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Tous propriétaires : la fin d'un mythe.


Invité David Web

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Tous propriétaires : la fin d'un mythe.

26070914896918942alaunedumondeeconomiedu8mars2011.jpg

Quand cela va-t-il s'arrêter ? Une interrogation qui taraude les Français devant la flambée des prix dans la capitale, de 146 % depuis 2000, et de 17,5 % pour la seule année 2010.

A l'échelon national, la hausse moyenne, en 2010, est de 9,5 % et, en Ile-de-France, de 12,1 %. En dix ans, les prix ont plus que doublé (+109 %), tandis que les revenus, eux, ne progressaient que de 45 %.

"Il est urgent de stabiliser le prix des logements, comme c'est le cas en Allemagne depuis longtemps, et de revenir à une corrélation avec les revenus", demande Christian Lefebvre, président de la chambre des notaires de Paris, dans une tribune publiée dans Les Echos, une revendication plutôt rare de la part d'un professionnel de l'immobilier.

Les associations de locataires, comme Consommation, Logement, Cadre de vie (CLCV) ou la Fondation Abbé-Pierre réclament, plus précisément, un encadrement ou un plafonnement des loyers.

Une politique de maîtrise des prix serait d'ailleurs très populaire, car l'accès de plus en plus difficile au logement inquiète les Français, comme le montre le sondage réalisé par TNS Sofres pour Nexity, publié le 22 février (réalisé les 3 et 4 janvier, auprès de 1 000 personnes représentatives de la population).

Les Français s'y montrent de plus en plus pessimistes, puisque seules 16 % des personnes interrogées estiment que la situation du logement va s'améliorer, la plus faible proportion depuis six ans.

ACCESSION A LA PROPRIéTé CONTRARIéE

En dépit des exhortations présidentielles, l'accession à la propriété progresse peu en France, précisément contrariée par la hausse des prix. Elle recule même dans les classes populaires, puisque le taux de propriétaires parmi les 30 % des ménages les plus pauvres a dégringolé, de 46 % en 1981 à 33 % en 2007, tandis que parmi le tiers des ménages les plus riches, il progressait, dans le même temps, de 51 % à 70 %.

Selon l'observatoire CréditLogement, acheter sa résidence principale coûte en moyenne 4,6 années de revenus en 2010, contre 3,2 seulement fin 2000. La cherté des logements angoisse les jeunes, qui désespèrent de devenir propriétaires, et pénalise l'attractivité économique d'un pays, d'une ville.

Le fait, par exemple, de pouvoir se loger facilement et à prix raisonnable en Allemagne est l'un des éléments de la compétitivité économique de ce pays.

En France, certaines villes trop chères, sur la Côte d'Azur ou près de la Suisse, peinent à attirer salariés et fonctionnaires, bien utiles pour faire fonctionner la cité. Marc Daunis, sénateur et maire (PS) de Valbonne (Alpes-Maritimes), remarque que "nombre de fonctionnaires refusent de venir travailler chez nous à cause de la cherté des logements".

Les classes moyennes sont donc chassées des centres-villes et vont se réfugier en périphérie, où elles propagent la hausse des prix et contribuent à l'étalement urbain. Le phénomène est clairement visible en Ile-de-France, avec une contagion de l'inflation immobilière du centre, Paris, vers sa grande banlieue.

Jamais, cependant, les Français n'ont tant acheté, puisque le nombre de ventes, en 2010, devrait dépasser 760 000, pas loin du record de 2007 (820 000). Ce paradoxe repose sur trois éléments.

Parmi les acheteurs, la part de ceux qui sont déjà propriétaires et revendent pour acheter ne cesse d'augmenter. Ces "secundo-accédants", totalement ou partiellement immunisés contre l'inflation immobilière, représentent deux acheteurs sur trois dans le marché de l'ancien.

VANNES DU CRéDIT

Ce n'est pas un hasard si les pays qui ont connu une très forte poussée des prix des logements sont aussi ceux où la proportion de propriétaires est la plus forte, comme au Royaume-Uni (68,5 %), en Norvège (75,8 %), en Irlande (77,7 %), en Islande (82,5 %), en Espagne (83,3 %) et en Hongrie (86,5 %).

La France occupe une position médiane, avec 57,2 % de propriétaires, tandis que l'Allemagne (44 %) n'a pas subi de telle hausse. Le lien entre instabilité des prix et taux de propriétaires n'est cependant pas mécanique.

Un deuxième facteur, plus puissant encore, est l'ouverture des vannes du crédit avec, en 2010, les taux les plus bas depuis quinze ans, un emprunteur pouvant décrocher un crédit sur 20 ans à 3,5 %.

L'allongement de la durée des emprunts a aussi un fort effet solvabilisateur : selon Créditlogement, les emprunteurs des années 2000 s'endettaient pour 15 ans en moyenne, et plus de 17,5 ans aujourd'hui. Et plus d'un quart des acquéreurs, notamment les jeunes, s'endettent pour plus de 25 ans, alors qu'ils n'étaient que 0,8 % en 2000.

