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Annalevine

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Membre, Posté(e)
tison2feu Membre 3 132 messages
Forumeur expérimenté‚
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il y a 45 minutes, tison2feu a dit :

Lorsque Heidegger écrit "Ce nous appelons ainsi "sentiments" n'est ni un épiphénomène fugitif du comportement de notre pensée (...) ni une simple impulsion (...) ni un état seulement donné (...)", il est à noter que ce mot "sentiment" est mis entre parenthèses afin de le distinguer des autres sens qui sont généralement attribués à ce terme. 

Nous savons en effet que le philosophe fait référence uniquement au sentiment qui n'a pas d'objet déterminé, à un sentiment qui se situe exclusivement au pôle anobjectal (comme disent les psychologues).

Donc, Heidegger aborde la question du sentiment sous le seul angle anobjectal. De même que Descartes ou Spinoza n'aborderont la question du sentiment que sous l'angle de la passion (sans doute parce que, à leur décharge, le mot "sentiment", au XVIIe s., avait de multiples sens, et non pas le sens actuel que nous pouvons lui donner).

Je me méfie de ce genre de généralisations consistant à mettre chaque culture dans une petite case, quand on sait que les exceptions à la règle sont de taille - l'exemple de Kant venant à point nommé. 

Qui plus est, au moment où la raison triomphe avec Kant, d'autres en France arrivent à la réalité du sentiment avec Rousseau (certes, né en Suisse, comme Jung, pourra-t-on m'objecter). De même Blaise Pascal, clermontois de naissance - pour satisfaire aux canons du psychologisme villageois ambiant - est également un philosophe qui accorde une grande place au sentiment, à la réalité du "coeur", en établissant divers ordres de connaissance ("Le coeur a ses raisons que la raison n'a pas").

Par conséquent, mieux vaut avancer avec un nuancier. En effet.

 

(Post plus complet, par rapport au post précédent)

Modifié par tison2feu
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Membre, 153ans Posté(e)
Annalevine Membre 3 528 messages
Mentor‚ 153ans‚
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Extrait d'une lettre envoyée à un jeune Judéen, extrait qui va avec l'étude sur le sentiment de Heidegger :

 

Pour Spinoza la Torah était un manifeste politique écrit non par Moise mais par les scribes et les religieux dirigés par Esdras lors de l’exil à Babylone. De retour en Judée Esdras utilisa cet écrit pour fonder un nouvel Israël. La Torah n’était pas un texte révélé. Comme Uriel da Costa il disait « que les âmes mouraient avec les corps et qu’il n’ y avait de Dieu que philosophiquement ». Pour lui, Dieu, réalité sans cause (incréé donc), était identique à la Nature. Dieu était l’univers naturel en mouvement, un système qui avançait imperméable aux faits et gestes des hommes. Ce « Deus sive natura » (en latin) soit ce « Dieu ou la Nature » ou encore « Dieu c’est-à-dire la Nature » était moralement indifférent, autosuffisant, sans histoire. Ce Dieu-Nature était universel, il n’appartenait à aucune religion révélée.

 

Ce faisant Spinoza rompait avec le judaïsme. Il rejoignait ce que beaucoup, Juifs y compris, appelaient et appellent les Juifs séculiers, c’est-à-dire les Juifs athées. Pourtant s'il ne croyait plus en un Dieu anthropomorphique il refusa toujours avec vigueur l’athéisme. C'est pourquoi nous pouvons dire de lui qu'il fut un juif laïque et non un juif séculier. Spinoza répétait que l’univers n’était pas une machine matérielle qui se serait créée d’elle-même (comme le pense par exemple l’illustre physicien Hawking). L’essence de l’univers pour lui était identique au Dieu sans cause. Formule obscure, incompréhensible.

 

Du coup nul ne comprit rien à Spinoza (et pratiquement personne encore aujourd’hui comprend quelque chose à Spinoza). Il fallut attendre des hommes tels Albert Einstein pour que quelqu’un finisse par le comprendre. En effet Albert Einstein ne croyait pas non plus en un Dieu anthropomorphique mais il se voulait juif sans équivoque et ne voulait pas se dissocier de l’histoire juive.

 

Mais que dit Einstein, lorsqu’en 1929 il fut pressé de s’exprimer sur sa croyance ? Il dit ceci : «  Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l’ordre harmonieux de ce qui existe et non à un Dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains ». Par ailleurs il éprouvait un certain mépris pour l’athéisme commun qui, disait-il, restait sourd à la « musique des sphères ». Parlant ainsi Einstein, spirituellement, réintégra Spinoza dans la communauté juive.

Il est nécessaire d’être attentif à ce dit Einstein. Il dit que le Dieu de Spinoza se révèle dans l’ordre harmonieux de la nature » ou encore dans « la musique des sphères ». Mais cet ordre harmonieux ou cet ordre musical n’est pas un ordre Pensé c’est un ordre Senti. Einstein tout de même que Spinoza ne sont plus dans la pensée spéculative, ils sont dans le sentiment, ils ne se positionnent plus comme des penseurs mais comme des artistes. Ils « sentent » en eux l’émerveillement les envahir, grâce à la conscience même qu’ils ont qu’il existe une réalité. Et ce sentiment (émerveillement, paix, étonnement, etc.) pour eux révèle l’existence d’un Inconnu qu’ils appellent Dieu par commodité lors même que ce Dieu reste en fait un Mystère. Pour comprendre Spinoza puis à sa suite Einstein il est donc nécessaire d’abandonner la pensée classique faite de raisonnements et de relations de causalité, il faut adopter l’attitude de l’artiste qui perçoit par le sentiment qu’un mystère se révèle à lui.

 

Lisons Einstein dans son texte enregistré au profit de la Ligue des droits de l’Homme en 1932 :

 

« L’expérience la plus belle et la plus profonde que puisse faire l’homme est celle du mystère. Sentir que derrière tout ce que nous pouvons découvrir il y a quelque chose qui échappe à notre compréhension, et dont la beauté, la sublimité ne peuvent nous parvenir qu’indirectement, voilà ce que c’est que le sentiment du sacré. Et il me suffit de pouvoir m’émerveiller devant ces secrets et de tenter humblement de saisir par l’esprit une image pâlie de la sublime structure de tout ce qui est »

 

Le « indirectement » signifie que le mystère ne nous est pas révélé directement mais qu’il se signale par le sentiment qu’il imprime en nous, tel un être invisible qui se manifesterait à nous par la marque de son empreinte dans notre esprit, cette empreinte étant le sentiment, le « senti ».

 

Sans doute, tout ce que je t’écris là est difficile à comprendre. Mais tu parviendras tôt ou tard à comprendre tous ces mots, car tu as en toi cette tension inextinguible qui te porte à toujours aller plus loin dans l’élucidation des mystères. Même Spinoza et Einstein sont appelés à être dépassés par ces chercheurs inlassables que sont les « étoiles vagabondes » comme le furent Uriel da Costa ou encore Spinoza.

 

Modifié par Annalevine
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Membre, 153ans Posté(e)
Annalevine Membre 3 528 messages
Mentor‚ 153ans‚
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Il est manifestement impossible de venir réfléchir sur le monde, sur le forum, sans réfléchir, au préalable, sur l’influence de la nature même d’un medium comme le forum, sur l’élaboration de la pensée.

Il y a tout de même une réalité que j’ai réussi à percevoir, grâce au forum, c’est que, dans la culture dominante française, la perception sentiment est niée ou dévalorisée. Ainsi dans l’enseignement officiel universitaire de la philosophie, en France, mais sans doute dans d’autres pays, le sentiment est nié comme perception. Du coup cela aiguille la pensée française exclusivement dans la pensée conceptuelle. 
 

Cela va plus loin. Même si je fais remarquer ici que le sentiment est considéré comme une perception authentique par certains penseurs allemands par exemple je reste inaudible. Celui qui a été formé dans la culture conceptuelle française ne PEUT même pas envisager que le sentiment puisse être une authentique perception. 
 

Mais il y a autre chose. La nature même d’un medium type forum est de rendre impossible la perception sentiment et la perception cinq sens de l’autre. Nous ne percevons pas réellement nos interlocuteurs. Ce qui est étonnant c’est que l’impossibilité de la perception de l’autre semble en revanche libérer l’émotion. 
 

