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une faute de français révélatrice

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tricephale Membre 1650 messages
Forumeur alchimiste‚ 51ans
Posté(e)

bonjour

J'écoutais ce matin sur France Inter un reportage sur le collège Rameau à Versailles.

On interviewait un professeur agrégé de français qui au début de sa réponse a dit la phrase fautive suivante :

" vous n'êtes pas sans ignorer " .

On le sait bien cette tournure est mauvaise et dit le contraire de ce qu'on veut dire, c'est-à-dire : " vous savez bien que ..."

c'est un peu dommage ou même affligeant de voir un enseignant spécialiste de la langue française utiliser cet illogisme malheureusement répandu parmi les parleurs professionnels.

Qu'un homme de la rue qui n'a eu que l'éducation nationale comme formation fasse la faute, on peut l'excuser, mais un agrégé de français, fichtre, quelle boulette !

Ceci est peut-être le révélateur d'un relâchement dans l'expression française, d'un manque d'apprentissage de la langue, pire d'un je-m'en-foutisme quant à la façon dont on parle.

Une bonne devise pourrait être : " la langue française, trésor de notre patrimoine "

J'ai écouté une émission avec Bayrou ( attention je ne fais pas de la propagande ) qui a abordé le problème du système éducatif ( eh oui il y a un problème ) et qui préconisait un relèvement de l'apprentissage du français surtout en primaire avec davantage d'heures données à cette matière essentielle qui, si elle défaillante, plombe toutes autres matières.

20% des jeunes qui font leur journée citoyenne ont de grosses difficultés à lire et à comprendre un écrit.

20% des élèves de 6ème ont la même carence langagière ( on les retrouve à la fin du lycée, ce qui est logique )

N'est-ce pas un scandale honteux pour la république qui s'est fondée sur l'école, socle de la démocratie ( comment voter si on ne sait pas lire, comment s'intégrer dans le monde professionnel ? ).

Il paraît qu'un élève de 5ème de nos jours a un niveau d'orthographe d'un élève de CM2 d'il y a dix ans ( je n'ose imaginer quel était le niveau d'il y a dix ans ) . L'orthographe n'est qu'un aspect de la langue mais son abaissement est éloquent sur le niveau.

De plus en plus, les professeurs d'université sont obligés de faire des cours d'expression écrite afin de présenter des copies correctes et lisibles, à défaut d'être excellentes ) .

Bayrou est-il le seul à pointer du doigt le caractère fondamental de la maîtrise de la langue pour la poursuite des études ?

L'aisance avec laquelle on parle est-elle une condition essentielle à la formation de l'esprit, à la capacité de se sentir bien sur la communication avec les autres dans notre entourage ?

Savoir parler favorise-t-il des relations plus paisibles avec les autres, en étant capable de manifester ses émotions avant de passer à la violence physique, ultime recours d'exister pour certains ? ( c'était une idée du Béarnais )

D'autres candidat font-ils des propositions sur l'enseignement du français ? Lesquelles sont les plus efficaces ?

Est-ce un problème de méthode, de moyens, de volonté ?

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Bran ruz Membre 8737 messages
Artisan écriveur ‚ 53ans
Posté(e)

La locution "vous n'êtes pas sans ignorer" peut être aussi considérée comme une marque d'ironie à l'encontre de l'interlocuteur.

En gros, elle peut tout aussi bien être un sous entendu à peine voilé pour signifier à l'auditeur :

"Puisque vous mettez ostensiblement en avant vos prétentions à détenir un énorme potentiel culturel, je vous invite à tenter de comprendre la suite de mon propos si vous en êtes capable."

Plusieurs explications sont possibles...

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Zarathoustra2 Membre 8656 messages
Surhomme Nietzschéen‚ 45ans
Posté(e)

bonjour

J'écoutais ce matin sur France Inter un reportage sur le collège Rameau à Versailles.

On interviewait un professeur agrégé de français qui au début de sa réponse a dit la phrase fautive suivante :

" vous n'êtes pas sans ignorer " .

