentir. Le fait est qu'on ignore si un arbre est capable de souffrir ou non. C'est du même ordre que notre ignorance sur le fait de pouvoir rendre sensible quelque chose qui, en théorie, ne l'est pas comme (comme un robot). Donc le végétalisme peut se défendre, je n'ai jamais été contre. Le seul truc qui m'a gonflé, ce soir-là, c'est de me faire dire "mon dieu, faut pas manger des animaux, ça a bobo". Sous-entendant le fait qu'une plante, bah, ma foi, ça peut bien être découpé et redécoupé. Ce n'est pas parce que la chose n'est pas visible qu'elle n'existe pas. Et quand j'ai demandé la démonstration que la sensation de souffrance n'existait pas chez la plante, je n'ai pas eu beaucoup de réponses. Nous considérons ça comme "logique", aussi logique que bien des choses qui ne vont pas de soi. Du coup, lemusicien, non, je ne suis pas en manque de belles histoires faisant progresser l'humanité. Seulement, il me semble important de ne pas rejeter des choses parce que nous les pensons évidentes, ici la souffrance ou douleur sous une autre forme que celle animale et que nous pensons connaître (parce qu'en fait, on ne sait pas non plus s'il n'y a qu'une façon générale de la vivre). Et faire de notre ignorance ou des lieux communs des arguments, ça me dérange assez. Pour le reste, ma foi, qui mange qui ou quoi, ça m'indiffère grandement. Je ne sais pas si je suis clair ou si j'ai raison, il n'empêche que j'attends d'être convaincu du contraire encore. En tous les cas, tequila moor, le ton faussement polémique est là pour rappeler que nous sommes profondément ridicules quand nous pensons discuter de grandes idées. Bref, mon propos n'était pas de savoir s'il est bon ou non de changer de façon de vivre, mais de savoir si ces façons de vivre sont justifiées par des arguments véridiques. Une façon de rappeler que les bonnes intentions ne suffisent pas. Ou, pire, que par les bonnes intentions, on peut nuire grandement. Comme je semble l'avoir fait, vu que je vogue entre l'incompréhension et le rejet. C'est donc que je ne me suis pas tellement raté. Le sujet tient plus de l'émotion que de la raison. Et il est là, le problème.
  12. Jedino

    Les Luminaires

    Il fait bien, c'est aussi ce que je visais.
  13. Jedino

    36 nuances d’aigri

    36 par que... "36 15! 36 15! Allô Père Noël!"
  14. Jedino

    Les Luminaires

    (Il a qu'à transiter, ce con. Tant pis pour lui. Et ouai, disons que j'étais agacé en l'écrivant.) On m'a toujours dit que seul le chemin comptait, pas l'arrivée en elle-même ! Donc ouai. Mais il vaut mieux ne pas comprendre.
  15. C'est le propre des stars maudites, ça !

