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Leverkuhn

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Tout ce qui a été posté par Leverkuhn

  1. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Prenons une partie de votre signature : Mais puisque vous me dites que ce n'est pas de ça dont il s'agit (c'est pourtant écrit pixel noir sur pixel blanc, mais évidemment en-soi doit être compris comme pour soi ), vous ne pensez rien philosophiquement en dehors du cogito en l'état. Les sensations, le lien entre l'Objet et le Sujet sont déjà présentes dans les réflexions de Descartes, Kant, etc. Philosophiquement, il n'y a donc rien de neuf. Et le contenu de la philosophie que vous affectionnez, c'est celle de Sartre et de la phénoménologie. C'est celle que vous pratiquez. CQFD.
  2. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Hello Demsky, je crois oui, dans la mesure où Descartes commence par le cogito (preuve ontologique du Sujet), puis par la preuve ontologique de l'existence de Dieu pour arriver à quelques certitudes sur le monde. Il a besoin des deux, d'un côté la certitude d'exister, et de l'autre l'existence d'un Dieu parfait transcendant rendant le monde intelligible. Spinoza refuse le Cogito, il considère que la conscience humaine est toujours faillible. Il part seulement de la preuve ontologique pour arriver à la condition humaine spéciale. De là l’immanence. Il n'y a pas d'un côté le monde, Dieu, et l'Homme. Il y a Dieu, c'est à dire la nature, il y a ses infinités d'attributs, et les modes, les manifestations singulières de la substance. L'Homme en tant que mode particulier ne perçoit que deux attributs de la substance, la pensée et l'étendue. Cela dit au delà de l'opposition, on comprend comment la réflexion de Spinoza s'articule à partir de la pensée de Descartes. C'est à mon avis ça qu'il y a d'intéressant entre les deux.
  3. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    D'abord, je note que vous ne pensez pas l'être en soi. Vous pensez le lien qui vous relis à l'être en soi. La question est : quel est le contenu de cette pensée ? Vous dites "l'être en soi a priori m'est donné." C'est là une assertion au mieux qui demande à être éclaircie et qui nous ramène encore à une phénoménologie, au pire une assertion incohérente et sans fondement. Ce n'est pas ce que j'appelle penser le lien, la modalité selon laquelle vous êtes relié à l'objet, la surface de contact avec les choses. Donc je réitère, jusqu'à preuve du contraire l'Objet se donne à l'Homme seulement par la sensibilité et l'entendement humain. Partant de là, vous pouvez dire que l'être vous est donné, mais vous ne pouvez certainement pas dire qu'il se donne tel, en-soi. La fraise ne se donne pas à l'homme de la même façon qu'elle se donne à une fourmi. Du reste il est très probable que la catégorie fraise n'existe pas pour une fourmi. Quel est donc l'être de la fraise dont vous parliez ? Une catégorie universelle existante, certainement pas. C'est la fraise telle qu'elle se donne pour vous, Sujet.
  4. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Qu'est-ce que vous pensez philosophiquement en dehors du cadre de la conscience de soi ?
  5. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Vous considérez que l'être n'est pas du ressort de la philosophie. Vous entérinez la conscience de soi quand vous assumez votre rôle de scientifique. Et parallèlement, vous dites que quand vous faites de la philosophie, vous vous intéressez uniquement à la conscience de soi. Par conséquent, lorsque vous faites de la philosophie, vous n'entérinez pas la conscience de soi. Votre philosophie ne se distingue donc pas de celle de Sartre et de la phénoménologie. C'est de la logique élémentaire non ? Les sciences étudient sous le mode de l'objectivité. C'est ce que font les sciences sociales lorsqu'elles étudient le monde social, et l'Homme en général. Quand vous faites de la biologie, vous étudiez les êtres vivants en tant qu'objets. Vous êtes a priori bien placé pour comprendre les limites de cette différence. Vous mentionniez l'éthologie. Si je ne m'abuse, l'éthologie n'est pas sous la tutelle des sciences humaines dans la classification du CNRS, mais bien des sciences. Le souci est effectivement de croire que la connaissance qu'on a d'une chose est une connaissance universelle. Vous ne sortez pas vraiment du Kantisme, vous ne pensez tout simplement pas la science que vous pratiquez.
