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Peut-on être mélomane et aimer le football ?


January

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Modérateur 104ans Posté(e)
January Modérateur 53 144 messages
©‚ 104ans
Posté(e)

En sociologie, c’est une opposition des plus classiques : une culture considérée comme légitime contre une autre jugée populaire.

illustration_foot_et_musique_getty.png?itok=4Jc0ONez

Aujourd’hui encore, dans l’imaginaire collectif, la barrière culturelle entre la musique classique et le football semble infranchissable. Pour comprendre la divergence entre ces deux mondes, il faut remonter aux propriétés sociales de leurs publics. Dans les salles de musique classique ou à l’opéra, on retrouve généralement des personnes qui ont fait de longues études, avec un haut capital culturel, tandis qu’au stade, la base est plutôt populaire. En sciences sociales, pour caractériser la relation entre ces deux univers, on parlera de dominants et de dominés.

Ces différences sociales d’accès à la culture sont régulièrement mesurées par le ministère de la Culture qui, depuis les années 1970, mène des enquêtes sur les pratiques culturelles des individus en fonction de leur âge, sexe, niveau d’étude et profession. Leurs résultats démontrent objectivement des écarts sociaux entre les publics. Il est extrêmement rare qu’une personne hautement diplômée déclare que son activité favorite est le football, et inversement pour les personnes issues de milieu populaire avec la musique classique.

Face à la culture de l’autre, le regard est souvent défiant, ou méprisant. Et ce dans les deux sens : « Quel intérêt peut-il y avoir à regarder des gens courir derrière un ballon ? Le classique ? Une musique de vieux, ennuyeuse ». Mais selon le chercheur, il ne faut pas mettre en symétrie deux jugements qui restent ceux de dominants d’un côté et de dominés de l’autre, et qui n’ont finalement pas le même poids dans la société.

Paradoxalement, il note qu’il est plus difficile pour de jeunes adolescents d’assumer le fait d’aimer la musique classique, alors que cette dernière est considérée comme étant l’une des formes culturelles les plus prestigieuses et légitimes dans la société. Par honte, ou de peur de paraitre prétentieux.

Entretien avec Bernard Lahire, sociologue : http://www.francemus...football-133647

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Membre 58ans Posté(e)
ksar Membre 1 021 messages
Forumeur alchimiste‚ 58ans
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Un grand classique en effet.

Comme en ce qui concerne la table. Pour les couches populaires l’important c’est ce qu’il y à dans l’assiète alors que pour le riche, l’important c’est l’assiète ( le rang ) car il sait que ce qu’il y aura dedans sera toujours ce qui se fait de mieux et de meilleur .

Ceci dit,certains genres se mélangent en effet car, par exemple le grand football peut être considéré pour certains dominants qui ont la culture du " foot " comme un " art" à part entière..

Excellent sujet encore une fois ( j'aime ces études ) ;)

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Membre 69ans Posté(e)
Gouderien Membre 21 653 messages
Obsédé textuel‚ 69ans
Posté(e)

Je comprends pas bien la question. C'est un peu comme si on demandait : "Peut-on aimer les gâteaux au chocolat et jouer au golf?" Désolé, mais ça n'a rien à voir!

En plus, il y a tellement peu d'amateurs de musique classique, surtout en comparaison de l'énorme masse des supporters de foot! Mais justement, ça donne l'impression de faire partie des "Happy few".

A un adolescent à qui ça poserait des problèmes "d'assumer le fait d'aimer la musique classique", je dirais : "Fais ce que tu aimes, petit con, et te pose pas de questions inutiles! Et méfie-toi des sociologues!"

(Et oui, on peut tout à fait être mélomane ET aimer le foot!)

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Membre 76ans Posté(e)
PINOCCHIO Membre 34 953 messages
Pantin contestataire‚ 76ans
Posté(e)

Etre mélomane , c'est pas faire une carrière comme footeux, celui ci est ignare dans ce domaine là , comme le reste d'ailleurs, on les voit plus avec leurs écouteurs sur les oreilles écouter ce qui leur parait plus simple, le RAP , musique et parole sublime à leurs yeux :hehe:

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Membre 69ans Posté(e)
Gouderien Membre 21 653 messages
Obsédé textuel‚ 69ans
Posté(e)

Je suis sûr qu'en Allemagne il y a des joueurs de foot mélomanes. Par contre en France, s'ils savent lire et écrire faut être déjà content (par contre ils savent très bien compter, aucun problème de ce côté).