  16. - OOOOOH LE MONSTRE ! OOOOOH L'ASSASSIN ! Il venait d'arracher sadiquement la tête du cafard. Il riait. Il riait fort. Il riait de son air supérieur. - A MOIIIII ! A L'AIDEEEEE ! Le boucher s'installa avec joie sur le bas-côté, à l'occasion d'un petit rocher. - Allons, calme-toi. Regarde, c'est tout à fait comestible. En veux-tu un morceau ? - Je ne discute pas avec une chose comme vous ! - Vas-tu cesser tes jérémiades ? Personne ne s'intéresse à tes appels ridicules. Viens donc manger plutôt. - JAMAIS ! Il continuait son festin, lentement, très lentement. L'horreur sur le visage de son camarade ne faisait que croître son plaisir à la dégustation. - Dis-moi, pourquoi t'alarmer autant pour une simple petite bête ? - Tu oses le demander ?! TU OSES ? Mais c'est un animal, c'est vivant ! - Tout comme toi et moi, en effet. Et donc ? - Et donc ? Et donc il a souffert, il a dû sentir tes crocs répugnants s'enfoncer dans sa chair alors qu'il était encore qu'à l'agonie ! - J'aime ton humour ! Allez, installe-toi et raconte-moi. Il s'installa, ne raconta pas. - Alors, c'est quoi l'histoire ? Une fixation à la freudienne ? - Vous voulez rire ? Je suis un végétalien, moi, Monsieur ! Je respecte la Vie, et celle-ci, avec un grand V ! - C'est beau, j'irais presque croire que tu y crois. Es-tu seulement sérieux ? - Plus qu'il ne le faut ! - Pauvre homme. Un autre cafard fuyait sur le côté. Il tendît sa main, manqua de le saisir. - Eh mince ! - Arrêtez de les martyriser ! Je ne supporterai pas un autre acte barbare ! - Que vous faites l'enfant, dites-moi. Mais allez-y, expliquez-vous ! Que mangez-vous, si vous ne mangez pas la vie ? - Les plantes ne souffrent pas. Il n'est pas bien honteux de se nourrir avec. Regardez ces animaux ! Regardez leurs yeux ! - Je dois dire que je n'ai rien vu. Mais je n'ai sans doute pas fait attention. - Vous êtes sans coeur ! Un silence se roula sur l'herbe. - Hop ! Te voilà, toi ! - AH NON ! POSEZ-LE ! - Donnez-moi une bonne raison. - Regardez-le ! Il cherche à fuir, à quitter vos mains salies pour retrouver la vie ! - Je jure avoir déjà vu un arbre prendre ses jambes à son coup, ma foi. - HERETIQUE ! - Ne tombons pas dans les insultes, je vous prie. Nous sommes au-dessus de ça, tout de même. Nous sommes des êtres humains. - Vous êtes au mieux un sanglier ! Poilu et sans finesse. - C'est cela. Mais donc, vous assumez parfaitement tuer des êtres vivants, du moment qu'ils ne poussent pas des cris, ne peuvent pas faire mine de se sauver et n'ont pas des yeux drôlement apitoiements, en tous les cas dans notre représentation ? - Vous philosophez, et philosophez bien mal. - Je ne soulève que l'hypocrisie de votre démarche, rien de plus. Assumez-vous donc ! Un organisme se nourrit d'organisme. Qu'il soit de feuille ou de poil, la différence n'est que dans le mensonge que vous cherchez à vous faire. Démontrez-moi seulement qu'un arbre ne souffre pas quand il est à moitié scié. - Vous êtes écœurant. - Bien assez pour accepter mon état et manger de la chair. Il existe une différence entre tuer et torturer. Demandez-donc aux carottes ce qu'elles pensent d'être scalpées, découpées en morceaux avant d'être dévorées! HAHAHA ! J'ai au moins la décence de le tuer avant de le manger, moi. Mais vous, vous ne pouvez pas affirmer qu'elle est morte. Il vous la faut bien, il vous la faut en couleur. N'est-ce pas ? - Je ne soutiendrai pas votre position désuète et cruelle. - Ah ! Le sentimentalisme ! Il se mit à arracher une herbe. - Aïe ! Une autre. - Aïe ! Et une autre. - Aïe ! Et encore. - Vous n'entendez pas leurs cris stridents ? Vraiment ? Et encore. - Ah mais... J'oubliais ! Ce ne sont là que des plantes. Insensibles. Dénuées d'émotions. Dénuées d'un joli cerveau bien moulé. Incapables de se mouvoir. Incapables de mimer ce que tout être vivant, absolument tous, recherche : survivre. Humain, trop humain, cela vous dit quelque chose ? J'ai de l'empathie, mais uniquement pour mon semblable. Les autres, ils peuvent bien être exterminés. Faites ce choix s'il vous plaît, mais cessez d'insulter la vie par votre bêtise. Si vous voulez justifier votre hypocrisie, assumez-le au moins et jouez de vos arguments égoïstes, mais ne tentez pas de faire verser une larme par la niaiserie. Car la Vie ne se résume pas à l'animalité. En réalité, elle n'en est ni le départ ni l'essentiel.
  17. Je ne suis pas le Monsieur, ici. Ce n'est pas moi qui invite.
  18. Jedino

    Vieux maux en rires

    Tu as bien raison. Ca se perd si facilement, il faut bien se la tenir.
  19. Jedino

