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"Kamel Daoud ne hait pas les islamistes, il les combat"


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"Kamel Daoud ne hait pas les islamistes, il les combat"

Écrivain algérien, Karim Akouche prend sa plume pour joindre sa voix aux défenseurs de Kamel Daoud, accusé d'islamophobie pour avoir, après les agressions du Nouvel An à Cologne, pointé le tabou du sexe et du rapport à la femme dans le monde arabo-musulman.

Les intellectuels qui l'accusent d'islamophobie ne cherchent pas à dire la vérité, mais à propager le mensonge. Depuis leur salon cossu, embusqués derrière un télescope déformant, ils ne souhaitent pas confronter leurs idées à celles des autres, mais les imposer. Ont-ils réfléchi aux différents usages du mot « islamophobie » ? Ou l'ont-ils utilisé avec légèreté, comme ces idéologues qui pullulent à la télé et dans la presse ? Quel islam pour quelle phobie ? L'islam de Médine ou l'islam de la Mecque ? L'islam soufi ou l'islam de Daech ? L'islam de Sayyid Qutb ou celui de Mahmoud Taha ? L'islam qui lapide ou l'islam d'Averroès ? L'islam de Mohammed Arkoun ou l'islam des ténèbres ?

N'a-t-on pas le droit de chercher à saisir la frontière qui sépare l'islam de l'islamisme, de comprendre comment l’islamisme se transforme en terrorisme ? Le fait de s'interroger sur ce sujet, est-ce déjà commencer à haïr les musulmans ? Qui a le droit de juger l'autre ? Qui détient la Vérité ? Qui défigure la démocratie ? Qui tord le cou au débat public ? Qui assassine la liberté d’expression ?

MARIANNE

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Membre, 76ans Posté(e)
Anatole1800 Membre 4 346 messages
Baby Forumeur‚ 76ans‚
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"N'a-t-on pas le droit de chercher à saisir la frontière qui sépare l'islam de l'islamisme, de comprendre comment l’islamisme se transforme en terrorisme ? Le fait de s'interroger sur ce sujet, est-ce déjà commencer à haïr les musulmans ? Qui a le droit de juger l'autre ? Qui détient la Vérité ? Qui défigure la démocratie ? Qui tord le cou au débat public ? Qui assassine la liberté d’expression ?"

La religion au pouvoir c'est la dictature, qu'il s'agisse de l'islam ou autre.

Lors du règne du christianisme, il y avait les croisés, les moines soldats, les inquisiteur, bref, toute une ribambelle de massacreurs à la solde des dirigeants religieux (papes et compagnie), il fallait bien ça pour conquérir et imposer le gentil petit message de "paix et d'amour du Christ..."

Il y avait donc les gentils, les inoffensifs, les endoctrinés (le petit peuple)et les durs, ceux cités plus haut qui apportaient conquêtes, gloire et richesse au pouvoir.

L'islam c'est la même chose, l'empire musulman ne sait pas construit en agitant simplement le coran sous les yeux des crédules...

Aujourd'hui le christianisme n'est plus au pouvoir c'est bien pourquoi il perd de son influence, par contre l'islam lui est encore au pouvoir sous forme de dictatures, on retrouve donc le même scénario, le petit peuple endoctriné et soumis et les massacreurs dont le but est de maintenir l'islam partout au pouvoir, voire de conquérir de nouvelles terres...

Pour moi il n'y a pas de réelle frontière entre l'islam et l'islamisme, c'est complémentaire, les uns prient et les autres combattent, hier c'était les croisades chrétiennes, aujourd'hui c'est le terrorisme musulman, le but reste le même...

"Qui défigure la démocratie ? Qui tord le cou au débat public ? Qui assassine la liberté d’expression ?"

D'après vous, dans les régimes musulmans (Arabie-saoudite, Qatar, Iran, Afghanistan et j'en oublie des tas...), vous croyez que la démocratie, le débat public et la liberté d'expression, sont d'actualité ?

Vous en connaissez beaucoup des pays musulmans où l'on peut s'exprimer librement et par exemple,critiquer l'islam ?

Ils sont où les "modérés" dont on parle sans cesse mais que l'on voit jamais ?

Dans les régimes religieux, la démocratie n'existe pas, c'est marche ou crève, avec la bénédiction de dieu, bien sûr !