Ce qui fait que toutes et tous sont sans cesse dans l’émotion. Mais l’émotion renvoie sans cesse à soi. L’émotion dit quelque de nous mais elle ne dit rien de l’autre. La considération de nos propres émotions a donc tout de même une utilité : prendre mieux conscience de quoi nous sommes faits.

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Membre, 35ans Posté(e)
Ambre Agorn Membre 2 164 messages
Mentor‚ 35ans‚
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@Annalevine

Je sentais bien dès le début que votre analyse allait m'intéresser. Je pars du principe que vous avez raison sur l'observation de ce que vous appelez "la culture française", parce que je n'ai pas le choix, et que je n'ai pas cette vue-là

J'ai dû relire plusieurs fois ce que vous dites sur le sentiment pour être en mesure de mettre des liens avec ma façon de m'exprimer. Ce que vous appelez sentiment, il me semble que moi je le nomme perception. Bien évidemment je suis influencée, et je trouve particulièrement intéressant d'avoir un autre angle de vue sur un même sujet, un autre champ lexical, une autre façon d'aborder le même sujet, comme un éclairage différent.

[Un peu hors sujet] Je viens de prendre connaissance, sur un fil en littérature, de l'existence de ce "Uriel da Costa". J'ai lu le sujet en littérature avant le vôtre, et déjà j'ai trouvé que cet Uriel me plaisait bien! [Fin du hors sujet]

Quand vous dites:

"La nature même d’un medium type forum est de rendre impossible la perception sentiment et la perception cinq sens de l’autre"

je trouve que c'est incorrect. Je dirai plutôt: pas, ou peu de personnes sont capables de percevoir les autres dans la vie courante, et du coup encore moins sur le forum. Je recommence: peu de personnes s'adonnent au sentiment dans la vie courante, de par ce fait il est encore plus rare de pouvoir en rencontrer sur le forum. Cela dit, ce n'est pas impossible, même si c'est bien plus compliqué. De plus le perceptif, le "sentimental", devra se faire violence pour venir s'exprimer ici, ou préfèrera s'exprimer en littérature, religion, ésotérisme, etc. Plus il est sensible aux autres plus il aura de mal à venir s'exprimer, ou être compris ou entendu. Il parlera souvent dans le vide, parce que ce qu'il dit n'est ni reçu ni partagé, sans parler de compréhension.

Non, vraiment, je trouve que le mot sentiment prête à confusion, non? Vous faites quoi comme différence entre sentiment et émotion? Y a-t-il une raison particulière pour ne pas utiliser "intuition" ou "perception". Ou alors j'ai rien compris?

Vos constatations sur le forum et le fonctionnement de tout un chacun, révèle bien une certaine réalité. Cependant je ne peux m'y arrêter ou trouver que c'est impossible autrement.

(J'ai failli tout effacer parce que j'ai écris de façon un peu décousue, mais tant pis, j'assume).

Au fait, je ne sais plus où vous avez dit que peut-être que le sentiment empêchait l'action. Je vous dirai que non. Ni la raison, ni le sentiment, ni l'action n'est bonne ou mauvaise, c'est l'excès de telle ou telle chose ou fonctionnement qui fait obstacle à autre chose.

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Membre, 153ans Posté(e)
Annalevine Membre 3 528 messages
Mentor‚ 153ans‚
Posté(e)
Il y a 17 heures, Ambre Agorn a dit :

@Annalevine

Je sentais bien dès le début que votre analyse allait m'intéresser. Je pars du principe que vous avez raison sur l'observation de ce que vous appelez "la culture française", parce que je n'ai pas le choix, et que je n'ai pas cette vue-là

J'ai dû relire plusieurs fois ce que vous dites sur le sentiment pour être en mesure de mettre des liens avec ma façon de m'exprimer. Ce que vous appelez sentiment, il me semble que moi je le nomme perception. Bien évidemment je suis influencée, et je trouve particulièrement intéressant d'avoir un autre angle de vue sur un même sujet, un autre champ lexical, une autre façon d'aborder le même sujet, comme un éclairage différent.

[Un peu hors sujet] Je viens de prendre connaissance, sur un fil en littérature, de l'existence de ce "Uriel da Costa". J'ai lu le sujet en littérature avant le vôtre, et déjà j'ai trouvé que cet Uriel me plaisait bien! [Fin du hors sujet]

Quand vous dites:

"La nature même d’un medium type forum est de rendre impossible la perception sentiment et la perception cinq sens de l’autre"

je trouve que c'est incorrect. Je dirai plutôt: pas, ou peu de personnes sont capables de percevoir les autres dans la vie courante, et du coup encore moins sur le forum. Je recommence: peu de personnes s'adonnent au sentiment dans la vie courante, de par ce fait il est encore plus rare de pouvoir en rencontrer sur le forum. Cela dit, ce n'est pas impossible, même si c'est bien plus compliqué. De plus le perceptif, le "sentimental", devra se faire violence pour venir s'exprimer ici, ou préfèrera s'exprimer en littérature, religion, ésotérisme, etc. Plus il est sensible aux autres plus il aura de mal à venir s'exprimer, ou être compris ou entendu. Il parlera souvent dans le vide, parce que ce qu'il dit n'est ni reçu ni partagé, sans parler de compréhension.

Non, vraiment, je trouve que le mot sentiment prête à confusion, non? Vous faites quoi comme différence entre sentiment et émotion? Y a-t-il une raison particulière pour ne pas utiliser "intuition" ou "perception". Ou alors j'ai rien compris?

Vos constatations sur le forum et le fonctionnement de tout un chacun, révèle bien une certaine réalité. Cependant je ne peux m'y arrêter ou trouver que c'est impossible autrement.

(J'ai failli tout effacer parce que j'ai écris de façon un peu décousue, mais tant pis, j'assume).

Au fait, je ne sais plus où vous avez dit que peut-être que le sentiment empêchait l'action. Je vous dirai que non. Ni la raison, ni le sentiment, ni l'action n'est bonne ou mauvaise, c'est l'excès de telle ou telle chose ou fonctionnement qui fait obstacle à autre chose.

Bonjour,

Le sentiment est défini comme une perception intérieure dans un manuel de philo que je n’ai pas là, sous les yeux. La première fois que j’ai lu ça je fus surpris. Le sentiment est une perception ? Je me suis dit que cela méritait d’être étudié. Mais pourquoi une perception « intérieure » ? 
Je suis moi-même issu de la culture française en premier, même si, dans le cadre familial, donc affectif, je reçus de fortes influences juives et russes. Mais, dans le cadre de l’enseignement français, le sentiment est toujours dévalorisé et c’est cet enseignement officiel que j’ai reçu. Si bien que moi même j’ai toujours dévalorisé le sentiment sans voir que je dévalorisais ainsi et moi même, et mes héritages russes et juifs.

Le sentiment est une perception. Rien que d’affirmer cela nous nous retrouvons en lutte contre la culture dominante française pour laquelle le sentiment est un état d’âme, un résultat chimique, une disposition cérébrale secondaire.

Dire que le sentiment est une perception au même titre que l’arbre que je vois est une perception, que le son que j’écoute est une perception, cela va loin. Car une perception informe de quelque chose qui existe indépendamment de moi. Le son, certes n’existe pas dans la nature ( tout de même que le sentiment « angoisse » n’existe pas dans la nature) mais le son dit quelque chose d’une réalité, qui certes m’échappe, mais qui, tout de même existe indépendamment de moi. Dire donc que le sentiment est une perception c’est dire que le sentiment révèle quelque chose,  une réalité qui certes m’échappe, mais qui, tout de même, existe indépendamment de moi. Ce qui est une affirmation ou une hypothèse assez fantastique. 
Le sentiment est une perception qui ne passe pas par l’image. Ni par les mots écrits ou prononcés silencieusement dans notre esprit. Quand je suis angoissé, l’angoisse je ne peux pas d’emblée la dire, ni l’imager. Si je veux passer par l’image ou la communiquer, je vais devoir passer par une image caractérisée par exemple par un paysage, par une scène spécifique, par une allégorie, etc. Il semble que l’art soit la forme adaptée à l expression du sentiment. Heidegger cite par exemple  l’ennui comme sentiment. Comment exprimer, dire à l’autre l’ennui ? En revanche entre l’arbre que je vois  et l’ennui que je sens il y a un point commun : j’ai bien conscience de l’un comme de l’autre.

