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Tout ce qui a été posté par Loufiat
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Bien sûr ! Mais tu passes peu à peu de réflexes, à des actes plus compliqués, plus élaborés. Et c'est en cours de route que tu apprends à faire des choix. (Que tu es mis en position, par autrui, de faire des choix.) C'est là que la parole a toute son importance, dans ce passage, cette initiation. Par la question : "mon petit blaquière, tu préfères un pain au chocolat ou un croissant ?" Aïe, tu n'en sais rien ! Tu hésites. Tu dois articuler une réponse. Tu dois combler le vide, le trouble que la question crée en toi (car tu n'as pas de détermination particulière au départ, tu prendras ce qu'on te donnera !). Mais voilà, il te faut choisir, on te le demande. C'est aussi bêtement que ça que l'enfant apprend à se consulter (consulter un... rien ! au départ, et le remplir). Tout le jeu du langage tire l'enfant vers cette constitution d'une intériorité. Je crois que c'est vraiment ça, la naissance du "moi" ! et que c'est cet univers de la parole qui va être la matrice de tout l'individu psychologique. Parce que la parole prononcée ne "bouge" plus, elle reste là, attendant d'être reprise, développée, contredite éventuellement : mais elle fixe un point, comme un clou dans le tissu du devenir.
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Salut eriu ! Bien sûr, là où le critère "vérité" s'applique, il y a la possibilité du mensonge (et le mensonge effectivement). Je crois que la vérité a pris un tel empire sur nos vies (du fait que tout est communication, du fait de la confusion totale entre vérité et réalité, supposant la possibilité d'un discours contenant le tout de l'être), bref nous nous sentons comme soulagés quand nous avons un rapport autre que parlé à l'autre. Par exemple quand nous dansons. Enfin quelque chose de plus direct, de plus pur peut s'établir, sans tous les pièges de la parole.
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Bonjour Ambre, Oui, aucune difficulté avec ça : il y a la sensibilité et le réel, la parole ne contient ou n'épuise pas le tout de l'être, elle est même un phénomène assez marginal quand on considère l'ensemble de ce qui constitue un être vivant et ses rapports avec le monde. D'ailleurs un léger changement au niveau corporel et la parole n'est plus possible (lésions cérébrales, etc.). Ca n'empêche pas que la parole existe tout de même, avec sa singularité dans l'ensemble des phénomènes de la nature. Oui, là non plus aucun problème de mon côté. Le mensonge est introduit en même temps que la vérité, oui. Quant à la différence entre réalité et vérité, je dirais que la réalité se tient seule, par elle-même quand la vérité repose sur des sujets doués de parole et capables d'actes volontaires. Pour le dire encore autrement, la réalité est relative à la vue (ce qui est vu), tandis que c'est l'ouïe qui nous fait entrer dans le problème de la vérité. Vue et Ouïe, tout en étant évidemment en rapport l'une avec l'autre dans l'expérience que vous faîtes du monde, établissent chacune un rapport propre et différent au monde. Les choses vues se présentent autrement que les choses entendues. Je ne sais pas si ce sera très clair dit comme ça... on peut développer au besoin. Bref, le seul point où je ne vous suis plus, c'est la fin. Ce sont les vérités qui se confrontent, la réalité, elle, n'a que faire de nous ! Là où je vois que j'ai beaucoup de mal à me faire entendre, c'est quand j'avance que la vérité est de l'ordre d'un acte, un engagement et non pas seulement un donné qu'il s'agirait d'enregistrer et de répéter. On a discuté la vérité dans sa forme : un critère de la parole visant la coïncidence des paroles avec les actes. Je dis ce que j'ai fait, ce que je fais, ce que je vais faire : je dis la vérité. Mais donc, dans son contenu, la vérité est une histoire. Elle est un développement ininterrompu à la fois par l'expérience et le dialogue que nous entretenons les uns avec les autres dans la vie de tous les jours. Et c'est "tout" (c'est déjà pas mal !). Ca n'épuise pas toute la vie. Mais je trouve qu'on s'y entend mieux quand on a remis ces choses en place (à titre perso).
