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Tout ce qui a été posté par Arkadis
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Merci pour ce travail et la générosité du partage. Votre exposé me permet de préciser ma pensée sur certains points. Je suis d'accord avec Bergson : s'appuyer d'abord sur les "données immédiates", sur l'expérience intérieure telle quelle se donne avant toute traduction abstraite. Mais alors je récuse le mot "conscience" qui est déjà une traduction abstraite. Personne ne sait de quoi nous parlons précisément lorsque nous employons ce mot. Si je veux rester le plus près possible de l'expérience intérieure alors j'emploierai le mot : "ressenti". La conscience comme vécu c'est le ressenti, ce que je ressens. Je pourrais bien à cet égard trouver d'autres descriptions, qui évitent l'abstraction du mot "conscience". Je suis en recherche de telles descriptions mais ce n'est pas aisé. Restons à "ressenti". De toute façon tout passe d'abord par l'intériorité, même si nous nous en rendons pas toujours compte. Tout a donc la marque de notre intériorité, même en science. "Ce que l'on mesure ce n'est jamais la sensation elle-même, mais la grandeur physique de l'excitation". La sensation elle-même reste en effet une expérience éminemment intime, irréductible à tout équivalent externe. "Ce que ça fait d'être une chauve souris" nous échappe complètement [Thomas Nagel ]. Ce que ça fait d'être un être conscient échappe à toute explication scientifique (je ne réfute pas le qualificatif "conscient", qualificatif qui "parle" communément au contraire de son substantif : conscience ; ici il faudrait ouvrir un diverticule vers les pièges du langage). Je ne pense pas que l'attitude de Bergson s'oppose à celle de Kant, du moins le Kant de la CRP (les autres ouvrages ok, il peut y avoir opposition). Dans la CRP Kant précise tout de suite de quoi il parle, et surtout de quoi il ne parle pas : il ne parle pas de psychologie, il ne s'intéresse pas à l'intériorité vu comme subjectivité. "Bergson dévoile l'erreur...celle de projeter les formes de l'espace sur la vie intérieure" Il y a en effet, quant à l'espace, des erreurs manifestes de discernement. Tout part de l'intériorité, tout transite d'abord par l'intériorité. La perception est toujours intériorité. Mais il y a des perceptions qui renvoient à une extériorité, d'autres non (les sentiments sont aussi des perceptions mais elles ne renvoient pas vers un objet situé dans l'extériorité, dans le spatial ). Quand je vois un arbre son extériorité m'est donné d'emblée alors qu'il s'agit d'abord d'une image intérieure. Mais il y a un automatisme immédiat, l'image me donne une distance, un volume, une couleur, une forme, que je prends comme une information donnée immédiatement alors qu'en fait il y a le truchement de la sensation intérieure. C'est cette immédiateté apparente qui engendre les confusions soulignées par Bergson. Confusion qui consiste à faire équivaloir le spatial (l'extérieur, la donnée apparemment immédiate et instantanée) et l'intériorité. Les capacités de l'être humain sont telles qu'il peut figurer cet extérieur par les représentations mathématiques, notamment la géométrie. Cette capacité lui assure la possibilité de maitriser cet extérieur. Mais la représentation géométrique du mouvement, la courbe dessinée ou imaginée, n'est en effet pas identique à l'expérience intérieure du mouvement. Les paradoxe de Zénon résultent de cette confusion. Là dessus je suis totalement d'accord avec Bergson. Cette confusion perdure toujours aujourd'hui. L'espace temps par exemple n'est pas une réalité vécue, perçue, cet espace temps n'est pas validé comme réel par notre expérience intérieure. Cet espace temps est une construction, une fabrication dont rien ne nous dit qu'elle est réelle. Mais cet espace temps imaginé nous permet de maitriser ce réel auquel nous n'avons pas accès. C'est cette maitrise (efficace quant à la satisfaction de nos désirs matériels) qui finit par nous porter à opérer la confusion : la représentation mathématique, scientifique, est le réel.