Pour l’instant j’en suis là. L’émotion me paraît tout autre. Je ne la vois pas comme une perception mais comme une sorte de réflexe.

La lettre sur Uriel da Costa est le résultat d’un travail commun où j’interviens comme rédacteur, tandis qu’une femme intervient comme éditrice ( ici et ailleurs) et tandis qu’un jeune Judéen en fait un objet d’étude.

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 56ans Posté(e)
zenalpha Membre 22 482 messages
56ans‚ Agitateur Post Synaptique,
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Il y a 1 heure, Annalevine a dit :

Bonjour,

Le sentiment est défini comme une perception intérieure dans un manuel de philo que je n’ai pas là, sous les yeux. La première fois que j’ai lu ça je fus surpris. Le sentiment est une perception ? Je me suis dit que cela méritait d’être étudié. Mais pourquoi une perception « intérieure » ? 
Je suis moi-même issu de la culture française en premier, même si, dans le cadre familial, donc affectif, je reçus de fortes influences juives et russes. Mais, dans le cadre de l’enseignement français, le sentiment est toujours dévalorisé et c’est cet enseignement officiel que j’ai reçu. Si bien que moi même j’ai toujours dévalorisé le sentiment sans voir que je dévalorisais ainsi et moi même, et mes héritages russes et juifs.

Le sentiment est une perception. Rien que d’affirmer cela nous nous retrouvons en lutte contre la culture dominante française pour laquelle le sentiment est un état d’âme, un résultat chimique, une disposition cérébrale secondaire.

Dire que le sentiment est une perception au même titre que l’arbre que je vois est une perception, que le son que j’écoute est une perception, cela va loin. Car une perception informe de quelque chose qui existe indépendamment de moi. Le son, certes n’existe pas dans la nature ( tout de même que le sentiment « angoisse » n’existe pas dans la nature) mais le son dit quelque chose d’une réalité, qui certes m’échappe, mais qui, tout de même existe indépendamment de moi. Dire donc que le sentiment est une perception c’est dire que le sentiment révèle quelque chose,  une réalité qui certes m’échappe, mais qui, tout de même, existe indépendamment de moi. Ce qui est une affirmation ou une hypothèse assez fantastique. 
Le sentiment est une perception qui ne passe pas par l’image. Ni par les mots écrits ou prononcés silencieusement dans notre esprit. Quand je suis angoissé, l’angoisse je ne peux pas d’emblée la dire, ni l’imager. Si je veux passer par l’image ou la communiquer, je vais devoir passer par une image caractérisée par exemple par un paysage, par une scène spécifique, par une allégorie, etc. Il semble que l’art soit la forme adaptée à l expression du sentiment. Heidegger cite par exemple  l’ennui comme sentiment. Comment exprimer, dire à l’autre l’ennui ? En revanche entre l’arbre que je vois  et l’ennui que je sens il y a un point commun : j’ai bien conscience de l’un comme de l’autre.

Pour l’instant j’en suis là. L’émotion me paraît tout autre. Je ne la vois pas comme une perception mais comme une sorte de réflexe.

La lettre sur Uriel da Costa est le résultat d’un travail commun où j’interviens comme rédacteur, tandis qu’une femme intervient comme éditrice ( ici et ailleurs) et tandis qu’un jeune Judéen en fait un objet d’étude.

Peut-être serait il utile de distinguer  la sensation, l'émotion et le sentiment.

Parce que si le sentiment est la conscientisation de l'émotion suscitée par la sensation, il est clair que si l'émotion nous submerge, la sensation et le sentiment sont conscients...

L'émotion et le sentiment nourissent la vie, on peut apprendre à les canaliser ou à les percevoir, certains le ressentent naturellement l'intelligence émotionnelle existe et est plus importante que l'intelligence conceptuelle selon moi.

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Membre, 35ans Posté(e)
Ambre Agorn Membre 2 164 messages
Mentor‚ 35ans‚
Posté(e)
Il y a 4 heures, zenalpha a dit :

Peut-être serait il utile de distinguer  la sensation, l'émotion et le sentiment.

Parce que si le sentiment est la conscientisation de l'émotion suscitée par la sensation, il est clair que si l'émotion nous submerge, la sensation et le sentiment sont conscients...

L'émotion et le sentiment nourissent la vie, on peut apprendre à les canaliser ou à les percevoir, certains le ressentent naturellement l'intelligence émotionnelle existe et est plus importante que l'intelligence conceptuelle selon moi.

J'avais en effet la sensation que l'émotion était un instinct, le sentiment le résultat de la mentalisation de l'émotion, et la sensation une perception plus globale qui se passe de mots et d'images.

Mais je reviens sur ce que je dis pour tenter de dérouler un fil pour voir où cela mène.

Sentiment vient du latin sentire=sentir, mais exclusivement sentir avec le nez. C'est à cause de cela que je pensais le sentiment comme un mécanisme mental qui encodait les informations reçues des sens. Ce serait peut-être pour cela que le sentiment semble dévalorisé, parce que la sagesse laisse à penser que nos sens nous leurrent, donc le sentiment est un leurre.

Après plusieurs recherches, il se trouve qu'en 1580, Montaigne utilise le mot "dissentiment" du lation dissentire=être en désaccord. De cet angle de vue, je serai alors tentée de voir le sentiment comme "être en accord". Avec quoi? En accord avec ce qui nous entoure et ce qui est nous est intérieur. Et là on rejoindrait alors un peu plus ce que dit @Annalevine, quand elle dit que le sentiment est une perception intérieure qui ne passe pas par l'image.

Il m'importe peu les termes utilisés, tant qu'on s'accorde sur leur signification.

Par contre, @zenalpha, votre dernier paragraphe me laisse perplexe. Qu'est ce que vous entendez quand vous dites que "l'émotion et le sentiment nourissent la vie"? Vous voulez dire que la vie a besoin de nouriture et que celle-ci est l'émotion et le sentiment? (Et je passe sur mon incapacité à intégrer les concepts d'intelligences émotionnelle et conceptuelle!)

 

Il y a 6 heures, Annalevine a dit :

Bonjour,

Le sentiment est défini comme une perception intérieure dans un manuel de philo que je n’ai pas là, sous les yeux. La première fois que j’ai lu ça je fus surpris. Le sentiment est une perception ? Je me suis dit que cela méritait d’être étudié. Mais pourquoi une perception « intérieure » ? 
Je suis moi-même issu de la culture française en premier, même si, dans le cadre familial, donc affectif, je reçus de fortes influences juives et russes. Mais, dans le cadre de l’enseignement français, le sentiment est toujours dévalorisé et c’est cet enseignement officiel que j’ai reçu. Si bien que moi même j’ai toujours dévalorisé le sentiment sans voir que je dévalorisais ainsi et moi même, et mes héritages russes et juifs.

Le sentiment est une perception. Rien que d’affirmer cela nous nous retrouvons en lutte contre la culture dominante française pour laquelle le sentiment est un état d’âme, un résultat chimique, une disposition cérébrale secondaire.

Dire que le sentiment est une perception au même titre que l’arbre que je vois est une perception, que le son que j’écoute est une perception, cela va loin. Car une perception informe de quelque chose qui existe indépendamment de moi. Le son, certes n’existe pas dans la nature ( tout de même que le sentiment « angoisse » n’existe pas dans la nature) mais le son dit quelque chose d’une réalité, qui certes m’échappe, mais qui, tout de même existe indépendamment de moi. Dire donc que le sentiment est une perception c’est dire que le sentiment révèle quelque chose,  une réalité qui certes m’échappe, mais qui, tout de même, existe indépendamment de moi. Ce qui est une affirmation ou une hypothèse assez fantastique. 
Le sentiment est une perception qui ne passe pas par l’image. Ni par les mots écrits ou prononcés silencieusement dans notre esprit. Quand je suis angoissé, l’angoisse je ne peux pas d’emblée la dire, ni l’imager. Si je veux passer par l’image ou la communiquer, je vais devoir passer par une image caractérisée par exemple par un paysage, par une scène spécifique, par une allégorie, etc. Il semble que l’art soit la forme adaptée à l expression du sentiment. Heidegger cite par exemple  l’ennui comme sentiment. Comment exprimer, dire à l’autre l’ennui ? En revanche entre l’arbre que je vois  et l’ennui que je sens il y a un point commun : j’ai bien conscience de l’un comme de l’autre.