Devenir propriétaire en France n'est donc possible qu'au prix d'un endettement massif des ménages, passé, selon l'Insee, de 53,2 % du revenu disponible en 2000 à 77,3 % fin 2010. C'est moins que nos voisins, notamment anglais, endettés à plus de 140 %, ou espagnols (124,2 %), mais l'augmentation reste spectaculaire.

L'inflation immobilière galopante et son corollaire, de lourdes dettes pesant sur le budget des ménages, n'est pas l'apanage de la France. Un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), paru le 25 janvier, s'interroge sur les méfaits de la hausse de l'immobilier dans la plupart des quarante pays membres, où la déréglementation financière, avec un accès trop facile au crédit, aurait à elle seule majoré le prix des logements dans des proportions allant jusqu'à 30 %.

Lorsque s'y ajoutent des incitations fiscales, comme la déduction des intérêts d'emprunts, ce qui était le cas en France jusqu'à fin 2010 et qui existe encore aux Etats-Unis, le phénomène s'aggrave encore.

En outre, aucun pays ne taxe le revenu fictif d'un propriétaire occupant, dispensé de payer un loyer. Ce qui déséquilibre le marché au détriment de la location. "Ces incitations orientent inconsidérément l'épargne vers le logement plutôt que d'autres placements, et les allégements fiscaux sont, en fait, capitalisés dans le prix des biens, alimentant la hausse", analyse Giuseppe Nicoletti, coordonnateur de l'étude.

suite de l'article.

Ps : j'ai surligné les passages les + intéressants pour qui veut une lecture rapide.

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Membre, Posté(e)
Asuras Membre 106 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Une solution serait comme au Chili d'introduire une monnaie de type UF.

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Membre, Posté(e)
LadyGaga Membre 283 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
Tous propriétaires : la fin d'un mythe.

26070914896918942alaunedumondeeconomiedu8mars2011.jpg

Quand cela va-t-il s'arrêter ? Une interrogation qui taraude les Français devant la flambée des prix dans la capitale, de 146 % depuis 2000, et de 17,5 % pour la seule année 2010.

A l'échelon national, la hausse moyenne, en 2010, est de 9,5 % et, en Ile-de-France, de 12,1 %. En dix ans, les prix ont plus que doublé (+109 %), tandis que les revenus, eux, ne progressaient que de 45 %.

"Il est urgent de stabiliser le prix des logements, comme c'est le cas en Allemagne depuis longtemps, et de revenir à une corrélation avec les revenus", demande Christian Lefebvre, président de la chambre des notaires de Paris, dans une tribune publiée dans Les Echos, une revendication plutôt rare de la part d'un professionnel de l'immobilier.

Les associations de locataires, comme Consommation, Logement, Cadre de vie (CLCV) ou la Fondation Abbé-Pierre réclament, plus précisément, un encadrement ou un plafonnement des loyers.

Une politique de maîtrise des prix serait d'ailleurs très populaire, car l'accès de plus en plus difficile au logement inquiète les Français, comme le montre le sondage réalisé par TNS Sofres pour Nexity, publié le 22 février (réalisé les 3 et 4 janvier, auprès de 1 000 personnes représentatives de la population).

Les Français s'y montrent de plus en plus pessimistes, puisque seules 16 % des personnes interrogées estiment que la situation du logement va s'améliorer, la plus faible proportion depuis six ans.

ACCESSION A LA PROPRIéTé CONTRARIéE

En dépit des exhortations présidentielles, l'accession à la propriété progresse peu en France, précisément contrariée par la hausse des prix. Elle recule même dans les classes populaires, puisque le taux de propriétaires parmi les 30 % des ménages les plus pauvres a dégringolé, de 46 % en 1981 à 33 % en 2007, tandis que parmi le tiers des ménages les plus riches, il progressait, dans le même temps, de 51 % à 70 %.

Selon l'observatoire CréditLogement, acheter sa résidence principale coûte en moyenne 4,6 années de revenus en 2010, contre 3,2 seulement fin 2000. La cherté des logements angoisse les jeunes, qui désespèrent de devenir propriétaires, et pénalise l'attractivité économique d'un pays, d'une ville.

Le fait, par exemple, de pouvoir se loger facilement et à prix raisonnable en Allemagne est l'un des éléments de la compétitivité économique de ce pays.

En France, certaines villes trop chères, sur la Côte d'Azur ou près de la Suisse, peinent à attirer salariés et fonctionnaires, bien utiles pour faire fonctionner la cité. Marc Daunis, sénateur et maire (PS) de Valbonne (Alpes-Maritimes), remarque que "nombre de fonctionnaires refusent de venir travailler chez nous à cause de la cherté des logements".