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"Il faut accepter de perdre nos enfants" Cela en dit long sur la mentalité des gens d'un certain âge. Ce ne sont pas des enfants qu'ils parlent mais d'eux mêmes face à la mort possible de leurs enfants. Toujours être centré sur soi, jamais sur ceux avec lesquels il y a, je l'espère, des liens d'affection. Moi, moi, moi...L'autre, l'enfant, je m'en fous. Acceptons de perdre nos enfants. Et les enfants qui lisent et écoutent cela ? Les enfants ont ils la parole ? Non, ils n'ont pas la parole. Et si c'était tous ceux qui sont encore valides après 50 ans, qu'on envoyait mourir sur le champ de bataille ? Même les plus de 60 ans d'ailleurs, s'ils sont en bonne santé. Il parait que nous vivons une époque où le vieillissement intervient de plus en plus tard (ce qui alourdit le poids des retraites et motive l'élévation de l'âge du départ à la retraite). Ils serviront leur pays de deux façons : en faisant face à l'ennemi et en soulageant leurs enfants du poids de leurs retraites en mourant. C'est à qui affiche la plus grande douceur dans l'éducation de ses enfants, l'absence de toute violence, fusse t elle celle d'une simple gifle, et pourtant les voici prêts à les envoyer affronter la pus grande des violences, et à les condamner, par avance, pour avoir été élevés dans la ouate. Que de contradictions.
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Si l’attitude de Katie Mack, passer par dessus la survie de l’espèce humaine, a du sens dans le cadre de son métier, la recherche en astrophysique, je me demande s’il est possible d’étendre son attitude aux domaines philosophique, religieux et politique. Non, il n’est pas possible de l’étendre aux domaines religieux et politique puisque ces domaines sont fondés sur sur cette orientation fondatrice (nous parlerions de biais cognitif aujourd’hui) : sauver l’homme, ou, au moins, sauver la communauté humaine dont fait partie le religieux et le politique. Mais dans le domaine philosophique ? Je fais un détour en commentant l’introduction du livre de Luc Ferry : Kant [Biblio essais, Le Livre de Poche ]. Luc Ferry définit la philosophie comme « doctrine du salut » ou sotériologie. Il s’agit, concernant le salut, de nous sauver de la finitude c’est à dire de la mort. La philosophie rentre en concurrence avec la religion en proposant le salut et la délivrance de l’angoisse de la mort par des chemins qui lui sont propres, en gros en s’appuyant sur nos propres forces, notamment la force de la raison. Il est possible ensuite de développer toutes les écoles philosophiques qui ne s’appuient pas sur la foi pour atteindre ce salut. Je ne sais pas si de telles philosophies arrivent à leurs fins, à délivrer de l’angoisse de la mort, mais il s’agit bien, comme en religion, de sotériologie. Est-il possible de développer une philosophie qui renonce, dans son fondement, au souci du salut, au souci de l’existence des humains ? Cela peut sembler impossible, en contradiction avec le socle même de toute philosophie Pourtant, en remontant dans mon histoire personnelle je m’aperçois que cette tentative de se débarrasser du souci de l’existence de l’espèce humaine pour frayer de nouvelles voies de réflexion ne date pas d’hier. Mes ascendants, jadis, avaient déjà commencé à déblayer le terrain.
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Quelle serait, pour vous, une société idéale ?
Arkadis a répondu à un(e) sujet de MadameRosa dans Philosophie
Cette société idéale telle que je le vois décrite ici est une société d'êtres humains qui aspirent à mourir dans la paix. -
Peut-on se réjouir de la mort de quelqu’un ?