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Merci !! Je vois bien ce que tu dis, mais ne suis pas tout à fait d'accord : s'il y a une vérité de la théière, elle ne repose pas en elle-même mais dans ceux qui l'ont faite, en usent, en parlent... Il y aurait une vérité de la théière si celle-ci pouvait décréter qu'elle servira ou non le thé aujourd'hui.
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Oui mais la légende n'est pas finie. Les adultes attribuent des qualités à l'enfant, le situent déjà dans une histoire avant même qu'il n'ait jeté son premier cri. Ceci n'enferme pas l'enfant, sauf cas particuliers ; c'est ainsi qu'il est appelé à devenir acteur de cette "légende" et à intégrer la communauté comme tel. L'enfant peut vous surprendre, détromper ce que vous croyiez à son sujet, il change au cours du temps... La légende n'est pas constituée et terminée avant que l'enfant ne s'éveille, elle est en constant devenir, et ne s'arrête jamais, encore à l'âge adulte ça continu. Mais ce sont les adultes qui entraînent l'enfant dans cette aventure. L'aventure de devenir un "moi", une personne, en relation avec d'autres personnes. Et ceci arrive par le truchement de la parole. Parce que les adultes vont mettre l'enfant dans des situations où il aura à former et formuler des décisions, des intentions, à poser des actes, etc., et en retour l'enfant lui-même va commencer à confronter les actes aux paroles, les siennes et des autres. Je ne comprends pas cette remarque. Bien sûr, le critère de vérité n'a de sens qu'au sein de la vie sociale, entre des êtres doués de parole, capables de mensonge, que les actes et paroles engagent les uns vis-à-vis des autres. Relations familiales, professionnelles, sociales, politiques... que sais-je. La question de la vérité ou du mensonge se pose toujours dans ces contextes. Suis-je seul à marcher en montagne, à quel moment se pose la question de la vérité ? A aucun moment, à moins que j’entretienne un dialogue intérieur. Sur la suite, vous posez des choses les unes à côté des autres, alors qu'elles vont ensemble. Reprenons l'exemple de l'enfant qui gribouille. L'adulte demande : que dessines-tu ? Admettons que l'enfant comprenne la question. Elle suppose qu'il dessine quelque-chose, que ses gribouillis ne sont pas simplement aléatoires. Peut-être l'enfant ne répondra rien, car il ne dessine rien de particulier. Mais il est aussi possible que l'enfant s'interroge, se décide, formule sa décision, et y conforme ses actes. C'est une possibilité. Une fois que l'enfant intègre la signification du critère de vérité (adéquation entre paroles et actes), il est entraîné dans une dynamique qui va générer à la fois de l'expérience (il va se rendre compte que ses propres impulsions sont multiples, qu'il n'est pas toujours aisé de faire un choix, ni de savoir pourquoi on opère tel choix plutôt qu'un autre, etc. etc.) et du dialogue. Le critère de vérité, auquel l'enfant est initié, l'entraîne dans une dynamique qui n'aura jamais de fin. C'est pour la même raison que vous-mêmes cherchez toujours à éclaircir d'avantage, et à mieux dire, ce que vous faîtes, ce que vous vivez, ce que vous ressentez, etc. Mais cette multiplicité, cette complexité n'apparaît qu'après l'introduction du critère, à cause de ce critère et de la dynamique qu'il impulse. Le premier et plus important effet de l'introduction du critère "vérité / mensonge" (qui ensuite se décline en vrai faux, exact inexact etc., mais au départ, le foyer, c'est "vérité / mensonge"), le plus important effet de l'introduction de ce critère c'est justement le fait de réaliser que nous ne disons pas la vérité, c'est la perception de l'écart entre paroles et actes, etc. Qui nous entraîne dans cette dynamique. Donc oui, et tout ceci apparaît par suite de l'existence de ce critère. Sans lui, tous ces problèmes ne se poseraient simplement pas. C'est toute la beauté de la chose : le critère reste en lui-même d'une simplicité enfantine. Les enfants font très bien la différence entre vérité et mensonge. Le critère est simplissime, mais son application nous complique infiniment la vie puisqu'à partir de là il va falloir dialoguer, réfléchir, etc. Pourquoi manipulation de la réalité ? Je ne cromprends pas votre point de vue qui me semble excessivement hostile, presque paranoiaque en un sens (pas envers moi, envers l'objet de notre discussion). Vous demandez à l'enfant ce qu'il dessine. Il se décide et répond : un chateau. Mais si ça se trouve, il va vous montrer son dessin et vous ne verrez qu'une forêt. Vous lui direz "bah, c'est pas un chateau ça !" et il vous répondre "si, mais il est caché par la forêt !". Où est la manipulation de la réalité ? Bonne journée Ambre