    Vieux maux en rires

    Mais je vois que certains n'ont pas perdu la main.
  20. Ce n'est qu'un bref passage. Toute allusion à un texte quelconque est fortuite.
  21. - Bonjour, Monsieur. Vos papiers, je vous prie. - Mes papiers ? - C'est cela. - Mais où je suis ? - Au bureau des ressuscités, Monsieur. Il me faudrait cependant vos papiers, si vous le voulez bien. Il tapote ses poches. - Mais... Je... Il me semble les avoir perdu avant de mourir. - Cela ne fait rien. Donnez-moi votre nom. Il réfléchit. - Je ne suis pas certain... - Détendez-vous. Vous faites une crise post mortem. Allez vous asseoir sur le côté, juste là, et respirez tranquillement. Cela vous passera. - D'accord. Il va s'asseoir. Regarde autour de lui. Regarde fixement le bureau où le curieux personnage l'attend, impassible. S'étonne de ne voir personne d'autre. Ne s'en étonne plus. Puis, s'en étonne à nouveau : pourquoi lui ? Il retourne voir le Monsieur. - Dites-moi, je peux vous poser une question ? - Ce fût rapide, vous me surprenez beaucoup. Je vous écoute. - Pourquoi suis-je tout seul ? Je veux dire, je n'ai rien fait de particulier dans ma vie, et des gens sont probablement morts en même temps que moi. Que je me retrouve là, sans personne pour m'accompagner, je ne me l'explique pas. - Le bureau des ressuscités n'a pas vocation à répondre à vos interrogations existentielles. En revanche, le règlement m'autorise à vous répondre ceci : si vous êtes là, c'est que vous devez l'être. Si vous ignorez la raison de votre présence en ce lieu, c'est que vous vous ignorez vous-mêmes, car la réponse est en vous. - Et en clair ? - Réfléchissez. Il n'y a que ça. Avez-vous retrouvé votre nom, depuis ? - J'y songeais justement. Si j'en crois ce qu'on m'a raconté, je n'ai rien à faire ici. Mais peut-être que je ne fais que l'imaginer, ce qui expliquerait pourquoi je ne vois personne mis à part vous, et ça justifierait d'autant plus ce bureau ridicule et banal que j'ai dû voir dix mille fois lorsque j'étais en vie. - Réduction budgétaire, ce n'est pas de mon fait. La crise veut qu'il n'est pas nécessaire d'investir énormément dans un bureau où les clients sont pour le moins rares. Vous êtes le premier depuis mille ans, je dois l'admettre. - Vous êtes en train de m'expliquer que vous êtes là à attendre statiquement depuis un millénaire que quelqu'un finisse par passer ? - Précisément. - Je ne sais pas si c'est vous ou moi, mais il y a quelqu'un qui est taré ou le devient, là. Il retourne s'asseoir. Réfléchit. Se demande si ce n'est pas une blague ou une malencontreuse erreur. Ce ne serait pas la première fois, il en est convaincu. Une idée lui vient. Il va lui parler une nouvelle fois. - Si vous ne pouvez pas m'expliquer pourquoi je suis ici, vous pouvez sans doute m'informer sur ce qui m'arrivera après vous avoir vu vous. - Je le peux, en effet, bien que je ne sache pas grand chose à ce sujet. Je sais que je dois réceptionner les personnes qui viennent par ce chemin, et je sais aussi que je dois les inscrire sur ce registre. Vous devrez ensuite continuer par le chemin qui se trouve derrière moi. Là, vous trouverez une porte et vous aurez à la franchir. - Et c'est tout? Juste une porte à franchir ? Et il va m'arriver quoi ? Je vais devoir suivre un autre chemin pour tomber sur un autre bureau bizarre avec quelqu'un à l'air sérieux qui ne sait foutrement rien ? - Vous le saurez si je vous inscris et que vous y allez. - Bon. Ils ne bougent plus, chacun observant une direction différente. Il songe évasivement. - Je crois que je l'ai retrouvé. Vous pouvez le noter ? - Je vous écoute. - Attendez. Une autre question, avant cela. Qui est noté sur votre liste, jusque là ? - Veuillez m'en excuser, mais je ne peux pas vous répondre. - Je m'en doutais. Solal. C'était ainsi que je m'appelais. - Il me semblait bien. Hm. Vous pouvez y aller. C'est tout droit. - Merci. Il contourne le bureau, marche vers le chemin. Il jette un oeil sur le registre où le Monsieur vient de noter son nom, remarque que rien n'y est écrit. Une fois parti, le Monsieur prend le registre, se lève, et va le déposer sur le côté, au-dessus du petit et unique rocher visible. Apparait alors le texte qui suit, avant que le registre ne disparaisse : Solal. Signification : "celui qui fraie un chemin". Comme prévu, arrivé strictement mille ans après sa dernière venue. N'est toujours pas conscient de qui il est. Des progrès toutefois par rapport à son acceptation de l'immortalité. Est reparti sans entrave par la porte. Devrait revenir bientôt. PS : il faudrait commander un nouveau bureau, celui-ci n'étant plus en état.
  22. C'est gentil. Je ne me souvenais pas de ce texte, je dois dire.
  23. Salut,

    Ca va comme je veux, oui. Mais j'ai, disons, un tantinet lâché le forum.

  24. Et je suis là pour apprendre, aussi
×