Arkadis a répondu à un(e) sujet de January dans Philosophie
Tu écris d'abord un texte qui ouvre sur une réflexion philosophique classique. Puis tu abrèges tout, en femme d'action, en demandant : de quoi se réjouit on au juste ? Tu franchis le marais philosophique conventionnel pour interpeler le quidam en direct : vous, qui avez ressenti une réjouissance, de quoi vous êtes vous réjoui, au juste ? Pour répondre à ton interpellation il faut recourir à l'expérience vécue. Ceux qui ont un certain âge ont vu mourir assez de personnes dont la vie et la mort les concernaient en vrai. J'ai, dans un cas précis, ressenti un soulagement lorsque telle personne est morte. Pas vraiment de joie. Dans d'autres cas j'ai pu ressentir une satisfaction passagère que je n'ai jamais laissé se développer en moi, car s'éveillait alors un autre sentiment, devant cette satisfaction passagère : un sentiment de dégradation intime à développer un tel sentiment de satisfaction. Il est aussi possible de te répondre sur le plan philosophique, non personnel. Je n'ai jamais développer un discours de joie (un jugement donc, pas un sentiment) face à la mort de quiconque, fut il un monstre. Peut être un soulagement, dans une perspective sociale : "Il vaut mieux que cette personne soit morte. Sa mort apaise le tensions sociales". Quant à la culpabilité, liée au sentiment ou au jugement qualifiés de joyeux, je ne la connais pas. Kant était un chrétien fervent. Je ne participe pas, ou plus, de la culture chrétienne, je ne participe plus de la culpabilité. Tu répondrais toi à cette question, si je te la posais : de quoi tu t'es réjouie au juste ? s'il t'est arrivé de te réjouir. Je te souhaite une chaleureuse journée, January. -
"Comment tout finira" ( The end of everything, version française éditée par Quanto) est un livre écrit par Katie Mack (Catherine J. Mack), une jeune astrophysicienne (44 ans), enseignante-chercheuse à l'Université d'Etat de Caroline du Nord. Je trouve ce livre passionnant surtout parce que l'auteure participe de ma propre culture d'origine si bien que je me retrouve en elle, si bien que cela me permet de donner forme à mes pensées. C'est étrange comme il est possible de franchir les différences d'âge, de genre, de nationalité pour faire l'expérience d'une rencontre. Dans son introduction il est clair qu'elle veut développer des réflexions philosophiques même si le matériel à partir duquel elle réfléchit est de nature scientifique. Elle se définit elle-même comme : cosmologiste. Elle commence ainsi, en résumé, : La tournure que prendra la fin du monde fait l'objet de spéculations depuis toujours. Grace à la science on connait aujourd'hui la réponse : ce sera par le feu. Elle poursuit avec l'inflation future du Soleil, sa phase de géante rouge et la destruction par le feu des planètes proches, dont la Terre. Cette description me rappelle les discours entendus quand j'étais un enfant lorsque mes parents et mon frère parlaient cosmologie. Déjà à l'époque, mes ainés savaient que la Terre allait disparaitre dans le feu. J'écoutais cela et j'étais très étonné que cette information les indiffère totalement. J'imaginais la Terre disparaissant dans les flammes, et tous les humains avec, et je me disais que c 'était tout de même inquiétant. Mais les ainés étaient aussi religieux, catholiques, et la fin du monde c'était pour eux : le Jugement dernier. J'essayais alors de faire coïncider le Jugement dernier et la destruction de la Terre par le feu et je trouvai dans les textes sacrés des descriptions adaptées. Pourtant la coïncidence ne me paraissait pas parfaite, loin de là. Le Jugement dernier se passait ailleurs que dans