Pour l’instant j’en suis là. L’émotion me paraît tout autre. Je ne la vois pas comme une perception mais comme une sorte de réflexe.

La lettre sur Uriel da Costa est le résultat d’un travail commun où j’interviens comme rédacteur, tandis qu’une femme intervient comme éditrice ( ici et ailleurs) et tandis qu’un jeune Judéen en fait un objet d’étude.

Juste une réflexion qui m'est venue en lisant ce que j'ai mis en gras. Mettre un nom sur le sentiment (sentiment d'angoisse, sentiment d'ennui), c'est que déjà le travail intellectuel a été accompli, la mise en image a été faite et nous pouvons alors parler du sentiment d'ennui. Le sentiment ne serait alors pas l'ennui. Le sentiment est une pression. Cette pression est ressentie par notre cerveau et notre corps et chacun va réagir suivant son mode de fonctionnement. Le cerveau va alors conceptualiser des images et parler d'ennui ou d'angoisse.

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Membre, SaXo, 105ans Posté(e)
saxopap Membre 7 391 messages
105ans‚ SaXo,
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Il y a 4 heures, zenalpha a dit :

..............L'émotion et le sentiment nourissent la vie, on peut apprendre à les canaliser ou à les percevoir, certains le ressentent naturellement l'intelligence émotionnelle existe et est plus importante que l'intelligence conceptuelle selon moi.

Pourquoi? 

Le sentiment, l'émotionnel, le ressenti affectif peut aller de concert avec le conceptuel le "normé" ou le cartésien. Pourquoi une échelle de valeur entre l'un et l'autre? 

Il y a 6 heures, Annalevine a dit :

Bonjour,

Le sentiment est défini comme une perception intérieure dans un manuel de philo que je n’ai pas là, sous les yeux. La première fois que j’ai lu ça je fus surpris. Le sentiment est une perception ? Je me suis dit que cela méritait d’être étudié. Mais pourquoi une perception « intérieure » ? 

Propre à nous, en dedans de nous. Ta remarque est utile pourtant. ;)

Il y a 6 heures, Annalevine a dit :


Je suis moi-même issu de la culture française en premier, même si, dans le cadre familial, donc affectif, je reçus de fortes influences juives et russes. Mais, dans le cadre de l’enseignement français, le sentiment est toujours dévalorisé et c’est cet enseignement officiel que j’ai reçu. Si bien que moi même j’ai toujours dévalorisé le sentiment sans voir que je dévalorisais ainsi et moi même, et mes héritages russes et juifs.

Oui, merci et bravo pour ta sincérité, ton intime expression. J'espère que de nombreux lecteurs se sentirons moins seuls à ta lecture.

Pour autant deux remarques amicales:

_ le " système" éducatif ( que tu connais bien) n'a pas vocation à accompagner le versant affectif de l'enfant ou du jeune adulte. 

_  et si ce même "système" s'employait à dévaloriser la part affective de l'élève je ne crois pas que cela aboutisse. ( l'affectif, la part innée et inaliénable de notre liberté). Dit autrement tu dois poser autrement la question: Pour quelle raison ai je mis de coté mes sentiments? 

Je suis bien certain que tu as la réponse, la vraie. 

 

Il y a 6 heures, Annalevine a dit :

Le sentiment est une perception. Rien que d’affirmer cela nous nous retrouvons en lutte contre la culture dominante française pour laquelle le sentiment est un état d’âme, un résultat chimique, une disposition cérébrale secondaire.

Dire que le sentiment est une perception au même titre que l’arbre que je vois est une perception, que le son que j’écoute est une perception, cela va loin. Car une perception informe de quelque chose qui existe indépendamment de moi.

À nouveau pourquoi une telle ségrégation ? 

Une "perception" est une information. Nous sommes en permanence informés. Stimulés par nos états d'âmes ou par notre environnement, notre cerveau fait le tri, classe et range dans les cases appropriées. 

Car se cogner contre l'arbre mal perçu, ne pas entendre le bruit de l'ours qui va nous attaquer ou ressentir un stress plus ou moins justifié au bureau relèvent de la même dimension: la perception.

Il y a 6 heures, Annalevine a dit :

Le son, certes n’existe pas dans la nature ( tout de même que le sentiment « angoisse » n’existe pas dans la nature) mais le son dit quelque chose d’une réalité, qui certes m’échappe, mais qui, tout de même existe indépendamment de moi. Dire donc que le sentiment est une perception c’est dire que le sentiment révèle quelque chose,  une réalité qui certes m’échappe, mais qui, tout de même, existe indépendamment de moi. Ce qui est une affirmation ou une hypothèse assez fantastique. 

À nouveau merci. Tu nous livre un sentiment personnel, j'apprécie.

Il y a 6 heures, Annalevine a dit :


Le sentiment est une perception qui ne passe pas par l’image. Ni par les mots écrits ou prononcés silencieusement dans notre esprit. Quand je suis angoissé, l’angoisse je ne peux pas d’emblée la dire, ni l’imager. Si je veux passer par l’image ou la communiquer, je vais devoir passer par une image caractérisée par exemple par un paysage, par une scène spécifique, par une allégorie, etc. Il semble que l’art soit la forme adaptée à l expression du sentiment. Heidegger cite par exemple  l’ennui comme sentiment. Comment exprimer, dire à l’autre l’ennui ? En revanche entre l’arbre que je vois  et l’ennui que je sens il y a un point commun : j’ai bien conscience de l’un comme de l’autre.

Pour l’instant j’en suis là. L’émotion me paraît tout autre. Je ne la vois pas comme une perception mais comme une sorte de réflexe.

L'émotion est proprioception, parfois nociception etc...( système nerveux autonome ortho ou/parasympathique, non soumis à notre volonté consciente.....) 

Mais pas seulement car notre cerveau mammalien est certes un allié puissant mais il est parfois un fardeau apparent. ( nos propres turpitudes)

Il y a 6 heures, Annalevine a dit :

La lettre sur Uriel da Costa est le résultat d’un travail commun où j’interviens comme rédacteur, tandis qu’une femme intervient comme éditrice ( ici et ailleurs) et tandis qu’un jeune Judéen en fait un objet d’étude.

Une noble activité, bravo à toi et bonne chance. 

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Membre, SaXo, 105ans Posté(e)
saxopap Membre 7 391 messages
105ans‚ SaXo,
Posté(e)
il y a 5 minutes, saxopap a dit :
Citation


Le sentiment est une perception qui ne passe pas par l’image. Ni par les mots écrits ou prononcés silencieusement dans notre esprit. Quand je suis angoissé, l’angoisse je ne peux pas d’emblée la dire, ni l’imager. Si je veux passer par l’image ou la communiquer, je vais devoir passer par une image caractérisée par exemple par un paysage, par une scène spécifique, par une allégorie, etc. Il semble que l’art soit la forme adaptée à l expression du sentiment. Heidegger cite par exemple  l’ennui comme sentiment. Comment exprimer, dire à l’autre l’ennui ? En revanche entre l’arbre que je vois  et l’ennui que je sens il y a un point commun : j’ai bien conscience de l’un comme de l’autre.

Pour l’instant j’en suis là. L’émotion me paraît tout autre. Je ne la vois pas comme une perception mais comme une sorte de réflexe.

 

Permets moi de revenir sur ces/tes mots @Annalevine car ils sont très intéressants.

Te lire me fait penser à une tres ancienne question: la pensée sans parole; celle des animaux. 

Tu évoques l'image et l'allégorie  ou leur contraire: le réflexe. 