Les classes moyennes sont donc chassées des centres-villes et vont se réfugier en périphérie, où elles propagent la hausse des prix et contribuent à l'étalement urbain. Le phénomène est clairement visible en Ile-de-France, avec une contagion de l'inflation immobilière du centre, Paris, vers sa grande banlieue.

Jamais, cependant, les Français n'ont tant acheté, puisque le nombre de ventes, en 2010, devrait dépasser 760 000, pas loin du record de 2007 (820 000). Ce paradoxe repose sur trois éléments.

Parmi les acheteurs, la part de ceux qui sont déjà propriétaires et revendent pour acheter ne cesse d'augmenter. Ces "secundo-accédants", totalement ou partiellement immunisés contre l'inflation immobilière, représentent deux acheteurs sur trois dans le marché de l'ancien.

VANNES DU CRéDIT

Ce n'est pas un hasard si les pays qui ont connu une très forte poussée des prix des logements sont aussi ceux où la proportion de propriétaires est la plus forte, comme au Royaume-Uni (68,5 %), en Norvège (75,8 %), en Irlande (77,7 %), en Islande (82,5 %), en Espagne (83,3 %) et en Hongrie (86,5 %).

La France occupe une position médiane, avec 57,2 % de propriétaires, tandis que l'Allemagne (44 %) n'a pas subi de telle hausse. Le lien entre instabilité des prix et taux de propriétaires n'est cependant pas mécanique.

Un deuxième facteur, plus puissant encore, est l'ouverture des vannes du crédit avec, en 2010, les taux les plus bas depuis quinze ans, un emprunteur pouvant décrocher un crédit sur 20 ans à 3,5 %.

L'allongement de la durée des emprunts a aussi un fort effet solvabilisateur : selon Créditlogement, les emprunteurs des années 2000 s'endettaient pour 15 ans en moyenne, et plus de 17,5 ans aujourd'hui. Et plus d'un quart des acquéreurs, notamment les jeunes, s'endettent pour plus de 25 ans, alors qu'ils n'étaient que 0,8 % en 2000.

Devenir propriétaire en France n'est donc possible qu'au prix d'un endettement massif des ménages, passé, selon l'Insee, de 53,2 % du revenu disponible en 2000 à 77,3 % fin 2010. C'est moins que nos voisins, notamment anglais, endettés à plus de 140 %, ou espagnols (124,2 %), mais l'augmentation reste spectaculaire.

L'inflation immobilière galopante et son corollaire, de lourdes dettes pesant sur le budget des ménages, n'est pas l'apanage de la France. Un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), paru le 25 janvier, s'interroge sur les méfaits de la hausse de l'immobilier dans la plupart des quarante pays membres, où la déréglementation financière, avec un accès trop facile au crédit, aurait à elle seule majoré le prix des logements dans des proportions allant jusqu'à 30 %.

Lorsque s'y ajoutent des incitations fiscales, comme la déduction des intérêts d'emprunts, ce qui était le cas en France jusqu'à fin 2010 et qui existe encore aux Etats-Unis, le phénomène s'aggrave encore.

En outre, aucun pays ne taxe le revenu fictif d'un propriétaire occupant, dispensé de payer un loyer. Ce qui déséquilibre le marché au détriment de la location. "Ces incitations orientent inconsidérément l'épargne vers le logement plutôt que d'autres placements, et les allégements fiscaux sont, en fait, capitalisés dans le prix des biens, alimentant la hausse", analyse Giuseppe Nicoletti, coordonnateur de l'étude.

suite de l'article.

Ps : j'ai surligné les passages les + intéressants pour qui veut une lecture rapide.

ben je trouve que c'est plutot une bonne nouvelle se savoir que le marché

de l'immobilier reprend !!

par contre je crois que le projet de fiscaliser les +/- values est dans les tuyaux !

attention !!!

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Membre, 32ans Posté(e)
economic dream Membre 3 028 messages
Baby Forumeur‚ 32ans‚
Posté(e)

C'est la conséquence de la spéculation immobilière exacerbée depuis des années.

Des riches investissent leur argent dans des maisons qu'ils mettent à louer.

Avec les bénéfices de la location ils achètent d'autres logements.

De cette manière le logement est très demandé par:- des gens qui veulent acheter leur première maison

- des spéculateurs immobiliers

- les gens normaux qui investissent dans des terrains ou des petits logements

Cela met une pression folle sur le prix du logement.

La solution est l'interdiction de posséder plus de 10 logements par personne et de taxer sur les revenus de la location à partir du moment ou l'on possède 2 logements à louer.

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Membre, Partisan de la non-violence, 113ans Posté(e)
Sylvano Membre 4 949 messages
113ans‚ Partisan de la non-violence,
Posté(e)

C'est clair que les prix augmentent et que la vie devient de plus en plus chère. Pour l'immobilier, faut plus facilement s'éloigner de la ville pour avoir des terrains / loyers plus abordables.

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