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Bonsoir Ambre, Mais c'est justement la dynamique initiée par le critère "vérité" qui va entraîner l'enfant comme aussi possiblement l'adulte à s'interroger, à dialoguer etc. Rien n'assure que l'enfant conforme ses actes à ses paroles. Rien n'assure que les intentions de l'enfant soient claires, que son expression soit adéquate.. de fait au depart il n'y a rien de tout ça. C'est le critère qui en s'appliquant va amener l'enfant à découvrir par exemple l'ambiguïté de ses désirs, la multiplicité de ses pulsions, la complexité de ses émotions, etc. L'adulte met l'enfant dans des situations où il a à choisir et à agir en explicitant et en justifiant ses actes. L'enfant a un nom, il n'est pas son nom. Il est une personne en devenir. Pourquoi totalement ignorante ? Pourquoi la légende serait elle entièrement fausse? J'utilise ce terme pour mettre en évidence le côté d'abord passif de l'enfant, et le fait qu'il intègre cette légende à mesure qu'il s'éveille, et en devient à la fois maître et responsable à mesure qu'il grandit. Je reviendrai sur la suite. Merci pour l'échange !
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En reprenant ce sujet de la vérité. La vérité est un critère de la parole. Témoignages et faux témoignages, promesses, trahisons, etc. : le foyer de la vérité est l'opposition entre vérité et mensonge. Nous retrouvons cette opposition dans toutes les civilisations, à toutes les époques connues, dans tous les grands textes, mythes, etc. Dans notre culture ce critère évolue pour devenir cette idée que nous connaissons, d'une vérité comme objectivité, où vérité et réalité sont confondues, etc. Mais si on recentre sur son foyer originel, c'est l'opposition entre vérité et mensonge qui compte, qui fonde. Et c'est sous cette forme que l'enfant rencontre la vérité. Parce qu'à un moment des adultes vont confronter ses paroles et ses actes. Vont lui reprocher d'avoir menti, etc. En tirant sur ce fil de la vérité, il me semble qu'on va devoir remonter toute la pelote de la constitution de l'individu psychologique. Non que ce soit ce critère qui crée l'individu. Mais il "va avec". Et tout cela est introduit par la parole. Que se passe-t-il ? L'enfant d'une part est doté d'un nom. Ce simple fait est déjà immense. Mais passons. A partir du moment où l'enfant a un nom, il devient un objet du discours d'autres que lui. Disons, principalement : les adultes. Les adultes constituent une légende de l'enfant, par son nom. Selon l'enfant aime ceci, veut cela, est ainsi. Pour lui au départ, ça ne signifie rien. Mais il va être confronté de plus en plus à cette légende, à mesure qu'il s'éveille. Et surtout, les adultes vont mettre l'enfant dans une situation où ils vont lui supposer des intentions, des projets, et lui demander à la fois, de formuler ces intentions par des paroles, et de conformer ses actes avec ces paroles. C'est alors qu'intervient le critère de la vérité. Il n'est pas du tout évident qu'en dehors de ces conditions, l'enfant en vienne jamais à former des intentions, des projets, etc., ou du moins sous cette forme à la fois parlée et "consciente" (consciente parce que dite : ce qui a été dit, je peux y revenir, ça devient un point de référence par rapport auquel se crée une continuité, un dialogue, etc.). Une fois qu'il est introduit dans cet univers-là, c'est alors que l'enfant est entraîné dans la constitution d'un moi, dans les problèmes de la responsabilité des autres et vis à vis des autres, bref en un mot dans la culture entendue comme une communauté vivante, agissante, créant etc.