L'islam ou l'islamisme, c'est bonnet blanc et blanc bonnet !

Être islamophobe, ce n'est pas uniquement être contre une croyance, c'est surtout être contre une idéologie religieuse mais aussi politique et je ne vois pas en quoi le fait d'être contre une idéologie politico-religieuse ferait de moi un xénophobe, un raciste ou que sais-je encore...

Il est de bon ton d'être contre les dictatures fascistes ou communistes, les dictatures religieuses ne seraient pas concernées, et pourquoi ?

Une dictature est une dictature !

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Libertador Membre 34 messages
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Ce type est inconnu aux pays arabes, lui ou BHL ne valent pas plus que des papiers mouchoirs.

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Membre, 115ans Posté(e)
stvi Membre 20 709 messages
Mentor‚ 115ans‚
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ce type écrit régulièrement des chroniques dans le quotidien d'Oran qui tire à 200.000 exemplaires au même niveau qu'El Watan ...ne t'inquiète pas ,si tu ne le connais pas ,lui, t'ignore ....

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Membre, Posté(e)
Taib Membre 1 072 messages
Baby Forumeur‚
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Le combat intellectuel est interessant et nous sommes d'accord sur cela

les extremistes religieux, les islamistes... sont à combattre (comme eux combattent les gens qui ne leurs ressemblent pas)

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bena11 Membre 3 087 messages
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Kamel, l'Etranger d'ici et de là-bas...

Comme je comprends Kamel Daoud, l’éternel incompris ! Gorgé du même soleil qui le pousse aux limites de cette géographie de l’absurde et, même si nous ne partageons pas toujours les mêmes idées à propos de cet ordre impérialiste qui mène, en nos terres, de nouvelles croisades, je trouve qu’il restitue très bien l’atmosphère délétère de ce long et accablant crépuscule dont nous redoutons la terrible et pesante nuit qu’il mitonne sur le chaudron des renoncements successifs à la modernité et à la raison !

Mais, en ces temps où les oiseaux de mauvais augure nous prédisent les pires lendemains, nous constatons que les cris d'épouvante et les scenarii cauchemardesques ne sont lancés qu'à partir des capitales européennes. Pourtant, de Tlemcen à la frontière tunisienne, j'ai parcouru mon pays sans y déceler cette fiévreuse agitation évoquée çà et là et qui précéderait l'explosion, puis l'exode massif des Algériens vers l'Europe !

...

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2016/02/25/article.php?sid=192255&cid=8

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Membre, 115ans Posté(e)
stvi Membre 20 709 messages
Mentor‚ 115ans‚
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Kamel, l'Etranger d'ici et de là-bas...

Comme je comprends Kamel Daoud, l’éternel incompris ! Gorgé du même soleil qui le pousse aux limites de cette géographie de l’absurde et, même si nous ne partageons pas toujours les mêmes idées à propos de cet ordre impérialiste qui mène, en nos terres, de nouvelles croisades, je trouve qu’il restitue très bien l’atmosphère délétère de ce long et accablant crépuscule dont nous redoutons la terrible et pesante nuit qu’il mitonne sur le chaudron des renoncements successifs à la modernité et à la raison !

Mais, en ces temps où les oiseaux de mauvais augure nous prédisent les pires lendemains, nous constatons que les cris d'épouvante et les scenarii cauchemardesques ne sont lancés qu'à partir des capitales européennes. Pourtant, de Tlemcen à la frontière tunisienne, j'ai parcouru mon pays sans y déceler cette fiévreuse agitation évoquée çà et là et qui précéderait l'explosion, puis l'exode massif des Algériens vers l'Europe !

...

http://www.lesoirdal...id=192255&cid=8

Bin ça se comprend un peu que les capitales Européennes soient un peu plus concernées que les capitales asiatiques ....Et qu'elles regardent d'un oeil inquiet ,la montée du radicalisme ,et la baisse des ressources car c'est bien l'Europe qui est le point de chute des Algériens ..... Que l'Algérie devienne un Eden ,dynamique ,avec un niveau de vie similaire à celui des US serait formidable ,elle attirerait plein de Français et d'Européens .....

