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La Novlangue du capitalisme

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Mobrac

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Membre, 68ans Posté(e)
Mobrac Membre 13 messages
Forumeur balbutiant‚ 68ans‚
Posté(e)

 

 

Orwell avait vu juste, nous ne sommes plus autorisés à nommer le réel. Pour survivre dans le débat public, il faudrait désormais adopter leur lexique :  impacter , externaliser, lutter contre le wokisme . Bourdieu * disait: le langage ne sert plus à décrire le monde, il sert à le masquer.

 

La langue est devenue un outil de dépossession : Le défavorisé remplace l'exploité, transformant une réalité systémique en simple accident du destin, en un manque de chance. La  démarche qualité devient l’euphémisme du suicide lié à la productivité. Les charges sociales sont travesties en poids mort pour l'entreprise, occultant leur nature réelle de salaire différé. Il faut aussi utiliser des anglicismes qui d’ailleurs ne correspondent absolument pas à notre culture.Un  plan de sauvegarde de l’emploi n'est que le voile sémantique jeté sur la brutalité des licenciements. Malgré les appels de Bourdieu à la vigilance linguistique, le champ est déserté. Les syndicats, pris au piège de cette novlangue qu'ils ont parfois fini par adopter,  semblent dépassés. Si nous perdons la maîtrise des mots, nous perdons la capacité de penser la révolte. Il est temps de réapproprier notre vocabulaire pour briser la brutalité dissimulée de cette finitude imposée.

Réapprendre à nommer est le premier acte de résistance. 

Si la novlangue est le conservatoire de l'immobilisme, alors le premier geste politique doit être un acte de sabotage sémantique. Il ne suffit plus de critiquer leurs termes ; il faut restaurer la puissance de feu des nôtres. Chaque fois qu’une « optimisation » est évoquée, nous devons traduire par « casse ». Chaque fois que l’on nous parle de flexibilité , nous devons rétablir le mot  précarité . La curiosité désintéressée, qui doit être le socle de ces réflexions, commence ici : dans ce refus obstiné de laisser les mots du marché coloniser notre espace mental.

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Membre, 125ans Posté(e)
Anna Purna Membre 1 425 messages
Forumeur vétéran‚ 125ans‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, Mobrac a dit :

Réapprendre à nommer est le premier acte de résistance. 

alors résistons ! A commencer déjà par mes mots les plus simples : un aveugle (et pas un non-voyant), un mort (et pas un disparu), un trismomique (et pas un déficient mental), etc.

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Membre, 68ans Posté(e)
Mobrac Membre 13 messages
Forumeur balbutiant‚ 68ans‚
Posté(e)
il y a 23 minutes, Anna Purna a dit :

alors résistons ! A commencer déjà par mes mots les plus simples : un aveugle (et pas un non-voyant), un mort (et pas un disparu), un trismomique (et pas un déficient mental), etc.

Bravo, j'applaudis .

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Membre, Voyageur, 71ans Posté(e)
Plouj Membre 119 919 messages
71ans‚ Voyageur,
Posté(e)

Ne pas laisser l'IA écrire nos textes.

 

La péjoration modifie la langue.

Les caissières, les hôtesses de caisses 

Le balayeur, technicien de surface 

Un nain, une personne de petite taille

Un pauvre, un défavorisé

Un clandestin, un sans-papier

Aller à la piscine, se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé 

 

Liste non exhaustive

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