On le sait bien cette tournure est mauvaise et dit le contraire de ce qu'on veut dire, c'est-à-dire : " vous savez bien que ..."

c'est un peu dommage ou même affligeant de voir un enseignant spécialiste de la langue française utiliser cet illogisme malheureusement répandu parmi les parleurs professionnels.

C'est une faute de logique (triple négation de "vous savez") non de français.

La logique n'est plus enseignée de nos jours.

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Bran ruz Membre 8737 messages
Artisan écriveur ‚ 53ans
Posté(e)

Ni le "bel esprit" d'ailleurs...

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PASDEPARANOIA Membre 27326 messages
In girum imus nocte et consumimur igni ‚ 47ans
Posté(e)

Vous n'êtes pas sans savoir

Vous n’êtes pas sans savoir signifie « vous savez (sans doute) ».

Le procédé stylistique par lequel on juxtapose à la préposition sans une tournure négative permet de donner une valeur positive à un énoncé et d’insister sur l’idée exprimée.

Ainsi, employer la locution n’être pas suivie de la préposition sans et d’un verbe à l’infinitif, équivaut à utiliser l’auxiliaire être suivi de ce même verbe, avec une nuance d’intensité. Les deux négations s’annulent en quelque sorte.

Prenons l’exemple qui nous occupe. Lorsque l’énoncé ne comprend que la préposition sans, ce qui donne vous êtes sans savoir, il signifie « vous ne savez pas, vous ignorez ». En ajoutant la formule ne pas, nous avons vous n’êtes pas sans savoir, qui signifie « vous savez sûrement, sans doute, certainement ».

Une erreur courante consiste à dire ou écrire vous n’êtes pas sans ignorer, alors que c’est le sens de vous n’êtes pas sans savoir qui est recherché. Faisons la même démarche que précédemment. Lorsque l’énoncé ne comprend que la préposition sans, ce qui donne vous êtes sans ignorer, il signifie « vous n’ignorez pas, vous savez ». Si nous y ajoutons la formule ne pas, nous avons vous n’êtes pas sans ignorer, qui signifie « vous ignorez sans doute, sûrement, certainement ».

La logique est la même lorsque les formes négatives non ou ne pas sont employées avec la préposition sans.

Exemples :

- L’arrivée de ce beau jeune homme n’est pas sans me troubler (me trouble vraiment).

- Nous avons grimpé jusqu’au sommet de cette montagne non sans peine (avec beaucoup de peine, de difficulté).

http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?id=2263

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miq75 Membre 2862 messages
90°‚ 44ans
Posté(e)

Je ne vois pas en quoi cette tournure serait particulièrement "mauvaise", les exemples de contresens acquis en français étant pléthores. Par exemple, un imbécile, cela signifie littéralement sans béquilles...

Effectivement, il semblerait cependant y avoir un problème éducatif (et pas uniquement, pensez aussi aux SMS) au niveau du langage, et c'est certainement très lourd de conséquence pour les générations futures. Et il est probablement temps de guetter les opinions politiques concernant ce problème, ainsi que d'autres, émises par les candidats, vu la proximité des élections.

Mais quelle est la solution ? Contraindre l'apprentissage des langues selon une norme complexe et figée (sachant que les langues évoluent) ? Simplifier l'orthographe pour accélérer son apprentissage ? Se focaliser sur la prime école ? Revoir intégralement le système éducatif (et au passage y intégrer des matières concernant les bonnes relation sociales à travers par exemple le respect et la tolérance) ? Je pense que le sujet est complexe. Trop pour être résolu en quelques posts. Mais déjà, à la base, améliorer la maitrise du langage des jeunes générations semble être une bonne idée.

Maintenant j'ai quand même un bémol à soumettre. Le langage est-il réellement naturellement le support de la pensée ? Les animaux ont-ils un langage, et pensent-ils ? Quelqu'un qui pense en anglais pense-t-il de la même manière que quelqu'un qui pense en chinois (je parle bien de la structure de support de la pensée – mot vs. idéogrammes – pas de l'environnement culturel qui y est lié) ? Peut être que le langage est lui même une limite à la pensée. Pourrait-on s'en passer ? Peut-on penser sans mots ? Doit-on essayer, pour se libérer d'une barrière supplémentaire ?