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Membre, Posté(e)
Alinea Membre 516 messages
Baby Forumeur‚
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Il serait intéressant qu'on débatte un peu plus sur le mot islamophobie mais aussi de l'Islam en général, mais qu'on le fasse sérieusement.

Déjà le mot islamophobie. Est-ce qu'on peut être contre l'Islam sans que cela soit vu comme une pathologie? Est-ce qu'on peut être contre l'Islam tout court?

Ensuite pour l'Islam lui même... Je pense qu'il est important de lire le Coran au minimum pour savoir de quoi il est question et quand on le fait on se rend compte qu'il y a du foutage de gueule dans l'air. L'Islam qui lapide ou l'Islam d'Averroès? Mais qui connait l'Islam d'Averroès au fait? Est-ce qu'il était vraiment différent de celui qui lapide? Quand on fait des recherches sur Averroès et qu'on le lit on voit qu'il n'avait pas grand chose a envier aux djihadistes. L'Islam de Médine ou l'Islam de la Mecque? L'Islam de la Mecque n'est pas un havre de paix et il est un ensemble avec celui de Médine. L'Islam soufi? Ils ont l'air bien ravagés aussi les soufis...

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Membre, Posté(e)
bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

:hu:Kamel Daoud est un squatteur à l’image du réfugié de la Jungle de Calais

Le premier squattant le vide dans la pensée, l’autre, le trop-plein de la luxuriance. Tous les deux, poussés par la déchéance de leur désir de souveraineté sur le réel, débarquent dans une intrusion fracassante dans l’espace de l’autre, celui qui s’est bâti sur cinq siècles de destruction, de meurtre de masse et de pillage, prenant tour à tour les noms de découvertes, de colonisation, de néocolonisation, pour se cristalliser in fine dans une globalisation immorale, plus destructrice encore, plus génocidaire et prédatrice au paroxysme. Un espace fantasme, dont les fondations plongent leurs racines dans un océan de sang que recouvre un leurre d’humanisme, comme la neige recouvre la terre de son manteau de mensonges. La désertion des intellectuels orientaux vers l’Occident et leur silence acheté au prix de leur insertion dans cet espace d’élection donneront l’opportunité à des Kamel Daoud, Boualem Sansal, et tant d’autres, de venir monnayer à leur tour leur adoption dans la lâcheté qui caractérise la servitude, en assumant le rôle de caisse de résonance à un silence qui en dit long sur l’avilissement de leur peuple. Les réfugiés, par milliers, par dizaines de milliers et bientôt par millions, abandonnés de tous, n’auront plus d’autre choix que de venir irriguer des flots ininterrompus d’envahissement de cet espace d’élection circonstancié. Un espace de conjure, se substituant dans leur imaginaire pollué par tant de frustrations et de promesses non tenues et tant de trahisons de la part de ceux qui se sont autoproclamés dépositaires de leur destin, leur léguant des pays en faillite dans les bras et les plongeant dans le vacillement d’une interminable gueule de bois, dont le squat résonne comme une vengeance sur leur néantisation. Tel un big passage à l’acte, annonciateur de fin des temps, avec son lot de violence et d’incompréhension. Ceux de Cologne en sont la parfaite illustration. Des viols, attouchements et vols de Cologne la nuit de la Saint Sylvestre, on ne retiendra qu’une meute de réfugiés musulmans pervers, endoctrinés par leur religion pour commettre les pires actes de barbarie sur terre contre les infidèles. Tel est le verdict sans appel de Kamel Daoud, qu’il ne faudra en aucun cas contredire ou nuancer sous peine d’être accablé de jalousie ou de quelque bigotisme obscurantiste. Telle une parole prophétique, que les lobbies en campagne contre le réveil de ces peuples en ébullition révolutionnaire permanente, par djihadistes interposés, voudraient hisser comme ultime vérité sur l’énigme de cette orgie sexuelle sur la place publique d’un pays non musulman.

http://www.algeriepatriotique.com/article/kamel-daoud-est-un-squatteur-l-image-du-refugie-de-la-jungle-de-calais

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bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
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Oran : Procès de Kamel Daoud face à l’islamiste Hamadache demain

Le procès de l’écrivain et chroniqueur Kamel Daoud face à l’islamiste Abdelfatah Hamadache aura lieu demain, mardi 1er mars, au niveau du tribunal d’Oran, a-t-on appris de sources concordantes.