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Ukraine : l’Europe est entrée dans l’ « avant-guerre », estime le Premier ministre polonais
Loufiat a répondu à un(e) sujet de DroitDeRéponse dans International
Cette interprétation des évènements ne colle pas totalement. Tout semble basculer en 2003 après l'invasion de l'Irak et pas parce que l'Otan progresse. Le gouvernement de Poutine collaborait étroitement avec l'Otan avant 2003. La possibilité que la Russie rentre dans l'Alliance avait été étudiée. La Russie a laissé des troupes de l'Otan transiter sur son territoire. L'Otan ne représentait manifestement pas une menace jusqu'en 2003, mais tout bascule quand les EU envahissent l'Irak malgré les veto de la France de la Russie et.. (? je sais plus ?). Alors Poutine averti (G7 de 2007 je crois ?) que l'équilibre des forces n'est plus assuré parce que le Droit international n'est plus respecté par la première puissance militaire au monde. Par ailleurs l'OTAN est bel et bien en état de "mort cérébrale" pour reprendre les mots de Macron. Malgré les chiffres ahurissants en termes de dépenses, ca reste une organisation bureaucratique avec d'infinies lourdeurs et rien n'assure de véritable solidarité entre ses membres. Il n'y a quasiment aucune interopérabilité des armées en Europe et avec les US. Logistiquement c'est un casse tête d'assurer un simple transport de troupes. Quand Poutine lance son "opération spéciale" il est évident que l'Otan n'a jamais été aussi faible. (Discours de Trump, position totalement opportuniste de la Turquie, possibles réélections de Trump...). Il le sait manifestement. -
Ce n'est pas très grave si je me trompe, ce ne serait pas la première fois ! Je voulais seulement élargir un peu la perspective, je n'insiste pas plus 🫢 Bonne soirée eriu !
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Où ai-je dis sans retenue, sans respect ? Par ailleurs vous venez de me parler de votre famille... Sont ils présents sur le forum ?? Vous rendez vous compte du principe du langage et de la re présentation... parler de ce qui n'est pas là... pouvoir évoquer une chose absente...
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Je ne comprends pas cette indignation qui me semble un peu naïve. Nous avons tous bien sûr l'image d'Épinal des commères etc. OK mais en restant à une acception large on s'aperçoit qu'on parle constamment de gens qui sont absents. C'est ainsi à 99% que se peuple l'imaginaire des enfants, en entendant parler de personnes absentes. Tel oncle qui a fait ceci. Telle grande tante qui était ainsi. Untel, unetelle... bref. C'est infini et ça fait partie de la vie. C'est simplement le mot "commérage" qui bloque. Passez outre, voyez plus large. Bien sûr que les enfants apprennent principalement indirectement, c'est ainsi qu'ils comprennent que tel comportement est mal jugé, et éventuellement pourquoi, etc. Les "commérages" donnant lieu à débat, etc etc. Ça ne se limite pas au commérages compulsifs dont ont besoin certaines personnes pour se sentir exister ou exercer un pouvoir. Car c'est un pouvoir, de détruire quelqu'un par la parole et fans lesprit des autres. Et en effet ça peut exister. Mais observez vous vivre et rendez-vous compte du temps passé à parler des absents : c'est l'immense majorité du temps. Vous ne cherchez pas pour autant toujours à détruire les concernés, si ?
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C'est vous qui limitez à la médisance. Ensuite, parler en mal de votre voisin qui boit et violente sa famille par exemple, oh, quelle horreur, vous risqueriez d'apprendre à vos enfants que ce n'est pas un comportement acceptable !.. Bref, le sujet vous invite à dépasser les poncifs, libre à vous de vous y contraindre.
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Eh bien dans le "commerage" il y a tout de même l'intérêt pour autrui, la transmission et l'expression de valeurs, l'exercice du jugement, etc. qui ne sont pas en soi des choses négatives. Je pense dans ma vie avoir appris plus de choses en écoutant les discussions des adultes sur telle ou telle personne et ses agissements que par des enseignements directs, par exemple qu'il ne faut pas frapper sa femme.