l'espace, et ça ne marchait pas bien mes essais de concordance. J'en étais resté à ce truc incroyable : la destruction de la Terre par le Soleil n'intéressait pas mes ainés. Katie Mack parle de l'eschatologie (au sens religieux) mais ne s'y arrête pas. Bien sûr elle note quand même que les religions monothéistes terminent toutes par le Jugement dernier mais elle signale que d'autres religions prévoient d'autres fins, ainsi le retour éternel, la vision cyclique, partagée par les Mayas (elle ne signale pas les Grecs ni les Kabbalistes judéens). Notre destinée cosmique, écrit elle, telle que nous l'imaginons selon nos cultures, a une influence sur la façon dont nous percevons l'existence et sur la manière "dont on vit sa vie". Je suis d'accord. Après tout si l'Univers est appelé à disparaitre faut-il vraiment encore sortir les poubelles mardi ? (C'est elle qui écrit cela). Même s'il est possible d'imaginer une humanité survivant à la fin de la Terre, d'imaginer un surhomme bardé de fantastiques machines pilotées par le cerveau grâce aux puces de Munsk tout de même l'Univers à la fin "meurt" (en fait tout ce qu'il contient se désagrège) et le surhomme aussi disparait. Il n' y a pas si longtemps les philosophes et scientifiques pensaient que l'Univers était stable, que nous pouvions donc y bâtir à terme une vie harmonieuse. Einstein s'accrocha à cette vision là, la philosophie de Spinoza n'a aussi de sens que dans cette vison là : l'Univers (la Nature) est stable. Aujourd'hui encore la majorité des humains veulent croire en un univers stable. Mais les découvertes du Bing bang et de l'expansion de l'Univers ont mis fin au rêve écrit Katie Mack. Elle aurait pu citer la découverte du second principe de la thermodynamique, principe qui a affolé tout le monde lorsqu'il fut découvert, principe que les Soviétiques ont qualifié de principe bourgeois (ou petit bourgeois) tant il est insupportable. Ce principe je l'ai découvert assez tôt, pas dans ma famille, mais à l'Université, quand il me prit d'étudier, pour le plaisir, la thermodynamique. Je compris alors que ma famille, bien que scientifique, ne supportait pas ce principe sauf bien sûr dans ses applications techniques puisque tout de même ils étaient tous ingénieurs, mais ils ne voulaient pas voir l'implication de ce principe dans l'évolution de l'Univers. Quand j'interrogeai l'enseignant sur les implications, à terme, de ce principe, il me répondit que l'humanité serait depuis longtemps morte lorsque ce principe dévastera l'Univers. Sa réponse ne me rasséréna pas vraiment.
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Il y a ces deux panoramas qui se font face. L'un c'est l'intériorisation et la diffusion en moi de l'idée de l'anéantissement de toutes les productions humaines lorsque plus rien dans un univers évoluant vers la dispersion ne se souviendra même que l'humanité a existé, l'autre ce sont les images prises par la mère du baby, le petit-fils. L'expression décidée de ce dernier d'où surgit une volonté nouvelle, encore intacte, comme une aurore. Le baby n'anéantit pas l'anéantissement cosmique à venir, cet anéantissement n'anéantit pas non plus cette aurore ni cette nouvelle existence. D'un côté la puissance d'un temps de dispersion qui parait éternel, de l'autre l'acuité violente d'un moment infinitésimal. Un face à face qui fait son chemin en moi, dans ma singularité propre. J'attends que quelque chose vienne, en évitant de remplir cette attente de tous les discours parasites de toutes les religions, de toutes les philosophies, de toutes les sagesses.
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Tu sais la rendre sympathique.