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Manon-_- Membre 31 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Vous n'êtes pas sans savoir

Litote !

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tricephale Membre 1650 messages
Forumeur alchimiste‚ 51ans
Posté(e)

bonjour

J'écoutais ce matin sur France Inter un reportage sur le collège Rameau à Versailles.

On interviewait un professeur agrégé de français qui au début de sa réponse a dit la phrase fautive suivante :

" vous n'êtes pas sans ignorer " .

On le sait bien cette tournure est mauvaise et dit le contraire de ce qu'on veut dire, c'est-à-dire : " vous savez bien que ..."

c'est un peu dommage ou même affligeant de voir un enseignant spécialiste de la langue française utiliser cet illogisme malheureusement répandu parmi les parleurs professionnels.

C'est une faute de logique (triple négation de "vous savez") non de français.

La logique n'est plus enseignée de nos jours.

la logique n'est pas une réalité purement intellectuelle ; elle s'incarne dans des mots ou des symboles ( mais ceux-ci sont des mots en raccourci ) .

La forme ( le langage ) doit reflétée le fond sinon on ne peut plus parler logiquement.

la tournure fautive prise en exemple et qui est répandue est une double faute : de logique,certes mais de français aussi.

Il me semble qu'avant d'apprendre la logique et ses symboles, on apprend d'abord une langue et que celle-ci est aussi formatrice de la pensée logique. Les règles de français ne nagent pas dans l'absurde, même si des incohérences, qui ne sont que des fautes passées dans le langage, perdurent encore.

D'autre part on pourrait très bien faire une thèse de maths sans employer de symboles mathématiques mais seulement que des mots français en toutes lettres, ça serait plus long mais cela serait tout aussi logique.

Si je dis : " deux x carré plus b x plus c " je parle d'une équation que je transmets avec des mots, les symboles mathématiques ne sont que des facilités d'écriture .

En dernier ressort, on pense avec des mots et que ceux-ci sont la transcription de choses réelles ou imaginaires ( quand on fait oeuvre de fantaisie. )

Pour moi, il n ' y a pas d'un côté la logique rationnelle et d'un autre le langage irrationnel.

Si le langage n'est vu que comme une suite de règles arbitraires, on va vivre dans un monde ubuesque, où chacun pourrait se créer ses propres règles, empêchant la communication entre personnes.

La phrase peut être l'habit raisonnable d'une pensée logique.

dire : vous n'êtes pas sans ignorer, revient à dire : vous n'êtes pas dans le savoir ( c'est-à-dire : sans ignorer ), donc vous ne savez pas alors que l'on veut dire, vous savez ( c'est plus long de dire avec les négations : vous n'êtes pas sans savoir, c'est-à-dire vous n'êtes pas dans l'ignorance )

bref, pourquoi une faute qui choque le bon sens, continue de faire florès alors que visiblement et logiquement, c'est tout à fait faux ?

poids d'un usage erroné ?

faute d'inattention ?

défaut de connaissance ?

échec de l'éducation scolaire ?

imaginez un langage qui ne reflète pas la logique, que deviendrait les textes de lois où chaque mot a son importance, que deviendrait les publications scientifiques ?

en passant ,que pourrait-on penser de la phrases suivante : vous n'êtes pas sans salaire, je suis sûr que là on comprend ( ah l'argent nous fait vite retrouver la terre ) et que la forme et le fond sont en adéquation complète et que notre compte en banque est rempli ! ! !

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Invité
Invité Invités 0 message
Posté(e)
On interviewait un professeur agrégé de français qui au début de sa réponse a dit la phrase fautive suivante :" vous n'êtes pas sans ignorer " .

On le sait bien cette tournure est mauvaise et dit le contraire de ce qu'on veut dire, c'est-à-dire : " vous savez bien que ..."

C'est peut-être juste un joli lapsus qui trahit sa pensée.

Il a voulu dire "vous n'êtes pas sans savoir" (ce qui signifie : "vous savez bien mais feignez de l'ignorer"), mais a fini par dire "vous n'êtes pas sans ignorer" (= "vous ignorez".... "peut-être parce que vous l'ignorez vraiment et que votre intention n'est pas stratégique"). Bref, ce n'est peut-être pas ce que tu crois...