  6. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    L'empirisme est plus présent en Angleterre au moins depuis Francis Bacon. l'Angleterre hérite davantage de la tradition nominaliste, la France du conceptualisme.
  7. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Pas la peine, si vous me dites que l'être et la théologie naturelle de Spinoza, c'est de la physique, je vous crois sur parole. Heureusement que je vous aide dans votre argumentation, parce que sinon on est quand même dans le flou total. La distinction faite entre sciences humaines n'a rien d'épistémologique, elle est sociale, elle est politique, elle est morale. Maintenant si on parle des shs au sens des humanités au sens large, qui incluent la littérature, l'art, etc. Oui la philosophie en fait partie. C'est un fait. Maintenant, si vous prenez les travaux de ceux qui travaillent en philosophie des sciences, en logique, en mathématiques, ou sur la physique, on ne peut pas dire que l'objet de leur travail porte sur les sciences humaines mais bien sur les sciences dures. Ceux la même d'ailleurs qui font de l'épistémologie, comme théorie de la connaissance sont en philosophie. Justement la métaphysique de Kant ne porte plus sur la chose en soi, mais sur ce qui fonde a priori la connaissance chose. Je ne vais pas vous faire tout un cours sur Kant, il y a de très bons résumés en ligne. Ce que j'ai surtout noté ce sont vos incohérences. D'un coté vous me dites qu'il faut entériner la conscience de soi, de l'autre que l'être n'est pas du registre de la philosophie. C'est vous qui semblez avoir un problème avec la chose en soi, c'est à vous d'y répondre, comme un grand. Je vous aide déjà à construire vos arguments mais je vais pas non plus faire tout le travail Mauvais je dirais pas ça, on ne peut pas dire du reste que la littérature continentale soit vraiment meilleure, notamment en psychologie. Ils sont à la recherche de l'efficacité, dans la thérapie, et le diagnostic. Souvent ils négligent tout l'aspect social de la psychologie. Là est le problème. À contrario en France, on a les tenants de la psychanalyse qui se proposent de donner une vision renouvelée du confessionnal. Je ne sais pas ce que je préfère entre les deux. Ça s'appelle le Spinozisme
  8. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Si tout le monde l'a constaté. Mais il faut s'entendre sur le terme physique, dans le sens actuel, celui-ci comprend également des principes métaphysiques. Il faut également aller jusqu'au bout du raisonnement quant à la séparation de la science et de la philosophie et quant au statut de la philosophie qui ne peut consister en un savoir d'aucune sorte sur un objet, puisque ce dit savoir échappe à la philosophie et devient une discipline scientifique à part entière. Ça vaut pour la physique, pour les sciences cognitives, humaines et sociales, etc. Puisque transcendantal est une formulation Kantienne, il va de soi que je parle de la métaphysique au sens de sa refondation par Kant. Cogito ou pas, on ne peut pas vraiment se passer de la subjectivité en métaphysique. Les attributs transcendantaux de l'être ne peuvent plus être tenus comme a priori. Ils cèdent la place à la connaissance transcendantale. Parce que vous restez enlisé dans le besoin ontologique. L'intérêt (à mon avis) de la critique de la raison pure, est justement d'en sortir. À ce sujet, je vous conseille la lecture des leçons sur la CRP de Kant par Adorno. C'est limpide effectivement. Ça ne répond pas à la question de ce qu'est une fraise en soi. Du sens que vous produisez. Vous voyez des pommes tomber à la fin de chaque Automne, vous vous dites qu'elles tomberont l'automne prochain. Et vous attribuez leur chute à une idée abstraite qu'on appelle la gravitation universelle. Pour le reste ce n'est pas du sens, c'est juste l'enoncé d'un fait que vous observez. Vous n'en donnez pas le sens, l'explication (ça ne m'intéresse pas du reste). Vous faites bien de préciser l'époque de ce matérialisme. Mais c'est davantage une approche réductionniste, qu'une approche matérialiste, objective, dont il est ici question.