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Il m'apparait de plus en plus certain que l'univers dans son évolution rendra toute vie impossible en son sein. Il y a bien sûr "la mort thermique", subodorée depuis longtemps, mais il y a maintenant l'accélération de l'expansion de l'univers, qui n'arrange rien, et même il y a de nouvelles menaces, comme "la désintégration du vide" menace non certaine mais hautement probable... Bien sûr nous avons du temps devant nous, avant que toute vie s'éteigne, mais il y a aussi de plus en plus d'astrophysiciens qui s'attachent à penser cette fin, si bien qu'il devient difficile, voire impossible de passer outre cette perspective. Il y a même chez les astrophysiciens, du moins chez l'élite scientifique américaine et canadienne, un certain désarroi et même une certain découragement tant il s'avère impossible de faire une synthèse de toutes les découvertes qui s'accumulent, tant tout devient de plus en plus incompréhensible et absurde. Cette mort finale provoquée par des conditions matérielles rendant impossible toute vie (il s'agit de l'extinction de la vie pas forcément de l'univers) est, en vérité, envisagée depuis longtemps mais nous faisons tous en sorte de ne pas en tenir compte. Disons qu'il y a un peu plus de courage du côté de l'Amérique, en attendant que cette lucidité finisse par nous venir aussi. Cette extinction finale de toute vie, localisée dans un temps très lointain (encore que la possible désintégration du vide peut survenir à tout moment, mais heureusement la mort sera si rapide que nous ne la verrons pas venir) conduit à se poser des questions quant à la pérennité de notre espèce, et finalement à regarder en face cette hypothèse qui devient de plus en plus certaine : l'espèce humaine va disparaitre. Dans un premier temps cette extinction engendre une certaine déstabilisation. Mais, une fois passée l'inquiétude, cette extinction, prise comme élément de réflexion, comme "brique" de reconstruction, est assez intéressante. Elle oblige à penser autrement, à renverser toutes nos anciennes façons de penser, à évertir toutes nos représentations. C'est finalement passionnant.
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Igor Egorov 1964 (Belarusian)
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Le nazi c'est toujours l'autre, le nazi c'est un gars spécial qui avait donc un ADN spécial. Pas de pot pour le monde, un nuage a passé un jour, et boum, il a fabriqué l'ADN nazi. La plupart des gens qui écrivent ici seraient tranquillement devenus eux aussi des nazis. Tant que le nazi c'est l'autre c'est super, ça permet de dire : c'est fou comme je suis bien. Ce désir puéril de paraitre bien, face au nazi, le contre exemple absolu, est confondant. Il n' y a pas si longtemps les réflexions sur les nazis s'accompagnaient de réflexions aussi sur soi, personne ne se croyait à l'abri de l'excès. Maintenant la pensée devient carrément dévitalisée. Le nazi est un accident biologique, ouf nous sommes exempts de cette contamination. Jusqu'à ce que nombreux se mettent à tuer eux aussi, rejoignant la horde, quand leur confort considéré comme un droit absolu sera menacé.
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Satinvelours est une amie, ancienne prof de français, aujourd'hui à la retraite, qui continue d'enseigner les enfants à travers des associations offrant des aides aux devoirs (ce que je fis aussi un temps en mathématiques). C'est elle qui m' a incité à m'intéresser à la philosophie, discipline pour laquelle j'affichais jadis une certaine indifférence. Comme elle connaissait mon goût pour les maths elle m' a suggéré de lire Kant, et bien sûr j'ai mordu à l'hameçon, car pour un mathématicien, Kant c'est comme une équation ardue (très ardue) à déchiffrer. Oui mon épouse vient du Maroc, nous discutons beaucoup de ses origines, qui, comme toutes origines, est assez complexe. J'ai fini même par faire une enquête ADN la concernant (je fis idem pour moi) et c'est assez fascinant de voir les errances de nombreux juifs ! Elle est affiliée aux populations anciennes d'Italie, aux populations d'Espagne, à celles du Levant et même à celle de l'ancienne Mésopotamie. Vécu de l'intérieur, comme elle le vit, le judaïsme n'a aucun rapport avec ce qu'en disent les gens, juifs y compris d'ailleurs, la judéité pour elle c'est d'abord une histoire. Le sionisme ne l'intéresse pas, ce qui évite le pire dans les échanges ! vu le souk actuel en Palestine. Pour ce qui est de l'œuvre, non, je ne vais pas l'écrire ici, mais j'utilise le forum pour le jeu de miroirs qu'il permet de tenir. Le forum c'est le monde de l'intériorité (nous ne connaissons pas les gens, nous les imaginons) ce qui permet de prendre un certain recul avec des mémoires, en nous, qui continuent à notre insu d'agir. Tu es d'ailleurs toi aussi un adepte de ce jeu de miroirs surtout quand tu te mets à parler des Ecritures saintes, manifestement tu dialogues avec des "toi-même" qui vivent quelque part dans ta mémoire. Nous n'en avons jamais fini avec nos mémoires, elles se meuvent toujours en nous, mais elles se transforment au cours du temps.