Mais je suis d'accord avec toi sur la nécessité de mettre la gomme sur la maîtrise de la langue française à l'école primaire.

D'autres candidat font-ils des propositions sur l'enseignement du français ?

oui, Marine Lepen (je ne fais pas de propagande non plus^^) projette de centrer les efforts sur les fondamentaux (le français et les maths) et de supprimer l'apprentissage d'une langue étrangère en Primaire, son argument étant : "Vous n'êtes pas sans ignorer qu'apprendre une langue étrangère quand on ne maîtrise pas le français n'a aucun sens" (:D)

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Invité Uranie
Invité Uranie Invités 0 message
Posté(e)

En attendant, tout le monde dit "Par contre" "des fois" et j'en passe, pourtant ça ne choque personne..

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Invité
Invité Invités 0 message
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Ou encore "ceci dit" au lieu de "cela dit" ("ceci dit" ne peut être dit ou écrit. "Ceci" indiquant ce qui va être dit..)

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yop! Modérateur 20446 messages
Gonade Absolutrice‚
Posté(e)

bonjour

J'écoutais ce matin sur France Inter un reportage sur le collège Rameau à Versailles.

On interviewait un professeur agrégé de français qui au début de sa réponse a dit la phrase fautive suivante :

" vous n'êtes pas sans ignorer " .

On le sait bien cette tournure est mauvaise et dit le contraire de ce qu'on veut dire, c'est-à-dire : " vous savez bien que ..."

c'est un peu dommage ou même affligeant de voir un enseignant spécialiste de la langue française utiliser cet illogisme malheureusement répandu parmi les parleurs professionnels.

Comme dit Théia, c'est surement une contraction de "vous n'êtes pas sans savoir" et "vous ne pouvez pas ignorer". Les deux phrases expriment des idées très proches : on accuse (poliment ou avec ironie) la personne de feindre l'ignorance. Ça ne me choque pas de les voir fusionner, c'en est presque logique.

Les lapsus ne me dérangent pas non plus. Pourquoi serait-ce le signe d'une affligeante et mauvaise maîtrise de la langue ? A contrario (spéciale dédicace à Uranie ;)), je pense que les bons locuteurs sont très susceptibles de s'emmêler les pinceaux dans des tournures trop compliquées, de longs discours et des habitudes de langage qui laissent vagabonder la pensée... et paf ! Lapsus !

Le lapsus est bien autre chose qu'une simple lacune de français.

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Zarathoustra2 Membre 8656 messages
Surhomme Nietzschéen‚ 45ans
Posté(e)

Il me semble qu'avant d'apprendre la logique et ses symboles, on apprend d'abord une langue et que celle-ci est aussi formatrice de la pensée logique.

Espérons que non, car les règles du français sont chaotiques, désordonnées et n'ont jamais été rationalisées.

Les règles de français ne nagent pas dans l'absurde

Si.

Et c'est exactement pour cette raison que le mathématicien ne parle pas le "français", car il a besoin d'une langue logique, rationnelle. Les concepts mathématiques sont indicibles en langue française. Seul le langage formel permet de s'exprimer logiquement.

Si je dis : " deux x carré plus b x plus c " je parle d'une équation

Certes, mais vous ne parlez plus en français, puisque votre phrase ne respecte plus les règles de grammaire française, mais respecte les règles de construction mathématiques.

Si le langage n'est vu que comme une suite de règles arbitraires
Le langage est une suite de règles arbitraires.

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tricephale Membre 1650 messages
Forumeur alchimiste‚ 51ans
Posté(e)

Il me semble qu'avant d'apprendre la logique et ses symboles, on apprend d'abord une langue et que celle-ci est aussi formatrice de la pensée logique.

Espérons que non, car les règles du français sont chaotiques, désordonnées et n'ont jamais été rationalisées.

Les règles de français ne nagent pas dans l'absurde

Si.

Et c'est exactement pour cette raison que le mathématicien ne parle pas le "français", car il a besoin d'une langue logique, rationnelle. Les concepts mathématiques sont indicibles en langue française. Seul le langage formel permet de s'exprimer logiquement.