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Membre 29ans Posté(e)
Mr-moore Membre 384 messages
Forumeur survitaminé‚ 29ans
Posté(e)

Vu et revu, toujours les mêmes oppositions débiles, donc un footeux est un beauf qui écoute forcément du rap et du David Guetta alors qu'un amateur de Mozart boit pas de bière en regardant du sport à la télé dans son grand appartement du 16 ème ?

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Membre 26ans Posté(e)
Eventuellement Membre 3 422 messages
Baby Forumeur‚ 26ans
Posté(e)

La question est légitime, et j'ai l'impression que les détracteurs ci-dessus n'ont pas suffisamment lu le contenu de l'article avant de le simplifier à outrance.

Il existe pour sûr une corrélation entre milieu socio-culturel et hobbies. Il y a même causalité - dans la plupart des cas - quand on sait que l'environnement influence les usages et les comportements. L'éternel raccourci dangereux est la généralisation.

L'article met cependant en avant l'idée suivante : "Dans les salles de musique classique ou à l’opéra, on retrouve généralement des personnes qui ont fait de longues études, avec un haut capital culturel, tandis qu’au stade, la base est plutôt populaire."

Il s'agit d'un constat dangereux car il présente un résultat statistique comme étant une vérité largement établie, sans citer des sources qui pourraient l'étayer. C'est en tout cas ce que peut se dire le lecteur s'il n'approfondit pas sa lecture :

"Lorsque l’on regarde de plus près les pratiques personnelles, poursuit Benard Lahire, on constate cependant qu’il existe bien des mélanges de registres chez les individus. Et le sociologue d’ajouter : « Bien plus que je ne l’imaginais ». Il est évident que parmi la classe dominante, certains regardent le football, et que des personnes issues des classes populaires apprécient la musique classique. Après la victoire de la France à la Coupe du monde 1998 par exemple, le football a réussi à séduire un public plus large. Mais lorsque les personnes interrogées mentionnent leur goût pour cette culture extrinsèque à leur univers, celles-ci instaurent toujours une certaine distance, comme pour se justifier. Une personne qui a un fort capital culturel et qui admet regarder un match de football de temps à temps va dire ensuite que c’est « pour se détendre » par exemple. Ou inversement, les dominés vont affirmer qu’ils sont allés au musée « pour se cultiver »."

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Modérateur 104ans Posté(e)
January Modérateur 53 144 messages
©‚ 104ans
Posté(e)

Merci Eventuellement pour tous les gens qui ne lisent pas les articles en entier. Effectivement M. Lahire va dans le sens que oui, on peut être mélomane et aimer le football et que les guerres intestines sur le niveau socio-culturel n'ont pas vraiment lieu d'être. Elles sont là pour le paraître, la réalité est différente.

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Membre Posté(e)
Alexterieur Membre 781 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

Je suis grand amateur de musique classique ... Pour ce qui est du football, je n'ai rien contre lui en tant que sport. En revanche, tout l'environnement de ce sport me dégoûte, avec ces pseudo-idoles que sont ces gamins immatures, incultes, mal élevés et multi-millionnaires (pas tous, il faut être juste) ....

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  • 1 an après...
Membre 45ans Posté(e)
Ellipsis Membre 435 messages
Forumeur survitaminé‚ 45ans
Posté(e)
Le 12/06/2016 à 12:54, Mr-moore a dit :

Vu et revu, toujours les mêmes oppositions débiles, donc un footeux est un beauf qui écoute forcément du rap et du David Guetta alors qu'un amateur de Mozart boit pas de bière en regardant du sport à la télé dans son grand appartement du 16 ème ?

Tu as oublié Maitre Gims...

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Membre 70ans Posté(e)
Morfou Membre 39 376 messages
Forumeur alchimiste‚ 70ans
Posté(e)
Le 12/06/2016 à 13:56, Eventuellement a dit :

La question est légitime, et j'ai l'impression que les détracteurs ci-dessus n'ont pas suffisamment lu le contenu de l'article avant de le simplifier à outrance.

Il existe pour sûr une corrélation entre milieu socio-culturel et hobbies. Il y a même causalité - dans la plupart des cas - quand on sait que l'environnement influence les usages et les comportements. L'éternel raccourci dangereux est la généralisation.

L'article met cependant en avant l'idée suivante : "Dans les salles de musique classique ou à l’opéra, on retrouve généralement des personnes qui ont fait de longues études, avec un haut capital culturel, tandis qu’au stade, la base est plutôt populaire."