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Je pourrais bien utiliser le support du forum pour initier une œuvre, que je verrai alors conduite sous l'intention de mettre en forme un legs dédié à ma descendance. Une œuvre finale. Il y a ces discussions quotidiennes avec mon épouse sur Israël, sur ses ascendances judéennes. Je sais que mes fils sont curieux de ces origines, que leurs femmes, qui commencent à faire des enfants, qui en ont déjà faits, sont attentives aux Origines. Les origines de mon épouse remontent à l'Italie, vu comme une aire géographique, lieu d'une très vielle communauté judéenne (Saül était un citoyen romain bien qu'il ne vivait pas vraiment à Rome). Probablement que ses ancêtres ont dû quitter l'Italie du Sud lorsque Isabelle et son époux chassèrent les Judéens de leur Empire. Ses ancêtres ont fini par se fixer au Maroc, sa famille paternelle comme sa famille maternelle, les deux familles vivant chacune dans la même rue dans un village, face à face, l'une réunie autour du patriarche, Juge rabbinique, l'autre réunie autour d'un autre patriarche, versé dans la kabbale. Cette opposition me fait un peu rire, je dis à mon épouse : "Il a bien fallu, avec le temps que ces familles, qui se connaissent depuis la nuit des temps, finissent par camper des positions antagonistes". Le Juge trônait sur ses enfants (innombrables) et sur ses coreligionnaires, à n'en pas douter, pour lui, le judaïsme était une religion, tandis que la femme du kabbaliste venait le provoquer dans la rue, clamant partout que le juge ne comprenant rien à la Torah. De toute façon elle lisait et parlait l'Hébreu, le Juge non, que pouvait il comprendre ? J'imagine le conflit entre le Juge et la Kabbaliste. La grand mère de mon épouse parlait trois ou quatre langues, professait l'anglais, et disait partout que le judaïsme n'était pas une religion, que Dieu, personne ne savait de quoi on parlait, le Juge non plus, que de toute façon tout le monde terminait bouffé par les vers (l'âme n'existait pas) "Oui Juge vous aussi vous terminerez en festin pour les vers", que le monde tel que nous le connaissions allait mourir, puis renaître, et même les dinosaures reviendraient. Pour elle les Judéens formaient un peuple, pas une religion. "Les Judéens honorent leurs ancêtres" professait elle. Je Juge parait il se terrait, terrifié par sa cousine, il croyait que le kabbaliste, le mari, lui jetait des sorts, il pensait qu'il lui envoyait des sauterelles saccager son champ. Tout ce monde a disparu, assez rapidement, en une génération, plus aucun Judéen là bas.