Si je dis : " deux x carré plus b x plus c " je parle d'une équation

Certes, mais vous ne parlez plus en français, puisque votre phrase ne respecte plus les règles de grammaire française, mais respecte les règles de construction mathématiques.

Si le langage n'est vu que comme une suite de règles arbitraires
Le langage est une suite de règles arbitraires.

J'ai du mal à saisir ce que vous dîtes, est-ce par ce que je ne suis ni mathématicien ni logicien, c'est possible,

mais il me semble que les signes et les symboles qui servent à écrire les raisonnements et les propositions logiques ont été le choix tout aussi arbitraire de la communauté scientifique ,et il est envisageable que demain un congrès de spécialistes décrète une nouvelle façon de symboliser la logique. La logique est dans le cerveau, les signes n'en sont qu'une manifestation.

Je vois bien qu'effectivement les symboles logiques sont exempts des incohérences du langage courant, ceci dit dire que toutes les règles du langage proviennent du chaos ne sent pas la nuance car il doit bien y avoir des règles de la linguistique et de la grammaire ou de l'orthographe qui ont une raison historique, et qui s'inscrivent dans un développement de la langue sur le long terme. Mais là certains diront " à bas la tradition " , position plus politique que linguistique !

D'ailleurs je crois me souvenir qu'au 16ème siècle en France des grammairiens ont décidé ( c'est là où est l'abitraire sans doute ) de donner des règles au français plus cohérentes.

En passant, j'ai entendu un jour une émission de radio sur la langue où on disait que dans 70% des cas, les bizarreries du langage provenaient de fautes d'usage de gens peu versés dans l'art de bien dire, qui sont passés dans des règles inscrites dans le marbre de la grammaire ( qui ne reflètent qu'un usage à moment donné , un consensus de tous sur la façon de communiquer)

En raccourci on pourrait dire que ce sont les ignorants qui bousculent les règles, les font bouger et en créent de nouvelles incompatibles avec la façon régulière de parler. Les mauvais de la classe propagent les fautes et la force de l'habitude fait le reste.

Si je reprends l'exemple ce ce pauvre agrégé disons étourdi, " vous n'êtes pas sans ignorer " pris dans le sens de " vous savez " est illogique. Il est fort à parier que cette faute si elle se répand devienne consacrée par l'usage ( du coup fautif ) créant ainsi une incongruité de plus que vous décriez par ailleurs justement.

Pour finir si le langage courant est imparfait il est quand même le produit de l'esprit humain, esprit qui est capable de raisonner logiquement, il suffirait d'une réforme ( pas d'une révolution ) pour en finir avec les lourdeurs de la langue qui choquent le bon sens voire la logique.

On y gagnerait en clarté dans l'expression et en authenticité dans les phrases qui nous servent à converser entre personnes bien constituées.

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miq75 Membre 2862 messages
90°‚ 44ans
Posté(e)

Je pense que ce n'est pas si aisé de simplifier la grammaire officielle, entre autres parce que les personnes utilisant des règles grammaticales établies vont avoir du mal à passer à des règles rendues plus cohérentes du jour au lendemain. Prenons par exemple un cas simpliste : la double négation du français.

La syntaxe correcte est d'écrire : "Je ne suis pas fatigué.". Ce qui correspond à deux mots négatifs pour exprimer une négation.

Paf ! En logique, on apprends (et c'est un des fondements) que la double négation s'annule : non(non(fatigué)) = fatigué.

C'est un cas ultra courant, en français comme en logique. Seriez vous près à transformer systématiquement cette phrase en "Je suis pas fatigué." ou en "Je ne suis fatigué." ? Ce n'est pas si évident de le faire automatiquement.

Et pour ce qui est de l'usage des parenthèses : comment simplement lever l'ambiguïté de la phrase "J'ai envie de canard et de pommes au four." ? le canard est-il désiré au four ? En mathématiques, on mettrait des parenthèses pour répondre à cette question. En français, ce n'est pas si évident, surtout à l'oral où l'on ne dispose pas de représentations sonores de ces signes.