Il s'agit d'un constat dangereux car il présente un résultat statistique comme étant une vérité largement établie, sans citer des sources qui pourraient l'étayer. C'est en tout cas ce que peut se dire le lecteur s'il n'approfondit pas sa lecture :

"Lorsque l’on regarde de plus près les pratiques personnelles, poursuit Benard Lahire, on constate cependant qu’il existe bien des mélanges de registres chez les individus. Et le sociologue d’ajouter : « Bien plus que je ne l’imaginais ». Il est évident que parmi la classe dominante, certains regardent le football, et que des personnes issues des classes populaires apprécient la musique classique. Après la victoire de la France à la Coupe du monde 1998 par exemple, le football a réussi à séduire un public plus large. Mais lorsque les personnes interrogées mentionnent leur goût pour cette culture extrinsèque à leur univers, celles-ci instaurent toujours une certaine distance, comme pour se justifier. Une personne qui a un fort capital culturel et qui admet regarder un match de football de temps à temps va dire ensuite que c’est « pour se détendre » par exemple. Ou inversement, les dominés vont affirmer qu’ils sont allés au musée « pour se cultiver »."

Ou l'art et la manière de rester chacun dans sa case!

Les intellos ne veulent pas reconnaitre qu'ils "aiment" véritablement le foot, et les "dominés"? c'est quoi cette race? penser qu'on les prendra pour des menteurs s'ils affirment aller au musée ou au théâtre tout simplement parce qu'ils "aiment" ça, qu'ils sont intéressez par....

Le 12/06/2016 à 09:31, ksar a dit :

Un grand classique en effet.

Comme en ce qui concerne la table. Pour les couches populaires l’important c’est ce qu’il y à dans l’assiète alors que pour le riche, l’important c’est l’assiète ( le rang ) car il sait que ce qu’il y aura dedans sera toujours ce qui se fait de mieux et de meilleur .

Ceci dit,certains genres se mélangent en effet car, par exemple le grand football peut être considéré pour certains dominants qui ont la culture du " foot " comme un " art" à part entière..

Excellent sujet encore une fois ( j'aime ces études ) ;)

Nous ne sommes plus au 19ème siècle...

 

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Membre 70ans Posté(e)
Morfou Membre 39 376 messages
Forumeur alchimiste‚ 70ans
Posté(e)
Le 12/06/2016 à 08:59, January a dit :

En sociologie, c’est une opposition des plus classiques : une culture considérée comme légitime contre une autre jugée populaire.

illustration_foot_et_musique_getty.png?itok=4Jc0ONez

Aujourd’hui encore, dans l’imaginaire collectif, la barrière culturelle entre la musique classique et le football semble infranchissable. Pour comprendre la divergence entre ces deux mondes, il faut remonter aux propriétés sociales de leurs publics. Dans les salles de musique classique ou à l’opéra, on retrouve généralement des personnes qui ont fait de longues études, avec un haut capital culturel, tandis qu’au stade, la base est plutôt populaire. En sciences sociales, pour caractériser la relation entre ces deux univers, on parlera de dominants et de dominés.

Ces différences sociales d’accès à la culture sont régulièrement mesurées par le ministère de la Culture qui, depuis les années 1970, mène des enquêtes sur les pratiques culturelles des individus en fonction de leur âge, sexe, niveau d’étude et profession. Leurs résultats démontrent objectivement des écarts sociaux entre les publics. Il est extrêmement rare qu’une personne hautement diplômée déclare que son activité favorite est le football, et inversement pour les personnes issues de milieu populaire avec la musique classique.

Face à la culture de l’autre, le regard est souvent défiant, ou méprisant. Et ce dans les deux sens : « Quel intérêt peut-il y avoir à regarder des gens courir derrière un ballon ? Le classique ? Une musique de vieux, ennuyeuse ». Mais selon le chercheur, il ne faut pas mettre en symétrie deux jugements qui restent ceux de dominants d’un côté et de dominés de l’autre, et qui n’ont finalement pas le même poids dans la société.

Paradoxalement, il note qu’il est plus difficile pour de jeunes adolescents d’assumer le fait d’aimer la musique classique, alors que cette dernière est considérée comme étant l’une des formes culturelles les plus prestigieuses et légitimes dans la société. Par honte, ou de peur de paraitre prétentieux.

Entretien avec Bernard Lahire, sociologue : http://www.francemus...football-133647

Mais selon le chercheur, il ne faut pas mettre en symétrie deux jugements qui restent ceux de dominants d’un côté et de dominés de l’autre, et qui n’ont finalement pas le même poids dans la société.

----------------------J'adore cette phrase!

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