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Il est possible qu'en Europe occidentale se soit insinué dans les esprits qu'il existerait une Morale autonome qui flotterait comme un nuage sévère et inquiétant dans nos cieux. Nos têtes qui émergent dans ces cieux seraient ainsi régis par la Morale. Plus besoin de Dieu ou de dieux, la Morale est là, souveraine. Quand les Occidentaux d'Europe condamnent la Russie ou Israël, au nom de la Morale, ils pensent que les dirigeants des pays en question forcément régis par la Morale, vont être terrassés. Mais ces Occidentaux ont beau comparer Poutine à Hitler et Netanyahou à un génocidaire , invoquant la vengeance de la Morale, rien ne se passe. Il n'existe pas de Morale qui flotterait dans nos cieux dits spirituels, occupée à faire respecter la Loi. En reconnaissant l'existence d'un Etat palestinien, les dirigeants de l'Europe occidentale tentent de rendre hommage à leur Morale. C'est le chant du cygne. Netanyahou va finir par répondre en annexant la Judée et la Samarie, les vielles terres des royaumes d'Israël et de Juda. Il n'existe pas de Morale vengeresse qui trônerait dans les Cieux occupée à faire respecter les droits de l'Homme, celui des Nations, celui des Enfants, celui des Femmes, celui de toutes les minorités, etc. Parfois le petit homme blanc, comme dirait l'ancien théoricien du ça, sort comme une trombe de son appartement et vient sur les réseaux sociaux condamner avec force Poutine, Netanyahou, Trump, etc. Il condamne avec toute son énergie, à finir par s'épuiser, le retour du Mal (Hitler en général) et...rien ne se passe. Le petit homme rentre chez lui et ne dit pus rien. Sans compter ceux qui ne sortent plus du tout de chez eux et tentent de vivre heureux en réduisant leur horizon à leur petit pré carré. Après tout pourquoi pas.
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Les deux conflits en cours, celui en Palestine et celui en Ukraine, vont accélérer la décomposition de notre culture occidentale, fondée sur le sens de l'Universel. Il n' y a pas de valeurs universelles. Voici ce que nous disent ces deux guerres. La tension vers l'Universel est une vieille tension, commencée avec le christianisme, couronnée par la déclaration des droits de l'homme (et du citoyen). L'Universel explose. Bien sûr les populations dites "indigènes" savent depuis longtemps que notre Universel n'est que l'expression de notre domination. De notre mépris pour eux. En écrivant cela je pense encore aux remarques de Mohamed Amer Meziane, qui, dans son essai "Au bord des mondes" souligne le mépris de Lévi-Strauss pour ces fameux indigènes. Lévi-Strauss remarque que les structures de la parenté sont efficientes chez les indigènes parce qu'ils sont inconscients de l'existence de ces structures. Autrement dit les indigènes sont tellement cons qu'ils ne s'aperçoivent pas qu'il sont régis par ces structures. Peut être, après tout, que ces indigènes sont vraiment cons, mais que dire alors de nous ? Ne sommes nous pas nous aussi régis par des structures inconscientes, ne sommes nous pas, nous aussi, aussi cons que peuvent l'être les indigènes ? Nous avons voulu instaurer des valeurs universelles. Mais c'est aujourd'hui la débâcle de l'universel. L'enfant israélien, massacré, emporte la compassion de l'Occident. L'enfant palestinien, massacré, emporte l'indifférence de l'Occident. Il est possible de dire aujourd'hui que les Palestiniens sont des animaux, il est possible de dire aujourd'hui que les Russes sont aussi des animaux, il n' y a plus de valeurs universelles. Mais ont elles vraiment existé ? Probablement pas. Nous avons vécu dans des illusions destinées à nous masquer la cruauté du monde, ou, peut-être même, destinées à nous masquer notre propre cruauté..
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Une seule religion / plusieurs cultes
Arkadis a répondu à un(e) sujet de de ghoul dans Religion et Culte
Le Dieu unique est une invention des Judéens. Les chrétiens et les musulmans ont repris cette invention pour construire leur religion. Il n' y a pas trois religions révélées à mettre sur le même plan. Il y a une religion révélée et des religions épigones. La première fois que je suis allé en Israël je rencontre un responsable du kibboutz où je travaille, il me dit : je suis athée. Je n'en reviens pas. Je lui dis : alors vous rejetez Dieu, vous niez l'existence de Dieu ? Il me répond : non, j'affirme l'existence de Dieu comme un fait culturel, comme l'œuvre de notre génie. Dieu est notre invention, nous respectons notre invention. -
Avec l'IA "philosophique" ou "psychologique" nous sommes dans le développement personnel. C'est une affaire entre l'IA et soi, cela relève de ce que j'appelle : l'intériorité. Dans nos rapports propres au forum nous sommes aussi dans l'intériorité. Le forum concourt aussi à notre développement personnel. Avec beaucoup plus de tensions, mais ces tensions permettent aussi de progresser plus finement dans le développement personnel. Dans cette intériorité nous rencontrons des "objets" psy propres à notre complexion, notre passé, notre vécu, etc. Le risque c'est ce ne plus sortir de notre intériorité, de notre souci de développement personnel, de considérer que dialoguer avec une IA c'est beaucoup plus intéressant que de dialoguer avec sa femme, ses enfants, ou le quidam que je rencontre dans la rue. Dans cette quête du développement personnel je finis sans doute par penser participer à la Création, je finis par connaitre un émerveillement sur mes propres capacités, sur mon accès au savoir universel. Le monde peut bien s'écrouler autour de moi, les gens peuvent bien se tuer dans les quatre coins du monde, je m'en fous. Je suis la fin du monde à moi tout seul. Je sais tout. Je suis donc radieux.