L’affaire remonte à la fin de l’année 2014, quand Abdelfatah Hamadache, chef du « parti » islamiste non agréé « Sahwa El Houra li Abna El Massajid » (L’éveil libre des enfants des mosquées), a posté une publication sur son mur Facebook sur laquelle il a qualifié Kamel Daoud d’apostat et a appelé le « régime algérien à le condamner à être exécuté publiquement ».

Pour l’islamiste Hamadache, Kamel Daoud a insulté Allah, le prophète et l’Islam dans son livre « Meursault contre enquête ». Un livre récompensé par un Goncourt du Premier roman en mai 2015. Interrogé sur le plateau d’une chaîne TV privée s’il a lu le livre en question, l’islamiste Hamadache a répondu que non.

L’auteur a déposé plainte en décembre 2014 contre Hamadache pour « appel à meurtre ».

http://www.kabylie-news.com/a-la-une/oran-proces-de-kamel-daoud-face-a-lislamiste-hamadache-demain/

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bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
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:hu:

Hamadache a tenté vainement d'associer le régime algérien l'appelant à condamner Kamel Daoud et à «être exécuté publiquement pour sa guerre contre l'islam».

Six mois de prison ferme et une amende de 50.000 dinars. Telle a été la sentence qui a été requise hier, par le procureur de la 7e section pénale près le tribunal correctionnel d'Oran contre Abdelfattah Hamadache dans l'affaire l'opposant au journaliste et écrivain algérien, Kamel Daoud. L'affaire est mise en délibéré en attendant le verdict qui sera rendu à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de la femme, le 8 Mars de l'année en cours. «Nous avons plaidé et demandé un dinar symbolique», dira l'avocat de Kamel Daoud, Me Abderezzak Fodil.

...

Abdelfattah Hamadache qui s'est rétracté en supprimant un post virulent dans lequel il écrivait que du point de vue du Front de la sahwa islamique «si la «charia» islamique était appliquée en Algérie, la sanction serait la mort pour apostasie et hérésie contre Kamel Daoud». Et d'aller plus loin dans sa digression en tentant vainement d'associer le régime algérien, l'appelant à condamner Daoud «à être exécuté publiquement pour sa guerre contre l'islam».

Ce qui a valu à Kamel Daoud un tel appel à la fois violent et virulent est sans aucun doute sa chronique qu'il a publiée le jour de l'émission de la fatwa qui était intitulée «50 nuances de haine». Kamel Daoud, jonglant avec la métaphore s'en est pris aux islamistes en écrivant «il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie».

L'appel au meurtre lancé par Abdelfattah Hamadache contre Kamel Daoud n'est toutefois pas passé inaperçu, aussi bien en Algérie qu'à l'étranger. Il a suscité une vive réaction ayant émané des intellectuels, hommes de lettres, des journalistes, avocats etc. Cette réaction a été couronnée par le lancement d'une pétition appelant le ministère de la Justice à poursuivre Hamadache pour appel au meurtre.

http://www.lexpressiondz.com/actualite/236529-6-mois-de-prison-ferme-requis-contre-hamadache.html

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bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

:hu:Mes petites guerres de libération

par Kamel Daoud

...