Il me semble ( très amicalement) que tu raisonne comme l'enfant qui observe l'eau couler entre ses mains et qui se demande comment cela est il possible, quelle est cette réalité intangible et qui malgré une intense curiosité ( merveilleuse qualité) se résout à l'incroyable.

Tu seras à ses cotés pour lui expliquer que les molécules d'eau se comportent comme des grains de sables qui, à une autre échelle, s'écoulent entre ses mains.....un point commun ;)

L'émotion éveille en nous cette même et apparente incompréhension. Une réalité forte mais impalpable et indescriptible. Et si nous repensions à notre instinct, notre intuition, notre courage, nos motivations issues du même champ cortical et puissamment bénéfique ? 

L'émotion devient anecdotique, un sous ensemble de notre humanité! Tel un mariage, pour le meilleur et pour le pire. ;)

 

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 56ans Posté(e)
zenalpha Membre 22 482 messages
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Il y a 6 heures, Ambre Agorn a dit :

Par contre, @zenalpha, votre dernier paragraphe me laisse perplexe. Qu'est ce que vous entendez quand vous dites que "l'émotion et le sentiment nourissent la vie"? Vous voulez dire que la vie a besoin de nouriture et que celle-ci est l'émotion et le sentiment? (Et je passe sur mon incapacité à intégrer les concepts d'intelligences émotionnelle et conceptuelle!)

Il me faut développer un peu...

On a coutume d'amalgamer à tort émotions et sentiments...mais si elles sont liées leur nature est différente 

L'émotion est rendue publique et ce qu'on appelle l'intelligence émotionnelle consiste notamment à savoir percevoir chez soi même et chez les autres les manifestations des émotions 

Alors que le sentiment est intérieur, Shakespeare parlait de "théâtre de l'esprit"

Au niveau de la Vie avec un V majuscule, les émotions sont un mécanisme de base, des expériences de base ont montré y compris chez la mouche ou l'escargot des manifestations émotionnelles qu'on peut assimiler aux manifestations de la peur.

Il y a des émotions innées et aussi des émotions liées à des représentations sociales observées chez ses congénères 

Spinoza a été le premier a analyser ce phénomène 

Il parle de conatus pour décrire ce phénomène essentiel de la Vie.

"Le conatus recouvre à la fois le besoin de se préserver face au danger et aux occasions favorables et la myriade d'actions preservatrices qui font tenir ensemble les parties du corps"

C'est cette poussée émotionnelle qui tend l'être vivant à s'adapter a son milieu tout ... en maintenant un état de cohérence interne.

Antonio Damasso et Jean Pierre Changeux ont rapproché ça à la pulsion de vie de Freud 

Ps - je boucle @saxopapqui s'interrogeait aussi la dessus

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Membre, 153ans Posté(e)
Annalevine Membre 3 528 messages
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Il y a 8 heures, Ambre Agorn a dit :

J'avais en effet la sensation que l'émotion était un instinct, le sentiment le résultat de la mentalisation de l'émotion, et la sensation une perception plus globale qui se passe de mots et d'images.

Mais je reviens sur ce que je dis pour tenter de dérouler un fil pour voir où cela mène.

Sentiment vient du latin sentire=sentir, mais exclusivement sentir avec le nez. C'est à cause de cela que je pensais le sentiment comme un mécanisme mental qui encodait les informations reçues des sens. Ce serait peut-être pour cela que le sentiment semble dévalorisé, parce que la sagesse laisse à penser que nos sens nous leurrent, donc le sentiment est un leurre.

Après plusieurs recherches, il se trouve qu'en 1580, Montaigne utilise le mot "dissentiment" du lation dissentire=être en désaccord. De cet angle de vue, je serai alors tentée de voir le sentiment comme "être en accord". Avec quoi? En accord avec ce qui nous entoure et ce qui est nous est intérieur. Et là on rejoindrait alors un peu plus ce que dit @Annalevine, quand elle dit que le sentiment est une perception intérieure qui ne passe pas par l'image.

Il m'importe peu les termes utilisés, tant qu'on s'accorde sur leur signification.

Par contre, @zenalpha, votre dernier paragraphe me laisse perplexe. Qu'est ce que vous entendez quand vous dites que "l'émotion et le sentiment nourissent la vie"? Vous voulez dire que la vie a besoin de nouriture et que celle-ci est l'émotion et le sentiment? (Et je passe sur mon incapacité à intégrer les concepts d'intelligences émotionnelle et conceptuelle!)

 

Juste une réflexion qui m'est venue en lisant ce que j'ai mis en gras. Mettre un nom sur le sentiment (sentiment d'angoisse, sentiment d'ennui), c'est que déjà le travail intellectuel a été accompli, la mise en image a été faite et nous pouvons alors parler du sentiment d'ennui. Le sentiment ne serait alors pas l'ennui. Le sentiment est une pression. Cette pression est ressentie par notre cerveau et notre corps et chacun va réagir suivant son mode de fonctionnement. Le cerveau va alors conceptualiser des images et parler d'ennui ou d'angoisse.

Bonjour, je pense en effet, comme le fait remarquer @zenalphaqu’il est nécessaire de distinguer le sentiment de la pensée, comme de la sensation et je dirai même de l’intuition.(et de l’émotion).

J’en reviens au sentiment. Dans votre approche vous restez dans la pensée. Je veux dire : vous vous mettez à l’extérieur du sentiment et vous tentez de le décrire de l’extérieur. Ce faisant vous faites du sentiment un objet qui vous est extérieur. Vous êtes dans ce que j’appelle la pensée spéculative, c’est à dire que vous vous mettez dans une position d’observateur. C’est ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler : philosopher. La philosophie est aujourd’hui conçue, en France, comme étant une activité de type scientifique. J’observe le monde de l’extérieur et je dis quelque chose sur le monde.

Bien. Quand je parle ici du sentiment je tente de m’immerger à l’intérieur du sentiment dans un premier temps. Pour ensuite m’en défaire et en dire quelque chose. Mais je tente d’abord de faire l’expérience du sentiment, ce que vous ne faites pas.

Je m’explique. C’est en lisant Heidegger et son petit opuscule sur la métaphysique que je me suis rendu compte qu’il parlait du sentiment comme jamais on en parle dans l’enseignement universitaire français. Pour comprendre Heidegger il est nécessaire d’abord d’accepter de s’immerger dans le sentiment dont il parle ( le sentiment tonalité). Or cette méthode, cette attitude nous ne sommes pas enseignés à l’adopter en France.

Prenons l’exemple de l’angoisse. Pour suivre Heidegger je suis obligé de m’immerger dans l’angoisse. Comment fais je ? Je recours à mon expérience de vie, à ma mémoire, je sais qu’il y a un lieu mémorisé qui porte l’étiquette : angoisse, je me dirige vers cette étiquette et je plonge dans l’angoisse. Vous voyez ce que je veux dire ? Je m’immerge dans l’angoisse. Ce que vous ne faites pas. Soit parce que vous relevez de la culture française soit parce que vous vous protégez.

J’ai arrêté pour l’instant la lecture de Heidegger parce que c’est éprouvant. Se plonger dans l’angoisse n’est pas évident. En plus c’est pénible ! Pourtant pour suivre Heidegger qui constamment oscille entre la pensée conceptuelle et le sentiment il faut accepter de s’immerger dans l’angoisse. S’immerger puis en sortir puis s’immerger à nouveau...C’est un effort énorme.

Dans la culture française on ne nous apprend pas la connaissance par IMMERSION. On nous apprend la connaissance par observation à partir d’un extérieur. La culture française est de type exclusivement, ou presque, scientifique. 
 

Mais rester constamment à l’extérieur des choses a ses limites. Pour parler du sentiment, par exemple du sentiment d’angoisse, il est nécessaire d’en avoir fait au préalable l’expérience, c’est à dire qu’il faut encore s’être immergé dans ce sentiment. Sinon comment parler d’un sentiment dont on n’a pas fait l’expérience ? Ou dont nous refusons d’en refaire l’expérience au moment où on en parle ?