  9. Pour répondre à la question, il faudrait s’interroger ce que signifie la démocratie. Est-ce une forme de gouvernement ou bien autre chose ? Si c'est une forme de gouvernement, comment se fait-il que des gouvernements de formes multiples puissent se réclamer de la démocratie ? Il y a également quelque chose de surprenant dans le fait d'observer des formes de gouvernement analogues mais ne se réclamant pas de la démocratie, par exemple un roi ou un dictateur peut se réclamer tantôt de Dieu tantôt du peuple. Il y a dans la question de la démocratie deux signifiants qui se superposent sans cesse, et avec lesquels jouent les puissants. La nature et la distinction entre ces deux signifiants n'est pas encore claire, pour moi cela dit.
  10. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Spinoza est un homme du XVIIe siècle, lecteur de Descartes soit dit en passant. On ne peut pas dire qu'il ait élaboré une théorie physique par ailleurs. Cependant, son ontologie est bien naturaliste, immanente. Le transcendantal, c'est l'élaboration d'une métaphysique centrée sur le savoir, et non plus sur l'objet du savoir. Or l'objet du savoir n'est accessible que par la sensibilité et l'entendement humain, jusqu'à preuve du contraire. Donc élaborer un lien philosophique avec la chose en soi, qui n'est pas de l'ordre d'une philosophie transcendantale, ça me semble compliqué. Heidegger s'est épinglé tout seul sur son usage de la phénoménologie dans sa lettre sur l'humanisme. S'il faut lire être et temps dans l'esprit du "tournant", alors c'est bien l'esprit de faire de l'ontologie qu'on retrouve chez Heidegger. La seule raison qui justifierait de distinguer les deux épistémologiquement, serait de poursuivre la pensée de la séparation de l'âme et du corps. Je n'en vois pas d'autres. Dans les faits, la science aussi bien humaines que naturelles, repose sur des choses objectivables, que ce soit d'un côté la nature, ou de l'autre l'esprit objectif, c'est au fond la même méthode qui est retenue, avec du reste les mêmes limites, quant à la connaissance de l'objet en lui même. Tout sens est produit par un sujet. ça n'existe pas le sens en soi.
  11. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    C'est le lot de pas mal de grands philosophes académiques qui plus est allemands, leur biographie est chiante comme la pluie. C'est bien normal. L'engagement sous toutes ses formes, c'est pas leur fort. Mais c'est étrangement sur Kant que la question de son vide biographique apparaît le plus. Ce qui dénote sur le caractère impeccable de sa philosophie. L'être classique n'est plus pensé effectivement. Comment penser ce dont personne ne peut avoir conscience. C'est bien la critique essentielle que pose Kant ici. Dans le même temps, il y a toujours pensée du lien avec l'être. C'est le transcendantal. Si l'être dont vous parlez concerne l'être intramondain (cf. Heidegger), alors en réalité, c'est d'une ontologie naturelle, Spinoziste dont il est question. Sinon c'est le flou artistique Heideggerien de l'être, une sorte d'hylé revisitée. Vous avez raison, nous sommes en 2024*, des choses se sont produites depuis l'ontologie de Heidegger, il serait temps de passer à autre chose. Par ailleurs cette césure entre sciences et philosophie est mortifère. Elle fait de la discipline philosophique un champ de savoir sans corrélat, un champ de savoir dont la seule fonction est d'être une manifestation du pouvoir. *: 2025 mais chut, faut pas le dire
  12. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Au delà du pourquoi, s'il est question de se focaliser sur l'objet de l'attention d'un Sujet, si c'est a priori de la conscience (ici du sujet observé), c'est des sciences dont il s'agit (selon vos propres catégories, c'est l'attitude naturelle cf. Husserl). Sinon c'est de la phénoménologie*. Ce n'est pas de l'ontologie. La subjectivité pose problème à partir de la querelle des Universaux. Comme vous le dites plus loin les distinctions, réductions des sciences, faites par le Sujet ne parviennent jamais à être absolument justifiées. Il y a toujours une part d'arbitraire, associée à l'observation faillible du Sujet. L'émergence du thème de la subjectivité en philosophie découle de cette querelle. C'est à partir de là que l'objet de la philosophie devient davantage l'entendement humain, la sensibilité, plutôt que le monde perçu par l'Homme. Et c'est encore le cas, c'est bien normal. Il faut s'y faire. Son lien, c'est notoirement connu depuis Kant, ça s'appelle le phénomène. * : suspension de l'attitude naturelle et focalisation sur les vécus de la conscience
  13. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Au moins vous avez pu les voir tous les deux, c'est déjà ça. Si Bernard t'avait dit "Rhooo, le petit brun", et qu'il t’apparaît que le petit brun est une blonde, ça aurait été problématique . Sinon, là on sort du registre de la philosophie pour entrer dans celui de la psychologie.