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Ukraine : l’Europe est entrée dans l’ « avant-guerre », estime le Premier ministre polonais
Loufiat a répondu à un(e) sujet de DroitDeRéponse dans International
Extrait du lien : "" Le 24 février 2014, quatre jours après l’invasion de la Crimée, Valentyn Nalyvaichenko nommé à la tête du SBU, le renseignement ukrainien, contacte les chefs d’antennes de la CIA et du MI6, l’espionnage britannique. «C'est ainsi que tout a commencé», explique-t-il à nos confrères américains. Les Américains posent des conditions : les Ukrainiens seront aidés et financés, mais ne doivent pas donner des informations qui conduiraient à des morts. Mais le SBU va s’avérer extrêmement efficace. "" Après la reprise de la Crimée par les forces russes, les services occidentaux auraient donc dû refuser la proposition du renseignement ukrainien ? Puis c'est vrai que face à la Russie, on aurait plutôt envie de chercher du soutien auprès du renseignement algérien ou je sais pas, vénézuelien... La CIA, franchement, qui y penserait ? Et puis quoi, autant remonter à la première GM et au découpage artificiel des frontières européennes par les gagnants, qui pose les conditions de la 2nd GM, puis la guerre froide et tout le merdier dont on hérite maintenant. Bref, il est certain que la progression de l'OTAN dans les pays de l'Est a posé des problèmes sécuritaires à la Russie... certain aussi que la Crimée n'allait pas s'échapper sans bruit du contrôle Russe... mais il ne faudrait pas faire comme si la Russie était un régime comme les autres, croire que la peur qu'il inspire à ses voisins soit sans fondement. Sans qu'il s'agisse de dire que les Etats-Unis soient de gentils pacifistes évidemment... (C'est le nouveau point godwin : les etats-unis et leurs saloperies, pour racheter toutes les saloperies de tout le monde : si on pouvait éviter cet argument.) Les pays de l'Est vivent dans la peur de la Russie, de sa puissance, de sa brutalité : est-ce sans raison ? Faut-il leur dire de se débrouiller seuls parce qu'on ne voudrait pas emballer la machine Russes - qui sait où elle s'arrêtera ? Laisser l'Est retourner à l'influence Russe ? Que des choix simples n'est ce pas... -
Merci c'est gentil, même si ce texte est particulièrement obscur et désarticulé (sans parler des coquilles), je suis heureux s'il a pu vous toucher.
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Nous sommes assis là, sur une marche. Elle me reproche d'être né trop tôt. Puis elle s'en va après m'avoir embrassé. Je sens qu'elle vibre de tout son être, mais elle est tiraillée, incapable de l'assumer, d'y faire face. Soit. Va t'en encore. Une semaine plus tard, aussitôt qu'elle comprend que quelque chose se passe, elle est la première à m'écrire, dans la seconde. "Tout va bien ? Tiens moi au courant." Pourquoi ? Pourquoi vouloir être au courant. Je suis alors dans le métro, la gorge sèche. Aucune idée de ce que je vais trouver au bout. Possible que mon frère veuille se venger. Il a surement une arme d'ailleurs. Possible qu'il soit pathétique seulement. Je l'ignore. Mais il m'a donné rendez-vous dans un chantier où il est entré par effraction - sa dernière passion. Il veut que je le rejoigne. Et je dois le rejoindre. Pour sa femme, son fils, pour ma mère. Pour lui ? Pas vraiment. J'ai perdu toute complaisance envers lui. Il faut l'enfermer. Sauf sa compagne, terrorisée, il ne savent pas qui il est. Mais comme nous avons été les plus proches, les plus complices, je sais qui il est devenu. Et je suis neutre, sans haine mais sans sympathie. Je sais que c'est un camé à qui je parle. Que 20 ans de drogues et d'alcool ont transformé, déformé - j'ai déjà perdu mon frère. J'ignore si quelque chose répond encore en lui, véritablement. Se