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 56ans Posté(e)
zenalpha Membre 22 482 messages
56ans‚ Agitateur Post Synaptique,
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il y a une heure, Annalevine a dit :

Bonjour, je pense en effet, comme le fait remarquer @zenalphaqu’il est nécessaire de distinguer le sentiment de la pensée, comme de la sensation et je dirai même de l’intuition.(et de l’émotion).

J’en reviens au sentiment. Dans votre approche vous restez dans la pensée. Je veux dire : vous vous mettez à l’extérieur du sentiment et vous tentez de le décrire de l’extérieur. Ce faisant vous faites du sentiment un objet qui vous est extérieur. Vous êtes dans ce que j’appelle la pensée spéculative, c’est à dire que vous vous mettez dans une position d’observateur. C’est ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler : philosopher. La philosophie est aujourd’hui conçue, en France, comme étant une activité de type scientifique. J’observe le monde de l’extérieur et je dis quelque chose sur le monde.

Bien. Quand je parle ici du sentiment je tente de m’immerger à l’intérieur du sentiment dans un premier temps. Pour ensuite m’en défaire et en dire quelque chose. Mais je tente d’abord de faire l’expérience du sentiment, ce que vous ne faites pas.

Je m’explique. C’est en lisant Heidegger et son petit opuscule sur la métaphysique que je me suis rendu compte qu’il parlait du sentiment comme jamais on en parle dans l’enseignement universitaire français. Pour comprendre Heidegger il est nécessaire d’abord d’accepter de s’immerger dans le sentiment dont il parle ( le sentiment tonalité). Or cette méthode, cette attitude nous ne sommes pas enseignés à l’adopter en France.

Prenons l’exemple de l’angoisse. Pour suivre Heidegger je suis obligé de m’immerger dans l’angoisse. Comment fais je ? Je recours à mon expérience de vie, à ma mémoire, je sais qu’il y a un lieu mémorisé qui porte l’étiquette : angoisse, je me dirige vers cette étiquette et je plonge dans l’angoisse. Vous voyez ce que je veux dire ? Je m’immerge dans l’angoisse. Ce que vous ne faites pas. Soit parce que vous relevez de la culture française soit parce que vous vous protégez.

J’ai arrêté pour l’instant la lecture de Heidegger parce que c’est éprouvant. Se plonger dans l’angoisse n’est pas évident. En plus c’est pénible ! Pourtant pour suivre Heidegger qui constamment oscille entre la pensée conceptuelle et le sentiment il faut accepter de s’immerger dans l’angoisse. S’immerger puis en sortir puis s’immerger à nouveau...C’est un effort énorme.

Dans la culture française on ne nous apprend pas la connaissance par IMMERSION. On nous apprend la connaissance par observation à partir d’un extérieur. La culture française est de type exclusivement, ou presque, scientifique. 
 

Mais rester constamment à l’extérieur des choses a ses limites. Pour parler du sentiment, par exemple du sentiment d’angoisse, il est nécessaire d’en avoir fait au préalable l’expérience, c’est à dire qu’il faut encore s’être immergé dans ce sentiment. Sinon comment parler d’un sentiment dont on n’a pas fait l’expérience ? Ou dont nous refusons d’en refaire l’expérience au moment où on en parle ?

C'est même plus profond que ça

Cette immersion dans l'angoisse comme un voyage intérieur révélateur du rien et de l'être est censé déboucher sur un silence autistique qui rend muet les étants, une grève de la parole...

Mais alors puisqu'Heidegger fait ces aller retour dans l'angoisse et puisque tu tentes cette même expérience, comment se fait-il qu'il y ait une analyse de l'immersion si prolixe ?

Heidegger n'a jamais fait la moindre crise d'angoisse...

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Membre, 35ans Posté(e)
Ambre Agorn Membre 2 164 messages
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Il y a 3 heures, Annalevine a dit :

Bonjour, je pense en effet, comme le fait remarquer @zenalphaqu’il est nécessaire de distinguer le sentiment de la pensée, comme de la sensation et je dirai même de l’intuition.(et de l’émotion).

J’en reviens au sentiment. Dans votre approche vous restez dans la pensée. Je veux dire : vous vous mettez à l’extérieur du sentiment et vous tentez de le décrire de l’extérieur. Ce faisant vous faites du sentiment un objet qui vous est extérieur. Vous êtes dans ce que j’appelle la pensée spéculative, c’est à dire que vous vous mettez dans une position d’observateur. C’est ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler : philosopher. La philosophie est aujourd’hui conçue, en France, comme étant une activité de type scientifique. J’observe le monde de l’extérieur et je dis quelque chose sur le monde.

Bien. Quand je parle ici du sentiment je tente de m’immerger à l’intérieur du sentiment dans un premier temps. Pour ensuite m’en défaire et en dire quelque chose. Mais je tente d’abord de faire l’expérience du sentiment, ce que vous ne faites pas.

Je m’explique. C’est en lisant Heidegger et son petit opuscule sur la métaphysique que je me suis rendu compte qu’il parlait du sentiment comme jamais on en parle dans l’enseignement universitaire français. Pour comprendre Heidegger il est nécessaire d’abord d’accepter de s’immerger dans le sentiment dont il parle ( le sentiment tonalité). Or cette méthode, cette attitude nous ne sommes pas enseignés à l’adopter en France.

Prenons l’exemple de l’angoisse. Pour suivre Heidegger je suis obligé de m’immerger dans l’angoisse. Comment fais je ? Je recours à mon expérience de vie, à ma mémoire, je sais qu’il y a un lieu mémorisé qui porte l’étiquette : angoisse, je me dirige vers cette étiquette et je plonge dans l’angoisse. Vous voyez ce que je veux dire ? Je m’immerge dans l’angoisse. Ce que vous ne faites pas. Soit parce que vous relevez de la culture française soit parce que vous vous protégez.

J’ai arrêté pour l’instant la lecture de Heidegger parce que c’est éprouvant. Se plonger dans l’angoisse n’est pas évident. En plus c’est pénible ! Pourtant pour suivre Heidegger qui constamment oscille entre la pensée conceptuelle et le sentiment il faut accepter de s’immerger dans l’angoisse. S’immerger puis en sortir puis s’immerger à nouveau...C’est un effort énorme.

Dans la culture française on ne nous apprend pas la connaissance par IMMERSION. On nous apprend la connaissance par observation à partir d’un extérieur. La culture française est de type exclusivement, ou presque, scientifique. 
 

Mais rester constamment à l’extérieur des choses a ses limites. Pour parler du sentiment, par exemple du sentiment d’angoisse, il est nécessaire d’en avoir fait au préalable l’expérience, c’est à dire qu’il faut encore s’être immergé dans ce sentiment. Sinon comment parler d’un sentiment dont on n’a pas fait l’expérience ? Ou dont nous refusons d’en refaire l’expérience au moment où on en parle ?

Je suis sidérée par votre manque de clairvoyance.

Vous vous fourvoyez totalement parce que vous pensez en homme. En tant que femme je puis vous assurer que ma démarche vous est totalement inconnue, parce que vous ne faites que commencer à vous apercevoir qu'il puisse exister une autre démarche, qu'il puisse existe quelque chose qui ne vous est jamais parvenue à l'idée.

Derrière moi il y a des millions de femmes qui ont enrichi ma génétique et ma mémoire, ainsi que ma sensibilité. Je vous lis, et je me rend compte de l'énormité de l'écart qu'il y a entre la pensé de l'homme et le fonctionnement de la femme.

Quand je vous écris, c'est à vous que je parle, et vous, vous revendiquez ne pas dialoguer. C'est là une grosse différence entre femme et homme: vous pouvez vous soustraire, nous nous sommes corps et esprit tout entièrement.

