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Décès de Jean d'Ormesson, un grand vient de nous quitter


PapesseJeanne

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Invité Invités 0 message
Posté(e)
il y a 30 minutes, Ines Presso a dit :

Vas-y dit. Un peu aux autres de mettre les pieds dans le plat, moi j'ai donné. :dev:

Qu'il soit dans la pléiade n'est pas non plus un drame en soi. Sa place à l'académie française non plus, où il est aussi entré précocement. Il aura été l'écrivain enfant gagé de notre siècle. Au moins aura t-il été un excellent embassadeur de l'esprit et la culture française... 

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Modérateur, ©, 108ans Posté(e)
January Modérateur 62 441 messages
108ans‚ ©,
Posté(e)

J'ai bien aimé "C'était bien". 

La question qui se pose aussitôt est assez simple : qu’est-ce qu’un bon livre ? Si le succès n’est pas décisif, qui donc est juge des livres et de leur qualité ? Les hommes, bien sûr. Sous notre soleil au moins, quelle que soit la question, la réponse est toujours : les hommes. Mais quels hommes ? Les écrivains eux-mêmes ? Bien sûr que non. Je ne sais plus qui disait : « Les écrivains ne se lisent pas, ils se surveillent. » Les critiques ? Vous voulez rire. La lecture des critiques cinquante ou cent ans plus tard est encore plus éprouvante que la lecture des auteurs. Chacun connaît la réponse : C’est le public. Quel public ? Le public de demain, bien sûr, et pas celui d’aujourd’hui. Les lecteurs d’aujourd’hui ne sont pas seulement aveuglés par leurs sentiments, leurs passions, leurs intérêts particuliers. Ils sont surtout dominés par une force violente qui est un des moteurs de l’art et son farouche ennemi : la mode.

Jean d'Ormesson

 

Bien malin celui qui qualifiera "d'écrivain du siècle" (XXe) n'importe lequel d'entre eux. "Un des", à la limite, mais "écrivain du siècle", faut pas pousser. Même en ayant tout lu et en faisant autorité (ce qui est impossible), donner ce genre de qualificatif reste absolument subjectif.

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Membre, je mords, 59ans Posté(e)
chupa-chupi Membre 2 726 messages
59ans‚ je mords,
Posté(e)

les avis divergent sur la grandeur du personnage.

 

Cependant, ce fin-lettré ne saurait faire oublier ses positions de colonialiste invétéré et les horreurs raciales qu’il a écrites en tant qu’envoyé spécial du Figaro suite au génocide perpétré au Rwanda. Cela devrait rester gravé dans les mémoires, à moins qu’on ne veuille oublier tout ça.

 

l'article complet est marrant à lire.

https://www.facebook.com/groups/lesamg/permalink/10155905228819919/

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  • 2 semaines après...
Membre, Posté(e)
LouiseAragon Membre 14 351 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

« ....En une époque où la poésie hésite entre une tradition qui s’essouffle et une avant-garde qui se cherche, Aragon était sans conteste le premier des poètes français. Le plus éclatant. Le plus populaire. Le plus habile et le plus déchirant. Le plus connu en France et dans le monde entier.... Brillant, hautain, toujours mobile, provocant, il était capable de tout : du meilleur et du pire.

Son prodigieux talent prend les formes les plus stupéfiantes. Le même auteur qui écrivait un célèbre poème constitué d’un seul mot - « Persiennes » - indéfiniment répété est aussi celui qui compose les vers les plus traditionnels et les plus classiques de la littérature contemporaine :

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire 

J’ai vu tous les soleils y venir se mirer 

S’y jeter à mourir tous les désespérés 

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire...

Le même prosateur qui écrit Le Traité du style et ce livre magique plein de fantaisie et de rêves qu’est Le Paysan de Paris donne un admirable roman historique qui est un modèle du genre : La Semaine sainte, récit de la fuite de Louis XVIII au début des Cent-jours. La fresque sociale des Communistes et le roman d’amour d’Aurélien, l’un des plus beaux de tous les temps - « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide... » - nourrissent les fièvres opposées de Neuilly et de Billancourt. Les Cloches de Bâle ou Les Voyageurs de l’impériale décrivent avec allégresse, avec emportement la ruine d’une société, où son adresse narquoise est comme un poisson dans l’eau, et la naissance du nouveau monde qu’il appelle de ses voeux. Il dépeint avec le même bonheur une grève et un dîner en ville, le passage des Panoramas et les usines de l’Oural, tout le mouvement de l’histoire et un brin d’herbe au bord du chemin. Poète et prosateur également inspiré, critique, historien, romancier, polémiste redoutable, révolté de génie et révolutionnaire officiel, coeur d’un seul amour et de toutes les amours, il est, en une seule personne, Caliban et Ariel, l’homme libre et l’homme enchaîné, le rêveur et le commissaire de la littérature française. ....... »

extraits de Tombeau pour un poète de Jean d’Ormesson publié dans

 Le Figaro du samedi 25-dimanche 26 déc. 1982

 

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Membre, Ite missa est..., 77ans Posté(e)
l'abbe resina Membre 7 730 messages
77ans‚ Ite missa est...,
Posté(e)
il y a 3 minutes, LouiseAragon a dit :

« ....En une époque où la poésie hésite entre une tradition qui s’essouffle et une avant-garde qui se cherche, Aragon était sans conteste le premier des poètes français. Le plus éclatant. Le plus populaire. Le plus habile et le plus déchirant. Le plus connu en France et dans le monde entier.... Brillant, hautain, toujours mobile, provocant, il était capable de tout : du meilleur et du pire.

Son prodigieux talent prend les formes les plus stupéfiantes. Le même auteur qui écrivait un célèbre poème constitué d’un seul mot - « Persiennes » - indéfiniment répété est aussi celui qui compose les vers les plus traditionnels et les plus classiques de la littérature contemporaine :

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire 

J’ai vu tous les soleils y venir se mirer 

S’y jeter à mourir tous les désespérés 

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire...

Le même prosateur qui écrit Le Traité du style et ce livre magique plein de fantaisie et de rêves qu’est Le Paysan de Paris donne un admirable roman historique qui est un modèle du genre : La Semaine sainte, récit de la fuite de Louis XVIII au début des Cent-jours. La fresque sociale des Communistes et le roman d’amour d’Aurélien, l’un des plus beaux de tous les temps - « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide... » - nourrissent les fièvres opposées de Neuilly et de Billancourt. Les Cloches de Bâle ou Les Voyageurs de l’impériale décrivent avec allégresse, avec emportement la ruine d’une société, où son adresse narquoise est comme un poisson dans l’eau, et la naissance du nouveau monde qu’il appelle de ses voeux. Il dépeint avec le même bonheur une grève et un dîner en ville, le passage des Panoramas et les usines de l’Oural, tout le mouvement de l’histoire et un brin d’herbe au bord du chemin. Poète et prosateur également inspiré, critique, historien, romancier, polémiste redoutable, révolté de génie et révolutionnaire officiel, coeur d’un seul amour et de toutes les amours, il est, en une seule personne, Caliban et Ariel, l’homme libre et l’homme enchaîné, le rêveur et le commissaire de la littérature française. ....... »

extraits de Tombeau pour un poète de Jean d’Ormesson publié dans

 Le Figaro du samedi 25-dimanche 26 déc. 1982

 

C’est bien de citer un lien du Figaro, c’est Noël ?

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