Non, le français a peut-être eu des bases plus ou moins logiques à l'époque de sa structuration, mais le français actuel est bien loin d'être un formalisme rigoureux comme un langage logique l'est. Et c'est le problème de tous les langages naturels (qu'on oppose aux langages logiques, comme ceux de programmation). C'est d'ailleurs un problème très difficilement soluble en Intelligence Artificielle que de comprendre un texte en langue naturelle, entre autres parce que l'interprétation des langages naturels se fait à de nombreux niveaux (grammatical, contextuel, sémantique...), là ou un langage logique n'a qu'un seul niveau d'interprétation et où les polysémies sont proscrites.

Maintenant, chercher à simplifier le français est peut-être quand même une bonne idée, mais comment transiter d'un langage riche en exceptions et variété à un langage parfaitement standardisé et formalisé ? Et à contrario, une telle transformation n'est-elle pas une perte de richesse, une perte culturelle ? Pourquoi alors ne pas tous parler anglais, ou esperanto ?

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miq75 Membre 2862 messages
90°‚ 44ans
Posté(e)

J'ai du mal à saisir ce que vous dîtes, est-ce par ce que je ne suis ni mathématicien ni logicien, c'est possible,

mais il me semble que les signes et les symboles qui servent à écrire les raisonnements et les propositions logiques ont été le choix tout aussi arbitraire de la communauté scientifique ,et il est envisageable que demain un congrès de spécialistes décrète une nouvelle façon de symboliser la logique. La logique est dans le cerveau, les signes n'en sont qu'une manifestation.

Oui, mais là où en langage naturel un nouvel usage en efface un autre et fini par le remplacer, en langage logique le nouvel usage s'ajoute aux autres, mais ne les efface pas. C'est une conséquence de la formalisation stricte. Au pire, on peut recréer un système totalement original de représentation, jusqu'à ce que celui-ci s'intègre et soit démontré équivalent à un précédent (cas par exemple de l'algèbre des nombres complexes et de la géométrie vectorielle dans le plan, qui sont strictement équivalent, on peut passer de l'une à l'autre indifféremment et résoudre strictement les mêmes problèmes dans l'une comme das l'autre, mais en ayant l'impression de raisonner sur des supports complètements différents — on parle alors de théories bijectives entre elles.)

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miq75 Membre 2862 messages
90°‚ 44ans
Posté(e)

Pour finir si le langage courant est imparfait il est quand même le produit de l'esprit humain, esprit qui est capable de raisonner logiquement,...

Oui encore, mais l'esprit ne sait pas raisonner sans le support du langage. (Sait-il ?) Il est inconsistant (car aléatoire, car redondant) d'utiliser la cohérence d'une structure de raisonnement donnée (le langage naturel) pour raisonner sur la cohérence de cette même structure. C'est comme de tenter de prouver quelque chose que l'on a posé comme hypothèse nécessaire à sa propre démonstration, on se mords la queue.

En revanche, on peut utiliser un langage mathématique formel pour créer cette structure en toute cohérence. Mais c'est construire tout en repartant de zéro au niveau grammatical (social et culturel également, au passage, puisque le vocabulaire est lui même concerné), et quand on atteindra une richesse suffisante pour équivaloir à celle d'un langage naturel actuel, on aura probablement levé tous les pièges du langage. Mais comme personne n'est individuellement capable d'une telle œuvre, que celle-ci est nécessairement collective de part sa dimension, et que les usages locaux se ferons plus vite que les règles formelles, je ne pense pas que ce soit humainement possible.

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tricephale Membre 1650 messages
Forumeur alchimiste‚ 51ans
Posté(e)

Je pense que ce n'est pas si aisé de simplifier la grammaire officielle, entre autres parce que les personnes utilisant des règles grammaticales établies vont avoir du mal à passer à des règles rendues plus cohérentes du jour au lendemain. Prenons par exemple un cas simpliste : la double négation du français.

La syntaxe correcte est d'écrire : "Je ne suis pas fatigué.". Ce qui correspond à deux mots négatifs pour exprimer une négation.

Paf ! En logique, on apprends (et c'est un des fondements) que la double négation s'annule : non(non(fatigué)) = fatigué.