  14. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Le Monde et non Son Monde. Le monde du malin génie n'est pas celui du sujet. Aucune transcendance n'est nécessaire entre le Sujet et son propre monde pour Descartes. Que faut il comprendre de ces deux propositions ? Ce n'est pas de l'ontologie, mais de la phénoménologie, qui se focalise sur l'intentionnalité que le Sujet porte à l'Objet, cf. Husserl.
  15. Leverkuhn

    Ontologie éléate

    Le système philosophique le plus général portant sur le réel se nomme ontologie. Le philosophe qui en a fait le système le plus abouti est sans doute Spinoza. Bien-sûr, ontologie n'est pas un terme qu'il emploie, c'est un anachronisme, mais c'est bien d'ontologie qu'il s'agit. Cette ontologie est intéressante en ce qu'elle objective la pensée de Descartes. Elle pense la pensée et le corps non plus comme substances distinctes, mais comme simples attributs de la substance, de l'être absolu. Hegel a bien compris l'entreprise de Spinoza. C'est ce qui l'amène à considérer dans ses leçons sur l'histoire de la philosophie que "Spinoza est un point crucial dans la philosophie moderne. L’alternative est : Spinoza ou pas de philosophie… La pensée doit absolument s’élever au niveau du spinozisme avant de monter plus haut encore. Voulez-vous être philosophes ? Commencez par être spinozistes ; vous ne pouvez rien sans cela." A l'ontologie de Spinoza, celui-ci oppose la dialectique, c'est à dire un système de la non identité de la pensée et de l'être. Un système dont l'identité de la pensée et de l'être n'arrive qu'au terme d'une dialectique, par un dépassement, l'aufhebung. Il faut reconnaître l'intérêt et la portée de cette dialectique. Les limites de l'ontologie Spinoziste, mais comme de toute ontologie aussi générale, porte sur le monde concret, "matériel", sur le particulier. Le système que bâtit Hegel n'est plus une ontologie à proprement parler mais une phénoménologie du savoir absolu qui se déploie par l'usage d'un transcendantal historique. Cette distinction entre phénoménologie telle que définie par Husserl et ontologie, n'est pas reprise par Heidegger, qui s'emploie à faire de l'ontologie phénoménologique, i.e. à chercher l'être par la phénoménologie. De là advient les chemins qui ne mènent nulle part. Je noterai pour ma part que Spinoza et Hegel (davantage Kant en réalité que Hegel) sont les deux grands penseurs de la philosophie moderne. L'un pense l'être dans son unicité (ontologie), l'autre pense la non identité (pensée critique).
  16. Cordon bleu et purée de patates douces aux chataignes
  17. J'espère que vous avez raison. Je reste sceptique sur le fait que chaque partie prenante souhaite éviter la guerre. Le déclin Américain ne présage rien de bon.
  18. Plutôt avec des F35 et une flotte américaine, ça ne m'étonnerait pas que dans les mois ou années qui viennent, on se focalise davantage sur Taïwan, qui offrira un excellent prétexte de casus belli pour les États-Unis.
  19. Les inégalités salariales hommes femmes sont plus fortes chez les cadres que dans les autres catégories socioprofessionnelles. Ce qui s'explique en grande partie par le fait qu'on retrouve des valeurs extrêmes dans les salaires des cadres, et que celles ci sont davantage concentrées chez les hommes. Cela dit cadre, aujourd'hui c'est 20% de la population active. Et quand on sait que les inégalités hommes femmes augmentent fortement selon le nombre d'enfants par femmes, on comprend pourquoi le taux de fécondité est si bas, ça et le fait qu'évidemment le niveau de diplôme a tendance à retarder l'age du premier enfant. Il faut donc savoir ce qu'on veut, accepter une compétition avec les résultats que ça donne en matière de politique familiale, ou privilégier davantage de compensation pour permettre aux femmes d'assumer les deux.