Trêve. Le sujet est aujourd'hui une explication et un remerciement. D'abord il me faut expliquer pourquoi je choisis de me reposer. Et ma raison première est ma fatigue. Ecrire c'est s'exposer comme a dit un collègue, mais c'est aussi s'user. Il y a en Algérie une passion qui use, tue parfois, fatigue ou pousse à l'exil immobile (rester chez soi, dans sa peau), ou à l'exil qui rame (partir ailleurs). Nous sommes passionnés par le vide en nous mais aussi par notre sort. Cela nous mène à des violences qui ont parfois l'apparence d'une folle affection ou d'une exécution sommaire par un pelletons désœuvrés. Ou à des procès permanents de « traîtrise » avec le bout des lèvres. Les verdicts des Algériens sur eux-mêmes ont la force des radicalités. Et, durant des années de métier, j'ai subi cette passion. J'ai fini par incarner, sans le vouloir, les contradictions de l'esprit algérien, ses affects, passions et aveuglements. Palestine, religion, femme, sexe, liberté, France, etc. J'ai parlé, parce que libre, de ces sujets parce qu'ils m'interrogeaient et pesaient sur ma vie. Cela a provoqué des enthousiasmes et des détestations. Je l'ai accepté jusqu'au point de rupture ou l'on vous traite de Harki et de vendu ou de sioniste. Puis j'ai vécu le succès jusqu'au point où les récompenses dans le monde me faisaient peur chez moi à cause de notre méfiance et nos haines trimbalées comme des chiens domestiques. J'ai écrit jusqu'au point où je me sentais tourner en rond ou être encerclé. Et j'ai donc décidé, depuis quelques mois, d'aller me reposer pour essayer de comprendre et retrouver des lectures et des oisivetés. Il se trouve que cette décision, prévue pour fin mars, a été précipitée par « l'affaire Cologne ». J'ai alors écrit que je quittais le journalisme sous peu. Et ce fut encore un malentendu : certains ont cru à une débandade, d'autres ont jubilé sur ma « faiblesse » devant la critique venue du Paris absolu et cela m'a fait sourire : si pendant des années j'ai soutenu ma liberté face à tous, ce n'est pas devant 19 universitaires que j'allais céder ! Le malentendu était amusant ou révélateur mais aussi tragique : il est dénonciateur de nos délires.

Dans l'affaire « Cologne », j'ai fini par comprendre que je n'étais que le déclencheur de quelque chose qui couvait et qui attendait. Le délire était si rapide et si disproportionné qu'il est devenu plus intéressant que mes propos. J'ai donc décidé d'arrêter et de ne pas répondre car cela était inutile pour la lucidité. Amusant donc mais clinique surtout. Ce que j'ai écrit sur nos liens malades avec le désir, le corps et la femme, je le maintiens et le défends cependant. Ce que je pense de nos monstruosités « culturelles » est ce que ce que je vis, par le cœur et le corps, depuis toujours. Je suis algérien, je vis en Algérie, et je n'accepte pas que l'on pense à ma place, en mon nom. Ni au nom d'un Dieu, ni au nom d'une capitale, ni au nom d'un Ancêtre. Et c'est pourquoi les immenses soutiens et messages de solidarité que cela a provoqués, m'ont ému : ils témoignaient d'un désir de partage, de compréhension. L'enjeu était plus grand que ma petite personne : pouvoir dire librement, sans tomber dans la compromission au nom d'une culture, d'une race ou d'une connivence ; pour me soutenir, certains ont mis de côté leurs convictions car il s'agissait de liberté. Et certains ont témoigné de leur honnêteté en refusant les inquisitions et les récupérations. Et certains ont saisi qu'il s'agissait d'un droit chez moi, chez les miens que de m'élever contre ce qui nous abaisse au nom d'une croyance. Le postcolonial ne doit pas être cécité et la « différence » ne doit pas excuser la barbarie. Je ne suis pas islamophobe, je suis libre.

Il se trouve aussi qu'avec le temps on s'use : on finit par comprendre que derrière la hargne de certains se cache quelque chose de presque irréparable. La maladie de notre âme. Une incapacité secrète à accepter le monde, à le conquérir, à admirer les réussites de ses propres enfants. Le doute lié à l'enfantement. Le soupçon face au succès. Les procès d'intention et de croyances. Nous les Algériens nous souffrons de l'étrange maladie de l'enfermement et quand l'un des nôtres saute le mur de la camisole, et nous revient avec d'autres mondes sous l'aisselle, on le lapide ou on l'isole ou on le soupçonne. L'indépendance précède encore la guérison dans notre histoire.

Déçu donc ? Non. Ce pays est le mien. J'y vis et je n'y baisse pas les yeux et je n'y tue personne et je le partage avec ceux qui ne veulent pas le diviser et je le défends contre ceux qui veulent le voiler, le manger, le cacher. Je ne suis pas patriote par la proclamation, mais parce que les gens que j'aime y sont, les arbres favoris et toute ma mémoire y est une terre. J'y reste.