souvient-il seulement de sa vie d'avant ? De qui il était ? J'en doute. La drogue semble tout déformer, jusqu'à la mémoire, jusqu'aux plus précieux moments de l'existence, jusqu'au cœur du cœur. J'avance sans espoir envers lui. Il n'a jamais été violent avec moi, mais il s'en est pris à mon père. Il n'avait jamais osé lever la main sur lui avant cette crise. Il n'a jamais pu d'ailleurs - le bucheron, même vieillard, reste solide comme une buche. Mais, enfin, cette fois, c'est clairement autre chose. Cette crise est sans commune mesure avec les précédentes. Je l'entends à sa voie au téléphone, alors qu'il me donnait rendez-vous. Une voie difforme, des idées, des mots tordus exprimant la démence pure et simple. Tout pouvait arriver. J'avais donc dû prendre des disposition au travail, en cas d'absence imprévue, selon ce qui arriverait, pour quelque raison que ce soit. Ce qui avait alerté Elena. Elle s'inquiétait donc. Et plus tard encore, après ce soir là où je devais retrouver mon frère, de passage en coup de vent à Paris, elle était venue dire bonjour, elle avait vu ma tête. Le lendemain elle m'invitait à parler, si j'en avais besoin... Invitation dérisoire, ne le savait-elle pas ? Sa présence oui. Sa présence seule m'aurait réchauffé. Mais elle était déjà repartie à l'autre bout du pays. Et la solitude m'accable maintenant. Parler est inutile. Seule cette présence, si rare, si précieuse a un véritable effet. Présence d'Elena, mais d'Oscar aussi, qui m'a quitté récemment lui aussi, pour aller au-devant de son destin - et n'est-ce pas moi qui l'y ai poussé ? Encouragé ? Et me voilà en train de me noyer, de chercher des appuis, à bout de souffle. Où êtes vous, mes amis ? Vous qui comprenez tout. J'aime les autres. Vraiment. Mais vous êtes plus que ça. Vous êtes des âmes soeurs pour moi. Je sais que vous savez, et vous savez que je sais. Et pourtant j'ai dû vous laisser partir l'un et l'autre. Et maintenant... Où êtes-vous ? Mais même quand on tombe, comme ça sans sécurité, c'est la vie elle-même qui semble vous rattraper. La pluie. Le bitume. Et la vie reprend son cours.
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Il arrive d'employer la moquerie pour faire passer un message qui risquerait, autrement, d'amener une confrontation qu'on préfère éviter à l'instant t pour x raison. Par exemple parce qu'on n'a pas la possibilité de dire les choses à la personne seul à seul et on ne veut pas lui faire perdre la face. Perso je suis devenu expert des blagues que personne ne comprend sauf la ou les personnes visées sachant de quoi je parle.
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Le courage force l'admiration. Ca ne veut pas dire que vous renoncez à vous montrer courageuse, que d'admirer un comportement paraissant courageux (même éventuellement aux yeux de son auteur, surpris par son propre comportement). Il se passe quelque-chose en nous de précieux et d'étonnant chaque fois qu'un être se dépasse sous nos yeux. A la fois ça met en évidence les limites qui s'imposent à nous ou que nous nous imposons, et le fait que ces limites sont des bornes qui peuvent être dépassées, sans que ça signifie toujours, tout le temps. Je crois que nous faisons fausse route quand nous cherchons une sorte d'essence du courage. Soit pour dire que ça n'existe pas, soit pour dire que c'est ceci ou cela. Il faut accepter la fluctuation du sens, qu'il puisse nous surprendre, qu'il soit comme l'acte courageux, une possibilité arrivée à son point d'incandescence, à la factualité (ou pas, la plupart du temps). C'est là que nous avons à vivre et non dans les méthodes.
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Ah, enfin un peu d'action.
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Pourquoi culpabilise t on quand on ment ?