  20. Simple précision, la sécurité sociale de l'alimentation est une idée soutenue par Bernard Friot et par le réseau salariat, mais je ne crois pas qu'il en soit l'initiateur. Cela n'a pas beaucoup d'importance cela dit du moment que l'idée se diffuse. https://securite-sociale-alimentation.org/la-ssa/historique/
  21. L'Histoire Universelle se heurte toujours à celle des mémoires. Évidemment qu'il y a eu des tas d'Ouradour sur Glane en Algérie. Les enfumades du Dahra, de Sbéhas, etc. Seulement pour un Français dont les ancêtres n'ont pas été victimes de la colonisation, tout ça n'existe pas vraiment, ou alors il s'en fout comme de l'an 1940. Sauf que l'an 1940, ça lui tient a cœur et c'est normal. Ce qui est difficile à encaisser, c'est que c'est exactement la même logique qui est à l’œuvre dans les deux cas de figure, ceux de la colonisation et ceux de l'Allemagne nazie.
  22. Quand je cherche l'étymologie du mot instinct, je tombe sur "impulsion donnée", "qui meut l'âme humain", etc. Je ne suis pas fan de l'étymologie des mots mais dans le cadre de celui-ci je le trouve particulièrement instructif. Je comprends pourquoi cette notion a eu tant d'importance dans la compréhension du comportement animal. L'instinct se rapporte à tout ce qui concerne la mécanique du corps, et à la manière avec laquelle cette mécanique affecte "l'âme". Depuis Descartes, l'animal est conçu comme une sorte de machinerie complexe et ingénieuse. Il est donc naturel d'associer l'ensemble de ses mouvements, de ses comportements à l'instinct qui s'y rapporte. S'agissant de l'humain, c'est effectivement plus complexe car avec Descartes, l'Homme pense et ça change tout. On peut même dire que c'est ce qui fait de lui un Homme. Un Homme libre puisque pensant, libre d'accéder à la Raison Universelle ou de subir les affres de ses passions. Les passions, voilà quelque chose qui effrayait déjà la princesse de Bohème, pour qui Descartes adresse son traité des passions. Descartes y explique la mécanique du corps, et la façon dont les "esprits animaux" affectent l'âme humaine. Il y explique également comment par la discipline et le dressage du corps, l'âme parvient à prendre le dessus sur le corps. Plus tard au 18e siècle, avec La Mettrie et son ouvrage intitulé l'Homme Machine, on y retrouve cette mécanique du corps appliquée à l'Homme ainsi "qu'une théorie générale du dressage" comme le dit Foucault. On comprend là la place que prend l'instinct, dans les balbutiements de la société disciplinaire du 18e siècle. Il est tout ce qui fait obstacle à la docilité du corps, la docilité du soldat dressé pour tuer, du policier dressé pour le maintien de l'ordre, de l'employé dressé pour travailler. Il doit donc être domestiqué pour obéir à la raison naturelle diront les idéalistes, pour obéir aux instincts des puissants diront les cyniques. Il se met donc en place un ensemble de structures destinés à dresser les plus récalcitrants, prisons, asiles, maisons de travail. La camisole du corps devient l'instrument de libération de l'âme. Il faut reconnaître une certaine efficacité de ces diverses pratiques du dressage de l'Homme, pratiques qui ont fait tout un ensemble de nouveaux savoirs. Car à la question du dressage de l'Homme naît concomitamment la Science de l'Homme. L'Homme devient objet de savoir. Mais peut être que ce qu'il y a de plus choquant là dedans n'est pas tant la question du dressage que la question du dresseur. Ce qui heurte Foucault, c'est le véritable savoir/pouvoir que le dresseur construit pour satisfaire ses instincts, sans que ses propres instincts soient soumis à une quelconque discipline. Peut être le temps est il venu de s'affairer à un nouveau dressage, au dressage du maître. Il reste encore un ensemble de savoirs nouveaux à bâtir s'agissant de ce dressage.
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