C'est un cas ultra courant, en français comme en logique. Seriez vous près à transformer systématiquement cette phrase en "Je suis pas fatigué." ou en "Je ne suis fatigué." ? Ce n'est pas si évident de le faire automatiquement.

Et pour ce qui est de l'usage des parenthèses : comment simplement lever l'ambiguïté de la phrase "J'ai envie de canard et de pommes au four." ? le canard est-il désiré au four ? En mathématiques, on mettrait des parenthèses pour répondre à cette question. En français, ce n'est pas si évident, surtout à l'oral où l'on ne dispose pas de représentations sonores de ces signes.

Non, le français a peut-être eu des bases plus ou moins logiques à l'époque de sa structuration, mais le français actuel est bien loin d'être un formalisme rigoureux comme un langage logique l'est. Et c'est le problème de tous les langages naturels (qu'on oppose aux langages logiques, comme ceux de programmation). C'est d'ailleurs un problème très difficilement soluble en Intelligence Artificielle que de comprendre un texte en langue naturelle, entre autres parce que l'interprétation des langages naturels se fait à de nombreux niveaux (grammatical, contextuel, sémantique...), là ou un langage logique n'a qu'un seul niveau d'interprétation et où les polysémies sont proscrites.

Maintenant, chercher à simplifier le français est peut-être quand même une bonne idée, mais comment transiter d'un langage riche en exceptions et variété à un langage parfaitement standardisé et formalisé ? Et à contrario, une telle transformation n'est-elle pas une perte de richesse, une perte culturelle ? Pourquoi alors ne pas tous parler anglais, ou esperanto ?

curieux désir, parler tous anglais ? cette langue n'a-t-elle pas aussi ses absurdités ? elle est réputée plus simple, certes quand on parle l'anglais globish, mais la langue de littérature est-elle plus abordable ?

Sur le plan de prononciation l'anglais est tout aussi énervant que le français, dans cette optique-là l'allemand est plus carré.

E n dernier ressort, la logique ou la raison n'est pas le suprême fondement de la vie humaine , bien au contraire, l'homme loin d'être un " animal " de raison est plus un être d'émotions, de passions, de contradictions, bon mais là on risque de faire de la philo, ce n'est pas le sujet

en passant, chercher à changer de tout au tout la langue peut être une cause de déperdition dangereuse de la production écrite contemporaine. Pour faire court, si dans 100 ans, le français nouvel mouture et simplifié est la langue de demain, comment comprendre la masse colossale de la production de l'écrit de la période moderne

Si on peut traduire en français moderne les quelques textes du moyen-âge, comment traduire tous les textes du 20ème siècle dans une langue nouvelle du 22ème siècle? c'est économiquement et matériellement impossible.

une langue sert à communiquer entre gens à instant T, mais si on veut comprendre nos ancêtres du 20ème siècle quand on se trouvera dans 100 ans avec un idiome très différent, on se coupera d'eux .

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miq75 Membre 2862 messages
90°‚ 44ans
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Héhéhé...

J'aurais pu dire chinois aussi, ou arabe, parce que ce seront probablement les langues les plus parlées dans le monde dans 20 ans, mais l'arabe est pour le coup extrêmement riche et complexe, et le chinois problématique pour nos claviers d'ordinateurs et nos esprits habitués aux lettres...

Mais ce n'est pas moi qui peste contre les fautes de français... Je n'ai fais que pousser plus loin tes remarques en proposant des solutions extrêmes... ;)

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tricephale Membre 1650 messages
Forumeur alchimiste‚ 51ans
Posté(e)

bon d'accord, tu pousses loin tes propositions, on pourrait dire aussi inventer une langue commune à tous les hommes car je ne trouve pas normal qu'une langue nationale ( envahissante ) devienne une langue internationale, ça m'énerve grandement

tu as lu " le seigneur des anneaux " ; Tolkien a bien crée des langues donc si on met ensemble des linguistes de tous les pays, on peut les faire plancher sur une langue nouvelle riche en vocabulaire avec des règles précises et cohérentes (ça tu devrait apprécier !!! )

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