Dieu ? C'est comme ma naissance et ma mort : cela ne concerne personne. L'islam ? Il n'est propriété de personne et j'y réclame le droit du plaidoyer libre et insolent. Et ainsi de suite. Je n'ai jamais menti et j'ai toujours écrit ce que je pensais. La bonne foi est meilleure que la foi ; je le répète. Et donc, je ne change pas de musique, comme je l'ai dit à un journaliste, mais seulement d'instrument. Je suis devenu journaliste parce que j'avais besoin d'un salaire et de rester dans les parages de l'écrit. Cela devint une passion puis une façon de vivre. La chronique est pour moi un tir à l'arc. Le parcours du 100 mètres qui tend le corps vers le feu. J'aime cet exercice qui met la vie matinale sous tension. Encore ? Je ne suis pas sioniste, athée, soumis, français, suédois ou arabe. Je suis libre de cette liberté qu'ont rêvée mes ancêtres qui sont morts pour me la donner par dessus la tombe. J'ai mes grands défauts. Mes convictions et mes livres. J'aime tenir tête au ciel et aux ossements qui jacassent. J'ai grandi dans un village qui est devenu un cerf-volant dans ma tête. J'ai essayé d'apprendre vite et j'ai aimé les écrits. J'ai travaillé dans les journaux avec la tension d'une question de vie ou de mort. J'ai partagé et trahi. J'ai distingué, dans le chaos de ma génération, des voies et des possibilités que j'ai saisies. Je ne suis ni meilleur, ni pire mais seulement constant. J'ai critiqué ce régime par déception quant à ses ambitions d'Etat et son manque de grandeur et ses hommes cupides et sans classe ni chemises propres. Et là j'ai envie de me reposer du journalisme pour rêver de littérature.

...

J'aime mener moi aussi la guerre de ma libération. Et fêter, parfois, mes indépendances.

Kamel Daoud

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5225706

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bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
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Six mois de prison requis contre Hamadache

La justice ira-t-elle jusqu’au bout ?

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Le procureur du tribunal d’Oran a requis hier une peine de six mois de prison ferme à l’encontre de Abdelfatah Hamadache, poursuivi par le chroniqueur et écrivain Kamel Daoud pour «menace de mort» et «diffamation».

Autoproclamé objecteur de conscience, Abdelfatah Hamadache — chef d’un parti non agréé, le front de la Sahwa islamiste salafiste libre — a comparu hier devant le tribunal d’Oran, où il devait répondre de deux délits, «diffamation» et «menace de mort», commis contre le chroniqueur et écrivain Kamel Daoud. Selon l’avocat de ce dernier, Abderrazak Fodil, présent à l’audience, Hamadache n’a pas jugé utile de se faire assister par un avocat. «Il est venu seul et était très serein. Il n’a pas changé ses propos tenus contre Kamel Daoud diffusés sur les réseaux sociaux.

Bien au contraire, il les a réitérés en précisant qu’il était conscient et qu’il savait très bien ce qu’il écrivait. Il a déclaré avoir lancé un appel à l’Etat algérien pour qu’il prenne les mesures adéquates contre l’écrivain parce que, selon lui, il a porté atteinte à l’islam, à la langue arabe et aux constantes du pays. C’est un mortad (renégat)», affirme Me Fodil.

Et d’ajouter : «Ses propos étaient tellement arrogants que le juge s’est senti obligé de le remettre à sa place. Il lui a dit : ‘‘Vous n’avez pas le droit d’agir de la sorte’’…» Me Fodil revient également sur le réquisitoire du procureur. Pour le magistrat, révèle l’avocat, les propos de Hamadache contre Kamel Daoud comportent tous les éléments constitutifs des deux délits pour lesquels il y a eu dépôt d’une plainte en 2014. «Mieux encore, le procureur ne s’est pas limité à faire sa demande de 6 mois de prison et de 50 000 DA d’amende.

Il l’a défendue et argumentée. Il a même déclaré au prévenu qu’il n’avait pas le droit de saisir l’Etat par un tel appel. Il lui a précisé qu’il aurait pu déposer une plainte auprès des tribunaux ou des commissariats au lieu de recourir aux menaces de mort», souligne l’avocat, lequel a axé sa plaidoirie sur le caractère extrêmement grave et menaçant du prévenu contre son mandant, tout en réclamant «le dinar symbolique comme dédommagement et la réhabilitation» du plaignant.

En attendant le verdict, qui sera connu le 8 mars, il faut reconnaître que ce procès est une avancée considérable...

http://www.elwatan.com/une/la-justice-ira-t-elle-jusqu-au-bout-02-03-2016-315658_108.php

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