Non, vous ne pouvez pas dire que je ne connais pas le sentiment. Justement je m'intéresse à ce que vous dites parce que le sentiment est mon quotidien, et que je tente de comprendre où vous en êtes sur le chemin de la compréhension, et puis parce que je veux tout apprendre, toujours apprendre. Mais je n'ai jamis mis de mots ni d'images sur ce que je vis et vous, vous tentez de le faire. Chaque post que vous publiez, je suis un peu plus étonnée et sidérée par l'ignorance crasse de l'homme face au sentiment. Ce que vous, vous ressentez comme une dévalorisation du sentiment dans la culture française, moi je la vie tous les jours et bien des femmes avant moi: nous représentons le sentiment refoulé et dévalorisé par l'homme, le mâle, le patriarcat. Vous avez allumé une flamme d'espoir bien fragile et je tente de l'entretenir en essayant de me faufiler dans la peau d'un homme. C'est peut-être pour cela que vous me parlez en vous représentant que je suis un homme. Oui j'enfile le masque que vous portez pour tenter de mettre un pont entre vous et moi. Moi, je n'ai pas le choix: je suis sentiment, émotion et sensibilité, fragilité apparente, souple et maléable à volonté. C'est pourquoi je me sert de moi pour raccrocher et réparer ce qui est cassé ou abîmé. Ma démarche est l'inverse de la vôtre: je tente de comprendre ce qui n'est pas sentiment.

Assez parlé. Je vous écoute. Et que vous vous trompiez sur moi n'a en réalité aucune importance: j'aime par dessus tout la remise en question. Merci.

Modifié par Ambre Agorn
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Membre, Agitateur Post Synaptique, 56ans Posté(e)
zenalpha Membre 22 482 messages
56ans‚ Agitateur Post Synaptique,
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Quand je dis que j'excècre Heidegger, ce n'est pas QUE pour son passé de nazi ni pour son total détachement entre son rôle de penseur à propos de l'homme et son engagement dans le nazisme....

Il symbolise 3 maux qui sont des gouffres et qu'on retrouve chez tous les philosophes qui se laissent passivement ensorceler ... et c'est encore plus flagrant quand on se définit des racines juives...

1 - Son ignorance des sens de la nature est abyssale, il croit que la réflexion philosophique se nourrit d'elle même, sans fondement, sans base objective, sans référence à l'expérience et au concret.

Aucune référence physique, astrophysique, biologique ou issue des neurosciences

Celà conduit une armée de crédules à la masturbation intellectuelle pour la masturbation intellectuelle et à cet abîme entre le savant en science et les philosophes régnants, cette coupure du dialogue.

D'ailleurs son mépris pour la technique est un pilier important de son argumentation 

2 - Le mépris affiché pour la culture judéo chrétienne et la pensée des hébreux.

Il n'y a que la pensée grecque et la pensée allemande au point de cautionner la shoah et l'éradication de cette alternative au paradigme héllenique.

Le juif comme le chrétien pensent un monde contingent dont le seul absolu est porté par Dieu

Alors que la vision allemande pensent l'absolu dans l'univers, dans cet être absolu que son ego d'étant estime atteindre avec ses recettes de pacotille 

3 - Le mépris et la détestation de l'économie politique emprunte d'une naïveté d'ado qui refuse le réel concret pour lui substituer ses désirs d'absolu.

Une forme d'anti libéralisme obsessionnel qui le predispose à accueillir le national socialisme et definit le juif comme homme calculateur de ses intérêts 

Et ce gars là est perçu par beaucoup comme... le philosophe du 20eme siècle...

Son influence dévastatrice sur les mentalités est en tout cas omniprésente...

La philosophie comme je l'excecre

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Membre, Posté(e)
tison2feu Membre 3 132 messages
Forumeur expérimenté‚
Posté(e)
il y a 38 minutes, Ambre Agorn a dit :

(...)

Assez parlé. Je vous écoute. Et que vous vous trompiez sur moi n'a en réalité aucune importance: j'aime par dessu tout la remise en question. Merci.

Bonjour Ambre,

Même si vos messages ne me sont pas adressés, j'aurais aimé vous apporter un petit quelque chose de positif (avant de quitter ce forum), ne serait-ce qu'en vous indiquant une piste de lecture d'un ouvrage important, véritable outil de référence consacré entièrement aux émotions et aux sentiments. 

Il s'agit du Traité de psychologie des émotions, 2009, collection Psycho Sup, Dunod, 42 euros, (utilisé par des étudiants en master de psychologie, mais tout à fait abordable pour des non spécialistes).

Pour un aperçu de l'ouvrage https://www.cairn.info/traite-de-psychologie-des-emotions--9782100705344.htm

Le chapître VII, rédigé par Elise Dan Glauser, est entièrement consacré aux sentiments : "Le sentiment subjectif. Intégration et représentation centrale consciente des composantes émotionnelles".

Cet ouvrage ne remplace en rien notre propre expériementation des sentiments, notre propre ressenti, mais peut-être pourrait-il vous apporter quelques éclairages nouveaux sur les questions abordées par ce collectif d'universitaires, hommes et femmes (université de Genève).

Bien à vous

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Membre, 153ans Posté(e)
Annalevine Membre 3 528 messages
Mentor‚ 153ans‚
Posté(e)
Il y a 4 heures, Ambre Agorn a dit :

Je suis sidérée par votre manque de clairvoyance.

Vous vous fourvoyez totalement parce que vous pensez en homme. En tant que femme je puis vous assurer que ma démarche vous est totalement inconnue, parce que vous ne faites que commencer à vous apercevoir qu'il puisse exister une autre démarche, qu'il puisse existe quelque chose qui ne vous est jamais parvenue à l'idée.

Derrière moi il y a des millions de femmes qui ont enrichi ma génétique et ma mémoire, ainsi que ma sensibilité. Je vous lis, et je me rend compte de l'énormité de l'écart qu'il y a entre la pensé de l'homme et le fonctionnement de la femme.

Quand je vous écris, c'est à vous que je parle, et vous, vous revendiquez ne pas dialoguer. C'est là une grosse différence entre femme et homme: vous pouvez vous soustraire, nous nous sommes corps et esprit tout entièrement.

Non, vous ne pouvez pas dire que je ne connais pas le sentiment. Justement je m'intéresse à ce que vous dites parce que le sentiment est mon quotidien, et que je tente de comprendre où vous en êtes sur le chemin de la compréhension, et puis parce que je veux tout apprendre, toujours apprendre. Mais je n'ai jamis mis de mots ni d'images sur ce que je vis et vous, vous tentez de le faire. Chaque post que vous publiez, je suis un peu plus étonnée et sidérée par l'ignorance crasse de l'homme face au sentiment. Ce que vous, vous ressentez comme une dévalorisation du sentiment dans la culture française, moi je la vie tous les jours et bien des femmes avant moi: nous représentons le sentiment refoulé et dévalorisé par l'homme, le mâle, le patriarcat. Vous avez allumé une flamme d'espoir bien fragile et je tente de l'entretenir en essayant de me faufiler dans la peau d'un homme. C'est peut-être pour cela que vous me parlez en vous représentant que je suis un homme. Oui j'enfile le masque que vous portez pour tenter de mettre un pont entre vous et moi. Moi, je n'ai pas le choix: je suis sentiment, émotion et sensibilité, fragilité apparente, souple et maléable à volonté. C'est pourquoi je me sert de moi pour raccrocher et réparer ce qui est cassé ou abîmé. Ma démarche est l'inverse de la vôtre: je tente de comprendre ce qui n'est pas sentiment.

Assez parlé. Je vous écoute. Et que vous vous trompiez sur moi n'a en réalité aucune importance: j'aime par dessus tout la remise en question. Merci.

J’ai relu le message, le mien, auquel vous répondez aussi vivement, et je ne vois rien dans ce que j’ai écrit qui soit une attaque contre vous. Rien de personnel, pas même la trace d’une émotion, dont j’essaye désormais de me garder, vu que c’est l’ornière dans laquelle nous tombons tous. 
Que puis je faire ? Vous répondre dans le registre que vous avez choisi ? L’attaque personnelle ? Non c’est fini, je ne choisirai pas cette voie.

Je prends bien conscience que je suis issu d’une culture voire d’une civilisation qui choquent la culture française. Que dois je faire ? Abandonner mon identité ? Je ne le ferai pas.