Loufiat a répondu à un(e) sujet de zoro01 dans Philosophie
Autrui est votre alter ego a priori. Lui mentir revient à vous tromper. Que ressentez vous en apprenant que quelqu'un vous a menti ? -
L'envie d'écrire vient d'Elena. Manifestement. La blessure. Je m'interroge sur la raison. Que se passe-t-il en écrivant ? Pourquoi l'écriture apaise ? Parce que l'histoire redevient maîtrisable ? Arrangeable ? Parce que c'est faire d'un flou, une détermination, passer d'un foutu sentiment à un objet extérieur auquel on peut revenir, qu'on peut triturer, dominer ? Pour toutes les raisons à la fois ? "Ex-primer". J'ai toujours eu un problème avec l'expression. L'écriture vient comme une nécessité. Assez comme un délire. Le délire et son effet tunnel. Unetelle se scarifie. Soudain elle oublie tout, plus aucune conséquence n'importe. Simplement le sang, l'ouverture. Je les connais tellement que j'arrive à poser la question "bras ou cuisse ?" Les bras c'est plus grave parfois, mais c'est selon les cas. C'est un degré de retenue en moins. Mais pour d'autres ça signe au contraire l'insignifiance, ou une forme de désespoir social ou familial : il faut que ce soit vu, que ça entraîne du drame. Alors que les cuisses, c'est de soi à soi. La chaire est là, offerte. Et seul l'amant attentif découvrira les traces, posera des questions. Mais ce n'était pas "pour lui". Combien se sont scarifiées les cuisses ? J'ai découvert ça avec Anissa. Moi j'avais fait la paume de la main, adolescent : une belle cicatrice au milieu, bien profonde. Une fois. Enfin donc je connais l'appel du délire, "l'effet tunnel" de ces moments-là. Anissa, c'était les cuisses, juste pour elle. Discrète, réservée, invisible au vulgaire connard quoi que flamboyante. L'écriture est-elle autre chose qu'une scarification ? Sauf exercices de style, lorsqu'elle s'impose de cette façon, s'agit-il au fond de se saigner ? D'expurger, de purifier, d'exhiber, d'objectiver, de maîtriser ? Après tout il y a de ça dans la scarification, non ? Se faire mal, c'est dompter un sentiment, transformer un trouble en traces visibles, constatables, s'effarer soi-même de ce que l'intérieur soit soudain au-dehors, par sa propre main , y trouver une satisfaction à la fois attendue et surprenante car c'est réel pour de bon, c'est enfin constatable et constaté , puis vient l'apaisement - la cicatrice. Pour ensuite se remémorer. Car on sait où ça va. C'est dans cette perspective que je l'avais fait : souviens-toi. Ce qui est arrivé, ça ne peut pas rester au-dedans, dans cet indéfini du souvenir ; tu ne l'oublieras jamais parce que la cicatrice t'en souviendra. Il avait fallu opérer. Alors donc pourquoi écrire ? Pourquoi ce lien entre scarification et écriture s'impose ? Bien sûr il y a d'autres écritures. Certaines sont réconciliantes, elles viennent après la tempête pour réparer, ou elles sont simplement des odes à la beauté, à la langue - le plus rare je crois. Mais souvent, tout de même... Quelle est cette blessure, alors ? Elena est revenue, avant de repartir. Les fêtes... Elle sait où me trouver bien sûr. Et je me sens froid, distant, stellaire. Ce soir chez elle l'appartement était vide. J'étais invité à dormir, mais je suis reparti. "Je te laisse dormir". Je ne pouvais simplement pas rester. Mais son odeur encore autour de moi... Il n'y a pourtant aucun mauvais sentiment. Avais-je envie de la blesser ? Aucunement, j'ai beau inspecter, il n'y a aucune satisfaction à l'idée de la blesser, et je ne crois pas l'avoir fait. D'où vient cette fermeté ? D'où vient ce nouveau statut quo, cette nouvelle configuration ? Me voilà plus profond. Elena a plongé dans mon âme et les remous à la surface n'atteignent plus, très vaguement, ce qu'il s'y peut passer. Voilà : je sais que le moment n'est pas venu, nous n'y sommes pas. La retenue est de mise. "Je te laisse dormir" signifiait "à plus tard". "Vois, je suis là, en retrait". Je souffrirai toutes les fois que tu auras besoin de moi, sans rien dire. Tu as joui ? Parfait : je m'en retourne donc d'où je viens. Ainsi cette distance, cette fermeté ne sont encore que des signes de ma soumission radicale. D'où cette tranquillité d'esprit.
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Ca pourrait te mettre en colère ?
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Eh bien, tu as sans doute raison, c'est quand même idiot de penser qu'une pierre pense, et pourtant je crois que Spinoza ne conçoit pas la pensée comme un acte du corps (du cerveau), et qu'il ne limite pas la pensée à l'entendement, il me semble même reprendre certains interlocuteurs à ce sujet dans sa correspondance. Je reprendrai mon étude pour éclaircir ce point, j'ai sans doute mal compris qq chose D'ailleurs je ne comprends pas bien la différence entre l'essence pensée par Dieu et l'objet lui-même, si tu peux m'en dire plus ?