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Chez les Grecs, de l'époque d'Euclide, la notion d'infini ne recoupe pas la nôtre. Les Grecs n'ont pas réussi à développer l'algèbre, l'arithmétique, ect. trop axés sur la géométrie. Ils n'ont pas réussi non plus à développer le calcul littéral. Ils étaient des géomètres, des architectes...bref. C'est une habitude des humains de comprendre le passé avec les concepts d'aujourd'hui. C'est ainsi qu'à chaque époque l'histoire est récrite avec cette idée : ah mais maintenant je suis vraiment objectif. bref... Pour en revenir aux géomètres grecs, ce qu'ils rencontrent comme idée première, qui, comme toute idée première surgit d'un ressenti, c'est la notion de : indéfini. L'indéfini. Une droite peut être indéfiniment tracée vers la droite ou vers la gauche. Il n' y a pas de port, il n'y a pas d'arrivée. Je marche indéfiniment vers la droite ou vers la gauche. Que se passe t il si je marche indéfiniment vers la droite ? Que se passe t il à l'infini ? L'infini surgit d'un autre ressenti. Mais l'infini va surtout surgir de la manipulation des nombres. L'indéfini surgit de la géométrie, l'infini surgit des nombres. Je ne suis pas sûr qu'il y ait eu une "crise" des irrationnels, même si nos historiens d'aujourd'hui récrivent l'histoire antique. Il y a eu certainement surprise et aussi mécontentement, les irrationnels venant heurter la volonté de toute puissance des écoles grecques versées dans l'ésotérisme des nombres (entiers). Le premier mouvement d'intégration des mathématiques fut tout simplement d'accepter l'existence des irrationnels. Comme plus tard ils finirent par accepter l'existence des imaginaires. Tout commence par l'acceptation de ce que, dans un premier mouvement nous refusons. Confer la relativité ou encore la quantique. Que beaucoup d'esprits dits éclairés continuent de rejeter. Les irrationnels sont d'abord définis comme n'étant pas des rationnels, c'est à dire des nombres qu'il est impossible d'écrire sous forme d'un rapport de deux entiers. Plus tard, beaucoup pus tard, quand les systèmes de numération modernes auront été mis au point par les Indiens, les Perses, etc. le tout brassé par les Arabes, nous commencerons à comprendre que les irrationnels ont des développements derrière la virgule infinis. Avec aucune périodicité (il y a aussi l'irruption du continu). C'est là que surgit vraiment l'infini dans la compréhension des irrationnels. Après assez tardivement les mathématiciens construiront les irrationnels, vers la fin du 19 ème siècle. Cette différence entre l'indéfini et l'infini intéresse bien sûr les philosophes mais aussi les religieux, surtout les Judéens. Ces derniers ont développé deux visions religieuses du monde, la vision classique et la vision kabbaliste. Chez les kabbalistes il y a "En Sof" l'indéfini. Notion si subtile à saisir que les fidèles finissent quand même par confondre indéfini et infini.