Quant à @zenalphalui aussi donne dans l’émotion en critiquant l’homme Heidegger. Or je ne parle pas de l’homme je parle de son œuvre. Dans un livre dont je ne me rappelle pas le titre Onfray faisait remarquer que les étudiants qui suivaient avec passion les cours de Heidegger étaient juifs. La maîtresse de Heidegger s’appelait Hannah Arendt, elle était juive, elle n’a jamais rejeté Heidegger. Dans les écrits de Heidegger nulle part il n’attaque les juifs. Ce qui reste incompréhensible c’est en effet son comportement. On peut le juger, l’exécrer  en tant qu’homme. Mais je ne travaille pas sur l’homme, je travaille sur son œuvre.

 

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 56ans Posté(e)
zenalpha Membre 22 482 messages
56ans‚ Agitateur Post Synaptique,
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il y a 19 minutes, Annalevine a dit :

 

Quant à @zenalphalui aussi donne dans l’émotion en critiquant l’homme Heidegger. Or je ne parle pas de l’homme je parle de son œuvre. Dans un livre dont je ne me rappelle pas le titre Onfray faisait remarquer que les étudiants qui suivaient avec passion les cours de Heidegger étaient juifs. La maîtresse de Heidegger s’appelait Hannah Arendt, elle était juive, elle n’a jamais rejeté Heidegger. Dans les écrits de Heidegger nulle part il n’attaque les juifs. Ce qui reste incompréhensible c’est en effet son comportement. On peut le juger, l’exécrer  en tant qu’homme. Mais je ne travaille pas sur l’homme, je travaille sur son œuvre.

 

Onfray est peut-être le philosophe le plus impitoyable, a juste titre, avec heidegger...

On ne sait même plus où donner de la tête...

Non, permet moi de te dire qu'il est difficile d'être juif et de digérer le cas Heidegger...

Quant à dissocier l'homme de l'oeuvre, je veux bien pour un coureur de 100m, je digère déjà moins pour Polanski mais alors si on est philosophe, ça ne passe pas...

Encore moins quand cette andouille nous donne un cours sur la nature de l'être et de l'étant...

Maintenant, je crois que l'action ne t'intéresse pas dans la philosophie, juste le blabla et non les actes, c'est bien ça ton discours habituel ?

Je regarde toujours les actes avant les discours, moi...

Mais tu trouveras un Luc Ferry prêt tout comme toi à ces petites compromissions tout en reconnaissant le caractère nazi de Heidegger qui n'a jamais exprimé le moindre regret....

Il y a différentes catégories d'hommes c'est un fait

 

 

 

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Membre, 153ans Posté(e)
Annalevine Membre 3 528 messages
Mentor‚ 153ans‚
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Le paradoxe d’un medium comme le forum c’est qu’il s’agit d’un medium froid ( pour parler comme McLuhan) dans lequel nous avons tendance à nous engouffrer avec du « chaud » ( émotion et sentiment). Forcément ça finit par coincer. Je reste de plus en plus persuadé que l’émotion que nous exprimons ici dit quelque chose de soi. Mais rien de l’autre. Aussi est il intéressant de considérer ses émotions réfléchies par le medium afin de mieux se connaître. 

Il n’est pas possible de communiquer entre soi, ici, par le sentiment. Le sentiment reste pour moi un engagement soit envers l’autre soit envers une réalité autre. Or le forum utilise exclusivement le langage écrit qui est le mode d’expression de la pensée, pas du sentiment. Bien sûr il y a les emojis mais les emojis véhiculent exclusivement l’émotion.

En fait il y a une contradiction entre le désir d’exprimer émotion et sentiment dans un lieu froid, qui ne peut utiliser que le langage écrit comme expression. D’où déception voire agression. Agression somme toute qui est l’expression du dépit. 
 

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 56ans Posté(e)
zenalpha Membre 22 482 messages
56ans‚ Agitateur Post Synaptique,
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il y a 38 minutes, Annalevine a dit :

Le paradoxe d’un medium comme le forum c’est qu’il s’agit d’un medium froid ( pour parler comme McLuhan) dans lequel nous avons tendance à nous engouffrer avec du « chaud » ( émotion et sentiment). Forcément ça finit par coincer. Je reste de plus en plus persuadé que l’émotion que nous exprimons ici dit quelque chose de soi. Mais rien de l’autre. Aussi est il intéressant de considérer ses émotions réfléchies par le medium afin de mieux se connaître. 

Il n’est pas possible de communiquer entre soi, ici, par le sentiment. Le sentiment reste pour moi un engagement soit envers l’autre soit envers une réalité autre. Or le forum utilise exclusivement le langage écrit qui est le mode d’expression de la pensée, pas du sentiment. Bien sûr il y a les emojis mais les emojis véhiculent exclusivement l’émotion.

En fait il y a une contradiction entre le désir d’exprimer émotion et sentiment dans un lieu froid, qui ne peut utiliser que le langage écrit comme expression. D’où déception voire agression. Agression somme toute qui est l’expression du dépit. 
 

Ce que tu dis là est particulièrement vrai me concernant, je suis loin d'être certain que ce soit général.

Je ne fais que très peu dans l'affect que d'ailleurs je ne cherche pas....du tout...

En revanche je dis ce que je pense, sans filtre.

C'est donc ma 'récréation', bien évident que toute 'vérité' n'est normalement pas bonne a dire tout le temps.

Mais ce que je dis n'est pas pour blesser 

La manière dont celà est reçu peut choquer mais a mon locuteur d'en faire ce qu'il en veut.

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Membre, 153ans Posté(e)
Annalevine Membre 3 528 messages
Mentor‚ 153ans‚
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En fait chacun vient sur le forum pour EXPOSER sa pensée. Nous sommes tous dans l'exposition. Pour certains, dont je fais partie, cela change de la vie réelle, dans laquelle ils tiennent la position de celle ou celui qui écoute. Nous écoutons. Parfois nous exposons mais nous voyons que ce n'est pas ce que l'on attend de nous. Bien sûr il y a des personnes tout de même qui écoutent dans la vie réelle ! Mais il est parfois difficile d'exposer précisément le contenu de notre pensée. Nous pouvons avoir le Sentiment qu'ici nous allons pouvoir exposer précisément notre pensée. Le problème c'est que tout le monde fait ça. Personne ne vient ici pour écouter, tout le monde vient pour exposer. Certains développent leurs pensées, d'autres profitent de la pensée des autres pour trouver la faille qui leur permettra d'exposer leur pensée. Personne n'écoute. Parce que personne ne vient ici pour écouter. Tout le monde vient pour exposer. Il s'ensuit du coup beaucoup de dépit. Le sentiment de ne pas être écouté est mal interprété. C'est interprété comme une agression.

Mais écouter, tôt ou tard, conduit aussi à un malentendu, ici comme dans la vie réelle. Celui qui expose n'attend pas seulement d'être écouté, il attend aussi un assentiment. Dans la vie réelle cela arrive d'écouter puis soudain de se voir reprocher : "oui vous écoutez mais vous gardez vos idées. A qui ça sert de m’écouter si vous gardez vos idées ?" Je me suis entendu répliqué ça, un jour, de la part d'un homme qui semblait attendre beaucoup de moi. Que répondre ?

Et enfin il y a autre chose. Même en s'ouvrant totalement à l'autre je constate sur le forum que nous sommes vraiment trop différents les uns des autres, et je suis encore plus différent des autres qu'ils ne sont différents entre eux ! Mes hypothèses de pensée ne sont pas les mêmes que les hypothèses pourtant convenues. Je ne pars pas des mêmes fondements. Ce qui est exposé comme vrai a priori, comme allant de soi par les intervenants, n'est pas vrai pour moi. Du coup ça semble vraiment très difficile de dialoguer. Je ne pensais pas qu'il pût exister des différences culturelles aussi marquées entre les gens. Il arrive un moment ou ces différences culturelles sont tellement énormes qu'il devient impossible de communiquer. Ça n'implique pas pour autant de faire la guerre.

Nous pouvons faire comme @Ooo. Il est arrivé, d'une manière très volontaire, il voulut engager un dialogue selon ses règles, il n'y arrive, pas : dépit. Il est frappé d'une brève interdiction de séjour, il expose désormais ses idées et ses Sentiments dans "inclassables". Il a tiré les conséquences de sa différence. Il aurait été bien en littérature d'ailleurs. Il est intéressant à lire, son journal.

Modifié par Annalevine
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